Raiponces à toutes les questions que vous vous posiez (concernant le conspirationnisme) – Folie collective, ep.03

F.A.Q
Qu’est-ce que le conspirationnisme ?

Définition :
Le conspirationnisme désigne l’attitude consistant à substituer abusivement à l’explication communément admise de certains phénomènes sociaux ou événements historiques, un récit alternatif …qui postule l’existence d’une conspiration.

• « abusivement » : le récit proposé s’affranchit des règles élémentaires du raisonnement scientifique, notamment en écartant systématiquement les éléments qui seraient de nature à le contredire ou – lorsqu’il consent à les examiner – en échouant à les réfuter de manière satisfaisante.

• « postule » : la conspiration n’est jamais démontrée.

  • Le conspirationniste n’est pas plus un enfant que l’homme atteint de nanisme ne doit achever sa croissance.
Vieux enfants
Vieux enfants

« Le conspirationnisme, c’est peut-être un refus de grandir, ou plus précisément, c’est une perversion de cette capacité à imaginer propre à l’enfance. Or, l’imagination, lorsqu’elle n’est pas soigneusement maîtrisée avec le temps, devient un fardeau. C’est trop lourd. Il y a trop « d’harmoniques » : la voix devient fausse. » Nico de Montreuil

Nico de Montreuil touche juste. En l’occurrence j’ai écrit mon dernier article en pensant à des geeks qui frôlent le syndrome de Peter Pan !

  • Le conspirationniste évolue dans un réel en tout point conforme à une mauvaise SF, mais ne lit pas de romans.

 

La belle reptilienne - V
La belle reptilienne – V

« Il en est de même avec l’intelligence : l’imagination (l’harmonique de la pensée) s’alourdit d’années en années. Il faut travailler pour qu’elle continue d’irriguer agréablement notre pensée, qu’elle chante juste. Mais certains n’en font qu’à leur tête, continuent à parler, et nous cassent le cerveau.J’ai observé une chose étonnante. Souvent, ces personnes sont parfaitement insensibles à la littérature. A creuser… » Nico de Montreuil

Cela est tellement vrai… Leurs propres délires conspis ont radicalement nettoyé mes anciens amis de tout ce qu’il pouvait leur rester d’esprit romanesque.

Je proposerais, à cela, une explication simple : si l’on considère que le conspirationniste vit déjà dans une sorte de jeu vidéo à la « Deux Ex » (ou comme celui, à sortir, dont j’ai affiché le Trailer dans mon article précédent), alors son réel est en tout point conforme à ce que nous, lecteurs adultes donc désillusionnés, aux prises avec un réel dénué de sens supérieur et donc décevant, identifions à de la fiction. En ce sens ils ont tué la fiction en la réalisant : ils ont désappris même à comprendre ce que « fiction » veut dire.

Je pense d’ailleurs que la nature foncièrement puérile de leur vision du monde tient tout entière elle aussi là-dedans : ils n’ont pas renoncé à « La Merveille ». [La Merveille est nom  que Chrétien de Troyes donne à son Deus ex machina dans de Cycle du Graal : la conquête du Graal ne peut se faire sans elle. Elle est l’intervention divine nécessaire, salvatrice (ou maligne), dans le cours banal (= décevant) des choses, NDLA]. Mais qui dit possibilité du miracle dit aussi porte ouverte à toutes les fenêtres : comme l’enfant dont l’organe de la raison est encore en formation, chez qui la frontière entre l’ici tangible et l’au-delà intangible est encore molle et mince, le conspirationniste flirte avec une dangereuse pensée magique qui est source d’angoisses. Comment cela serait-il autrement, à partir du moment où tout chose incroyable cesse de l’être ? – notamment la présence d’un monstre sous leur lit ou la possibilité du surgissement d’un fantôme ou d’un extraterrestre d’un placard à balais.

  • Une histoire du conspirationnisme qui est aussi celle de la modernité
Imprimerie & Internet : même combat

Imprimerie & Internet : même combat.

Les conspirationnistes sont donc, de ce point de vue, effectivement à rapprocher des paysans et autres pauvres hères crédules de la France d’antan, si chers à Michelet. L’historien explique bien comment, à la veille de la Renaissance, les esprits se sont brûtalement échauffés. Ces temps de rupture avec un ancien ordre établi correspondent, comme le nôtre, avec l’irruption sur la place publique d’une foultitude de connaissances autrefois réservées à une élite érudite.  L’invention de l’imprimerie, comme aujourd’hui celle d’internet, a eu pour conséquence un phénomène inédit de démocratisation exponentielle du savoir. Et puis, bien sûr, la publication d’une Bible en langue vulgaire a littéralement volé à la caste des prêtres – comme jadis Prométhée a volé le feu au Ciel – l’exclusivité de son étude. Avant un tel cataclysme, qui l’a chamboulée de fond en comble, la société médiévale était en quelque sorte à rapprocher de la société indienne traditionnelle : elle avait ses castes dirigeantes et son troupeau, elle était un corps solidaire dont les membres inférieurs n’étaient rien séparément et dont les chefs avaient vocation de penser pour et à la place de la multitude. Or une telle pyramide sociale hyératique ne pouvait tenir que dans la mesure où elle était considérée par tous comme voulue par Dieu, et où ceux à qui auraient eu besoin qu’existe un ascenseur social au centre de cette pyramide, n’avaient pas les moyens de dire aux prêtre que Dieu désirait lui aussi cet ascenseur [notamment en citant Matthieu 20.16 Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers]. L’édition de la Bible en langue vernaculaire, si chère aux protestants, a tout changé : tous les individus, du plus humble au plus important, fussent-ils chargés la journée d’obéir au plus influent des supérieurs hiérarchiques, se mirent à développer, au soir, une vie intérieure propre ; chacun s’accorda le droit de posséder un avis personnel sur tout, indépendamment de celui de son curé ou de celui de son Roi.

  • Car les conspirations et les crimes des puissants eux aussi sont des réalités historiques

Vierge de fer
Vierge de fer

A cette époque, la théologie Jésuite – catholiques de l’extrême, terribles clercs à poigne, résolus à endiguer coûte que coûte la montée du raz-de-marée protestant/jansénistes – attribue sans ménagement la volupté et la jouissance au démon ; la souffrance et la peine seules apparaissent comme sacrées. La religion du Christ devient alors aux yeux des humbles – à cette époque, comme si cela ne suffisait pas, écrasés par d’inhumaines pestes noires et de longues famines – celle des maîtres opresseurs [a.k.a. Sabre et Goupillon alliés]. Ces religieux jésuites, en effet, alors qu’ils sont en charge des pauvres, des simples, des orphelins et des malades, les traitent comme des criminels, les exploitents, les tuent à force d’exercices d’expiation – comme si Dieu les avait fait vilains parce qu’il ne les aimait pas ! A rebours, les petites gens, la paysannerie, se prennent à célébrer, de nuit, le Sabbat ; ils implorent la protection du Seigneur Démon qui devient pour eux [comme Lucifer le sera un peu plus tard pour les Romantiques], une sorte de Dieu de la Liberté. Leurs messes noires  consistent essentiellement à tout faire à rebours, notamment à communier de dos la tête en bas avec un radis noir entre les dents, en montrant ses fesses au grand méchant Jésus, le patron des églises des riches… ^^  Les rumeurs de conspirations, des plus vraissemblables et documentées [car la conspiration  bien sûr elle aussi – je ne l’ai peut-être pas assez dit- est une réalité historique], aux plus grotesques et ésotériques,  – exactement comme aujourd’hui ! -, vont alors bon train. Chez les protestants, on colporte certains crimes montrueux du côté catholique. Du côté catholique, on identifie pêle-mêle sorcières et protestants. Chacun se dit martyr de l’autre, chacun se jette du « païen », de l’ « impie », de l’ « amant du Diable », à la tête. Et le bon peuple trinque : écartelé entre son jour et sa nuit, il ne sait plus à quel saint se vouer.

Pierre de la Bastille

Pierre de la Bastille

C’est une sorte de cauchemar héréditaire du peuple français qui, [apogée et fin du formidable retournement des valeurs initié à la Renaissance qui s’inspira du « Les premiers seront les derniers » biblique], les fit entrer en révolution et attaquer la Bastille. Or cette prison où la royauté avait longtemps enfermé ses ennemis personnels sans jugement préalable, en 1789 elle ne servait déjà quasi plus ! Michelet raconte que les Sans-Culotte, interdits, s’étant trouvés nez-à-nez avec une poignée de vieux malades mentaux à particule (éloignés là de leur héritage par leurs propres famille) et des centaines de cellules vides, ne voulurent d’abord pas – littéralement – en croire leurs yeux : ils entendaient pleurer à travers la muraille ! Ils étaient persuadés d’entendre les voix suppliantes de leurs précurseurs – frères et soeurs de lutte aînés -, et leurs infinis soupirs… Ils cherchèrent dans tous les coins, crurent que le Gouverneur – déjà tué – avait caché quelque part des prisonniers torturés dans quelque oubliette… Peine perdue. Les lieux, sinistres, infects, sordides, gardaient bien, sous forme de squelettes, la trace d’immenses soufrances passées, mais il n’en restait rien. Le temps avait impitoyablement emporté le sang et laissé  les ferronneries cyclopéennes et les pierres, et le peuple, ivre du désir de réparer l’irréparable, en était réduit à  halluciner collectivement.

Imaginons un instant une foule immense de conspirationnistes de tous les pays venue mettre à sac une base secrète de l’armée américaine à la recherche d’un vaisseau E.T. et de son contenu. Comment réagirait-elle, n’y trouvant que les reliefs d’un prototype de fusée des années 60 abandonné et un vieux phonographe ?

  • En toute imagination du Mal, même la plus angoissée, quelque chose est bon – non pas forcément la lettre, mais au moins l’esprit.

The Witcher

"Il s'appelait Gerald de Riv..."

Souvent, je pense aux villageois de Roumanie avec leurs tyrans au-dessus de leurs tête ; ces paysans naturellement supersticieux confrontés à des races nobles et cruelles sévissant en toute impunité depuis des forts francs imprenables… Ce sont eux qui inventèrent, – parfois aidés, il est vrai, par des agents féodaux désireux de bouter une dynastie rivale hors du trône en salissant sa réputation –  anecdote après anecdotes, le mythe canonique du vampire tel que nous le connaissons. Je me dis alors que si l’on veut penser en maître et non en esclave, il faut savoir qu’hors de l’Histoire avec un grand H et de sa résonnance dans l’imaginaire populaire roumain, le mythe du « Dracula » n’a jamais eu aucune réalité. Du moins, il n’eut jamais de réalité aussi longtemps qu’on s’en borna à la lettre, – en revanche je crois qu’il n’est pas vain d’en étudier l’esprit.

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16 réflexions sur “Raiponces à toutes les questions que vous vous posiez (concernant le conspirationnisme) – Folie collective, ep.03

  1. Pingback: THe FULL DoSSier ConspiCONplottisme is OnLine (youpi!) : « CAER

  2. Que de confusions ! Le mythe du vampire ne puise pas ses sources dans les villages médiévaux du XVIIIème siècle mais en des temps beaucoup plus reculés. On trouve des exemples dans le Baital Pachisi indien (les vetalas), des divinités comme Kâlî était supposée se nourrir de sang tout comme Sekhmet en Égypte. Et c’est en Perse qu’on parlât pour la première fois des buveurs de sang. Enfin en Grèce et à Rome il était question de lamyes et de stryges. Le mot Strigoi vient de ce dernier terme. Les personnes humaines et sanguinaires ont souvent été affublés de ce surnom de vampire et spécialement en Europe de l’Est, cela dit il me semble que l’inversion de valeur apparaît aussi dès lors que l’on puisse confondre l’intelligence et le savoir. Et de laisser penser que les paysans sont d’obscurs ploucs. Considérer que le folklore n’est que fatras n’est pas précisément la façon d’aborder le sujet. Vous seriez étonnée du nombre de faits historiques évoqués dans ce folklore sous couvert d’un vocable lié aux régions et aux habitudes paysannes mais aussi aux statuaires, blasons, noms de famille, noms de lieux etc…

    Le mythe du Drakul est directement associé au symbolisme du Dragon dans ses aspects négatifs (ce qui permet aussi d’en isoler le principe positif par inversion). Ce qu’on appelle un mythe est tout d’abord un récit hérité de la tradition orale, son symbolisme ne peut en être extrait de façon exotérique sans tomber dans une explication profane (dans votre cas, dans vos croyances modernes). Dire qu’un mythe n’a pas de réalité n’oblitère en rien son sens, ce n’est pas sa fonction propre qui est de garder et de transmettre un sens symbolique. Tous les mythes sont réels dès lors que leur symbolisme est compris. Visiblement ce n’est pas votre cas puisque que vous tentez d’y trouver une explication historique. Démarche profane, voire politique. Et c’est là aussi toute la qualité des symboles, archétypes et mythes c’est que leur contenu est totalement invisible à l’intelligence des non-connaissants. L’application d’un sens profane et personnel n’invalide pas leur parcours à travers les âges. L’Esprit soufflant où il veut il n’est pas question de hiérarchie sociale ou de titres dans ce domaine. Celui qui peut vous sembler être le dernier peut être le premier sans que vous ne le sachiez tout simplement. Le premier est le serviteur de tous. Il n’a pas besoin de prétention car il est le premier.

    Une réflexion sur la tradition orale au temps d’internet serait peut-être plus intéressante que de chercher à tout faire coller quand on n’a pas les bons outils spéculatifs.

  3. Mon Dieu mais qui sont tous ces nouveaux lecteurs qui se méprisent sur mon compte, venus d’on ne sait où, et dont je ne veux pas ?

    Je sais pertinemment tout ce que vous dites (quoi que vous en pensiez). Seulement l’on n’est pas ici sur un blog gothique… l’on ne fait pas non plus la promotion des danses traditionnelles sur fond de rosesrouges.gif animés à paillettes ; on fait juste, effectivement, comme vous l’avez justement subodoré, de la politique (et on en est un peu fier), en s’aidant de quelques rudiments d’histoire-accélérée.

    Les vampires, jusqu’à preuve du contraire, ainsi que le folklore paysan ça continue à émarger plus ou moins du côté de ce qu’on appelle (et que j’aime beaucoup aussi, là n’est pas le sujet), de la « petite histoire ». [J’ai moi-même des racines paysannes, et suis très attachée à mon pays (le Bourbonnais, terre de mysticisme s’il en est) – vous ne me verrez que rarement traiter les ploucs de ploucs ; et alors ce sera toujours en connaissance de cause, apaisez vos craintes à ce sujet.]

    Oui, j’admets qu’en écrivant la phrase suivante, j’ai fait preuve d’un peu de désinvolture, – c’est, je l’admets un raccourci fautif et malheureux :

    « Ce sont eux qui inventèrent, – parfois aidés, il est vrai, par des agents féodaux désireux de bouter une dynastie rivale hors du trône en salissant sa réputation – anecdote après anecdotes, le mythe canonique du vampire tel que nous le connaissons. »

    Oui, évidemment, l’Inde, oui évidemment, les Succubes, les Stryges, l’antiquité, les sabbats paysans du moyen-âge, la symbolique orientale du dragon, l’Ouroboros & le caducée, tout ça… M’enfin mes lecteurs s’en foutent, comprenez-vous ? J’écris pour un lectorat rationnel, pas pour des adultescents friand de Hard-Rock, en mal d’exaltation spirituelle ; je dois flatter la sensibilité rationnelle et profane (que je prise fort) de mon lectorat en lui faisant oublier que j’ai eu moi aussi une grosse phase mystique dans ma vie de jeune-fille romantique, – comme tout un chacun.

    A présent, je demande aux vampires &Co de comprendre qu’ici on n’est pas chez Madame Irma. Parce que je vous connais, vous autre ; l’étape suivante, c’est l’astrologie… lol ;-)

  4. Par « mythe canonique », j’entendais, vous savez, le vampire de la gousse d’ail, du pieu en noisetier, du cercueil à la cave et de la cape noire doublée de satin rouge qu’on trouve dans Bram Stoker, Ann Rice, et les films de série B américains. Celui-là, il nous vient de Transylvanie, c’est-à-dire de Roumanie, oui ou non ?

    Donc je savais quand même ce que je disais ; il n’y a pas eu raccourci fautif, je me suis excusée pour rien et on ne m’y reprendra plus ! :D

  5. Je ne vois vraiment pas pourquoi vous parlez de blog gothique (sic) ou hard rock (re-sic)… Il m’avait semblé que votre blog servait de « tribune » à peu près sérieuse sur des sujets plus ou moins historiques (malgré le manque de références) sur un ton désinvolte (ce qui ne me choque pas).

    Pour ma part j’évoquais un contexte traditionnel et des recherches tout à fait sérieuses. Et, pour vous répondre puisque vous poser la question tout haut, je ne pense pas me méprendre sur votre compte.

    Quand il s’agit de mêler politique, rumeurs, histoire « officielle » ou non officielle on est toujours à 99% dans les divagations et les discussions de comptoir, ce qui semble le cas de votre blog comme sur n’importe quel blog parlant de conspirations (ils sont rares cela dit).

    Mais, entretenant une confusion irritante sur des sujets « exogènes », les rapprochant comme bon vous semble vous vous éloignez du sens premier de certains mots (les symboles n’en parlons pas, ce ne sont que des images pour vous). Et puis vous semblez d’ailleurs vous moquer de vos propres erreurs, omissions et « à-peu-prèisme ». Une technique qui permet de ménager la chèvre et le chou…

    C’est justement ce souci (ou plutôt ce défaut) de prendre ce qui traîne pour accréditer ses propres confusions. Vous pourriez parler de Kant, de Freud, du Kali Yuga que vous en arriveriez à disserter de long en large sur vos obsessions personnelles afin d’accréditer vos propres convictions et d’arriver aux mêmes conclusions. Vous avez raison d’évoquer l’Ouroboros ! :-)

    Êtes-vous jamais arrivée à conclure différemment que l’idée de départ un jour ? Suivez-vous parfois une certaine liberté de penser ? Vous savez (ou pas), ce chemin qui mène parfois à se contredire mais à savoir véritablement ?

    Il n’est pas bon de tout mélanger, surtout, si comme vous vous vous permettez de tenter d’expliquer le folklore par le folklore (puisque d’une certaine façon vous êtes tout à fait folklorique). Ce n’est pas en parlant des Chaldéens que vous expliquerez le Kalévala. Dommage. Ou alors il serait bon de parler de Tradition Primordiale… Bref.

    N’étaient ces points de détails de votre personnalité qui émanent d’une écriture pas forcément désagréable du reste je suis tout à fait étonné de savoir que « vos » lecteurs (suis-je un de « vos » lecteurs ? À partir de quel moment peut-on dire qu’on « a » des lecteurs ? ) se foutent du crédit et de la solidité des arguments que vous évoquez pour échafauder des thèses si personnelles.

    Sont-ils juste spectateurs de vos abracadabrants récits ? Il me semble que c’est tout à fait contraire à ce que vous annonciez à l’occasion de vos marronniers conspirationnistes : Raiponces à toutes les questions que vous vous posiez…

    On attend encore. Enfin, je suis peut-être le seul.

    Cela dit vous avez le mérite d’exprimer véritablement le but de votre prose. Clairement dans le texte :

    – Je peux faire référence à ce qui me chante, mes lecteurs se foutent de la véracité des sources.
    – Je ne m’adresse pas à tout le monde (sous-entendu : plutôt avec ceux qui partagent mes idées).
    – Les personnes ayant un parcours spirituel ne sont pas concernés même si vous utilisez (on se demande pourquoi) force de matériaux venant de ce thème. (Ce serait un paradoxe si vous ne prôniez pas ce confondant rappel au rationalisme / On se demande ce qu’il y a de rationnel dans vos sujets en passant).

    En gros vous ressemblez à la « folle du logis » de Pascal et d’une certaine façon (et ce n’est pas étonnant) telle que ce que vous semblez décrier. Remplacez le hard rock par de la musique classique, les histoires de vampires par les pseudo-révélations historiques dont vous vous servez, le romantisme par le rationalisme… Mais nous y sommes ! Remplacez le blog gothique (sic) dont vous parliez (je n’invente pas) on obtient Raiponces !

    Il est vrai que nous sommes souvent ce à quoi nous nous opposons.

    Au lieu du rationalisme je préfère la rationalité, et surtout ne pas dénoncer chez les autres ce qu’on fait soi-même. En même temps c’est facile de critiquer quand on n’a pas de blog soi-même mais il y a quand même des colloques à suivre et des thèses à lire beaucoup mieux documentés que ce qu’on peut lire ici. Même si, malheureusement, le ton y est plus aride.

  6. Gnah gnah gnah… votre réponse est trop longue et trop sérieuse. Vous êtes chiantissime, ne serait-ce que parce que je n’ai pas réussi à vous dérider.

    Je ne vous lis pas.

  7. « Pour ma part j’évoquais un contexte traditionnel et des recherches tout à fait sérieuses. Et, pour vous répondre puisque vous poser la question tout haut, je ne pense pas me méprendre sur votre compte.  »

    Mais je le sais, imbécile, je n’ai jamais contesté ce que vous dites ! Putain. Je dis même que ce n’est contradictoire avec aucun de mes propos.

    Lisez mieux. Et ne me manquez pas de respect, svp.

  8. Quant à l’a-peu-près-isme, je vous l’ai concédé en premier lieu, parce que je suis bien bonne. Mais en fait il n’y en avait pas, puisque par ‘mythe canonique du vampire’, je désignais celui de Transylvanie, donc bien celui issu du folklore Roumain.

    Mon article n’était pas consacré au mythe du vampire que je sache, c’est en l’occurrence une simple image et un point de détail. Je ne suis pas forcé d’écrire une thèse sur tous les sujets que je survole pour arriver à une conclusion solide ! Enlevez ce passage qui vous révolte si cela peut vous faire plaisir (même si je connais mon sujet – mais je n’ai ni le temps ni l’envie de vous le prouver), et voyez que ma dissertation tient toujours debout.

    Pourquoi me cherchez-vous ainsi des poux alors que je vous consacre déjà tant d’énergie et que j’avais amplement *raipondu » dans mes com’ précédents à vos premières accusations ?

  9. Cela étant je dois encore vous concéder quelque chose, agressif personnage, il y a bien en vous la fibre du vampire (c’est-à-dire pas la cape noire doublée de rouge et le dentier phosphorescent, mais l’Esprit du mythe)… Vous sentez, comme font les loups et les chiens, cette odeur de sueur froide et de sang que dégagent les jeunes filles lorsqu’elles sont nerveuses et déprimées. Vous sentez la fébrilité en moi, le malaise, la fragilité passagère, et cela excite votre faim et votre méchanceté.

    Rien ne justifie dans ce que j’ai dit que vous ayez doublé de colère à mon égard, car ce n’est pas de la colère qui vous prend : juste l’envie de blesser, la sensation que toucher le cœur est possible. La sensation qu’un cœur palpite ici, que la personne est entièrement disponible, non pas « ailleurs », mais là… Je voudrais venir à bout des gens comme vous, mais ça ne m’est possible que lorsque je me ferme et je me sèche. Votre façon d’aimer à vous est de détruire, comme la mienne est de me laisser détruire ; ce pourquoi, j’aime/je donne toujours malgré moi.

    Hors d’ici, allupato ! Vade Retro Satanas !

  10. J’allais m’excuser après mon commentaire car vous conservez toute latitude sur les sujets que vous choisissez et par là même on ne pourrait blâmer que le manque de fond. Je ne vous cherche pas des poux et je n’essaie même pas de vous convaincre, je conteste un peu la méthode qui permet de reléguer en second plan des sujets qu’on aborde soi-même afin d’élaborer un argumentaire qui semble se tenir de prime abord mais qui ne s’appuie que sur des convictions personnelles. C’est aussi la force et le peu d’hésitations qui semble vous habiter qui prête à sourire complaisamment. Je sais que rien ne m’oblige à vous lire mais quand on soumet un texte il est toujours intéressant de savoir sur quoi il s’appuie. C’est afin de gratter un peu ce revêtement que je me suis permis d’intervenir.

    Je constate que vous n’avez pas la rigueur suffisante pour lire les commentaires qu’on vous adresse, cela parachève ce portrait que vous vous plaisez à vous donner vous-même et qui est assez méprisant. « Vos » lecteurs doivent donc être toujours d’accord. Ce n’est pas véritablement la place d’un débat d’idées donc.

    L’éthique et la politesse la plus élémentaire ne me permettent pas de vous assujettir des mêmes noms d’oiseaux dont vous usez mais le ton de vos réponses est assez parlant. Les lecteurs apprécieront.

    (Et là je souris en vous écrivant).

  11. Mais mes lecteurs ne sont pas dupes, monsieur. Ils voient bien que j’ai répondu sur le fond. Et qu’aucun des arguments historiques que j’ai employés pour bâtir ce texte n’est fautif ni ne manque de rigueur – car vous n’avez réussi à pointer aucun extrait précis de mon article où il y eut légitimité de votre part à dire que ce fut le cas. – Je ne suis pas la tête de mule que vous croyez, je pensais l’avoir suffisamment suggéré ici : j’aurais su reconnaître bien volontiers un manquement réel de ma part.

    Vous n’avez su avancer, en matière de factualité sonnante et trébuchante, – puisque vous vous présentez comme le champion du genre – que ma supposée méconnaissance du mythe du vampire, qui n’est pas le sujet principal de ce texte. Sur ce point je n’ai jugé bon de défendre que ce que j’avais écrit (c’est-à-dire bien peu de choses), excusez-moi du peu, et j’ai dédaigné de me justifier à propos de tout ce qui dans votre critique tombait complètement à côté du texte.

    J’y suis manifestement parvenue, à me défendre factuellement, en outre, puisque vous contournez précautionneusement les nouveaux éléments de réponse que vous ai apportés pour consolider ma thèse. C’est bien simple, depuis votre deuxième com’ vous avez totalement cessé de vous attacher au fond et vous vous contentez de psychologiser la relation que j’ai avec mon lectorat : bel exemple de la part d’un prétendu érudit regorgeant d’informations essentielles et de réflexions divergentes concernant le conspirationnisme, à faire valoir.

  12. En suite, comment aurais-je pu vous citer plusieurs fois et répondre à différents points de votre long commentaire si je ne l’avais *réellement* pas lu ?

    Vous préférez vous considérez comme l’offensé, ici. Mais toutes les preuves de bonté que je vous donne vous faites en sorte de ne pas les voir. Vous vous arrêtez aux gros mots. Jouer les simples victimes est toujours plus confortable, n’est-ce pas ?

  13. Hé hé hé… mais en fait je vois :

    « Je me dis alors que si l’on veut penser en maître et non en esclave, il faut savoir qu’hors de l’Histoire avec un grand H et de sa résonnance dans l’imaginaire populaire roumain, le mythe du « Dracula » n’a jamais eu aucune réalité. Du moins, il n’eut jamais de réalité aussi longtemps qu’on s’en borna à la lettre, – en revanche je crois qu’il n’est pas vain d’en étudier l’esprit. »

    Cela vous dérange dans vos fondamentaux, n’est-ce pas?

    Vous n’aimez pas l’histoire avec un grand H, qui est trop peu riche en mystère et en magie. Qui parle d’économie, de géographie, d’alliances d’intérêts divers, de liens familiaux, de personnalités narcissiques ou courageuses, de hasards heureux ou malheureux, et de circonstances météorologiques favorables et défavorables…

    Vous préférez la mythologie, la littérature et l’héroic fantasy, que vous confondez volontairement. Vous préférez laisser planer un doute concernant l’existence réelle passée (voire contemporaine) d’un certain nombre de phénomènes surnaturels et de personnages de fictifs (comme ce bon vieux « Dracula » – et ne noyez pas le poisson en dissertant sur Vlad Dracul ou la comtesse Bathory – ^^). Lorsque vous parlez du Moyen-Âge ou de l’antiquité avec des amis, cela vous confère tout naturellement une aura de gourou… Vous attisez la « Merveille » dans les yeux de vos interlocuteurs (la crédulité aussi), et c’est ainsi que vous conservez la flamme spirituelle en vous – cela vous fait même vous sentir utile ! :)

    Le problème c’est que je n’ai jamais rencontré aucune de ces « mentalités de gourous » qui ne se soit pas prise au piège, en définitive, de son propre jeu de franchissement de la barrière réalité/fiction.

  14. En fait je ne vois rien du tout, parce que môssieur me fait galoper derrière des rôles de composition stéréotypés qui n’ont aucune profondeur et n’ont ni queue ni tête.

    Grodion, je vous demande de vous arrêter ! :/

    ***

    Il est fort ce con ; mais en même temps je suis particulièrement conne, aujourd’hui… Ce gars se conduit exactement comme Hafid : dialogue de sourds. Comme moi lorsque je veux être assurée de vaincre, il ne lit l’autre qu’en survol, en diagonale. En ne s’attachant qu’aux apparences (en les choisissant trompeuses, de préférence), et aux détails qui relèvent de l’affect (comme font les psy), il touche la susceptibilité.

    Serait-il possible que Grodion=Hafid ?

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