Millie n’aime pas que les menhirs, elle aime aussi les canons

 

Les Invalides, c’est bath’ !


 

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All you need is conspiration

J’ai reçu dans ma boîte mail une vidéo et ce message : « ceci pourrait vous intéresser. Salutations. » La vidéo, extraite d’une séquence télévisée datant de l’été 1967, montre l’enregistrement par les Beatles du titre All you need is love.
Vers la fin de la prestation, une pancarte noire surgit à droite de l’écran, avec ces mots : « Come Back Milly! »

Apparition pour le moins détonante, en pleine fête Flower Power.
D’autant plus intriguant qu’il se trouvait que Millie – administratrice du présent blog – ne donnait plus signe de vie depuis une semaine. Je supposais donc que le mystérieux informateur me suggérait d’investiguer dans cette direction. Voulait-il signifier par là que ce message du passé s’adressait en quelque sorte à notre présent ? Enquête.

Les spécialistes des Beatles se sont souvent interrogés sur la signification de ce « come back Milly ». On a parlé d’un banal appel lancé à une fugueuse. Si cette inoffensive assertion est exacte, pourquoi n’a-t-elle jamais été confirmée par aucun des protagonistes présents à l’émission ?

Pour y voir clair, reprenons la chronologie des évènements.

En juin 1967, après la sortie de Sgt Pepper’s lonely hearts club band, les Beatles sont au sommet de leur gloire. En juillet 1967, ils enregistrent ladite émission, en direct et en mondovision.

Dès lors, les coups du sort s’enchaînent.
Quelques semaines après, Brian Epstein, leur manager, est retrouvé mort. Ce décès reste inexpliqué à ce jour. [Suicide ou overdose de barbituriques sont avancés comme causes possibles. Bizarrement, la thèse d’un crime maquillé ne l’est pas. Pourquoi ?]
A l’hiver 1967, le groupe réalise le film Magical Mystery Tour, qui se révèle être, à la stupéfaction générale, le premier échec critique et public de sa carrière.
Courant 1968, l’arrivée d’une certaine Yoko Ono dans la vie de John Lennon génère moult tensions au sein du groupe. Lennon, en effet, impose sa présence aux sessions d’enregistrements. Contre toute logique : la Japonaise n’a pourtant jamais caché n’aimer ni le rock, ni les Beatles. Quelle était donc la raison de sa présence en studio ? Que surveillait-elle ? Qui avait intérêt à ce que cette union voit le jour, et pourquoi ?
Lennon écarté du jeu par Ono, le bassiste Paul McCartney reste le plus résolu à maintenir le groupe à flot.

Sur ces entrefaites, une campagne s’attaque à sa personne.
Cette affaire mérite qu’on s’y arrête un instant.

En 1969, Russ Gibb, D.J. d’une radio de Detroit, révèle au grand jour l’existence d’indices tendant à prouver que McCartney serait mort d’un accident de la route en 1966. Devant les intérêts en jeu, les autres membres du groupe auraient alors accepté de se livrer à une sordide mascarade : remplacer le mort par un sosie.
C’est cette année-là, comme par hasard, que les Beatles cessent leurs tournées ; qu’ils se laissent pousser des moustaches (pour cacher les traces d’une opération chirurgicale sur le sosie ?).
Gibb soutient que les Beatles, hantés par ce secret, ont laissé filtrer de nombreux indices accessibles aux seuls initiés. De fait, l’étude des pochettes d’albums ébranlera les plus sceptiques.

Sgt Pepper’s

la scène représente un enterrement ; une basse fleurie désigne sans l’ombre d’un doute l’identité du défunt ; une main apparait au dessus-de la tête de Paul, signe de mort dans les pays asiatiques ; Paul porte un insigne O.P.D. (Officialy Pronounced Dead) visible sur la photo intérieure ; il est le seul à tenir un instrument noir ; A day in the life évoque un étrange accident de la route.

Back cover : McCartney est le seul de dos.

Image du film Magical Mystery tour. Paul indique : « I WAS ». Dans le titre Glass Onion du White Album, Lennon avoue : « Well’ here’s another clue for you all / The walrus was Paul » ( voici un nouvel indice pour vous tous / le morse était Paul )

Référence à sa propre composition I am the Walrus : « Je suis le morse. » Or le morse, dit Lennon, c’était Paul. Cet animal est le symbole de la mort en Corée, et le seul noir sur la pochette ci-dessus.

Ecoutez attentivement cet extrait de Strawberry Fields For Ever. On y entend une voix (seconde 14) : « I burried Paul ».  J’ai enterré Paul.

Abbey Road
Il s’agit d’un convoi funéraire (la traversée du Styx ?) ; Ringo est en noir (la mort en occident) ; John en blanc (la mort en orient) ; George est vêtu comme un croque-mort ; « Paul » est le seul à être pieds-nus (comme un cadavre) ; le vrai Paul est gaucher mais le sosie tient sa cigarette de la main droite ; Tous marchent au pas sauf lui ; la plaque d’immatriculation de la voiture donne l’âge de Paul s’il était vivant ( LMW28IF / Living McCartney Was  28 If).

Qu’en penser ? Paul McCartney est-il réellement mort en 1966 et remplacé par un sosie ?
Non, comme l’a prouvé la suite de sa carrière. Mais il faudrait être naïf pour considérer qu’un tel faisceau d’indices puisse résulter d’une série de coïncidences. De puissants moyens ont été mis en œuvre pour orchestrer ce vrai faux complot. Je dévoilerai plus loin son véritable but.

[J’ouvre une parenthèse. Il n’est pas impossible que Michael Jackson ait pu connaître la vérité sur cette affaire. Lié d’amitié avec McCartney depuis le début des années 80, le King of pop engouffre une somme colossale dans le rachat des droits d’éditions des Beatles, en 1986. Sa propre culture musicale est pourtant bien éloignée de celle des quatre de Liverpool. Et l’on observe qu’à partir de ce moment, sa carrière connait des ratés : critiques assassines contre Bad, accusations de pédophilie.
Jackson aurait-il découvert quelque secret lié à ce groupe ? Il ne pourra plus le dire. Il est trouvé mort en 2009, dans de mystérieuses circonstances. Qui peut croire un instant que ce millionnaire, performer émérite, eût pu succomber d’une simple erreur de prescription médicale ? ]

A partir de l’été 1967, les Beatles se trouvent donc soumis à des pressions visant à provoquer leur séparation, qui interviendra trois ans plus tard. Lennon ayant été neutralisé par l’énigmatique Yoko Ono, McCartney subira une campagne sur sa prétendue mort.
Cette campagne poursuivait deux objectifs. Le premier était de déstabiliser le membre le plus solide du groupe. Le second, plus subtil, était de décrédibiliser aux yeux du monde la théorie du complot. « On » a évidemment monté cette affaire de toute pièces, pour la laisser s’emballer jusqu’à ce qu’elle apparaisse comme une simple légende urbaine. Ainsi, les partisans du complot, vrais perdants de cette affaire, se trouvent marginalisés et réduits au silence.

Le dernier 45 tour des Beatles sort en 1970.
Face A : Let it be. Face B : You know my name (Look up the number).
Cette dernière chanson mérite notre attention. Le titre semble s’adresser à des initiés « Tu connais mon nom. » Ensuite, il a été enregistré… à l’été 1967 ! Il est étrange que les Beatles aient attendus trois ans et la veille de leur séparation, pour publier ce titre. Il fallait qu’il possède à leurs yeux une importance particulière. Cela n’est sans doute pas étranger au fait qu’il soit le seul jamais enregistré avec la participation de Brian Jones, membre des Rolling Stones.

Brian Jones s’était lié d’amitié avec les Fab Four, pour qui il éprouvait une grande admiration. Avait-il connaissance de leur secret ? Nous ne le saurons jamais. On découvrira son cadavre dans une piscine, deux ans après cet enregistrement. Les raisons de sa mort n’ont jamais été élucidées.

A cette époque, on note un infléchissement important dans la carrière des Rolling Stones. Rompant spectaculairement avec l’esprit Flower Power, ils enregistrent à partir de 1968 des titres aux références satanistes ou vaudous tels Sympathy For The Devil , Midnight Rambler, Jumpin’ jack flash.
Certains ont suggéré que le groupe aurait lié un pacte avec une puissance occulte. Ils auraient en quelque sorte pris le contre-pied de la solution choisie par les Beatles.
Peine perdue : la mort de Brian Jones était un premier avertissement.

Et la mort d’un spectateur lors du cauchemardesque festival d’Altamont en 1969 (photo), pendant l’exécution de Sympathy for the Devil, en était un second. Les Stones ont cessé depuis lors de jouer ce titre sur scène. Le pacte occulte étant brisé, leur carrière poursuivit un cours normal. Reste une question : de quoi les Rolling Stones voulaient-ils se protéger, au point de frayer avec l’occultisme ?

Il est intéressant de relever que les Stones apparaissent sur la pochette de Sgt Pepper’s ( « welcome the Rolling Stones »).

Un seul autre artiste rock partage avec eux ce privilège.

Bob Dylan, avec les deux précités, est sans conteste la grande figure de ces années-là. Après des débuts fulgurants, du folk engagé à la poésie surréaliste, le Rimbaud folk-rock est victime d’un mystérieux accident de moto en 1966 – l’année de la prétendue mort de McCartney. Dès lors, sa carrière s’en trouve radicalement modifiée. Délaissant les œuvres « à messages », il se contente de publier d’anodins albums au parfum country, au grand désarroi de ses fans. Quelle puissance a donc pu faire plier cet indécrottable esprit libre au point qu’il se détourne de l’ébouriffant tumulte des sixties ?

Dylan, prudent, se mure dans le silence. Sur l’album suivant l’accident, John Wesley Harding (1968), il apparait souriant, anonyme, méconnaissable. Mais un détail troublant se cache dans l’arbre de la pochette. Une minuscule photo y est incrustée.

[agrandissement] C’est une photo des Beatles – ceux qui possèdent le vinyl pourront vérifier de visu. Dylan ne s’est jamais exprimé sur les raisons de ce montage, où le visage le plus aisément reconnaissable est celui de Lennon.

Lennon, sous l’emprise de Yoko Ono, décide de mettre un terme à sa carrière en 1975. Mais cinq ans plus tard, à la surprise générale, il annonce son désir de revenir sur le devant de la scène. Le come-back du plus turbulent des Beatles ne pouvait laisser sans réactions ceux qui ont œuvré à leur séparation. Quelques semaines après la sortie de son nouvel album, il est assassiné devant chez lui par un « déséquilibré ». Je laisse les lecteurs tirer leurs propres conclusions.

Revenons maintenant au point de départ, la pancarte « Come back Milly ».

La seule certitude la concernant est qu’elle a été écrite par McCartney en personne (photo). Pourquoi ? Il ne l’a jamais expliqué.

A ce stade de l’enquête il me faut rapprocher « Milly » de Millie.
Je sais qu’on m’accusera de délirer. Fort bien. Chacun est libre de croire que les éléments que je viens d’exposer –  et qui sont facilement vérifiables –  ne forment qu’un extraordinaire tissu de coïncidences. Mais ceux qui, comme moi, ne le croient pas, se doivent d’apporter une explication.

J’affirme donc que des grands de ce monde, Beatles, Stones, Dylan – et d’autres – ont découvert le secret matriciel de la toute-puissance. Il n’est pas douteux qu’effrayés par les dimensions de cette découverte, et/ou obéissant à des forces supérieures, ils aient pu choisir de garder le silence, laissant se diffuser un faisceau de signes compréhensibles par des initiés.
Ce secret pourrait porter sur la connaissance d’une forme de vie supérieure, humaine ou extra-terrestre, et qui aurait dominé l’Histoire.
S’il existait une telle conspiration, il n’est pas excessif de penser qu’elle aurait pu maîtriser la technique du voyage spatio-temporel.

Le McCartney de 1967 a donc probablement eu accès à notre présent. Et « come back Milly » pourrait être destiné à « notre » Millie, de la réacosphère.
Je devine des sourires se dessiner sur les visages à la lecture de ces mots. Mais ils risquent de se crisper en jetant un œil sur les derniers billets de ce blog. Depuis plusieurs semaines, Millie ne fait qu’aborder un unique thème : la conspiration.

Pourquoi a-t-elle éprouvé le besoin de s’attaquer au conspirationnisme, au point d’y revenir à SIX REPRISES, en un laps de temps très court ?
Que voulait-elle dire ?

Reformulons la question : que ne pouvait pas dire Millie ?
Le vrai message de cette entreprise est l’inverse de ce qu’elle prétend révéler. En s’attaquant au prétendu mythe de la conspiration, Millie n’a sans doute fait que céder à des pressions. Et, son insistance même à traiter ce sujet, est une manière d’attirer notre attention sur son impossibilité d’exprimer la vérité.

Comme d’autres, elle choisit de disperser ça et là quelques indices :
« Je cherche des Hommes – des frères humains – au sens où les cherchait Diogène, et au sens où il n’en trouvait pas. »
Millie cherche « des hommes » ? Qu’est-ce à dire ? « des Frères » ? Des frères en initiation ?

L’appel de McCartney à une bloggeuse du futur peut être compris comme un avertissement d’initié : reviens Millie, et rentre dans le rang. Sous-entendu : tu ne peux pas vaincre ces puissances. Elles nous dépassent.

Après son silence, Millie répond à l’appel et publie un article sur la peine de mort au prétexte de répondre à Anthony Naar (probablement impliqué dans la conspiration), qu’elle prend soin de référencer comme suit : All you need is luv (ça ne s’invente pas !).

Extrait :
« eh bien s’il ne restait plus que moi pour exercer la justice, oui-da, je le prendrais le couteau, je regarderais la victime de la Justice Aveugle (souvenez-vous de son allégorie) dans les yeux, j’y brûlerais mes yeux humains (mais pas ceux de la Justice), et j’accomplirais à mes propres dépens ce qui – au moins – ne salit pas, mais au contraire maintient debout, les monuments immortels de la civilisation et de l’Occident. »

Millie, prête à tuer, pour « ce qui maintient debout la civilisation » ?
Il s’agit bien évidemment d’un avertissement.
Car, entre nous, à qui veut-on faire croire que des réacs pourraient débattre de la peine de mort ?
Mais alors, à qui, et au profit de qui s’adresse cet avertissement ?
Quelle puissance le regard de Millie a-t-il croisé pour qu’elle choisisse de rentrer dans le rang ?

Je préfère m’arrêter ici. L’homme sage sait quand il soulève des forces capables de le balayer.

La peine de mort, pour sûr qu’on en parle encore ! – et cette fois-ci on vous apprend à lire l’A.T, en prime ! ;)

Hippocrate dit :

Quelle est l’origine, profonde, incontournable, la cause première de l’assertion:

« tu ne tueras point »

?????

Les formules « tu ne tueras point  » et « la vie est sacrée », sont, à mon avis équivalentes en pratique.
Dans un rapport ( Aristotélicien!) de cause à effet, « la vie est sacrée » jouerait le rôle de la cause.

Ce qui nous ramène à la question de base ; quelle est la causation du précepte « la vie est sacrée »?

Remarques:

– s’agit t’il d’une « loi de la nature » ou d’un commandement?
– le « sacré » se réfère à une peur ou un interdit de toucher, auxquels on se soumet sans discussion; mais « l’impur »également, alors?
– y a t’il des vies plus sacrées que d’autres, Si oui, lesquelles et pourquoi.

« Tu ne tueras point » vaut, comme tous les interdits, en tant qu’il introduit une séparation tranchée entre ceux qui sont dans le « bien » et ceux qui sont dans le « mal ». A partir de là ceux qui sont du bon côté de cette barrière disposent d’un droit sur les autres. Ce droit leur est assuré par la loi en question, dans la mesure où une puissance terrestre – en l’occurrence police+tribunal – est chargée de la faire respecter et possède la force (armée) suffisante pour inspirer elle-même le respect.

Qui dit sacré dit prêtres. Qui dit troupeau dit seigneurs. Certaines personnes sont amenées à exercer la Justice, non en leur nom, mais au nom de ce que la société dont ils sont les serviteurs considère comme sacré.

Selon l’antique loi du Talion, le droit accordé sur la personne du criminel à celui (le parent du mort, notamment) qui s’estimait victime secondaire du crime perpétré par icelui, était la vengeance par le meurtre. La loi : « Tu ne tueras point » introduit alors une sagesse nouvelle. Celui qui tue le meurtrier pour venger un meurtre, perpétue le crime dans un cycle sans fin, et passe donc lui aussi, et en fait passer d’autre après lui, de l’autre côté de la fameuse « barrière » entre le bien et le mal. Le « Tu ne tueras point » est donc une injonction (entre autre) à ne pas se venger soi-même, éternellement, sans fin. – Ce qui est bien compréhensible de la part d’un Dieu qui présuppose le Péché Originel, c’est-à-dire que tout le monde soit plus ou moins, quoi qu’il advienne, coupable de quelque chose, parce que victime de quelqu’un d’autre, et que donc tout le monde ait matière à susciter de vertueuses envies de meurtre aussi bien qu’à en éprouver.

Par contre, les garants de la loi, les bien-nommés « Seigneurs » (qu’il est parfaitement loisible d’orthographier différemment), se trouvant, dans l’exercice de leur fonction, au service du Dieu de justice qui a dispensé les tablettes de la loi, se voient hissés au-dessus de leur condition de simples-hommes. Une fois qu’il a revêtu sa capeline rouge et sa perruque, le juge anglais ou américain n’est plus un homme, mais une incarnation (autrefois, aurait-on dit, de droit divin), de la Justice aux yeux bandés, qui condamne *par principe*, c’est-à-dire sans s’impliquer dans le cycle-du-péché « René-Girardien ». [NB : Il en va de même pour le droit de tuer qu’on accorde aux militaires, bras armé d’un Etat susceptible d’être lui-même sacrifié, sans aucune considération affective ni aucun égard pour les individus supposément libres qui le composent, le cas échéant. Les militaires ne « tuent » pas : selon le code immémorial de la guerre, ils servent, et ils obéissent.]

Tout cela illustre bien comment la religion chrétienne – contrairement au Coran, je ferai remarquer – n’existe absolument pas sans la théologie. La théologie seule peut éclairer de sens les mythes abyssaux-dans-l’absolu qui fondent notre civilisation… C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ces mythe n’ont pas été laissés à l’origine à la libre disposition des fidèles, mais transmis par des clercs, c’est-à-dire des lettrés chargés de réfléchir (de pré-digérer ces sagesses) pour la masse.

Le lettré, le prêtre, l’homme qui entre dans la confidence des livres et de l’histoire, est celui qui doit apprendre en premier lieu une chose encore aujourd’hui, malgré la démocratie, méconnue du grand public, et qui est la clef de toute intelligence humaine : les lois les plus puissante sont celles qui sont conçues pour être détournées ! [Le Dr House dirait : « Tout le monde ment! » – Hugh Laurie, en tant qu’auteur, j’en reparlerai ultérieurement, a quelque chose à dire au monde qui pourrait se résumer à : « Ce n’est pas parce qu’on vous dit de faire quelque chose qu’il faut le faire, mais ce n’est pas non plus parce qu’on ne veut pas votre bien que vous devez devenir conspi. ^^] .. Non parce qu’en l’occurrence Jéhova désire que les hommes contournent la première des lois, ce fameux « Tu ne tueras point », mais parce qu’il sait que la nature humaine est ainsi faite que tout interdit indépassable et irréductible suppose une pulsion contraire préalable, qui l’est tout autant. Ainsi le Dieu de la Bible compose-t-il ses lois en présupposant la nature humaine, et non, comme nos magistrats laïques actuels, en en faisant fi. Car c’est par ce biais-là seulement que sa morale nous possède. Jéhova capture les hommes en ne leur laissant pas d’autre choix que de lui dire oui ou de lui dire non, et dans ces deux cas, ils alimentent également son éternelle économie de l’innocence, du péché et de l’éventuelle rédemption.

La question : « Pourquoi ne peut-on pas comprendre la première des lois donnée à Moïse au pied de la lettre? « Pourquoi faut-il une exégèse ? » « Pourquoi faut-il que les hommes tuent? », est une question d’une naïveté à la fois confondante et tragique. C’est la question de ceux qui servent généralement de pâture aux autres, de ceux sur la tête de qui marchent les êtres mieux aptes à vivre, ou juste qui évoluent en ce monde avec un rien davantage de désinvolture et de facilité. Dostoïevski a parfaitement exploré ces régions pathétiques et délabrées de l’esprit où celui-ci ne comprend plus l’esprit justement, – ne fait plus d’esprit non plus – mais en est réduit à la lettre. Il a nommé cela l’idiotie, et a donné à celle-ci – justement ! – ses lettres de noblesses, sans pour autant lui épargner le martyr chrétien auquel elle a toujours , de par la volonté de Jéhovah lui-même, été vouée.

Hippocrate dit :

Je vais être encore plus précis, car votre réponse , à mon avis, n’en est pas une : les vérités de base doivent être beaucoup plus simples.

Pour quelle raison des cultures très primitives ( type aborigènes australiens ou bushmen) , concrètes, vivant au jour le jour,sans clergé, démunies de tout, y compris d’une divinité de type monothéiste ( c’est un invention récente, vers 1350 av JC) possèdent t’elle l’injonction :

« tu ne tueras point » ?

teintée d’une terreur sacrée de mort immédiate si elle est transgressée ( à l’intérieur du clan ou de la tribu, pas envers les personnes extérieures)

……alors que les manifestations d’une telle injonction n’ont jamais étét observées dans les socitété de grands primates ?

Nan mais bien sûr qu’y faut pas tuer les gens, – surtout n’importe qui n’importe comment – eh benêt ! C’est la moindre des choses, au niveau du contrat social. L’homme est un animal grégaire ; vous n’avez qu’à lire mon dernier article (et les commentaires) à ce sujet. Un animal grégaire, à la base, il a intérêt à se comporter en mouton – ç’t’à dire en herbivore. Normalement, dans une société comme celle des aborigène de Bora-Bora et tutti-quanti, s’il se comporte comme un mouton, tout va bien.

Seulement, dans la grande ville, vous savez, quand on veut y faire quelque chose de sa vie, ou juste pas crever, ça se complique : on peut pas se contenter de ne tuer personne, de bêler en cœur des chants de pluie ou de guerre et de ramasser les noix de coco pour s’entendre avec son prochain (pis en obtenir ce qu’on veut). On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, on ne construit pas Babylone avec une bouche en cœur. Perso, Babylone m’écœure, j’ai renoncé à jouer franco avec elle sinon elle me bouffait toute crue. Dans Babylone, ou à Paris, bref là où Jéhovah règne, il faut devenir clerc pour comprendre et accepter le « Tu ne tueras point » ; ou alors devenir un athée et crier partout que YHVH est un enculé. Pas le choix.

Vous êtes trop pieux, Hippocrate. Trop de piété tue Dieu. Comme la lettre tue l’esprit.

« les vérités de base doivent être beaucoup plus simples »

Pas en Occident, non. En Occident, pas de place pour les Indiens. ;)

« Expropriés de notre culture, dépouillés des valeurs dont nous étions épris, tous indiens désormais, nous sommes en train de faire de nous-mêmes ce que nous avons fait d’eux. » Claude Lévi-Strauss

« Et on reparle de la peine de mort » – Oui-da, reparlons-en !

Ce qui vient répond à un article (éponyme) d’Antony Naar sur No Country For White Men disponible ICI.


 

Perso je pense comme mes petits potes les méchants-réacs-pas-bô à ce sujet : il y a un sérieux problème de laxisme avec les tribunaux de ce pays. Le syndicat de la magistrature noyauté par le gauchisme est véritablement une entrave à la justice. Aujourd’hui on relâche tant de multirécidivistes (qui sans ça, évidemment, ne le seraient pas – ou pas autant) intimement connus des services de police, dûment fichés, chopés et re-chopés par eux, que les policiers ont l’impression de bosser pour des prunes, qu’on se fout de leur gueule, et au final baissent les bras.

Décider de la mort d’un individu selon un processus administratif froid et rationnel, c’est dégueulasse. C’est le truc le plus immonde, le plus inhumain, qui puisse exister. Vous estimez que quelqu’un mérite de mourir ? Très bien. Alors tuez-le. Laissez-vous envahir par la haine, et allez le lyncher. Attrapez-le, frappez-le, faites gicler sa cervelle sous vos coups de botte. Pendez-le sur la place publique. Logez-lui une balle dans la tête.
Faites ce que vous voulez, mais faites-le.
Et faites-le en regardant votre victime droit dans les yeux, tout en vous souvenant qu’il reste toujours une possibilité, même infime, qu’il soit innocent.
Si vous êtes capable de faire ça, et je suppose que les proches et parents de la jeune Laëtitia en sont capables, alors vous pouvez être pour la peine de mort.

[Anthony Naar]

Le problème c’est ça, voyez. La chochotterie généralisée, cette décadence des mœurs, qui fait craindre aux parents eux-mêmes d’exercer toute sanction un peu sévère à l’égard de leurs enfants [qui serait susceptible, au demeurant, de conduire ces enfants à les juger à leur tour, en retour, d’un œil plus sévère]… A leur image, les gouvernants & magistrats n’ont pas de plus grande crainte aujourd’hui que d’endosser cette putain de culpabilité – bâton merdeux qu’il leur faut pourtant toujours, en définitive, refourguer à quelqu’un d’autre, car la nature a horreur du vide -, c’est-à-dire de n’être pas aimés de leurs protégés & administrés. Ne sont-ce pas là des préoccupations entre toutes faibles, couardes et futiles ?
– De même ces gouvernants n’ont manifestement pas de plus grande hantise (inconsciente ou pas), au final, que de voir leur peuple – infantilisé au maximum – sortir du cocon qu’ils lui tricotent et développer enfin un esprit critique. Ne sont-ce pas là, plus encore, des motivations criminelles ?

Oui, le châtiment engendre le jugement, aussi sûrement que le jugement engendre le châtiment. C’est ce pourquoi, précisément, il y a bien pire qu’un mauvais jugement, bien pire qu’une délibération de tribunal fautive, bien pire, en définitive, qu’une victime de la Justice : le pire scénario possible, c’est pas de jugement, donc pas de justice, du tout !

Innocent châtié vaut mieux que crime sans châtiment. Car l’innocent qu’on a châtié, plus fort encore que n’importe qui, criera dorénavant : « Justice! ». En revanche, l’enfant qui ne connaît pas de lois, car il n’en a jamais rencontrées, qu’est-il sinon perdu pour l’humanité ? L’expression « privé de jugement », en français, désigne deux choses : « privé d’intelligence » et « libéré ». Beau médium, dense et grave, que la langue française ; à tel point que les autorités inventent de nouveaux mots, les plus disgracieux possibles, et de nouvelles formules, bâtardes par définition, pour atténuer la force de sens qui est contenue dans sa nudité.

 

L'oeil était dans la tombe...

L'oeil était dans la tombe...

 

« Croiser l’œil de sa victime » – voilà de quoi le criminel qui ne veut pas assumer de l’être, a peur ! Mais qui sont donc mes contemporains (magistrats ou autres) pour croire qu’ils peuvent vivre eux-même sans commettre aucun crime, en parfaits innocents ? – « être des hommes qui mangent du pain », comme disaient les grecs, sans écoper des maux libérés par la boite de Pandore ? Personne n’est innocent, en ce bas-monde. Un magistrat qui s’imagine qu’il existe un tel fossé entre lui-même et ceux qu’il juge, est plus inhumain encore que le criminel en face de lui qui courbe la tête sous le poids de son péché et croit avec ferveur que ce péché l’écarte du genre humain (alors que si l’on en croit les Antiques ou les Evangiles, au contraire, il l’en rapproche). Les chrétiens parlaient du Péché Originel à ce sujet. Ils n’en parlent plus car une conception aussi sévère (donc aussi juste) de la justice, du moins telle qu’elle est possible à hauteur d’homme, ne flatte pas les foules. La modernité a rendu le peuple désireux de trouver la rédemption totale à tous les coins de rues : au lieu de rédemption, on exempte les gens de posséder des fautes, et au final on les exempte, par ce biais trompeur, de posséder une âme.

La culpabilité est un œillet rouge que l’homme de goût et de noblesse se doit de porter à la boutonnière. Alors oui, s’il ne restait plus que moi, qui ne suis pourtant qu’une femme, conçue pour donner la vie et non la mort, et qui ne devrait pas, à cause de cela, exposer mes yeux et mes mains à être salis par la « merde »de la Condition Humaine (cf : Malraux), comme vous dites, eh bien s’il ne restait plus que moi pour exercer la justice, oui-da, je le prendrais le couteau, je regarderais la victime de la Justice Aveugle (souvenez-vous de son allégorie) dans les yeux, j’y brûlerais mes yeux humains (mais pas ceux de la Justice), et j’accomplirais à mes propres dépens ce qui – au moins – ne salit pas, mais au contraire maintient debout, les monuments immortels de la civilisation et de l’Occident.

THe FULL DoSSier CoNspiCOmplOttisme is OnLine (youpi!) :

Si vous vous donnez la peine de parcourir les articles linkés ci-dessous, vous saurez tout, tout, tout, sur les conspis :

« C’est pas ma faute à moi » ou le complexe de l’impuissance, ep. 01

Lecteur, fais-moi peur ! – A vos réactions, ep. 02

La Foire Aux Questions ou le conspirationniste vu à travers le prisme de l’histoire, ep. 03

De l’avantage de substituer la méconnue méthode naïve ironique à la rebattue méthode paranoïaque critique, ep. 04

La parabole du cheminot, ep. 05

Les Reptiliens sont vos maîtres ! – ou le Retour du Bâton, ep. 06

All you need is conspirations – by Nico !

 

Bonne lecture ! :-)

Plus de pouvoir pour Serpentard ! – ou le Retour du Bâton, (folie collective, ep.06)

 

Les dernières interventions de Prolo de la Lite ici me font penser à celle, dans l’une de nos feuilles de chou nationales, d’un clochard de Neuilly dont on avait appris que Carla Bruni le visitait de temps à autre lorsqu’elle sortait seule de chez elle. Elle n’avait pas manqué d’offrir au pauvre homme un toit où s’abriter et une cantine où se rendre lorsqu’il l’aurait voulu, mais il avait refusé, – ultime orgueil de celui qui aurait perdu là son dernier bien au monde : le fait de survivre sans devoir rien à personne ; en somme sa liberté. A cela, Carla, compréhensive comme à son habitude, n’avait pas vu de mal. L’orgueilleux personnage avait été apparemment, dans son trouble passé, grand amateur de musique. Aussi, c’est de cela, debout sur le pavé, qu’ils discutaient généralement ensemble. Dans la plus grande des simplicités, la première dame de France était un jour venue à lui munie d’un baladeur numérique : afin qu’il puisse écouter à nouveau les musiques qu’il avait autrefois aimées. La conclusion du clochard à ce propos m’a laissé depuis une grande amertume à l’âme (je vous la résume avec autant d’exactitude qu’il m’est possible) :

« Ben oui je l’ai jeté. Elle m’a offert un i-pod, elle est bien gentille, la Carla, mais comment elle aurait voulu que je le recharge dans la rue ? Non, c’est vrai, Carla elle a bon coeur. C’est quelqu’un de bien, c’est sûr. Mais ce n’est pas ce qu’on appelle une Grande Dame, ça non. »

Alors là, voyez, autant je comprends ce qui a pu motiver Robespierre & Co – car il faut être compréhensif dans la vie ; ça n’est pas parce qu’on n’est pas d’accord avec les gens qu’on peut se priver pour autant d’examiner leurs motivations avec honnêteté intellectuelle -, autant je comprends qu’on puisse avoir les « Grandes Dames » en horreur, autant à partir du moment où l’on attribue encore du sens à ce terme, je ne vois pas au nom de quelles foutues valeurs supposément supérieures ce foutu clochard peut affirmer sans ciller que Carla Bruni n’en est pas une !

Enfin si. Je vois quand même. Parce que la nature humaine n’est pas si compliquée que le croient les petites filles innocentes… Mais ce ne sont pas des « valeurs supérieures » qui poussent le clochard à mordre la main qu’on lui tend, non. Ce sont des valeurs de clochard. Ce sont les sempiternelles valeurs de merde de la putain de mentalité servile, alimentées exclusivement par la complaisance du faible dans son propre ressentiment envers le fort. C’est l’illustration même de ce que le peuple n’est sain, saint, probe et gai que maintenu dans la peur du bâton. Et qu’il n’apprécie plus la justice à sa juste valeur partir du moment où on lui en donne trop. Parce que dans sa putain de mentalité servile, encore une fois, ce qui est rare est par définition cher. De la bonté et de la justice comme s’il en pleuvait et comme si elles lui étaient dues, c’est dans son esprit pauvre de pauvre, de la bonté et de la justice « bon marché ».

***

A titre d’illustration, je vous offre en avant première la lettre d’un ami reptile à l’intention des hommes faibles.

Elle s’adresse tout particulièrement à ces hommes faibles qui pour s’exempter d’avoir à dépasser leur propre ressentiment d’être des faibles, s’imaginent que leur misère provient toute entière de ce que des conspirateurs d’élite leur refusent le libre accès au pouvoir et à l’argent.

 

LES REPTILIENS SONT VOS MAÎTRES

 

Vous avez toujours eu raison : nous existons réellement.

Oui nous gouvernons dans l’ombre. Oui nous œuvrons pour un Nouvel Ordre Mondial. Oui nous avons sacrifié Lady Diana. Oui nous vous capturons à bords de nos OVNI Nazi, afin de nous délecter de vos organes. Oui nous allons détruire l’islam.

Mais bordel qu’est que vous pensiez ! Il va falloir arrêter de se toucher la bite en rêvassouillant de bien respecter toutes les cultures, tout en veillant quand même à ce qu’elles se mélangent, dans un esprit d’ouverture. C’est de la merde. Cette planète n’ira nulle part si vous n’êtes jamais d’accord sur rien. Vous n’irez jamais nulle part à vous soucier du sort de quatre branlos de tibétains perchés sur leur montagne. Vous n’allez pas non plus fonder une dynastie intergalactique en vous souciant de votre putain de calotte glacière.

Vous êtes totalement contre-productifs.

Oh nous avons bien compris votre projet. Celui de rester merdique sur votre petit caillou merdique. Nous ne vous laisserons pas faire. Vous voulez vraiment vous laisser crever sur votre tas de fumier paumé au fin fond de l’univers, dans l’obscurité glaciale de l’espace infini, tout ça au nom de votre putain de libre-arbitre ?

Et « moi je veux pas faire ci », et « moi je veux pas faire mi », et « moi je veux être maître de mon destin ». Vous plaisantez bande de bourricots ? Vous ne prendrez pas le contrôle du cœur de votre soleil avec des questions existentielles. Vous ne pourrez même pas vous rendre au travail demain si vous continuez à avoir tant de remords à aller chercher le pétrole là où il se trouve.

Oui le 911 c’est nous. Oui nous allons vous injecter de la nano-technologie. Oui nous planifions les chemtrails. Oui nous contrôlons les médias, la finance et vos pensées. Oui nous pratiquons le Shapeshifting.

Oui nous voulons plus de pouvoir.

Pour Serpentard !

 

Signé : Lampropeltis

Lettre au dénommé « Alexandre Petit » – sur Ilys

Eh voilà tout notre malheur ! Ca se prétend fasciste, ça prétend ne pas aimer la démocratie, aimer les têtes bien faites et bien pleines, et mis au pied du mur, à peine le premier coup de knout venu, ça se met à chougnasser.

Savez-vous au moins que je suis contributrice à Ilys et que vous me devez un respect supplémentaire dû à mon rang, comme aux autres ? – Làs, cela ne serait pas la première fois qu’on ne respecte pas les lois Bidoliennes lorsqu’elles tournent à mon avantage. Avec moi, parce que je suis gentille (au fond), l’on se permet tout.

Est-ce à dire qu’il n’y a que la méchanceté qui prévale vraiment en terre de fascisme ? Je croyais, moi, que l’absence de démocratie devait permettre aux meilleurs de se librement distinguer, et non pas seulement à la rouerie et la méchanceté d’encore et toujours prévaloir. Pour cela, seulement, il faudrait des hommes capables d’admiration véritable, et non pas une clique de médiocres accrochés comme des patelles à leurs petits privilèges, servis par des chiots courtisans incapables de faire leurs éloges ailleurs que là où on leur dit.

C’est à cause de gens comme vous, de gens qui ne savent pas apprendre à se taire au bon moment, manger leurs erreurs, ruminer leur honte, éventuellement se faire hara-kiri quand ils sont allés trop loin, c’est cause d’un peuple sans honneur qui déteste la force naturelle et le talent, qu’on en est réduit à accepter la morale de Churchill :

« La démocratie est le pire des régimes, à l’exception de tous les autres. »

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Les musulmans, les sauvages, cette marée noire de mentalités d’esclaves qui pollue la vie de nos cités, ne respecte que la force brute, la renommée et l’argent, et crache, ignorant leur prix, sur les pieds menus et fragiles des gentils petits Pierrots lunaires autochtones.

Mais nous, qui sommes de culture chrétienne, qui possédons le meilleur et le plus grand des Dieux, et qui pourtant sommes devenus incapable de la moindre piété, que faisons-nous ? Nous ne brutalisons certes pas spontanément les estropiés ni n’écrasons systématiquement les faibles, mais, Ciel ! A quoi cela avance-t-il à présent que nous étêtons par réflexe tout ceux qui dépassent les autres en grandeur et en beauté ? Il y a une haine chez l’Occidental moderne, à l’égard de tout ce qui brille, qui égale en misère philosophique la haine du Nabab saoudien juste sorti de l’âge de pierre, pour tout ce qui ne brille pas.

***

Croyez-vous qu’il est doux pour quelqu’un comme moi, qui suis fière et acharnée, d’admettre que les hommes qui m’ont appris, à force de brimades, à baisser la tête en signe de soumission lorsque je savais que j’avais tort, d’admettre que ces hommes-là, quelque effort de bonté ou de cruauté, l’une comme l’autre purement rhétoriques, que je fasse pour leur montrer leurs erreurs lorsqu’elles se présentent à mes yeux, je ne provoquerai jamais chez eux un dixième du doute philosophique qu’ils exigent de moi, et un centième de celui dans lequel ils m’ont effectivement plongée naguère ?

Savez-vous qu’en tant que jeune femme j’ai été amenée à pardonner chez autrui des vices que je n’avais jusqu’alors jamais eus ? Savez-vous que j’aurais pu continuer à ne les avoir pas, si j’avais tenu à me montrer impitoyable ; mais que j’y ai renoncé, jugeant la sainteté (qui accorde toujours son pardon sans jamais demander merci) par trop cruelle envers le simple pêcheur ? Savez vous que j’ai dû pardonner des offenses au simple motif qu’elles était la conséquences de causes que j’avais eues autrefois chéries, et que donc ses vices que mon agresseur me présentait comme le fruit de mon propre désir, j’ai finalement accepté de les considérer comme tels ? Non, les hommes de ma culture et de ma génération ne peuvent seulement concevoir qu’une telle sagesse, – même forcée par une condition servile – , soit seulement humainement accessible ! – non parce que les femmes comme moi sont surhumaines, mais parce que les hommes comme eux ne valent plus rien du tout.

Une telle capacité à mourir à soi-même au bénéfice du Doute cartésien et pour la joie d’obéir à la volonté d’un maître, dépasse foncièrement mes contemporains mâles qui ne sont que des pourceaux. Dans le temps, avant de claquer du bec et de se frapper sur la poitrine, même les hommes faisaient leurs classes : dans la Grèce ancienne les jeunes hommes étaient pour ainsi dire traités comme des femmes. Peut-être cela leur était d’un plus grand enseignement qu’on ne croit.

Message à tous les hommes de peu de foi

Jean-Léon Gérôme - Diogène
Jean-Léon Gérôme – Diogène

 

Je suis vraiment, vraiment, désolée. Je ne cherche pas l’âme sœur au sens où l’entendent les marieuses et les magazines féminins. Comprise dans ce sens-là, l’âme sœur, je l’ai déjà trouvée. J’ai juré fidélité et constance à mon compagnon actuel. Cela, ça n’est pas des sornettes, ça n’est pas rien, ça n’est pas du vent. Si je ne puis tenir ma propre parole, ayant fait un serment d’une telle importance, que vaudra donc ma parole par la suite lorsque je la donnerai à des sujets plus triviaux ?

Je cherche des Hommes – des frères humains – au sens où les cherchait Diogène, et au sens où il n’en trouvait pas. Moi non plus je n’en trouve pas. Cela ne me dispense pas de continuer à espérer et à chercher. Car l’idée pure que les hommes se font de l’Homme est foncièrement étrangère à leur nature véritable, – l’humanité en effet n’a guère d’autre nature que d’être impure -, mais cette idée pure qu’il se fait de lui-même, lui est tout de même profondément nécessaire : sans elle il redevient une bête, c’est-à-dire qu’il tombe en-dessous de ce qu’il est juste (c’est-à-dire relatif) d’appeler « l’humanité ».

 

Bien à vous.