Le 22 juillet 2011, dans la région d’Oslo…

Par avance je tiens à assurer les personnes susceptibles d’être choquées par le lyrisme tout-littéraire de mes propos, qu’il n’a pas de vocation autre que celle de la Catharsis (apaiser les coeurs et les esprits en exprimant un certain nombre de non-dits). Malgré les apparences, le milieu réacosphérique s’est trouvé tout particulièrement, comme de plein fouet, bouleversé dans ses habitudes de pensée par les crimes sans nom perpétrés ce 22 juillet dans la région d’Oslo. Le souvenir du destin tragique des victimes de ces attentats meurtriers restera à jamais gravé, comme un appel à la réflexion et à l’humilité (un Memento Mori), dans nos têtes et dans nos coeurs. Nous compatissons à la douleur insensée des familles des victimes, et prions avec eux pour que justice soit rendue devant la Cour Pénale Internationale.

Parce qu’une minute de silence ne suffit pas, parce que ce sont les tabous qui tuent,
Traiter de la folie n’est pas être fou et dire l’horreur c’est déjà l’apaiser.

L’Auteur.

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Bonjour, chers lecteurs.

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Aujourd’hui, car il faut être courageux, nous allons parler du tueur d’Oslo.
Soyons honnêtes, cet homme, en passant à l’acte, nous fait actuellement bien du tort… Nombreux sont ceux parmi nous que leurs proches – leurs propres mères et pères.. voisins, cousins ! – ont déjà accusé ou accuseront d’être semblables à cet individu… A cause de lui la cassure idéologique entre les deux grandes écoles de pensée qui animent actuellement les esprits en Occident se fait toujours plus irrémédiable et profonde.
Une guerre froide qui ne dit pas son nom est à l’œuvre qui – tel Matthieu l’a dit autrefois de Jésus – dresse le mari contre la femme… le père, la mère, contre l’enfant.

Toute passion a un prix

Jusqu’à présent nous autres nous enorgueillissions, à rebours de nos contemporains, de haïr les passions inoffensives – mais peut-on décemment nommer passion une aspiration qui n’engage à rien et soit sans danger? Amy Whinehouse vient de nous rappeler que non. …Infiniment désirable, un bien commun ? Non plus, puisque le désir infini nait de l’infinie frustration…
Mais comment expliquer au monde – et nous expliquer à nous-mêmes – que les vraies Passions (au sens quasi évangélique du terme) ont ceci de paradoxal qu’elles s’accompagnent de grands interdits et donc ne sont pour ainsi dire pas faites pour être apaisées ?
Là où la société marchande propose de soulager ce que le prurit du désir en nous a de plus ignoble, se contente de perfuser des sucres frelatés dans les pauvres bras en veine de tendresse, la société chrétienne sait que les plus grandes soifs sont les soifs inextinguibles… Le fameux amour fou dont traitent tant de chansons, le sage chrétien ne pense pas qu’il ait vocation à être consommé – précisément. Car point de Merveille qui ne soit, comme Isis, enveloppée d’un voile de mystère.

Au moins les pauvres sans-idéaux qui espèrent encore étancher leur soif d’absolu en se livrant à la consommation de pseudo-fêtes tristes, et de cul libéré, lorsqu’ils jouissent une toute dernière énième fois dans la fange, en transgressant la toute-dernière énième infime barrière morale qui leur reste, de pudeur et de dégoût, n’avilissent rien d’autre au monde que leur âme. Or l’âme est chose subtile, sans texture ni couleur. Le corps a exulté : on a là satisfait au seul pré-requis actuel de la santé publique. Les apparences étant sauves – car au final, beaucoup de bruit pour pas grand chose, la résolution des passions frustes est aussi peu spectaculaire que l’explosion d’un pétard mouillé – le monde matérialiste où nous vivons reste serein. Que nous disions, nous, que l’essentiel est alors parti en fumée – oui, en holocauste ! – car l’essentiel est ce qui est invisible pour les yeux, tant que nous n’en tirons aucune conclusion politique, fait tout juste sourire la canaille ; nous passons pour ainsi dire pour des poètes – et comme chacun sait la poésie laisse indifférente la masse atone des zombis.

Quand le Fou s’empare de l’échiquier

En revanche, que nous nous avisions seulement de tirer de notre idéalisme les conclusions politiques qui s’imposent… – Hélas ! …Les festivistes découvriraient alors, éberlués, qu’un fou comme Don Quichotte, pieds et poings liés au ciel, engagé dans la poursuite effrénée d’une impossible quête, est cent fois plus attaché à la vie que n’importe quel homme du commun ayant perdu toute illusion – et mille fois plus encore que celui allant jusqu’à ignorer ce qu’avoir encore des illusions peut vouloir dire. Ils verraient alors que le réel – ce fameux réel auquel les matérialistes sont si attachés – n’est qu’un terrain de jeu pour ceux dont les modèles sont des rois, des chevaliers, des héros du passé, des personnages de fiction, et de grands auteurs – grands auteurs eux en revanche à-moitié-loups seulement de par leur activité littéraire [Cf : Le loup des Steppes, Hermann Hesse], mais dont la propension à narrer des hauts-faits imaginaires et/ou à se battre contre eux-mêmes à coups de belles idées, cache trop souvent leur rage de n’avoir jamais osé aller en personne à la rencontre du destin.

Nos contemporains seraient alors témoins de ce qu’aucun homme ignore, mais que très peu ne désirent pas ignorer, à savoir que celui qui réussit à faire du réel un jeu en devient le maître ! – Parce qu’au fond, il est évident que mourir n’est pas la peur suprême de celui qui cache contre sa poitrine une Quête vive ; parce que le détachement total du fou par-rapport aux aliénations ordinaires qui caractérisent nos petits quotidiens mornes, lui confère – en puissance – un pied (de Sept Lieues?) extrêmement conquérant : d’une légèreté sublime ! Là où la majorité se contente de lire les livres, une minorité de les écrire retranchée derrière l’écran de la page blanche en 2D, une poignée d’individus, tous les millénaires, écrit des épopées non pas à la plume mais à la pointe du glaive. Et ce sont eux les profondes sources de vie sauvages auxquelles, en temps de paix, l’humanité rêveuse va abreuver les racines de son imagination.

Ils préfèrent ignorer cela, les « festivistes » (au sens où l’entendait Muray), mais alors qu’eux ne savent plus rire franchement ni s’amuser vraiment depuis des lustres, nous les Vivants en revanche, nous pour qui les mots des hommes et l’hymen des femmes ont encore un prix, quand nous nous avisons de balancer par-dessus les moulins notre Common Decency usuelle [pré-requis nécessaire à la survie sociale de toute personne qui possède encore des tabous]… lorsque nous brûlons le bois vénérable et millénaire dont sont façonnés les monuments de notre foi sur l’autel du feu moderne… il est certain qu’alors la masse de charbon rejetée en suspens dans les airs et la portée de la déflagration libératrice a une autre gueule que celle, épuisée, que tirent les noctambules réguliers au petit matin.

Ô regardez un peu l’homme qui se lève tôt, lorsqu’il s’amuse ; lui va vous apprendre ce qu’est un pieux quotidien, et ce qu’est un instant d’exception… – comment on fait la fête ! Ô voyez avec quelle puissance se consume dans l’amour la femme qui a conscience du péché ; avec quelle force celle qui protège sa vertu, reçoit l’orgasme ; et avec quel mysticisme ! Ô qui égalera en légèreté, en liberté la ballerine lorsqu’elle danse ? – et qui égalera en sérieux, en abnégation le petit rat d’Opéra qui mortifie son corps journellement en se livrant à d’interminables et violents exercices physiques ? – Les Épicuriens le disaient déjà des centaines d’années avant notre ère, que la condition sine qua non de toute vie de plaisir était non pas la libération des mœurs tous azimuts, mais consistait au contraire à savoir s’imposer à soi-même, avec la sévérité la plus grande, des limites et des aliénations choisies.

Orgueil des ascètes, vanité des Parfaits

Pourquoi les peuples nordiques ne se reproduisent-ils plus, sinon parce qu’ils ont pris peur de leurs moindres désirs ? Pourquoi importent-ils des barbares par cargos dans leurs pays si policés, sinon parce que sans eux le polissage idéologique – acharné et perpétuel – des mœurs auquel se livrent les autorités (travaillistes, écolo, féministes & Co) de ces pays perdrait toute raison d’être ? Pourquoi tiennent-ils à continuer d’inventer de nouvelles hontes invraisemblable dans le cœur des gens de leur race ?

[Honte sur les petits garçons qui font pipi debout dans les écoles ; honte sur les parents qui donnent un nom sexualisé à leur bébé ; honte sur les membres du gouvernement, des dirigeants des armées, les diplomates des ambassades, s’ils tirent une quelconque fierté de leur fonction ou arborent des signes extérieurs liés à elle ; honte sur celui qui consacre du temps à ses repas et prend plaisir à manger – au lieu de se contenter de se nourrir au sens strict du terme – quand tant de gens meurent de faim ; honte sur l’amoureux qui avoue sa préférence pour une fille belle, blonde et intelligente – au détriment de toutes les autres ; honte sur les demoiselles qui prennent plaisir au soin d’elles-mêmes et qui mettent en valeur leur beauté ; honte pour l’enfant qui n’aime pas les petites amies de sa mère comme si elles étaient son propre père ; honte sur lui, à l’école des riches, s’il rejette l’attitude déplacée d’un petit camarade homo ; honte de sa blondeur, de manger du porc et évidemment de son éventuelle homosexualité, s’il fréquente l’école ouverte à tous, où sont scolarisés les enfants des musulmans ; honte enfin sur la victime de viol si elle fait remarquer la couleur de peau de son agresseur – même si les statistiques ethniques confirment que 100% des viols en Norvège sont le fait d’immigrés ; honte, enfin, sur la femme qui élève ses enfants elle-même, au lieu d’aller travailler comme tout le monde et de s’émanciper du schéma patriarcal.. etc.]

Pourquoi, lorsque toutes les passions frustes ordinaires ont été éradiquées dans le cœur des individus de race nordique – jusqu’au point où il devienne presque difficile d’affirmer qu’ils soient bien encore des êtres humains à part entière – laisse-t-on les passions des individus de couleur s’exprimer et même dépasser les bornes judiciairement admises sans réponse adéquate ? … sinon parce qu’il est là-bas tacitement admis qu’il est impossible d’exiger autant des uns et des autres ? Pourquoi tant de zèle d’un seul côté et une permissivité totale vis-à-vis des enfants des autres, alors que jamais on ne voudrait une seule seconde d’un tel laxisme pour ses propres enfants ?… Pourquoi tant d’ascétisme suicidaire, enfin, si ce n’est à dessein d’écraser autrui du spectacle permanent de sa propre supériorité morale surhumaine ? Et pourquoi l’interdit majeur, en Norvège, consiste-t-il précisément à verbaliser cette évidence de la supériorité morale du comportement lambda du Norvégien de souche sur celui de l’immigré de base, si ce n’est, de la même manière que les juifs taisent le nom de Dieu pour mieux le louer, une façon de continuer de se surpasser dans la perfection et d’écarter de cette perfection les étrangers ?
Enfin, le seul Norvégien de notre connaissance à s’être abaissé à briser cette apparence rassurante(?) de dissemblance irrémédiable – qui flattait notre inconscient racialiste tant il semblait être imposé aux blancs malgré eux, comme une vocation au martyr, par un effet de la volonté divine – entre le pacifisme nordique et le terrorisme musulman, n’est-il pas précisément le tueur d’Oslo ?

Quand Saint Paul dit : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse » ; le norvégien de base pense sans doute que cela signifie : « Ne force pas les immigrés à adopter des carcans culturels qui ne sont pas les leurs ». Or une telle croyance est déjà un aveu de racisme : les citoyens immigrés musulmans de Norvège sont-ils donc, selon le norvégien de souche, à considérer davantage comme des ‘autrui’ que ses frères de sang et de tradition ? Et quand bien même, lorsqu’il est au pouvoir, le norvégien travailliste de base n’enjoint-il pas couramment et avec insistance son propre peuple à se tourner vers les autres cultures du monde – de préférence à la sienne ? N’ impose-t-il pas à ses administrés une telle philosophie de vie parce qu’il considère que c’est la bonne et parce qu’il veut leur bien ? – Comment peut-il décemment croire faire un cadeau à l’immigration musulmane norvégienne, en l’exemptant de cet important travail-sur-soi commun ? Le message chrétien originel n’emploie pas pour rien l’expression prochain de préférence à celle d’autrui. – Car le message chrétien vient, entre autre, mettre un terme à la traditionnelle mentalité clanique. De même, le norvégien-de-base ne trouve-t-il pas contradictoire d’exiger un tel consensus idéologique du côté des siens, quand il accorde aux autres entière liberté de conscience ? Non, en vérité il n’est pas certain du tout que le peuple norvégien s’impose réellement une punition à lui-même en encourageant ainsi – via le supposé consensus humaniste – ses vieux ressorts grégaires.

Les deux étendards

On touche là au problème majeur de la religion d’amour. En amour certains préfèrent être créanciers… et d’autres se plaisent davantage à le recevoir. Les premiers logent leur fierté dans le fait d’aimer toujours plus – toujours plus que leur voisin. Nietzsche conseillait cette fierté-là aux femmes, si je ne m’abuse, mais il ne la conseillait pas aux hommes… Les seconds raisonnent comme, dit-on, raisonnent les chats domestiques : là où une mentalité canine considèrerait la main nourricière comme celle de son Maître (et où, suivant le même esprit de réciprocité, l’homme du Nord s’esquinte à ne devoir rien à personne pour rester libre), les seconds, ces mendiants dans l’âme, se disent au fond que si l’Occident les entretient, c’est bien qu’ils doivent en être les seigneurs secrets. Et, effectivement, tant que nous prendrons l’Internationale des gardiens de chèvres, des barbus en tong et des bonimenteurs de grand chemin pour Notre Seigneur Jésus Christ, eh bien les arabes et les roms pourront continuer de nous marcher sur la g. !

Décortiquons plus avant, si vous le voulez bien, de quelle manière aujourd’hui, le système oxymorique de cette religion de l’amour, nous fait nous retrouver dans un monde où nous ressentons les vraies valeurs morales de plus en plus difficiles à appréhender – car sitôt identifiées, de nouveau renversées cul-par-dessus-tête :

D’une part nous avons les chrétiens (en l’occurrence, dans le Nord, les protestants) qui, ayant conscience de leurs propres péchés, partent du point de vue que tous les hommes en général sont des pécheurs. De l’autre nous avons les zombis festivistes et multicultii qui prétendent que tout le monde, dans le fond, il est beau il est gentil a priori ; et qu’il suffit pour s’en rendre compte de ne juger personne.

Il faut bien voir là que la coexistence nécessaire de ces deux visions du monde présente une impossibilité logique fondamentale. Elles sont vouées à se faire la guerre. Pourtant, chacune semble valable prise individuellement ; pourtant, elles ont en commun d’être toutes les deux typiquement occidentales et de se disputer le même héritage – celui, comble de l’ironie, de la religion d’amour. C’est bien simple : nous sommes quasiment-là en présence d’un renouvellement moderne de la célèbre blague du Crétois.

En effet, si vous posez, en bon zombi multiculturaliste, que toutes les visions-du-monde se valent et méritent d’être respectées, vous posez comme acquis que la vision-du-monde chrétienne soit elle aussi pleinement respectable. Or, paradoxalement, votre façon multiculturaliste de respecter une vision-du-monde en ne portant pas de jugement dessus, est en elle-même une offense caractérisée faite à la religion chrétienne, laquelle consiste précisément à ériger des hiérarchies de valeur morales entre les actes et les convictions des personnes.

De même, si en tant que chrétien vous partez du principe qu’aimer son prochain c’est porter sur ses actes un jugement impartial, exiger de lui qu’il se conduise avec toute la droiture dont il est capable, indépendamment de son origine sociale ou de sa couleur de peau, et que vous pensez qu’il faut juger un arbre à ses fruits plutôt qu’à ses racines, alors vous serez confronté à une incompréhension majeure de la part du multiculturaliste, qui vous taxera de plaquer votre ethos chrétien sur des modes de vie incompatibles avec icelui, d’introduire le ver de la morale dans le paradis originel mental d’êtres ‘purs’ totalement étrangers aux notions de ‘bien’ et de ‘mal’, et il conclura en disant que vous êtes une erreur de la nature – vraisemblablement la seule erreur de la nature – et que si les gens comme vous n’existaient pas le monde irait beaucoup mieux.

Cependant, le chrétien pensera alors du partisan de la société multiculturelle que celui-ci est terriblement méprisant au regard des autres cultures, s’il pense sincèrement que la distinction entre bien et mal est uniquement particulière à la sienne-propre. Il évoquera Platon : « Le Vrai, le Bon, le Beau »… et supposera que son interlocuteur blague lorsqu’il prétend à la fois plaider efficacement pour certains modes de vie étrangers et rejeter tout critère de valeur moral, toute prétention à avoir raison lui-même ou à donner raison d’une quelconque manière à ces gens, et même s’abstenir de tout jugement esthétique…

_ Non, nos contemporains n’ont plus la conscience du péché. (Irena Adler)

_ Absolument. Le seul péché qu’ils reconnaissent encore est celui qui consiste à leur rappeler l’existence même du concept de péché. (Alexandra Legrand)

« Et c’est ainsi qu’Allah est grand », aurait dit le célèbre chroniqueur de presse Alexandre Vialatte – comprendre qu’Allah est grand à la faveur du grand bazar ambiant et de l’égarement des esprits général… Allah, l’absurdité faite-Dieu ? Peut-être. Il est bien en tout les cas une sorte de pastiche ricanant et grotesque du Dieu Amour, puisqu’il abaisse les forts et les bons en les confrontant, et élève la canaille.

La vocation du Seigneur

Cela étant, le Dieu des chrétiens non plus n’est pas dénué de malice. Si un jour vous avez l’occasion de croiser un garçon très populaire ou une séductrice sans rivale, observez-donc de quelle façon s’aménage la danse des courtisans à ses pieds… Vous ne manquerez sans doute pas de remarquer que le fait-même d’être aimés de nombreuses personnes (dont la compagnie-même est rarement aussi prisée que n’est celle de leur idole commune, et ne sont pas même à égalité entre elles à ce niveau-là), conduit ces dominants, de par leur statut de référent affectif principal, et de par le fait qu’il soient priés par les autres d’exprimer également leurs goûts personnels et leurs humeurs, à établir une hiérarchie de valeur entre les membres de l’assemblée que leur charme naturel a réunie autour d’eux. Cela est inévitable : qui a été élu Dominus, doit faire la loi en conscience, ou l’appliquer malgré lui. Rares, cela soit dit en passant, sont les hommes et les femmes qui placés dans cette situation par la Providence, accueillent un tel fardeau avec joie et/ou avec un sens aigu de la justice. La plupart des ‘aimés’, se sentent indignes du rôle de « Juge » qui leur est ainsi confié, et las de supporter les récriminations et les rancœurs des individus dont l’égo a fait les frais de leur involontaire « tribunal »…

Or c’est précisément ainsi que la religion catholique, aux temps de la féodalité, concevait les devoirs – aux yeux de Dieu – du Seigneur envers ses gens : innombrables, écrasants… et impossibles à satisfaire à moins d’être un Saint. Celui qui était gratifié du Pouvoir, du fait qu’il avait quasiment tous les droit, se voyait assumer aussi quasiment tous les devoirs. Aussi, pour le prêtre catholique, Dieu avait confié au Seigneur médiéval un fardeau d’honneur qui conduisait immanquablement aux plus grands des péchés. Alors qu’un pauvre hère ne rencontrait guère d’occasion dans sa vie de choisir entre le bien et le mal, vu qu’il n’avait pas d’autre ambition que celle de sa survie, le seul homme libre du Royaume, le Roi, était aussi celui qui au Ciel serait le plus jugé. – Sur terre, en revanche, par respect du grand sacerdoce royal, et du grand sacrifice moral que celui-ci impliquait, l’esprit critique général devait suspendre son verdict…

Eh bien, sachez-le à présent, le sacrifice moral dont nous parlons fonctionne aussi dans l’autre sens – ce que je vous révèle-là, vous pourrez vous en vanter dans les dîners en ville, est un secret Franc-Maçon de dernier niveau : en effet, il suffit qu’un homme ou une femme de bien assume de pécher en conscience, c’est-à-dire de sacrifier sciemment son prochain et, ce faisant, de sacrifier sa propre vertu, pour satisfaire à un désir égoïste et mener à bien une quête qui lui soit propre, pour que cet homme ou cette femme devienne un Seigneur… une idole ! Sitôt la capacité de nuisance en négatif du Saint est-elle révélée… sitôt la vertu – comme fut perdu auparavant le Paradis originel – est-elle à nouveau armée et envoyée se battre contre elle-même… sitôt sur l’autel sanglant le désir-du-Bien jusque-là rendu commun à tous et vulgaire, est-il enfin réifié dans son acception métaphysique de désir inassouvible… alors une étoile monte au ciel ! … Car le Seigneur est celui qui prend sur lui tout le péché du monde. Car le Seigneur est celui qui dit : « Je veux… Ego Sum » ! Dorénavant ne soyez pas étonné si Anders, dans les temps à venir, devient un prénom à la mode…

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ADDENDUM

Je ressens ici comme nécessaire d’apporter quelques éclaircissements à ma conclusion, dans la mesure où certains de mes lecteurs perspicaces l’auront sans doute trouvée un peu hâtive. Je laisse Alexandra, qui a tout mon crédit, parler pour les autres :

La fin est incandescente. Un peu trop, peut-être. Je dois bien avouer que vous m’avez perdue, dans vos dernières lignes.

« Car le Seigneur est celui qui dit : « Je veux… Ego Sum » ! »

Là, je n’ai pas compris.

Le Ego Sum Qui Sum de l’Exode relié au « volo » christique? « C’est l’amour que je veux », etc.

Magnifique article, sinon, un de vos meilleurs.

(Alexandra Legrand)

« La fin est incandescente. Un peu trop, peut-être. Je dois bien avouer que vous m’avez perdue, dans vos dernières lignes. » (A.L)

Ces mots… je les craignais… malgré tous vos éloges, ils obscurcissent terriblement le tableau… il faut que je retouche ce texte (au demeurant mal mis-en-page)… je le sais.

Non non, c’est juste que… C’est allé un peu vite, tout à la fin, c’est tout! Mais le reste était très très bon – tellement posé et assuré qu’on se sent un peu bousculé ensuite.

Mes meilleurs textes ont trop souvent ce petit quelque chose de trop volatile, de trop fébrile, de peut-être pas assez terrien, qui met mal à l’aise (comme le dit très bien Luca).

‎ »Ego sum » – je suis ; mon égo est – c’est la première parole que je placerais dans la bouche d’un Roi.

Car celui qui assume la primauté de l’existence de son égo sur celle du monde [‘je suis’ est en effet la seule certitude que nous ayons tous – ou du moins le premier a-priori qu’il soit absolument nécessaire de poser] est celui qui r’endosse l’habit du Créateur primordial – lequel a généré le monde (par la parole, dit-on) à partir du rien.

« Mon ego est » serait plutôt « Ego meus (ou meum?) est », mais passons. D’accord, je crois que je comprends: la royauté comme autofondation de son être – et de celui de ceux qui dérivent de nous. Oui oui…

« Car celui qui assume la primauté de l’existence de son égo sur celle du monde [‘je suis’ est en effet la seule certitude que nous ayons tous – ou du moins le premier a-priori qu’il soit absolument nécessaire de poser] est celui qui r’endosse l’habit du Créateur primordial – lequel a généré le monde (par la parole, dit-on) à partir du rien. »

Oui, d’accord.

Vous nous faites surtout du Sartre…

Celui qui assume être un égo est donc aussi forcément celui qui assume ses désirs… a.ka celui qui dit : « Je veux ». – Selon la parole de Nietzsche, le surhomme n’est-il pas précisément l’homme de la volonté totale, l’homme fait-objet de sa propre volonté, qui lorsqu’il s’observe lui-même et observe le monde dit : « C’est là ce que je veux' » ?

Oui, cette vision peut sans peine être comparée à une vision existentialiste…

Oui.

Non, effectivement, c’est plus clair, maintenant.

En ce cas je comprends mieux votre toute dernière partie.

« C’est allé un peu vite, tout à la fin, c’est tout! Mais le reste était très très bon – tellement posé et assuré qu’on se sent un peu bousculé ensuite. »

Vous ne savez pas le plaisir que vous me faites, et le soulagement que vous me donnez, lorsque vous me dites ça.

Merci n’est pas un mot suffisamment fort. J’éprouve beaucoup de gratitude.

Eh bien j’en suis ravie! L’un de vos adorateurs vient de me complimenter par MP et de me dire qu’à ses yeux, « nous étions inséparables ». C’est mignon, non?

(Ou alors il veut un threesome.)

(Oups, pardon. :s)

(Dire des grossieretés c’est ma manière à moi d’évacuer la gêne, voilà.)

Vi, ch’est mignon tout plein !

– Mais vous faites bien de vous méfier des arrières-pensées des hommes. ;)

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[Désolée pour la digression… ;)

Et j’adresse un grand merci général à tous mes lecteurs qui tant sur FB qu’en MP m’ont félicitée pour cet article et témoigné leur chaleureux soutien. En me réveillant ce matin, je n’étais pas encore certaine de n’avoir pas fait une erreur en publiant ce texte en l’état. Je dois dire qu’ils m’ont amplement rassurée. J’envoie tout particulièrement un baiser papillon à Prolo d’la Lite qui fut comme toujours le premier à répondre à l’appel. Encore merci à tous._NDLA]

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Une amie est morte

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« Amy manquera plus que n’importe quel militaire interchangeable » – lu hier 24 juillet sur FB (!)

A l’heure où le moindre débris noctambule inutile est un nombril sur patte… où tout un chacun prétend compenser son absence de moralité, de culture, de mémoire, d’empathie et son incapacité à se sacrifier pour qui que ce soit d’autre que lui-même, par la qualité unique de son « être-au-monde » génial et incompris… on se dit qu’Amy Winehouse a fait du mauvais boulot… On se dit qu’il est un peu triste que sous prétexte qu’elle ait été ‘réellement’ différente des autres, son exemple en arrive à donner un vernis de réalité à la prétention christique de tous les salauds ordinaires du monde crade et dégénéré du show-bizz, de la branlette rockabilly snob-vide, de la seringue dans le bras, de la mode anorexique et de la fête-à-mort irresponsable en général.

Or la raison pour laquelle j’aime Amy Winehouse, en ce qui me concerne, participe du même état de fait : elle, au moins, a eu les couilles de ne pas faire les choses à moitié. Là où d’autres s’en tirent toujours sans jamais tirer les conséquences de l’absolue dégénérescence de leurs mœurs, de leurs aspirations, et de leur libido en général, elle nous l’a joué à l’ancienne… Là où d’autres voudraient nous faire croire – à la John Lennon – que le monde du spectacle est un monde plein de gens sympas qui veulent notre bien, elle nous a montré qu’il était en fait un serpent qui nous tendait une pomme, dont la première bouchée était suave, la seconde légèrement plus amère, et la dernière fatale… Là où tant de gens croient encore à la musique (et aux arts en général) qui adoucissent les mœurs et au « all you need is love », elle nous a fait voir au contraire comment ces miroirs aux alouettes nous amenaient désirer des joies délétères et sans issue, tout en nous dégoûtant de la vraie vie.

En ce sens, Amy s’est sacrifiée. Exactement comme les soldats se sacrifient. L’une pour avertir les petits enfants qui rêvent encore de devenir des vedettes, du grand méchant loup qui les attend au coin de la rue. Les soldats au nom de leur patrie, pour que la notion de ‘patrie’ continue d’avoir une réalité.

Archétypes

« Ou de l’inconvénient d’être belle! Oui, bien sûr, jeune fille! Vous découvrez, à votre tour, qu’être belle suscite des convoitises, pas uniquement de vieux messieurs pervers, j’imagine.

Que vous dire, de songer aux moches, qui, pour une journée, échangerait leur sort contre le votre.

Cette suggestion va vous énerver, bien sûr. Au moins, vous n’êtes pas obligée, comme à des époques plus anciennes, dépouser un vieux barbon. » (Signé Paul)

« Il suffit de n’accepter en ami que les gens que vous connaissez dans la realite. Accepter des inconnus a pseudonyme, c’est s’exposer a ce qu’on se foute de votre gueule. Et si vous ne voulez pas vous faire draguer (soi-disant), mettez un avatar neutre ou repulsif plutot que des photos aguicheuses que plein d’inconnus se montrent sur leur iphone en ricanant. » (Signé Roberte)

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Brouillet_Une leçon à la Salpêtrière


 

Cher Paul,

Ce sont surtout les vieux messieurs frustrés qui sont méchants. Les jeunes gens bien élevés et/ou épanouis savent encore courtiser les jeunes filles sans leur faire offense. Je ne vois pas pourquoi je ne devrais pas discriminer les uns des autres. Certains méritent ma compagnie, d’autres pas. Voilà tout.

Chère Roberte,

En premier lieu, ne préjugez pas du caractère inoffensif des gens que je connais dans la réalité. Si j’écris sous pseudo c’est précisément pour écrire à l’abri des regards bovins et/ou des cancannages reptiliens de ces individus-là, alors je ne vais certainement pas les appeler à ma rescousse pour me défendre contre mes ennemis virtuels ! Les pires d’entre ces derniers sont encore plus moraux et de meilleurs chrétiens (sans parler du niveau intellectuel et culturel !) que n’importe lequel des individus que j’ai eu à me coltiner durant mes études et/ou mon enfance, que ce soit au fin fond de ma province ou à Paris. Quant aux membres de ma famille (et assimilés), ce sont des gauchistes tellement enragés qu’ils seraient les premier à venir m’écrire les fameux « mots » susceptibles de me faire craquer la cervelle – comme dans un casse-noisette – et non seulement ils n’en concevraient aucun remord, mais ils seraient ravis de m’avoir ainsi à nouveau à leur merci – ils auraient l’illusion que j’ai encore besoin de recevoir leur « rééducation » et leurs « pieux » conseils : ils le feraient avec le sentiment du devoir accompli, les mains tendues et le regard mouillant.

En second lieu, mes contacts ne sont pour la plupart pas des inconnus. Ils sont ma nouvelle « famille » politique et sensible. Eux comprennent ce que IRL personne, malgré mes appels et mes diverses tentatives d’explications pédagogiques, n’a jamais compris. Ils me soutiennent dans ce qui a été pour moi jusqu’ici le choix d’un chemin ronceux essentiellement hanté par la solitude. Ils m’encouragent à continuer là où partout au-dehors IRL, on m’engagerait à renoncer et à me compromettre. J’ai rencontré ces gens en écrivant et en fréquentant les blogs réacs sur le net. Ils sont pour moi à la fois des lecteurs et des auteurs. Ils font grandir ma popularité, ils me disent que j’ai du talent. Personne parmi mes contacts virtuels réguliers ne se moque jamais de moi. Ceux qui se moquent, ce sont les gens comme vous : les rignasseurs du cercle virtuel étendu. La jalousie ambiante des Saint-Jean Bouche-d’Or répand des bruits sur mon compte : cela crée un buzz permanent qui m’attire constamment de nouveaux affiliés, par réaction. Avec sévérité, l’une de mes activités principale sur le net consiste d’ailleurs à « modérer » les lieux de parole dont je suis l’auteur principal et le propriétaire, de façon à départager l’assemblée des curieux divers que ma réputation m’apporte : en discutant avec eux, j’améliore ma rhétorique, je trouve sans cesse de nouveaux sujets d’articles, parfois même j’enrichis mes fictions de nouveaux ‘types’ psychologique, et par la force des choses je sépare le bon grain de l’ivraie.

Ma conclusion sera donc la suivante, Roberte : c’est grâce aux gens comme vous que je sais que je suis dans le vrai. Ce de quoi – sans ironie aucune – je vous rends grâce humblement.

Quant à prétendre ne pas vouloir me faire draguer, cela ne fut jamais mon cas. Vous extrapolez, Roberte. Ce que je ne tolère pas, c’est qu’on me manque de respect. Les discours courtois (au sens médiéval du terme) sont donc tout-naturellement les bienvenus.

Je ne considère pas ‘normal’, comme la plupart des filles, de traiter comme des chiens les individus qui me rendent hommage et me signalent qu’ils m’aiment. Au contraire j’accueille avec gratitude l’amour de mon prochain – remarquez justement l’acception noble et désincarnée dans laquelle j’emploie ici le mot amour ! – indépendamment de son sexe, vous pouvez vérifier.

Si votre fiancé ou votre amant se trouve par hasard parmi mes contacts réguliers, sachez d’ors et déjà que je ne suis au courant de rien. Je défends la liberté de tous à utiliser un pseudo sur le net : car lorsqu’on sait comment va le monde – et quelle compromission atroce avec le Mal est le lot quotidien de ceux qui prétendent y gagner leur croûte – on sait aussi que le port du masque – comme au Carnaval de Venise – est paradoxalement la condition sine qua non de toute vraie liberté.

Cher Paul,

L’exemple que vient de nous donner Roberte nous montre bien que les hommes n’ont pas l’exclusivité du ressentiment nietzschéen envers les jolies femmes, et de la haine de la beauté en général.

Comme quoi nul besoin d’être communiste pour haïr la beauté par souci de couper les têtes qui dépassent. Il suffit apparemment d’être « militant » – et peu importe le parti.

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_ Quand de jolies jeunes femmes se querellent, l’homme courtois se tient à l’écart, afin de ne pas envenimer les choses et pouvoir séparer les belligérantes si la situation l’exigeait! (Paul)

_ Vous avez raison. Bravo. (Moi)

_ Je ris de tout ce narcissisme typiquement facebookien. Mes conclusions: chacun fait ce qu’il veut, donne de lui l’image qu’il veut. Et nul besoin de s’exhiber pour apprecier soi-meme ce qui est beau. (Roberte)

Secrets de polichinelles

Eisangélie ici :

http://amoyquechault.over-blog.com/

Patrick Bateman là :

http://laviedeterby.wordpress.com/

Pascal Labeuche est :

http://blogacredit.blogspot.com/

De jeunes émules :

http://lereciprenversexcluson.hautetfort.com/

Stunning pics :

http://stopthefuture.tumblr.com/

… & last but not least :

Sidonie l’Insoumise (Rosa Canina), bien sûr !

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ADDENDUM :

Lanternier (ancien membre du blog collectif créé par Patrick_Bateman, le feu Conditor Alme Siderum) tient – aujourd’hui seul – le  lieu de perdition que voici :

http://letmeseeyoustripped.wordpress.com/

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MEMENTO :

Memento Mouloud (anciennement Ben Gazzara et Dr John Wayne) & Alibekov sont toujours en vie sur Bouteille à l’Amer (anciennement PKK)

ET N’OUBLIEZ PAS d’aller de temps en temps faire un tour chez l’éternellement fidèle-à-lui-même [la force tranquille incarnée] AMIRAL WOLAND, bien sûr.

N’oubliez pas non plus mon pote le LORD BAUDRICOURT [même s’il nous fait une petite conspirationnite, en ce moment… ça arrive aux meilleurs… surtout quand les ‘meilleurs’ en question habitent oubliés de tout et de tous en banlieue].

De « Charlotte » à « Where is my mind? »

En attendant la suite de la saga romantique de l’été [si suite il y a : car j’ai signé un pacte de non-divulgation d’infos compromettantes avec mon contact le Don Juan], je vous propose un petit intermède philosophique en l’illustre compagnie du cher Pascal Labeuche (a.k.a l’un des seuls gars au monde avec qui je sois quasi toujours d’accord) et d’un nouveau-venu dans la fameuse Collection d’Agons Epiques de Raiponce. Je sens que le surnommé Emmett Grogan n’a pas fini de nous surprendre…

http://fr.sevenload.com/videos/HR1gRv1-Charlotte

La saga romantique de l’été _ ou _ Comment devient-on Don Juan ?

Bon, à présent que la dernière tragédie est close, je vous propose d’enchaîner sur une lecture plus gaie et plus récréative. Place à la saga romantique de l’été ! Hauts-les-coeurs ! You-hou ! ♥♪♫☺☼

L’autre jour, sur le mur FB de Marion [cf, le précédent billet où il était question d’elle, intitulé « Mon vrai visage est l’amour (et voici l’amour) »], où nous étions plusieurs amies à comparer nos charmes et la force de frappe de nos langues pointues, un gars en vacances du côté de Monaco – « Vice City », appelle-t-il lui-même la principauté balnéaire ! – vient à notre rencontre pour demander des conseils en matière de drague. Il est, explique-t-il sur un ‘coup d’enfer'(sic) : luxe, grâce et superficialité – mais difficile à négocier. Malgré l’évident manque de bonnes-manières du type, et la trivialité absolue du sujet, de suite, je me propose ! Pourquoi ? – Je ne sais pas. Pour imiter Alain Soral (a.k.a le seul et unique expert intersidéral en dragologie), peut-être ? Ou bien j’étais en verve… ou bien je cherchais quelqu’un de nouveau à qui retourner la cervelle et à emplafonner. Marion, alors, ajoute son grain de sel, et puis les autres… Le gars ne se démonte pas : son intérêt est réel. Il est prêt à recevoir de nous toutes les leçons possible, voire à remettre totalement en cause sa façon de voir le monde pourvu qu’il y ait conquête à la clef. Je dis : bingo ! L’apprenti Don-Juan est pour moi : je vais le transformer en un vrai ! :-)

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Voyez plutôt :

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_D.JLes filles, quand je vois tant de talent ici réuni, je ne résiste pas a l’idee de vous demander conseil : Il s’avère que je fricote depuis 3 jours avec une adorable vacancière. Enfin, fricoter c’est beaucoup dire : c’est l’archetype de « la poupée qui dit non ». Le genre en armure lourde vous voyez ?

Les « dates » que je lui ai déjà concocté étaient, je l’affirme, absolument imparables sur le papier, et mon attitude, je pense, tout a fait charmante.
‎28 ans. Le type de fille qu’il faut mettre énormément mettre en confiance (elle a du morfler en amour). Le problème est que dès que je m’adoucis un peu pour ça, elle saute sur l’occasion pour me piquer, insinuer que je suis faible, que c’est elle qui a le contrôle. Je suis alors obligé de la vanner en retour, et le cycle redémarre…
L’alcool ou le fait de la « travailler au corps » ne changent rien à ça, j’ai déjà testé.

Nous avons rendez vous demain matin, direction une petite plage azuréenne connue des seuls initiés.

Que me conseillez vous ? Quel ingrédient ajouter à ma recette pour percer sa carapace ?

_Irena Adler :

La surprendre. Elle vous dit que vous êtes faible ? C’est qu’elle n’aime pas la faiblesse. Qu’elle la sent chez vous. Ne soyez pas si gentil. Pour elle (qui est pourtant si faible), il s’avère pourtant que gentillesse=faiblesse=path​étique. Pourtant, c’est elle en l’occurrence, à penser ça, qui l’est pathétique : dites-le lui. Ca la surprendra.

Ah, et aussi, soyez un peu vulgaire, de temps en temps, bordel de merde. A 28 ans c’est plus une gosse. Et même si c’en est une elle aimera à être traitée en adulte… peut-être pour la première fois.

Ajoutez-moi que je voie à quoi vous ressemblez, ça m’aidera à comprendre. ^^

Si elle a trop confiance en vous, décevez-la. Si elle dit qu’elle n’a pas encore assez confiance, c’est un piège. Si vraiment elle a peur de vous… non elle ne peut pas avoir vraiment peur de vous, car vous êtes bien trop gentil pour ça.

Les femmes ne sont pas des pauvres petites choses. Et, tristement, ce sont souvent les plus fragiles qui aiment le plus à être bousculées – le fait qu’elles aiment à être bousculées étant généralement la raison d’être principale du fait qu’elles soient fragile.

Oui, c’est un cercle vicieux. De toute façon la passion EST mortifère.

Mouahahah ! Ca y est, j’ai vu vos photos. Bon, mes conseils collent à plein. N’en jetez plus.

N’excluez pas naturellement cette dernière possibilité : elle ne vous aime pas et elle est juste intéressée par vos phynances et vos relations. Lol.

Si vous avez un doute à ce sujet, posez-lui donc la question ! Ca la surprendra ha ha ha…

« Nous avons rendez vous demain matin, direction une petite plage azuréenne connue des seuls initiés. »

Demain, quand vous la verrez, dites-lui seulement : « je suis désolée, il n’y a plus de plage ; je n’ai pas envie d’aller là-bas avec toi, de toute façon tu ne m’aimes pas, ça sert à rien. »

Si elle vous aime ou si elle a vraiment envie de s’isoler là-bas en tête-à-tête avec vous, elle réagira bien. Si vous êtes juste un chauffeur pour elle qui la conduit faire bronzette elle s’énervera comme une gamine, alors vous lui ferez savoir que votre cœur saigne, et que comparé à cela, sa déception de gamine gâtée est bien peu de chose.

P.s : pour se montrer entreprenant avec une femme, il faut toutefois que la femme en question vous ait promis son amour, ou à tout le moins ait auparavant manifesté un intérêt manifeste pour votre personne, qu’il y ait déjà eu au moins un premier baiser, une histoire, des mots doux, plusieurs rendez-vous… Il est hors de question pour moi de légitimer tout comportement déplacé du type de ceux que peuvent adopter les obsédés et les maniaques, qui lorsqu’on leur a déjà dit non, insistent et se figurent qu’ils plaisent.

_D.J :

Je lis de très bonnes choses dans vos commentaires Irena, c’est un plaisir de vous compter parmi mes contacts a présent. J’ai là de l’eau fraiche a mettre à mon moulin là.
Deux choses comme ça :
– Qu’elle s’intéresse à mes zeuros et à mon carnet d’adresse, davantage qu’à mes gouts littéraires : ne vous inquiétez pas, c’est la routine, l’histoire se passe dans un petit monde appellé « Vice City ». C’est dans ce contexte que je m’interesse d’ailleurs en priorité a son petit cul, taille 34 ça me fait tout chaud.
– Ajoutez un facteur essentiel, en prenant « la température » sur mes photos : le fait que je mesure 1m95 et fréquente régulièrement une salle de sport. Je sais pas si ça peut se comprendre comme ça, mais de tout temps, j’ai eu davantage de travail à paraitre gentil et pas trop impressionnant auprès des femmes que le contraire. Je prend donc votre « mouahahah » comme un bon point quelque part ; )

En tout cas la tendance est donné pour demain !
On va encore pousser le bouchon… Je sais pas ou ca va se finir, par ce que cette nana m’a déjà poussé à balancer quelques vannes, qui de la part d’une autre m’auraient valu une bonne giffle… Ça va etre haut en couleurs oO

_Irena Adler :

Euh… lui faites pas de mal, non plus… et puis à vous non plus ne faites pas de mal… si c’est juste pour un cul taille 34, tout ce bouzin ne vaut pas le coup.

Ce que je vous dis de faire, c’est ce que l’on fait généralement quand on aime. Si vous singez l’amour alors que vous n’aimez pas, alors elle sera vraiment cassée après coup. Elle aura eu raison de se méfier.

Bon, c’est clair qu’elle vous exhorte à avoir des comportements passionnés, mais il y a peut-être une raison à ce que vous n’ayez pas dans le bide de quoi les lui fournir.

Y’a une justice, en ce monde, aussi…

Moi je viens de vous donner la technique de Don Juan… aimer à fond chaque fois comme si c’était la bonne… même quand ça ne l’est pas. Or Don Juan est une tragédie. On a le droit de jouer avec le feu, mais ‘faut maîtriser un peu, quand même…

Il est possible ceci dit qu’elle vous ait « casté » en Don-Juan, à ce que vous me dites… cela ne m’étonnerait pas.

Cela expliquerait le fait qu’elle vous pousse à lui manquer de respect de toutes ses forces tout en anticipant, apeurée, « la chute ». [D.J aime ça]

Mon eau fraîche ajoutée à votre moulin… on dirait qu’avec mon innocence j’alimente un moteur à saloperies. [2 personnes aiment ça]

_D.J : La soirée d’hier s’est quand même achevée par un « bon j’en ai marre je te ramène a ta voiture » de ma part suite à une de ses vannes… J ai pas lâché un mot sur le court chemin du retour, ça l’a clairement radoucie… Par ailleurs Irena, vous commencez vous même à sérieusement me chauffer là, en émettant tant de doutes sur ce que j’ai dans le ventre…

_ Irena Adler : Il est certain que vous n’avez pas d’amour dans le ventre. Que vous avez juste une bite. Et je me mords les doigts de vous raconter comment les gens qui s’aiment font pour se mettre les uns les autres face à leurs responsabilités.

« amour », « responsabilités », vous ne connaissez rien à tout ça… et en plus de cela vous n’avez même pas d’imagination !

Quelle plaie, ces gens du commun.

_D.J : Je vous disais au tout debut que cette petite intrigue amoureuse date de trois jours. Laissons a l’amour un peu de temps, s’il vous plait. Dans ce contexte, le fait même que je vous parle d’amour à ce stade, ça, ça aurait été risible… Mais j’ai fait une rencontre intéressante, ça c’est sur, et je n’oublierai pas de vérifier ce que cache derrière ce petit cul taille 34. N’oubliez pas aussi que le drame se joue à Vice City, c’est à dire Monaco et ses alentours. Moralement et sentimentalement, c’est un coin absolument abjecte. L’Amour, celui qui a toute la valeur que j’ose lui attribuer, ce n’est probablement pas ici que je le trouverai. En attendant, ne me reprochez pas de jouer selon les règles locales avec les nanas locales.

_Marion : « Il est certain que vous n’avez pas d’amour dans le ventre. Que vous avez juste une bite. Et je me mords les doigts de vous raconter comment les gens qui s’aiment font pour se mettre les uns les autres face à leurs responsabilités »

=> Juste une bite, beaucoup de femmes ne demandent que ça :) Il faut être naïve pour croire q’un homme tombe amoureux comme un lycéen au premier coup d’oeil. Régis, ne feins pas le sentiment amoureux, contente toi de la jouer cool et séducteur, de la faire « vibrer ». Ce type de nana a besoin de sentir que tout n’est qu’un jeu. Au moment où elle en attendra plus, son comportement changera… Et là tu devras veiller à ce qu’elle ne t’ait pas effectivement choisi pour ton argent, ta profession et ta voiture ;)

Je pense Régis, que tu as raison d’utiliser les règles locales avec les filles locales : consommation, alcool et vice. Après tout, elle n’attendent que ça à Vice City ;-)

_Irena Adler : Ma méthode, c’est le « grand style », c’est le seul qui fonctionne absolument. Mais le « grand style » induit des pots cassés. Mais pour le « grand style » il faut pouvoir au moins se faire croire à soi-même en l’amour au premier coup d’oeil… La croyance en la vertu, en l’absolu, en la fusion instantanée des contraires, en l’âme, sont pour soi-même des pré-requis. Le goût de la vitesse et de l’illusionnement, le minimum nécessaire de la part de l’autre. Il faut développer la capacité de suggérer à autrui la possibilité d’une île, transmettre la volonté d’y croire, échanger une dose d’idéalisme contre une autre de folie.

Petits joueurs que vous êtes…

_Marion : Petits joueurs ou réalistes… :)
Cette fusion instantanée des contraires, cet état d’absolu sont justement très rares. Et c’est leur rareté qui justifie l’emploi du champ lexical amoureux. On ne peut pas mélanger le sacré et le banal, comme on ne mélange pas les torchons et les serviettes. Personnellement, si un homme m’aime trop vite, je m’offusque ! car ce n’est pas réel, mais sublimé et souvent égoïste.

Voilà pourquoi j’encourage Régis à continuer sur sa lancée du jeu puisqu’il est évident que cette monégasque ne sera jamais la mère de sa future progéniture.

_D.J : Vos commentaires respectifs sont pleins de bon sens les filles, même si vous developpez deux approches complètement différentes. Mais je savais que j’étais à une bonne adresse :) Mon mood est bon, je m’impregne de vos idées (« les ingrédients » dont je parlais au début). Comptez sur moi pour rester correct avec elle dans tous les cas.

_Irena Adler :

Peut-être.. mais il est tellement rare, l’absolu, on en voit si peu souvent la queue, qu’à force on pourrait finir par douter qu’il existe. Je pense qu’il faut rendre grâce aux diables donjuanesques qui prennent sur eux de jouer avec nos sentiments, dans la mesure où, à défaut de Le ressusciter, ils en entretiennent chez nous la mémoire. [D.J aime ça]

Ps : je n’avais pas relevé que votre historiette datait de 3 jours. Apprenez-donc à la connaître, avant de la sauter ! On ne peut en vouloir à aucune fille de ne pas aimer « coucher » dès le premier soir.

Ce qui me dépasse, c’est que vous trouviez anormales ses préventions à votre égard… C’est le fait que vous vous plaigniez de son indécision, en un mot qu’elle vous fasse poireauter, qui m’a induite en erreur. J’ai pensé, en lisant cela, que cette jeune fille abusait de votre patience, que vous passiez toutes vos soirées avec elle, qu’elle avait accepté avec vous un certain nombre de sorties, que vous parliez souvent d’amour, que vous connaissiez toute sa vie.. etc.

Enfin bref, pardonnez-moi, j’ai cru que vous étiez comme les jeunes gens que personnellement j’ai moi-même accepté d’avoir ‘connu’, et non pas un vulgaire festiviste en manque de chair fraîche. Nous n’avons pas les mêmes valeurs et ne sommes pas du même milieu.

_Ariane : Aucun conseil. Je me tapes jamais des connes.

_D.J : Ah ah ah xD

_Marion : Tout le monde passe une bonne soirée, je crois :)
Régis, tu m’en diras plus au sujet de ta soirée à venir, après-demain matin.

Les diables donjuanesques dont tu parles Irena, ont un comportement tellement manipulateur qu’il peut susciter l’admiration, à condition de ne pas être l’une de leurs victimes.

_Irena Adler :

Evidemment, Marion… Quand je parle « d’agir comme si on aimait vraiment », il ne s’agit pas du tout pour l’homme de se conduire en lèche-bottes, de harceler la jeune femme, de perdre sa dignité, de lui écrire des centaines de lettres soporifiques. Dans ce cas-là, bien sûr, je suis comme toi dégoûtée. Les déclarations d’amour à brûle-pourpoint venant de quasi-inconnus ou de personnes devant qui l’on n’a pas eu le déshonneur d’avoir à s’abandonner, à s’oublier entièrement, ne serait-ce qu’une fois, sont répugnantes. Evidemment.

Je parle du comportement dans l’amour – mélange de silence, d’orgueil et de déchirement – des êtres supérieurs. ^^

L’intelligence, l’art consommé dirais-je même, du Don Juan dans l’action, sont goûteux à observer y compris lorsqu’on en fait l’objet en tant que victime – peut-être alors deviennent-ils même un met plus délicieux – un met pour les connaisseurs ; une joie mi-masochiste « uniquement pour les dandys ».

_Marion : Nous sommes donc sur la même longueur d’ondes concernant ces sombres crétins ^^

Sinon Irena, quand on est surchargé par tout un tas de choses à faire en même temps, est-ce que ces Don Juan ont une solution à m’offrir ? :)

_Irena Adler : Non, hélas. Les Don Juan dans ce cas-là s’apparentent davantage à une perte de temps. lol

_Marion : C’est bien ce que je me disais aussi…

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Dans les jours qui suivent, re-voilà D.J dans ma boite mail…

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_D.J : Pssssst, petite parenthèse : pas d allusions a notre discussion ailleurs que sur le mur de Marion, la nana dont on parle est dans mes contacts, elle est même connectée là ; )

_Irena Adler : Bien entendu. Je ne me mèle pas en général des affaires de coeur d’autrui. Vous pouvez compter sur ma discrétion, DJ. ;);)
… aussi longtemps que vous ne tuez pas son père dans un duel à l’épée, du moins. :/:/
Donna Anna mi chiamano… ;);)

_D.J :

Donna Elvira :

Ah, chi mi dice mai
Quel barbaro dov’è,
Che per mio scorno amai,
Che mi mancò di fe?
Ah, se ritrovo l’empio
E a me non torna ancor
Vo’ farne orrendo scempio,
Gli vo’ cavare il cor.

Je passe encore la journée de demain avec la demoiselle, nous allons d’ailleurs en Italie : )

Comptez sur moi pour vous raconter un petit peu la journée qui vient de s’écouler. Je vous ecrierai en fin de soirée. Sachez d’avance que vos reflexions m’ont bien servi à certains moments clés ;)

_Irena Adler :

:)
D’ac.

_D.J : Le sommeil pointe son arme sur moi et m’oblige à vous demander grace pour ce soir ! Promis, un petit recit pour vous des demain, en toute indiscretion : )

_Irena Adler : No pb. J’étais moi-même en train de dormir quand vous avez envoyé ça. ;)

_D.J :

Je saute quelques étapes (la journée d’hier, et celle d’aujourd’hui) pour vois proposer du live : nous nous sommes salués elle et moi vers 21h30 ce soir. Je viens de lui envoyer ce SMS : « ça me tient a cœur de t’embrasser. Le rôle de chauffeur-animateur-payeur est définitivement pas fait pour moi. Tu veux pas aborder le sujet, ok, mais moi j’arrête les frais ici ».

Il est temps de casser quelques pots, je suis sur que vous voyez ce que je veux dire ; ). Explications et résumé de la situation :

Tout se passe pourtant bien depuis hier. Figurez vous que je suis tombé sur une fille réellement intelligente ! Quel plaisir ! Quelle surprise ! Plage hier, aujourd’hui en Italie toute la journée. Je prend un réel plaisir a découvrir cette nana. Elle a gagné quelques rounds, mais j’ai bel et bien mis fin a son arrogance Et a sa défiance envers les hommes (le petit exposé gentilesse=faiblesse=pathétique=c’est elle en fait qui est pathétique y fit son effet, au passage)

Le respect du a ma condition de mâle, c’est bon, je le tiens. Le seul point je galère encore, c’est le coté « charnel » de la chose. J’ôte avec patience les nombreuses pièces de son armure depuis hier…. Et il en reste encore beaucoup. J’ai gouté deux fois a sa petite bouche, mais alors a peine, du bout des lèvres, et apres plusieurs tentatives foirees. Je retiendrais aussi ce midi, ou elle s’est blottie dans mes bras une heure entière pour la sieste, et ou elle n’a pas cessé de (réellement) ronronner.

Ah c’est galère ! En bon adepte du « plaquage contre le mur + arrachage de culotte improvisé », j’avais sincèrement perdu l’habitude de l’idée d’une conquête longue et laborieuse….. Elle est clairement mal a l’aise et raide quand je deviens entreprenant. C est pourtant un domaine ou je crois etre a l’aise, et probablement adroit. Et quand j’essaie d’en discuter, ça bloque, c’est tabou. Sur ce sujet, j’ai seulement réussi a obtenir d’elle quelque chose d’évasif, c’était hier :  » il faut que tu sois patient, je suis venu ici (en séjour a Monaco) pour oublier quelqu’un, je suis pas prête. Mais si je suis là avec toi, c est parceque j,aime ça, c’est bon signe « . Vraiment rien de plus.

Voilà le motif de mon SMS ! J’estime avoir été impeccable, et n’exclue pas quelque chose de bien mieux que l’exploitation de son petit cul taille 34 . Je réclame donc ce qui m’est du maintenant !

(il est 22h50, pas de réponse de sa part pour l’instant)

Fin du chapitre

_Irena Adler :

Mmmh ! Eh bien… j’avais eu peur d’avoir commis une erreur en partageant avec vous quelques secrets. Mais non, en fait. Il suffisait sans doute juste d’un déclic : lui parler intelligemment, lui parler comme à un être intelligent, pour qu’elle le devienne. :)

Les filles n’ont souvent besoin que d’être vues comme des êtres sensés pour le devenir. A part évidemment si l’on tape dans le quart-monde… Mais là ça ne pouvait pas être le cas.

Lorsqu’on chasse dans la « Haute (-société) » – française à tout le moins -, il faut savoir que sous le vernis de superficialité, il y a toujours un fond de culture (ou d’amour de la culture), et surtout d’intellect et de sensibilité.

Qu’elle soit jolie, blonde ou brune, n’exclue pas qu’elle soit aussi un être humain. Je suis contente que vous l’ayez remarqué. N’hésitez plus, dès lors, à l’impressionner par votre culture – mais pas en énumérant des noms d’auteurs, non, surtout pas ! – Il faut vous laisser aller à vous réapproprier ce que vous avez appris : les filles aiment que les hommes qu’elles ont en face se comportent en « auteurs », aient des opinions originales, développent des raisonnements complexes (du type précisément du syllogisme : « gentilesse=faiblesse=pathétique=c est elle en fait qui est pathétique »)… Mais à une condition seulement : que tout donne l’air de venir des tréfonds d’eux-mêmes, et pas de l’enseignement d’un autre, plus célèbre et plus grand. Il ne faut surtout pas vous effacer devant la parole/la pensée de supposés « grands auteurs » : vous devez devenir son génie préféré à elle. La surprendre par une inventivité rhétorique toujours renouvelée.

A l’extrême limite vous pouvez invoquer de grands hommes pour vous soutenir dans vos développements, un peu comme s’ils étaient votre garde rapprochée. Même et surtout si elle n’y connait rien elle-même – si elle a peu lu, par exemple – elle appréciera d’apprendre de nouvelles choses – vous deviendrez alors une sorte de professeur pour elle : toutes les filles sont amoureuses de leurs prof de philo ou de français lorsqu’ils ont belle mine -, le sentiment d’être considérée comme un interlocuteur à part entière – surtout sur la côte d’Azur : là où on ne s’y attend pas ! – sera sans doute vraiment nouveau pour elle… et rafraîchissant.

Songez un peu à l’histoire médiévale d’Abélard et Héloïse : les femmes veulent faire l’amour avec la parole… surtout en parlant de Dieu ! ;) – Je vous conseille de vous renseigner à leur sujet – et au sujet en général des cours d’amour de la fin du Moyen-Age en France – vous découvrirez beaucoup sur la nature féminine. Les filles sont des « élèves » dans l’âme : elles sont formées pour écouter (et non pas pour proposer et parler). Nul besoin qu’elle possède un doctorat en lettres classiques (au contraire votre tâche n’en deviendrait que plus ardue : il vous serait plus difficile de tenir un discours « neuf » à ses yeux, en gros de « l’épater »). Les filles ont du bon sens : elles adorent survoler de leurs yeux compréhensifs tout ce qui semble fou, qui titille l’esprit, qui résiste à la simplicité, à la facilité. Bien sûr, leur but est alors de vous ramener à des considérations plus terre-à-terre et matérielles (mais cela est aussi votre but secret, n’est-ce pas ?) : mais à condition seulement que vous l’ayez auparavant enlevée à la pesanteur du quotidien, que vous lui ayez donné le vertige : que vous lui ayez à proprement parler « donné la lune ».

Une pauvre bergère suffit – tous les poètes l’on dit -, vous savez, pour jouer à ce genre de jeu.

Une fois que vous aurez son cœur, en revanche, n’oubliez surtout pas que vous en êtes responsable… c’est tout ce que je vous demande, personnellement.

***

 » il faut que tu sois patient, je suis venu ici (en séjour a Monaco) pour oublier quelqu’un, je suis pas prête. Mais si je suis là avec toi, c est parceque j,aime ça, c’est bon signe « 

Cela, ça veut dire qu’elle attend de vous que vous renonciez au sexe avec elle… que vous lui prouviez que vous n’êtes pas intéressé que par ça… pour justement vous le donner.

Peu importe que vous soyez un être tactile et charnel : elle sera d’autant plus surprise et heureuse de le découvrir si justement vous avez su malgré tout, – et indépendamment des circonstances qui ne s’y prêtaient apparemment pas – réfréner vos pulsions. L’acte sexuel en lui-même consiste pour l’homme à se réfréner assez longtemps pour donner du plaisir à la femme : le fait que votre parade amoureuse montre – sous forme symbolique – que vous en êtes capable, est – intuitivement, pour elle – un gage de bonheur à venir. Vous êtes trop « dans l’instant » : pensez que cette plage monégasque n’est pas en-dehors du monde, mais au contraire qu’elle n’est que la continuité de ce que vous vivez tous les jours à Paris (ou ailleurs), au boulot :

http://ilikeyourstyle.net/2011/07/10/intensification/

Ce texte est juste fait pour vous !

***

Laissez-vous aller au courage de vivre quelque chose qui ait un peu de sens : l’amour n’en sera que plus réel, donc la jouissance plus puissante, et l’illusionnement plus magnifique. Être un réac, c’est comprendre que la morale-à-la-papa, les notions de « vertu », de « dévotion », d' »âme », de « piété », de « ferveur », de « renonciation », de « recueillement », de « sacrifice », ne sont pas les freins que les « tolérants » ou les « festifs » ( incapables de la moindre frustration nécessaire, de la moindre soumission volontaire, donc infertiles) voudraient voir en eux. Ils sont en vérité le sel de la vie qu’il faut mériter : celui qui seul est capable de ré-ensemencer le monde, de lui rendre sa matière primordiale, ontologiquement dansante, faite de paradoxes et de complexité. Ils sont à proprement-parler les rochers que vous voyez sur la plage : sans eux elle ne serait pas si belle, car les vagues ne monteraient pas si haut. ^^

Bien à vous.

Ps : j’aimerais pouvoir un jour publier cet échange (et une partie de son commencement sur le mur de Marion) sur mon blog. Vous me direz si je peux, si je dois retrancher des choses.. etc.

_D.J :

Foncez ! Compilez, étayez, et publiez donc ! Vous avez mon feu vert et tous mes encouragements pour ce billet a venir.

Pour poursuivre mon duplex live : pas grand chose.
Je n’ai pas eu de réponse à mon SMS d’hier, l’inquiétude de « quand le contrôle vous échappe » commence à me gagner doucement : )

Étrange tout de même.
2 cas de figure selon moi:
– soit elle ne le sent pas avec moi, auquel cas elle a là un bonne occasion de se debarasser du dossier.
– soit elle m’aime bien, auquel cas mon message l’aurait piquée dans son intégrité et j’aurais reçu un appel ou un message à chaud.

Là elle temporise… C’est étrange.
Je viens de la voir connectée sur le chat FB pendant quelques minutes tiens tiens…
Évidemment, il m est interdit de la relancer là, la balle est dans son camp.
Ce que j’aimerais avoir plusieurs balles, tout de même ! XD

_Irena Adler :

« ça me tient a cœur de t’embrasser. Le rôle de chauffeur-animateur-payeur est définitivement pas fait pour moi. Tu veux pas aborder le sujet, ok, mais moi j’arrête les frais ici ».

Peut-être ne sait-elle pas elle-même si elle veut quelque chose de sérieux avec vous. Peut-être hésite-t-elle à s’investir, comme vous. :)

Ou bien elle trouve la formulation artificielle et se demande à quoi vous jouez. ^^

Allez, bon courage, et si vous pensez trop à elle alors qu’elle a besoin de son côté de retourner un peu à sa solitude et à son intimité, alors coupez un petit instant le fil trop tendu de ce tête-à-tête, regonflez-vous à blog de légèreté, barrez-vous momentanément vous divertir, lui montrer (sans lui dire) qu’au fond vous ne savez pas vous-même si vous êtes vraiment sérieux. Bref, vous avez raison : laissez le silence et le temps agir et trier. ^^

La vie est un jeu dont on ne connait toujours les règles qu’après coup. ;)

Vous n’avez pas encore le niveau pour tout maîtriser, là. Apprenez d’abord à laisser la Providence faire. Et observez de quelle façon justement, la Providence s’y prend pour tisser les fils de nos vies. A force d’observer vous apprendrez peut-être à l’imiter.

Merci pour l’autorisation de publier, en tous les cas. C’est un beau cadeau de remerciement ! ^^ – Mais nous saurons seulement à la fin si vraiment j’en mérite. ;)

A SUIVRE …

« Aime ton prochain »

Romain Gary Disait : « Le patriotisme c’est l’amour des siens. Le nationalisme c’est la haine des autres. »

Romain Gary :

Romancier français
Né à Vilnius, Lituanie le 08 mai 1914
Décédé à Paris le 02 décembre 1980
La quête de l’identité, tel est le moteur de l’oeuvre de Romain Gary. Rien de surprenant pour cet immigré d’origine lituanienne, né Roman Kacew de père inconnu, qui écrit une partie de son oeuvre sous différents pseudonymes comme Fosco Sinibaldi, Shatan Bogat et surtout Emile Ajar. Naturalisé français en 1935, il entre dans la Résistance auprès des Forces aériennes françaises libres pendant la Seconde Guerre mondiale puis embrasse une carrière diplomatique en 1945. C’est à cette époque que Gary se lance dans l’écriture et publie ‘L’ Education européenne ‘ puis ‘Les Racines du ciel’. Adepte d’une écriture libre, vivante et ironique, son oeuvre est parfois rapproché du courant postmoderniste. Artiste aux multiples facettes, Romain Gary s’essaie également à la réalisation, il fait notamment tourner son épouse, Jean Seberg dans ‘Les Oiseaux vont mourir au Pérou’. Seul écrivain français à avoir obtenu deux fois le prix Goncourt – grâce au subterfuge du pseudonyme – Romain Gary marque le monde de la littérature pour le mystère et la liberté de ton qu’il incarne.

Le partisan du dogme qui pose le multiculturalisme comme une norme (voire un but suprême), fort intelligemment, parvient à contourner les deux travers. En aimant le lointain et en haïssant son prochain, il se permet à lui-même, indépendamment de tous, de se sentir à la fois supérieurement humble et supérieurement adorable. N’est-ce pas là un individualisme finement calculé ?

Romain Gary ne pouvait pas savoir, lui qui a fait la guerre, ce que seraient les affres de la paix prolongée. A chaque âge ses nouveaux défis.

 

MORALITE : « Les multiculs aiment le consensus – et c’est là justement où le bas blesse. » (I.A)

Le récit de Grödion

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La brise je l’ai cherchée, elle est là, au bord de l’eau. Quelle sensation enivrante. Le vent léger effleure mon corps nu (j’ai gardé le maillot, je suis pas seul) d’une caresse voluptueuse. Il est temps d’ouvrir mon coeur. Il y a un côté puéril et sentimental à s’épancher ainsi, à se confesser, à verser dans la sensiblerie et la bleuette, mais je sais pourquoi je fais cela.

Le premier mot qui me vient à l’esprit est HAINE. Haine contre le monde, haine contre la vie, haine contre les hommes, haine contre l’histoire, haine contre mon sort. Mais quand comme moi on a lié sa vie à la haine, la haine, on finit par s’en lasser, par vouloir s’en défaire, par rechercher désespérément l’Amour et la Paix. Par rechercher son contraire. Je pense à elle.

Je suis né un 29 novembre 1984 au « Mellah » de Meknès. Le Mellah est l’ancien quartier juif, le ghetto. Cela faisait déjà une vingtaine d’années que les Juifs du Maroc avaient fait leur aliyah. Je suis un Zerhouni, ma famille est installée à Moulay Idriss-Zehourn depuis au moins le XVIIe siècle. Elle a suivi le Sultan, qui a quitté Fès pour faire de Meknès sa capitale impériale. Mais le fief de ma tribu est situé dans la Chaouia, à environ 50 km de Casablanca. Les Zerhouni sont réputés être des bons-vivants et avoir la tête bien dure : des obstinés et des joyeux drilles. On aime rigoler et s’amuser mais faut pas trop nous faire de crasse par derrière, on aime la franchise et on a le sens de l’honneur. Je crois à la généalogie « physiologique ». Je descends par ma mère d’une grande famille marocaine au service du Sultan depuis toujours : collecte des impôts, armée, administration, commerce. Je n’ai jamais connu mes grands-parents, tous morts avant que je voie le jour, cela a été un manque dans ma jeunesse. Mon arrière grand-père maternelle, caïd de la tribu des Ouled Saïd, grand personnage, a vu sa famille ruinée après la guerre civile, la « Siba » de 1907-1911 : les tribus Berbères rejetant l’autorité du Sultan s’en prennent à ses serviteurs Arabes. Ma famille perd toutes ses terres de la Chaouia (qui assuraient de confortables revenus), ses richesses, ses relations avec le nouveau chef d’Etat et son prestige. Combien de fois lorsque la famille élargie, notre clan de la tribu, était réunie (pour un mariage, une circoncision ou la mort d’un notable) ai-je entendu par la voix des Anciens la complainte pleurant la perte de nos chères terres, cette terre de la Chaouia, fief de notre tribu, que nos ancêtres Banu Hillal avaient héritée du Sultan Almohade en personne pour services rendus en Espagne contre les Croisés et au Maroc contre les tribus Berbères Zénètes, à charge de récolter les impôts pour le Makhzen. Les cousins de ma mère, parmi eux se trouvent aujourd’hui des grosses légumes : un général 4 étoiles, deux sénateurs, un secrétaire du ministre des Affaires étrangères Fassi-Fihri, des maires, des hommes d’affaire. Nous, à la maison nous sommes nés pauvres. Je dirai tant mieux. J’ai mes raisons de penser ainsi : je pense que l’argent est une aliénation, comme le travail. Faire ce qu’on aime, ce pour quoi on est prêt à se lever tous les jours de bon heure et vivre modestement, c’est ma conception du bonheur : je ne voudrai pas faire un travail que je détesterai faire, même si la paye était considérable. Chacun ses principes.

Mon arrière grand-mère était Berbère, de la tribu des Bernoussi, mais dans notre famille nous n’aimons pas les Berbères, qu’ils appellent « les fourmis » ou les « chiens ». Je pense cela remonte à la « Siba ». Pourtant le mélange avec les Berbères a du avoir lieu durant ces siècles. Je suis Zerhouni mais aussi Saïdi, par ma mère. Et je suis surtout Tamimi par mon père. Nos ancêtres paternels sont arrivés au Maroc en provenance du Hedjaz, fuyant les Turcs (sombre histoire), au XIXe siècle : trafiquants d’or et d’esclaves (à ce qu’on dit d’eux). Mon père se sent obligé de parler au nom de ses aïeux : il hait les Turcs, il hait les Wahabbites, il hait les Perses, il hait les Roumis. Il a mille histoires à nous raconter sur la vie de nos ancêtres Bédouins, héritées de son père, qui les a lui-même reçues de son père, etc etc…tradition orale. Nous avons voyagé en famille 2 fois en Arabie Saoudite quand j’étais petit et nous y avons rencontré de lointains « cousins » : magie du tribalisme. Tout se garde. J’aurais aimé vivre comme un Bédouin, vivre la vie dure et frugale des Bédouins de jadis, entre conflits tribaux, razzias, commerces et danses guerrières. J’aurais aimé vivre au VIe siècle, âge d’or des Bédouins : l’esprit chevaleresque des Arabes y atteint sa perfection et sa vénusté. La poésie d’Antara Ibn Chadded donne une idée des moeurs raffinées et civilisées, recouvrant une sauvagerie point encore domptée, de cette période. C’est l’islam qui a foulé au pied la formidable civilisation arabe païenne, ressemblant en de nombreux points à une Grèce Antique restée archaïque. Les Arabes sont morts quand ils ont commencé à dominer. Trop peu nombreux, ils étaient destinés à ne pas garder le pouvoir. Les Omeyyades j’aime lire leur histoire encore et encore : les Arabes les vrais, les illustres, les plus distingués. Féroces, égoïstes, diligents, somptueux, chevaliers, poètes, aimant le vin et les ripailles, le luxe et gardant en même temps la frugalité et la simplicité de leurs origines bédouines. Ce sont les fanatiques religieux chiites, les autres fanatiques, la lie de la société, le bas peuple, les esclaves, les ratés, les non-Arabes (surtout ces chiens de Perses) qui ont renversé les Omeyyades sous le commandement d’Abu al Abbas (Abbassides). Les Arabes avaient perdu le pouvoir à jamais (ils le garderont encore un peu à Cordoue puis Grenade). Je suis né trop tard, j’aurai aimé être un chevalier combattant les Byzantins ou les Perses au VIIIe. De grands combats et du respect entre les adversaires. Avant que les fanatiques prennent le pouvoir au Xe et poussent toujours plus loin le ressentiment et le désir de destruction : les sauvages Berbères et Turcs, dominateurs dans l’islam de ce temps, en ont façonné une religion rétrograde et barbare qui est celle que nous connaissons. Je hais l’islam. Je voudrais que l’on jette une bombe nucléaire sur La Mecque. En finir avec cette idéologie qui nous fais chier et nous fera encore plus chier pour les 2 siècles à venir.

Je me suis souvent demandé si ma personnalité torturée et crépusculaire, celle à laquelle j’essaie d’échapper en vain, ne venait pas de ma date de naissance. Né fin novembre, au seuil de l’hiver, du froid et de la nuit, je devais en épouser la symbolique. Toute ma vie mon coeur a connu l’automne, avec le seul hiver pour horizon. Ou est le printemps ? Quand je crois l’avoir trouvé, il m’échappe encore. Je veux connaître le printemps. Lorsque le destin me faisait une faveur, je ne connaissais que des étés indiens. Toujours l’automne dans mon coeur. Je pense à elle.

A l’âge d’un an, voilà que nous quittons le Maroc pour rejoindre en France mon père ouvrier. Nous nous installons dans cette ville du sud de la France, dans une banlieue (pas encore réputée « difficile », en ce temps-là c’était encore vivable. Mais aujourd’hui c’est un dépotoir). Nous sommes en 1986 et en 1993 je la quitterai pour toujours cette banlieue. 7 ans ça marque une enfance. La banlieue était un paradis. Un royaume pour les enfants. 20 000 habitants enfermés dans un territoire minuscule, on est une grande famille malgré nous. L’école est en face de nôtre bâtiment (énorme blockhaus). Une bande de copains. 2/3 de Marocains, 1/3 d’Algériens et quelques Français dans la banlieue. Nous retournons au Maroc en été : les mois de juillet et août étaient jouissifs. Mais je n’y retourne plus, à cause de la religion. Je n’accepte pas qu’on me dise quoi faire, quoi manger, quoi boire… Et puis leur mentalité arriérée et débile, je n’en peux plus. Là-bas au Bled nous sommes les « Vacanciers » (« Vaconsses » avec l’accent du Bled), ceux qui apportent cadeaux, argents et moeurs relâchées. Et en France nous sommes les « Arabes », ceux qui apportent violences, ruines et moeurs rétrogrades. Chez nous nulle part. En 1993, fin août, nous quittons à jamais la banlieue pour le centre-ville : aucune famille arabe à l’horizon dans notre nouveau quartier. Nous nous « francisons » au contact des FDS.

J’aime depuis toujours la France, ce pays merveilleux. Je veux être Français, je suis Français (?) mais pour mon peuple je suis et je serai toujours Marocain, Arabe, Maghrébin. Je suis surtout musulman pour eux. S’ils savaient ils m’égorgeraient. Mais je les emmerde. Je me fiche d’eux et de leur avis. Les musulmans haïssent les non-musulmans : s’ils pouvaient les réduire en esclavage, les humilier, les massacrer demain, ils le feraient. Mais en position de faiblesse, il faut jouer du sourire et de l’amabilité. Mais moi je n’ai jamais cru en Dieu. Pourquoi ? Parce que depuis tout petit je suis obsédé par la mort. Je trouve ridicule l’existence d’un Dieu alors que la mort est le seul vrai Maître. On ne s’incline que devant la mort. Dieu a du inventer un après-la-mort pour se croire le Maître, mais après la mort il n’y a rien. Comme avant la vie. Je ne crois pas en Dieu et me considère athée. Mais athée jusqu’au bout, je ne m’embarrasse pas de morale sécularisée. Mais… je sais que sous mon armure d’athée, se cache un coeur chrétien. Je sais au fond de moi que si je hais tant l’islam ce n’est pas toutes les raisons que j’énonce mais parce que je suis chrétien. Il me faut relire Nietzsche juste pour empoisonner mon coeur et mon âme. Quand j’étais jeune, en 5e ou 4e, je passais des heures à regarder les livres d’histoire de l’école : ces scènes du moyen-âge, paysans ou château. Et surtout les églises et cathédrales que je trouvais magnifique. Mais mon vrai secret est que je rêvais de devenir moine : je trouvais ces gens admirables. Sacrifier une vie pour quelque chose de plus élevé, vivre dans le sacerdoce et le travail serein, la prière pour sauver les autres avant soi, loin des choses terrestres et des passions humaines. En cours, je restais une heure bloqué sur ce tableau représentant des moines ou des paysans au moyen-âge. J’avais demandé à la responsable du CDI (bibliothèque) de commander le Roman de Renart et je l’avais lu et relu au moins 35 fois en 3 ans. Sans jamais me lasser. Je sais que si j’aime la France, c’est pour son passé. Ses paysans, ses moines, ses rois, ses princesses, de jadis. Je me disais : Charlemagne était l’ami d’Haroun al Rachid. Je me dis que j’aurai aimé être un Arabe converti au christianisme, il y a longtemps, au moyen-âge au milieu des images que je regardais en cours.

J’ai toujours aimé la France, respecté ce pays, sa culture, son histoire. J’aime ce pays à un point qu’on ne pourrait savoir. Mon sang brûle et explose quand j’entends des gens lui manquer de respect. Autour de moi je voyais la famille ou les cousins (surtout) traiter ce pays de manière lâche et obscène : je ne comprenais pas. Si on n’aime pas un pays on le quitte. Personne ne vous regrettera. Sauf si on veut vivre sur le dos du pays d’accueil en parasites. La vraie décadence : ramollissement des instincts, des sens et de la volonté. Moi je voulais être Français depuis que j’ai ouvert ces livres d’histoire à l’école maternelle. Mon âme a trouvé sa maison. Je lisais aussi les livres sur les Arabes Omeyades ou Nasrides de mon frère, mais peu à peu je n’ai plus lu que des livres sur la France. Mon pays. J’ai toujours voulu défendre cette terre contre ses contempteurs, d’ou qu’ils soient. Je sais que beaucoup doivent me prendre pour un traître, un fou, un déséquilibré ou je ne sais quoi : parce que je défends plus ce pays que les Vrais Français. Mais je me fiche de leur avis, depuis toujours. Quand j’étais au collège je suis devenu un fasciste : j’admirai Mussolini et Hitler. Leurs personnalités, leurs oeuvres, le message énergique et libérateur qu’envoyaient leurs discours et leurs politiques. Le culte de la force, du courage, de la beauté, tout cela parlait à mes sens. Ceux qui me disaient « mais Hitler détestait les Arabes », je leur riais au nez. Une fois en seconde, je suis arrivé en cours…crâne rasé ! J’étais fou ? Non, juste joueur. On sait depuis Alexeï Ivanovitch que le joueur n’est pas un fou, juste un oisif. Devant ma famille ou les amis je prenais la défense de Le Pen, ils devenaient hystériques. Ils ne comprenaient pas, mais moi je savais.

En avril 2002, en terminale, j’étais le plus heureux à l’école. Même si j’avais quelques amis venant de villages, ou le FN cartonnait, qui l’étaient aussi. Sacrée journée en plus que ce dimanche 21 avril : on était allé jouer au foot le matin, il faisait très beau, puis l’aprèm avec les footeux on s’est fait un barbecue : il y avait des hippies en short qui disaient « on est pas allé voter, de toute façon ça sera Chirac-Jospin ». Moi j’ai rêvé à voix haute à un triomphe de Le Pen, on s’est moqué de moi, on m’a pris pour un fou. Le soir j’ai jubilé. En 2003 je suis devenu Français, par naturalisation. Le jour de la remise de ma carte d’identité à la mairie, je suis resté assis comme un con prenant 2 mn : puis la secrétaire m’a dit « c’est bon monsieur, vous pouvez partir ». Je ne comprenais pas. Je m’attendais à chanter la Marseillaise, dire combien j’aime cette terre, parler des moines et des paysans dans les tableaux médiévaux, dire combien j’étais fier, honoré et heureux de devenir Français… Mais rien. Juste une signature et ça y est tu es Français. Je suis rentré déprimé alors que ce devait le plus beau jour de ma vie.

Entre-temps, le 11/09/01 m’a définitivement éloigné de l’islam. Le 11/09 est un coup de génie du diable : il a réveillé l’islam endormi et décadent et a préparé les musulmans à livrer, quand ils seront mûrs, la dernière bataille -celle qu’ils perdront. Jusque-là les Musulmans n’étaient pas très pratiquants, y compris dans les pays islamiques. Depuis le 11/09, il y a un regain monstrueux de bigoterie, de fanatisme et volonté de détruire. Le 11/09 est un coup de génie du diable, il ne peut en être autrement. L’Occident est l’ennemi à abattre. Une haine terrifiante existe à l’égard des Occidentaux chez les Musulmans : le ressentiment est tel, qu’ils accepteraient de sombrer avec eux s’ils avaient l’assurance de les détruire. Moi j’aime l’Occident, j’aime l’Europe, la plus belle civilisation que la terre ait comptée, j’aime la France. Plaisir de vivre, art de vivre, fureur de vivre. Je n’accepterai pas de voir l’Europe ou la France mourir sous les coups de ses ennemis musulmans, de les voir salies et avilies. Je suis un traître, mais je suis libre. Mon coeur est plus sage que l’opinion des autres. Quand j’ai lu Taras Boulba j’ai senti mes yeux nager, le coeur soulevé et la lèvre tremblante : je me suis identifié à Andreï bien sûr. J’ai trahi ma race, ma religion, mon peuple et ma famille. Pour les beaux yeux d’une divine créature …? Je pense à elle. Pas encore. Pour l’amour de l’Europe et de la France.

Quand j’ai eu internet, naturellement je suis allé vers les sites dits « réactionnaires ». J’y suis allé sous mon prénom : Hafid, qui signifie « le protecteur ». Mais la seule chose que j’ai jamais protégé dans ces eaux troubles a été mon cul : partout on ne voulait que me le botter. Alors que je venais en paix et en ami. « Takia », « Bougnoule », « Dégages », etc, voilà comment j’ai été très vite accueilli. Je suis Zerhouni vous le savez, la tête bien dure et une haute idée de l’honneur. Alors, au lieu de les insulter à mon tour comme un vulgaire plébéien, je me suis retiré poliment et j’ai donné naissance à Al Mansur Ibn Amir, un Syrien venu en France étudier, un islamiste fou, fanatique, sournois. Tout ce que je déteste. En plus de la catharsis, l’objectif était de laver mon honneur en le faisant se confronter à ceux qui avaient sali mon nom, sans savoir que j’étais leur frère. Leur frère de lait. Par jeu je prenais plaisir à pousser loin le trollage. Mais après quelques mois d’amusement Al Mansur m’a lassé et je n’avais plus la tête à jouer les fanatiques : ceux réels suffisaient déjà à exciter mon dégout et ma haine. Un jour au hasard, je tombais sur cet Albanais-Espagnol chez Ilys, Rodion. Un peu con, un peu naïf, un peu impulsilf : il fallait le parodier, jouer un peu. Grodion prenait vie :
http://ilikeyourstyle.net/2011/01/25/lanonymat-sur-internet/ (comme ici, ou on me prenait encore pour Terby Jr)

Mais voilà en signant Grodion, je ne me doutais pas qu’il y avait une personne qui allait découvrir sous mon trollage ma vraie identité. Et très tôt. Je pense à elle. Comme ici (dernier commentaire, elle a viré les miens :-) ) :
https://raiponces.wordpress.com/2011/01/22/la-foire-aux-questions-folie-collective-ep-03/

Voilà, coincé, découvert, je me devais de révéler ma vraie identité, bien que cela soit parfaitement anecdotique comme dit notre ami, chiant comme une pluie de février, Nicolasbruno.

Dans la vie de tous les jours… Je suis un jeune homme simple, solitaire, aimant cultiver l’esprit et la drôlerie. J’aime la France, c’est mon pays. Je me bats contre moi-même pour qu’il le soit à jamais. Même si quand je vois comment les choses tournent je me dis que je devrai peut-être partir un jour. Je ne veux pas être assimilé à ceux qui la détruisent et la salissent, je ne veux pas voir la racaille et les vipères jubiler de salir ce qui est beau, ce qu’ils ne comprendront jamais. Ils ne sont jamais restés 1 heure à l’école à regarder un tableau médiéval sur des paysans ou des moines, l’âme transie d’amour. Je les hais, je les méprise. Mais je sais que je serai incapable de vivre ailleurs qu’en France : s’il faudra se battre pour ce pays, contre ses odieux ennemis qu’un Dieu maléfique m’a fait leur semblable, je me battrai. Je m’en suis fait le serment à moi-même. Alors comme Andreï fils de Taras, je mourrais pour celle que j’ai choisie, tué par mon père. Le complexe d’Oedipe revisité. Je suis libre, c’est ma seule fierté. Et la liberté coûte cher. On verra si j’en suis digne.

SOURCE

Pour en finir avec l’anti-libéralisme affectif des intellectuels français !

 

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Je préfère voir une Europe définitivement détruite et envahie par l’Immigration qu’une Europe du Libéralisme et du Consumérisme.

(Un commentateur)

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Ces paroles vous disqualifient totalement à mes yeux, cher commentateur. Je les trouve répugnantes…

Vous n’avez donc pas compris que le libéralisme n’était question que des hommes qui le font ?

Fondé par et pour des gentilshommes, – richement éduqués, sans peurs et sans reproches – en un mot qui ne soient nullement aliénés à des idéologies dont ils ne maîtrisent pas les concepts, le libéralisme, exactement comme la démocratie – et j’aurais tendance à penser que l’un ne va pas sans l’autre – est le meilleur des régimes possibles… Construit par et pour des hommes déracinés, sans foi ni loi, qui seraient capable de vendre père et mère pour un sac de pièces d’or, aux yeux de qui sur terre rien ne trouve grâce et tout est bon à donner à manger aux cochons, en revanche, il n’équivaut rien moins qu’au retour à l’état de nature.

S’il n’est là que pour servir les instincts frustes [et « vidanger l’âme par le bas-ventre » (Huysmans copyright)] d’hommes dénués de valeur, le libéralisme, qui n’existe que dans la mesure où précisément des échelles de valeur morales et esthétiques lui pré-existent, et donnent au plus grand nombre le désir de consommer des richesses qui ne sont pas uniquement matérielles (mais aussi spirituelles), alors disais-je le libéralisme effectivement n’a plus aucune raison d’être – et devient d’ailleurs pervers et s’effondre. Car le libéralisme est comme le travail : il doit être un outil, un moyen, et non un but en soi. On mange pour vivre, n’est-ce pas, on travaille aussi pour vivre… mais on ne doit pas vivre uniquement pour manger ou travailler.

L’immigration, l’Islam, contribuent grandement actuellement à saper les bases morales et esthétiques qui avaient permis à l’Occident – dès la fin du XIXe siècle – de se hisser à la hauteur des exigences folles d’un monde libéral où potentiellement tout le mal/le péché du monde étaient pleinement – et à tous – accessibles. Alors nous voilà à présent presque forcés par et pour eux d’en rabattre sur nos exigences… Mais le christianisme aussi – souvenez-vous en ! – consiste en la possibilité du choix entre le bien et le mal ! [Cf Saint Augustin] – Il n’est pas fondé sur des interdits, contrairement aux 2 autres religions du Livre, car nous considérons que celui qui n’est pas libre de choisir le bien, mais seulement contraint de « bien faire », est un homme sans morale personnelle, qui n’a eu à résister à aucune tentation, et qu’on ne peut dès lors pas considérer comme un individu méritant.

En ce sens, le libéralisme est un digne héritier du christianisme… mais à condition seulement de rester chrétien !