Echange Facebook avec une cancéreuse

L’échange suivant a lieu à la suite d’un long fil de discussion où, depuis quelques temps, différentes personnes se posent (en toute courtoisie) la question de savoir comment définir aujourd’hui ce qu’est la droite (et par extension ce qu’est la gauche). Certains ont tenté prudemment de remettre en cause la validité de tels concepts, mais comme nous sommes jusqu’ici essentiellement entre gens de bonne compagnie (comprendre des droitards bon teint), les amateurs de politique ont pris le dessus.

C’est alors que « Annabelle » fait son entrée en scène…

ANNABELLE  : ah ce besoin de repères comme enfants  » tu es dans quel camp » ? Hormis les camps pas de salut les betes solitaires n’auraient elles qu’un avenir utopique ?

MILLIE : Moi Je suis comme Bernard Henri Lévy. Je pense qu’il n’y a que deux camp. Celui du bien, et celui du mal.

Et même que celui qui l’y dit est celui qui l’y est.

Et comme j’ai du flair, je vais même vous dire que vous, vous n’y êtes pas du tout. Comme quoi ça va loin…

Ca vous en bouche un coin, non ?

ANNABELLE : simplement je sors du cercle de feu du cancer et je ne peux plus raisonner comme çà moi je lutte pour préserver la vie de tous c’est mon combat ; pour une vie démocratique je m’engage aussi je le dis c’est la vie et sa libre expression la liberté de pouvoir assurer à chacun ses besoins et ses droits fondamentaux ; pour la passion quand elle va dans ce sens

MILLIE : Vous savez, à votre place, moi je la défendrais pas autant, la vie.

La vie des fois c’est moche. Et franchement, comme disait Edith Piaf, des fois je me le demande un peu : « Pour qui elle se prend, la vie? »

Genre pour que la vie cesse de se foutre de notre gueule, faudrait être tout gentil tout plein, tout sucre tout miel, n’avoir aucune pensée mauvaise, sentir la rose partoutpartout, et faire des cure de tendages de l’autre joue pour se mettre bien avec Dieu… Geeennre… On souffre sa race DONC on est trop blanchis comme la neige… « On n’a pas mérité ça » – genre le bonheur était une question de mérite : suffisait juste de s’en rendre compte ! ..Ca va de soi. D’ailleurs c’est pour ça que les gens tombent malade ou ont une vie de merde : parce que c’est des méchants, c’est bien fait pour leur gueule : s’il s’amendaient davantage, ces cons, aussi, au lieu de vivre comme des salauds de bourgeois (qui aiment la cuisine au beurre, qui est un péché, et le pâté de campagne aux cornichons) !

Genre, pour se faire respecter de la vie, faudrait qu’on lui lèche les bottes..  Entre nous, si le léchebottine permettait de se faire respecter, suffirait d’être un Pékinois pour être da King of da World. Quand même… quoi qu’on en dise… à force, si c’était vrai, que pense que les gens auraient fini par s’en rendre compte. ‘Croyez pas ?

« Et que j’ai tellement mal aux dents que j’en prie d’autant plus fort et que ça efface tout, et que ça me récure l’âme encore plus mieux que le nouvel OMO Machine… » Mais bien sûr ! « Soyez pas vache, mondieumondieu, tenez, là, j’en reprends avec plaisir de la tarte dans ma gueule, c’est délicieux : ça c’est pour me faire pardonner d’avoir fait pleurer maman quand j’étais petite, vlan ! J’ai le droit à une ristourne maintenant, hein? Vrai? Que sinon ça serait une injustice indigne de votre immense grâce, très cher bon dieu !…Non? Ah bon. Autant pour moi. Désolée.. »

Demandez un jour sur les marchés, aux marchands de fripe juifs, comment faut y parler, au « Patron » (YHVH pour les intimes), comment faut la traiter, cette chienne de vie : à coups de triques, madame ! Mourir vaincu par elle (Eh, forcément, hein : on en est tous là, vous savez. Qui sait si demain, moi… on sait jamais, ‘faut pas croire. On est tous égaux devant ça : y’a même que devant ça qu’on est tous égaux, alors… Suffit d’une tuile, ou bien ça me prend de me foutre dans la Seine, ou bien j’ai déjà une maladie horrible et je le sais pas, je déconne pas… Des fois j’y ai pensé très sérieusement : je sais combien on transpire glacé, je sais comment on tremble, comment on flippe sa putain de race, que les genoux choquent le sol et que les mains se joignent. Je sais aussi qu’on serait prêt à n’importe quoi pour éviter ça. Le bien.. comme le mal.- Alors pour ce qui est de la sainteté supposée de ces très intense petits moments de réconciliation inopinée avec Dieu hein, ‘faudrait peut-être pas se faire trop d’illusions… Qui sait s’il ne va pas mourir ? – Personne, parce que tout le monde va mourir, en fait.), donc mourir vaincu par elle, oui forcément, mais drapé dans son orgueil de vivant ! Mourir debout, sans compromis avec l’ennemi. Lui cracher à la gueule.

Parce elle, oui elle, plus que quiconque, la vie, elle au moins pour le coup on en est sûr, elle ne mérite que ça.

***

Et je suis gentille, Annabelle. Je ne le vous dis même pas, que c’est un gros, gros péché, que de faire du chantage affectif aux gens avec votre maladie pour leur faire moucher leurs opinions dans un kleenex.

ANNABELLE : Désolée je ne partage pas vos propos

avez-vous vu la vie est belle ?

MILLIE : Ha ha ha ha

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ANNABELLE

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