Athéisme vs Islam

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L’athéisme (à tout le moins l’esprit laïc) est objectivement la meilleure défense dont nous disposions en France pour lutter contre l’intégrisme musulman meurtrier. Si la gauche n’avait pas abandonné son esprit laïc historique pour de basses questions ayant soit-disant trait aux « droidlommes » (sauce Benetton), nous n’en serions pas là… C’est d’ailleurs la faiblesse de toutes les gauches européennes : elles ont conservé du socialisme ce qu’il comportait intrinsèquement de plus mauvais (sa partisânnerie, son militantisme moutonnier, sa volonté de diriger les consciences, sa vocation à rééduquer le peuple, sa façon de tuer dans l’œuf toute contradiction intellectuelle construite – donc paradoxalement, ses aspects les plus autoritaires et fascistes), mais pas son parti-pris d’athéisme. S’est rajoutée également, de façon bâtarde, par-dessus cette première influence historique (particulièrement forte) du socialisme dans les pays européens actuellement protestants, l’influence de la vision Américaine communautariste. Cette dernière a joué un rôle non négligeable dans la situation désastreuse dans laquelle se retrouvent actuellement les pays du nord face à l’immigration pan-islamique. En effet, le communautarisme est valable pour une société post-historique dont la population est entièrement composée d’immigrants, et dont on a massacré tous les autochtones ainsi que fait disparaître leur culture… Mais pas pour les vénérables nations du vieux continent. Celles-ci ne sauraient vivre coupées de leurs racines ethniques, de leur morts-pour-la-patrie, de leurs cultures pluri-millénaire, encore transmises par les liens du sang, et de leurs terres héritées des Anciens. Pour les américains, toutes les religions sont forcées de valoir : car aucune des différentes cultures/religions importées par les colons n’est spécifiquement américaine. Ce qui est spécifiquement américain, c’est la nécessité de leur cohabitation, et la garantie d’une égalité de traitement pour toutes les différentes catégories de citoyens américains d’origine étrangère. En revanche, pour les héritiers spirituels que nous sommes en Europe de l’Athènes primordiale, cela ne saurait absolument pas être le cas : à Athènes, première cité démocratique, la citoyenneté n’était originellement accordée qu’aux descendants directs de ses autochtones mythiques. Chez nous également, la tradition médiévale fonde les liens de fidélité (c’est-à-dire les droits et devoirs) qui unissent Rois, Seigneurs, vassaux et simple serfs, sur leur appartenance commune à une même terre, et par extension à un pool génétique commun (c’est la définition de ce que les historiens appellent la Monarchie Nationale).

Alors, on peut bien sûr décider de combattre l’ingérence de religions étrangères dans nos affaires publiques au nom de notre héritage catholique ancestral… Mais notre religion, notre façon de la pratiquer (quand nous la pratiquons), et la modernité-même (la modernité intellectuelle !) qui est le fait actuellement de tous les pays de culture catholique, nous empêchent de la défendre armes au poing, avec la même férocité que nos aînés… Bref, cela nous empêche de nous lancer dans de nouvelles Croisades ! L’humanisme-même qui fait notre supériorité morale, nous rend faibles quand il s’agit de rendre coup pour coup (« oeil-pour-oeil, dent-pour-dent » – Ancien Testament) leurs agressions à nos ennemis. Par contre, il y a un domaine dans lequel nous les modernes, nous sommes forts, et c’est l’art subtil d’attribuer au « sacré » une place congrue dans la vie publique (en tout les cas une place parfaitement délimitée – à l’image de l’inconscient aux frontières parfaitement délimitées dans la psyché névrotique). Car en effet, au nom du bon-sens, de la rationalité, rien de plus aisé que de lutter contre l’Islam ! En revanche, si nous voulions faire une telle chose exclusivement en le nom de Jésus, gangrenés que nous sommes par la vision communautariste qui postule une égalité absolue entre toutes les cultures, nous rencontrerions énormément d’embûches philosophiques sur notre passage… Comment en effet répondre aux interrogations du monde moderne lorsqu’il nous demandera de justifier rationnellement (notamment face à un Tribunal International) notre croyance en la supériorité ontologique de notre religion sur les autres ? Le principe N°01 de toute religion étant d’exiger, en dernier recours, une obéissance aveugle (que les chrétiens renommeront humilité), il sera très dur de prouver que le christianisme n’est pas, à égalité avec les autres religions, une simple théorie d’explication du monde infalsifiable/non-réfutable, c’est-à-dire une théorie non-scientifique, – irrationnelle.

Il faut bien comprendre-là qu’une théorie infalsifiable ou non-réfutable [ Je vous renvoie pour plus de précision au concept de Karl Popper : http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9futabilit%C3%A9 ] ne peut être défendue en elle-même et pour elle-même du point de vue du /Droit/ – car sa véracité est faite pour être crue, et non pas démontrée !

Plus encore, admettons que nous voulions tout de même repousser les musulmans glaive-en-main en le nom de NSJC, non seulement nous ne toucherions qu’un public déjà acquis à notre cause – et donc restreint -, mais plus encore nous risquerions de perdre certains fidèles en route… – qu’ils soient mus par l’esprit de contradiction ou l’esprit critique, certains trouveront toujours aisément de quoi justifier leur retrait du combat armé dans les textes chrétiens, dont nombre sont pacifistes.

Cependant, là où il y a société historique, il y a forcément hiérarchisation des valeurs. Une société qui prétend que toutes les cultures – qu’elles soient pré-historiques, historiques ou post-historiques – se valent, ne peut plus établir de hiérarchies morales entre les mode-de-vie barbares et les mode-de-vie civilisés. Or par là-même elle se suicide et son message se vide de sens, car c’est paradoxalement pour des raisons /morales/, parce qu’elle se veut civilisée, que ladite société désire abolir les différences entre les cultures ! Il faut donc retrouver une hiérarchie de valeur différente qui permette à cette société très ouverte et tolérante qu’est la société de culture chrétienne moderne, de débloquer toute sa puissance de frappe contre ces barbares immoraux que sont les combattants jihadistes (au lieu qu’elle la retourne contre elle-même). Cette hiérarchie de valeur « moderne » et efficace contre l’Islam, c’est celle des philosophes des Lumières – qui je le rappelle à toutes fins utiles n’étaient certainement pas – ou alors à de rares exceptions près – à proprement parler des athées. La seule hiérarchie de valeur morale ontologiquement/philosophiquement efficace contre l’Islam, c’est celle qui place la Raison (et par extension l’humanisme) au sommet de tout.

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NDLA :
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Sachez que si j’ai résolument quitté la gauche, c’est parce qu’elle s’est reniée elle-même : j’ai simplement refusé de renoncer, pour la suivre dans ses hérésies, à ce en quoi je croyais et crois encore. Cette rupture avec les idées de mes parents, à vous gens de droite paraîtra, je le sais, aujourd’hui infime… Mais il se trouve que je l’ai payée particulièrement cher… ce pourquoi je m’autorise encore à la faire valoir. Ainsi, figurez-vous que j’ai, au nom de ce qui vous paraîtra aujourd’hui relever de la subtilité dogmatique (étant donné que je n’ai jamais eu pour ambition d’étouffer mon humanisme dans un lit de ressentiment) dû renoncer à l’admiration et au respect jadis sans borne que me témoignaient mes parents… Figurez-vous qu’à l’heure actuelle, je dois par respect pour moi-même renoncer à la présence de ma mère à mes côtés alors que j’attends un enfant, et qu’en cette occasion plus qu’en toute autre sans doute, son absence, et je dirai même plus, la disparition de ce qu’elle fut jadis pour moi, me chagrine affreusement et me pèse… J’ai payé ce qui vous semblera une broutille idéologique du prix des visages fermés, des rires sournois, des messes-basses et de la calomnie généralisé en ma propre maison… j’ai dû renoncer à communiquer avec le cercle des gens qui m’avaient vue naître et m’avaient élevée comme la prunelle de leurs yeux, simplement parce que leur attitude, leur négation forcenée de qui j’étais devenue, était en passe saper ma stabilité mentale, m’ayant retiré toute confiance en moi… J’ai vu ceux qui m’avaient parlé enfant d’amour inconditionnel, regarder l’adulte que j’étais devenue comme une imposture, et même nier que j’étais devenue adulte afin de s’épargner tout devoir de respect envers moi… me traiter comme une voleuse qui aurait reçu leur amour et ne l’aurait pas fait fructifier, et je les ai vus tenter de me le reprendre, cet amour « indu »… Alors beaucoup, d’un côté comme de l’autre, viendront me demander de relativiser tout ça, et beaucoup parmi vous me traiteront à nouveau de gauchiste, mais moi je sais que le Diable se cache dans les détails, et que jamais on n’aurait jeté ainsi l’anathème sur moi si j’avais simplement suscité la pitié, en proférant des ineptie extrémistes aisément réfutables… Je sais que davantage que l’extrémisme forcené et aveugle, c’est la justesse du point de vue, son caractère longuement mûri, affiné – pesé ! – son absence de « facilité », de compromission avec l’air du temps et les gabegies à la mode, qui lui confère toute sa puissance corrosive aux yeux de ceux qui ont des choses à se reprocher.

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21 réflexions sur “Athéisme vs Islam

  1. Gauche, droite, c’est souvent la même pitié, le même appel au secours, la même débilité du jugement, la même superstition qui consiste à croire à la solution politique du problème personnel. Ceux qui en sont sortis ne sont plus de droite ou de gauche, ils sont libres. Ou pour partir d’une métaphore, les gens de droite ou de gauche, me font passer à cet état de la métamorphose qu’on trouve chez les papillons, ils sont à jamais coincés entre la larve et l’imago (d’ailleurs le Trésor de la langue française donne comme exemple une phrase de Maritain où il compare l’Eglise à la chrysalide du véritable royaume)

  2. Félicitation pour votre futur enfant, j’imagine que vous ne ferez pas les mêmes erreurs que vos parents et qu’il saura être aimé et aimer en retour. :-)

  3. Vous voulez la guerre civile ou quoi ?
    Ça vous plairait, vraiment ?
    Moi non, car j’aime (ce qu’il reste de) mon pays.
    Faites donc un peu attention avant de professer des appels à la haine, aux croisades etc.
    Je sais qu’il ne s’agit que d’une pure performance de votre moi, et que dans un contexte réel de guerre vous seriez la première à en être horrifiée.
    Cependant les mots ont un poids, et vos textes haineux, aussi argumentés soient-ils, ou plutôt à mesure de leur argumentation, c’est le Mal.

  4. Oui, tu as sûrement raison… mais j’ai un problème aussi avec une bonne partie des personnes qui se disent ni de gauche ni de droite… la plupart du temps, leur point de vue n’est nullement la résultante logique – comme c’est le cas pour nous – d’une Odysée initiatique en territoire politique, d’un voyage au long cours entre les extrême-pôles… ces personne sont simplement a-politiques (comme d’autres sont a-morales)… Elles se retrouvent donc systématiquement du côté de leur intérêt, insensibles qu’elles sont (et ont toujours été) au ferment originel de toute passion politique : à savoir, le souci du bien commun.

    L’Eglise une chrysalide du « véritable royaume » ? Intéressante idée. :)

  5. @ Arslan : Mais vous ne savez donc pas lire, bougre d’imbécile !

    Moi, dans le présent texte, j’aurais appelé à la croisade ?!

    Ah mais bordel à cul, mais c’est tout le contraire ! Contre-sens absolu ! Mauvaise-foi débordante ! Hors-sujet total ! 0 pointé, mon pauvre vieux… On ne vous a donc pas appris à faire une analyse de texte, à l’école ?

    C’est à cause des débiles-mentaux dans votre genre que je préfère encore aujourd’hui fréquenter les assidus de St Nicolas du Chardonnet que la clique de gauchos qui occupe la maison de mon père !

  6. Merci beaucoup Armand, pour vos vœux de bonheur… ils me touchent.

    Hélas tout ce que je sais, c’est qu’il n’y a pas de vérité absolue en ce qui concerne l’éducation des enfants… nous sommes tous des parents imparfaits, et moi la première à venir. Sans-doute ai-je effectivement pâti, justement, de ce que mes parents ont voulu autrefois oublier cette évidence première (que les chrétiens appellent commodément le Péché Originel). Effectivement, il y a peu de chance que je reproduise cette erreur-là… encore que ! Méfions-nous de nous-même, voilà le mot-d’ordre !

  7. Cet enfant vous réunira et attirera votre famille vers la vérité.
    D’abord par la bienveillance charnelle qu’il suscitera auprès de vos socialos d’ascendants, particulièrement au regard de son avenir rendu inquiétant par l’application maintenant palpable de leur propre idéologie. Ils le savent au fond; le lien du sang vers ce petit être vulnérable fera tomber le masque.
    Mais aussi par la belle personne qu’il deviendra très tôt grâce à son éducation classique, guidée par votre Amour et votre intelligence. Cela crèvera leurs yeux encore hypocrites, mais devant une preuve vivante…
    Encore merci pour vos textes.

  8. Tintin, vous êtes un doux imbécile, et vous ne savez pas comment marche le monde, ni surtout d’où je viens, mais je vous remercie de tout cœur pour la grande gentillesse que vous me témoignez. :)

    Nota Bene : Mes parents ne sont pas des « socialos »… je ne vous permets pas de parler d’eux en ces termes ; moi seule en ai le droit – stricte question de respect… d’autant que vous extrapolez complètement leur caractère, vous ne maîtrisez pas du tout votre sujet, permettez-moi de vous le dire… la réconciliation que vous me souhaitez avec eux, non seulement elle est impossible pour certaines raisons bien précises, mais Dieu m’en Garde ! (sincèrement)… de plus votre style est si déplorable que j’ai hésité avant de laisser passer votre commentaire. A bon entendeur.

  9. L’insémination artificielle est une technique de reproduction assistée sans rapport sexuel. Lorsque l’on procède à une insémination artificielle de manière non médicalisée, on parle alors d’insémination artisanale.

    Idiot… c’est vous qui l’dites, mon Pt’it ! ^^^

    Le futur père (ce missionnaire), donc… il se comporte bien, j’espère !

    C’est à cause des débiles-mentaux dans votre genre que je préfère encore aujourd’hui fréquenter les assidus de St Nicolas du Chardonnet que la clique de gauchos qui occupe la maison de mon père !

    Quel (curieux) aveu d’abandon au désespoir…

  10. « Le futur père (ce missionnaire), donc… il se comporte bien, j’espère ! »

    Très bien. :)

    « Quel (curieux) aveu d’abandon au désespoir… »

    Et alors ? Qui a peur de l’abandon ? (Qui a peur de chuter?) – certainement pas moi. ;=)

  11. Dans votre dernière sentence, pour le coup, vous me faites dire des idioties (enfin… je crois… euh… non ?)

    Mais libre à vous de n’avoir le choix qu’entre peste et choléra…

    Mes hommages et autre bon courage, mon P’tit !

  12. J’ai du mal à croire qu’une mère, qui entendrait sa fille lui dire « Maman, je suis enceinte », ne trouverait à répondre que « Ma petite, avant toute chose, as-tu renoncé à tes idées de droite? »…
    Quoi qu’il en soit, bon courage tout de même.

    • Mais ta gueule, connasse… avec tes bons conseils empoisonnés, et tes aprioris triomphants sur tout. Comme tous les gens de gauche, tu crois pouvoir parler en le nom de tous les gens de gauche. Enfin, c’est comme ça que vous pensez de votre côté, n’est-ce pas ? Vous pensez collectivement. Vous ressentez les choses collectivement ! …N’est-ce-pas ? – Seulement le fait est que tu ne connais pas mes parents, donc ton avis au sujet de leur réaction, et le jugement sur moi qu’il implique, il est non seulement mal-venu dans un cas comme le mien, mais irrespectueux vis-à-vis de ma douleur… et tout simplement, il nie mon vécu. Mon vécu, ma douleur : un truc en trop, un truc à éliminer pour les gens comme eux.. et donc comme toi. Genre, tu sais mieux que moi ce que j’ai vécu, et comment j’aurais dû le vivre… Nan mais vas-y, te gène pas, salope, vas-y, offre-moi une petite séance de psychanalyse sauvage… te gène pas, le plus important c’est de préserver ton ressenti à toi, n’est-ce pas ? Ton ressenti selon lequel les « gens de gauche » seraient plus humains que les autres… et qu’en m’éloignant d’eux, c’est donc moi qui ai dû perdre le « sens de la famille », si je te suis bien… puisque tu me dis qu’ils n’ont pas pu le perdre, eux. – Hé oui, ma grande ! Tu crois pouvoir, sous prétexte d’enrober ta parole de miel, cacher toute la saloperie qu’elle véhicule à mon sujet ? Mais tu n’es qu’amertume, ressentiment, sarcasmes… Et ici, sous couvert de me féliciter pour la bonne nouvelle, tu viens encore une fois m’injecter un shot de ta putain de poison d’amertume ! – SVP, t’approche pas de ma bonne nouvelle, sorcière. T’approche seulement pas.

      Il y a une chose qui existe dans les relations familiale, mademoiselle prêchi-prêcha, et qui s’appelle l’implicite. Alors évidemment mes parents, tous militants qu’ils soient, ne vont pas forcément dire tout haut ce qu’ils ressentent dans leur chair dans un cas comme le mien… Ils ne sont pas (du moins pas systématiquement) idiots, ni dénués d’éducation – justement. Mais, pour info, sache tout de même qu’il y a une différence de taille entre les simples gens qui appartiennent aux couches populaires et votent à gauche, et la caste très fermée des profs soixante-huitards ultra-engagés, pour qui « tout est politique », et l’idéologie une nouvelle religion, et l’éducation une idéologie. Parce que celui qui fait de l’éducation un dogme, il fait de l’éducation un champ de bataille, et donc de sa famille une morne plaine ou un charnier – par extension.
      Car faire de la politique, encore une fois, c’est savoir désigner ses ennemis.

      Voici comme se présente mon problème :

      1) Je ne peux, ni ne veux, donner à mon enfant la même enfance que celle que j’ai eu,

      2) Mais mes parents considèrent m’avoir donné la meilleure enfance possible (et longtemps je l’ai cru aussi)…

      [Pour eux – car ce sont des gens d’une ferveur mystique peu commune – tous les ingrédients (ou présages), me suis-je longtemps laissée raconter, sous la forme d’une sorte de légende héroïque, étaient selon eux réunis à ma naissance pour l’avènement de « l’Homme Nouveau »… sais-tu seulement ce que c’est que l’Homme Nouveau, Caroline ? La connais-tu cette vieille tradition de la pensée de gauche ? … tu sais, la pensée de gauche – communiste ou New-Age – celle qui a pour caractéristique de croire en le Progrès ? – Non bien sûr que tu ne connais pas cela, car tu n’es pas réellement politisée.
      Sache tout de même que là-bas, chez moi, on ne met pas de mot sur les choses qui comptent… là-bas, à cause de ces vieilles histoires sulfureuses, c’est un peu devenu aujourd’hui le royaume du tabou. Ainsi ne crois pas que ces gens très « intégrés » (du moins dans leur propre milieu) se gargariseront en public d’attacher un si grand prix à de pareilles balivernes… et pourtant Dieu m’est témoin qu’ils ont bien longtemps vécu, et bâti tout un monde – car ce sont des gens très entourés, très actifs – sur cet espoir étrange, de nature übristique, cet espoir tabou, indiscible… cet espoir de la création d’un monde nouveau via la création d’une génération nouvelle et supérieure, car éduquée différemment… cet espoir et même cette église d’un nouveau genre, dont j’ai été enfant la pierre d’angle, le symbole vivant et le cobaye captif.

      Que l’on me croie ou non, après tout aujourd’hui qu’est-ce que cela peut bien faire ? Les utopies sont toutes vouées à l’échec. Et la leur, c’est-à-dire moi, pas moins que les autres.]

      3)Etant donné, donc, que cette éducation « parfaite » à leurs yeux que j’ai reçue n’a porté aucun fruit, ou du moins aucun fruit qu’ils veuillent bien reconnaître – étant donné qu’ils me considèrent clairement comme une ratée…

      [« Mais qu’avons-nous donc mal fait ? » – ma mère, s’est-elle exclamée, à plusieurs reprises, démunie. – « Mais maman enfin, j’aime la personne que je suis, j’en suis fière, je sais faire des trucs bien, tu sais… » – lui répondais-je à chaque fois brisée. C’était peine perdue : ma mère ne comprenait même pas qu’elle me blessait en supposant que la personne adulte et différenciée que j’étais devenue était le résultat d’une erreur de sa part ou de celle de mon père. Il aurait fallu pour leur bonheur que l’éducation soit une science exacte, et que la notion de libre arbitre, du moins en ce qui me concerne, n’existe pas…

      Chez moi cela fait longtemps que tout le monde me traite comme de la merde – je dis « tout le monde » car mes parents sont constamment entourés d’une sorte de « clan » dont mon père est le chef… Si tu n’es pas avec eux, tu es contre eux, et alors ils passent leurs « réunion » à répandre des saloperies dans ton dos… mon ex. lui-même était totalement soumis à mes parents, et les défendait systématiquement contre moi… Une vraie association de malfaiteurs ! Là-bas, à la fin, toutes mes confidences, toutes mes tentatives de me rapprocher d’eux en leur exposant naïvement mes motivations existentielles et mes espoirs, toutes mes confidences, dis-je, avaient fini par être retournées contre moi ! Je n’avais même plus droit à la parole… et quand tout de même, à mes risques et périls, je parvenais à en placer une, soit l’on se moquait de moi, soit l’on changeait carrément de pièce pour couper court à l’échange… Je ne déconne pas. Même en public, même devant des étrangers, à la fin, quand j’étais retournée habiter chez eux, ils s’adressaient à moi comme à une demeurée. Tout ce qui pouvait sortir de ma bouche appartenait là-bas au domaine terratologique du tabou. Ils me regardaient avec les yeux de la peur ; comme si mon existence-même était terrifiante, ingérable – car imprévue. – Pourquoi crois-tu que je me suis réfugiée auprès de Dieu ? C’était le seul qui daignait m’écouter sans m’agresser en retour, sans rire et médire.]

      4)Comment dois-je prendre leurs chaleureuses félicitations téléphoniques pour ma grossesse à présent ?

      – J’habite loin de leurs yeux et de leurs cœurs depuis deux ans, chaque fois que je suis retournée les voir (jamais plus de trois jours) cela s’est mal passé – au moment de partir définitivement, tant leur attitude m’avait mise en colère, et éprouvé mon compagnon actuel qui les découvrait pour la première fois, j’ai donné un coup de poing dans une vitre pour me défouler – c’était ça ou leur cogner dessus … C’était une petite vitre intérieure dans mon ex-chambre, je crois qu’ils ne l’ont toujours pas réparée, ils ne m’en ont jamais parlé non plus… Pour eux, c’est peanuts… aucun de mes gestes là-bas ne semble avoir de portée. Ils ont l’habitude des esclandres, ils oublient, ils sourient… – tout est dans l’ordre pour eux quand c’est le désordre – cela les rassure au fond, ils trouvent-là sans doute une preuve à leurs yeux de ce que j’ai – moi seule – un problème… C’est alors en général d’ailleurs, à la suite des esclandres, qu’ils se mettaient à me traiter bien : « la pauvre a un problème, et nous, nous sommes là pour l’aider » – se disaient-ils. Mais quand ma conduite n’offrait aucune aspérité en revanche, quand je trouvais le moyen d’être un peu heureuse, ou quand je prenais un peu d’indépendance, tout simplement, alors bizarrement, c’est là qu’ils se mettaient à devenir impossibles, sournois, obsédants… jusqu’à me harceler une certaine époque de ma vie parisienne. Un peu comme si alors, j’étais en dette à leur égard, comme si je devais leur payer un tribu – je ne sais pourquoi ; il leur fallait peut-être leur ration de sang ?…

      Mais moi le problème c’est qu’à chaque dispute à la con, j’ai laissé un morceau de ma peau… Là où ils semblaient prendre leur pied, moi je diminuais, je disparaissais peu à peu, je me brisais à chaque coup davantage… Le problème, c’est que ce petit manège passionnel ne m’a jamais convenu, il m’a toujours été imposé – jamais je n’y ai trouvé mon compte. Contrairement à ce que mon père aurait voulu, et a longtemps continué à croire en dépit du bon sens, je ne l’ai jamais idolâtré comme tant d’autres, au point de craindre d’être éjectée de son giron, et d’envisager de prendre la suite de ses activités artistiques et politiques… Pour moi, du plus loin qu’il me souvienne, et encore aujourd’hui, les enfants qui ne s’émancipaient pas de leurs parents étaient des faibles, des esclaves… ils étaient voués à rester éternellement dans leur ombre, comme de pauvres avortons : c’était pour moi une image de la honte absolue. Si je voulais égaler en lui un maître, à mon sens je devais le dépasser. A ma grande surprise pourtant, j’ai fini par découvrir en mon père un être narcissique et obtus, qui tout en désirant le meilleur pour moi, n’avait absolument pas prévu la possibilité que je puisse devenir meilleure que lui.

      Si j’avais pu les quitter à 14 ans, ma vie aurait été bien moins dure et sordide… à l’époque (quand j’avais 14 ans) j’y pensais beaucoup, je pressentais (à raison) la fuite comme une nécessité vitale, je savais que c’était le moment ou jamais, et que si je continuais à me laisser faire, j’allais sombrer dans le désespoir, puis dans une fuite en avant vers le dernier espace de liberté qu’il me restait : le néant, l’abîme… mais je ne savais pas comment m’y prendre, je planais à 20 miles, je ne connaissais rien à la vie – je sortais directement de Cordicopolis, comme le Candide de Voltaire – et même dans la cour de récré je continuais à chercher les clefs du code de survie sans parvenir à aucun résultat probant. Il m’était totalement impossible d’aborder la question sereinement avec ces innocents satisfaits et orgueilleux qu’étaient mes géniteurs – tellement éloignés qu’ils étaient de la réalité du monde du travail – et même du monde tout court – qui les entourait, tellement insouciants qu’ils étaient – criminellement confiants – concernant mon avenir. Pour eux : « je savais tout faire, j’avais tous les talents, donc je ferais tout ce que je voudrais ». Et voilà. Moi, je sentais venir à ma rencontre, à grands pas, une grande catastrophe, avec la désespérance et le vide à la clef, mais pour eux ce choc imminent que j’anticipais avec le mur de la réalité – la mienne, celle du monde tel qu’il est aujourd’hui – vu qu’ils ne l’avaient jamais rencontré, et plus encore vu qu’ils avaient fait profession de le nier, pour eux ça n’existait pas. J’étais ainsi écrasée entre deux murs d’incompréhension : celui de mes parents qui avaient créé un prototype d’humain totalement sans défense, un prototype « Dolto » adapté au meilleur-des-mondes-possibles, monde qui n’existait pas et n’existerait jamais, et qui pour des raisons idéologiques refusaient totalitairement de se l’entendre dire, et et celui de mes quelques – rares – fréquentations extérieures, qui passaient leur temps à me donner des conseils et à me botter le derrière, dans une ignorance crasse et également satisfaite de qui j’étais vraiment, et des raisons premières de mes actes…

      J’aurais dû me barrer à 14 ans disais-je – avant d’entrer dans l’âge de la déconstruction finale -, mais sans l’aide financière et l’accord de mes parents, une telle chose était totalement impossible… car j’aurais dû aller en internat ou en apprentissage, or pour des pédagos pareils, jaloux qu’ils étaient de leur fifille adorée, et des activités (théâtrales notamment) qu’ils partageaient avec elle, vu leur mépris d’intello vis-à-vis des métiers non purement intellectuels, forts de leurs grands espoirs de me voir embrasser une carrière artistique, et surtout dans la mesure où ils se figuraient à cause de leurs rêves de grandeur que j’allais forcément devenir riche et célèbre – et ne se privaient pas au passage de me remplir la tête de rêves de grandeur – une telle option était inenvisageable…

      Il y a deux ans, si j’avais pu me barrer assez loin pour ne plus jamais les revoir de ma vie ou de la leur, je n’en aurais pas été triste. Chaque fois aujourd’hui que je lis leur numéro qui s’affiche au téléphone, je ressens une décharge d’angoisse… souvent je ne décroche pas, je n’y arrive pas, ou bien j’attends des heures, voir des jours, avant de me sentir prête à leur parler – c’est alors un peu comme si je faisais ma B-A, je reste calme et polie, distante, sans aucun plaisir, j’essaie de ne pas trop montrer ma tristesse. Lorsque je les vois : aucun plaisir non plus, aucune tendresse de ma part. Rien qu’une tristesse inouïe, et de la peur. Eux font toujours comme si de rien n’était, comme si rien n’avait changé. Quand j’y retourne, il n’y a pas d’évolution notable : ils ont renoncé depuis bien longtemps à accepter que je ne pense pas comme eux, du coup ils ne connaissent pas réellement mes opinions politiques. Ils éludent simplement cette question, et moi aussi pour ne pas faire de vagues, et parce que j’ai soupé de me heurter à leur mur d’incompréhension, de peur, de méchanceté et de mauvaise foi. Même mon compagnon actuel n’arrive pas à exposer honnêtement face à eux ses convictions-propres… Il reste prudent, diplomate, il ne veut pas avoir de soucis avec eux justement afin qu’ils prennent le minimum de place dans notre vie (ce qui est très sage de sa part) : ils sont trop extrémistes, pour eux ce que nous sommes est juste inconcevable, et d’ailleurs ils ne le conçoivent pas vraiment (sinon ils ne s’adresseraient pas à nous comme ils le font).

      Pendant des années – parce que pour certaines raisons très tristes, par la suite, malgré la précocité de mon esprit d’indépendance, je me suis retrouvée à leur entière dépendance – par la suite, me sentant redevable (et brisée), j’ai été plus qu’impeccable avec eux, je ne leur en voulais jamais très longtemps pour quoi que soit ; car cela, figurez-vous, est également dans ma nature… j’étais à leurs côtés en toute circonstance… au point de me muer en une sorte d’animal de compagnie. Ma grand-mère en était venue à s’adresser à moi comme à une autre petite vieille… Tu parles qu’ils ne voulaient plus me laisser partir ! Le réconfort de leurs vieux jours, leur enfant unique de toujours, pour toujours, comme un porte-bonheur, à leurs côtés dans leur maison… Quand je répondais à quelque exigence excessive de leur part me concernant, en leur expliquant que j’étais une personne adulte, qui avait le pouvoir d’assumer librement ses actes, ses fréquentations, que ceux-ci leur déplaisent ou non, et de choisir sa vie sans leur rendre de comptes – ils riaient, figurez-vous ! Et ils faisaient ainsi : « Bien sûr, bien sûr, ha ha ! », sur l’air connu de l’incrédulité. Pour eux, je continuais à faire ma crise d’adolescence, je ne pouvais pas être un adulte libre de ses choix. C’était tout-à-fait impossible ! – Je n’étais pas assez raisonnable, selon leurs propres critères, pour qu’ils m’accordent de sortir de mon éternel statut de « mineure ». « Tu feras toujours partie de nous » ; « Tu es comme un gros oeuf, tu as encore besoin d’être couvée » – voilà le genre de mots doux que ma mère me glissait à l’oreille – pour se consoler de mes nombreux « échecs » à ses yeux – peu avant que je quitte définitivement son foyer et celui de mon père. Ma mère n’est pas méchante cependant, c’est juste quelqu’un d’un peu simple ; elle suit son compagnon aveuglément. [Il faut savoir que mon père, qui est un peu manipulateur, ne s’entoure jamais de personnes plus intelligentes que lui – celles-ci, quand il y en a qui approchent le « cercle », se retrouvent en peu de temps éliminées de son sillage (de sa « clique »); comme des défenses immunitaires repousseraient des corps étrangers.] … Parfois même, sur un coup de colère, ma mère qui n’est pas très fine, pouvait même, en réponse à un discret « Je suis majeure, tu sais… » de ma part, lâcher un bruyant : « N’importe quoi ! » – J’avais 24 ans passés, alors ! J’étais officiellement majeure depuis 6 ans. Mais quand mon père se présentait aux élections, il m’emmenait tout de même voter sans que je ne puisse rien dire, – il fallait bien que j’aille voter pour lui, disait-il ! – ou bien si je n’étais momentanément pas sur place, il exigeait de ma part une procuration, sans l’ombre d’un souci de conscience… – oui, absolument, une procuration pour voter pour lui ! Mon compagnon actuel a été témoin de cela ; moi je crois qu’au point où j’en étais, de saturation, à l’époque, j’étais prête à donner ce qu’il voulait à mon père, pour avoir la paix… mais mon compagnon, sur ce coup-là, a été révolté. A raison ! – Hélas, un tel affront anecdotique est seulement amusant – [il était en l’occurrence symptomatique d’un certain relâchement de l’attention de ces vampires qui, à force de résignation de ma part, s’étaient habitués à se croire tout-permis]. Ce qui est terrible, véritablement, c’est tout ce qu’il faut en amont – et la difficulté qu’il y a à raconter ce qu’il y a en amont -, pour en arriver à une situation pareille – aussi embourbée, aussi viciée, débilitante et débile.

      Ce qui est réellement terrifiant, c’est de réaliser que jamais, malgré tout ce que j’ai pu leur expliquer à cœur ouvert, malgré tous les cris, toutes les larmes, malgré toutes ces confidences données à l’ennemi au risque de les voir retournées contre moi, c’est de réaliser que jamais sérieusement ils n’a pu penser une seule seconde que j’aie pu être réellement sérieuse lorsque je disais posséder mes propres conviction. Le plus inconcevable pour eux je crois (comme d’ailleurs pour beaucoup de monde) est que mes conviction aient pu réellement différer, et sur des points d’honneur de morale – un honneur et une morale qui vaille bien les leurs -, sans pour autant jamais basculer dans l’ignominie – ou à tout le moins en s’efforçant de n’y jamais sombrer… Le plus dur pour eux, comme pour tant d’autres, est d’imaginer que je ne joue pas « à la méchante », et même que je ne sois pas une méchante (quand bien même mon père m’aurait qualifiée six-mille fois ainsi), ni même une sale gamine amatrice de jeux de rôles. Non, je ne « joue » pas au « fascisme » ! Je ne suis pas fasciste, à vrai dire, non plus. Mais il est impossible à leurs yeux que je puisse être sincère, ou bien être sincère et ne pas me considérer comme une fasciste, en ayant les opinions que j’ai…. Non, leur fille ne peut pas tenir des propos ressentis par eux comme tendancieux et inaudibles et n’être pas pour autant dans une attitude de provocation adolescente ! Cela voudrait dire que leur ressenti intime, concernant ce qui est bien et ce qui est mal, n’est pas fondé sur une intuition-du-bien souverainement et systématiquement juste, et qu’il n’y a pas dans leur « cœur » de boussole morale qui indiquerait invariablement le nord… Cela voudrait dire que pour rester des « Justes », il leur faudrait comme tout un chacun continuellement travailler sur eux-mêmes, afin d’éliminer tout ce qui en eux est susceptible d’influencer leur jugement. Ce voudrait dire qu’en eux il y aurait des pulsions impures, et des motivations basses, des monstres à combattre, comme c’est le cas chez les autres êtres humains… Cela voudrait dire, en ce qui concerne les narcissiques personnages dont nous parlons, qu’il faudrait tout revoir à zéro ! – et d’ors et déjà qu’ils cessent de me persécuter lorsque j’emploie l’expression catho : « Péché Originel »… Non, s’ils n’ont pas pu le faire autrefois, ils ne le feront pas maintenant : ils sont trop vieux à présent, trop rassis, pour réaliser tout ça.

      Hélas pour eux, je ne fais pas de « provoc » : je considère réellement, en mon âme et conscience, et sans désir particulier de lui nuire, que mon père, en suivant aveuglément les directives/les lois de son parti, en confondant son parti et son humanisme, aujourd’hui trahit l’esprit de l’humanisme, trahit l’esprit des lois qu’il croit servir, exactement comme les Pharisiens trahirent l’esprit de leurs lois en prétendant les servir et les faire appliquer. Et je prétends avoir également failli crever à cause de cela, ce pourquoi il est hors de question pour moi de relativiser la gravité du crime contre l’esprit dont nous parlons.


  13. Réponse à « Hippocrate » (que je n’autorise pas à publier de commentaires ici) :

    « Beaucoup de phrases sur vos parents, très peu sur le futur bébé ( il y a bien sûr dans la grossesse beaucoup d’indicible), très peu également sur le paternel. »

    Et pourquoi cela à votre avis, espèce de vieux con ? Pour quelle raison ai-je ouvert ce blog, pensez-vous ? Croyez-vous que j’utilise cet espace pour étaler ma vie privée ? Est-ce que vous me voyez poster des photos de mon intérieur ? Partager des recettes de cuisines ? Est-ce que je donne l’impression ici de vouloir me montrer exhaustive concernant mon mode de vie, mes passions, mes rencontres entres amis, mon passé ?

    La raison pour laquelle vous ne connaîtrez jamais le nom de mon fiancé, espèce de connard de voyeur, c’est parce que je lui ai formellement promis de ne jamais le donner en pâture à mes lecteurs. La raison pour laquelle vous ne saurez rien à propos de ma grossesse, ou du nom de mon futur enfant, ou de la couleur de sa future chambre, c’est que cette vie-là, ma vie d’adulte, ma vie de mère, elle m’appartient, et elle appartient à mon enfant à venir, ainsi qu’à mon conjoint. C’est ce que je possède de plus sacré. Vous n’en aurez pas la plus maigre miette.

    Ce que je montre ici n’est pas représentatif de ce qui compose ma vie de tous les jours. Ce que je montre ici est au contraire tout ce dont je dois me débarrasser pour continuer à pouvoir affronter cette vie de tous les jours. Ce dont je parle ici, ce sont mes aliénations, mes passions triste, les voix des morts qui m’appellent à eux, et que je repousse… je parle de ce qui tend à m’empêcher de vivre. Parce que parler c’est donner. Et donner c’est se déprendre.

    Les pouffiasses qui étalent en permanence en public ce qu’elles vivent de meilleur, ce qu’elles possèdent de meilleur, afin de susciter toujours plus d’envie et de convoitise, en réalité sont des imbéciles. Car celles-ci qui donnent toujours à voir le meilleur, garde le plus laid et le plus honteux à l’intérieur d’elles, de telle sorte que lorsqu’on les rencontre, ou qu’on apprend à les connaître, on est toujours déçu. Elles sont des boites à bon bon pleines de vanité… pleines de vide. « Irena Adler » (qui n’est pas mon vrai nom) est un labyrinthe de peine et de misères, en le saint du sein duquel, lorsqu’on cherche ardemment, et gentiment, il est possible de trouver quelques fines étoiles. Car contrairement à ceux qui, tels des animaux, se veulent transparents pour leurs contemporains, et pour ainsi dire vivent comme les chats et les babouins, le trou du cul à l’air, je ne suis pas une désespérée. Je ne suis pas dénuée de profondeur, ni de matière. Je ne suis pas vide. Car ma dialectique qui tient du dévoilement, ne peut se passer de tabous… c’est-à dire de pudeur.

    Ce que je cache est toujours plus précieux. En cela, je possède des valeurs – et je conserve ma valeur. C’est cela aussi lutter contre le royaume des apparences. Chez moi il y a des parallèles à établir entre ce que je fais et ce que je dis. Non, je ne pense pas comme tout le monde. Je ne vis pas comme tout le monde non plus.

    « Attention de ne pas poser votre vie – je parle d’ailleurs surtout de celle du petit ou de la petite à venir- en fonction de « ce que j’ai subi et que je ne voudrais pas qu’il ou elle subisse.

    Les bébés s’en foutent, de ça; tout ce qu’ils demandent, c’est la sécurité et la tendresse; mais ça ils l’exigent de manière toute-puissante.
    Les conflits transgénérationnels, ce n’est pas leur problème.
    Soyez une maman macaque …c’est ce qu’il ya de mieux pour le petit primate
     »

    Cette attitude que vous avez-là, de donner de conseils de vie, de vous mêler des affaires privées, d’un personnage venu sur le web essentiellement afin de parler de politique, c’est le signe d’un esprit vicieux. C’est le signe esprit profondément matérialiste, car porté à s’attaquer à la moindre prise psychologique qu’un auteur vous livre, plutôt que d’attacher le moindre intérêt à ce qui est le fond de son propos. Ici, figurez-vous que j’utilise mon expérience comme une illustration – j’aurais aussi bien pu utiliser l’expérience de quelqu’un d’autre – d’ailleurs personne ne sait exactement qui je suis (et personne ne connaît ce refuge).

    J’ai osé parler de moi – et parler vrai – et aussitôt le voyeurisme des pervers comme vous se met en marche ! On va chercher à m’atteindre par cette brèche ouverte ! Car l’important est d’atteindre l’auteur, n’est-ce pas ? Pas de l’écouter, non. Ecouter c’est pour les gens humbles… c’est l’affaire des lecteurs. Vous, le vieux con, vous n’êtes pas un lecteur : vous, vous vous concevez comme un acteur, sinon rien.

    Eh bien désolé, mon ami. Ici vous n’aurez pourtant pas droit de cité. Ici vous ne serez même pas admis dans le public… voyez, comme vous êtes bien loin d’accéder à la scène !

    Ici, c’est moi qui suis en scène. Et il est hors de question que ce que je livre sur scène soit utilisé contre moi.

    Ce sont les gens comme vous, les regards pervers comme les vôtres, qui tuent l’art : c’est à cause des voyeurs comme vous, des esprits mal placés comme les vôtres, que plus personne n’ose de nos jours se livrer, tripes sur tables, « sortir le grand jeu » au public, pour la beauté de l’art. C’est à cause des gens comme vous qui ne voyez jamais que la laideur, et qui si besoin en créez, que nous vivons dans un monde où tout un chacun est toujours en représentation, à essayer de faire bonne figure, mais où plus personne n’ose risquer sa peau à essayer d’être « vrai ».

    Je crois en la vertu éducative de la tragédie ; ce pourquoi je me veux un peu tragédienne… mais je n’accepterai pas pour autant qu’au sortir du théâtre, mon public me regarde avec crainte et pitié, comme si j’avais commis un crime. Si vous voulez que j’expose ici, de la façon la plus dramatique, mes crimes et mes égarements, que je vous donne à lire, en toute humilité, ce qui en moi est le plus terne, le plus souffrant, voire le plus hideux, il faudra auparavant que j’aie l’assurance de votre bienveillance. Car je ne fais pas – j’ai décidé que je ne ferai jamais plus – l’offrande suprême de mes passion, de mes humanités, de mes amours et de mes haines, à des regards malveillants.

    P.s : ne vous inquiétez donc pas pour le petit… il est certain qu’il sera mieux traité que ne l’ont, selon toute probabilité, été vos propres enfants. Car je perçois d’ici chez vous le plus grand des égoïsmes. Quant à mon homme, il est assez grand pour savoir si je suis la femme qui lui faut ou non, veuillez ne pas projeter sur lui vos propres frustrations et impuissances. C’est loin d’être un mari qui porte le jupon, voilà tout ce que je peux vous dire.^^ Merci encore pour tout.

  14. Je me permets de signaler une faute : vous écrivez : « Alors, on peut bien sûr décider de combattre l’ingérence de religions étrangères dans nos affaires publiques au nom de notre héritage catholique ancestral… »

    N’est-ce pas plutôt « en le nom de notre héritage … » ?

  15. @ Darty :

    Parler « au nom de », ou parler « en le nom de », c’est du pareil au même… la seconde expression est juste une version archaïque de l’autre (plus lourde, plus appuyée). Les deux se disent, bien évidemment ! Simplement, la phrase était déjà longue, j’ai opté spontanément pour la solution la plus courte (la plus conforme à la grammaire moderne aussi).

    J’en fais pourtant, des vraies fautes (d’accord en particulier, par inattention), pourquoi me chercher des poux sur une question de syntaxe aussi bête ?

  16. Je tâche de vous faire progresser par mes remarques,par ailleurs, le fait que je commente un blog augmente généralement l’intérêt à le lire

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