@ moy que chault

Spéziale dédicaz

Et qui c’est qu’a pas payé sa boisson, hein ? Qui c’est qu’a pas payé ?
J’voudrais bien voir quelle gueule ça peut avoir, un apprenti-mondain parisien qui se laisse payer sa boisson par de vrais valeureux anarchistes !
Salaud de faux riche ! Tu vas payer oui ou merde ? On va te la faire payer ta boisson, nous ! Avec nos bottes à clous !

Allez, vivent les italiens. Eux au moins c’est pas des voleurs !

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Why watch Game of Thrones ?


Because Emilia Clarke

Because N like nudity

Because « Khal Drogo »

Because that’s a man !

Because WINTER IS COMING

Because STARKS are the best


Because here’s the PATER FAMILIAS you’ve always dreamed of


Because that’s a true mother !

Because the Lion Queen and her Prince Charming brother are fucking… wicked.



Because nothing’s simple :


Because it’s real… Heroïc Fantasy !

Because witty dwarf actor Peter Dinklage is so good at playing witty dwarf Tyrion Lannister character !

Here chatting with The Master

Here chatting with The Master (George R. R. Martin)

Raiponce à Nietzsche sur la question du bien et du mal (chez NCFWM)

« Nier la moralité » cela peut vouloir dire d’abord : nier que les motifs éthiques invoqués par les hommes les aient vraiment poussées à leur actes, – cela équivaut donc à dire que la moralité est affaire de mots et qu’elle fait partie de ces duperies grossières ou subtiles (le plus souvent de soi-même) qui sont le propre de l’homme, surtout peut-être des hommes célèbres par leurs vertus. Et ensuite cela peut signifier : nier que les jugements moraux reposent sur des vérités. Dans ce cas, l’on accorde que ces jugements sont vraiment les motifs des actions, mais que ce sont des erreurs, fondement de tous les jugements moraux, qui poussent les hommes à leurs actions morales. Ce dernier point de vue est le mien : pourtant je ne nie pas que dans beaucoup de cas une subtile méfiance à la façon du premier point de vue, c’est-à-dire, dans l’esprit de La Rochefoucauld, ne soit à sa place et dans tous les cas d’une haut utilité générale. – Je nie donc la moralité comme je nie l’alchimie ; et si je nie les hypothèses, je ne nie pas qu’il y ait eu des alchimistes qui ont cru en ces hypothèses et se sont fondés sur elles. – Je nie de même l’immoralité : non qu’il y ait une infinité d’hommes qui se sentent immoraux, mais qu’il y ait en vérité une raison pour qu’ils se sentent ainsi. Je ne nie pas, ainsi qu’il va de soit – en admettant que je ne sois pas insensé -, qu’il faille éviter et combattre beaucoup d’actions que l’on dit immorales ; de même qu’il faut exécuter et encourager beaucoup de celles que l’on dit morales ; mais je crois qu’il faut faire l’une et l’autre chose pour d’autres raisons qu’on l’a fait jusqu’à présent ? Il faut que nous changions notre façon de voir – pour arriver enfin, peut-être très tard, à changer notre façon de sentir.

Nietzsche – Aurore, II, 103.

  1. « Nier la moralité » cela peut vouloir dire d’abord : nier que les motifs éthiques invoqués par les hommes les aient vraiment poussées à leur actes,[…] Et ensuite cela peut signifier : nier que les jugements moraux reposent sur des vérités. »

    Tout-à-fait. Ce pourquoi il ne faudrait pas nier la moralité… au risque de se trouver la raison enchevêtrée dans les ronces des diverses pseudo-philosophies déterministes et matérialistes qui ont engendré le monde moderne absurde dans lequel nous vivons. Car les voici, les ‘nouvelles façons de penser’ (les nouvelles chapelles) dont rêvait Nietzsche, et qui ont remplacé (sans avantage aucun pour les hommes) la morale :

    – La sociologie (marxiste), mère de la religion de l’excuse, qui engendre une corruption de la Justice d’Etat.
    – La psychologisation du criminel comme celle de la victime (indifféremment), relayée par les médias, qui les renvoie face-à-face dans l’opinion publique.
    – La société du spectacle totalisante – société ‘de l’Histoire dont tous le monde est le héros’ – , aboutissant à terme à une confusion totale entre vie privé et vie publique, à la destruction des barrières entre réel et virtuel, c’est-à-dire à la transgression de tous les tabous, y compris moraux.
    – La réduction de l’instinct du mal ‘ad Hitlerum’ qui permet aux bisounours de s’innocenter de tout (de se libérer du poids du Péché Originel, aurait dit un chrétien).
    – Le bisounoursisme/religion du XOXO, en remplacement de l’instinct du bien, engendrant une haine collective à l’encontre de l’individu (supposément) haineux, qui encourage les ressorts grégaires de la majorité (or René Girard explique très bien que les Evangiles visent précisément à dénoncer ce genre de phénomène d’autosatisfaction de masse – car la crucifixion du Christ se trouve en être la conséquence finale).

  2. M. Nice Guy

    Je ne sais pas s’il en rêvait, de ces chapelles-là, sûrement que non…

    De toute façon, il serait bien impossible de nier LA moralité dans son ensemble, étant donné qu’il n’y a pas UNE morale.

    Sur NoCountry, on trouve moral et légitime d’attirer l’attention sur la disparition de l’occident. Dans bien des endroits on nous traiterait de monstres à la morale rétrograde, voire inexistante, si on demandait l’arrêt de l’aide humanitaire complet pour l’Afrique afin de ralentir l’explosion démographique qui est en cours. Alors que cette aide est aussi en place pour des raisons morales.

    Donc on peut à la limite nier celles qui ne nous conviennent pas. Juste histoire de ne pas « se trouver la raison enchevêtrée dans les ronces des diverses pseudo-philosophies déterministes et matérialistes qui ont engendré le monde moderne absurde dans lequel nous vivons. » – comme vous le dites bien.

  3. « De toute façon, il serait bien impossible de nier LA moralité dans son ensemble, étant donné qu’il n’y a pas UNE morale. »

    Faux. La morale est une discipline sans mystère, qui consiste très-simplement à poursuivre le « bien » (et/ou le « vrai, et/ou le « bon »). Toute apparente différence entre les morales réside dans la façon dont les hommes ont tendance à loger ce « bien » dans une chose ou dans une autre… et là où le travail du moraliste se révèle subtil et complexe, c’est dans les circonstances particulières où un « bien » en chasse/en contrarie un autre.

    -> C’est sur ce genre d’aporie logique que sont d’ailleurs basées toutes les tragédies grecques antiques [ex : Créon et son idée de « bien commun » s’opposant au Bien « dans l’absolu », « selon la volonté divine » (a.k.a la piété filiale), défendu par Antigone. ==> Ces deux-là ne parlent pas un langage différent, car ils parlent tous les deux le langage de la morale : ils ont juste des priorités différentes. Le caractère dramatique de leur opposition radicale réside paradoxalement aussi dans le fait qu’ils pourraient potentiellement se comprendre (entre être moraux qu’ils sont), mais que leurs fonctions respectives (de chef de la cité, et de sœur d’un ennemi de la cité) les en empêche… sans que le spectateur ne puisse réussir, s’il est lui aussi un être moral, à trancher un tel noeud gordien sans trancher aussi une part de lui-même.]

    Après arrive une autre question, qui est celle de la nécessité de la morale, et qu’on pourrait formuler ainsi : « Quel homme peut-il raisonnablement, et continuer à se perpétuer dans l’être en affirmant sa personnalité et en s’exprimant au quotidien, et n’avoir aucune prétention au « bien » ? »

    Il se trouve qu’il est techniquement impossible sur le plan logique d’affirmer : « je suis », et à la fois de nier toute croyance en une vérité absolue quelle qu’elle soit. Car « je suis » en est précisément – forcément – une. (« Je suis » étant une parole performative – c’est-à-dire dont le fait-même qu’elle soit exprimée par quelqu’un la rend vraie.)

    Ainsi, je demande aux personnes qui pensent que toute vérité est relative (et qu’aucun bien n’est absolu) de se poser à elles-mêmes la question de savoir si elles sont capables de relativiser y compris le fait-même de leur existence (si elles sont capables de douter y compris du ‘bien’-fondé de l’affirmation « Je suis »)… Si elles sont honnêtes, elles s’apercevront que pour n’importe quel être, nier sa propre existence, même s’il le désire, est techniquement impossible.

    Voilà.

    Pour plus de détails, lire les dialogues socratiques et Blaise Pascal.

Eisangélie a écrit :

Lundi 22 août 2011

Les infirmes

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Surpris par l’orage, François se réfugia dans un lavomatic éclairé, comme il se doit, par deux tubes de néon dont l’un, sans doute en fin de vie, grésillait de façon suspecte.

Là, une jeune fille qu’une mélancolie miséreuse rendait étrangement séduisante, contemplait le tournoiement d’une machine en se lissant les cheveux, qu’elle avait fort longs et fort noirs, d’une main las et mécanique.

Il s’assit non loin d’elle, un peu gêné de n’avoir pas quelque linge à fourguer dans une des laveuses, histoire de ne pas passer pour un clochard ou un satyre.

Il commençait à se plonger consciencieusement dans la contemplation de ses baskets quand la jeune fille tourna la tête pour lui dire:

« Un vrai temps de chien, n’est-ce pas? »

A l’extérieur, des bourrasques de vent écrasaient d’épais paquets de pluie sur les murs et le sol détrempé.

« Ca c’est sûr… » bafouilla François en cherchant à toute force à éviter le regard de la jeune fille qui se mit à sourire doucement en ajoutant:

« Je suis désolée, mais je n’ai parlé à personne de toute la journée… »

Cette phrase glaça le sang de François qui réfréna l’envie de se précipiter sous le déluge pour déguerpir à toutes jambes. Comme toujours, les mots lui manquèrent. Il aurait voulu lui dire de revenir demain, qu’il aurait alors quelque chose de fin, d’intéressant, peut-être même de drôle, à lui répondre, mais il se contenta de hocher la tête en accentuant l’observation du bout de ses chaussures. Il en aurait pleuré.

Il n’était finalement que ce qu’il était, un connard quelconque qui attend la fin d’une averse pour rejoindre une énième soirée de soulerie crapuleuse peuplée de gens rigolards et bruyants qui mettent depuis bien longtemps leur linge au pressing ou chez bonne maman. Incapable d’un mot réconfortant, humain ou même de simple civilité. Autiste et, par là, presque insultant.

La jeune fille martyrisait maintenant nerveusement ses longs doigts osseux aux ongles rongées. Jolie malgré la pauvreté de sa vêture, sans maquillage ni apprêt, un beau livre enfouie dans la poche extérieure de sa veste fatiguée, elle correspondait pourtant largement au fantasme qu’il s’était construit durant tant de nuits d’ivresse. Il aurait pu voir dans cette scène un signe et une possibilité, mais ne ressentait que gêne et torture.

Déjà, la jeune fille avait repris son observation attentive et scrupuleuse du lave-linge, rangeant François au rayon des innombrables ombres croisées, incapables d’interrompre, ne serait-ce que furtivement, sa solitude et sa tristesse. Rien n’est plus égoïste et impuissant qu’une autre solitude et une autre tristesse. Ils le savaient tous deux, chacun recherchant une force qu’il n’avait pas.

La saloperie de pluie ne semblait pourtant pas vouloir s’arrêter…. Heureusement, la machine cessa avant elle et la jeune fille ramassa rapidement son linge avant de disparaître dans un anodin claquement de porte.

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Par amoyquechault.over-blog.com

Le plus beau des métiers : moraliste… (Raiponce à l’Indien)

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Ci-devant, l’intervention de l’auto-proclamé « Indien » sur mon précédent article Catharsis :

L’indien :

C’est surtout les commentaires qui m’ont fait réagir, l’article en lui meme est le copié collé typique de l’article réac. faussement subversif, provocateur, et donc pas du tout anti conformiste.

Je me suis permis de parler a vous tous d’un coup car vous me sembliez bien tous unis dans la meme démarche.
Ce qui me parait bien plus évident que votre « il y’en a » très vague qui démarre votre article.
Toujours ce dégoût des autres chez le réac,comme quoi ce n’est pas les étrangers qui vous dérangent mais bien tout ceux qui ne pensent pas comme vous.
Meme avec une france blanche et uniforme vous trouveriez le moyen de vouloir continuer a entasser certains dans des trains direction la frontière.

Alors bon je me trompe peut etre en disant tout ça, que vous nierez vouloir déplacer les genres tout ça, malgré le fait que la définition de réactionaire et conservateur est très clair, chacun a sa place.
Mais vous vous trompez a mon sujet moi aussi, je ne suis pas un gauchiste.

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Raiponce sort de sa tour d’ivoire et – à contre cœur – ramasse ses tresses pour se charger du malotru :

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Cher l’Indien,

Le « il y en a » supposément très vague que vous évoquez renvoie en réalité à cet article auquel j’ai emprunté son intitulé (c’était un clin d’œil ‘interne’) :

« Toujours ce dégoût des autres chez le réac,comme quoi ce n’est pas les étrangers qui vous dérangent mais bien tout ceux qui ne pensent pas comme vous. »

Pas de bol pour vous, en l’occurrence l’auteur du billet qui a inspiré le mien est un autre réac, avec qui je suis parfois en désaccord, et parfois en accord. Et non « quelqu’un qui ne pense pas comme moi ». Quoi qu’il en soit, de toute façon, je le respecte beaucoup : c’est l’un des rares autres blogueurs que je lise régulièrement et exhaustivement (sinon le seul).

« Meme avec une france blanche et uniforme vous trouveriez le moyen de vouloir continuer a entasser certains dans des trains direction la frontière. »

M’enfin, jamais je n’ai désiré entasser mon camarade blogueur, – même lorsque j’ai été en désaccord avec lui, lol – dans un train en direction de la frontière ! Vous êtes taré ou quoi ? C’est la controverse qui vous fait si peur ? Moi en revanche, elle ne m’effraie pas, vu que précisément c’est elle que je recherche – pour alimenter mon blog. Nous n’avons définitivement pas les mêmes valeurs !

[Nota bene : majuscule, à France ! C’est un nom propre et votre mère-patrie.]

[Second nota bene : j’espère que vous comprenez à quel point dès lors vous pouvez aller rhabiller votre a priori minable selon lequel il y aurait consensus et unité de style entre tous les blogues réacs. Vous êtes l’homme du ressentiment nietzschéen, l’Indien. – C’est vous le méprisant en l’occurrence, le gonflé d’amertume, le rance, le dés-aimant. Ce petit détail – qui veut dire beaucoup pour moi – fait de vous paradoxalement l’antithèse absolue de ce que le pseudo que vous vous êtes choisi tente de laisser entendre que vous soyiez. – C’est-à-dire un genre de Rousseau-iste, un naïf, un homme simple et bon, un enfant de la nature. (Laissez-moi rire!)]

Personnellement, pour que j’entame une controverse avec une personne, il faut pour cela que j’éprouve l’envie de lui consacrer mon temps et mon attention. [Bon, en l’occurrence, c’est un peu l’exception qui confirme la règle, je n’éprouve aucun désir de vous consacrer mon temps et mon énergie – mais disons que m’y efforce quand même, pour l’édification des masses.] Vérifiez donc ! « Raiponce » ne « raipond » jamais, en règle générale, qu’à d’autres articles/personnalité affiliés audit « monde réac » – et toujours avant toute chose parce qu’ils ont eu l’heur de réveiller mon esprit critique – ce qui est déjà un bon point à leur actif.
Jamais je ne fais la guerre aux gauchistes, et pour cause : il y a plus de diversité de pensée au sein de la réaction-même (et les ‘réactions’ des réacs à mes provocations sont justement bien plus intéressante, aussi), qu’il n’y en a dans tous le restant du panel politique (UMPS). – La blogosphère non-réac étant essentiellement composée de groupuscules d’individus grégaires agglutinés autour de leurs lobbys-fétiches, dont l’occupation principale consiste à se rassurer les uns les autres sur leur absence de différent intellectuel réciproque, en échangeant des politesses.

Vous autres, soit-disant partisans de la diversité (ethnique), l’êtes paradoxalement au détriment de la diversité intellectuelle… de la diversité des idées.

Cependant, voyez, je tiens personnellement en telle estime les individus capables d’élaborer une pensée originale et qui leur soit propre, que, paradoxalement, si mon interlocuteur réussit à me séduire par son érudition, le grand style de sa plume ou la virtuosité de sa faconde, dès lors sa couleur de peau et son origine ethnique cessent totalement de faire barrage à nos échanges – bien au contraire dirais-je même (croyez-vous d’ailleurs que celles-ci soient ‘visibles’, ici, derrière nos pseudos, sur le net?) :  car alors il devient mon frère humain, mon ‘prochain’ au sens biblique.

Ce que j’avance-là, vous pouvez le vérifier en lisant mes articles précédents où il est question d’un certain ‘Grodion’. Lorsque j’ai appris que ce dernier était en réalité un arabe prénommé Hafid, et qu’il m’a eu expliqué (au téléphone, d’abord) pour quelles raison il en était venu par le passé à intervenir dans la réacosphère en se faisant passer pour un musulman intégriste disposé à tous nous occire… eh bien, parce qu’il avait tout de même réussi auparavant à gagner mon estime, de par son intelligence, son brio et sa sensibilité, je ne l’ai pas rejeté pour autant ! Je suis d’ailleurs à l’heure actuelle encore en contact avec lui sur Facebook.

Vous, en revanche, vous pourriez bien être mon cousin germain ou mon frère, pour autant jamais je crois vous n’obtiendriez de ma part un traitement de faveur comparable. Car vous êtes dépourvu, et d’esprit, et de cœur. Vous venez pour blesser et non pour discuter. Je vous montre vos erreurs, et cela n’induit pas même une minute de silence, pas même le moindre doute de votre côté, la moindre pudeur, le moindre mea culpa… – Non, vous êtes bien trop à l’aise dans vos certitudes pour faire un pas de côté, ainsi pénétré que vous êtes du sentiment de devoir accompli que vous procure la croisade imaginaire que vous menez contre moi ! En cela vous ressemblez à Don-Quichotte : vous me prenez pour un dragon, et je ne suis qu’un moulin à vent… un bon moulin qui mout le froment de l’actualité, des livres et des siècles qui nous contemplent, pour le synthétiser en nourritures philosophiques.

Vous, êtes persuadé d’être du côté de la justice et du bon-droit.
Vous, vous présentez comme le gentil Indien venu affronter les méchants cowboys. Cependant les indiens dans votre genre sont loin d’être en minorité, dans le monde où nous vivons. Réfléchissez-y, ils sont même les hérauts de la pensée dominante actuelle… Tandis que nous autres, les supposés Cow-boys méchants, craignons la cruauté des vôtres, dans la mesure où c’est à peine si vous nous considérez comme des êtres humains, – dans la mesure où c’est à peine si vous nous jugez dignes de bénéficier de vos fameux Droits de l’Homme !

Nous autres, et c’était le message profond de cet article – que vous n’avez pas cherché une seule seconde à percer -, ne nous considérons malgré tout pas comme des « gentils ». Nous autres sommes d’accord avec vous en ce qui concerne notre profonde indignité morale, et la vacuité de nos existences. Nous autres, sommes des chrétiens, – et c’est pourquoi précisément admettons sans mal n’être que de pauvres pécheurs…

Mais contrairement à ce que vous supposez, je ne tire personnellement aucune gloire de cet état de fait. Au contraire, une telle lucidité est forcément cuisante pour l’âme : j’en souffre. Sachez ainsi que l’aiguillon contenu dans ce sentiment aigu de mon indignité originelle ne m’a jamais pour autant découragée de travailler à devenir meilleure, mais qu’au contraire il m’y a toujours encouragé. – C’est là tout simplement le message véritable des évangiles : qui nous incitent à l’humilité en vue de nous donner le goût du surpassement de soi et du sacrifice.

Ce que j’avoue, dans ce texte, c’est la réalité évidente de ma proximité intellectuelle et sensible avec un certain type de monstres. [Quoi que vous en pensiez, j’ai bel et bien passé dix ans de ma jeune vie aux côtés d’un individu particulièrement peu aimant et manipulateur – à qui, morale de l’histoire, j’ai un peu appris l’amour et qui lui m’a appris le reste.] Croyez-vous qu’un tel aveu soit chose aisée ? Ou croyez-vous plutôt qu’une telle auto-accusation, avec tout ce qu’elle porte d’infamant et de définitif, soit techniquement impossible et cache forcément une infamante fierté secrète ?

En vérité, cette boursoufflure narcissique qui vous permet de vous percevoir vous-même comme un saint en comparaison de moi, et de venir chez moi vous faire passer pour tel… – et cela sans rougir, sans la moindre nausée… – moi qui ai sans aucun doute bien plus souffert que vous, et avec davantage de dignité, ces dix années passée, que jamais vous-même ne souffrirez de toute votre vie… Cette boursoufflure narcissique, ce rictus auto-satisfait que vous arborez malgré un manque d’empathie flagrant à mon égard, et pour ainsi dire autistique… – c’est elle en vérité qui fait de vous un Incrédule, c’est elle qui vous fait paraître surhumain mon témoignage d’humilité !

Incrédule, car vous ne croyez tout simplement pas qu’on puisse continuer de lutter pour se tenir droit et agir avec justice, tout en ayant abandonné toute prétention à l’exemplarité morale.
Car vous ne croyez pas qu’on puisse trouver la force de se battre encore pour son bon-droit lorsqu’on a admis par ailleurs n’être pas en mesure de prouver au monde être ontologiquement supérieur (moralement parlant) au dernier des assassins.
Vous croyez que la découverte effrayante de la profonde a-moralité de ma nature (comme l’est toute nature en général), devrait faire de moi un être immoral… est-ce donc que vous-même n’êtes un être moral qu’au prix du mépris de la vérité profonde de votre être ?

C’est donc alors que le moraliste que vous jouez à être ne connait rien en vérité de ce pan sacré-là de la philosophie qu’est la Morale. Or voyez, dans mon infinie mansuétude, je suis – justement à cause de votre prétention – prête à vous l’enseigner.

****

« Alors bon je me trompe peut etre en disant tout ça, […] »

« Peut-être », oui ! *Euphémisme*

[Mais tout de même, je dois vous accordez une chose : faute d’arguments, de sens de l’humour et de don pour la lecture, vous possédez de l’imagination!]

« […] que vous nierez vouloir déplacer les genres tout ça »

Désolée, je comprends pas ce que vous cherchez à dire, là. Vraiment.
« et tout ça » est une formule inepte : non seulement vous n’êtes pas dans ma tête (j’espère ce coup-ci vous l’avoir tout de même fait sentir), mais je ne suis pas dans la vôtre non plus !

« malgré le fait que la définition de réactionaire et conservateur est très clair »

Ha bon ?

Vous en possédez une définition claire, vous ? Ca m’intéresse. Je vous écoute.

On va rire.

« chacun a sa place »

Vous voyez bien que non !
Il y a des exceptions, comme le moment-présent de ma Raiponce, qui montrent bien que derrière les barricades apparentes, et par-delà les clivages politiques, il y a aussi des êtres humains valables, qui sont prêts à tendre une main secourable à leur prochain !

Non, le monde n’est pas « que » politique ! – en fait.
Le final de mon article « Catharsis » était foncièrement ironique, – car il sous-entendait cela.

« Autant commencer par aller tout de go chez le docteur-de-la-tête passer quelques tests, se faire dresser un diagnostic – comme d’autres se font dresser leur thème astral – et puis seulement après, aller voter ; en suivant la consigne du praticien. Non ? »

Non ! Bien sûr que non !

Allons… une telle position est tellement profondément indéfendable ! L’affirmer, c’est déjà l’infirmer. Je pensais que tout le monde aurait compris.

****

« Mais vous vous trompez a mon sujet moi aussi, je ne suis pas un gauchiste. »

Ah oui ? En tout les cas vous m’avez tout l’air d’une sorte de ‘vigilant’. Un anti-fa en quête de « méchants » à dénoncer. J’attends encore que vous me démontriez le contraire.

Catharsis

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Il y en a apparemment qui nous trouvent lâches de ne pas passer à l’acte alors que nous sommes les premiers à admettre que les préoccupations politiques du tueur d’Oslo ressemblent aux nôtres en tous points. Ils disent que nous sommes protégés de devenir des monstres uniquement parce que du sang de navet coule dans nos veines et que nous sommes trop faibles pour quitter nos petits plaisirs et nos claviers. Je dis très bien, très bien…

Ainsi ces Saints Jean Bouche d’Or aussi raisonnent en psychanalystes :

« As-tu ressenti de la peine pour les victimes des attentats ? Choisir de ne pas ressentir d’empathie bon marché est une chose. Mais perdre la capacité à en ressentir spontanément est inquiétant ; c’est un trouble grave de la personnalité, fréquent chez les tueurs en série. »

« As tu présenté plus jeune de l’agressivité, de la rébellion, un sentiment de privilège ou de pouvoir se donner des droits ? Avais tu le sentiment d’être différent des autres, ta personnalité s’est elle développée à partir d’une vie imaginaire, inadéquate à la construction de relations socialisées ? As tu recourt à des fantaisies sexuelles telles que le fétichisme, le voyeurisme, la pornographie mettant en scène des activités autoérotiques, as tu eu des fantaisies de viol entre douze et quatorze ans ? As tu procédé à de la maltraitante d’autres enfants, élaboré des jeux destructeurs, t’arrives t-il d’avoir des rêves éveillés, des comportements de masturbation compulsive, t’isole tu assez souvent, es-tu un menteur chronique ? T’arrives t il de voler, te qualifierais tu comme un rebelle, es tu agressif envers les adultes, as tu fréquemment des cauchemars ? Le plus significatif (la triade meurtrière) as tu souffert dans ton enfance et ton adolescence d’énurésie ? as tu ou fais tu preuve de cruauté envers les animaux ? as tu procédé à la survenue d’incendies volontaires ?
http://tel.archives-ouvert​es.fr/docs/00/60/99/42/PDF​/theseLeBas.pdf « 

Perso, je me reconnais dans quelques uns des premiers traits de caractères suivants. Je décroche complètement à partir du moment où il est question d’avoir maltraité d’autres enfants, écorché des chats, s’être tripoté la nouille du matin au soir, avoir souffert soi-même de maltraitances, et fait longtemps pipi au lit. ^o^

En revanche, j’ai vraiment connu – et bien connu ! – un mec qui pouvait se targuer de combiner quasiment toutes les caractéristiques requises ci-dessus pour faire un bon tueur en série (sauf peut-être pour la pyromanie, ‘faut rien exagérer non plus ^^). Ouais. Et même qu’il venait aussi du milieu d’origine adéquat (qui n’est pas évoqué dans les citations que j’ai choisies-là, mais fait également partie du stéréotype)… – à savoir, des parents intégristes religieux (protestants en l’occurrence), dont l’amour s’était exprimé exclusivement de façon dogmatique, via la transmission d’une certaine conception figée de l’ordre, de la hiérarchie, et via l’exercice d’une piété contraignante. Bon, j’ai été la première à l’époque à tenter d’expliquer à qui voulait l’entendre que ce type était un psychopathe (et personne ne m’écoutait, mais c’est une autre histoire) …

[Oui, évidemment que le gars n’était pas totalement normal… Je ne vais pas vous raconter non plus qu’il était super sociable et totalement inoffensif, les psy ne sont pas à ce point à côté de la plaque ; ce serait de ma part pousser le bouchon de l’anti-freudisme un peu loin.]

Cela étant, avec le recul, que je sache, il n’a jamais tué personne ! L’adolescence passée, il s’est toujours conduit plus ou moins en bon garçon, et a toujours été +/- conscient qu’il avait davantage besoin que la moyenne de travailler sur lui-même et de maîtriser ses pulsions… Il faut avouer même que son petit côté qui donnait le frisson, les yeux gris-bleus glacials, les cheveux blond foncé très fins, sans reflet roux aucun, nordiques, l’épiderme laiteux aux teintes de rose, plus doux encore que celui d’une femme, plus fragile aussi, le corps d’athlète sans graisse aucune mais aux bras trop musclés, un peu disproportionnés, les traits de son visage démesurément enfantins, pas tout à fait assez réguliers non plus, mais durs et sévères… ses gestes gourds mais efficaces, la puissance générale du bonhomme, tant physique qu’intellectuelle, combinée à une immaturité (tant physique qu’intellectuelle également) extrêmement prononcée, cette hyper-rationalité morbide qui le caractérisait, avoisinant la folie… il faut bien avouer que tout cela, malgré un je ne sais quoi de trop dérangeant – de vraiment pas fini – au niveau du développement émotionnel, ne pouvait pas complètement me déplaire…

[Non, chers lecteurs, je ne suis pas en train de fantasmer avoir connu personnellement Anders Breivik… Je suis juste réellement en train de vous parler pour la toute-première fois de mon ex. … c’est-à-dire du mec qui partageait la vie de l’ancienne Millie un peu désaxée que seuls les plus anciens de mes lecteurs ont connue… – celle du Mimi’s Diogenes Club, celle que Denis l. persécutait… Hé oui !]

Effectivement, toute cette violence en puissance, ramassée sous la chaleur un peu factice de son sourire-façade, séduisait les femmes ! Nous l’avons découvert lui et moi ensemble, au bout de quelques années… Muni de la fine gangue de civilisation qu’il avait réussi – à mon contact, par imitation – à produire autour de sa terrible vacuité primale, et comme il développa, avec les années, une sorte de facilité naturelle qu’il avait tout de même reçue étant enfant pour exprimer de la tendresse (à défaut de pouvoir éprouver de l’amour ; mais bon on ne change pas non plus un ficus en poirier)… hé bien je fus la première surprise de le voir assez rapidement s’organiser une petite ascension sociale… C’est à ce moment-là, quand il commençait à voler de ses propres ailes, que de mon côté j’atteignais le quart de siècle et que mon horloge biologique me pressait de songer un peu à mon propre confort mental, (ainsi qu’accessoirement à la qualité du patrimoine génétique que j’allais léguer à mes futurs enfants), que je résolus de passer à autre chose coûte que coûte. On n’est pas non plus dans la vie pour expérimenter des spécimens humains extraordinaires ; on est là aussi pour aimer et être aimés. Et ces gens-là, même lorsqu’ils se font doux comme des petits agneaux, même remplis des intentions les plus louables, en sont parfaitement incapables… C’est la vie.

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En somme, pourrions-nous conclure, en ce qui concerne celui ou celle qui n’a pas le C.V adéquat, c’est peine perdue, c’est plié : personne n’aura jamais peur de lui/il ne deviendra jamais Barbe-bleue. Pour être méchant, il faudrait avant toute chose qu’il en ait la nature… les gars qui prennent peur d’eux-mêmes sans pourtant appartenir à la confrérie très sélect des psychopathes sont des gars qui se la racontent, et puis c’est tout !
Mais dans ce cas-là, donc – je me le demande un peu quand même… à quoi cela sert-il de faire de la politique ? … si au final, dans le mode de mise-en-action des idées politiques (insurrectionnel ou pacifique, individualiste ou grégaire, démocratique ou dictatorial.. etc.), seul le profil psy des personnes compte ? Autant commencer par aller tout de go chez le docteur-de-la-tête passer quelques tests, se faire dresser un diagnostic – comme d’autres se font dresser leur thème astral – et puis seulement après, aller voter ; en suivant la consigne du praticien. Non ?