Blandine dans la fosse aux chatons

SCENE 2
Millie, puis Pratt Bit, « Crac-boum » Hugo, Zouzou Lafrange

Entrée en scène de Pratt Bit bras-dessus-bras-dessous avec ses bons amis. Millie est assise dans l’herbe côté jardin, l’air absent, rêveuse.

ZOUZOU LAFRANGE : (dissert, légèrement maniéré) En ce moment, quand je suis seul dans mon lit – hu! hu! -, je lis un bouquin de Grégory MacAllister… Je veux dire han, c’est carrément gé-nial! Il y a un passage du chapitre « Pensées nocturnes » – hu! hu! -, je suis resté sur le cul ; ça m’a complètement révolutionné, quoi ! Je vous jure, ce matin je savais le passage par coeur.

« CRAC-BOUM » HUGO : Ah ouais han… T’es à donf, quoi!

PRATT BIT : Ah ouais, han! Tu nous le fais, là?

ZOUZOU LAFRANGE : (rougissant) Han! J’ose pas…

« CRAC-BOUM » HUGO : Allez, quoi!

ZOUZOU LAFRANGE : (prenant une longue inspiration, d’un seul trait) « Le Créateur destinait les femmes au rôle de pom-pom girls. Il suffit d’étudier leur anatomie et leurs compétences pour reconnaître la triste réalité de ce fait. Tant qu’elles (et nous avec) garderont à l’esprit cette vérité inébranlable, les deux sexes continueront d’assumer leurs fonctions complémentaires avec une admirable efficacité »

CRAC-BOUM HUGO : Ah ouais quand même, han… c’est carrément profond!

PRATT BIT : Han ouais…

Un éclair blanc traverse l’espace! Enkidou, Dieu de la parlotte inspirée, apparaît en majesté sur son char de feu avec la fée Raiponce en tailleur chanel, chapeau fleuri, à ses côtés. Il passe au milieu des confettis, sous les acclamations de la foule amassée, en saluant ses sujets de la main.

PRATT BIT : (terriblement inspiré, s’exprimant comme un livre, un tribun… ou un halluciné) « MacAllister avait consacré sa carrière à critiquer les femmes dans ses écrits, tout comme les professeurs d’université, prédicateurs, cultivateurs, éditorialistes de gauche et autres bonne âmes et défenseurs des pauvres et des opprimés. Les femmes, prétendait-il étaient affublés d’une anatomie impossible : trop lourde, la moitié supérieure de leur corps les déséquilibrait. Elles étaient infoutues de marcher sans rouler des hanches et frétiller du croupion, de sorte qu’aucun homme sensé n’aurait pu prendre au sérieux la plus brillante de toutes.

Nombre d’entre elles voyaient en lui un personnage pernicieux, dangereux démagogue et tribun aussi éloquent que persuasif. Il le savait mais en acceptait l’augure, persuadé que tel était le prix à payer pour dire tout haut ce que chacun pensait tout bas, des vérités connues de tous mais que tous refusaient d’admettre, même en leur for intérieur.

Jusqu’à un certain point, sa réputation littéraire le protégeait de la fureur qu’un homme de moindre envergure aurait certainement essuyée. Lui fournissant ce faisant la preuve irréfutable de la faillite intellectuelle des deux sexes. Car, après tout, cette ravissante petite chose n’était-elle pas assise à ses côtés, radieuse, souriante, tout à fait disposé à ignorer les aigres remarques qu’il lui ferait – si jamais l’envie l’en prenait – pourvu qu’elles lui permettent d’écrire un bon article et de percer, sous sa houlette, dans la carrière ?»

« Les pauvres et les opprimés le sont pour une excellente raison, ma chère. S’ils méritaient mieux, ils l’obtiendraient.»

Millie qui n’avait pas bronché jusque là se raidit de tout son corps. Un frisson de colère lui secoue l’épine dorsale, de telle sorte qu’elle bondit à l’insu de son plein gré sur ses quatre pattes griffues, la toison hérissée comme celle d’un punk, en feulant. Les jeunes gens sont immédiatement saisis de crainte et de pitié.

MILLIE : Merrrrrouaaaaaaouuuuuunnnnn! GRrrrrrr! Phhhhhh!

Raiponce apparaît du faux-plafond, Deus ex-machina, pour re-transformer Millie (muée en chat sous le coup de la colère) en femme.

MILLIE : (imitant Pratt Bit) « Les pauvres et les opprimés le sont pour une excellente raison, ma chère. S’ils méritaient mieux, ils l’obtiendraient.»

…Pensée indienne, tribale, archaïque!

La « magie des blancs », monsieur, c’est le libre-arbitre ! Un homme, un vrai, il n’est jamais coincé, tant qu’il est en vie ; il peut prendre des décisions, faire des choix, voire des sacrifices, de  telle sorte qu’à la fin des fins, il puisse considérer avoir fait ce qui était en son pouvoir sur cette terre, et n’avoir donc pas raté sa vie. C’est le libre arbitre qui implique la notion de mérite : qui a souffert toute sa vie, sans jamais sortir la tête de l’eau, mais a bien combattu, sans faillir, est un homme courageux, un héros. Un héros qui a peut-être vécu pauvre et opprimé, mais digne!

Le mérite implique une hiérarchie entre les hommes : tel pauvre hère qui n’a jamais perdu sa dignité et son honneur aurait mérité d’être appelé aux côtés de NSJC, tel autre qui a vécu dans l’aisance une vie facile mais insignifiante, qui aura suivi sa pente sans rien faire de grand, sans rien voir de beau, qui n’aura jamais eu à trancher un nœud gordien, qui n’aura jamais aimé une femme plus que lui-même, mais qui grâce à cela aura été amené durant son existence à ne jamais mettre en danger ni sa peau ni son bien, celui-là est un con!

Par ailleurs, être une femme comporte de nombreux avantages (ces lourdeurs dont vous parlez, que nous portons sur le devant de la partie supérieure du corps n’en sont pas des moindres), et il ne me semble pas que cela m’empêche, pour ma part, d’être aussi un homme.

Je crois que le discours de Gregory MacAllister est au fond un discours envieux.

Grrrrrrr… Phhhh!

« CRAC-BOOM » HUGO : (imitant Millie) « Je crois que le discours de Gregory MacAllister est au fond un discours envieux »

Aucunement ! Il a le propos des hommes désespérés de la place donnée aux femmes, cette égalité démagogique qui mine la société, la freine. Les femmes là ou l’on en veut pas, là où elles ne sont pas bonnes. – Pire, lorsque qu’elles brisent la fraternité masculine, la dévoient, ou l’empêchent de naître par leur seule présence… Elles brise la société ! – Les lectures d’un homme : « l’équipe, le Figaro, les Echos… magazine sur la voile, la pêche » que des choses, des oeuvres collectives. Une femme : « marie claire, elle, modes et travaux »…  « je, je, je ». – Au bilan, on verra que l’occident chutait à mesure que ses femmes s’émancipaient.

Cette hiérarchie est aussi le fruit de l’inné. Le mérite est également le fruit d’un héritage sur lequel, parfois, l’action humaine n’a pas de prises.

Il est blanc avec une ascendance gauloise, il mérite  le qualificatif de français. Il est blanc et beau, il mérite plus. Grand, il mérite plus encore.

Il est laid et noir, il « mérite » d’être clodo.

ZOUZOU LAFRANGE : Tutafait!

MILLIE : Moi je crois que…

ZOUZOU LAFRANGE : (la coupant) Mais Dieu du Ciel faites-la taire! Oh la la!

MILLIE : Grrraouuu! Mphhhh! Mphhh!!

Sous le coup de la colère, revoilà Millie transformée en chat.

PRATT BIT : Vous dites : « Je crois que le discours de Gregory MacAllister est au fond un discours envieux » (Soupçonneux) Hum. Si j’ai bien compris, vous êtes une femme….

MILLIE : Graôrr! Merrow! … Moui!

PRATT BIT : Est-ce donc pour rendre hommage à MacAllister que vous illustrez si brillamment son propos ? Et enfin, surtout, comment la formule de McAllister sur les pauvres et les opprimés serait-elle en contradiction avec le libre-arbitre ? Où voyez-vous ça?

A SUIVRE …

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2 réflexions sur “Blandine dans la fosse aux chatons

  1. > PatBat & Co :

    Ici aucun commentaire jugé insultant par la fée Raiponce ne passera online.

    Millie préfère, pour sa part, rester seule – peinard – chez elle que s’y retrouver coincée en mauvaise compagnie.

    L’intitulé de la rubrique commentaire (à savoir : « PLEASE ME I’M DANGEROUS) est aussi et surtout fait pour les clebs dans votre genre.

    A bon entendeur.

  2. Le problème, c’est pas que les hommes deviennent des pédés, c’est que les femmes veulent maintenant jouer aux hommes. Si ça ne tenait qu’à moi, je supprimerais les lois sur les violences conjuguales: autorisation des conjoints à se foutre sur la gueule sans limites (puisque vous parlez des ébats des chattes – sic)

    Après, je crois que vous délirez un peu sur la passion amoureuse qui se mue en passion durable gnia gnia. Une bon mariage, c’est une bonne histoire de cul qui se termine en histoire de potes. Comme on le dit de par chez moi, si ta femme ne devient pas ton meilleur ami, c’est que tout est foutu gars ! Que tu porteras les cornes ou non, tu te coltineras les chaussettes sales, la mégère baguée et ses gueulantes comme l’on se trimballe un pote lourdingue en soirée, une soirée qui dure des années.

    C’est triste à dire mais il n’y a rien de plus infernalement banal que la vie de couple. C’est pour ça qu’il faut rester éloigné un maximum, c’est la clé du succés d’un mariage chrétien sur le long terme. 1 maison pour les chiards, une pour le mari et une autre pour la femme (méthode Liès Hebbadj, ils sont pas si cons ces musulmans)

    Pour trouver l’âme soeur, tout ça, c’est une question de nazisme socio-biologique. Si t’es sans le sou et moche, tu trouveras le pis du pis. Tu peux être archi-beau comme moi, si t’assures pas les rentrées d’argent, ta pétasse ira toujours voir ailleurs si la Carte Bleue n’est pas mieux fleuri. Les hommes sont plus dans le cul et l’affect, ils iront voir ailleurs de plus beaux corps et des esprits plus pétillants: les hommes sont d’avantage nazis alors que les femmes sont plutôt capitalistes.

    Ce qui me console, c’est que la misère sexuelle des hommes s’accorde à la trentaie avec celle des femmes, et que grâce aux progrès de la diététique (les couillus se laissant moins aller qu’avant), les femmes deviennent moches plus tôt et se retrouvent imbaisables, et imaquables à 35 piges (voir le très bon article de Cherea). C’est ainsi que les hommes qui n’ont pas assez forniqué se vengent des femmes butinées de toute part pendant le cours laps de l’adolescence.

    Il y a toujours une justice quelque part.

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