Le ministre de l’Educ’ Nat’ a dit…

 »La Franc-maçonnerie, religion de la République » (V. Peillon)

Mais la République, sa vocation, en tant qu’elle est fondée sur le vote du peuple, (et le recours éventuel au référendum, et la liberté d’expression), n’est-elle pas d’être à tout le monde, justement ? La France historique a déjà une religion, ou plutôt une culture religieuse, dirons-nous, et il s’agit bien-évidemment de la religion chrétienne… Car la laïcité n’est nullement une négation de la religion, elle ne doit pas viser à sa persécution ; de la même manière que l’honnête homme ne peut et ne doit cesser de commercer avec son inconscient, elle équivaut à seulement à un refoulement, ou plutôt à un confinement, de ce-dit « inconscient » collectif national qu’est le langage symbolique religieux dans les garde-fous protégés de la sphère privée et des lieux de célébration rituels. La France (la République Française, donc) appartient aussi (et même dirais-je surtout) aux chrétiens natifs… aux chrétiens charnels. Pour faire une jolie image, je dirais que l’âme française est chrétienne à l’état de nudité, et que ce n’est que par décence, car la chrétienté nue est un état impossible (un état de lumière), qu’on l’habille d’un corset démocratique : afin – au moins – de sauver ses mœurs… « Larvatus pro-deo » : pour vivre saintement, vivons cachés.

Dans cette mesure il ne serait pas loyal de la part de la France qu’elle trahisse ses chrétiens, même sous prétexte de laïcité, en leur préférant le clergé d’une secte secrète. [Au demeurant, il n’y a pas de « secte laïque » qui tienne : l’emploi d’une telle acception, en lui-même, est déjà frauduleux, car il sous-entend d’ors et déjà un oxymore néfaste : une hypocrisie sûre de ses droits.] D’autant plus si ladite secte se pique de gnosticisme bon-marché et favorise des systèmes d’entente opaques entre politiques, entrepreneurs et acteurs de la scène publique relevant trop souvent du délit d’initié… Un tel système est blâmable, est tout sauf chrétien, car il équivaut au clientélisme à la romaine. Et ce n’est certainement pas parce que « le monde est monde » et que l’entente des puissants contre la plèbe est une plaie civilisationnelle éternelle, qu’il faut pour autant cesser de la combattre. Dire qu’un tel combat est vain revient au même que de dire qu’il ne sert à rien de faire le ménage chez soi au motif que la poussière persiste continuellement à tomber. Au contraire, les seuls maux valant la peine d’être combattus, sont ceux qui, inhérents à l’humaine condition, ne craignent point de disparaître. Simple question d’hygiène de l’âme, de bon sens, et d’humanité.

Pour résumer, la démocratie n’est pas un autre totalitarisme, un /autre/ glaive nécessitant d’être assisté d’un /autre/ goupillon. La démocratie, c’est la quête permanente, car jamais satisfaite, de l’impartialité : la quête du jugement impartial, c’est-à-dire de l’égalité des chances ou de la Justice aveugle ! Elle n’est pas un pouvoir destiné à créer de nouvelles injustices, elle est un pouvoir en quête perpétuelle de contre-pouvoirs, cherchant toujours à se raisonner lui-même, à se tempérer.

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3 réflexions sur “Le ministre de l’Educ’ Nat’ a dit…

  1. Bonsoir,

    je suis tout à fait d’accord avec vous ; ainsi, par un subtil jeu de subversion (culte du secret, propagande, etc.), la République laïque est en réalité République maçonnique (soit une religion d’état supérieure par son « pouvoir » sur les autres ; la maçonnerie ne « laïcise » pas mais réduit bel et bien au néant les autres religions par la soumission ; la maçonnerie au sommet de « l’échelle républicaine » des religions).

    Ce qui est amusant de constater, c’est que le pouvoir en place (maçon donc), face à l’actuelle montée en puissance de l’Islam (sans faire de comparaison; la religion catholique vit « encore ») se pare de ces racines chrétiennes (enfin, c’est surtout valable sous Sarkozy, reste à voir sous Hollande) (ex : nombreuses sont les églises déclarées monuments historiques : racines reconnues officiellement par le pouvoir) pour se défendre (la laïcité aurait ainsi des limites que pallient ces racines chrétiennes) : il n’aura échappé à personne que l’Islam et ses représentants ont du mal a être reconnus loin des amalgames antiracistes générés par la gauche.

    Pour ce qui est de la démocratie, idem, nous sommes sur la même longueur d’onde (rapport à la justice).

  2. Si nous résumons ce que nous avons lu, nous voyons que le chrétien, bien qu’étant dans le monde, n’est pas du monde. Il n’est pas du monde, dans le même sens que Christ n’était pas du monde. Il appartient à un nouvel ordre ; car «si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création» (2 Cor. 5:17). Il est, comme nous l’avons vu, absolument sorti du monde, par la mort et la résurrection de Christ. Il doit par conséquent s’en tenir complètement séparé. Il ne convient pas qu’il se conforme au monde (Gal. 1:4 ; Rom. 12:2). Dans son esprit, ses habitudes, sa conduite, ses actes, il doit donner à connaître qu’il n’est pas de ce monde. Plus encore, par l’application de la croix à lui-même, il doit se tenir lui-même pour crucifié au monde ; il ne peut alors plus y avoir aucun attrait, aucune force d’attraction entre deux choses ainsi jugées.

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