Pondus meum amor meus ; eo feror, quocumque feror

*

Je veux que la nostalgie de l’amour me glace les chairs et les entrailles, qu’elle fasse crisser mes dents et fendille mes os. Je veux le souvenirs des joies que je n’ai pas connues et qu’il me vienne mordre au sein comme un enfant fantôme.

Je veux ce démon des envies inextinguibles qui assaille les cœurs pauvres, je veux qu’il sème en moi le prurit du ressentiment envers tous ceux à qui j’ai trop donné.

Je veux renaître plus bête encore qu’humaine. Et chanter le pâle contemporain des autres comme mon paradis perdu. Je veux que Dieu me regarde avec dépit. Que je sois celle qui Lui a tout volé : les vices des vertus que je n’ai pas & les vertus des vices que j’ignore. Qu’on dise de moi : « elle reçut davantage que son dû et ne s’en satisfît point ». Que Yéhova pris au piège de mes tissages de fil blanc, perde patience et s’empourpre ! Que mes parents ne soient jamais déçus d’avoir désespéré ! Et que le Jugement Dernier me trouve parfaitement indifférente. Amen.

par Irena Adler, lundi 31 octobre 2011, 22:05
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La conjuration des imbéciles

Ci-devant je vous donne à lire un tract politique sans vous dire d’où il provient :

J’aime Pasolini – son Evangile selon Saint Mathieu est un chef-d’œuvre que je ne renierai jamais, pour rien au monde.
J’aime aussi ces propos prémonitoires de lui, dans les Ecrits Corsaires.
Mais qui donc est la personne qui fabrique un tel « tract » politique ?
_ Horreur et damnation ! L’auteur de cette image est une fervente partisane d’E&R !  O_o
Dégoût suprême ! Nous sommes cernés !

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On ne peut plus élaborer une vraie critique de la société de consommation (comme Muray ou Houellebecq l’ont fait en leur temps, par exemple), sans se retrouver piégé à un moment donné, par inadvertance, avec les communautaristes amis des musulmans antisémites d’E&R !

Or, qui fait marcher les hommes au pas de l’oie dans le meilleur-des-mondes-possibles sous la banderole arc-en-ciel d’une société post-historique… sinon précisément l’idéologie du politiquement correct, typiquement communautariste, et d’origine américaine ?

Or qui vénère une telle vision-du-monde à la fois ploutocratique et négationniste à l’égard de l’histoire de France, sinon précisément la racaille bling-bling et les communautés religieuses porteuses d’un code pénal incompatible avec le nôtre, comme celui de la charria, en mal d’implantation chez nous ?

Cependant lesdites racailles et communautés religieuses ne se réclament-elles pas, lorsqu’elles prétendent faire de la politique, de la supposée anti-libérale E&R ?

Le monde marche sur la tête… la faute à qui ? La faute aux imbéciles.

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Cela étant, allez-donc critiquer, et la vision communautariste relativiste venue d’outre-atlantique, et la société de consommation, et même la course aux signes extérieurs de richesse et les démonstrations de virilité-par-la-thune typiques des racailles sans vous mettre à dos les libéraux !

Les libéraux chrétiens vous diront que vous réagissez comme un communiste. D’ailleurs Pasolini n’était-il pas communiste ?

Cependant, je ne suis pas communiste ! Dans les faits c’est même le contraire : je défends les valeurs chrétiennes en prétendant qu’il faut rendre à César ce qui appartient à César (à savoir les monnaies d’or imprimées à son effigie) – et rendre à l’Esprit Saint, à l’Eglise, à l’Histoire, au Droit de mon pays, les prérogatives qui sont les leurs.

Depuis quand est-il admis que Jésus prêcha l’avènement d’une société ploutocratique ?

4.1

Alors Jésus fut emmené par l’Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable.

4.2

Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim.

4.3

Le tentateur, s’étant approché, lui dit: Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains.

4.4

Jésus répondit: Il est écrit: L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

4.5

Le diable le transporta dans la ville sainte, le plaça sur le haut du temple,

[…]

4.8

Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire,

4.9

et lui dit: Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m’adores.

4.10

Jésus lui dit: Retire-toi, Satan! Car il est écrit: Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul.

4.11

Alors le diable le laissa. […]

(Evangile selon Saint Mathieu)

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Cela étant posé, voilà que les religieux chrétiens à leur tour s’estiment devoir faire front contre la société civile laïque aux côtés des autres communautés religieuses désirant implanter leurs lois propres chez nous (comme la communauté musulmane). Voilà qu’à présent ils n’ont rien de plus pressé que de rétablir l’interdiction du blasphème dans notre constitution républicaine ! Interdiction du blasphème qui ne peut pas avoir deux poids deux mesures, naturellement. C’est-à-dire qui conduira à terme toutes les Eglises à former des lobbys (comme il y a des lobbys de la cause Homosexuelle ou noire), et aboutira à faire de l’homme blanc athée leur ennemi commun à toutes. – Un bouc-émissaire en somme.

Je pose une question simple : de quel côté milite donc le Christ dans une configuration comme celle-là ?

Du côté de l’individu esseulé dans sa dignité-propre face aux différents clientélismes ayant pignon-sur-rue, face aux amas grégaires représentant un pouvoir électoral ? Ou du côté de ces chrétiens qui défendent les statues et les représentations du visage du Christ contre le message iconoclaste d’icelui ?

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Societé libre = Fascisme ? Le Chrétien n’est-il pas celui qui accepte la nature basse de l’homme , et non celui qui prétend la réformer en totalité ? (Prolo de La Lite)

Oui ça c’est en théorie. En principe la société libérale est une société qui prône la liberté individuelle et qui permet à chacun de se mesurer à ses propres insuffisances, en lui demandant de les dépasser. En principe une telle conception de la nature humaine – qui table sur le fait que chacun sera jugé selon ses mérites, et que personne n’est jamais exempt de torts susceptible d’être redressés – est conforme au dogme chrétien du péché originel.

En théorie, oui. Mais, dans les faits, le « Droit idéal » de la société libre, permettant l’égalité des chances pour chacun, existe-t-il ?

Non, bien évidemment. Il s’agit d’un effort permanent, mais pas d’un but susceptible d’être atteint. Tout simplement car le self-made-man qui se sera vu accordé par le destin de /parvenir/ uniquement par la grâce de ses mérites propres, ne peut cependant être décrété ontologiquement meilleur à ceux qui ont échoué. Tout simplement car certain mérites permettent certes de progresser socialement, d’autres de devenir riche, d’autres encore de passer à la télé, mais certaines autres vertus – qu’on a l’habitude de dire plus grandes – n’ambitionnent jamais ces honneurs séculiers-là, elles rendent même leurs possesseurs invisibles aux yeux vulgaires, et feraient paraître idiots des génies. Cette dernière sorte de mérite-là ne mène que très rarement ses heureux (?) bénéficiaires aux sommets de l’échelle sociale. [Il n’y a bien que dans les contes de fée – comme quand Malcolm (de la série américaine éponyme) finit Président des Etats Unis d’Amérique – et dans la très ancienne histoire de France que ce genre de chose a lieu.]

– Car si tel était le cas, si les hiérarchies existantes du monde dans lequel nous vivons devaient être crues conformes à une hiérarchie immanente dans « le royaume des Cieux », alors nous vivrions dans une société aussi idiote et primitive que la société indienne : une société de castes. Et effectivement en prétendant que les plus riches et les plus puissants sont toujours les mieux aimés de Dieu, on légitime à terme une société pyramidale ploutocratique fasciste.

Mais, pour quelle raison cette société pyramidale ploutocratique fasciste serait-elle injuste, pourriez-vous toujours me demander ?

En premier lieu, vous répondrai-je, car la réussite sociale est, dans les faits, toujours en très grande partie une question de chance. – Pour combien au juste de chefs d’entreprises très-ambitieux, à la tête remplie de beaux projets, et croyant très fort en le rêve américain, un seul devient-il réellement multi-milliardaire ?

Dans un second lieu parce que la réussite sociale ne fut jamais la seule haute ambition possible ici-bas : beaucoup d’hommes méritants et ambitieux voient l’argent comme un moyen et non comme un but. Ils travaillent pour manger, et mangent pour vivre, mais vivent pour aimer, créer et apprendre… Jamais ils ne voudraient, en revanche, vivre avec pour seule ambition de travailler et manger ! Plus encore, ils ne tiennent surtout pas à monnayer leurs passions et leurs amours… ils trouvent que ce seraient trop cher payé pour avoir le ventre plein ! De cette sorte, ils vivent conformément à des systèmes de valeur alternatifs/cachés… invisibles et incompréhensibles si on les aborde du seul point de vue du système pyramidal ploutocratique-fasciste.

Le simple fait que certains individus pauvres pourraient être riches mais ont fait le choix de ne pas l’être, pour des raisons – d’honneur notamment – qui dépassent en intelligence et en subtilité la plupart des gens riches, montre que les gens riches ne comprennent pas tout, – quand bien-même régenteraient-ils le monde du haut de leurs propres sommets dorés. Or Dieu étant par définition Celui-qui-comprend-tout, il est impossible que la morale alternative des petites gens, – des « anarques » ayant « eu recours aux forêts », selon les termes consacrés par Ernst Jünger – et qui ne souhaitent pas régenter le monde, Lui échappe.

Plus sérieusement, prétendre qu’ici-bas chacun puisse être rémunéré en argent à l’exacte hauteur de ses mérites (c’est-à-dire que cela soit la norme et non l’exception) est anti-chrétien par excellence. Car cela équivaudrait à confondre l’Ici-bas (dont le Maître-des-Apparences, a.k.a le Diable, est le Seigneur incontesté – cf : à ce sujet les théologiens protestants Luther & Calvin) avec le « Royaume des Cieux »… Cela équivaudrait à prétendre que la Justice immanente, celle aux-yeux-de-Dieu (et dont on prétend qu’elle sera rendue après l’Apocalypse, au Jugement Dernier), est en réalité rendue tous les jours par le dieu païen des richesses Ploutos.

Or si tel était le cas, pourquoi la religion chrétienne exigerait-elle – diable ! – un désintérêt foncier, un esprit de sacrifice de la part de ses croyants, pour l’amour de Dieu ? Pourquoi alors que pour faire la volonté divine, il suffirait finalement de ne penser qu’à sa gueule et de prospérer tranquille ?

Si tel était le cas – si Jésus était Ploutos – , les Seigneurs de jadis se seraient contentés de verser l’intégralité de leur or aux pieds du Dieu-commerce, au lieu d’en donner une partie symbolique aux prêtres pour qu’ils bâtissent des cathédrales et enchâssent des reliques de /martyrs/(!) dans d’inestimables reliquaires-bijoux.

Si tel était le cas, également, nos pauvre ancêtres bâtisseurs, qui retournaient la terre comme des bœufs pour faire pousser leurs enfants, qui allaient mourir à la guerre par patriotisme quand on leur disait d’y aller, n’auraient jamais rien fait de tout cela. Ils auraient davantage pensé à leur gueule, c’est-à-dire à court terme, et nous serions en France comme ils sont aujourd’hui en Afrique.

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Nous qui prétendons défendre, et la Liberté et le Droit, et les lumières de la raison et le christianisme, et continuer d’aimer l’Occident, et le mettre en garde, pour son bien, contre les excès de la société de consommation et de la société du spectacle, nous trouvons confrontés à une véritable conjuration. La conjuration des imbéciles.

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Lettre ouverte à Charlie-Blog

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La page Officielle de Charlie Hebdo sur Facebook est de nouveau en ligne. Les centaines de commentaires qui inondent la moindre publication ont de quoi rendre perplexe. Une bonne vieille rumeur prétend que des membres de la Ligue de Défense Juive auraient été arrêtés par la police et auraient avoué. De là à affirmer qu’une « machination contre les musulmans » est en marche, il n’y a qu’un pas allègrement franchi.

Les services en charge de l’enquête, joints par nous directement, n’ont « aucune information dans ce sens ». A-t-on une chance de faire entendre la simple vérité: pour le moment, nous ne savons pas qui a mis le feu aux locaux. Après la bataille rangée islamistes vs racistes qui a sévi, notamment sur Facebook, l’enthousiasme avec lequel la thèse du complot juif est reprise est tout simplement déplorable.

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Bonjour chers amis,

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Je suis une blogueuse (réac’, commondit), et donc pour ainsi dire vous voilà aux abords de « mon » territoire (et de celui des « miens »). Vous appelez cela être SDF, d’écrire sur le net… d’écrire /virtuellement/ pour la noblesse du geste, sans pognon ni gloire… – et de le faire en crânant : » Parce que c’est plus beau lorsque c’est inutile ! » – … Or oui, effectivement, si l’on va par là, il paraît qu’il y a de vrais SDF parmi nous – qui sont blogueurs. En tout cas, grâce aux cafés internet, ça ne leur est plus impossible. Et puis au moins ici, je suppose qu’ils ne puent pas des pieds… Certes, celui qui n’a plus de toit sur sa tête peut encore posséder un chez-lui intellectuel, un « ciel des idées », au sein du /réseau/ !

Mais quand on n’a jamais connu la vocation d’écrire que sous cette forme, et que par ailleurs on ne crève pas pour autant de faim, qu’on n’est pas pour autant réduit aux dernières extrémités de la misère IRL*, je peux vous assurer qu’on parvient très bien à oublier la disgrâce dont vous vous effrayez.

N’exister pour ainsi dire plus aux yeux de l’univers du verbe rémunéré, évoluer parallèlement à la presse papier, aux business des éditeurs et des imprimeries, oui, et alors ? Oui, et après ? La qualité de son /travail/ ne suffit-elle pas amplement à rendre le /travailleur-de-l’Art/ heureux ? Croyez-vous que le sacerdoce de l’écrivain ou du polémiste se doive forcément d’être inscrit – à égalité avec ceux du plombier-zingueur, du boulanger-pâtissier et du psychanalyste – dans le vaste cadre des échanges marchands de ce monde, et cela à moins de ne porter aucun fruit ?
Ne voyez-vous pas plutôt que celui qui a dit de l’artiste qu’il deviendrait fou s’il ne se faisait pas payer comme une catin pour ses bons offices, avait pour seule ambition de protéger un ordre établi dont il était actionnaire ? Il me semble pour ma part que les diverses activités de tapin qui consistent à marchander la joie du créateur, à évaluer le prix de son don total, à étiqueter l’ineffable et à classer les génies en rang par deux, sont au moins aussi dangereuses pour l’équilibre psychique de ceux qui portent en eux un besoin de créer – au moins aussi sûrement en tout cas que leur opposé : le désintérêt total.

/Mon Seigneur Jésus-Christ/ n’a-t-il pas dit de rendre son bien à César – c’est-à-dire de rendre à l’Esprit ce qui appartenait à l’Esprit ?

Je peux vous assurer pour ma part qu’ici, c’est-à-dire loin que nous sommes des vanités séculaires, et même enfermés dans un érémitisme que nous n’avons pas choisi, le plaisir d’écrire-en-vain, ainsi purifié, demeure… et que tout le reste est emporté.

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Chanson de geste

POST SCRIPTUM

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Vous écrivez ceci :

« Après la bataille rangée islamistes vs racistes qui a sévi, notamment sur Facebook […] »

Je me dois de vous détromper.
Face aux islamiste, il n’y a pas eu que des racistes primaires – (Et quand bien même ? – ai-je envie de dire, par provocation, refuseriez-vous la main tendue d’un homme – un Auvergnat comme moi, par exemple – au seul prétexte qu’il vote FN ?).
J’ai été là pour constater de visu que des gens /très bien/ (comprendre : pas des extrémistes) avaient pris le risque de venir laisser noyer leurs interventions pondérées et réfléchies par le raz-de-marrée de spam musulman dont vous avez fait l’objet – et cela dans un pur esprit de solidarité désintéressée avec Charlie Hebdo. Voilà des actes isolés particulièrement spontanés et courageux ! – Vous ne devriez pas ainsi jeter tous vos partisans et tous vos opposants dans le même sac (ne serait-ce que parce que des « racistes », comme vous dites, et des musulmans, il en existe des deux côtés du clivage qui nous intéresse). Cela a d’ailleurs beaucoup coûté à certains de vos habituels ennemis politiques, je le sais, de se retenir de vous jeter pareillement avec l’eau du bain, et d’accepter de prendre votre défense – même du bout des lèvres. – Et si cela leur a coûté, n’est-ce pas, ils n’en ont que plus de mérite.

Car, sachez tout de même que la plupart vous aurait volontiers crucifiés sur l’air connu du « Bien fait pour leur gueule – ces vieux cons ». Si vous ne le connaissez pas, je vais vous le chanter :

« Les vieux cons.

– Bien fait pour leur gueule !
– Jamais ne condamnèrent les excès des politiques immigrationnistes. Pourtant celles-ci furent initiées par les grands patrons des années 60. Mais jamais ils n’en conçurent matière à contester.
– ‘Prônèrent jusqu’au bout les vertus du métissage, et cela sans éprouver aucun besoin philosophique de se modérer ; jusqu’à atteindre la purification de leurs idées, jusqu’à atteindre leur propre inanité…
– Leurs élégantes raisons au final se muèrent en une idéologie sèche, dénuée de toute application pratique, en décalage complet avec les réalités du temps et du terrain ! Cela-même alors qu’on voyait déjà nettement se profiler à l’horizon un racisme inversé au sein des populations exogènes ! – Un racisme inversé, enfant de l’orgueil bohémien de venir-d’ailleurs, et bâti sur le mépris de notre terre et de nos vieux, des terriens qu’ils avaient été – de notre coq gaulois qui chante planté dans le fumier !
– Ils se sont peu à peu, et cela le plus naturellement du monde, et sans faire de bruit, rangés à-demi inconsciemment aux côtés des pouvoirs publiques… Célébrant par-là même un nouveau mariage princier entre sabre (ploutocratique) et goupillon (gauchisant-bien-pensant).
– Lesquels pouvoir publics, durant tout ce temps-là, au nom de ladite idéologie rassie dont ils s’étaient progressivement faits les hérauts – cette idéologie devenue aveugle et bête, dite « de la tolérance » (mais qui n’en était plus que le pâle relief mort-vivant, empaillé, synthétique) – s’évertuaient en réalité à /tolérer des intolérants/, et cela au détriment du bien-être de ses propres administrés indigènes – et en particulier, comble du contre-sens politique, ceux de basse condition !

« Oui, vous les vieux cons,

– Bien fait pour vos gueules !
– Votre façon de valoriser des pseudo-cultures d’importation, en bon héritiers inconscients que vous êtes de l’orientalisme onirique des romantiques du siècle avant-dernier, et d’abandonner peu à peu toute fierté de la votre, de culture (à savoir la nôtre aussi : celle de vos enfant)… c’est la véritable origine du mal ! – Car c’est la raison profonde pour laquelle l’intégration des populations immigrées à notre identité-nationale propre s’est muée en échec.
– Comment vouliez-vous leur donner envie d’appartenir à une nation désormais honteuse de ce qui avait constitué sa propre grandeur – honteuse de l’âme de son peuple, âme libre (étymologiquement /affranchie/) et ombrageuse – donc honteuse de son histoire ?
– Et comment vouliez-vous nous donner à nous, vos propres enfants, l’envie d’être nous-mêmes, nous qui étions les enfants d’une génération qui avait bradé ce qui aurait dû être son héritage ? – Nous avions été élevés pour adorer tout ce qui n’était pas nous, alors qu’on ne nous avait même pas informé de ce que nous étions censés être nous-même !
– Comment vouliez-vous transmettre aux jeunes – indigènes et exogènes confondus – l’orgueil d’être français, si désormais Marianne ne parvenait plus à se définir elle-même autrement que comme une sorte d’/amoureuse/ – a.k.a, l’amoureuse putassière collabo-tondue de tout ce qui ne lui ressemblait pas ?
– Marianne, à cause de votre génération, ressemble davantage aujourd’hui à une actrice de cabaret qu’à la fière & belliqueuse Pallas.
– Oh, dites-nous seulement dans quelle contrée éloignée, périlleuse et sauvage, vous êtes allés enchaîner l’esprit philosophique de la Nouvelle Athènes qu’était censé devenir notre pays !… Dites-le nous, que nous allions délivrer la Déesse !

Pour survivre, il nous faudra trancher un nœud gordien. Car voici : vous nous avez légué une aporie logique. Une aporie logique : voici tout notre héritage – l’héritage-en-creux des générations suivantes sacrifiées !
Certes, l’ « aporie », sous la forme primitive, exaltante, du paradoxe, alors qu’elle n’en était encore qu’à l’étape de la germination, a permis aux vieux cons de se sentir libres durant leur propre jeunesse. Mais désormais elle a évolué sous la forme dangereuse d’une plante grimpante et carnivore : elle est devenue l’entrave des jeunes ! Il faudra donc s’en débarrasser à l’épée.
Que les Saint-Jean-Bouche-d’Or crèvent par là où ils ont péché ! Qu’en disparaisse jusqu’à notre souvenir malade!

– Et bien fait pour leurs gueules. »

Tel est l’ « air connu » qu’aurait volontiers chanté la plupart des « réacs » (comme on les appelle), durant votre montée au Golgotha, au jour de votre écartèlement sur la croix de vos propres contradictions internes. Pourtant certains (comme moi-même) ne l’ont pas fait, et se sont souvenus avec tristesse, à travers vous, de l’égarement intellectuel et politique dans lequel végètent actuellement leurs propres parents. Certains comme moi se sont remémorés, plus encore, avoir été nourris, étant encore tout jeunes, au lait étrange de vos textes sensuels et de vos images obscènes… et, le court temps d’un accès de piété filiale, pour prendre votre défense, ils ont oublié leur dégoût ordinaire de cette mauvaise éducation

Bien à vous,

I.A


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* IRL = In real life