Blandine dans la fosse aux Chatons – Epilogue de Raiponce

Quelle pitié, ces « Zouzous » modernes qui se plaignent des femmes castratrices ! Imaginez Pâris qui voudrait que Vénus marche les yeux baissés, couvre son sein et ne soit pas une déesse ! Ne serait-elle pas en droit de le transformer en moule pour le punir d’avoir offensé la conche ? J’ai entendu souvent ces mauvais bougres dire par ailleurs, « Il faut faire la guerre et non pas l’amour » (ou peut-être moins abusivement, pour trouver une formule approchante qui accorderait un peu les cordes de leurs violons avec celle de mon arc, « Faire l’amour comme on fait la guerre »). Mais moi l’irascible, la valeureuse guerrière, moi « la femme castratrice orgueilleuse de sa vertu, brandissant mes ciseaux vengeurs » (il s’agit là bien sûr d’un rôle de composition que j’accepte de bonne grâce qu’ils me fassent jouer : je n’aime pas à exercer le pouvoir sans mansuétude), dois-je écouter la si peu virile plainte du garçon (congolais ou bien ?) qui craint que je lui kidnappe (ladidon !) son pénis au moyen des pouvoirs obscurs de ma fameuse « magie » intellectuelle ? En d’autres mots, dois-je prendre pitié de mon ennemi ? D’abord est-ce là une chose qu’il ferait pour moi ? En suite et surtout, est-ce là une façon de le respecter ? Que penser d’une femme qui se soumet artificiellement à son mari – qui rabâche sans se lasser – en n’en pensant pas moins – à cet idiot qui chaque jour que Dieu fait, en entendant ces mots, perd un centimètre de hauteur : « Oh oui mon chéri, tu es formidable ! » ? Et que penser de celle qui en est encore à chanter ce refrain au nabot lorsqu’arrive l’heure fatidique où le monde entier est en train de le porter aux nues sur le char royal du carnaval des Cons ?

Imaginez seulement qu’autrefois je buvais des philtres destinés à me rétrograder en fille d’Eve dans l’espoir désespérant de séduire des hommes ! – Grâce soit rendu à Poséidon, j’ai enfin abandonné cette folie furieuse et épousé un être fée qui est mon égal… Mais c’est qu’il fallait alors que je me fasse constamment plus bête que je n’étais pour ne pas briser le mythe de la supériorité de l’homme sur la femme !

Hélas, pensais-je constamment à cette époque, et si par aventure la supériorité de l’homme sur la femme n’était pas pour celle-ci qu’un mythe, qu’un mensonge à exploiter aux dépends de celui qu’il flatte ? Si au contraire la supériorité du mâle sur la femelle était quelque chose en quoi la femme avait toujours eu (et toujours aurait) besoin de continuer à croire inébranlablement, afin de pouvoir continuer à aimer son homme ? Non, concluais-je toujours, une femme n’est pas en mesure de sous-estimer l’homme dont elle est amoureuse à seule fin de parvenir à le séduire ! La chose est par trop paradoxale, justement, pour être à la portée d’un être non-fée, d’un être simple qui ne pratique pas la magie !

Il suffit d’observer comment les chattes font l’amour… A la minette il faut toujours, pour être contente, qu’elle puisse s’être battue de toutes ses forces contre l’élu sans avoir pu le vaincre ; c’est la condition sine qua non pour que le minet ait démontré la valeur de sa génétique. Entre un homme et une femme, c’est définitivement lorsque celui qui a été idéalisé par sa moitié ne l’a pas déçue, que la passion éphémère et superficielle se cristallise en passion diamantine, durable.

Quand je pense qu’il s’agit là de la seule et unique magie que Zeus ait bien voulu laisser à la portée des hommes modernes et que ceux-ci sont en train d’en oublier la recette, je ne puis retenir de mouiller de mes larmes notre beau mois de juin.

Publicités

2 réflexions sur “Blandine dans la fosse aux Chatons – Epilogue de Raiponce

  1. Le commerce amoureux suit les règles de la tauromachie.
    Valse, esquive, suspension dramatique et surtout mise à mort.
    La beauté de la chose est que la douceur et la tendresse puisse survivre à toute cette cruauté.
    En ce sens, le moment le plus beau dans l’amour est lorsque l’amant mis à mort pardonne à son bourreau en partageant avec lui le café de la dernière rencontre sur la terrasse d’un café parisien.

    Tout ce qui va au-delà de l’amour est simple comme un Renault Espace acheté à crédit à Sartrouville.

    Ce que je dis est complètement hors sujet.

    Pour dire quelque chose qui ait un rapport avec ce post :

    J’ai entendu il y a peu que les généraux de l’armée zoulou de Chaka étaient des femmes excisées parce qu’il n’y a pas plus terrible tyran qu’une femme sans clitoris.

    Ca n’a pas vraiment de rapport.

    Tant pis.

Les commentaires sont fermés.