Piste de réflexion à l’intention des étudiants de passage


Le Japon, parce qu’île « flottante » (dans le magma) au beau milieu d’une faille entre deux blocs tectonique, s’est construit culturellement et religieusement avec la peur omniprésente des humeurs changeantes de mère nature. Là-bas plus qu’ailleurs sans doute, Gaïa donne et reprend, avec une générosité et aussi une cruauté, extrêmes. [En effet, la terre volcanique n’a pas que des désavantages, elle est notamment remarquablement fertile.] Ce n’est donc pas un grand mystère, si le Japon est vraisemblablement la seule civilisation à être parvenue à conjuguer le culte de la modernité et une religion traditionnelle animiste (en l’occurrence le shintoïsme). Or, évidemment, cela ne se passe pas sans heurts et contradictions internes (elles aussi potentiellement fertiles)…

Miyasaki, dans son chef-d’œuvre « Nausicaä de la Vallée du vent », nous parle aussi de ça.

« Le shintoïsme est essentiellement polythéiste. Le concept majeur du shintoïsme est le caractère sacré de la nature. Le profond respect en découlant définit la place de l’homme dans l’univers : être un élément du grand tout. Ainsi, un cours d’eau, un astre, un personnage charismatique, une simple pierre ou même des notions abstraites comme la fertilité peuvent être considérés comme des divinités. »

SOURCE : Wikipedia, article « Shintoïsme ».

Le problème des japonais avec les désastres du nucléaire (à répétition, à présent, on peut le dire) sur leur territoire, est plus profond et insoluble qu’on ne pense… Le dilemme des japonais détruisant leur nature sur l’autel de la modernité est un véritable « cancer » philosophico-politique, (comparable au nôtre, relatif à la vogue des idéologies immigrationnistes), car c’est un problème qui touche à leur « identité nationale ».

Notre dieu à nous est un dieu qui ouvre les bras. Alors nous ouvrons les bras… et après ?
Leur dieu à eux est un dieu beau et cruel, c’est la nature ou le cosmos, le tao… ou le swastika.

Comme l’a très justement exprimé récemment un commentateur d’Ilys :

Oui, une vie saine. Les malades et les mal formés, les faibles et les souffreteux : éliminés par Dame Nature. Vous avez dit Nazi ? Taisez-vous, j’ai dit Nature. Seuls resteraient les plus forts, ceux qui savent vivre sans tout ce chauffage émettant des radiations, du CO2, de l’effet de serre, des pollens allergisants, des OGM et des particules nocives.

[NDLA : Voilà typiquement un discours chrétien ! – Perso je fais partie des rares personnes que la nature a tendance a sacquer nettement moins souvent que la société des hommes. Je dirais même plus : la nature m’aime bien et c’est réciproque. Je connais un peu les plantes, je suis chez moi parmi les animaux, je suis douée de mes mains, j’aime faire la cuisine, bricoler… je connais aussi la « grande-santé » que Nietzsche a tant vantée –  paraît-il sans jamais en bénéficier lui-même… Au pire, au sein d’un groupe de survivors/d’une tribu, je pense pouvoir m’attirer sans grande difficulté la protection du mâle alfa. Sans capital et sans attaches (ou presque), non, sérieusement,  je suis la dernière personne sans doute qu’une Apocalypse éventuelle dérangerait dans ses habitudes… En somme, on peut dire que je fais partie des rares individus à qui la nature ait réellement donné les moyens de leurs fous désirs de retour à la sauvagerie et de liberté ! ;)]

Mais revenons au centre du débat. Toute personne ou civilisation qui entend vénérer la nature ne peut pas éviter de  – au moins – flirter avec le fascisme. Le Japon était, est-il besoin de le rappeler, aux côtés de l’Allemagne, durant la deuxième guerre mondiale ; les japs sont très intelligents, cela va sans dire, ces gens peuvent comprendre beaucoup de choses, certes, mais il faut se rendre à l’évidence : l’idée – pourtant simple à nos yeux occidentaux, qu’on y souscrive ou non – de devoir un jour faire repentance à ce sujet les dépasse complètement…

Or qui a déjà lu le manifeste futuriste comprend qu’il n’y a pas de fascisme sans culte de la vitesse, de la consommation, et de la course à l’industrie et à l’armement. Le fascisme n’est pas une idéologie au sens strict du terme parce qu’il rejoint le sens du sacré dans la mesure où il est transmissible sur le plan intuitif (sans nécessité de passer par l’argumentation). Il n’a nul besoin d’être passé au crible d’une quelconque exégèse dogmatique pour être bien compris du peuple par-delà les classes sociales (contrairement aux libéralismes et aux communismes) : car il est pure & dure vénération de la beauté et de la force, et soumission à elles, sans distinction du beau et du fort, d’où qu’ils viennent, et sans morale du faible, ni réel désir de liberté.

Et à ce titre de « culte du sacré/du Sublime » intuitif, le fascisme demeure, – aussi apocalyptiques soient les dérives industrielles/nucléaires où il nous mène – fondamentalement « naturel ». J’en donne pour exemple que s’il était possible de demander au majestueux Lion de la savane qu’un autre prédateur – le prédateur bipède en l’occurrence – a supplanté au sommet de la chaîne alimentaire, s’il désire s’armer d’une kalachnikov (ou de la bombe H) pour venir à bout de la race malodorante et disgracieuse que nous sommes à ses yeux, et s’il était possible à ce majestueux Roi-lion de la savane de nous répondre, alors fort probablement il se ferait greffer un pouce opposable uniquement afin de pouvoir tenir une arme et presser sur la gâchette.

Ce qui permet de comprendre à quel point l’individu Japonais est capitaliste de façon essentiellement fasciste, c’est-à-dire sans pour autant être « libéral » au sens libertarien du terme, est simple : la plus haute des vertu chez lui, et celle qui profite le plus à l’épanouissement de sa civilisation, est son profond sens du sacrifice. Au Japon plus qu’ailleurs on a compris que pour bâtir une cathédrale il fallait un seul architecte et plusieurs millier de manœuvres. Plusieurs milliers de sacrifiés volontaires, – pieuses gens affairés à ne jamais penser à leur nombril ni à leur jouissance, ni n’abandonner jamais leurs enfants à cette triste dépendance au sein maternel et au foyer familial qui les caractérise, au prétexte qu’une liberté différente (celle de dire : « non » & « moi-je ») les attend quelque part du côté de New-York ou ailleurs, sur la route de quelque vague Graâl qui ressemble +/- au rêve américain… et un seul architecte ! Un seul créateur, un seul être « réalisé » et puissamment épanoui.

Un contact libertarien (un conférencier libertarien, s’il vous plaît!) m’écrivait encore hier :

Quant à la flemmardise: il n’y a que les vrais paresseux qui font progresser l’humanité. Les autres se contentent de faire le même travail ennuyeux et pénible jour après jour, courageusement, laborieusement et sans se plaindre.

Le paresseux, lui, cherche à éviter le travail, surtout le travail répétitif, il va donc investir un effort énorme dans l’élaboration d’une innovation qui va lui éviter d’avoir à refaire le même travail 2x.

Ma réponse fut aisée et concise :

Si vous le dites… vous flattez mes pires penchants, là, vous savez… J’ai l’impression d’entendre le Diable qui me souffle… « Vas-y, fille, continue à laisser la vaisselle s’empiler… » :/

C’est maâl ce que vous faites… ;)

Et, en effet, si de telles formules sont valables en ce qui concerne une certaine élite (forcément restreinte) d’architectes en tous genres qui dirigent la populace, en revanche elles sont fausses aussitôt qu’on les adresse aux épouses-même de ces architectes (sans aller jusqu’à descendre jusqu’à la classe des manoeuvres). En effet, les épouses, en tous temps et à travers les âges, ne peuvent seulement se contenter de faire leur devoir avec efficacité – leur devoir consistant bien davantage encore à être fait avec amour. Est-ce réellement en échange d’un salaire, ou dans un pur esprit d’intéressement au « capital familial » – qui parfois, lorsque les temps sont durs, peut être momentanément (voire perpétuellement) réduit à néant -, que les libertariens désirent que leurs épouses fassent la vaisselle, et la cuisine, et le ménage, et s’occupent de leurs enfants ? Bien sûr qu’au fond, les hommes de tous pays et de toutes confessions exigent d’elles, [cela depuis la nuit des temps, sans changement significatif encore aujourd’hui, et sans évolution radicale humainement possible dans l’avenir], qu’elles n’arrêtent un tel travail – qui n’est pas évidemment, quoi qu’on en dise, un emploi comme les autres – sous aucun prétexte, et que leur attachement aux leurs et à leur foyer soit de nature inconditionnelle – c-à-d en dehors du monde marchand. En toute circonstance, qu’on s’intéresse suffisamment à leur bonheur ou non, qu’elles aient suffisamment à manger ou non, qu’elles méritent mieux ou non, elles se doivent et doivent à l’humanité, de porter sur leurs épaules autant qu’elles peuvent en porter, et non autant qu’il paraît – aux droits-de-l’hommistes et aux féministes – juste ou équitable qu’elles supportent de misère. Oui, dans l’absolu, une femme est un homme comme les autres, et donc elle ne doit rien à personne et peut, si elle le désire, se borner à rechercher éperdument sa propre jouissance, où qu’elle soit ; mais dans l’absolu seulement. Car il en va de la survie de l’espèce que la majorité d’entre elles n’agisse pas ainsi.

 

 

Paradoxalement, je ne souhaite à aucun libertarien une femme véritablement libertarienne. Car la Carmen de Bizet en est une – de vraie ! -, pour chanter sans soucier : « L’amour est enfant de Bohème qui n’a jamais, jamais connu de loi ; et si tu ne m’aimes pas je t’aime, et si je t’aime prends garde à toi…  » …Car si nous autres les épouses devions véritablement exiger la réciprocité en tout, et surtout d’être aimées à la hauteur de ce que nous sommes potentiellement capables d’aimer (autant dire à la folie), alors nous exigerions de nos hommes et enfants, donc du monde entier, rien moins que de nous accompagner sans retour dans une folie d’amour en forme de maelström destructeur, qui n’aurait strictement aucune issue.

Mais revenons à nos moutons.

Ce qui permet de comprendre à quel point le Japonais est capitaliste de façon fasciste, c-à-d sans être « libéral » au sens libertarien du terme, est son profond sens du sacrifice et de la famille, disais-je tout-à-l’heure. J’ajouterai que cette propension au sacrifice, remarquable à tous les étages de la société japonaise, est précisément ce qui la rend compétitive financièrement au niveau international. Car l’individualisme européen – le fait que l’européen moyen soit véritablement un individu à part entière, libre de ses opinions et de ses choix, qui ne doit rien à personne sur le plan de la conscience et considère qu’il peut en aller aussi éventuellement de sa liberté individuelle, de ne pas céder aux sirènes du progrès – fait au moins autant pour son recul sur le plan industriel et marchand qu’il ne profite à sa grandeur et à son prestige…

Notre « Dieu qui ouvre les bras », – le dieu-Amour – est donc un dieu à double-tranchant. Les clous qui traversent ses paumes nous sont au-jour-le-jour, à chacun d’entre nous, une vraie épine dans le pied.

Il en va exactement de même pour le dieu-Nature des shintoïstes et des fascistes. Autant la nature du Lion serait de s’armer d’une kalachnikov afin de rester le Roi de la Jungle à l’heure du progrès technique. Autant la nature humaine est supérieure à celle du Lion, – lequel (contrairement à Nausicaä) est incapable d’empathie pour ses victimes. L’homme est un animal étrange comparable à l’Héautontimorouménos de Baudelaire. L’homme est le Loup de l’homme, il est aussi sa propre brebis. Il est celui qui tient le couteau, il est celui qui le reçoit, il est aussi le couteau en tant que tel, et il est enfin sa propre plaie.

Comment imaginer un Shintoïsme ergotant sans fin sur la « nature humaine » et l’appétence des hommes au progrès mécanique et industriel, mais qui aurait complètement cessé de se soucier de la nature végétale et animale ? Ne serait-ce pas comme de vouloir imaginer le paganisme  germanique sans la forêt noire, les pierres-levées et tout le petit peuple sylvestre d’Artémis-Diane ? Ne serait-ce pas un peu comme de vouloir conceptualiser l’ « homme Japonais » en se débarrassant du Japon ?

Le japon est vert, il est luxuriant et magnifique… Le japon sans le vert de la chlorophylle, les fruits d’or, les fleurs des cerisiers, des pruniers, les pandas, le bleu de la mer, les petites pêcheuses d’huîtres, les baleines et les poissons, ça ne se peut pas.

 

 

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21 réflexions sur “Piste de réflexion à l’intention des étudiants de passage

  1. Je retire tout ce que j’ai dit , vous pouvez vous laisser pousser la moustache …
    Arriver dans un même texte , à caser une vision (assez juste à mon sens) de l' »esprit Japonais » , une vision , votre vision , de la nature , du faschisme , de la « bonne épouse » , la profonde absurdité du libertarianisme une fois débarassé de son fondement Chrétien , arrosé d’une goutte de Darwino-Niesztchéisme (je sais , se serait ridicule pour lui , mais on s’en fout il est mort) , tout en se servant de votre égo , ou plutôt en le « sacrifiant » pour mieux l’auréoler de gloire … Je le dit sans lêche-bottisme , votre meilleur texte depuis un bon moment .
    Par contre , un architecte pour plusieurs milliers de manoeuvres … Gnnniiiiii … Je ne sais pas si c’est une provocation de votre part , mais toutes les Cathédrales se sont construites sur plusieurs siècles , les architectes n’ont pas cette durée de vie , leurs plans de départ sont remit en cause constament , sans leur avis , et heureusement !
    Voyez certains édifices religieux en Andalousie … C’est à mon sens les plus marquants . Interrompus par les guerres , le manque de fonds , d’Artisans , une base en pierre de Galice style Roman , puis de la pierre « bon marché » dans un style vaguement , très vaguement « gothique » , quelques ébauches de modes éphémères Romaines , arabesques et mosaiques Mauresques , clocher annulé , puis fini à la vulgaire brique , puis démolit puis vaguement reconstruit en 1936 …
    Ce n’est qu’un exemple bidon , mais vos propos n’ont aucun sens . Vous rendez-vous compte des siècles de traditions qui précèdent la formation d’un Artisan ?!?
    Quels genre de manoeuvres Oeuvraient sur les Cathédrales ? Quel pourcentage ? La vérité , c’est que les architectes sont facilement dispensables . A l’époque , j’entend . Ils n’étaient que des « coordinateurs » , et à peine pendant 1/20 de la durée de la construction , sans compter les restaurations perpétuelles !!!
    Je ne peut pas croire que vous êtes sérieuse sur ce point . Je ne veux pas être injustement casse-couille , alors je m’arrêterais là .
    L’artisanat est automatiquement « fédéraliste , autogestionnaire » , dans la mesure où tous se coordonnent parfaitement .
    Bref . Le culte de Dieu . Le culte de la nature . Dans les deux cas , les hommes lui rendent hommage . Je ne vous parlerait pas peinture . Mais putain , quelle force ! Quelle puissance , quelle beauté dans toutes ces tempêtes , volcans , aquarelles diverses qu’ont si bien réalisés nombre d’artistes Nippons …
    Il y a des dieux que l’on craint , d’autre que l’on aime , ou encore que l’on loue .
    Mais quelle plus belle maîtrise de la Nature que de dompter l’atome !!! Le fendre !!! Là encore , je vous soupçonne de flater les plus bas instincts de votre lectorat si nombreux .
    La nature n’est pas une fleur à préserver , cette petite fleur est en nous , et elle est loin d’être jolie . Carnivore .
    Oui , la nature est faschiste . Barbare . Mais qu’est-ce que la civilisation sinon la sublimation de la barbarie ? Donner à des actes vitaux , innés , primaires , une portée sacrée .
    On a souvent essayé de faire passer (post-hitlerum) le faschisme pour une chose froide , scientifique . C’est-à-dire barbare , naturelle . Au contraire de la civilisation qui serait l’esprit , élevée , au-delà de la biologie . Mais non .
    La mort de ce principe de « bien-commun » qui toucherait l’humanité entière serait un grand pas en avant . Est-ce qu’un écureuil agit au nom de l’écureuilisme ? Non ? Mais pourquoi-donc l’homme devrait-il agir au nom de l’humanisme ?!? Sommes-nous VRAIMENT une espèce élue ? La nature est une salope . C’est pour ça qu’on l’aime .
    Et vive le Japon !!!

  2. Vous êtes bien gentil, Prolo’, mais vous aussi êtes agaçant…

    D’abord vous me parlez comme si j’avais cessé un long temps d’être productive, et que mon retour était inespéré… mais je n’ai jamais cessé d’écrire ! Notamment, j’ai beaucoup écrit sur Facebook. Les gens s’expriment très librement, là-bas, dans la petite communauté réac : je leur réponds (je leur raiponds), je me gorge de « matière », de citations, de référence… bref, j’ai là au moins 5-6 article sous le coude, complètement écrits, que je n’ai pas trouvé le temps/la disponibilité d’esprit, de publier. Par ex. j’avais produit un petit truc pour le départ de Nico. Ben, c’est passé à la trappe : trop d’actualité brûlante. Il faudra que je remanie tout ça pour utiliser le contenu.

    C’est un peu comme quand cet imbécile de Restif est passé sur mon blog Millie-Une-Nuit où j’ai publié le début de mon roman inachevé. Il est venu me dire, la gueule enfarinée : « C’est bien, vous faites des progrès ma grande, on sent que votre cas n’est pas perdu pour la science, que vous allez quand même, contre toute attente, vous en sortir… Il faut continuer maintenant! » …Je l’aurais claqué ! ‘tain ce vieux machin date de 2008… j’étais en train d’écrire ça quand j’ai découvert le blogging et la réacosphère (en fait c’est à ce moment-là que je l’ai arrêté)… La quantité de pages écrites sur fichier word doit faire au moins le triple ou le quadruple de ce qui a été mis online là-bas, tout simplement parce ça m’emmerde de consacrer du temps de mise-en-page à un vieux tapuscrit poussiéreux qui a cessé définitivement sa croissance voilà déjà 3 ans. Si je n’en publie pas plus, ce n’est pas parce que la suite n’existe pas, c’est que ça me donne tout simplement envie de bailler………… Ha les mouches du coche ! :D

    Mais bref. Ne nous énervons pas déjà, surtout de si bon matin. …La lune gigantesque de ces derniers jours a beaucoup d’influence sur moi ; vous n’êtes pas sans savoir que je suis un peu sorcière. ;) Tout à l’heure c’était une sorte de grosse orange en relief dans le ciel de l’aube bleu pâle…….

    Pour ce qui est des architectes et des corporations d’artisans moyenâgeux, il me semble que je sais ce que je dis, mais je n’ai pas envie de batailler avec un Compagnon du Devoir, qui ne peut que savoir mieux que moi toutes ces choses. Disons plus simplement que dans un royaume, l’élite pensante et dirigeante ne peut que former une petite minorité statistique non représentative du peuple, et qu’il en va de même en ce qui concerne la hiérarchisation (forcément pyramidale) entre les différents métiers qui permirent l’édification de chef-d’œuvres comme les pyramides d’Egypte ou Il Duomo di Firenze. [Cf, Astérix et Cléopâtre. L’architecte-avorton Numérobis ne se charge pas personnellement de charrier et tailler les blocs de calcaire dans lequel le palais qu’il conçoit est bâti.]

    La Renaissance italienne a ceci d’édifiant qu’elle permet de comprendre à quel point l’édification de bâtiments toujours plus hauts et complexes, de voûtes toujours plus larges – défi majeur comme vous le savez -, en bref que la conception de chef-d’œuvres architecturaux sollicitant des connaissances théoriques scientifiques solides, notamment en matière de géométrie spatiale et de répartition des forces de poussée, nécessitait certes une main d’œuvre qualifiée (je ne veux pas dauber sur la main-d’œuvre qualifiée, dont vous êtes), mais surtout une élite éclairée d’architectes à la pointe du progrès technique de leur époque, capable de conceptualiser l’ouvrage fini avant qu’il ne sorte de terre, sous forme de dessins techniques et de maquettes.

    Si aujourd’hui nous avons encore des tailleurs de pierre et des faiseurs de charpentes en chêne massif, c’est avant tout parce que la rénovation et l’entretien des trésors de nos patrimoines le commandent. Si vous ne fréquentez pas (ou peu) d’architectes, la raison bien simple en est qu’on ne construit plus ex-nihilo, à l’état neuf, le types de bâtiments que vous rénovez. Aujourd’hui les architectes sont comme ceux d’hier : leur condition d’élite éclairée et de scientifiques, veut qu’ils demeurent encore et toujours en première ligne du combat pour le progrès et la civilisation, quelque soient les gouffres de laideurs dans lesquels la modernité les amène hélas souvent à se vautrer. Que voulez-vous, ce sont aujourd’hui des maisons écologiques et des gratte-ciels, qu’ils conçoivent, pas des murs à colombage en pisé.

    …………

    Cela étant dit, quoi qu’il en soit, peu importe.
    Recentrage du débat ; je vous cite :

    « Il y a des dieux que l’on craint , d’autre que l’on aime , ou encore que l’on loue .
    Mais quelle plus belle maîtrise de la Nature que de dompter l’atome !!! Le fendre !!! Là encore , je vous soupçonne de flater les plus bas instincts de votre lectorat si nombreux .
    La nature n’est pas une fleur à préserver , cette petite fleur est en nous , et elle est loin d’être jolie. Carnivore. »

    Vous simplifiez un peu là. Mon discours est loin de proposer une solution facile à quelque problème que ce soit. Bien au contraire : je ne prétends, dans ce texte, que poser des questions et ne répondre à aucune.

    Il me semble que vous avez décroché à partir de :

    « Autant la nature du Lion serait de s’armer d’une kalachnikov afin de rester le Roi de la Jungle à l’heure du progrès technique. Autant la nature humaine est supérieure à celle du Lion »

    Quand j’évoque l’Héautontimorouménos de Baudelaire, qui est un dandy, ce n’est pas à priori pour vanter de façon univoque les forces majestueuses de la nature sauvage…

    De même quand je parle de la Carmen de Bizet [« L’amour est enfant de Bohème, qui n’a jamais jamais connu de lois ; si tu ne m’aimes pas je t’aime, et si je t’aime, prends garde à toi. »], c’est afin de laisser entendre, à demi-mot, qu’il y a plus de libertarienne en moi qu’il ne pourrait sembler au premier abord… Car je suis avant tout un être de liberté (et d’amour) : je suis une vraie française (de la racine « Franc » – comme dans « affranchi » – qui veut dire « libre »), et pas une japonaise. Le fascisme, qui appelle puissamment la nature lion-nesque présente en moi, ne peut donc pas totalement combler l’intégralité de mes instincts.

    « Mais pourquoi-donc l’homme devrait-il agir au nom de l’humanisme ?!? »

    Parce que, je me répète, l’homme n’est pas un animal. Il est comme Nausicaa : capable d’empathie.

    « Sommes-nous VRAIMENT une espèce élue ? »

    Evidemment ! Cela va de soi, allons !

    « Le japon est vert, il est luxuriant et magnifique… Le japon sans le vert de la chlorophylle, les fruits d’or, les fleurs des cerisiers, des pruniers, les Pandas, le bleu de la mer, les petites pêcheuses d’huîtres, les baleines et les poissons, ça ne se peut pas. »

    Comprenez-vous les implications terribles qu’ont cette conclusion, pour moi ? Avez-vous vu ces images ? :

    http://www.autourduweb.fr/japon-avant-apres-tsunami/

    Mais le tsunami n’est pas le plus grave.

    C’est la zone de terre irradiée autour de la centrale de Fukushima (rayon de 20 km ? 80 km ? plus ?), la chose la plus horrible, car il s’agit vraisemblablement de terre condamnée. Or au japon plus qu’ailleurs encore, la terre est précieuse : d’une part elle est riche et fertile, c’est une nature magnifique, avec un biotope unique au monde, comme dans beaucoup d’îles du climat tempéré, de l’autre les japonais sont extrêmement nombreux et vivent entassés là-bas, car leur territoire n’est pas extensible : comme la terre de Tara dans les Hauts des Hurlevents, c’est leur bien le plus précieux, voire leur seul bien réel. Car hors du Japon pas de japonais.

    ***

    Voyez, j’adore la culture japonaise, et je la connais bien, pour avoir fréquenté très longtemps des geeks (dans le milieu de la presse du Jeu-Vidéo), éperdus nipponophiles, qui m’ont fait accéder à un certain nombre d’auteurs et d’ouvrages de leur panthéon japonais. De même – pour faire un parallèle animiste – j’adore les chats, (et la nature dans son ensemble) : je suis une fille-à-chats, mon père est un homme-à-chat (avec ma mère, chez eux, ils en ont trois), j’ai grandi parmi eux, je sais ronronner et miauler à la perfection, au point que les chats dans la rue (et il y en a beaucoup, des très beaux, dans le quartier résidentiel huppé de la banlieue parisienne où je vis) me répondent parfois et me comprenne… mais, bien que sans doute je l’aimerais un peu, [et que je me fasse entretenir par mon compagnon en échange de quelque caresses, comme si j’étais un animal de compagnie ^^], je ne suis pas un chat. Je suis un être humain et une française. Et cela me condamne à rester vigilante : car bien qu’il serait plus simple au fond de me débarrasser de ces deux dernière identités, je ne dois pas le faire. [Cette dernière réflexion est largement inspirée d’un autre dessin animé de Miyasaki : « Le Royaume des Chats. »]

    • Allons , je n’ai aucune condescendance à votre égard !!!
      Il m’a semblé avoir été assez modéré . Mais sujet sensible , pas d’amour sans passion . Vous auriez pu trouvé un autre domaine que l’Architecture pour étayez vos propos . L’Industrie par exemple ^^ Des designers , ingénieurs , puis des petites mains .
      Disons que les architectes sont très surévalués à notre époque . Jamais ils n’ont eu autant d’importance que depuis qu’ils sont médiocres . Chacun des artisans possède ou tend à posséder la quasi-totalité du savoir technnique . Ces milieux sont bien plus décentralisés que vous ne semblez le penser , croyez-moi . Les exemples où l’élite à une importance magistrale sont légions , et comme par hasard vous choisissez un des seuls contre-exemples …
      Les architectes sont de simples coordinateurs , et c’était encore plus vrai à l’époque . Après , il y a peut-être un seul Grand Architecte qui a son importance ^^
      Je n’ai rien contre les architectes géniaux comptemporains ou Anciens bien entendu , mais à l’époque ils n’étaient pas vus comme les créateurs , plutôt comme des hommes possédant un savoir « global » , donc « non-spécialisé » .

      « la raison bien simple en est qu’on ne construit plus ex-nihilo, à l’état neuf, le types de bâtiments que vous rénovez. »
      Dramatique . Quel tristesse de vivre au XXIème siècle … Mais rassurez-vous , de belles mosquées vont voir le jour d’ici la fin du siècle ^^
      J’essaie d’être sincère mais j’avoue qu’il y a peut-être un grain de mauvaise foi dans mes propos . L’architecte , surtout moderne , l’ennemi hériditaire …
      Il n’empêche que je suis toujours en admiration devant une Oeuvre « bien faîte » ou touchant au Génie , quel que soit le domaine . Quelques architectes en font parti , mais il y a beaucoup , beaucoup de tri à faire , 99% n’en sortirons pas vivant .
      Mais désolé , la nature est belle quand elle est Royale , majestueuse , cruelle , impitoyable .
      L’amour n’est pas naturel . Il est civilisé . La vision sacralisé d’un besoin vital , la reproduction , la survie de ses gênes . Légèrement plus haut que la nature .
      Nous sommes matière et nous resterons matière . Même s’il se trouve que nous somme au sommet , (même au sommet du sommet^^) nous ne devont pas nous considérer comme élus , mais comme des prototypes , des ébauches d’une humanité en devenir . Arrivés au sommet d’une montagne , on peu encore y bâtir un gratte-ciel , voir une Cathédrale .
      Mais bien sûr que la nature est injuste et cruelle , elle viens encore de le prouver . Le génie Japonais repose dans le détail . Regardez leurs jardins !!! Leur Arts !!!
      Ils se relèveront , je n’ai aucun doute là-dessus .
      Et désolé , mais les geeks produisent sur moi un profond besoin d’espace , de grand air .
      Quand aux Chats , avec une majuscule , je suis quasiment la S.P.A. du quartier . Une sorte d’hôtel pour chats , errants ou pas d’ailleurs . Ils ont tous des noms de dictateurs ou de philosophes . Pinochet viens d’ailleurs de griffer Diogène … Je ne doute pas une seconde que vous ayez un côté félin … Je pense même qu’il a le dessus .

    • Vous faites erreur sur la zone de Fukushima. Voyez l’exemple de Tchernobyl, pourtant fruit d’une catastrophe autrement plus violente :

      There has been an ongoing scientific debate about the extent that flora and fauna of the zone were affected by the radioactive contamination that followed the accident. No scientifically documented cases of mutant deformity in animals of the zone were reported other than partial albinism in swallows[2][3] and insect mutations.[4] There have been individual eyewitness reports of other animal mutations but no comprehensive statistical analysis has been completed to date. The cloud of heavily polluted dust left the Red Forest (Rudyi Lis)—a strand of highly-irradiated pine wood near the plant which was subsequently bulldozed.

      There have been reports that wildlife has flourished due to significant reduction of human impact.[5] For this reason, the zone is considered by some as a classic example of an involuntary park. Populations of traditional Polesian animals (like wolves, wild boar and Roe Deer), red deer, moose, and beaver have multiplied enormously and begun expanding outside the zone. The area also houses herds of European wisent and Przewalski’s Horses released there after the accident. Even extremely rare lynx have appeared, and there are reports of tracks from brown bears, an animal not seen in the area for several centuries. Special game warden units are organized to protect and control them.

      The rivers and lakes of the zone pose a significant threat of spreading polluted silt during spring floods. They are systematically secured by dikes.

      http://en.wikipedia.org/wiki/Chernobyl_Nuclear_Power_Plant_Exclusion_Zone#Flora_and_fauna

      • Intéressant. On appelle cela (je viens de l’apprendre), l’effet « Hormésis ». Je viens de trouver un article en langue française qui va encore plus loin dans le domaine (je le qualifierais d’article médical pro-nucléaire). Mais j’attire votre attention sur les commentaires de cet article, dont je vais faire un simple copier-collé afin de vous donner des éléments de réponse :

        http://energie.lexpansion.com/climat/-que-se-passe-t-il-aujourd-hui-autour-de-tchernobyl-_a-35-4536.html

        Commentaire par Northman – mercredi 02 juin 2010 14:27

        Plusieurs remarques :
        1°) Où est passé le commentaire de l’association Sortir du Nucléaire à propos de cet article Pr Foos et que j’ai pu lire ce matin sur cette page web?
        2°)C’est grâce au réseau Sortir du Nucléaire que j’ai pu apprendre la diffusion de l’émission.
        3°) Le reportage est tout en nuance ce que n’est pas l’article du Pr Foos.Dans ce reportage, j’ai beaucoup aimé l’histoire des divers artefact apparus au cours des évaluations et notamment l’immigration d’espèces hors de la zone interdite, montrant ainsi la difficulté de mesurer l’impact réels à terme de la catastrophe sur les organismes vivants. Une telle ambition est très difficile à mesurer dans la mesure où tout fait système avec beaucoup de données manquantes , de logiques inconnues, de manque de recul sur l’évènement.
        4°) je retiendrai aussi le propos d’un scientifique qui soulignait l’irresponsabilité de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique qui n’a procédé à aucune étude de mortalité de la zone dans les premières années d’après la catastrophe. Or le reportage le dit clairement même si c’est bref, la mortalité des espèces vivantes et végétales peu après la catastrophe fût très forte et il est ajouté que l’on ne pourrait accepter moralement une telle chose pour l’Homme.
        5°) Un lien très intéressant
        http://www.actualites-news-environnement.com/19947-animaux-Tchernobyl.html

        ***

        Commentaire par Mathias Goldstein – jeudi 03 juin 2010 17:14

        Bonjour,

        Malheureusement, les anomalies génétiques chez les rongeurs, les poissons ou les hommes sont prouvées depuis longtemps et elles s’aggravent de génération en génération…

        Lire:

        « Le point de vue d’une généticienne sur les conséquences sanitaires en bélarus », sur:
        http://www.dissident-media.org/infonucleaire/conseq_en_belarus.htm

        « Les mutations dans la région de Tchernobyl », sur:
        http://www.dissident-media.org/infonucleaire/solange_fernex.html

        « Les enfants de Tchernobyl », sur:
        http://www.dissident-media.org/infonucleaire/enfants_malades.html

        La CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique dont les recommandations sont reprises et adaptées par les législations nationales) elle-même reconnaît depuis des années que « toute dose de rayonnement comporte un risque cancérigène et génétique ».

        Le soit disant « effet Hormésis » n’est qu’une illusion (défendue par un très petit nombre de pro-nucléaire) et il est contredit par les instances internationales comme la CIPR et les différents organismes officiels des pays ayant une industrie nucléaire, ainsi que par toutes les études sérieuses sur les rayonnements ionisants depuis des dizaines d’années.

        Cordialement,

        Mathias Goldstein,
        Webmaster de Infonucleaire.net

        ***

        [4] Commentaire par Lenoir – mardi 15 juin 2010 16:10

        Le Pr Foos a peu de publications dans les revues à comité de lecture. Sa thèse de 3ème cycle publiée en 1971 n’est citée nulle part (cf. Scopus). Celle de Doctorat, 14 fois, ce qui est peu. En revanche il émarge à la liste d’auteurs d’une kyrielle de brevets pris par COGEMA et AREVA, d’où son immense intérêt à défendre le développement de l’industrie atomique. Son domaine, la chimie nucléaire et la propagande pour le développement de tout usage de la fission, de la radioactivité et des rayonnements, ne lui confère aucune compétence pour apprécier le contenu scientifique (ou plutôt ses carences criantes) d’une émission sur la situation dans la zone interdite autour de Tchernobyl.

        Il est navrant que dans notre pays informer sur quelque domaine controversé consiste à faire appel au « visible self-declared poly-expert » confortablement retranché dans la forteresse technocratique qui le nourrit et l’honore.

        On peut lire des analyses critiques documentées du film d’ARTE et du texte du Pr Foos sur le site http://enfants-tchernobyl-belarus.org

        ***

        Cela fait réfléchir, n’est-ce pas ? Le nucléaire, c’est aussi de très gros intérêts financier. Il ne faut pas oublier ça.

        ***

        Mais ma source d’info favorite, à moi, (concernant la vie humaine) au sein de la « zone interdite » de Tchernobyl, c’est la page suivante :

        http://www.horizons-et-debats.ch/35/35_04.htm

        La raison pour laquelle je me permets de m’ériger quelque peu en « expert compétent » (même si ça n’est pas vraiment le cas), c’est que ma mère a rencontré (assez récemment), en personne, un scientifique « irradié », car échappé de cette zone (grâce à certains contacts universitaires hauts-placés/renommés) et originaire d’icelle. Sa famille y était restée, assignée à demeure, et il était considéré par l’état Russe comme un fugitif, et sa parole indésirable. Il voyageait de par le monde, pour transmettre sa version des choses, donner des conférences afin d’expliquer qu’il était lui-même juridiquement considéré comme un déchet radioactif. Il a serré ma mère dans ses bras en pleurant et en ressassant ses malheurs (à la Russe), elle n’a pas osé bouger… :/

        Concernant la vie animale et la vie végétale et leur « vitalité insolente » dans la « zone interdite », je n’en sais rien à vrai dire si la cause en serait ou non la radioactivité, mais il faudrait prendre en compte à mon avis le « Tchernosiom », la qualité de la glèbe qui est là-bas. C’est une terre extrêmement noire : considérée la plus naturellement fertile du monde. Il faut savoir qu’il y a très peu d’hectares de cette terre-là qui ne soient pas à l’heure actuelle cultivés (notamment pour le blé)… Le périmètre irradié de Tchernobyl est forcément une exception. Voyez l’article de Wikipedia au sujet du Tchernosiom :

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Tchernoziom

        Extrait :

        « Le tchernoziom (en russe : чернозём, contraction de tchernaïa zemlia, « terre noire » ou riche en humus) est un type de sol. On rencontre également dans certains textes les termes tchernozem (de l’ukrainien Чорнозем) ou chernozem, qui est une transcription anglaise du mot russe.

        Cette terre noire contient un fort pourcentage d’humus — 3 à 15 %, riche en potasse, phosphore et micro éléments. Elle est très épaisse, souvent plus de 1 m, et jusqu’à 6 m en Ukraine. Elle est très fertile et l’impasse d’engrais, de fond et azoté, est possible. Le fort taux d’humus et d’argile lui confère une réserve d’eau utile importante. Pour ces raisons, elle est souvent considérée comme le meilleur sol au monde pour l’agriculture. D’ailleurs, ce type de sol se prête très bien au semis direct ou au Technique culturale simplifiée (TCS). »

        ***

        De toute façon, le problème de Tchernobyl n’est toujours pas près d’être réglé. Le sarcophage bâti par les fameux « liquidateur », n’est pas une solution à long terme. Cf ici :

        http://www.oecd-nea.org/rp/chernobyl/fr/c07.html

        Extrait :

        « Le sarcophage n’a jamais été destiné à apporter une solution permanente au problème du confinement du réacteur accidenté. Il s’ensuit que cette solution temporaire risque fort d’être instable à long terme. Autrement dit, il y a une possibilité d’effondrement qui doit être corrigée par une solution technique permanente.

        Les opérations de reprise sous contrôle de l’accident et d’assainissement ont produit de très grandes quantités de déchets radioactifs et d’équipements contaminés, qui sont actuellement stockés sur 800 sites environ à l’intérieur et à l’extérieur de la zone d’exclusion d’un rayon de 30 km autour du réacteur. Ces déchets sont en partie conservés dans des conteneurs et en partie enfouis dans des tranchées ou stockés en plein air. »

        ***

        Albert EINSTEIN, sans lequel bombes atomiques et le nucléaire civil n’auraient pas connu un tel développement, n’a-t-il pas dit : « Si c’était à refaire, je me serais fait plombier  » ?

        ***

        Si vous désirez réellement approfondir votre compréhension de ce dont il est question dans votre commentaire, vous avez ce rapport pdf de l’IAEA, dont on ne peut pas vraiment remettre le sérieux en cause :

        http://www.iaea.org/Publications/Magazines/Bulletin/Bull383/French/38305192426_fr.pdf

      • A propos du « déchet nucléaire vivant » (ce sont mes propres termes, j’assume) qui a serré ma mère dans ses bras il y a env. 3 ans lors d’une conférence en Auvergne, considéré comme un fugitif par la Biélorussie (pardon, j’avais écrit la Russie, mais il s’agit de l’ex. URSS), j’ai retrouvé sa trace :

        Il s’agit vraisemblablement de Youri Bandajevsky [http://fr.wikipedia.org/wiki/Youri_Bandajevski], ou bien de Vassili Nesterenko [http://fr.wikipedia.org/wiki/Vassili_Nesterenko].

  3. Oh ! Vous êtes adorable, Prolo’ !

    Allez, je souscris à tout ce que vous venez de dire… c’est si joli ! :)

    Pinochet a griffé Diogène, vraiment ? :)

    Au sujet des architectes d’antan et des blockhaus en béton modernes, aussi, je vous dis finalement amen. Honnêtement, si j’avais les moyens de payer un architecte pour qu’il me conçoive une maison, je ne pense pas que je lui demanderais de me donner un exemple grandeur nature ce qu’on lui a appris à faire à son école de snobinards fans du Bauhaus et de Le Corbusier. Je pense que je lui demanderais de me construire une maison bourgeoise selon le style du pays, dans la pierre du pays, avec un toit en tuiles, lauzes ou ardoise du pays : bref le genre de construction vénérable susceptible de durer mille an (c-à-d aussi longtemps qu’une civilisation). ^^

    Cela étant, je ne suis pas persuadée que les manœuvres du Moyen-Age avaient étudié l’histoire, les mathématiques et les sciences-physiques à l’école de la République comme les Compagnons du Devoir d’aujourd’hui. – De fait, il étaient tout de même plus spécialisés, leur savoir était moins « global », en sommes ils étaient moins des gentilhomme que vous… ;-P

    ***

    Sans transition : Avez-vous lu Narcisse&Goldmund d’Hermann Hesse ?

  4. Vade Retro Le Corbusier !!!
    Une maison bourgeoise dans le style du pays ,c’est difficile , disons . Même chez les petits-bourgeois provinciaux , le désir de se « parisianiser » , ce mélange bâtard entre tape-à-l’oeil vulgaire et classicisme sobre , l’uniformisation jacobine dominent . Et donc aussi en architecture , on bâtit comme on est . Maudite révolution ^^
    Quand à Hesse , je n’ai même pas lu le Loup des mers , c’est dire ! Mais c’est en projet .

  5. « Une maison bourgeoise dans le style du pays ,c’est difficile , disons .  »

    Mouais. D’ac’. Là vous me prenez carrément en défaut. J’avou’, comme disent les jeuuuunes cons. :D

    Les maisons bourgeoises, pour expliquer aux lecteurs incultes qui nous suivent encore (huhuhu), sont en général dans une architecture du 19e. – Ca doit être pour ça que je les aime, en fait, je crois.

    Mais voyez-vous, moi je suis née dans une ville qui n’était rien au M-A ni à la Renaissance… l’architecture « locale » « typique » à Vichy, ce sont des maisons bourgeoises (parfois un peu Art-Déco) et des immeubles Haussmaniens, alors voyez, tout s’explique : quand je dis « du pays », je ne peux m’empêcher de penser « de mon pays ». ;)

    Sinon, l’Allier, mon département, est celui de France (donc du monde) où il y a le plus de (petits) châteaux. On en a de toutes les époques, mais surtout des très très vieux (églises et donjons des 11e et 12e siècles, eh oui monsieur ! ^^).

    « le désir de se « parisianiser » , ce mélange bâtard entre tape-à-l’oeil vulgaire et classicisme sobre , l’uniformisation jacobine dominent »

    Ha ha ! On dirait que vous parlez de Vichy ! ;) … Je suis d’accord, cela sent fort son petit-moyen-bourgeois de province, tout ça, donc c’est très disgracieux… c’est très « Bovaryen », aussi. Mais des fois c’est joli quand même. Je vais publier des photos de « moun païs », vous me direz ce que vous en pensez. ;)

    ***

    Juste un conseil, dans votre cas (une fois n’est pas coutume) je vous conseillerais de commencer par Narcisse & Goldmund, qui est un conte initiatique dans l’Europe de la Renaissance, du côté du monde des artisans, autour de la création du « Chef-d’œuvre ». La plupart des jeunes hommes (des parisiens ^^) se reconnaissent tout de suite dans Le Loup des Steppes. Moi quand j’avais 16 ans, c’est avec Narcisse et Goldmund que j’ai commencé de former mon esprit. Il m’a beaucoup plus appris que l’autre livre.

    ***

    J’ai rajouté deux nouvelles illustrations à ce dernier texte. Puisque vous m’avez dit qu’il était bon, je me suis décidée à le mettre un peu plus en valeur… Il faut bien appâter le chaland. ;)

  6. > Mais bien sûr que la nature est injuste et cruelle , elle viens encore de le prouver

    même que les fauves de la jungle ils sont super méchants (sauf les Bagheera, Tigroo, Mufasa et je ne sais plus trop qui pour être honnête) ^^

  7. « Le japon sans le vert de la chlorophylle, les fruits d’or, les fleurs des cerisiers, des pruniers, les pandas, le bleu de la mer, les petites pêcheuses d’huîtres, les baleines et les poissons, ça ne se peut pas. »

    Les pandas du Japon !
    pas mal.

  8. Je sais, débilou. C’était juste un clin d’œil à l’intention d’Ilys. A l’époque je leur avais envoyé une image de circonstance qui avait été affichée dans leur colonne de droite : un panda en captivité dans un zoo du Japon qui, effrayé par les secousses sismiques, s’agrippait à la jambe de son gardien.
    Kawaï mode on. ^^

  9. OK chère amie (NDLA), et :

    – les deux plaques tectoniques ?
    – l’île à climat tempéré ?

    Deux petite erreurs (NDLA), qui font rire un étudiant en première année de Langues Orientales.

    Ceci est un cliché (NDLA) :

    « les japonais sont extrêmement nombreux et vivent entassés là-bas »

    Je ris un peu. N’en prenez pas ombrage. (NDLA)

  10. C’est quoi votre problème… je veux dire, contre moi ?

    « Comme le Japon est situé dans une zone de subduction de 4 plaques tectoniques (Pacifique, Nord-américaine, des Philippines et Eurasiatique), de nombreux volcans, comme le mont Unzen, sur l’île de Kyūshū, sont actifs. »
    [Source : Wikipedia.]

    4, pas 2, effectivement.

    X’cuzez… Je ne suis pas non plus une bête en Géo. – Quand je faisais des études d’Histoire (courtes études ^^), c’était déjà mon point faible.

    « Le Japon possède une gamme climatique étendue. L’île de Hokkaidō et le nord de Honshū connaissent un climat tempéré de type continental (acadien), avec des étés doux et des hivers froids avec de fortes chutes de neige qui tiennent au sol durant plusieurs mois. À l’inverse, le climat des îles Ryūkyū est de type subtropical, sans gel ni neige, avec des températures minimales hivernales supérieures à 16 °C26. Tōkyō, Nagoya, Kyōto, Ōsaka et Kōbe, à l’est et au centre-ouest de la plus grande île (Honshū), ont un climat de type subtropical humide caractérisé par des hivers relativement doux, avec peu ou pas de neige, et des étés chauds et humides, avec une saison des pluies (tsuyu) de début juin à mi-juillet. Le climat de Fukuoka (Hakata), sur l’île de Kyūshū, est relativement tempéré avec des hivers doux et un été court, alors que celui d’Okinawa Hontō est quasi-tropical. »
    [Source Wikipedia]

    Le Japon est long, oui. Seulement la moitié Nord a un climat tempéré – c’est-à-dire un climat comparable nôtre.
    Ce détail n’est peut-être rien pour vous, mais pour moi qui m’intéresse aux corrélation entre climat, civilisation avancée et compatibilité intellectuelle avec l’Occident, le fait que l’île d’Hokkaido, la plus urbanisée, et qui concentre la plus grande partie de la population Jap’ – ce pourquoi précisément elle s’y trouve ‘entassée’ – soit précisément celle où leur climat est proche du nôtre, est un phénomène signifiant :

    « De plus, la répartition de la population est hétérogène, essentiellement concentrée sur la bande littorale sud du pays alors que l’intérieur du pays et l’île de Hokkaidō sont très peu peuplés. Aujourd’hui, les zones urbaines représentent 80 % de la population. La mégalopole japonaise, généralement désignée sous le nom de Taiheiyō Belt (« ceinture Pacifique »), qui s’étire sur mille deux cents kilomètres de Tōkyō au nord de Fukuoka concentre plus de cent millions d’habitants. »
    [Source Wikipedia]

    Voyez-vous, ici, dans la mesure où le but est d’avancer des idées, j’ai tendance à penser que lorsque les phénomènes signifiants sont saufs, alors toutes les erreurs factuelles collatérales deviennent un peu moins graves…

    Il se trouve que Fukushima est précisément situé dans cette ‘moitié-nord’ ultra-urbanisée au climat idéal – pour cela, la population environnante menacée est d’autant plus importante, et le territoire limitrophe de la centrale qui a été définitivement condamné, une perte absolument irréparable.

    ****

    Tout le monde ne peut pas être japanophile-fou, comprenez… Cet article fait figure d’exception ici : vous voyez bien que je n’ai pas l’habitude de parler du Japon… car, (je vous le dis sans ambages) le Japon n’est tout simplement pas ma spécialité. Il faut pardonner ce type d’erreur à ceux qui s’intéressent en priorité à la Géo et à l’Histoire de leur propre pays. – Je n’ai pas suivi d’études orientales… l’histoire de France médiévale a toujours eu ma préférence …Chacun son truc, voyez.

    J’ai l’impression qu’en m’agressant vous croyez attaquer un colosse… alors que précisément, dans le domaine qui nous intéresse ici, de nous deux vous êtes manifestement l’expert, et que c’est donc vous qui devriez vous montrer humble et pédagogue lorsque vous venez apporter une pierre manquante à l’édifice… Car je n’étais pas forcée d’accueillir aussi pacifiquement la contribution intellectuelle de quelqu’un dont les intentions à mon égard ne sont manifestement pas exemptes d’affects négatifs…

    P.S : D’après ce que je connais d’eux, je crois que les Japs se moqueraient tout de même bien de vous, de venir ainsi vous battre pour leur pays qui ne vous a rien demandé, alors qu’il n’est pas le vôtre, contre une personne qui n’est absolument pas leur ennemi (ni le vôtre non plus a-priori).

  11. @ SSX : Ok, ok, d’accord… là je suis eue. J’ai mal lu les extraits que j’ai moi-même cités, et je suis restée sur mes a-priori… mea culpa.

    Cela étant, ce gars est venu m’agresser comme un porc, sans que j’en connaisse la raison. Il aurait pu s’exprimer poliment, comme vous, avec peut-être même une pointe de moquerie (qui était de mise), et j’aurais accueilli ses bémols avec le maximum d’humilité possible…

    … Ce que je ne comprends pas c’est la mégalomanie du type qui ne se sent plus pisser d’avoir appris en première année de Géo à la fac que le Japon n’est qu’à moitié sous climat tempéré et est situé à la frontière de 4 plaques tectoniques… ça prête à rire, non ? :)

  12. @houhouhaaab:

    Avoue qu’avant d’avoir Mr R.Scoccimarro en Géo du Japon(un des rares profs compétents du panier de crabes INALCO),c’est-à-dire pas très longtemps finalement,tu pensais aussi que le Japon était surpeuplé…
    Raiponce te donne là une leçon d’humilité…tu en auras bien besoin dans l’impasse que tu as choisie.

    ~Onnadorobô

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