« Car vous aurez toujours des pauvres avec vous, mais vous ne m’aurez pas toujours… »

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« J’estime un philosophe dans la mesure où il peut donner l’exemple. »
(F. Nietzsche, Considérations intempestives, III. 3.)
[Citation en exergue du nouveau « brûlot » d’Onfray,
L’Ordre Libertaire, La vie philosophique d’Albert Camus.]
 

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Fascisme Fun/Fafounet de la Fafounière/Bollocks
· 6 amis en commun:
Irena Adler, votre christianisme n’est qu’une posture intellectuel. Il n’est ni traditionnel ni mystique, c’est votre joujou mondain. Eisangélie a maintes fois écrit sur l’hypocrise de ces cathos Louis Vuitton qui après la messe vont s’empiffrer de viennoiseries sans daigner à jetter un regard sur l’estropié gitan qui fait la manche au coin de la rue. C’est amusant que vous citiez tout le temps Eisangélie, lui qui ne cesse de crucifier votre posture et celle de tous les cul-bénis emplis de tiédeur qui contribuent autant à vider les églises que Darwin et Vatican 2.

30 décembre 2011, 19:15 ·

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Eisangélie et toi, qui contrairement à moi avez été baptisés, qui contrairement à moi avez reçu une éducation bourgeoise, qui contrairement à moi sortez régulièrement le samedi soir et menez tranquillement vos petites vies de célibataires parisiens, vous pensez pleinement chrétiens lorsque vous donnez la pièce à un gitan et que vous vous privez de viennoiseries.

Mais pourquoi de mon côté donnerais-je mon goûter à des gitans, dites-moi ? – Vous autres dont les aïeuls étaient déjà gras et contents, habitaient en ville et portaient l’hiver des vêtements qui leur tenaient chaud, avez beau jeu de cracher sur les croissants aux amandes et les brioches… pour vous ils sont synonymes de décadence, car à vous ils n’ont jamais manqué. Pour ma part, quand je vais acheter du pain, figurez-vous que je prends garde d’en réserver l’éventuel surplus au congélateur : je sais d’où il vient, je sais comment pousse le blé. Je n’aime pas à le gaspiller car je ne suis pas sans savoir qu’il est le fruit de la terre, et pas de n’importe quelle terre : celle de la France, mon pays. Il y a une superstition héréditaire, dans les campagne, en rapport avec l’acte de jeter ou de gaspiller la nourriture : par instinct nous croyons que cela porte malheur, car autrefois le boulanger bénissait son ouvrage avant de l’enfourner, car nous devinons que le corps du Christ dort dans les nourritures terrestres dont nous vivons. On dit que les Bourbonnais et les Auvergnats sont avares… non ils ne sont pas avares ; ils sont économes. C’est le lot des peuples chez qui se transmet, par l’éducation, la peur de manquer.

En vérité c’est vous autres, qui êtes dans la droite ligne de Vatican 2 ! Nantis de votre rebellitude à la gomme épinglée en sautoir, vous incarnez la chrétienté du XXIe siècle, celle qui pense qu’il suffit de rejeter la vie, l’en-vie, la faim de pain, la faim de chaleur humaine et l’amour charnel, pour ne pas pêcher. Vous êtes Frigide Barjot aux JMJ, vous êtes le père Guy Gilbert chez Ardisson… Des marionnettes grimaçantes remplies de culpabilité mais dénuées d’humilité vraie.

Wannabe, déclassés, élevés pour vivre au-dessus de vos moyens, par dépit vous avez fini par vous retourner contre l’or qui vous manque… contre la richesse. Mais comme c’est l’aigreur de n’en avoir pas qui fondamentalement vous guide, et non pas une haine véritable de l’injustice, au lieu de vous en prendre à l’injustice, à ses racines, vous vous attaquez à la richesse sous toutes ses formes ; c’est-à-dire y compris aux richesses du cœur et à celles qui ont trait à l’esthétique, à la beauté. En cela aussi, vous êtes des socialistes. Là où les vrais pauvres n’aspirent qu’à s’élever, vous n’aspirer qu’à tout niveler par le bas.

La tiédeur morale, elle est de votre côté : là où vous devriez songer en priorité à vous soumettre à vos propres principes, vous n’avez de cesse d’accabler les autres… Lorsque je donne à lire le récit de certains de mes actes et aventures pour donner de la crédibilité à mes paroles, vous me taxez d’impudeur. Mais si je me contente d’exposer mes opinions sans prendre la peine de m’en justifier sur le plan existentiel, alors vous vous mettez à me prêter un mode de vie qui n’est pas le mien et à m’inventer des vices cachés à seule fin de discréditer mes paroles ! Existe-t-il pour autant le seul petit début d’une véritable aspiration à la cohérence philosophique, de votre côté ? Songez-vous régulièrement à dans quelle mesure vos engagements politiques et idéologiques interfèrent avec votre mode de vie, à la façon dont vous devriez être tenus de vivre en conformité avec vos piétés ? Je ne le crois pas.

Eisangélie aurait beau jeu de critiquer ma supposée mondanité, lui qui est entouré d’amis et sort souvent, alors que je n’ai pour ainsi dire pas d’amis et ne sors quasi jamais ! Par ailleurs, vous autres qui me traitez de pute, il y a de grandes chances que votre vie soit d’un type bien moins monacal que la mienne : car on peut être épicurien – et à ma façon, effectivement, je le suis – sans pour autant être décadent… Voyez Onfray l’hédoniste, qui vit reclus dans sa cambrousse, solitaire, attaché à son oeuvre, le coeur empli de piété filiale !

C’est une poutre qu’il y a dans votre œil ! La paille qu’il y a dans le mien en tout cas vous obsède bien trop pour que vous n’ayez rien à vous reprocher !

Quoi qu’il en soit, pour ma part, je m’efforce de vivre une vie qui ne fasse pas injure à ma piété. Ce pourquoi j’estime par ailleurs qu’exposer par le menu les différentes aventures tragiques dans lesquelles ma piété ordinaire m’a jetée à plusieurs reprises, ne devrait pas poser problème… Quel honte y a-t-il en effet à évoluer dans la vie en empruntant des chemins ronceux d’expiation ? De même, où se loge-t-elle, la fameuse vanité que toujours l’on me reproche, dans cet exposé difficile de mes infortunes ? Si j’étais vaniteuse prendrais-je la peine de vous faire voir les trous de ma chemise, et les entailles faites à plusieurs reprise par des auctoritas et des mondains, en ma dignité ?

Il y en a tant d’autres qui se comparent au Christ – artistes, « performers », écrivains et tutti quanti – pourquoi suis-je la seule à peu près à qui vous l’interdisez ? Pourquoi la chose, chez moi, fait-elle davantage ricaner et médire qu’à l’habitude ?

Quand un Jean-Louis Costes, une miss-France, une Lady Gaga, se fait prendre (en photo) sur la croix de Jésus, tout le monde s’en fout, pourtant, personne n’y prend garde.

La question qui vous obsède, enfin, la voilà : « Est-elle riche ? » « Est-elle pauvre ? » – Eh bien, une fois n’est pas coutume, je ne vous répondrai pas. A la place je citerai les Evangiles (selon Matthieu) :

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6.16
Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, pour montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense.
6.17
Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage,
6.18
afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.
6.19
Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent;
6.20
mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent.
6.21
Car là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur.
6.22
L’oeil est la lampe du corps. Si ton oeil est en bon état, tout ton corps sera éclairé;
6.23
mais si ton oeil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres!
6.24
Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon.
6.25
C’est pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement?
6.26
Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans des greniers; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux?
6.27
Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie?
6.28
Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement? Considérez comment croissent les lis des champs: ils ne travaillent ni ne filent;
6.29
cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux.
6.30
Si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs, qui existe aujourd’hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi?
6.31
Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas: Que mangerons-nous? que boirons-nous? de quoi serons-nous vêtus?
6.32
Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin.
6.33
Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu; et toutes ces choses vous seront données par-dessus.
6.34
Ne vous inquiétez donc pas du lendemain; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.

***

26.6
Comme Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux,
26.7
une femme s’approcha de lui, tenant un vase d’albâtre, qui renfermait un parfum de grand prix; et, pendant qu’il était à table, elle répandit le parfum sur sa tête.
26.8
Les disciples, voyant cela, s’indignèrent, et dirent: A quoi bon cette perte?
26.9
On aurait pu vendre ce parfum très cher, et en donner le prix aux pauvres.
26.10
Jésus, s’en étant aperçu, leur dit: Pourquoi faites-vous de la peine à cette femme? Elle a fait une bonne action à mon égard;
26.11
car vous avez toujours des pauvres avec vous, mais vous ne m’avez pas toujours.

***

11.15
Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.
11.16
A qui comparerai-je cette génération? Elle ressemble à des enfants assis dans des places publiques, et qui, s’adressant à d’autres enfants,
11.17
disent: Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé; nous avons chanté des complaintes, et vous ne vous êtes pas lamentés.
11.18
Car Jean est venu, ne mangeant ni ne buvant, et ils disent: Il a un démon.
11.19
Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et ils disent: C’est un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des gens de mauvaise vie. Mais la sagesse a été justifiée par ses oeuvres.
11.20
Alors il se mit à faire des reproches aux villes dans lesquelles avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu’elles ne s’étaient pas repenties.

***

Matthieu 12 :

12.1
En ce temps-là, Jésus traversa des champs de blé un jour de sabbat. Ses disciples, qui avaient faim, se mirent à arracher des épis et à manger.
12.2
Les pharisiens, voyant cela, lui dirent: Voici, tes disciples font ce qu’il n’est pas permis de faire pendant le sabbat.
12.3
Mais Jésus leur répondit: N’avez-vous pas lu ce que fit David, lorsqu’il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui;
12.4
comment il entra dans la maison de Dieu, et mangea les pains de proposition, qu’il ne lui était pas permis de manger, non plus qu’à ceux qui étaient avec lui, et qui étaient réservés aux sacrificateurs seuls?
12.5
Ou, n’avez-vous pas lu dans la loi que, les jours de sabbat, les sacrificateurs violent le sabbat dans le temple, sans se rendre coupables?
12.6
Or, je vous le dis, il y a ici quelque chose de plus grand que le temple.
12.7
Si vous saviez ce que signifie: Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices, vous n’auriez pas condamné des innocents.

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