A coups de trique ! (Et pis c’est tout !)

Jacques-Armand du Gâtinais : Zemmour semble reprendre à l’envers la position des pédagogistes : quand eux disent que l’éducation n’est absolument pas rapport de force, Zemmour dit qu’elle n’est que cela, et donc qu’elle est un dressage. Je crois qu’il se trompe. Le but du dressage, c’est d’apprendre à un animal à être vivable (par exemple en lui apprenant à se retenir) et utile (par exemple un chien qui apporte le journal). L’éducation comprend le même but, mais ce n’est pas le seul. S’il y a bien une part de dressage dans l’éducation, ce n’est pas seulement pour apprendre à un enfant à vivre en société, mais aussi et surtout pour lui apprendre à être libre, c’est-à-dire autonome. Un animal dressé n’est jamais autonome, parce que le dressage ne vise pas cette finalité. L’éducation, si. Par conséquent, je dirais que la position la plus pertinente sur le sujet est à mi-chemin entre deux excès, entre la mollesse bien-pensante pédagogiste et l’autoritarisme du dressage. Guillaume Faye avait fait la même erreur je ne sais plus où.

Fernão de Magalhães : La position la plus pertinente est souvent à la mi-chemin entre deux excès, mais quand un excès a pris beaucoup de terrain, il faut donner de grands coups avec l’autre.

  • Irena d’Adler: Oui, sauf que l’enfant indiscipliné porte déjà en lui, très fort, ce désir d’être libre. Le désir d’autonomie et de liberté est en quelque sorte déjà compris dans le logiciel humain. L’éducation est faite pour apprendre à ces petites bêtes à se tenir droit. Car sans rigueur, sans travail, sans peine, l’indiscipline tue dans l’œuf tout talent naturel, détruit l’intelligence, et empêche d’en récolter les fruits. Seuls les pédagogues dégénérés d’aujourd’hui ont la prétention folle « d’apprendre aux élèves à apprendre »… Cette formule ressemble au « il est interdit d’interdire » de mai 68 : il y a une aporie logique, comprenez-vous, qui se loge, tel un cancer, là-dedans.

    Quant à la volonté sans cesse affichée d’ « apprendre aux jeunes à penser par eux-même », pour moi il s’agit simplement d’un sophisme de plus; dont la vocation secrète est de permettre (au contraire) un endoctrinement qui ne dit pas son nom… Comme si le professeur qui apprenait à l’enfant à penser ne se comptait pas lui-même, et ses propres désirs, et ses ordres affichés, et ses propres désordres mal compris, comme une contrainte extérieure susceptible de perturber le jeune esprit en formation dans son évolution naturelle ! Si cela n’est pas du totalitarisme en puissance, alors rien n’en est. – Rien de pire, pourtant, que l’autorité qui refuse d’être considérée comme telle, puisque, de fait, elle n’engendre que non-dits et tabous.

    Plus encore, il me semble que les individus qui sont faits pour penser par eux-mêmes (chose rare ; par démagogie on l’oublie trop!) développent de telles facultés avec l’expérience et le temps, en réaction à une certaine adversité et par définition spontanément : sans aide. – Etant donné que l’originalité esseule, il faut bien pour qu’un homme en vienne à s’éloigner du troupeau, généralement, que sa chaleur rassurante lui soit d’une façon ou d’une autre refusée…

    C’est paradoxalement l’éducation trop lâche, trop maternante, trop « gentille », et pas assez musclée qui, loin de permettre à l’enfant d’apprendre en douceur à penser par lui-même, lui donne l’illusion qu’il pourra éternellement se maintenir dans la vie sans jamais avoir à se soucier de sa survie. – Or facilité n’est pas mère d’intelligence, et illusion de facilité encore moins.

    Or, lorsque l’âge adulte arrive… et n’étant aucunement préparé au pire, c’est un mur de violence indicible et d’incompréhension que le jeune trop choyé se prend dans la gueule : le monde est injuste, crie-t-il à tue-tête, et l’humanité des gens bien-adaptés, l’humanité qui se perpétue machinalement dans l’être, se moque de lui, géniteurs y compris, bien que ces derniers soient la cause première du scandale…

    Loin d’avoir protégé ses enfants, la cohorte des éducateurs qui s’est montrée trop lâche pour présenter aux jeunes la vie telle qu’elle est, à coups de belles idées, les a envoyés au casse-pipe. A n’avoir pas eu les couilles d’incarner l’autorité/l’image du Mâle/le Mal, ils ont condamné leurs petits à une vie d’échecs cuisants. Cela n’est ni de l’amour, ni de la douceur : c’est tout simplement du crime.

    Un peu de restriction dans les désirs habitue le futur homme à se soucier des problèmes matériels… Un peu d’injustice assumée au foyer, et moins de prétention idiote à l’exemplarité/la sainteté (religieuse ou laïque) de la part des parents, prépare l’enfant à affronter la bêtise et la méchanceté d’autrui, qui sont l’une des grandes épreuves de ce monde. Un peu de méfiance à l’égard de sa propre famille biologique, en lieu et place de « l’amour à tous les étages qui résout tout », prépare le jeune à se méfier des diverses familles de substitutions que lui offriront plus tard la société (partis/état/entreprises/religions).

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8 réflexions sur “A coups de trique ! (Et pis c’est tout !)

  1. Ben alors ? Vous me semblez prête à pondre des mouflets !

    Si la méchante jungle du libéralisme méchant et pas beau vous effraie , il va falloir trancher entre les conseils de Mlle Bouchard et la proposition d’Alcyon …

  2. C’est quoi les conseils de Mlle Bouchard ?

    P.s : Vous savez, question éducation c’est comme le reste, c’est généralement ceux qui en parlent le plus.. etc. ;)

  3. Irena, je te conseille de te trouver un job et d’arrêter de te branler le cervelet à t’imaginer prêtresse des mots alors que ton écriture est aussi fine que la poignée de main d’un chaudronnier.

  4. Pourquoi aucune réponse à ma question ?

    Pourquoi agressivité immodérée ?

    Se croirait-on chez mémé ici ?

    Attention, Raiponce-la-fée n’a pas perdu la main : elle aime toujours autant bastonner la piétaille. ^^

  5. Mais lol, quoi !

    Je te contacte dans ta boite mail.

    P.s : J’ai adoré ton dernier article sur les sectes, même si je ne l’ai pas encore vraiment lu…

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