Dangers du cathéchisme

Juste assez dociles pour ne jamais développer leur esprit critique contre les préceptes dans lesquelles elles ont été éduquées ; mais pas suffisamment pour s’y soumettre… Elles ont un Dieu qu’elles ne connaissent pas, elles prônent des vertus qu’elles trouvent indécent d’incarner, elles ont des goûts profanes soit-disant par humilité, leurs objets de dégoût se confondent intimement avec ce qu’il faudrait qu’elles aiment… Un vernis culturel les autorise à crucifier tous les jours le Christ en le nommant : « tabou ».

Ces femmes ne sont pas des archaïsmes. Ces femmes sont la plupart des femmes dites modernes. Elles sont également vos caricatures. Ces femmes sont ce que les hommes deviennent lorsqu’ils ont abandonné, non pas leur égo [vocabulaire psychanalytique], non pas leur narcissisme [vocabulaire que les bigots, les tenants d’une conception biaisée, hérétique, de l’humilité, utilisent pour marcher sur la fierté des braves, et ridiculiser la grandeur], mais tout simplement leur dignité… leur courage intellectuel.

Si nous autres les occidentaux sommes si prompts à écrire des traités visant à définir les contours de ce que nous n’aimons pas… si nous sommes beaucoup moins forts, en revanche, pour reconnaître dans le monde et en autrui la présence de ce que nous prétendons aimer, révérer, faire sens… c’est parce que nous les occidentaux nous piquons tous plus ou moins sans exception d’apprendre à penser… or il est bien plus facile d’apprendre à penser contre que d’apprendre à penser avec. L’homme qui dit : « Non! » (pour ne pas dire la-poupée-qui-dit-non), est un homme qui reçoit avec une grande acuité le sentiment réconfortant, valorisant, de se distinguer –  il se hisse par la dérision ou l’indignation au-dessus la bassesse générale… lequel sentiment lui procure à peu le frais la certitude secrète d’être un homme intelligent. Tandis que celui qui se soumet à des principes communément admis comme justes, non parce qu’ils sont communément admis, mais parce qu’ils lui semblent, en son âme et conscience, être justes, celui-là ne reçoit rien. Sa vanité n’est pas nourrie. Les prétentieux le traiteront de suiveur, de conformiste, et les conformistes (les vrais) ne comprendront jamais – et même rejetteront – ses raisons profondes d’avoir rejoint leurs rangs.

 

TROPHONIUS : – Et voici à présent, mesdemoiselles, l’innocente Geneviève de Brabant !

GENEVIEVE DE BRABANT : – Et voici derrière toi, Trophonius, l’enfer mondain dont j’ai été Bienheureuse que les revers du sort me délivrent.

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6 réflexions sur “Dangers du cathéchisme

  1. Les socquettes m’en tombent quand je pense à ce texte. C’est intéressant parce que j’ai changé d’avis en cours de route, me voici avec un sujet de réflexion qui va m’accompagner une partie de ma nuit ou de ma vie…

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