Vous avez un trou, là.

Mais ce n’est pas « elle » qui vous l’a fait.

Elle, c’était le bouche-trou.

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Oh, rassurez-vous, ceci je ne le dévoile pas : tout le monde le sait.

C’est pour cela qu’on se raconte des histoires : ça sert de cache-misère ; c’est pour cacher qu’il n’y a rien, que la réponse est dans l’absence de raison.

La mélancolie, c’est l’absence de raison, pas la multiplicité ou l’importance des causes.

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Voilà justement pourquoi nous sommes des idéalistes, des combattants et des chamanes. L’idéal est une source de chaleur qui permet la cicatrisation temporaire du « trou ».

Ce trou, c’est la place en nous qui est réservée (que nos parents ont réservée) pour l’Idéal.

Or l’Idéal est un genre de mirage : si l’on cesse d’y croire, on ne le voit plus. Mais celui qui croit assez fort peut le réaliser. Alors, il a la sensation de pratiquer la magie. Il vole, c’est électrique, c’est pathétique, c’est télékinésique, c’est new-age et ça fait des « waves »… Jean-Claude Van Damme sait. Celui qui peut danser cette danse, marcher sur ce fil, ce fil qui est tendu en travers du gouffre insensé, il est tout-puissant, il peut comprendre les idiots, et faire parler les pierres rien qu’en leur parlant ; il est le pantin de Nietzsche, il est aussi ridicule que grandiose, il ressemble à un génie. Mais beaucoup plus de monde qu’il ne croit le connait et le comprend.

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Brel l’a dit, ce n’est qu’une question de foi : si tu y crois, les autres ricaneront, mais toi tu seras gai et libre. A toi la grande santé, la passion, l’innocence du rêve éveillé. Ton imaginaire sera autour de toi : tu y habiteras au lieu qu’il t’habite. Ce sera merveilleux.

D’aucuns appelleront cela la psychose, mais ce ne seront que des envieux.

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