Ecrits sur la route

Une odeur de charbon qui brûle et d’eau qui bout.

Puis il y eut ce wagon sale,

Où une gent infecte macérait.

Les êtres de chair se taisaient

Préparant un assaut final.

Leurs yeux vacants disaient mépris

Mes antennes les sentaient présents.

Je sais qu’ils découvraient les dents

Quand je rengainais mon défi.

Un seul mot pour dire l’âcreté

De la chaleur des mal-mêlés.

Une seule langue pour dire la beauté

Des vœux de mort pieusement gardés.

Une seule foi pour se dessaler

Un seul amour pour tout mâcher

Train pour l’enfer

Retour au laid

Egalité

*

***

*

« À quoi bon atteindre la perfection? Quand un homme se croit parfait, il ne peut plus aller qu’au paradis ou dans un institut psychiatrique. »

Auteur anonyme

Nous voilà partis pour la mer. Autrefois les départs étaient annonciation d’un renouveau certain. Un court temps ils n’en furent plus que la seule possibilité fragile. A présent je sais bien que sur la terre rien ne changera plus.

Mon Dieu que c’est plat la Beauce. Ces champs de blé vert pâle ressemblent à de la moquette de bureau. Il est des jours où il faudrait boire pour moins sentir le temps râper.

Le temps me fait l’effet d’une vis sans fin qui à l’image de la mer sur les galets, me lime continuellement et m’inonde. Bientôt mes chairs en déconfiture seront gorgées de son alcool comme des flasques. Je m’en irai avec lui une dernière fois supplémentaire sans plus rien n’avoir espéré du voyage.

« L’absence est comme le vent. Elle étouffe les petits malentendus et propage les grands. »

Vérité de papillote au chocolat

Ce soir, les pétales des roses juste écloses sont dorés à cœur et pourpres au pourtour… pareil est le soleil couchant.
Ainsi en est-il aussi de ma conscience : la vache Bovary assassine cache un désert normand.

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