All you need is luv

C’est seulement à partir de ce moment que je commençai à comprendre (ce que taisent la plupart des écrivains) que les malades, les estropiés, les gens laids, fanés, flétris, les êtres physiquement inférieurs aiment au contraire avec plus de passion et de violence, que les heureux et bien portants; ils aiment d’un amour fanatique, sombre, aucune passion sur terre n’est plus violente et avide que celle de ces désespérés, de ces bâtard de Dieu qui ne trouvent que dans l’amour d’autrui leur raison de vivre. Le fait que c’est précisément de l’abîme le plus profond de la détresse que s’élève le plus furieusement le cri panique du désir de vivre, ce terrible secret, jamais, dans mon inexpérience, je ne l’avais soupçonné. Et c’est seulement en cette minute qu’il avait pénétré en moi comme un fer brûlant.

(Stefan Zweig, La pitié dangereuse)

 

Et après ça, il y en a encore qui ne s’en méfient pas… de l’Âmour ?

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