Chronique de mes haines ordinaires_01

Bonjour cher lecteur,

Voici venue une nouvelle rubrique sur Caer, qui risque de faire couler du pixel noir!

En avant-première, vous voici livré un premier échantillon de ces passagères colères, (changeantes hargnes et furtifs courroucoucoux) qui m’animent en société tout au long de l’année (qu’il grise ou qu’il verdoie), dans notre petit monde virtuel.

Place au fight !

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Nous sommes dans une brasserie parisienne, un tableau magnifique est accroché au mur, que voilà :

Un boutonneux de 40 ans (comme d’hab’)  vient s’asseoir à la table d’Irena, compulser ses albums et déclamer un mauvais poème de son cru. Irena est atterrée.

Irena Adler Ok vous aimez mes photos, david, on a compris. Mais svp, ne m’écrivez pas de poèmes. Les mauvais vers me suscitent tant de mépris que je devrais vous virer+bloquer.

David se barre sans qu’on ait à l’y forcer. En arrive un deuxième, le même en plus con.


David2 Violente femme?
Irena. Il serait plus opportun de ne pas écrire à David ce que vous pensez de ses vers dans un espace semi-publique. Ce garçon vous écrit un poème ; bon, mauvais, cela a-t-il une si grande importance? Une chose est sûr le reste de la terre n’a pas à le savoir.
Je ne vous écris pas de poème érotique et je ne m’excuse pas pour mes fautes d’orthographes.

David2 D’ailleurs, quelques images un peu plus contemporaines ne desserviraient pas votre album. Aujourd’hui, nous sommes le 15 mars 2011.


Irena Adler Pff… écoutez, si je devais avoir des sentiments chrétiens vis-à-vis de tous les gros lourdauds qui viennent « tenter le coup », sans courtoisie réelle ni raffinement, sur mon fb de « petite gonzesse border-line », non seulement je serais pas rendue, mais y’aurait sans doute quelques vilains pour en profiter (y’en a même encore – des plus méchants que moi – que ma propre « méchanceté » supposée n’arrête pas, vous savez).

C’était pas un poème érotique et le gars n’était pas un pouet’. Vous en faites pas, je sais faire la différence, quand même…

Le monde, surtout internautique, est plus cruel que vous ne pensez, pour les petite pépètes qui se dévoilent. Plus je me dévoile, plus je dois muscler mon maniement du bâton, sinon je risque gros, vous savez. – [J’ai de vrais ennemis sur le net, moi.]

Ensuite, des David, y’en a un certain nombre, dans le monde… et rien que dans mes contacts, y’en a sans doute plusieurs. Qui voulez-vous que ça intéresse, duquel il s’agit, à présent que celui-là a supprimé son com’ ?

Irena Adler « D’ailleurs, quelques images un peu plus contemporaines ne desserviraient pas votre album. »

De quoi parlez-vous ?
Ma photo de profil date d’avant-hier, je crois. Je l’ai prise dans l’ascenseur de mon immeuble, en revenant de faire les courses. L’ascenseur date sûrement des années 80, pas moi. 


David2 Vous me plaisez bien Irena. Vous êtes vives.

« D’ailleurs, quelques images un peu plus contemporaines ne desserviraient pas votre album. »

Je parle des œuvres d’art représentées. Vous êtes jeune. Vous montrez de belles choses mais un peu surannées, je trouve. Vous habitez Paris tout de même. Il y a des squats, il y a des galeries, des centres d’art, des ateliers où il se passe des choses aujourd’hui même. Montrez-les nous.

David2 Mea culpa…

Je viens de regarder un peu plus les photos de votre profil. Il y a effectivement quelques œuvres contemporaines. Toutefois, vous n’avez pas l’air de beaucoup apprécier l’art contemporain, ce que je peux comprendre. Toutefois, nous vivons aujourd’hui et des choses intéressantes sont tout de même proposés ici et là.

Au regard de vos photos personnelles, je dois dire que vous êtes très jolie.

 

Irena Adler « Il y a des squats, il y a des galeries, des centres d’art, des ateliers où il se passe des choses aujourd’hui même »

Oh mon Dieu ! Un vieux con de gôôôôôôôche !Je ne fréquente pas les squats, voyez-vous. Je n’aime pas les garçons qui portent des dread-locks, parce qu’ils sentent mauvais. Je n’aime pas le reggae, parce que c’est de la musique pour drogués – si l’on ne fume pas, elle est abrutissante et insipide. Je n’aime pas non plus la « street-culture », parce que c’est un mensonge de la prétendre culture (au sens Levi-Strauss-ien) alors qu’elle n’est que barbarie décérébrée et pan-racaillerie. Je ne suis pas une droguée, je ne suis pas une alcoolique non plus. Je vis sainement, en femme-au-foyer, avec mon compagnon, français de souche, tout comme moi, avec qui j’ai une relation stable et je compte bien dans l’avenir fonder une famille. Je n’aime pas les endroit où « on dit que ça se passe », parce que c’est précisément là qu’il ne se passe jamais rien, en vérité. Je n’aime pas la mode, je n’aime pas l’argent, je n’aime pas les sociétés enj…vées jusqu’à la lie, je n’aime pas les mœurs dissolues des gens qui s’ennuient, je n’aime pas les gens qui s’ennuient de la vie en général car c’est une offense faite à Dieu et pire encore une faute de goût, je n’aime pas ce que « les gens » appellent « l’amour », car ils n’entendent par là en général que de la névrose et de l’hystérie, je n’aime pas l’art contemporain, mon rêve est de détruire une FIAC à grands coups de cutter dans les éternels « carrés jaunes sur fond jaune » à la con, et de dire au tribunal que mon geste incompris est une œuvre d’art, je préfère les galeries marchandes où l’on vend de la viande et du poisson à celles où l’on vend du Rothko, parce que c’est exactement le même type de lieu, à ceci près que les bouchers et les poissonniers ne sont pas des voleurs, j’habite à Paris mais je sors rarement de chez moi, pour ne pas trop me lasser de Paris d’une pat, et aussi pour ne pas trop déprimer, parce c’est globalement une ville sans âme, remplie de bourgeois méprisants ou pervers, lassés de tout sauf de détruire ce qui est moins pourri qu’eux. 

Quand aux choses surannées, je vis parmi elles, je suis une chose surannée, et les choses surannées vous emmerdent.

15 mars, 10:38 · · 3 personnes

 

David2 Message croisés

Réponse à votre longue déclamation se terminant par une insulte

Bof…

Fainéantise intellectuelle… Soft faschsime….Provincialisme….Peur…Repli sur soi-même…En phase avec la France Marinée contemporaine

Je vous trouvez vive…Je commence à vous trouver ennuyeuse et déjà fatiguée pour votre jeune âge.

Quant à Dieu, il est mort il y a bien longtemps déjà.

 

Irena Adler C’est vous qui êtes ennuyé, ennuyeux, et fatigant, et fatigué. Nuance.

Et c’est la vie en moi à présent que vous appelez « mort », parce que je ne suis pas à proprement parler ce que vous vous imaginiez être la jeunesse.Mais regardez-là un peu, la jeunesse de gauche : elle est vieille. Ou plutôt elle est exsangue, à force de se faire pomper l’âme et le sang par les croulants cramés aux UVs qui avaient 20 printemps en mai 68. 

Mai 68, printemps des vieux ; automne 2010 (grèves qu’on a déjà oubliées) : automne des jeunes.

Votre concept de la jeunesse est un concept prédateur, qui vous sert uniquement à vous convaincre que vous pouvez rester jeune, juste en ayant des idées et des préoccupations « de jeune », alors que le feu sacré ça n’est pas du tout ça.

Quand à Dieu, il est Ressuscité (aussi), monsieur.

Et lui et moi nous vous saluons bien.

15 mars, 10:53 · · 1 personne

Irena Adler – « Bof » –

Tout un résumé !


David2 Quel vie en vous ? La vie diminuée, amputée, faible, ascétique…. Ah oui, j’oubliais… l’Amour de la vie. Mais l’amour de quelle vie exactement?

L’Amour ou la haine de la vie avec un grand V, la vie qui accepte le hasard et le tragique avec joie ou celle qui condamne et avorte à coup d’aiguille à tricoter dans les poubelles de Dublin?
David2 Quant au Bof, il répondait à « vieux con » et « vous emmerdent ».

Évidemment, pour attendre l’idéal ascétique et la vie dépréciée, il est vrai qu’il faut nécessairement passer par toutes les injures et toutes les violences ; le fer, le sang et les clous bien sûr…


Irena Adler Quid de la vôtre, de colère, de vilénie, de bassesse, de faiblesse caractérisée, de volonté de blesser, à mon égard ?

***
« la vie qui accepte le hasard et le tragique avec joie ou celle qui condamne et avorte à coup d’aiguille à tricoter dans les poubelles de Dublin? »Pardon ? 

Je ne comprends même plus où vous voulez en venir… Vous croyez vraiment que je suis du genre à être pro-avortement ? :/

Vous croyez vraiment que je me fais l’ennemie du hasard et du tragique ?


David2 Je ne veux pas vous blessez. Vous m’avez insulté, je vous le rappelle, alors que je notez simplement que les œuvres d’art que vous montriez me semblez un peu passéiste alors que vous semblez être jeune pleine de fraîcheur.

L’insulte ne menant nul part, nous nous sommes peut-être rendu nul part.

 

Irena Adler Mais c’est vous de nous deux le plus aigre, mon vieux. C’est vous qui maniez le couteau, ici, qui cherchez la plaie.

Moi je tiens un discours politique, je défends mes valeurs, j’assure les bases sur lesquelles j’ai envie de construire quelque chose de pérenne et de *viable*. Vous, ne proposez *que* de (re-)détruire tout cela. Vous, ne proposez que de détruire tout ce pourquoi je trouve la vie digne d’être vécue, ou plus humblement encore tout ce comment j’envisage qu’elle puisse continuer paisiblement pour moi. Et ne remplacez cela par rien, à part votre haine des petites gens qui assument au jour le jour leur joie humble et forte dans les petites choses, et acceptent de ne pas brûler en permanence le phœnix émotionnel qui est en eux (comme en chacun de nous)… Là, en vous, elle vous dévore d’une haine qui ne dit pas son nom, cette aigreur-vôtre contre ceux qui survivent, quand la mienne dit son nom, donc n’est pas (par définition) une pure haine – mais aussi un don, une volonté d’éclairer. Que vous reste-t-il, dans votre rage de détruire ceux qui prétendent simplement vivre sans céder systématiquement aux appels langoureux des miroirs aux alouettes libéraux-libertaires? Il vous reste la défense des faiblesses des faibles (quand je voudrais moi leur donner de la force en leur disant qu’on peut s’affranchir du regard de la société), il vous reste la défense des raisons de mourir des morts (quand nous autres qui résistons si souvent à l’appel du suicide passons pour les lâches, dans cette affaire, alors que d’un simple point de vue philosophique, les lâches sont ceux qui abandonnent le combat au lieu de boire l’amertume de la Condition Humaine jusqu’à la lie – qui est, sachez-le, la plus grande des Anarchistes fiertés… En sorte que c’est vous, qui êtes profondément morbide… mon vieux. 

Irena Adler Je vous ai dit :

« Quand aux choses surannées, je vis parmi elles, je suis une chose surannée, et les choses surannées vous emmerdent. »Je vous ai écrit un beau texte (désolée pour la vanité). 

Et vous m’avez piétinée.

Il n’y a pas de mots pour dire combien le défaut de noblesse qui est vôtre me dépasse.

Nous avons assez parlé, à présent. Je n’ai pas l’intention de retirer quoi que ce soit, et bien au contraire, notre échange m’a profondément affermie dans mon dédain et ma pitié de vous. Vous avez fourni d’excellents motifs, aujourd’hui, à ma haine ordinaire, mais n’en serez pas pour autant remercié, car ne valez pas en tant qu’individu le commencement d’un mot de moi.

A présent, vous allez disparaître de mon paysage, et vous vous souviendrez de moi en tant que personne à part entière ; alors que de votre côté, serez dans ma mémoire bientôt fondu dans la masse informe de ce que la Bourgeoisie-Bohème a de pire, dont vous aurez joué aujourd’hui un simple second-rôle d’échantillon représentatif, sans plus, ni moins.

15 mars, 13:48 · · 2 personnes

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De la littérature… – danse parabolique.

« -Non. Ce sont seulement des incapables qui ont besoin de bonheur. Ils fouillent dans les mystiques anciennes, comme les clochards dans les poubelles. Ils cherchent des restes qui feraient leur bonheur. » /Blumroch l’admirable ou Le déjeuner du surhomme/

Pourquoi « incapables »? « Fouiller dans les mystiques anciennes, comme les clochards dans les poubelles », ça me semble quelque chose de très noble, d’authentiquement noble. Que peut-on faire de mieux que de sauver des mystiques anciennes ce qui peut en être sauvé, de les arracher aux poubelles? (P. Boyer)

Et la main tendue au-dessus des siècles alors ? « Frères humains qui après nous vivez » et tout ça ? (G. Cloutier)

Les mystiques sont là. Elles ne sont pas anciennes. Dieu n’est pas mort, il est ressuscité. Il ne faut pas les chercher, il faut les voir, les savoir présentes, affleurant les choses et les êtres partout autour de nous, et même affleurant leur propre absence, comme autant d’immanences quantiques. (Millie)

– Cela dit la collaboration Bergier-Pauwels est très intriguante. Bergier parlant des extra-terrestres sans y croire, introduisant Charles Fort en France, etc. (G. Cloutier)

« Les mystiques sont là. Elles ne sont pas anciennes »: je suis bien d’accord, mais ce n’est pas ce que suggère le texte. Dire que le bonheur relève de la poubelle des mystiques anciennes, c’est dire qu’Aristote — dont la philosophie morale a pour centre le bonheur — et saint Thomas d’Aquin — qui fait d’Aristote l’armature intellectuelle de la théologie chrétienne — n’ont rien à nous dire; autrement dit, que Dieu est mort. C’est Nietzsche qui est hostile au bonheur dont il dit le plus grand mal; ce n’est pas l’Aquinate. (P. Boyer)

Oui. J’adore ce vieux magazine Planète. Si quelqu’un, un jour, voulait me faire un merveilleux cadeau, il m’en offrirait l’intégrale. :) …Un ami de mon compagnon déménage de la maison de ses grands parents (il y vivait seul sur Paris avec sa grand-mère, qui l’a élevé, laquelle a récemment dû être rapatriée dans le sud, auprès du reste de la famille, pour recevoir des soins). En débarrassant la cave, on apprend que le grand-père avait possédé autrefois cette collection complète des Planètes (comme tant d’autres gens), mais que ses enfants l’ont jetée depuis longtemps aux ordures, pour gagner de la place. Quelques exemplaires retrouvés ; tristesse…
(Millie)

– ‎« ses enfants l’ont jetée depuis longtemps aux ordures »: vous voyez bien qu’on trouve des choses en fouillant les poubelles! (P. Boyer)

P. Boyer, vous ne comprenez rien. Vous n’avez pas envie de comprendre. Brisons-là. (Millie)

– Non il faudrait massacrer les gens qui écrivent ce genre de phrases: ce sont eux qui empêchent la plupart des gens d’accéder à un bonheur simple, enfantin. Ils nous pourrisent notre monde avec leurs phrases à la con. (J. Desterelle)

– Mac c’est mieux que PC. (G. Cloutier)

« Tristesse » – cette tristesse, elle vaut exactement le prix de ce qui a été mis aux ordures.

Je suis Nietzschéenne. J’aime le bonheur, comme tout le monde, mais y suis hostile intellectuellement parlant. Ou disons que comme Alain – le philosophe qui se soucie de la santé du corps, et de sa répercussion sur la santé de l’esprit -, je préconise le bonheur comme un repos nécessaire, voire vital, de l’intellect et de l’âme, comme une cure de désintoxication salvatrice permettant à la fois de ne pas mourir de l’injonction sublime : « Enivrez-vous ! », et d’y retourner ensuite avec plus de grâce, de passion et de force. En sorte que moi aussi je préconise le bonheur.. mais comme un sommeil. Lui seul permettant de retourner ultérieurement « au charbon » muni de cette pleine-santé du cœur et de la raison qui caractérise les grandes œuvres, sacrifier un maximum d’énergie vitale, avec le maximum d’expérience et d’Art possible, sur l’Autel de nos passions morbides. …Car l’offrande majeure susceptible d’être faite au tragique, est bien cette pleine-santé chère à Nietzsche, que lui paraît-il n’a pas connue.. contrairement à moi.
(Millie)
Je croyais que nous brisions là en raison de ma déficience intellectuelle? (P. Boyer)
.
Je parle toute seule ; ne faites pas attention. ;)

« Non il faudrait massacrer les gens qui écrivent ce genre de phrases: ce sont eux qui empêchent la plupart des gens d’accéder à un bonheur simple, enfantin. Ils nous pourrisent notre monde avec leur phrase à la con« 

Ha ha ! Ca y est, on veut déjà me massacrer… je fais vraiment très fort ! :D

http://www.dailymotion.com/video/x1459_sinsemilia-tout-le-bonheur-du-monde

(Millie)

Bien sûr mais avec délicatesse et respect. Si tu veux trouver le bonheur, tu fais comme Mangeclous, tu regardes une fleur et un oiseau et puis c’est tout. (J. Desterelle)

Vous voulez mes massacrer avec délicatesse et respect ?!

Oh ! Monsieur… voyons ! Nt nt nt… Pas de grivoiseries, ici. C’est mal. :) (Millie)  [J. Desterelle aime ça]

***

« Enfin vous voici donc tout à fait sincère ! C’est de vous qu’il s’agit. Et de votre bonheur ! Votre bonheur ! …Êtes-vous une femme ? » /La Reine morte, Montherlant/

***

– Vivre ou écrire son journal ?(…) comment trouver le temps de terminer mon compte-rendu de ce week-end alors que la semaine a déjà commencé et que je dois aussi noter chaque jour qui passe ? Je dois vider l’océan et on m’a filé une cuillère à café ! (R. Juldé)

Au lieu de vouloir vider l’océan vous vous dirigez vers le désert : vous trouverez le temps – mieux, n’ayant rien d’autre à foutre, vous le créerez. (P. Labeuche)

‎- « comment trouver le temps de terminer mon compte-rendu de ce week-end alors que la semaine a déjà commencé et que je dois aussi noter chaque jour qui passe ? Je dois vider l’océan et on m’a filé une cuillère à café !« 

C’est à peu près ce que j’expliquais à mon psy, autrefois… lol ! Il n’a jamais pu comprendre ça, le bougre. Comment résumer tout ce qui a été vécu d’important durant une période de 15 j. voire 1 mois, c’est-à-dire tout ce qui – anecdotique ou non – durant un tel laps de temps mériterait d’être sauvé à titre d’appel de la conscience au Signifiant (a.k.a en tant qu’argument-témoin/illustration du sens d’une vie), quand on ne vous accorde que les 20mn freudo-lacaniennes pour ce faire… Non tout cela c’est des conneries, Monsieur Juldé. Le « vouloir tout dire » est un abîme sans nom, un royaume de mensonge et de sorcellerie.
P. Labeuche a raison, comme à son habitude. Il vous vaudra mieux de recréer tout ça.
(Millie)
Écrire. (Un inconnu)
.
Oui. Mais pour dire quoi ? (G. Cloutier)

Peu importe. (Un inconnu)

Bon. Je vais essayer. (G. Cloutier)

Ben, écrire la vie, pardi ! [A quoi ça sert de produire des natures mortes ?] (Millie)

Ma vie est une nature morte. (Je teste des titres pour mes mémoires…) (R. Juldé)

Il y a des natures mortes meilleures que d’autres. Il faut savoir apprécier celles qui font regretter la vie (type memento mori et madeleine au oeufs frais détrempée, aux couleurs de l’automne), donnent la nostalgie des beaux jours (joues purpurines des fruits mûrs, temps des cerises, fleurs en potiche, soleils coupés), ou nous en dégoûtent (gueules de raie, vanités mordorées).. etc.

En vrai c’est un genre pictural que j’aime bien.

(Millie)

***

« Dans la chasse aux mots justes, les deux races : la race des oiseleurs et celle des traqueurs : Rimbaud et Mallarmé. Le pourcentage des seconds dans la réussite est toujours meilleur, leur rendement peut-être incomparable – mais ils ne rapportent pas de gibier vivant. »

Julien Gracq, Lettrines (1967).

***

« Littérature et morale. Le mal imaginaire est romantique, varié, le mal réel morne, monotone, désertique, ennuyeux. Le bien imaginaire est ennuyeux; le bien réel est toujours nouveau, merveilleux, enivrant. Donc « la littérature d’imagination » est ou ennuyeuse ou immorale (ou un mélange des deux). Elle n’échappe à cette alternative qu’en passant, en quelque sorte, à force d’art, du côté de la réalité – ce que le génie seul peut faire. » (Simone Weil)

 

 

– Ce qui permet de distinguer l’imaginaire de génie de l’imaginaire du commun, n’est-il pas justement sa nature profondément morale? Pour ajouter au crédit d’une telle thèse, il faudrait oser affirmer que toute prétention à la totalité est d’essence religieuse. Mais n’a-t-on pas souvent vu au sein des pensées les plus puissamment cohérentes, les forme les plus abouties de l’athéisme?
Toujours est-il que si les romans à thèses sont souvent des échecs; les chef-d’oeuvres montrent toujours de surprenantes aptitudes à en défendre les mêmes principes. (Millie 2007)

– Oui, l’imaginaire du génie, pourrait-on dire, est de nature morale parce que justement ancré dans une volonté réaliste totalisante, ce qui ne peut que favoriser une vision spirituelle du monde. C’est toujours le même problème : certains artistes sont en lutte en eux-même, et font fonctionner leur cerveau droit (Yin et synthétisant) contre leur cerveau gauche (Yang et analysant), ce qui fatalement, et malgré tout leur talent, les mènent à une forme de nihilisme. L’artiste accompli (ou « génie ») quant à lui, accède plus spontanément au caractère sacré de son expérience en ce sens qu’il est capable de réconcilier et faire travailler ensemble son imaginaire (cerveau droit) et ce qu’il tire de l’observation prosaïque de sa réalité personnelle(cerveau gauche). Ce n’est qu’une théorie schématique, mais à mon sens la neurologie a beaucoup de choses à apprendre des pratiques de l’art et de la spiritualité (et vice versa). (T.N.W 2007)

– La notion même de « création » ne réside-t-elle pas entière dans ce secret de la ré-invention de la matière du réel par l’esprit?

Pour cette raison j’aurais tendance à considérer que l’écueil de la pensée artistique consiste à se faire un simple sport de la distorsion et du travestissement de la réalité. (Millie 2007)

– Voilà des considérations qui pourraient nous mener bien loin ! Pour faire court : toute création artistique n’est en effet qu’une re-création, le principe de Lavoisier pouvant aussi bien s’appliquer aux choses de l’esprit qu’aux atomes. Quant à parler d’écueil, je ne pense pas qu’il réside exactement dans ce mécanisme de distorsion (la transmutation subjective du réel par l’artiste impliquant nécessairement une telle distorsion à un degré plus ou moins grand) mais plutôt dans l’incapacité de faire ensuite s’accorder cette vision transformée à la nature, de la mettre en résonance avec la réalité. Alors oui, cet oubli de la source et donc du but à atteindre, tentation autiste qui guette tout créateur, risque de rendre son travail stérile, condamné à ne fonctionner qu’en vase clos. (T.N.W 2007)

Merci à un vieux copain d’avant

De l’écriture… ;-)

 

On n’écrit pas des essais comme on écrit des chansons. Autant l’amour déçu est souvent un moment propice à l’écriture des poèmes, autant l’essayiste capable de changer de politique à seule fin d’en remontrer à un ennemi ou à une femme ne mérite que de chausser le chapeau  de bouffon et de faire s’esclaffer la cantonade.

On n’écrit pas avec le ressentiment et de désir de vengeance pour uniques moteurs ; on écrit pour s’avouer à soi-même ce en quoi on a toujours cru, même à ses propres dépens.

Il est aisé de confondre celui qui se meurt sous les coups d’autrui pour la beauté d’une idée et celui qui se meurt de n’avoir des idées que pour les beaux yeux d’autrui.

Piste de réflexion à l’intention des étudiants de passage


Le Japon, parce qu’île « flottante » (dans le magma) au beau milieu d’une faille entre deux blocs tectonique, s’est construit culturellement et religieusement avec la peur omniprésente des humeurs changeantes de mère nature. Là-bas plus qu’ailleurs sans doute, Gaïa donne et reprend, avec une générosité et aussi une cruauté, extrêmes. [En effet, la terre volcanique n’a pas que des désavantages, elle est notamment remarquablement fertile.] Ce n’est donc pas un grand mystère, si le Japon est vraisemblablement la seule civilisation à être parvenue à conjuguer le culte de la modernité et une religion traditionnelle animiste (en l’occurrence le shintoïsme). Or, évidemment, cela ne se passe pas sans heurts et contradictions internes (elles aussi potentiellement fertiles)…

Miyasaki, dans son chef-d’œuvre « Nausicaä de la Vallée du vent », nous parle aussi de ça.

« Le shintoïsme est essentiellement polythéiste. Le concept majeur du shintoïsme est le caractère sacré de la nature. Le profond respect en découlant définit la place de l’homme dans l’univers : être un élément du grand tout. Ainsi, un cours d’eau, un astre, un personnage charismatique, une simple pierre ou même des notions abstraites comme la fertilité peuvent être considérés comme des divinités. »

SOURCE : Wikipedia, article « Shintoïsme ».

Le problème des japonais avec les désastres du nucléaire (à répétition, à présent, on peut le dire) sur leur territoire, est plus profond et insoluble qu’on ne pense… Le dilemme des japonais détruisant leur nature sur l’autel de la modernité est un véritable « cancer » philosophico-politique, (comparable au nôtre, relatif à la vogue des idéologies immigrationnistes), car c’est un problème qui touche à leur « identité nationale ».

Notre dieu à nous est un dieu qui ouvre les bras. Alors nous ouvrons les bras… et après ?
Leur dieu à eux est un dieu beau et cruel, c’est la nature ou le cosmos, le tao… ou le swastika.

Comme l’a très justement exprimé récemment un commentateur d’Ilys :

Oui, une vie saine. Les malades et les mal formés, les faibles et les souffreteux : éliminés par Dame Nature. Vous avez dit Nazi ? Taisez-vous, j’ai dit Nature. Seuls resteraient les plus forts, ceux qui savent vivre sans tout ce chauffage émettant des radiations, du CO2, de l’effet de serre, des pollens allergisants, des OGM et des particules nocives.

[NDLA : Voilà typiquement un discours chrétien ! – Perso je fais partie des rares personnes que la nature a tendance a sacquer nettement moins souvent que la société des hommes. Je dirais même plus : la nature m’aime bien et c’est réciproque. Je connais un peu les plantes, je suis chez moi parmi les animaux, je suis douée de mes mains, j’aime faire la cuisine, bricoler… je connais aussi la « grande-santé » que Nietzsche a tant vantée –  paraît-il sans jamais en bénéficier lui-même… Au pire, au sein d’un groupe de survivors/d’une tribu, je pense pouvoir m’attirer sans grande difficulté la protection du mâle alfa. Sans capital et sans attaches (ou presque), non, sérieusement,  je suis la dernière personne sans doute qu’une Apocalypse éventuelle dérangerait dans ses habitudes… En somme, on peut dire que je fais partie des rares individus à qui la nature ait réellement donné les moyens de leurs fous désirs de retour à la sauvagerie et de liberté ! ;)]

Mais revenons au centre du débat. Toute personne ou civilisation qui entend vénérer la nature ne peut pas éviter de  – au moins – flirter avec le fascisme. Le Japon était, est-il besoin de le rappeler, aux côtés de l’Allemagne, durant la deuxième guerre mondiale ; les japs sont très intelligents, cela va sans dire, ces gens peuvent comprendre beaucoup de choses, certes, mais il faut se rendre à l’évidence : l’idée – pourtant simple à nos yeux occidentaux, qu’on y souscrive ou non – de devoir un jour faire repentance à ce sujet les dépasse complètement…

Or qui a déjà lu le manifeste futuriste comprend qu’il n’y a pas de fascisme sans culte de la vitesse, de la consommation, et de la course à l’industrie et à l’armement. Le fascisme n’est pas une idéologie au sens strict du terme parce qu’il rejoint le sens du sacré dans la mesure où il est transmissible sur le plan intuitif (sans nécessité de passer par l’argumentation). Il n’a nul besoin d’être passé au crible d’une quelconque exégèse dogmatique pour être bien compris du peuple par-delà les classes sociales (contrairement aux libéralismes et aux communismes) : car il est pure & dure vénération de la beauté et de la force, et soumission à elles, sans distinction du beau et du fort, d’où qu’ils viennent, et sans morale du faible, ni réel désir de liberté.

Et à ce titre de « culte du sacré/du Sublime » intuitif, le fascisme demeure, – aussi apocalyptiques soient les dérives industrielles/nucléaires où il nous mène – fondamentalement « naturel ». J’en donne pour exemple que s’il était possible de demander au majestueux Lion de la savane qu’un autre prédateur – le prédateur bipède en l’occurrence – a supplanté au sommet de la chaîne alimentaire, s’il désire s’armer d’une kalachnikov (ou de la bombe H) pour venir à bout de la race malodorante et disgracieuse que nous sommes à ses yeux, et s’il était possible à ce majestueux Roi-lion de la savane de nous répondre, alors fort probablement il se ferait greffer un pouce opposable uniquement afin de pouvoir tenir une arme et presser sur la gâchette.

Ce qui permet de comprendre à quel point l’individu Japonais est capitaliste de façon essentiellement fasciste, c’est-à-dire sans pour autant être « libéral » au sens libertarien du terme, est simple : la plus haute des vertu chez lui, et celle qui profite le plus à l’épanouissement de sa civilisation, est son profond sens du sacrifice. Au Japon plus qu’ailleurs on a compris que pour bâtir une cathédrale il fallait un seul architecte et plusieurs millier de manœuvres. Plusieurs milliers de sacrifiés volontaires, – pieuses gens affairés à ne jamais penser à leur nombril ni à leur jouissance, ni n’abandonner jamais leurs enfants à cette triste dépendance au sein maternel et au foyer familial qui les caractérise, au prétexte qu’une liberté différente (celle de dire : « non » & « moi-je ») les attend quelque part du côté de New-York ou ailleurs, sur la route de quelque vague Graâl qui ressemble +/- au rêve américain… et un seul architecte ! Un seul créateur, un seul être « réalisé » et puissamment épanoui.

Un contact libertarien (un conférencier libertarien, s’il vous plaît!) m’écrivait encore hier :

Quant à la flemmardise: il n’y a que les vrais paresseux qui font progresser l’humanité. Les autres se contentent de faire le même travail ennuyeux et pénible jour après jour, courageusement, laborieusement et sans se plaindre.

Le paresseux, lui, cherche à éviter le travail, surtout le travail répétitif, il va donc investir un effort énorme dans l’élaboration d’une innovation qui va lui éviter d’avoir à refaire le même travail 2x.

Ma réponse fut aisée et concise :

Si vous le dites… vous flattez mes pires penchants, là, vous savez… J’ai l’impression d’entendre le Diable qui me souffle… « Vas-y, fille, continue à laisser la vaisselle s’empiler… » :/

C’est maâl ce que vous faites… ;)

Et, en effet, si de telles formules sont valables en ce qui concerne une certaine élite (forcément restreinte) d’architectes en tous genres qui dirigent la populace, en revanche elles sont fausses aussitôt qu’on les adresse aux épouses-même de ces architectes (sans aller jusqu’à descendre jusqu’à la classe des manoeuvres). En effet, les épouses, en tous temps et à travers les âges, ne peuvent seulement se contenter de faire leur devoir avec efficacité – leur devoir consistant bien davantage encore à être fait avec amour. Est-ce réellement en échange d’un salaire, ou dans un pur esprit d’intéressement au « capital familial » – qui parfois, lorsque les temps sont durs, peut être momentanément (voire perpétuellement) réduit à néant -, que les libertariens désirent que leurs épouses fassent la vaisselle, et la cuisine, et le ménage, et s’occupent de leurs enfants ? Bien sûr qu’au fond, les hommes de tous pays et de toutes confessions exigent d’elles, [cela depuis la nuit des temps, sans changement significatif encore aujourd’hui, et sans évolution radicale humainement possible dans l’avenir], qu’elles n’arrêtent un tel travail – qui n’est pas évidemment, quoi qu’on en dise, un emploi comme les autres – sous aucun prétexte, et que leur attachement aux leurs et à leur foyer soit de nature inconditionnelle – c-à-d en dehors du monde marchand. En toute circonstance, qu’on s’intéresse suffisamment à leur bonheur ou non, qu’elles aient suffisamment à manger ou non, qu’elles méritent mieux ou non, elles se doivent et doivent à l’humanité, de porter sur leurs épaules autant qu’elles peuvent en porter, et non autant qu’il paraît – aux droits-de-l’hommistes et aux féministes – juste ou équitable qu’elles supportent de misère. Oui, dans l’absolu, une femme est un homme comme les autres, et donc elle ne doit rien à personne et peut, si elle le désire, se borner à rechercher éperdument sa propre jouissance, où qu’elle soit ; mais dans l’absolu seulement. Car il en va de la survie de l’espèce que la majorité d’entre elles n’agisse pas ainsi.

 

 

Paradoxalement, je ne souhaite à aucun libertarien une femme véritablement libertarienne. Car la Carmen de Bizet en est une – de vraie ! -, pour chanter sans soucier : « L’amour est enfant de Bohème qui n’a jamais, jamais connu de loi ; et si tu ne m’aimes pas je t’aime, et si je t’aime prends garde à toi…  » …Car si nous autres les épouses devions véritablement exiger la réciprocité en tout, et surtout d’être aimées à la hauteur de ce que nous sommes potentiellement capables d’aimer (autant dire à la folie), alors nous exigerions de nos hommes et enfants, donc du monde entier, rien moins que de nous accompagner sans retour dans une folie d’amour en forme de maelström destructeur, qui n’aurait strictement aucune issue.

Mais revenons à nos moutons.

Ce qui permet de comprendre à quel point le Japonais est capitaliste de façon fasciste, c-à-d sans être « libéral » au sens libertarien du terme, est son profond sens du sacrifice et de la famille, disais-je tout-à-l’heure. J’ajouterai que cette propension au sacrifice, remarquable à tous les étages de la société japonaise, est précisément ce qui la rend compétitive financièrement au niveau international. Car l’individualisme européen – le fait que l’européen moyen soit véritablement un individu à part entière, libre de ses opinions et de ses choix, qui ne doit rien à personne sur le plan de la conscience et considère qu’il peut en aller aussi éventuellement de sa liberté individuelle, de ne pas céder aux sirènes du progrès – fait au moins autant pour son recul sur le plan industriel et marchand qu’il ne profite à sa grandeur et à son prestige…

Notre « Dieu qui ouvre les bras », – le dieu-Amour – est donc un dieu à double-tranchant. Les clous qui traversent ses paumes nous sont au-jour-le-jour, à chacun d’entre nous, une vraie épine dans le pied.

Il en va exactement de même pour le dieu-Nature des shintoïstes et des fascistes. Autant la nature du Lion serait de s’armer d’une kalachnikov afin de rester le Roi de la Jungle à l’heure du progrès technique. Autant la nature humaine est supérieure à celle du Lion, – lequel (contrairement à Nausicaä) est incapable d’empathie pour ses victimes. L’homme est un animal étrange comparable à l’Héautontimorouménos de Baudelaire. L’homme est le Loup de l’homme, il est aussi sa propre brebis. Il est celui qui tient le couteau, il est celui qui le reçoit, il est aussi le couteau en tant que tel, et il est enfin sa propre plaie.

Comment imaginer un Shintoïsme ergotant sans fin sur la « nature humaine » et l’appétence des hommes au progrès mécanique et industriel, mais qui aurait complètement cessé de se soucier de la nature végétale et animale ? Ne serait-ce pas comme de vouloir imaginer le paganisme  germanique sans la forêt noire, les pierres-levées et tout le petit peuple sylvestre d’Artémis-Diane ? Ne serait-ce pas un peu comme de vouloir conceptualiser l’ « homme Japonais » en se débarrassant du Japon ?

Le japon est vert, il est luxuriant et magnifique… Le japon sans le vert de la chlorophylle, les fruits d’or, les fleurs des cerisiers, des pruniers, les pandas, le bleu de la mer, les petites pêcheuses d’huîtres, les baleines et les poissons, ça ne se peut pas.

 

 

Jardins japonais : click for more

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Un film d’animation animiste

Nausicaä de la Vallée du vent (1984)

« Mille ans après « les sept jours de feu » et l’effondrement de la grande civilisation industrielle, se répand sur les terres désolées le Fukaï : une forêt toxique peuplée d’insectes géants. L’étendue du Fukaï menace l’existence des survivants de la race humaine. La Vallée du Vent est un petit royaume protégé tant bien que mal des pollutions de la forêt par un vent marin. Sa princesse, Nausicaä, est une jeune fille caractérisée par une forte empathie pour toute forme de vie. Elle dédie son existence au bien-être de son peuple et cherche à comprendre le Fukaï. Un jour pourtant, la vie paisible de la Vallée va basculer dans le chaos…

Nausicaä de la Vallée du Vent est l’oeuvre-clef d’Hayao Miyazaki, et a marqué durablement l’histoire de l’animation japonaise. Près de vingt ans après leur création, le film et son héroïne emblématique restent une référence gravée dans les coeurs de tous les fans. »

SOURCE

 

 

Ce qui est réellement très fort chez Miyazaki, c’est sa façon de traduire une philosophie en actions. Tout ce que fait ou dit Nausicaä dans les moments critiques pousse le lecteur à remettre en cause un certain nombre d’idées reçues.

Par la grâce de l’imagination de Miyazaki, les choix et les actions de Nausicaä vont non seulement changer le destin de ceux qu’elle côtoie, mais surtout faire prendre conscience au lecteur/spectateur que l’on pourrait traiter bien des problèmes autrement que par les rapports de pouvoir.

Si il est facile d’adhérer à cette dernière idée, la mettre en pratique est un tout autre problème. Ou le spectateur reste incrédule devant ce personnage un peu trop hors du commun, ou alors il se met à faire tourner son cerveau à plein régime pour essayer d’en tirer quelque chose pour lui…


un moment terrible
(cliquez pour agrandir)

Lire ou voir Nausicaä vous invite à reconstruire ou à modifier votre conception du monde et vos rapports aux autres, sans grand discours ni religiosité.

On pourrait craindre une certaine naïveté dans le traitement, Nausicaä étant une jeune fille de 16 ans seulement. De plus, la femme dans la société japonaise étant plutôt soumise et effacée, on imagine mal qu’un tel personnage puisse simplement être imaginé par un artiste japonais.

Et pourtant, Nausicaä n’a rien de naïf. Elle est au contraire d’un incroyable réalisme. De fait, toute la production japonaise a été fortement influencée par Nausicaä pendant la décade qui a suivi la sortie du manga et du film.

On peut même affirmer qu’il n’est pas possible pour un mangaka de créer un personnage féminin fort et charismatique sans tenir compte de ce personnage tant il est présent au coeur de ceux qui ont lu et apprécié le manga de Miyazaki.

 

Gildas Jaffrennou

Cette planche seule suffit à résumer ce qui fait l’essence de ce personnage si attachant : Nausicaa…

Attention : sens de lecture japonais, donc de droite à gauche et de haut en bas.

Cliquez sur chaque image pour l’agrandir. Vous pourrez revenir ici en cliquant sur le bouton ‘précédent’ de votre navigateur.

SOURCE

 

A propos de la densité des pages de Nausicaä
(extrait d’une interview de Miyazaki)

Si travailler plus rendait mon manga plus facile à lire, ça m’agacerait. J’avais décidé que je ne voulais pas écrire un manga qui se lise en vitesse, comme on mange un plat de soba [nouilles japonaises].

J’ai essayé de faire au moins 11 scènes par page. Quand je relis mon travail, je trouve ça difficile à lire. J’aime écrire des choses difficiles à lire et en même temps je déteste les lire. J’ai beaucoup de mal à me décider !

Pour avoir quelque chose de facile à lire, prenez ‘Ribbon’ [manga pour fille]. C’est fait de telle sorte que le découpage soit facile à lire. Ça m’impressionne toujours [rires] Vraiment, je dis ça sans cynisme. J’admire vraiment cela.

C’est pour ça que ça m’a beaucoup surpris que tant de gens accrochent avec Nausicaä jusqu’à la fin.

A ce sujet, une interview de Moebius
Et un superbe article de
Denis Brusseaux.

Le vert : la couleur de l’espoir

 

En trois feuilles, la Sainte Trinité

L’Irlande verte est un champ de trèfles (shamrock en anglais, samrog, seamair bhàn ou bhui en gaélique). D’une plante banale à trois folioles et fleurs blanches, flottant sur une tige fragile, Patrick en fait son arme de conversion. Une devise en langue gaélique : Triru I n’Aon (trois en un), lui donne la base de ses prêches. À Cashel, en province du Munster, il se lance dans un discours fougueux déclinant à l’infini l’interprétation de la triplicité celtique. Sa botte secrète tient seulement dans un modeste bouquet de Trifolium fraîchement cueillis au milieu des luzernes. Détachant chacune des trois branches devant une foule de catéchumènes extatiques, il se lance : « Voici le père, le fils et le Saint-Esprit ». De ce jour, à côté de la harpe et des lyres, le trèfle devient l’emblème de l’Irlande. Et Patrick gagne son saint pari. Depuis lors et jusqu’aux temps modernes.

Je viens d’écouter une chanson sur FIP. Je ne retrouve plus le chanteur. Avec quelques bribes de mots, j’ai retrouvé les paroles :

Ce sont les paroles qui sont belles, elles sont d’un certain Olivier Latissière :


Ils se sont rencontrés au fond d’un trou perdu, un bled dont le nom m’échappe, à la cambrousse. Ils étaient pions, c’est à peu près tout ce que j’eus comme histoire, on dirait que les détails s’émoussent.

Je les vois en photos, pauvres doux enfants-chiens, mariés dans l’année, du ruisseau à la ville. Que pouvaient-ils faire et se dire, je n’en sais rien, à part quelques souvenirs officiels, débiles.

Je pleurais on le voit encore sur les photos, toujours ronchon, toujours chagrin, la chambre close. Je me souviens d’un loup apparu pour de faux, j’ai peur de l’eau, j’ai les dents noires, je hais les choses.

Je me rappelle un peu un vague régiment, restes de trains que l’on ne prenait pas vraiment, la gare est loin, la main se donne et l’oeil se prend à se promener seul.

Je me tiens à la barre de la cour, l’escalier, le soleil presque blanc. Lui est parti pour vendre des bagnoles, on jette les oeufs à Pâques et dans le pré des grands-parents on colorie, on s’ennuie, on espère, on guette.

La vie est comme un lac profond, au trouble fond. Des monstres quelquefois vous guettent sur la rive, ils reniflent le sang et d’un seul coup vous font partager la douleur et la mort, on esquive comme on peut.

Elle et lui ne s’en occupent pas plus que ça, on m’emmène, on m’enferme à l’école, la sueur, la cantine et les tristes crachats, le ciel vide étoilé au fond de la rigole.

Y avez-vous échappé? Ne mentez pas c’est vous qui pleuriez, près de moi, en ces jours de septembre, les paumes écorchées, du sang sur les genoux, comme les Christs en bois sur les murs de vos chambres.

Chez nous on ne cherchait pas d’autres horizons et je ne connaissais ni Dieu, ni politique, aucun engagement, aucune conviction de rien, pas d’échappées à ce train électrique qui tourne sur lui-même.

On m’achète Mickey, ces gens à quatre doigts me semblent tous complices, c’est le temps de Giscard et du choc pétrolier, on m’offre des bédés dans les stations-services.

Le grand libéralisme et ses circuits fermés vous faisait cuire au jus de votre résidence, vous faisait miroiter des moteurs assoiffés d’essence, vous cherchiez déjà la délivrance.

Vous voici divorcés, déjà papa s’envole, on me le montre comme une ordure et mon coeur se déchire à nouveau. Renaître, quel symbole.

On a eu juste le temps de se décerveler.  On a eu juste le temps d’apprendre un peu à lire  L’heure. Il faut de ce pas se mettre à réciter  Le temps qui passe et les mensonges qui transpirent…


Olivier LATISSIERE

8 mars 2011 : « Femmes, je vous aime ! »


La Madeleine chez le Pharisien de Jean Béraud

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« Votre attitude consistant à dire :  » …Allons, que lui dirais-je à mon compagnon ? Que j’ai rendez-vous en tête-à-tête dans Paris avec un monsieur à particule …  » est d’un commun décevant, pour ne pas dire très plouc.
Je suis suffisamment obligé de côtoyer des rustres toute la journée pour ne pas me les farcir le samedi. J’aime les gens très chics et un peu choc. Vous n’en faites visiblement pas partie.
Au revoir. » (Charles-Henri)

Je l’ai senti qu’il me blesserait. Je l’ai craint juste avant le moment où il a fallut le lire. Je l’ai su confusément et intimement, dès ma réponse écrite, que la sienne serait insultante… En vrai, je n’avais aucune raison pleinement valable de lui refuser ce rendez-vous… jusqu’à cet instant. C’est lui qui est venu me la donner, formellement, ma raison – la meilleure des raisons – pour ne jamais le rencontrer, et cela, triste paradoxe qui m’est pourtant familier, ne fut possible qu’à condition que j’y renonce la première. Puisque désormais il incarne à son tour (quelque part dans les limbes de mes souvenirs de naufrage, en compagnie de toute une ménagerie de monstres qui lui ressemblent) tout ce que j’abhorre depuis toujours (bravo Char-l’Henri ! ^^).

Je dois faire une confidence à mes lecteurs. Je ne suis pas vraiment psychologue. Je ne crois même pas vraiment à la psychologie, vu qu’elle se pratique généralement à froid et hors du monde, en mode introspectif, (comme si l’on éventrait une poule aux œufs d’or pour savoir ce qu’elle a dans le bide), et que de mon point de vue, le *moi* est dénué d’existence *en soi*. Ce en quoi je crois en revanche c’est que l’être *n’est* pas a-priori mais se révèle, toujours en présence de stimuli dont l’origine se situe à l’extérieur de lui-même. Je crois en la révélation de l’être par l’action et par la réaction… voire même, en certains cas, à une relativité (restreinte) de l’identité individuelle au milieu dans lequel l’individu est plongé.

Si j’explique tout ça, qui peut sembler obscur, c’est pour en venir au fait : mon mode personnel d’exploration de l’âme humaine pourrait être comparé à celui du chimiste. Je ne peux savoir quel élément j’ai en présence, si l’individu en face de moi est poison ou bénin, tant que je ne l’ai pas testé au moyen d’un *révélateur*. En matière de relations humaines, ce qui fait office le plus souvent de *révélateur* est tout simplement un appel à intégrer le mode affectif, qui se manifeste le plus souvent par la rupture inopinée d’un certain nombre de conventions sociales, et notamment de la hiérarchie sous-jacente qu’elles impliquent. Démonstration en trois points :

1- Intégrer le mode affectif :

En l’occurrence, le monsieur m’avait quelque peu draguée en privé. Mais soit, puisque je m’étais complaisamment laissée faire, – et à-demi consciemment, je l’avoue – après tout, il avait été légitimé à concevoir quelques espoirs… Comment le blâmer ? Cela étant, le (très) court instant du gentil flirt passé, puisque ma foi il n’y avait pas encore eu faute caractérisée ni de sa part ni de la mienne, j’ai réalisé qu’il était encore temps de faire en sorte que ça ne devienne jamais le cas.

Je me trouvai alors devant un dilemme. D’un côté j’aurais pu me rendre au rendez-vous, l’air de ne pas y toucher, sans penser à mal, ou faisant croire que la pensée du mal ne m’avait pas traversée l’esprit… Hélas, je ne possède pas cette pureté bien-commode des jeunes filles à qui le fait de n’avoir jamais aucune idée derrière la tête permet de se retrouver dans des situations intéressantes avec de vieux bonshommes et de fameux bijoux, avant même d’avoir accepté, ne serait-ce que tacitement, d’y prendre la moindre responsabilité morale… J’aimerais comme ces demoiselles pleines de vertu, pouvoir même pécher avec le corps avant de pécher en esprit (car le salut de l’esprit seul compte, n’est-ce-pas), seulement j’ai ouï dire par ailleurs qu’il fallait être aussi con qu’un diplodocus pour avoir le temps de se faire bouffer le cul avant que ça monte au cerveau. ^^ [Désolée pour la vulgarité mais j’adore cette image !]

Je me trouvai, donc, devant un dilemme. D’un côté j’aurais potentiellement pu, certes, me rendre au rendez-vous l’air de rien, en touriste, mais j’aurais quand même dû en avertir mon compagnon. M’alors que lui aurais-je donc dit ?

2- Rompre inopinément un certain nombre de conventions sociales :

Ce dilemme qui se présentait à moi (et que je connais bien), par pure sagesse et anticipation de l’énhaurme malentendu potentiel, je me suis dit que la seule solution restante était que que je m’en ouvre auprès du galant bonhomme… qui s’il était galant, comprendrait certainement le problème, et ne manquerait certainement pas de se conduire avec galanterie. – poil au zizi ! ^^

« Monsieur Charles-Henri, – ô not’ bon maître – , expliquez-moi-donc, vous qu’avez au moins inventé la poud’… Quoi que je vais-t-y z’y dire à mon brav’ compère ? C’est que si j’y racont’ comm’ ça que j’avions un rendez-vous à Paris en galante compagnie d’un vieux monsieur à particule que me trouvions charmante et agrayable à ringarder, le Compère va croire au mieux que je blague. Au pire c’est pas vous que les prenderons, les coups de bâton ! » :D

Evidemment, me direz-vous, j’aurais pu mentir. Mentir (éventuellement par omission) à mon compagnon, et pas à monsieur Char-l’Henri, voilà une idée particulièrement intéressante… Après tout mon compagnon n’est pas ma conscience ; ma conscience m’appartient. – Mais c’est-à-dire qu’on aurait pu dès lors me poser, à raison, la question suivante (et moi-même je n’aurais pas manqué de me la poser, avec angoisse, indéfiniment) : « Pourquoi mentir quand on a sa conscience pour soi ? »

Et avais-je au juste oui ou non ma conscience pour moi, d’aller fréquenter ce personnage ? Au vu de sa réaction particulièrement déçue et décevante à mon intervention, je suis amenée à en douter… Puisqu’il n’a pas craint d’exprimer sans fard, ouvertement, un mépris de classe absolu à l’égard de ce que chez moi on appelle tout simplement les vœux de fidélité qui fondent les fiançailles et le mariage !

Ces gens-là, dans leur façon de ne douter de rien, sont démoniaques en ce qu’ils nous font douter de tout !

3- Renverser les hiérarchie tacites qui sous-tendent les conventions sociales :

Qui est noble et qui est ignoble ici ?

 

 

Et les gens qui vous plaignent parce que vous êtes jolie et qu’un jour vous serez vieille… Mais quand je serai vieille, j’aurai aussi un poids en moins à traîner. Je serai enfin exactement comme tous les autres gars qui écrivent, logée à la même enseigne. Je pourrai même sortir seule la nuit boire un coup au comptoir d’un troquet, dégainer un calepin et noter quelques idées, sans me faire aborder par des fous, sans craindre pour ma peau. Vous rendez-vous compte que jusqu’à présent je n’ai jamais fait cela, que ça m’est strictement impossible ?

« Comment ça « ça vous est impossible »… vous vous faites importuner autant que ça ? »

Oui, pardi, je me fais importuner autant que ça ! La nuit dans un bar seule au comptoir ? Vous rigolez ?!

J’ai travaillé dans des brasseries… je connais ce milieu.
De toutes façon dans tous les milieux professionnels, comme d’une part je suis forcément sous-qualifiée, de l’autre que je parle un français meilleur que celui de mes supérieurs hiérarchiques, et que je donne l’impression (ce n’est qu’une impression cela dit) de sortir de la cuisse de Jupiter, c’est toujours un peu pareil, pour moi, vous savez. Bizutage et compagnie, – les chiens sont heureux de se voir accordés par la vie de pouvoir pisser sur une plante rare et en voie de disparition (et la sauter au passage s’il y a moyen) – jusqu’à ce qu’on me dise enfin, une fois usagée, d’aller voir ailleurs si je trouve la place qui est due à la personne tellement exceptionnelle que j’apparais être…

Les moches et les frustrés prennent leur revanche, que voulez-vous. C’est leur conception à eux de la justice ; chacun voit midi à sa porte.

« formuler ses angoisses »

Mais quelles angoisses bordel ?

Je veux dire, les gens se figurent ce qu’est le monde en fonction de ce qu’il leur en a été donné à voir depuis là où ils sont incarnés, depuis leur peau. Ils ne s’imaginent pas à quel point ce monde apparaît différent aux gens différents d’eux. Tout don de Dieu, toute grâce, toute fragilité, toute a-sociabilité congénitale, donne accès à des arrières-mondes inconnus des gens bien dans leur peau et socialement adaptés.

« Dieu a créé l’Homme, Samuel Colt les a rendu égaux. »



J’ai eu des heures sombres où la solitude m’a fait beaucoup trop aimer l’amour, et les hommes encore plus (j’aime d’ailleurs toujours les hommes – cela ne changera pas -, plus que l’amour même), et où je n’attendais pas vraiment qu’ils me courent après pour éprouver l’envie de sympathiser avec eux. Vous savez, dans ma prime jeunesse j’ai connu surtout des amours à sens unique. J’ouvrais mon cœur, je tombais à leurs pieds, alors qu’eux auraient voulu en quelque sorte que je garde mon rang, – que je les aide, en quelque sorte, à me conserver leur estime…*

C’est la gentillesse, chez les filles qui en imposent de prime abord, qui déçoit le plus les hommes en général. La plupart des gens sont meilleurs avec moi, se comportent de façon moins insultante, quand je leur réponds souvent de façon sèche et cruelle. Mais autant cela peut m’amuser un temps (flatter mon égo, surtout), autant le sentiment le plus suave et doré que je connaisse est celui de l’abandon. [D’où le nom de mon blog CAER, en hommage à cet Instant Béni de la Chute (camusienne).] Il y a tant de joie à baisser la garde, à descendre de la scène pour venir jouer dans le public. Au fond si je pouvais choisir, je l’ai toujours dit, je préfèrerais être un personnage de roman qu’écrire, et me comporter dans la vie comme au théâtre, orchestrer des scènes avec l’aide de Dieu (qui est un fameux scénariste, pourvu qu’on lui tende la perche), rencontrer mon destin à quelque carrefour, et laisser un message au fond de ma chute finale : ravie d’avoir accompli quelque chose, et soulagée de pouvoir enfin prendre ma retraite au-delà.

Mais hélas, il faut toujours se tenir, et rappeler les autres à l’ordre, et se faire respecter, et manier ce fichu bâton (ou l’humour – qui est aussi une arme). Moi qui aime tant la solennité des relations nues, le désordre jouissif que provoque autour de lui ce Petit Prince qu’est le naïf Esprit de Sérieux

*Il y a que d’être estimée par un homme n’est pas à mon goût ce qu’il y a de plus beau en amour. En amour j’aime tout ce qui me rend malheureuse, tout ce qui est insultant pour moi et sans issue. J’aime la passion, comprenez-vous. Il n’y a pas de passions heureuses. Il n’y a pas de passions pérennes. La chanson d’Aragon fut longtemps ma préférée, je la connais par coeur :

« Rien n’est jamais acquis
à l’homme ni sa force,
ni sa faiblesse, ni son coeur,
et quand il croit
ouvrir ses bras son ombre
est celle d’une croix,
et quand il veut serrer son bonheur
il le broie,
sa vie est un étrange et douloureux divorce,
il n’y a pas d’amour heureux.

..etc. »

Le comble de l’ironie en ce monde, c’est que la Passion (chasse supposée gardée des gens de gauche et des femmes dites libres) est la seule satisfaction existentielle que puisse possiblement connaître la femme, et qu’elle signifie aussi de sa part un abandon de soi complet et définitif, une soumission totale de son être à l’homme : c’est-à-dire tout ce que déplore le féminisme, tout ce dont il ne veut pas.

Paradoxalement les seules femmes libres et fières sont les femmes de droite, qui échangent des blagues misogynes avec les hommes, prétendent ne rien connaître des misères intimes de leurs sœurs de condition, et dominent les hommes comme les Reines et les courtisanes de jadis gouvernaient les Rois : en leur faisant croire qu’elles sont leurs servantes obéissantes et dévouées, alors qu’elles en profitent pour tenir les cordons de leurs bourses et tout régenter dans leurs maisons.

La Femme est donc profondément comme l’amour : elle se trouve toujours en nous-mêmes là où on ne la veut pas, elle est sans défense par nécessité (d’attirer le mâle )-, et parce qu’elle le désire aussi de tout son être : il n’y a donc rien à défendre en elle, elle est décevante et sans issue.