A propos de la mentalité servile (part. 02) – promenade en territoire sémitique

Il faudrait transformer en clercs de notaires ou en bagnards, tous ces curés d’aujourd’hui qui portent aux nues, sur la croix, en lieu et place de NSJC, la nation romanichelle toute entière, et la négritude-pour-la-négritude, et l’ensemble des crève-la-faim de ce monde parce-qu’ils-crèvent-la-faim, sous prétexte qu’eux-mêmes sont blanchis et nourris par leur Diocèse et en éprouvent (en l’occurrence, à raison) de la culpabilité.

De la même manière que tous les clochards ne sont pas Diogène, tous les gardiens de chèvre ne sont pas Jésus de Nazareth, ni toutes les bohémiennes Esméralda (loin s’en faut).

En vérité, c’est parce qu’il est bien plus difficile de s’obstiner à marcher droit lorsqu’on a connu toutes les avanies possibles et toutes les humiliations dont Job fut en son temps gratifié par un Dieu cruel, que la tradition populaire accorde, en bonne fille, une légende de sainteté à une poignée d’entre les simples, et des circonstances atténuantes (mêlées de crainte et de pitié) au restant des nécessiteux… Mais où a-t-on vu qu’il suffisait d’avoir été tenté quelque fois à cause de la misère – où a-t-on vu qu’il suffisait d’avoir tiré le Diable par la queue -, pour apparaître d’office à la droite du Seigneur ? Voilà encore une inversion des valeurs particulièrement parisienne et funeste à la pensée Occidentale !

En l’état actuel des choses, les filles d’industriels pures et généreuses sont moins rares que les bohémiennes faites comme celles de la chanson d’Aznavour… D’ailleurs où sont-ils donc passées les enfants des hippies qui, contraints dès le berceau à une promiscuité idéologique forcée avec la crasse et la canaille, en sont ressortis indemnes ? … Les femmes de ménages ne sont plus d’humbles servantes ; aujourd’hui, payées par l’Etat, elles se conduisent en horribles mégères et font trop souvent souffrir les pires des offenses silencieuses à nos vieux les plus diminués. Quant à nos bons croquants, les paysans si chers à nos auteurs régionalistes, ce sont eux – spontanément – qui écrasent et humilient, au nez et à la barbe des maîtres d’école, tout ce qui dans le tempérament de leurs jeunes a parfois caractère d’exception, afin de les garder auprès d’eux comme main-d’œuvre et de les aliéner à la glèbe… Quant aux musulmans doués supposément d’une mentalité « aristocratique », je trouve qu’ils s’attachent surtout à prouver au monde qu’ils ne sont pas les plus faibles en se conduisant en tyrans avec tout ce qu’ils peuvent trouver de plus fragile qu’eux.

Le Prophète Jérémie par Michel-Ange : accablé.

Quant aux juifs…

Quant aux juifs, fameux juifs, entre les mains de qui reposait supposément le petit oiseau-lyre de notre possible liberté… j’en ai autant à leur actif, depuis qu’il est admis qu’il faille tous autant qu’ils sont les considérer, sans discrimination, comme des Elus-de-Dieu !

Mais non, tous les juifs non plus ne sont pas des Jésus ! – même que lorsqu’un juif se distingue d’entre les autres (comme fit notamment Spinoza en son temps), il reçoit en général, dans un premier lieu, la bastonnade et le mépris de ses pairs pour cela. – « Oh le crime ! Ce gars montre au monde que les juifs ne sont pas tous égaux, et qu’il y en a de meilleurs que d’autres. Les goys ne doivent pas savoir ! » – voilà de quelle manière, sur l’instant, l’Election s’exprime ! En un second lieu seulement, le vernis du temps ayant lissé, glorifié, les dissensions internes, on réhabilite tout naturellement le paria qui sa vie durant a continuellement souffert d’être en exception – synonyme d’en minorité – parmi les siens… Exactement comme le Christianisme ne cessa d’être par eux considéré comme un mensonge d’hérétique (et son Messie un mouton noir), qu’une fois que Nietzsche l’eut dit mort, que les athées l’eurent démystifié, l’œcuménisme rendu inoffensif… Alors seulement, le mouton noir commença souterrainement d’être rapatrié.

L’Ancien Testament est pourtant bourré d’avertissements de la part des quelques prophètes accrédités par leurs pairs, à l’intention même du peuple juif : « Repentez-vous, pauvres pécheurs!« ; « Laissez tomber votre horrible Babylone spectaculaire, elle est une prostituée et vous êtes les souteneurs de la terre ! » ; « Le Dieu Unique est offensé de n’avoir que vous autres, traîtres que vous êtes à votre propre foi, comme hérauts » ; « Vous avez mérité votre exil!« . Voilà de quoi essentiellement est constitué l’Ancien Testament : auto-flagellation, rappels à l’ordre et avertissements funestes… Cela étant et malgré tout, personne ne peut et ne doit plus rien leur reprocher. Eux-seuls, je suppose, auront le droit de décider quand il sera temps pour eux de (re)commencer à se remettre en question… et quand il sera temps pour eux de relire sérieusement la Bible qu’ils ont écrite. Peut-être attendent-ils d’aller vraiment trop loin (aussi loin qu’Hitler?) pour renoncer à l’idée stupide qu’ils ont largement payé dans le passé pour toutes leurs fautes à venir, et qu’ils peuvent dorénavant s’en donner à cœur-joie ?

Pour en finir avec cette question, où a-t-on vu que la souffrance, l’exil ou la pauvreté excusaient quoi que ce soit – surtout une fois que l’on s’en est sorti ? Ils sont des étoiles à la boutonnière de ceux que ces maux suprême ne corrompent pas, mais au contraire élèvent ; il y a en quelque sorte un savoir-vivre la misère qui est digne de respect – et puis c’est marre !

Tout le restant, je n’y distingue qu’une forme racisme forcenée, une forme de racisme tellement inique que moi-même ai du mal à la concevoir, puisqu’elle revient à considérer que différentes personnes soumises aux mêmes tentations, commettant les mêmes crimes, (ou face aux mêmes défis, n’agissant pas), et se présentant au même tribunal, n’auraient pourtant pas lieu – pour des raisons purement claniques – d’être logées à la même enseigne. Voilà qui est proprement anti-chrétien ; propre à démoraliser les hommes de bonne volonté, d’où qu’ils nous viennent !

Que des gens aient été préparés par leur culture à affronter la misère avec vertu, je veux bien ; et Dieu sait que cela me les a fait aimer, eux, leur musique et leur spleen, plus que tout au monde, par le passé… Mais préparés au succès, je ne crois pas qu’ils le soient. Les deux peuples sémitiques ont cette caractéristique en commun, il me semble, face au succès : ils agissent en revanchard, et ils reproduisent envers autrui (« œil-pour-œil, dent pour dent« ) les injustices dont leurs ancêtres ont eu à souffrir. Cela ils y reviennent éternellement, à Babylone, et n’apprennent jamais de la mansuétude des Grands – celle notamment qui caractérisa un certain nombre d’illustres Rois de France -, et ne se donnent ainsi jamais les moyens d’ interrompre le cycle désastreux du ressentiment [celui qui n’a pas de meilleure illustration que le symbole du Svastika] – par peur de perdre cette illusion qui les fait vivre, de pouvoir ‘magiquement’ échapper au lot commun.

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2 réflexions sur “A propos de la mentalité servile (part. 02) – promenade en territoire sémitique

  1. si j’avais su que la judaïté passionnait tant sur la réacosphère, j’aurais évoqué la mienne bien plus tôt.

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