Du dandysme, des sommets – Dialogue

_Non, la « posture » réac ne saurait être confondue avec le goût du luxe et des choses-qui-brillent que partagent de concert les racailles, les nouveaux riches et les catins.

_Oui, le dandysme est un plaisir de riche, mais qui ne nécessite pas d’être fortuné.

_Si, la « posture », c’est important : comme on se poste, on tire.

_Si le point de vue est fonction d’où l’on se place, alors il est important de ne pas vivre n’importe comment, afin de ne pas penser n’importe quoi.

/Pas n’importe comment/, c’est ça. Il s’agit d’un saut qualitatif et non quantitatif. Ce n’est pas juste une histoire de /haut de gamme/. (P.H.)

_Tenir une « posture intellectuelle », ça prête à rire ; en revanche tenir « un poste avancé » seul face à l’ennemi, ça veut dire quelque chose…

Dans la nature le roi c’est le Lion – qui est une bête à la musculature puissante, avec de grands crocs. Mais dans la grande cité des hommes, le Lion n’est rien d’autre qu’une bête de foire, un « monstre », qu’on montre aux enfants derrière des barreaux.

Dans une forêt vierge, au milieu d’une tribu d’indigènes, Soral avec sa bite et son couteau est sans doute très performant… mais quand il se mêle de faire de la politique, il ne réussit qu’à continuer sa carrière d’amuseur public.

Exactement de la même manière, ces gens qui se croient les plus intelligents du monde parce qu’ils sont littéralement « les rois du pétrole », et achètent la moitié du Louvre, et subventionnent la Sorbonne à seule fin de le prouver, demeurent en réalité des imbéciles… ils sont comme des singes entrés en possession d’un reliquaire et qui s’en servent d’écuelle à boire. Le pétrole ne peut rien en vérité, ni pour ni contre la philosophie, l’histoire, les poésies ou les romans de nos aînés…. Ces différents « biens » évoluent simplement dans deux espaces-temps différents.

Ainsi le luxe (pris au sens traditionnel de pétrole-caviar-bimbos-diamants-champagne) aujourd’hui est devenu le comble du vulgaire. C’est bien pourquoi justement le dandysme, qui consiste à déplacer la notion de luxe sur des objets qui ne font pas envie au « vulgus pecum », est plus que jamais d’actualité.

Je ne m’abaisserai pas à désirer ce sur quoi le parvenu-lambda (footballer, interprète du tube de l’été, etc.) se jette, le premier gros chèque encaissé. Ou du moins je ne m’en vanterai pas.
En revanche, quand je prépare un gratin de citrouille et de navets au chaours, j’ai la douce impression de me surelever d’une masse avide et de l’avoir à portée de miction. (P. H.)

De même, Proust ne disait-il pas : »Laissons les belles femmes aux hommes sans imagination » ?

Quelle horreur d’avoir un physique qui plait à tout le monde, y compris au premier footballer CPF venu ! N’est-ce pas ?

Horreur, je ne sais pas… Je suis moi-même d’une beauté massivement accessible. ;) J’utilise mon apparence comme le cheval de Troie de mon besoin de déplaire. Je suis conscient de mon ridicule, je dépends de la masse si je me définis par opposition à celle-ci. Disons que je tâche de faire partie d’un rayon de la roue dont le centre est aristocratique et la circonférence est vulgaire. (P. H.)

Je fonctionne exactement comme vous.
Et je vais plus loin que l’image : mon pseudo aussi (Irena Adler), a la même fonction. – Me protéger et m’attirer l’amitié de tout le monde a-priori. :)

Il y a une différence, seulement, c’est que moi, contrairement à vous, je sais que je ne suis pas ridicule en faisant ça ; car je n’y vois pas de foncière contradiction. Avant il faut dire que j’avançais avec davantage de cœur et de transparence, mon but n’était pas de déplaire, mais seulement d’apporter ma façon de voir au débat réac’ et de la défendre dans les règles, en combat régulier… or on m’a beaucoup maltraitée pour cela. – J’ai réellement « déplu » beaucoup, et sans appel. Au point même que personne ne puisse plus me lire correctement, car tout le monde colportait à mon sujet un a-priori négatif ; c’est triste mais c’est comme ça.

J’ai appris de mes erreurs et je sais maintenant qu’il faut pactiser avec le maître des apparences pour le faucher par derrière. C’est la leçon que j’ai retenu de mes cours d’écriture intensifs sur le net : pour être compris, point ne suffit de « dire » les choses, il faut encore capter la bienveillance d’un public en maîtrisant un certain nombre de modalités de communication. – Et la « bonne présentation », « la déclaration de bonnes intentions », ainsi que « la capacité à maîtriser les codes d’une tribu », en font partie.

Maurice G. Dantec a eu cette phrase pleine de bon-sens : « L’homme est un stratagème de Dieu pour tromper le Diable ».

La seule façon de tromper le Diable, c’est effectivement de ne surtout pas sombrer dans le vice de pureté, – c’est-à-dire de rester humain. :)

Voilà. On aura beau enculer les mouches au centre de ma roue, dans les formes et avec toutes la parade nuptiale requise, elle ne tournera pas si personne ne sait faire le grand écart pour incarner les rayons.
Rayons qui se courbent dans une phase d’accélération. (La torsion dérive de l’accélération qui dérive de la vitesse qui dérive de la position.) La droiture n’est possible que dans l’immobilisme ou quand l’allure de croisière est atteinte.

Amusante métaphore, P. H.

Savez-vous quel symbole bouddhiste figure justement ce mouvement de tournoiement des pôles moraux opposés l’un avec l’autre et l’un sur l’autre (bien contre mal/yin&yang/dragon-phœnix)… Comment les bouddhistes représentent cette danse des opposés que génère le réel dans le cerveau humain et qui génère le réel en retour ? … Quel est le symbole qui seul permet de passer de la théorie (représentée sous la forme du tao, a.k.a : ☯ ) à la pratique ?

La roue ?

Ha ha ! Oui, c’est un symbole solaire (entre autre).
Mais qui a pour particularité de figurer un mouvement. Le mouvement tournoyant d’une roue qui est à la fois un soleil et une croix. ^^

Allez, je n’y tiens plus !

http://fr.wikipedia.org/wiki/Svastika

Ha ha !

Les mystères des sociétés secrètes à l’origine des HLPSDNH s’ouvrent aujourd’hui à vous, P. H !

Vous voilà initié. :)

‎ »On aura beau enculer les mouches au centre de ma roue, dans les formes et avec toutes la parade nuptiale requise, elle ne tournera pas si personne ne sait faire le grand écart pour incarner les rayons. »

C’est exactement ça qu’ils se sont dit : « Il faut bien qu’il y en ait qui se dévouent pour actionner le monde du côté obscur de la force », pour faire le sale boulot, en somme. :)

« Rayons qui se courbent dans une phase d’accélération. (La torsion dérive de l’accélération qui dérive de la vitesse qui dérive de la position.) La droiture n’est possible que dans l’immobilisme ou quand l’allure de croisière est atteinte. »

C’est ça. A un tel niveau d’accélération et d’altitude, loin au-dessus des destinés minables des hommes vulgaires, toute droiture devient impossible, la « torsion » est nécessaire.

Hé hééé… j’adore réinventer l’étincelle qui met le feu aux poudres avec vous P. H. !

Comprenez-vous à présent pourquoi certaines pensées sont interdites (car jugées, de fil en aiguille, trop dangereuses) dans le monde post-39/45 dans lequel nous vivons ? :)

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