Quelqu’un m’a dit que j’avais du talent : je l’ai envoyé chier.

SCENE 3
Millie, V-nerf

MILLIE : Comprenez, jamais personne ne me fait ce genre de commentaire, à moi.

A part évidemment Memento Mouloud.

Moi on m’insulte, on me dit « j’te baise », on me montre son cul. Si j’avais confiance en vous, je vous donnerais les clefs de mon ancien blog… Le carnage! Il faut avoir vu une telle chose dans sa vie ; ça ne se raconte pas ! En bref, j’y ai été tant et tant humiliée qu’aujourd’hui il est fermé au public à double tour, tellement j’en ai honte.

***

Tenez, pour vous montrer ma bonne foi, voilà le premier commentaire que j’ai reçu ici-même, sur Raiponce (et que je n’ai pas accepté, bien sûr) :

Millie, ma chérie, je veux juste savoir si tu aimes sucer la (les) bite(s) de ton (tes) amant(s) ? Et si on peut éjaculer dans ta petite bouche. Excuse-moi je te prie, c’est plus fort que moi, mais tu m’excites et je te soupçonnes d’être, en tout bien tout honneur, une vraie petite cochonne à défaut d’être une vraie salope, et encore si ça se trouve t’es une grosse salope.

Sinon, continue à écrire, c’est chouette.

Merci de me répondre.

Et le second commentaire :

Tout ça est assez ennuyeux je dois dire… comptez-vous exhiber, un jour, à nouveau votre nombril?

***

Comprenez.

Je refuse d’appartenir à la race de ces pauvres hères qui sont seuls au monde à se trouver du génie. Je préfère encore rire de moi-même avec la cantonade, et leur concéder que je n’ai aucun talent.

***

J’espère ne pas vous avoir blessé.

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5 réflexions sur “Quelqu’un m’a dit que j’avais du talent : je l’ai envoyé chier.

  1. Je crois que vous devriez ne pas remettre ça sur le tapis à chaque fois. J’imagine que c’est dur mais ça me semble plus sain. Tout le monde n’a pas suivi (ni subi bien sûr) vos aventures dans le détail, et le mieux serait sans doute de passer à autre chose.

    Vous me direz que certains ne passent pas à autre chose. Certes, mais grand bien leur fasse. Bloquez juste leurs commentaires et contentez vous d’écrire et répondre aux commentaires qui vous semblent en valoir la peine. Ecrire un article pour dire que vous n’avez pas de talent, qu’on vous traite de folle et que vous êtes seule contre tous ne peut que conforter le lecteur de passage dans cette idée. Alors que c’est faux, ou en tout cas partiel.

    Certains disent se branler en pensant à vous, ou en regardant les quelques photos (charmante au demeurant) que vous aviez autrefois postées de vous. Les fantasmes sont certes un peu classiques mais enfin, n’y a-t-il pas quelque chose de cocasse à imaginer tous ces types estampillés réacs, l’engin à la main, s’imaginant trouver auprès de vous plaisir et volupté ? Combien de filles peuvent se dire un tel objet de fantasme ? Combien en rêvent, secrètement ?

    Ce que je dis est facile, sans doute, du fait que je n’ai rien de tout cela à subir. Facile mais je l’espère constructif, précisément puisque je peux vous dire ce qui, de l’extérieur, vous porte ou non du tort.

    Ils disent que vous n’avez pas de talent mais reviennent obstinément vous voir, en vous imaginant en souillon tendre et espiègle. Quelle preuve de supériorité vous faut-il de plus ?

    Concernant votre ancien blog, je crois le contraire de ce que vous écrivez. Vous devriez ne plus en parler du tout ici, et laisser l’ancienne baraque, à titre de maison témoin de ce que quelques mâles en ruts sont susceptibles de faire et d’intenter. A vous de voir.

    Felix.

  2. ( si vous aviez pu voir ma tête tout-à-l’heure. Très drôle. J’étais en train de discuter avec quelqu’un, et machinalement, je jette un œil sur mon blog, sur la blogliste. Et je vois le titre du billet « Quelqu’un m’a dit que j’avais du talent : je l’ai envoyé chier. ». Je me pétrifie sur place. La gifle. En voyant ce titre, tel quel, sans pouvoir lire le contenu, j’ai imaginé que vous m’aviez retourné la moquerie prêtée à votre égard. Et pendant ce temps-là, je dois continuer à discuter. Je pensais « Bon, je suis ridiculisé. Pour quelque mystérieuse raison, quelque code de conduite que j’aurais enfreint, voilà ma touchante appréciation livrée aux quolibets de la terrrrible réacosphère. Ah la honte ». Hé bien, malgré tout, même à ce moment là, j’ai pensé que j’avais bien fait, ce qui eût été impossible si je n’avais pas été sincère. Il m’a fallu deux minutes encore, pour lire le billet et comprendre mon erreur. )

    Carrément un billet, vous ne faîtes pas les choses à moitié – on m’y reprendra à laisser un commentaire ici.
    Bon, je ne sais pas quoi dire devant ce que vous me présentez là.
    Vous savez, moi, je suis juste venu vous dire ce que j’ai dit. C’est une question d’écriture… De littérature…Ces messages odieux, ne doivent pas avoir plus d’importance que ça. Ne nourrissez pas ce truc. Gardez le cap. Ceux qui apprécient de vous lire, savent.

    « Je refuse d’appartenir à la race de ces pauvres hères qui sont seuls au monde à se trouver du génie. Je préfère encore rire de moi-même avec la cantonade, et leur concéder que je n’ai aucun talent. »

    Le problème n’est pas d’être seul au monde à se trouver du talent – du moins il n’est pas le plus important. Le problème est d’en avoir.

    « J’espère ne pas vous avoir blessé. »
    Pas du tout.

  3. J’ai partiellement répondu à vos questions (?) sur le fil « la narratrice entre en scène […] », à Nico de Montreuil.

    J’ajouterai quelques remarques très simples.

    « Je crois que vous devriez ne pas remettre ça sur le tapis à chaque fois. »

    Non pas « chaque fois », mais une fois de temps en temps – un coup de Memento Mori! – ça ne fait pas de mal. Et puis j’ai bien expliqué, il me semble, dans l’article intitulé : « Le drapeau noir flotte sur la marmite », et dans les commentaires, que j’étais « addict » à la sensation de choir. C’est mon vice, qu’est-ce que vous voulez?

    « le mieux serait sans doute de passer à autre chose »

    Nanan. Mon père m’a toujours dit : « N’oublie jamais tes origines ».

    « Ecrire un article pour dire que vous n’avez pas de talent, qu’on vous traite de folle et que vous êtes seule contre tous ne peut que conforter le lecteur de passage dans cette idée. Alors que c’est faux, ou en tout cas partiel. »

    Donc le lecteur-type dont vous me parlez, si je vous suis bien, non seulement a tort, mais agit de façon parfaitement conforme à la définition de « la racaille » telle que développée au long de l’article « Le drapeau noir flotte sur la marmite »?
    Nous sommes d’accord!
    Ce que vous me dites, donc, c’est qu’il faut, en mon propre chez moi, où je veux faire régner en parfaite maîtresse « Sophie » (la déesse de la philosophie), je dois accepter une fois de plus de me soumettre aux règles de la racaille? C’est du joli.

    Et si cela me plait, hein, d’être méprisée par des cons?

    « n’y a-t-il pas quelque chose de cocasse à imaginer tous ces types estampillés réacs, l’engin à la main, s’imaginant trouver auprès de vous plaisir et volupté ? Combien de filles peuvent se dire un tel objet de fantasme ? Combien en rêvent, secrètement ? »

    Si, cocasse. Très. Malheureusement pour votre argumentaire, voilà plutôt une pensée qui me pousserait davantage à continuer à faire des bêtises…

    « Facile mais je l’espère constructif, précisément puisque je peux vous dire ce qui, de l’extérieur, vous porte ou non du tort. »

    C’est bien gentil à vous de vouloir me protéger… Mais puisque je m’échine à vous faire comprendre que je suis parfaitement, complètement, blindée! Ces cons m’ont endurcie. Ils m’ont appris à me battre. Même que j’aime bien ça. Des fois j’ai presque envie qu’on vienne me chercher des noises, juste pour tester mon armure… et surtout pour me maintenir dans cette forme rhétorique olympique où vous me voyez, et puis faire joujou avec mes armes. Parce que vous voyez pour moi c’est comme un jeu vidéo : j’ai gagné des vies et des armes, et j’attends comme un gosse le monstre suivant qui voudra prendre sa dérouillée.

    « Ils disent que vous n’avez pas de talent mais reviennent obstinément vous voir, en vous imaginant en souillon tendre et espiègle. Quelle preuve de supériorité vous faut-il de plus ? »

    Mais c’est exactement ce que je vous dis! S’ils se mettaient tous à dire que j’ai du talent, je serais triste… J’aurais l’impression qu’ils ne m’aiment plus!

    Ceci dit, être ou ne pas être aimée, grace à eux ça m’est devenu beaucoup plus égal. Au sens où parfois, vous voyez, je ne prends même plus la peine de faire la différence entre les deux, et curieusement le monde continue à tourner.

    Tout cela, ça vous l’avez très bien compris, c’est une question de sentiment de supériorité. La « Volonté de Puissance », ça vous dit quelque chose?

    Ils m’ont appris à accepter de ne pas être aimée. C’était l’apprentissage le plus inaccessible pour moi, le stade de la sagesse qui m’avait toujours semblé le plus grand, et que je n’avais jamais – toujours par sagesse – jamais compté atteindre. Mais ces cons m’ont hissée au-dessus de moi-même.

    En m’ôtant le désir d’être aimée d’eux, ils se sont ôtés du même coup la seule et principale prise qu’ils avaient sur moi.

    J’ai décidé de devenir parfaitement humble – moi qui avais jusqu’ici toujours conçu, par générosité, l’humilité comme une sorte de vice – et, effectivement, je n’ai jamais ressenti aussi puissamment, qu’en acceptant totalement de n’avoir aucun talent et de ne pas être aimée, la sensation de commettre le pire des péché : celui que personne ne juge ni ne punit.

    ***

    Quant à « l’ancienne baraque », comme vous dites, je la laisse effectivement bouclée, porte condamnée, mais pas pour des raisons que vous pourriez invoquer, ni que personne ne pourrait invoquer d’ailleurs, juste parce que cet endroit me fait mal, qu’il me fait peur, me fout la gerbe. Il me heurte profondément, dans ce que j’ai le plus cher. Et je suis loin d’être encore un assez grand poète (le devenir me semble même un très très grand projet) pour que son contact ne me salisse pas, pour être à même de le « rédimer ».

    Bien à vous.

  4. Le précédent com est pour Félix, bien sûr.

    @ Nico de Montreuil : « Le problème n’est pas d’être seul au monde à se trouver du talent – du moins il n’est pas le plus important. Le problème est d’en avoir. »

    Si vous le dites.

  5. Il faut comprendre que nous autres, couilles sur pattes, sommes généralement dans un état de demande sexuelle permanente.

    Etant donné que même après la libération du discours féministe, les femmes sont restés malgré tout des putes consuméristes et superficielles (rien de très surprenant puisque c’est là que se niche la source réelle de leur pouvoir), toute espèce d’être pensant de sexe non-masculin est vue comme une aberration, une viande sortie de son emballage qu’on ne désire que faire retourner à son état de tripaille (d’où les « suce moi ma bite » et autres joyeusetés viriles).

    Comme en plus, vous êtes plutôt du genre narcissique cultivée, si vous désirez la tranquillité virtuelle, vous n’avez d’autre choix que de remplir le trou que d’autres mâles agressifs voudront combler. Internet est très bien pour ça, tant qu’on ne montre pas sa gueule ou son corps, on ne discute qu’avec le texte d’un autre. Or il semblerait que les types qui vous proposent des irrumations ont eu connaissance de votre apparence et n’avaient pas envie de discuter avec autre chose que celle-ci.

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