Encore un petit échange Facebook pour rire

Dexter doll

Dexter doll

« Le plaisir de l’honnêteté moralisatrice se résume à l’hypocrisie. » (Vincent Chapin)

« Et pourtant Vincent, la vertu est la qualité devenue vivante en l’homme, accomplie, et c’est la vertu qui rend propre à certains pouvoirs lorsqu’elle est véritable, et pas qu’une honnêteté morale plus ou moins hypocrite ! » (« Hugging-Saint » Barbie)

« L’hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu » (De la Rochefoucault) – Citation d’Irena Adler

HUGGIN’ SAINT BARBIE : Pour moi une vertu est une qualité, et je la vois un peu comme pour les vertus des plantes, qui sont leurs effets, leurs principes actifs, et donc leur pouvoir, sans doute ne suis-je pas assez intellectuelle.
Ah oui?, l’hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu ?
Y’ en avais-tu fumé du bon La Rochefoucault ???
Et la sincérité, serait-elle un dommage que la vertu rend au vice ?

VINCENT CHAPIN : Voyons Barbie, pas d’agressivité! : dans le monde, il est bon de paraître vertueux, même si l’on est plein de vices ; le vice sait que la vertu a meilleure apparence que lui- tel est le sens de ce mot .

HUGGIN’ SAINT BARBIE : Je sais, Vincent, car dans le monde c’est peut-être tout ce qui importe au monde, de paraître, une apparence n’est jamais la chose, une apparence de vertu non plus, et si le vice sait que la vertu a meilleure apparence que lui, il y a certainement une raison, reste à trouver laquelle… sourire…
J’ai bien aimé inversé la phrase de La Rochefoucault, que je n’avais jamais entendu, ça m’a fait un petit velours, un instant suspendu entre vice et vertu.
Je vais profiter de ce commentaire pour vous souhaiter un anniversaire tout à votre goût, vicieux ou vertueux, comme il vous plaira…

IRENA ADLER : Oui, monsieur Chapin. Mais c’est encore là un sens réduit que vous donnez à cette citation (pour laquelle j’ai une affection réelle, et que je ne place dans la conversation ni par intérêt ni par cynisme). La Rochefoucault était grand amateur de politesse (comme Schopenhauer, si l’on y songe bien) et prônait la modération en toute chose. Il avait sans doute, en tant que moraliste, hérité des antiques pour qui le danger moral le plus nuisible à l’homme et à la société était la démesure (l’hubris). [On est bien loin,effectivement, du : « je vomirai les tièdes » évangélique. Mais cela peut se comprendre dans la mesure où la parole de Jésus est tout sauf celle d’un homme qui cherche à vivre en paix avec ses contemporains – alors que les maximes de La Rochefoucault ont une réelle portée philosophique (de philein et sophia : « qui aime la sagesse »).]

Dire que l’hypocrisie est un hommage que le vice à la vertu est plutôt l’expression d’une puissante tendresse aussi bien à l’égard d’autrui que de soi-même – pauvres pêcheurs que tous, en dernier recours, nous sommes.

Edith Piaf, par exemple, dans l’une de ses chansons, rend gré à celui qu’elle aime (qui la trompe car il est lassé d’elle) de continuer malgré tout, en signe de fidélité, et par délicatesse, à lui mentir. En l’occurrence, celui qui ment pour faire plaisir montre en cette occasion qu’il est pleinement capable de prendre en compte les désirs, les besoins et les sentiments de l’autre et qu’il les reconnait, de plus, comme étant parfaitement légitimes… Mais comme il n’est malgré tout – à sa plus grande honte – pas à même d’accéder à de tels désirs, et qu’il répugne tout autant à se brouiller avec elle ou à la faire souffrir, le larron n’a pas d’autre choix que de mentir, c’est-à-dire de sacrifier sa probité à la douce amie, par tendresse.

En d’autres termes, lorsqu’un amant infidèle choisit de porter seul dans la nuit le secret de son mensonge, lorsqu’il s’agenouille devant Dieu pour lui livrer sa confession, c’est aussi devant sa belle qu’il s’agenouille, et il lui dit en pleurant : « Je suis le vice, tu es la vertu ».

Par ailleurs, j’ai envie de dire à toutes les gonzesses qui sont au-dessus du vice et du paraître, de retourner balayer devant leur porte et tout ira bien.

HUGGIN’ SAINT BARBIE : Irena,
Perso, j’ai beaucoup aimé votre démonstration de cette citation de La Rochefoucault, mais le fait demeure que la vertu a meilleure apparence que le vice, parce qu’elle a meilleur goût pour l’âme, pour soi que le vice, mais il reste que c’est toujours soi qui choisir, vice ou vertu, Édith a choisi l’un, son amant l’autre, hypocrisie par tendresse et délicatesse.
Mais c’est une vision du vice limitée à l’hypocrisie, parce que le vice c’est beaucoup plus que ça, la vertu aussi.

IRENA ADLER : Pardon ?

HUGGIN’ SAINT BARBIE : Irena,
Dans votre exposé, avez posé vice pour hypocrisie, vertu pour fidélité, j’ai juste voulu en venir que si votre exposé était juste quant à ce que l’hypocrisie peut fort bien se justifier et n’être pas tant un vice qu’on pourrait « apparemment » le croire, et la fidélité si elle est une vertu qui « apparemment » est louable pour les uns, ne l’est pas pour les autres, que c’est relatif à chacun, reste que tout ça c’est limité à deux aspects, deux considérations de vice et vertu.
Intelligence, bonté, compassion, sagesse, etc…, sont des vertus(pour mon sens), et ces vertus lorsqu’elles réelles, manifestes dans un homme, ont un pouvoir, elles agissent dans l’homme, et par effet direct dans le monde, dans le « bon » sens, les vices pareillement, mais dans « l’autre » sens.
Je ne parlais pas directement de moi, je parlais en général, et ça m’a fait très plaisir d’entendre de votre bouche ce son de La Rochefoucault, que je ne connaissais pas, parce que je ne connais pas La Rochefoucault, j’y vais par « nature et effet » des choses en soi.
Merci du bel exposé Irena.

IRENA ADLER : Merci à vous, Barbie.

Publicités