Vulnérable

Trois fois j’ai prié le Seigneur de l’éloigner de moi, et il m’a dit: Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi.

C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ; car, quand je suis faible, c’est alors que je suis fort.

St Paul, 2 Corinthiens, XII – 9/10

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[Merci à Polydamas pour cette découverte]

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J’ai eu plaisir à visionner cette vidéo. J’aime bien la simplicité de la conférencière, si typiquement américaine, son enthousiasme, sa générosité (paradoxalement)… Même s’il n’y a rien dans ce petit cours magistral (je ne sais si l’on peut appeler ça ainsi) que nos bons vieux moralistes français n’aient déjà exprimé mille fois en une poignée d’aphorismes intemporels…

Seulement, elle oublie une chose. Elle a beau jeu, cette aimable universitaire, de prôner le lâcher-prise. Elle qui a reçu la meilleure éducation possible et dont la psychée semble avoir été structurée par un horloger suisse, a eu tout le temps de progresser socialement et de se bâtir une carrière scientifique avant de découvrir la nécessité de laisser une place à sa « vulnérabilité ». Mais si elle l’avait fait plus tôt – si elle avait toujours su aimer et s’ouvrir à l’autre – il y a fort à parier qu’elle n’aurait jamais pu trouver en elle la ressource de stabilité émotionnelle nécessaire à de longues et laborieuses études… C’est son amour de l’ordre et du travail bien fait qui l’a portée de réussite professionnelle en réussite professionnelle, tout ce temps où elle ignorait encore la vertu de l’amour inconditionnel et de la transgression des barrières mentales. Car j’en ai connu, des jeunes gens qui étaient nés doués pour l’abandon d’eux-mêmes au désir de l’autre, des qui attendaient d’être ravis par les hasards de la vie. Ces jeunes gens qui avaient tout pour faire de vrais poètes, ont généralement fini mal : les uns grêvés par un excès de maturité sexuelle qui les a menés à la débauche et à la perdition, les autres embourbés dans un doute philosophique intersidéral en lequel ils ont abandonné toute raison, tout désir…

Ce que cette brave femme, protégée par ses certitudes étroites, ne voit pas (ou plus) c’est qu’on a eu raison de l’avertir contre les excès de vulnérabilité émotionnelle, en ce qu’ils sont non seulement destructeurs pour les psychés en cours de formation, mais aussi trop souvent les vecteur de l’immoralité des adultes. C’est bien connu, les gens faibles, qui ne se protègent pas eux-mêmes, ne peuvent non plus protéger les autres. Celui qui peut changer de certitude/de camp à mesure que le vent tourne (attitude que le monde marchand valorise en tant qu’elle est signe d’adaptabilité et de malléabilité) certes, celui-ci court vers sont bonheur, mais il est aussi un être dénué de piété et de fidélité – et sa façon d’être, les anciens l’auraient réprouvée. Voyez par exemple la femme qui suit toujours son instinct ou son appétit en matière amoureuse, fait-elle une bonne éprouse, fait-elle une bonne mère ? – Les enfants ont plus besoin de règles et de stabilité pour s’épanouir, que de vivre dans l’ombre d’un parent fêtard qui ne songe qu’à sa jouissance propre. On n’a jamais bâti, quoi qu’on en dise, des dynasties pérennes sur les sables mouvants de la passion effrénée : les fondations des grands royaumes sont d’abord rationnelles, de même qu’une cité puissante ne devrait jamais abattre ses fortifications, ni dissoudre son armée. Plus encore, celui qui va toujours à son intérêt immédiat est celui qui ne se projette pas dans l’avenir – là où la Cigale vit sans compter, d’amour et d’eau fraiche, en se donnant en spectacle contre quelques pièces au premier venu, la fourmi amasse avec le temps (et la patience) un véritable trésor dans les entrailles de sa terre – un trésor qui vaudra cher aux yeux du Seigneur au jour où éventuellement elle s’avisera finalement de le Lui sacrifier…

C’est là exactement ce qu’a découvert – pour son propre bonheur – l’universitaire qui s’exprime dans la vidéo : pendant toute sa jeunesse laborieuse et patiente, elle a consolidé de vieilles certitudes jusqu’à ce que celles-ci deviennent lourdes et puissantes comme une armure d’airain, sa force de volonté s’est enracinée, jusqu’à ce celle-ci devienne pour elle une seconde nature, ainsi au jour où il a fallu rendre des comptes au Seigneur, elle s’est présentée devant lui casquée et auréolée de mérite, comme une noble, et non comme une souillon. C’est seulement alors qu’elle a pu goûter la joie inouïe d’un tout-premier abandon entre Ses mains. L’ abandon de soi, la vulnérabilité émotionnelle, aux yeux de ceux qui n’ont connu qu’eux dans la vie, paraîssent un poison perfide : pour ceux-ci un tel poison est la cause première de leurs nombreux échecs, et ils ont le sentiment de lui devoir de n’avoir jamais pu se rendre maîtres de leur propre destin. En revanche pour celui qui d’ors et déjà est son propre maître, s’agenouiller de temps en temps aux pieds de plus puissant que soi (- Dieu, ou l’amour, ou le destin, ou la chance), est le seul moyen de goûter un peu à la joie d’être-au-monde, – d’avoir un avant-goût du paradis.

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Athéisme vs Islam

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L’athéisme (à tout le moins l’esprit laïc) est objectivement la meilleure défense dont nous disposions en France pour lutter contre l’intégrisme musulman meurtrier. Si la gauche n’avait pas abandonné son esprit laïc historique pour de basses questions ayant soit-disant trait aux « droidlommes » (sauce Benetton), nous n’en serions pas là… C’est d’ailleurs la faiblesse de toutes les gauches européennes : elles ont conservé du socialisme ce qu’il comportait intrinsèquement de plus mauvais (sa partisânnerie, son militantisme moutonnier, sa volonté de diriger les consciences, sa vocation à rééduquer le peuple, sa façon de tuer dans l’œuf toute contradiction intellectuelle construite – donc paradoxalement, ses aspects les plus autoritaires et fascistes), mais pas son parti-pris d’athéisme. S’est rajoutée également, de façon bâtarde, par-dessus cette première influence historique (particulièrement forte) du socialisme dans les pays européens actuellement protestants, l’influence de la vision Américaine communautariste. Cette dernière a joué un rôle non négligeable dans la situation désastreuse dans laquelle se retrouvent actuellement les pays du nord face à l’immigration pan-islamique. En effet, le communautarisme est valable pour une société post-historique dont la population est entièrement composée d’immigrants, et dont on a massacré tous les autochtones ainsi que fait disparaître leur culture… Mais pas pour les vénérables nations du vieux continent. Celles-ci ne sauraient vivre coupées de leurs racines ethniques, de leur morts-pour-la-patrie, de leurs cultures pluri-millénaire, encore transmises par les liens du sang, et de leurs terres héritées des Anciens. Pour les américains, toutes les religions sont forcées de valoir : car aucune des différentes cultures/religions importées par les colons n’est spécifiquement américaine. Ce qui est spécifiquement américain, c’est la nécessité de leur cohabitation, et la garantie d’une égalité de traitement pour toutes les différentes catégories de citoyens américains d’origine étrangère. En revanche, pour les héritiers spirituels que nous sommes en Europe de l’Athènes primordiale, cela ne saurait absolument pas être le cas : à Athènes, première cité démocratique, la citoyenneté n’était originellement accordée qu’aux descendants directs de ses autochtones mythiques. Chez nous également, la tradition médiévale fonde les liens de fidélité (c’est-à-dire les droits et devoirs) qui unissent Rois, Seigneurs, vassaux et simple serfs, sur leur appartenance commune à une même terre, et par extension à un pool génétique commun (c’est la définition de ce que les historiens appellent la Monarchie Nationale).

Alors, on peut bien sûr décider de combattre l’ingérence de religions étrangères dans nos affaires publiques au nom de notre héritage catholique ancestral… Mais notre religion, notre façon de la pratiquer (quand nous la pratiquons), et la modernité-même (la modernité intellectuelle !) qui est le fait actuellement de tous les pays de culture catholique, nous empêchent de la défendre armes au poing, avec la même férocité que nos aînés… Bref, cela nous empêche de nous lancer dans de nouvelles Croisades ! L’humanisme-même qui fait notre supériorité morale, nous rend faibles quand il s’agit de rendre coup pour coup (« oeil-pour-oeil, dent-pour-dent » – Ancien Testament) leurs agressions à nos ennemis. Par contre, il y a un domaine dans lequel nous les modernes, nous sommes forts, et c’est l’art subtil d’attribuer au « sacré » une place congrue dans la vie publique (en tout les cas une place parfaitement délimitée – à l’image de l’inconscient aux frontières parfaitement délimitées dans la psyché névrotique). Car en effet, au nom du bon-sens, de la rationalité, rien de plus aisé que de lutter contre l’Islam ! En revanche, si nous voulions faire une telle chose exclusivement en le nom de Jésus, gangrenés que nous sommes par la vision communautariste qui postule une égalité absolue entre toutes les cultures, nous rencontrerions énormément d’embûches philosophiques sur notre passage… Comment en effet répondre aux interrogations du monde moderne lorsqu’il nous demandera de justifier rationnellement (notamment face à un Tribunal International) notre croyance en la supériorité ontologique de notre religion sur les autres ? Le principe N°01 de toute religion étant d’exiger, en dernier recours, une obéissance aveugle (que les chrétiens renommeront humilité), il sera très dur de prouver que le christianisme n’est pas, à égalité avec les autres religions, une simple théorie d’explication du monde infalsifiable/non-réfutable, c’est-à-dire une théorie non-scientifique, – irrationnelle.

Il faut bien comprendre-là qu’une théorie infalsifiable ou non-réfutable [ Je vous renvoie pour plus de précision au concept de Karl Popper : http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9futabilit%C3%A9 ] ne peut être défendue en elle-même et pour elle-même du point de vue du /Droit/ – car sa véracité est faite pour être crue, et non pas démontrée !

Plus encore, admettons que nous voulions tout de même repousser les musulmans glaive-en-main en le nom de NSJC, non seulement nous ne toucherions qu’un public déjà acquis à notre cause – et donc restreint -, mais plus encore nous risquerions de perdre certains fidèles en route… – qu’ils soient mus par l’esprit de contradiction ou l’esprit critique, certains trouveront toujours aisément de quoi justifier leur retrait du combat armé dans les textes chrétiens, dont nombre sont pacifistes.

Cependant, là où il y a société historique, il y a forcément hiérarchisation des valeurs. Une société qui prétend que toutes les cultures – qu’elles soient pré-historiques, historiques ou post-historiques – se valent, ne peut plus établir de hiérarchies morales entre les mode-de-vie barbares et les mode-de-vie civilisés. Or par là-même elle se suicide et son message se vide de sens, car c’est paradoxalement pour des raisons /morales/, parce qu’elle se veut civilisée, que ladite société désire abolir les différences entre les cultures ! Il faut donc retrouver une hiérarchie de valeur différente qui permette à cette société très ouverte et tolérante qu’est la société de culture chrétienne moderne, de débloquer toute sa puissance de frappe contre ces barbares immoraux que sont les combattants jihadistes (au lieu qu’elle la retourne contre elle-même). Cette hiérarchie de valeur « moderne » et efficace contre l’Islam, c’est celle des philosophes des Lumières – qui je le rappelle à toutes fins utiles n’étaient certainement pas – ou alors à de rares exceptions près – à proprement parler des athées. La seule hiérarchie de valeur morale ontologiquement/philosophiquement efficace contre l’Islam, c’est celle qui place la Raison (et par extension l’humanisme) au sommet de tout.

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NDLA :
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Sachez que si j’ai résolument quitté la gauche, c’est parce qu’elle s’est reniée elle-même : j’ai simplement refusé de renoncer, pour la suivre dans ses hérésies, à ce en quoi je croyais et crois encore. Cette rupture avec les idées de mes parents, à vous gens de droite paraîtra, je le sais, aujourd’hui infime… Mais il se trouve que je l’ai payée particulièrement cher… ce pourquoi je m’autorise encore à la faire valoir. Ainsi, figurez-vous que j’ai, au nom de ce qui vous paraîtra aujourd’hui relever de la subtilité dogmatique (étant donné que je n’ai jamais eu pour ambition d’étouffer mon humanisme dans un lit de ressentiment) dû renoncer à l’admiration et au respect jadis sans borne que me témoignaient mes parents… Figurez-vous qu’à l’heure actuelle, je dois par respect pour moi-même renoncer à la présence de ma mère à mes côtés alors que j’attends un enfant, et qu’en cette occasion plus qu’en toute autre sans doute, son absence, et je dirai même plus, la disparition de ce qu’elle fut jadis pour moi, me chagrine affreusement et me pèse… J’ai payé ce qui vous semblera une broutille idéologique du prix des visages fermés, des rires sournois, des messes-basses et de la calomnie généralisé en ma propre maison… j’ai dû renoncer à communiquer avec le cercle des gens qui m’avaient vue naître et m’avaient élevée comme la prunelle de leurs yeux, simplement parce que leur attitude, leur négation forcenée de qui j’étais devenue, était en passe saper ma stabilité mentale, m’ayant retiré toute confiance en moi… J’ai vu ceux qui m’avaient parlé enfant d’amour inconditionnel, regarder l’adulte que j’étais devenue comme une imposture, et même nier que j’étais devenue adulte afin de s’épargner tout devoir de respect envers moi… me traiter comme une voleuse qui aurait reçu leur amour et ne l’aurait pas fait fructifier, et je les ai vus tenter de me le reprendre, cet amour « indu »… Alors beaucoup, d’un côté comme de l’autre, viendront me demander de relativiser tout ça, et beaucoup parmi vous me traiteront à nouveau de gauchiste, mais moi je sais que le Diable se cache dans les détails, et que jamais on n’aurait jeté ainsi l’anathème sur moi si j’avais simplement suscité la pitié, en proférant des ineptie extrémistes aisément réfutables… Je sais que davantage que l’extrémisme forcené et aveugle, c’est la justesse du point de vue, son caractère longuement mûri, affiné – pesé ! – son absence de « facilité », de compromission avec l’air du temps et les gabegies à la mode, qui lui confère toute sa puissance corrosive aux yeux de ceux qui ont des choses à se reprocher.

De l’athéisme_01

Is this the ultimate prayer ?

Tell me, you good ol’ school catholic girls.

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Je vous donne à méditer ces quelques réflexions hypocrites typiques d’une certaine catégorie de femmes de la bonne-société catho’ française… la catégorie de celles qui, jusque dans leurs comportements les plus puérilement narcissiques, continuent à s’imaginer – fortes qu’elles sont de telle ou telle notion abstraite issue d’un catéchisme biaisé – qu’elles suivent le « droit chemin » :

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« Il faut être charitable avec les pauvres. »

[La phrase est déclamée bien haut et sur le ton du mépris, par une « grande-dame » imbue de ses supposées vertus, par exemple pour blesser quelqu’un qui n’est pas vraiment pauvre, en le traitant comme tel…
– ou bien alors la
dame se vante-t-elle en présence de « ses » pauvres, de leur faire la charité : à cette occasion, elle leur fait bien sentir l’inféodation hiérarchique (et même religieuse) vis-à-vis d’elle, qu’une telle situation de dette implique pour eux…]

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« Mais que vont donc penser les gens ? »
« Ah ! Qu’ai-je donc fait pour mériter ça ? »

[Des réflexions qui tombent généralement au moment où la « grande dame » se sent personnellement offensée par le malheur de l’un de ses proches/d’une amie (au lieu de compatir), parce qu’elle se figure que la honte qui découle dudit malheur est susceptible de rejaillir sur elle et sur sa réputation.]
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« As-tu vu celle-là, comme elle a mauvais genre ? »

[Une telle remarque aura selon toute probabilité été inspirée par la jalousie, et aura été adressée à une femme qui n’est pas du même milieu.
– Car s’il n’y avait pas de jalousie en jeu, la « grande dame » se serait contentée de se montrer « charitable » pour la pauvresse… Les pauvresses en effet ne sont agréables à fréquenter pour ces dames que si celles-ci ne disposent d’aucun avantage naturel sur elles.]
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« Oh vraiment ? Un chalet au bord de la mer ? Où ça ? A **** ? Un héritage ? Quelle chance ! Oh, quelle chance alors ! Une chance inouïe ! » *moue agacée*

[Voilà l’expression vulgaire d’une jalousie irrépressible portant sur la bonne fortune d’un(e) autre, en particulier si la personne en question était jusque-là considérée comme inférieure socialement.]

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« Oh, ma chérie ! Tu es magnifique ! »

[Compliment qui n’est jamais donné par l’une de ces femmes à une autre femme lorsque celle-ci est réellement magnifique.]

..etc.
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Oui, je persiste et signe : la proportion hénaurme de vicieuses que compte la population catho’ bon-chic bon-genre française est à vous dégoûter sérieusement d’aller visiter les églises aux heures prévues pour les messes, – c’est-à-dire lorsqu’elles en sont pleines.

Dans les limbes il y a des soldats

…Young men standing on the top of their own graves
Wondering when Jesus comes
Are they gonna be saved…
    • Cobra 21 : ‎…Welcome to the Soldier Side
      Where there’s no one here but me
      People all grow up to die
      There is no one here but me…

    • Irena Adler: Mon Roudoudou, il vient de finir Orage d’Acier, on en a parlé hier soir… il était tout émotionné.

      Moi aussi, après lui, je le lirai.

      Il paraît que ce n’est pas un ouvrage à laisser entre toutes les mains… ou du moins qu’on ne peut se passer d’avoir lu également d’autres témoignages (moins bellicistes) de la guerre de 14. Jünger n’aurait pas eu la littérature pour perpétuer sa guerre et la mémoire de sa guerre (et la mémoire de son héroïsme), ce serait vraisemblablement la paix qui l’aurait tué. Il y a de la perversité, hélas, à chanter la beauté de la guerre, du sang versé, de la mort comme on chanterait celle d’une fleur, d’un paysage habité, d’une exaltante plaine où le soleil se lève… Mais même si cette perversité est bien palpable, elle ne me rebute pas. Elle est semblable à ce que je nomme moi aussi l’enthousiasme – étymologiquement, le fait d’être-en-la-présence-de-la divinité.

      Je ne conçois pas moi non plus comment l’on peut vivre sans, à tous les instants, combattre…Nous devons avoir un ressort de cassé.

    • Cobra 21 : ‎ »Le chagrin de la guerre, dans le cœur d’un soldat, est semblable à celui de l’amour : une sorte de nostalgie, d’infinie tristesse, dans un monde qu’il ne reconnaît plus. Il ne lui reste plus que le chagrin d’avoir survécu »
      .
      Bao Ninh, écrivain vietnamien.
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      « All wars are different.

      All wars are the same.
      A story. A man fires a rifle for many years and he goes to war. And afterward he comes home and he sees that whatever else he might do with his life… build a house, love a woman, change his son’s diaper, he will always remain a Jarhead. And all the Jarheads killing and dying, they will always be me. We are still in the desert. »
      .
      Jarhead, Swofford

    • Irena Adler: Le chagrin de la guerre est semblable au chagrin de l’amour, oui, mais alors de l’amour tragique, de l’amour impossible, de l’amour déçu.On ne peut totalement parler du souvenir de la guerre comme du souvenir d’une joie pure… les japonais ne craignent certainement pas de le faire… tous les sauvages du monde non plus… mais, une telle vision n’est pas suffisamment humaniste pour être conforme aux exigences de l’Occident. Ce qu’il y a de particulièrement délicieux et douloureux à la fois dans le souvenir de la guerre, c’est d’une part le fait qu’on a goûté à un moment donné au sentiment de liberté totale qu’éprouve l’homme de devoir se livrant à son devoir – a.k.a le fameux « oui » Nietschéen qui rend semblable à Dieu – et le fait que cette liberté avait un prix, à savoir celui de donner sa vie, de s’en déposséder pour toujours… de ne s’appartenir plus. En cela, oui, celui qui a été soldat un jour le sera pour toujours, de la même façon que l’amoureux vrai est condamné à ne jamais récupérer son coeur, tout simplement car il l’a donné. En ce sens, le soldat et l’amoureux dorment également tous les soirs dans la terre (auprès des autres/auprès de l’Autre) : là est leur maison, ils vivent sur la terre en exil, comme s’ils étaient déjà passés.

    • Cobra 21 : Le coeur des hommes est ainsi fait qu’il aime à se ruer dans des maisons en flammes pour sauver des morts, qu’il en ressort meurtrit de constater qu’il ne peut pas sauver tout le monde et que la mort est la plus forte, partout, tout le temps, que nous sommes des pions sur des échiquiers trop grand pour nous… on se cogne dans tout les murs, ivre de bruit et de colère, perdu et les mains vide de ce fusil reprit… se sentant coupable d’avoir survécu, se sentant un témoin inactif quand bien même on était au coeur de l’action et que l’on a fait le maximum, que l’on a tenu sa place, remplit son rôle… incapable de dire ce qu’on a vu (ou alors du bout des lèvres et à mots couvert) car dire c’est faire s’agiter à nouveau tout ce qui doit reposer, c’est enfoncer un peu plus l’éponge de vinaigre à la bouche du sauveur… il n’y a pas de solution, on est éclaboussé de l’intérieur pour le restant de ses jours, broyé par la compréhension de ce qui nous est arrivé, on fait comme on peut pour vivre avec… donc mal, forcement… entre ressassement et tentative désespérée d’oubli, voir refus du passé, regret d’y « être allé »…et pourtant, on est parfois prit d’un frisson avec l’envie d’y retourner, d’affronter à nouveau ce grand néant, même sachant que l’on en reviendra plus amer à chaque fois… trouver une cause, c’est plus ou moins secondaire, dans les faits… d’abord c’est l’envie d’aller là où ça se passe, de vivre intensément chaque seconde comme la dernière, de se dire « je peut le faire » ou « je suis là où les autres ne veulent pas aller »… alors évidement, après, tout le reste… c’est du rab !

    • Irena Adler : C’est de toi, ça ?
    • Cobra 21: cette question… sinon, j’aurais indiqué l’auteur ! ^^

    • Irena Adler: C’est vraiment très beau, ce que tu viens d’écrire. Tu en as conscience ?

    • Cobra 21: j’écris de façon nerveuse, comme les pensées que l’on a en galopant avec son pétard en pogne, quand ça claque dans tout les sens… le style, j’en juge après !

    • Irena Adler: Oui, le style ne doit pas être une construction consciente. Le style, c’est la vie, c’est la peau. On ne choisit pas sa peau.

      Cobra, il faut que tu écrives… que tu continues l’aventure en écrivant… comme ton maître Jünger. Sinon tu vas être trop malheureux…

    • Cobra 21 : c’est en celà que j’aime bien la construction de Céline, échevelée et nerveuse, de crève la dalle, pas le temps de tourner autour du pot… avec les limites que ça a aussi… ou Jünger, en plus construit et alambiqué… évidement mais tout aussi intensif !

      J’y songe, j’y songe… ;-)

    • Irena Adler: Cobra, est-ce que je peux publier notre discussion sur mon blog ?Si oui, tu veux un pseudo ou je mets ton nom ?


    • Cobra 21 : met mon indicatif radio au 3e RIMa : Cobra 21 ! ^^

« Les mots qui tuaient et ceux qui ne tuaient pas »

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Nico de Montreuil a écrit ce texte autrefois, aux temps des débuts de CAER. Il s’agit d’une sorte de voyage au pays des merveilles – de mes merveilles !  – je suis si flattée ! – dans lequel Nico serait la nouvelle Alice et moi la méchante Reine de Coeur…
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Comme quoi les bonnes gens – et Nico leur appartient de toute évidence – sont un peu comme le raisin : il ne faudrait jamais craindre de trop les oppresser… car c’est le meilleur moyen d’en tirer un incomparable nectar ! Merci donc infiniment pour cette cuvée millésimée, Nicolas, que tu nous donnes aujourd’hui à lire. Car je t’en ai tellement fait baver, j’ai tant et tant redoublé d’injustice, tout au long de nos échanges, à ton égard – Il faut tout de même rétablir la vérité, et que les gens le sachent ! -, qu’en quelque sorte, on peut le dire au final pour toi aussi aujourd’hui : ceci est ta sueur, ceci est ton sang. :o)
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*Love is all we need, Bro’*  :.
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P.s : sur ce nouveau site créé par Nico, toutes les archives de feu-Préémigration (le blog) sont à nouveau enfin en ligne… Et franchement, allez-y, ça vaut le jus.