« En cette époque déraisonnable, même les fées s’abaissaient à parler football ! »

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SCENE 4
Raiponce en charentaises au coin de l’âtre entourée de ses arrière-petits-enfants

Eh oui mes cher petits! Pourquoi que tout le monde il aurait parlé du foot et que votre vieille mémé Raiponce n’aurait point eu son mot à dire ?

En cette époque déraisonnable, les hommes avaient tant et si bien régressé en intelligence et en beauté, qu’une obscure déesse  de nom inconnu – une médiocrissime ribaude fonctionnarisée, bien entendu – avait supplanté, par la force des choses, les trop ombrageuses Minerve et Isis dans l’administration des science physiques et des mathématique. [Pour la petite histoire, celui à qui fut confiée la pénible tâche de les prier bien poliment d’écrire la lettre de motivation qui leur eût permis de postuler à leur propre succession, entra en combustion spontanée aussitôt rentré dans son pavillon de banlieue, sous les yeux effarés de sa femme et de ses enfants – NDLA.] Comble d’un monde qui marchait sur la tête,  la gueuse avait convaincu la philosophie  qu’elle devait désormais se meller d’autre chose que des cieux, de l’infinité, des lois de l’univers, et de l’origine de toute chose. – Calme et sereine Sophie! Dénuée de vanité déplacée, encore aujourd’hui tu tiens bon à ton poste! Comment as-tu fait pour traverser ces années-lumières de misère, et – toi qui n’aime rien tant qu’à te rendre utile! – la terrible ingratitude de ta quasi-absence de mission? (Il est vrai cependant que tu fus, pour ta peine, gratifié d’une belle chance, dans ton malheur… Au fond de ton placard, tu étais libre : plus personne ne te jalousait !).

C’est ainsi, tête courbée, chef défait, que les piteux philosophes du monde post-moderne, toujours à la recherche d’un coin de ciel-des-idées abandonné par les « spécialistes » et autres « gens sérieux », se jetaient avec famine sur les bas-morceaux de ce monde…

A quoi avaient-ils encore droit, ces déshérités ? Voyons-voir… Eh bien, à étudier la vie secrète des célébrités, par exemple!  – …La vie secrète des stars de préférence à la question de la célébrité elle-même, bien sûr. La célébrité qui, conçue désormais par ces « experts en célébrité » qu’étaient devenus les artistes, comme une Grâce divine d’ordre suprême – faisant office à la fois de vertu et de passe-droit – ne pouvait plus décemment susciter de critique. …La psychologie des médias, aussi! – De préférence à l’actualité brute, que ces derniers se réservaient jalousement de pré-traiter.  Et, donc, c’est le sujet de cet article [J’y viens! J’y viens, les enfants! ], la psychologie des footballeurs ! – De préférence naturellement aux règles du sport lui-même, qui sont, comme chacun sait, du ressort des sportifs.

Quelqu’un pour me donner mes lunettes ? Il faut que je fouille une minute dans mes archives. J’ai là un spécimen de dialogue avec un universitaire qui va vous esbaudir…

NICOMAQUE : Merci XP d’avoir pointé tous ces lieux communs désolants.
Quand il était joueur (années 70-80), Domenech arborait une moustache en hommage à Staline. (voir photo ici :
http://snake7.over-blog.com/article-19824979.html) Ce type a toujours été un tyran arrogant et incompétent, à l’image de son maître.
Moi je considère que l’insulte d’Anelka a été la meilleure chose que ce mondial de foot nous ait donné à voir. Et même le boycott de l’entraînement m’a fait plaisir. Après tout, les bleus ont réussi l’exploit extraordinaire de choquer la bien-pensance médiatique et je leur tire mon chapeau. En disant merde à Domenech et à toute la clique, ils sont sortis la tête haute, même si on s’est acharné à les culpabiliser et à les désigner à la vindicte. En fait Domenech a fabriqué un système qui lui a pété à la gueule… bien fait pour lui

Je lui avais répondu une longue lettre, attendez… La voilà! …Je ne me souviens plus s’il m’a répondu ou non après coup… Si l’a fait, je lui pardonne cette vilaine colère que la relecture de cette remarque me fait monter aux yeux, encore aujourd’hui, comme une eau de vie, à chaque fois que je reviens dessus. – Oui, les lettrés de cette époque, comme je vous ai dit, n’aimaient pas particulièrement lire, surtout leurs égaux, et encore moins ceux qu’ils jugeaient leurs inférieurs (j’étais dans ce cas-là de son point de vue, figurez-vous), seulement ceux qu’ils plaçaient au-dessus de leur tête méritaient à leurs yeux cet honneur. De sorte qu’entre membres d’un même milieu, c’était un peu en définitive à celui qui de son ami et rival, lirait le moins – radical moyen, il est vrai, de l’anéantir. Je vous préviens, si vous voulez faire pipi, allez-y maintenant. Ce texte, bien que, je l’espère, sans lourdeur excessive [on a tous nos petits défauts, les enfants], est relativement long.

« Moi je considère que l’insulte d’Anelka a été la meilleure chose que ce mondial de foot nous ait donné à voir. »

Curieux. Un universitaire qui commence ses phrases par « Moi je ». C’est la première fois que je vois ça…

[Pour la petite histoire, j’ai souvenir de M. Tartempion [*Référence d’autorité imaginaire – NDLA*], professeur de littérature comparée (entre autre) à la Sorbonne, qui abordait souvent la question du « moi je » avec ses élèves… Non sans une certaine bonté d’âme – à lui coutûmière -, il assurait que le « moi je », employé aujourd’hui à tout bout de champ par le vulgus pecum français, avait une signification en quelque sorte « secrète ». En faisant machinalement figurer la plus piteuse des entrées en matière au début de chacune de ses phrases, le « français de base » semblait désespérément implorer son auditeur : « Excusez-moi d’exprimer un jugement, je sais que c’est mal de critiquer, mais rassurez-vous ce jugement n’est qu’une opinion, il n’engage donc que moi »…

Cet « excusez-moi de penser » réflexe, dans toute sa pénible impuissance à vouloir corriger la propension éternelle, historique, voire « génétique », du « froggy »-de-base à donner son avis sur tout et à faire de la philosophie de comptoir, était – très sérieusement – selon le bon professeur, le symptôme d’une conjonction de phénomènes sociaux problématiques. Ce « gaulois de base » se trouvait, d’après lui, intellectuellement pris en étau entre deux phénomènes : d’une part le point de vue prépondérant en son pays de l’intellectuel « upper-class », selon qui le jugement d’un « beauf » n’a jamais eu aucune légitimité, de l’autre, l’idée typiquement protestante (ou anglosaxonne), constitutive de l’idéologie « cosmopolite/mondialisée », selon quoi, (pour faire volontairement court), « critiquer, c’est nuire », « porter un jugement, c’est mal », « hiérarchiser c’est fasciste », et « niveler, c’est bien ».

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Katallarchie !

J’ai envie d’ajouter aussi que les femmes, même d’extraction bourgeoise, sont particulièrement prédisposées au « moi-je ». Par expérience, je puis témoigner que c’est souvent l’habitude d’être « rembarrée » par un père, un frère, un époux, voire même nos meilleurs camarades de jeux d’esprit, lorsque nous donnons notre avis en matière de politique ou de philosophie, qui induit chez nous le réflexe conditionné du « je m’excuse mais » – « mais moi je pense » (- « Non, pas sur la tête! Pas les cheveux! Pouce! »)… Le « moi-je » signalant au final bien davantage la présence d’un complexe d’infériorité – type : celui de la désirable blonde pulpeuse supposément idiote, ou celui du vilain « Lebedev » Dostoïevskien – que celle d’un narcissisme primaire… Le narcissisme véritable survenant bien plus souvent – le mythe antique est particulièrement transparent là-dessus – chez les êtres exceptionnellement doués, beaux, et certains de leur pouvoir sur les autres, mais c’est là un autre sujet]

Enfin, je vois bien une explication, pour clore cette entrée en matière un peu longuette, à votre emploi du « moi je », c’est tout simplement que vous ne connaissez pas grand-chose au football (ce qui est tout à votre honneur ^^), que vous peinez à oublier complètement qu’il s’agit d’un sujet fondamentalement vulgaire, que vous ne résistez cependant pas, vue l’actualité, « à faire comme tout le monde » (ce qui est toujours humiliant pour un philosophe), c’est-à-dire à vous salir les mains à l’aborder quand même, mais que cela irrite un vieux fond de snobisme bien légitime chez vous… Et (si je suis dans le vrai), c’est une chose dont je vous sais gré.

***

« Moi je considère que l’insulte d’Anelka a été la meilleure chose que ce mondial de foot nous ait donné à voir. Et même le boycott de l’entraînement m’a fait plaisir »

Outch! – Avez-vous jamais visionné l’une des vidéos où l’on peut voir et entendre les joueurs vedettes de cette équipe, comme Anelka, justement, ou encore Ribéry, déjà lorsqu’ils étaient mômes, s’aboyer après, jetés les uns sur les autres, exactement comme le font les sauvageons de banlieue, se battre de façon incessante entre membres de « clans » raciaux opposés, n’hésitant pas à lancer au besoin un « sale français » appuyé à celui des mômes dont la couleur de peau est la plus claire? N’avez-vous jamais vu le T-shirt imprimé du drapeau algérien que portait dans les gradins du stade du Mondial, la radasse ignoble de celui qui se paye des pré-ado maghrébines, refaites de pied en cap, et teintes en blond-Barbie – parce que, à raison, il les trouve sûrement encore moins vulgaires que sa femme ?

Mais enfin, assez d’angélisme ! Il faut voir que ces gens-là ne sont pas comme nous ! Ce sont des enfants sauvages que l’on n’a pas pris soin d’éduquer. Parce qu’on leur a d’office promis la lune s’ils jouaient bien, parce que eux-mêmes sortis du ruisseau, n’aspiraient bien sûr à rien d’autre qu’à la « thune », et que les présidents d’associations sportives dont les gosses allaient naturellement dans des pensionnats privés d’élite, on trouvé ça « bien suffisant pour ces petits primitifs », parce que, chevaux de course qu’ils étaient, ces descendants d’africains tenaient la force physique pour supérieure à celle de l’esprit, et que dans un mépris à la fois inconscient et total pour eux, par utilitarisme aussi, on n’a pas jugé bon de les détromper, c’est-à-dire qu’on n’a pas jugé bon de les hisser du statut de ce statut ignoble de bestiaux de compétition, à celui d’hommes ; parce qu’on ne les a pas jugé dignes du « Un esprit sain dans un corps sain » antique ; parce qu’on n’a jamais eu le courage et surtout la longueur de vue, de travailler à développer une autre forme d’intelligence chez eux que celle de leur pieds. Parce qu’on n’a pas eu les « cojones » de leur faire le chantage formateur du : « Quand tu auras fini ta dissertation, et si tu obtiens une note supérieure à 12/20, tu pourra retourner jouer au ballon rond avec tes camarades. » Parce qu’on n’a pas donné à leur prof de français et à leur prof d’histoire le droit de retarder indéfiniment la carrière footballistique de ces singes, s’ils refusaient de se rendre dignes de représenter la France et de chanter son hymne, le jour venu où ils gagneraient éventuellement la coupe du monde. Parce que ces débile-mentaux acculturés à qui l’on a fait porter notre drapeau, et à qui l’on a ainsi donné le pouvoir de le souiller, n’ont jamais appris ni la discipline, ni la frustration, ce sont aujourd’hui – résultat d’un grand laxisme généralisé – de très mauvais sportifs !

Croyez-vous que lorsqu’un entraineur brésilien a recruté Maradonna dans les favelas, il s’est contenté de lui dire : « Vas-y, fais-toi plaiz’, marque des buts, t’auras un chèque » ? Evidemment que non, sinon Maradonna ne serait pas là à écrire des films en association avec son grand fan Kusturica, pour tenter de nous transmettre sa naïve (et pourtant « vraie », car vécue) philosophie du « Le Futcheball m’a sauvé, il fait de moi un Jésus et il m’a crucifié pour donner l’exemple. Le Futcheball est Dieu. »

J’ai entendu récemment Jeannie Longo expliquer très clairement cela dans une émission télévisée : la tendance actuelle du sport est de miser sur la technique, ce qui n’a rien de mal en soi, mais cela se fait au détriment de l’intelligence (et donc de la liberté) du sportif. Par exemple, elle raconte avoir longtemps couru sans oreillette – c’était le cas de tout le monde autrefois, tout simplement car cette technique n’existait pas encore. Le cycliste, alors, n’était pas cet espèce de hamster décervelé branché en permanence sur les délibérations d’un consortium de spécialistes penchés – en temps réel – sur la carte du terrain. Jeannie Longo étudiait elle-même son itinéraire avant la course, tâchait d’en retenir les spécificités par cœur (gros travail de mémoire), et décidait seule, avec pour unique critère d’expertise le fait qu’elle connaissait très bien son corps, quand accélérer, quand décélérer, quand lâcher du terrain à l’autre, quand serrer à gauche/à droite, afin d’optimiser ses forces… etc. C’est ainsi que cette femme d’exception n’a pas simplement gagné beaucoup de médailles, mais a gagné avec honneur, et s’est aussi forgé, dans la foulée, un art de vivre qui lui est propre.

Au pied! Schnell!!

Au pied! Schnell!!

« Après tout, les bleus ont réussi l’exploit extraordinaire de choquer la bien-pensance médiatique et je leur tire mon chapeau. »

Je ne savais pas que la vocation des footballeurs était de « choquer la bienpensance médiatique » ; je pensais juste que leur job était de marquer des buts.

« En disant merde à Domenech et à toute la clique, ils sont sortis la tête haute, même si on s’est acharné à les culpabiliser et à les désigner à la vindicte. »

Avez-vous fait l’armée, Nicomaque ? Mon père, qui est né en 44, l’a fait. Et durant dix-huit mois, s’il vous plait (seulement dix-huit mois car il a obtenu une dérogation parce qu’il était déjà, à 19 ans, soutien de famille). Mon père, qui est pourtant un horrible gauchiste, le fils de l’un de ces « sales communistes » que vous aimez tant à insulter – un « sale communiste » qui a quand même été envoyé en camps durant la guerre, pour ses convictions politiques (avec les juifs, eh oui !), et s’est suicidé quelques années après, tout simplement parce qu’il ne pouvait ni renoncer aux idéaux au nom desquels il s’était battu pour sa patrie, et avait payé son lot de souffrance, ni accepter de cautionner le monstre sanguinaire qu’était devenu son communisme chéri en URSS, au regard duquel, en tant que contestataire, il allait bientôt être étiqueté à son tour « ennemi de la liberté ». Mais bref, sur ce sujet, il y aurait beaucoup à dire… Mon père, donc, qui est un horrible gauchiste (une « pastèque » pour résumer la chose grossièrement), et qui a aussi fait l’armée, ne se lasse pourtant pas de raconter avec chaleur, à qui veut l’entendre, ce qu’il y a vécu (et surtout de dire des choses auxquelles vous autres ne vous attendriez pas forcément de la part d’un gauchiste, tout simplement parce que les gauchistes d’aujourd’hui sont profondément idiots, et que mon père est un homme d’un autre siècle qu’eux – il ne comprend d’ailleurs plus rien au nôtre).

Souvent il commence en parlant des conditions de vie extrêmement difficiles auxquelles les bidasse étaient soumis, il décrit les brimades, les efforts physiques permanent, ses cauchemars, ses crises de somnambulisme durant la nuit… Ensuite il raconte quand il a pris l’hélicoptère : un bruit énorme de boite de conserve bringuebalante, et « cet imbécile d’adjudant » qui faisait le kakou en travers de la portière coulissante laissée constamment ouverte, bras et jambes écartées de part et d’autre, au-dessus du vide… et du majestueux parc des volcans d’Auvergne. – Mon père reste tacitement fort impressionné par ce souvenir : lui, a le vertige. ^^ C’est alors que « l’imbécile d’adjudant », ce « sous-chef » qui abuse de son autorité (comprendre : mon père préfère tacitement les vrais chefs aux « sous-chefs »), en prend pour son grade : ce cruel personnage avait droit, à l’époque, à un certain nombre de pertes humaines, et il s’acharnait sur les faibles… Un pauvre gars qui n’était pas à la hauteur, trop maigre, mal nourri, avait failli mourir sous ses coups, à force d’être contraint par lui à ramper encore et encore, deux fois plus que les autres, sous les barbelés, dans la fange.

[Là mon père fait rapidement allusion au fait que lui-même, par contre, bien entendu, était non seulement « à la hauteur », qu’il avait toujours aimé marcher, qu’il était le meilleur tireur de sa promotion et même que des officiers auraient voulu qu’il fasse une carrière, qu’en l’espace de quelques semaines de service il avait d’ailleurs gagné le grade de soldat de  « première classe » mais que, de nature pacifique, au lieu de persévérer dans cette voie, et lassé d’être soumis à de mauvais traitement, il avait préféré faire valoir son statut « d’intello » de la compagnie, de façon à briguer le poste de « radio », c’est-à-dire de chargé des communications en morse avec la base, auquel poste peinard il était resté jusqu’au bout tranquillement semi-planqué.]

Tout cela mis à part, et pour revenir au « petit chose », souffre-douleur de l’adjudant, j’ai entendu plusieurs fois mon père, son visage émacié tout rouge, ses yeux noir de jais étincelants comme ceux d’un loup, avoir ces mots très durs : « Je me souviens quand le pauvre gars s’évanouissait dans la boue ! La rage que je ressentais ! La rage pure ! Et j’étais pas le seul… Si j’avais pu – si on avait pu – si personne ne m’avait vu – les autres gars étaient avec moi – si j’avais pu me trouver seul avec cet adjudant [comprendre peut-être : si ç’avait vraiment été la guerre] ; je sais pas ce que j’aurais fait… Putain, je me retenais de l’étaler, de lui foutre un coup avec la crosse de mon fusil ! » Mais après cette tirade particulièrement violente, mon père conclue toujours avec un mot de plus, très confondant : « Tu sais, me dit-il, dans l’armée c’est une technique de commandement, ça aussi. Un adjudant qui se fait craindre, jusqu’à la haine, par ses hommes, paradoxalement, ça fait une compagnie soudée. La rigueur de la discipline fait qu’on se serre les coudes. De l’adversité nait la solidarité. »

***

Les hommes de Domenech n’étaient pas là pour le trouver « sympa », ni même « intéressant », ni même pour l’aimer ou approuver ses choix. Ils étaient là pour lui obéir, quoi qu’il arrive, même et surtout si le gars était vraiment con – rien n’est plus formateur qu’un maître à la fois con… et redoutable – obéir et avancer de façon militaire, à leur propre péril. Il fallait qu’ils lâchent prise, qu’ils soient dans un pur esprit de sacrifice à leur nation, à la façon dont les gladiateurs criaient dans l’arène : « Ave Caesar, Morituri Te Salutant ». La guerre est affaire de tripes, de crainte, et de bêtise virile. Les soldats qui pensent sur le terrain, c’est comme les femmes qui pensent dans l’amour, ou les acteurs qui réécrivent le scénario du film qu’ils doivent jouer. C’est une forme de décadence dont personne ne veut. La civilisation même n’en veut pas.

« [Domenech] a toujours été un tyran arrogant et incompétent, à l’image de son maître. »

Mais lol ! …Si seulement ç’avait pu être vrai. ^^
Si ça avait été vrai, nous n’aurions pas été vaincus… D’ailleurs j’abhorre furieusement le communisme de l’URSS. Mais on ne peut pas dire de Staline que c’était un mauvais stratège, ni un mauvais militaire. L’Armée Rouge, c’étaient des lions !

« Quand il était joueur (années 70-80), Domenech arborait une moustache en hommage à Staline. »

Quand on veut tuer son chien… etc.

(Grand-mère Raiponce pose la vieille missive imprimée sur ses genoux et déchausse ses besicles)

Otez-moi d’un doute, vous avais-je déjà parlé de mon père, les enfants? …Non? Ah, mais c’est que tout cela nous fait remonter à bien loin! Eh oui, figurez-vous que moi aussi j’ai eu un papa qui m’aimait, et que j’ai été une petite fille… Oh bon sang, comment cela se fait-il que tout cela me semble si proche, presque encore là, alors qu’aujourd’hui il est si loin? Mes enfants! A mesure que la mort approche, j’ai l’impression que mon père aussi. De toute mon existence, je n’ai su réellement lui parler une langue qu’il comprenne… ce siècle d’avant qui l’emportait, c’était encore tellement autre chose ; moi j’étais comme un chien à qui l’on adresse des mots qui font sens, et lui comme un maître qui se bouche les oreilles quand son chien aboie. Car mon berceau avait reçu le baptème de Mnémosine, qui m’avait gratifiée de quelques, hélas en partie défectueux, étranges précieux petits cadeaux [nottamment, au détriment d’un libre accès à la mienne propre, elle m’avait donné une clef universelle pour ouvrir la mémoire collective], dont lui avait été privé. En revanche, quelle belle encyclopédie traditionnelle, mon père ! C’était beau, c’était grand, ce type d’intelligence, c’était utile, surtout… enfin, avant l’arrivée d’Internet.

. . .

Non mais… Que disais-je, au juste? Ah oui! …De toute mon existence, je n’ai su réellement lui parler une langue qu’il comprenne. Et à présent que je pourrais presque déjà entendre sa voix, qui dit oui, qui dit non, qui appelle… A présent il me semble que nous pourrions faire ce qui n’a jamais été fait : échanger calmement, sans hystérie, sans fébrilité, jusque dans le silence, sans que la stature de l’un n’assombrisse le visage de l’autre. Il me semble curieusement que ce n’est même plus vraiment moi qui l’écoute, mais que c’est déjà lui, enfin, qui est en train de m’écouter.

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Une réflexion sur “« En cette époque déraisonnable, même les fées s’abaissaient à parler football ! »

  1. Très juste votre article, le communisme comme disait Zinoviev est le meilleur système pour gagner une guerre, le sens du sacrifice y est élu en système, les types de l’armée rouge ont étudié le comportement de leur troupes, ce sont les premiers à avoir repéré que sur six hommes au combat : 1 tirait, 3 était dans un état d’aboulie extrême, 2 voulaient fuir à tout prix. De là que l’armée utilise des méthodes assez contraignante pour créer un esprit de corps qui donnera du courage à tout un bataillon

    Pour le foot, vous avez tout à fait raison, j’ai lu un entretien avec Zidane qui disait Domenech n’était pas ma tasse de thé mais c’était l’entraîneur, point barre

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