68, année hérétique !

Missive à l’intention des soixante-huitards

Je dédie ce texte à Mano Solo et à son père, Cabu.
– Tous les deux ayant vécu dans l’erreur.

Bande de vieux connards… A cracher sur leurs enfants en permanence… la jeunesse, que vous le vouliez ou non, ce n’est plus vous. Et vos enfants, ils vous mettent en moyenne une trentaine de points de QI dans le cul, ce pourquoi peut-être ils sont plus aptes à la contemplation et à la lecture, et ne se jettent pas partout, tête la première, dans des pseudo révolutions débiles à 360° sur eux-mêmes qui ne seraient jamais susceptibles que de les ramener là d’où ils viennent, c’est-à-dire chez papa-maman.

Aux enfants des vampires monopolisant l’Eternelle Jeunesse, il ne reste, s’ils sont courageux, qu’à penser à la mort à la place de leurs vieux sans sagesse, et à devenir vieux à leur place – comme des personnages beckettiens… Aux enfants des vaniteux qui ont prétendu « apprendre aux autres à apprendre », « apprendre aux autres à se révolter », il ne reste, s’ils sont effectivement révoltés, qu’à devenir réactionnaires, c’est-à-dire reprendre la course de l’évolution « A Rebours » : remettre sur pieds l’ordre bourgeois.

Facile, facile, de votre part, de critiquer ceux qui, à petits-coups d’efforts humbles, tentent patiemment de tout reconstruire derrière la génération de ceux qui ont tout détruit. On ne reconstruit pas en un jour la Rome que vous vous êtes amusés, tel un château de sable, à piétiner…

Vous-mêmes, étiez dans l’ombre de la génération de vos parents qui avait fait la guerre. Et depuis cette époque vous n’avez pas eu d’autre obsession que de faire tout ce qui était en votre pouvoir pour être à même un jour, vous aussi, à leur image, d’écraser du poids de votre propre supposée expérience originale de la vie, la génération de vos enfants.

En l’absence « d’une bonne guerre » pour faire de vous des héros à l’image des vrais Résistants qui avaient des couilles, vous avez entrepris une remise-en-cause de tout ce qui existait, qui n’a laissé que de la terre brûlée où s’enraciner, pour votre progéniture. Alors que ceux qui avaient fait la guerre n’étaient pas dans la parlotte mais dans l’action : ce pourquoi ils étaient un vrai exemple de courage à suivre et non pas comme vous des donneurs de leçons, des écrivains de mots-d’ordres – la plupart du temps planqués derrière le luxe de la bonne-éducation et de la haute extraction sociale.

Cette éducation traditionnelle, sévère et juste, élitiste en un mot, qui vous avait permis en votre temps de vous émanciper d’un certain nombre d’idées reçues à la mode [Quand on réalise que c’est là tout ce en quoi consiste votre orgueil, au fond, on réalise combien effectivement vous nous dépassez en superficialité !] ; cette bonne éducation que vous aviez reçue, propre à vous nicher des étoiles dans la tête (et non pas réellement la tête dans les étoiles), sans pour autant, vieux brigands que vous êtes, vous faire perdre contact avec la terre des vaches, vous en avez, comble de la vilénie, privé les jeunes qui devaient venir vivre sur la terre après vous – et s’occuper d’elle !

Cette éducation « à coup de trique », avec référent paternel, visant à expurger le petit d’homme de la bête qui sommeillait en lui, cette éducation que Zemmour réclame aujourd’hui à nouveau à corps et à cris pour l’ensemble des enfants de la République, vous continuez, comme des mômes, sous couverts d’idéologies pédagogiques vaguement rousseauistes et d’amour, de vous rebeller contre, et de prétendre que ceux qui vous suivront ici-bas n’en n’ont pas besoin !

Or, hélas, c’est ainsi, en refusant d’incarner pour eux, à votre tour, l’image du Père (et donc l’image du Mal), que vous avez rendus inaptes à la vie les plus « couronnés » d’entre eux ! C’est parce que vous avez refusé de prendre votre tour dans le manège des générations, c’est parce que vous refusez de vous voir dépassés par eux (même si la plupart du temps, aux yeux de Dieu, je vous assure qu’ils vous dépassent), que ces jeunes se voient obligés de réfugier leur génie, quand ils en ont, dans le virtuel et l’invisibilité – et vous laissent à contre-cœur le monde des apparences puisque vous l’avez trusté jusqu’à l’os.

Vous avez élevé vos enfants comme des Oblomov ou des Néron, en total dépit du bon-sens. Ils ont été comme des rats de laboratoire pour vous… Vous avez expérimenté tout et n’importe quoi sur la nature humaine, comme si un jardinier essayait de faire pousser des tomates en mélangeant du Destop à son terreau! Et, après coup, vous osez vous plaindre de ce que vos enfants soient moins « sympas » que vous ? – vous les résistants de la première heure contre la tyrannie des pâquerettes ?

Vos enfants, les enfants des 68-ards, quand ils sont arrivés à l’âge adulte, quand ils se sont retrouvés confrontés au monde du travail concentrationnaire que vous leur aviez laissé, ils se sont mangé un mur réel de violence indicible dans les dents par votre faute. En vous faisant passer pour des saints laïques, vous ne leur avez pas appris à se méfier d’autrui. En ne leur ayant jamais appris à défendre leur beefsteak, vous les avez envoyés au casse-pipe. Ils se sont retrouvés comme des indiens dans la ville : la modernité, l’histoire récente de l’occident, leur étaient devenues incompréhensibles. Ils avaient été conçus pour un monde idéal de paix et de simplicité, et ce à quoi ils devaient faire face était un monde d’une complexité telle que même vous, avec vos petites valeurs bourgeoises, n’aviez plus les moyens mentaux pour le comprendre et en faire des concepts.

Si certains s’en sont sortis malgré tout et malgré vous, je peux vous assurer d’une chose : votre petitesse sans nom fait que vous n’avez de toute façon pas le jugement pour les juger, ni les yeux pour les voir. Ils planent si haut en-dehors du monde des apparences que seule leur fiente provient jusqu’à vous, et même leur fiente est trop immatérielle pour que sa salissure vous soit sensible.

________________________________________________________________________________________

A présent, je vous livre le fil de conversation de cet article (sur FB), parce que, vraiment, je trouve qu’il vaut le jus :



Publicités

17 réflexions sur “68, année hérétique !

  1. Avant de me lancer dans la lecture du billet avec mes sales a priori de barbare hermetique à la philo-poétique de mes couilles façon Vincent Chapin que je ne supporte plus voir pollué votre FB et dans un soucis d’honneté celui là même qui me fait me demander mais bon sang où est passé Nico de Montreuil, est-ce que ce billet donc parle aussi de vos vieux à vous ou pas ?

      • Ben parce que moi j’ai un gros PC bien performant (en fait j’en ai 2 à disposition ^^), donc la vitesse d’affichage est correcte. Je me demandais ce qu’il en était pour les gars qui surfent sur une petite bécane, ou leur portable, voire leur tel…

        Attention, je ne préjuge pas de ce sur quoi vous travaillez, je vous ai posé la question à vous parce que vous passiez dans le coin. ^^

  2. Non mais bon ok je l’ai lu quand même, un texte qui commence par « Bande de vieux connards » j’pouvais pas résister.

  3. Ces échanges sont savoureux, comme d’habitude.
    En revanche, j’attire votre attention sur « l’oubli » de floutage du nom de la-dite Myriam sur une ligne.
    N’allez pas vous attirer des ennuis.
    Vous pourrez supprimer ce commentaire à la modération si vous le voulez, car en substance, je n’ai rien à ajouter à ce concerto.

    PS: la deuxième capture est un peu floue chez moi. Vous me devez 2 dixièmes.

  4. Pour lire la deuxième capture en taille originale, cliquez, et re-cliquez dessus. Elle devrait bien finir par s’ouvrir en large dans une fenêtre à part. ^^

    Merci pour l’oubli du floutage… c’est très serviable de votre part, ça.

    [Correction effectuée : Plus besoin de cliquer et de re-cliquer pour que l’image apparaisse nette, normalement, à présent.]

  5. Pingback: Marc Alpozzo – Fin. « CAER

  6. Moi c’est la génération qui s’est fait lobotomisée à coup de tier-mondisme et d’antiracisme dans les années 80 que je conchie, les soixante-huitards je les voie qu’à la télé et aux manifs.

  7. Les gens d’Ilys ne viennent jamais me complimenter. Ils s’en font une règle.
    … Ils ne répondent même plus à mes textos ! C’est dire. [lol]

    Merci Boréas. Cela me touche. D’autant plus que votre pseudo éveille en moi de vieux souvenirs… Ne vous aurais-je pas lu la dernière fois, il y a de cela déjà plusieurs années déjà, dans les fils de coms de ce cher vieux Amiral Woland ? Savez-vous ce qu’il devient ?

  8. Milie, en parlant de textos, on peut s’échanger nos numéros de téléphone ? Histoire de bavarder un peu, entendre (enfin !) votre voix et découvrir un peu plus de vous même. Tout cela naturellement en tout bien tout honneur, nous sommes amis. Nos intentions l’un envers l’autre sont nobles.

    Voici mon mail : regulus1984@hotmail.fr

    Humm, siroter un bon vin en regardant « Un roi sans divertissement »… ;-)

    Are ya talkin’ to me ? Yeah, i’m talking to you babe.

  9. Je ne crois pas que Vertumne soit très proche des « gens d’ILYS », il est trop intelligent pour ça.

    D’ailleurs, j’ai eu vent de son intelligence et de son blog (hélas en sommeil) sur F.Desouche, le site des gros-franchouillards-pas-distingués qu’on n’aime pas trop sur ILYS, blog éminemment aristocratico-parisien pour qui le peuple manque autant de style que de réalité…

    Quant à moi, non, je ne peux pas vous avoir croisée chez le sympathique Amiral Woland (dont je ne connais que le blog) ). Sans ordinateur avant fin 2007 (en bon dinosaure préférant la littérature au zapping et la révolution aux conversations de salon…) je ne fréquente le Net que depuis trois ans, et quelques forums depuis deux.

    Mais j’aurais été ravi de vous y rencontrer, ce qui m’aurait permis de faire plus tôt mon profit de vos réflexions. Il n’est jamais trop tard…

  10. Vertumne est commentateur régulier d’Ilys depuis des lustres…

    Ah bon, ce n’est donc pas chez Woland que j’ai vu votre pseudo la première fois ? Alors je ne sais plus où c’était.

    Euh… j’espère que vous savez tout de même qu’autrefois j’étais connue sous le pseudo « MIllie » ?

    En tout cas vous m’honorez beaucoup, il est toujours gratifiant d’apprendre que ce que l’on fait est apprécié.

Les commentaires sont fermés.