Un film d’animation animiste

Nausicaä de la Vallée du vent (1984)

« Mille ans après « les sept jours de feu » et l’effondrement de la grande civilisation industrielle, se répand sur les terres désolées le Fukaï : une forêt toxique peuplée d’insectes géants. L’étendue du Fukaï menace l’existence des survivants de la race humaine. La Vallée du Vent est un petit royaume protégé tant bien que mal des pollutions de la forêt par un vent marin. Sa princesse, Nausicaä, est une jeune fille caractérisée par une forte empathie pour toute forme de vie. Elle dédie son existence au bien-être de son peuple et cherche à comprendre le Fukaï. Un jour pourtant, la vie paisible de la Vallée va basculer dans le chaos…

Nausicaä de la Vallée du Vent est l’oeuvre-clef d’Hayao Miyazaki, et a marqué durablement l’histoire de l’animation japonaise. Près de vingt ans après leur création, le film et son héroïne emblématique restent une référence gravée dans les coeurs de tous les fans. »

SOURCE

 

 

Ce qui est réellement très fort chez Miyazaki, c’est sa façon de traduire une philosophie en actions. Tout ce que fait ou dit Nausicaä dans les moments critiques pousse le lecteur à remettre en cause un certain nombre d’idées reçues.

Par la grâce de l’imagination de Miyazaki, les choix et les actions de Nausicaä vont non seulement changer le destin de ceux qu’elle côtoie, mais surtout faire prendre conscience au lecteur/spectateur que l’on pourrait traiter bien des problèmes autrement que par les rapports de pouvoir.

Si il est facile d’adhérer à cette dernière idée, la mettre en pratique est un tout autre problème. Ou le spectateur reste incrédule devant ce personnage un peu trop hors du commun, ou alors il se met à faire tourner son cerveau à plein régime pour essayer d’en tirer quelque chose pour lui…


un moment terrible
(cliquez pour agrandir)

Lire ou voir Nausicaä vous invite à reconstruire ou à modifier votre conception du monde et vos rapports aux autres, sans grand discours ni religiosité.

On pourrait craindre une certaine naïveté dans le traitement, Nausicaä étant une jeune fille de 16 ans seulement. De plus, la femme dans la société japonaise étant plutôt soumise et effacée, on imagine mal qu’un tel personnage puisse simplement être imaginé par un artiste japonais.

Et pourtant, Nausicaä n’a rien de naïf. Elle est au contraire d’un incroyable réalisme. De fait, toute la production japonaise a été fortement influencée par Nausicaä pendant la décade qui a suivi la sortie du manga et du film.

On peut même affirmer qu’il n’est pas possible pour un mangaka de créer un personnage féminin fort et charismatique sans tenir compte de ce personnage tant il est présent au coeur de ceux qui ont lu et apprécié le manga de Miyazaki.

 

Gildas Jaffrennou

Cette planche seule suffit à résumer ce qui fait l’essence de ce personnage si attachant : Nausicaa…

Attention : sens de lecture japonais, donc de droite à gauche et de haut en bas.

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SOURCE

 

A propos de la densité des pages de Nausicaä
(extrait d’une interview de Miyazaki)

Si travailler plus rendait mon manga plus facile à lire, ça m’agacerait. J’avais décidé que je ne voulais pas écrire un manga qui se lise en vitesse, comme on mange un plat de soba [nouilles japonaises].

J’ai essayé de faire au moins 11 scènes par page. Quand je relis mon travail, je trouve ça difficile à lire. J’aime écrire des choses difficiles à lire et en même temps je déteste les lire. J’ai beaucoup de mal à me décider !

Pour avoir quelque chose de facile à lire, prenez ‘Ribbon’ [manga pour fille]. C’est fait de telle sorte que le découpage soit facile à lire. Ça m’impressionne toujours [rires] Vraiment, je dis ça sans cynisme. J’admire vraiment cela.

C’est pour ça que ça m’a beaucoup surpris que tant de gens accrochent avec Nausicaä jusqu’à la fin.

A ce sujet, une interview de Moebius
Et un superbe article de
Denis Brusseaux.

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5 réflexions sur “Un film d’animation animiste

  1. Le manga sans japoniaiseries, c’est quand même pas mal finalement. Pas trés otaku, mais dans le genre bonne séries on retrouve Akira bien sûr, Mother Sarah, le Sommet des Dieux, Ki-Itchi et heu..après je vois pas trop. Il doit y en avoir d’autres d’aussi bonne qualité je pense. Olive et Tom peut-être :o)

  2. Sourire, voici venu le temps de l’Île aux enfants des dessins animistes…

    Ah… et le Voyage de Chihiro, alors, quel moment fascinant ! me souviens l’avoir visionné il y a comme qui dirait une éternité, salement grippé. Une fois le film terminé, la fièvre (pas loin de 40°) était tombée, je n’étais plus du tout malade !
    Fou en tout cas comme le volume crânien de Sa Majesté présente n’a presque rien à envier à celui de la sorcière Yubaba ^_^

  3. Le sujet n’est pas le genre du « manga » dans son ensemble – en l’occurrence on parlerait plus d’animé ou de film d’animation ici que de manga (qui est un synonyme pour bande-dessinée – format papier donc – en japonais). Ce dont il est question, c’est le contenu ou le « signifié » (pour parler comme les psy) de Nausicaa, et en toile de fond la catastrophe écologique au Japon.

    Cf mon article suivant : https://raiponces.wordpress.com/2011/03/20/piste-de-reflexion-a-lintention-des-etudiants-de-passage/

  4. en toile de fond

    ah si je possédais la formule d’insertion de vidéo en commentaire, je n’me sentirais plus ^^

    sérieux, mon p’tit… précieux conseil lecture de nature à vous ravir (ce que je crois) : 1Q84, les deux premiers volumes de la trilogie sont disponibles dans toutes bonnes pharmacies

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