Lettre à un Israëlite

"Ma Bobo Aime"

"Ma Bobo Aime"

Et qu’importe tout cela : le succès, la célébrité, la surface, la solitude, tutti quanti ? Obsessions israélites, passions tristes, que tout cela!

Est-on forcé de vivre à 100% en exil, toujours sur la brèche, en phase avec l’apoCalypso libéral- « amoureux »?

Enfin, ne suffit-il pas de vivre – tout court ? Que chacun vive à sa façon, et comme il peut ; Dieu reconnaîtra les siens. Je ne suis pas peu fière, pour ma part, de n’être pas encore morte… Que personne de s’avise de tenter de me le faire regretter, car alors mon courroux : « coucou »!

Relisez Desproges ou Samuel Beckett. Dieu merci, ces gens ne nous apprennent pas à devenir « célèbres » ou à trainer une floppée de pseudo-apôtres dans notre sillage, mais juste à parcourir le temps qui nous est échu ici-bas en emportant l’émotion d’avoir connu quelques frères humains.

La vie! La vie est tellement supérieure au spectacle! Je donnerais Marilyn (qui d’ailleurs ne m’a pas attendue pour se brader) pour un instant trop court de nostalgie véritable, puis un regard posé sur le compagnon/la compagne qui sera présent au jour de la dernière heure, à l’heure du dernier soupir…

Merde, réalisez la tragédie que ce sera de mourir? Vous en faut-il encore plus?

Ce que j’ai vu de mes yeux comme miracles en ce monde, ce pourquoi je pleure en écrivant ces lignes, jamais je n’arriverai à l’écrire, et c’est tant mieux. C’est parce que j’ai conservé la dignité minimale qui consiste à ne pas pouvoir vendre, même à « la postérité », même contre un peu d’amour, le peu qui a du sens à mes yeux.

Demandez-donc à vos grands parents, s’il ont aimé leur vie, de vous la « livrer » par écrit!

J’ai appris autrefois : « pour obtenir quelque chose, il faut y renoncer ». Je veux la vie, je la veux si fort, que je suis prête à renoncer à elle, du moins à la vie telle que le diable ou les sirènes me la définissent, me l’empaquettent, et tentent désespérément de me la vendre, cela sans pourtant mourir, au risque de ne vivre plus « pour rien »… c’est à dire de ne vivre plus que pour moi ; afin que ma vie m’appartienne en dernier recours.

***

Non, non et non.

Je n’écouterai pas le chant des sirènes qui disent qu’on est plus fort lorsqu’on a perdu son identité.

Car la chose n’est pas plus vraie que son contraire : même dans un monde libéral, sans frontière (le domaine des choses amoureuses est par excellence de nature libérale et sans frontière), il faut avoir quelque chose à vendre, quelque chose de valeur… à vendre.

Un homme sans valeurs (= sans honneur/qui ne croit en rien) est aussi un homme sans valeur… même du point de vue du « marché ».

"Ma Bobo Aime"
« Ma Bobo Aime »

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8 réflexions sur “Lettre à un Israëlite

  1. Calypso, pour moi c’est la déesse de la mort, quand Ulysse pleure, c’est la vie qui dévale par ses yeux comme Achille disant aux enfers, plutôt un esclave sur la terre qu’un héros chez Hadès

  2. Oui, pour moi aussi, « Calypso », c’est la déesse de la mort.

    Mais vous savez ce que disent les Hare Krishna?
    « La vie, c’est la mort ; la mort c’est la vie (ad libidum) »

    [Panneau humour – ON]

  3. Ma chérie
    Je prie souvent pour toi
    Ce billet est – de loin – le plus beau que tu aies écrit
    Mises à part quelques références fâcheuses aux
    « obsessions israélites »
    dont tu aurais pu largement t’abstenir
    mais qu’importe
    Tu as une sorte de frère quelque part
    à quelques bonnes heures d’avion de chez toi
    je te sens en enfer
    le recours aux forêts semble s’imposer
    le froid mépris vaut mieux que la haine
    qui égalise et enchaîne
    à l’objet haï
    je prie pour ta Joie
    que la Grâce t’atteigne
    et que la Pesanteur s’éloigne
    de ton bel Être
    exigeant
    moral
    aimant la Beauté
    et que je sers dans mes bras
    (mes bras sont propres
    mais je ne suis pas sûr d’en avoir
    pour toi)
    dans je ne sais quel univers compossible borgésien
    bien à toi,

  4. « Ce billet est – de loin – le plus beau que tu aies écrit »

    Comme si les connards dans ton genre ne savaient pas que cela seul constitue une insulte…

    Les vautours comme ça je les flaire à des km.

  5. « Comme si les connards dans ton genre ne savaient pas que cela seul constitue une insulte…

    Les vautours comme ça je les flaire à des km. »

    Ahahahahahah ! Bien répondu Millie ! Le fou rire de la soirée ! C’est ça qui est bon ! Le mec se prend pas pour de la merde ! c’est comme ça qu’il faut envoyer chier les crevards !

    Ow mec, ni keffieh, ni kippa !
    nous on carbure au pastaga !
    Santé !
    Fuck les Moïse et Mahomet,
    une bonne murge y’a que ça de vrai !
    Santé !

    Bon je décuve là, je vais bien dormir ! Bonne nuit/journée Millie !

  6.  » mon courroux : « coucou »! »

    Pas mal !

    « ce pourquoi je pleure en écrivant ces lignes »

    Quelle conviction !

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