La cogitation – (addendum au dossier sur le complotisme)

Penser c’est peser, cogiter c’est agiter des idées ensemble pour tenter de les fondre entre elles.
(Un prof)


XP écrit :

Si l’on devait donner en une seule phrase les raisons de l’antisémitisme, on devrait dire ça:

le peuple juif est par excellence celui qui à la vocation de la question, tandis que la populace ne cherche que des réponses…

S’ensuit naturellement une démonstration de son cru visant à systématiser l’assertion en question, c’est-à-dire à lui donner force de vérité absolue.

XP qui nous présente donc la vocation au questionnement systématique comme la vertu suprême, la possède-t-il ?

« Rien n’est jamais acquis » – J’ai eu une prof de français Franc-Mac ; ces mots étaient épinglés en permanence au mur de sa salle de classe…

Lounès (en contradiction diamétrale avec XP) écrit quant à lui :

Leurs textes sacrés professent le racisme le plus absolu, mais ils se réclament publiquement d’un antiracisme qui a systématiquement pour seule expression d’opprimer les Blancs qui les logent et les nourrissent grassement. L’autocritique? L’humilité? L’authentique « questionnement »? Ils ne connaissent pas.

S’ensuit une étrange démonstration visant à prouver que les juifs instrumentalisent le libéralisme de façon perverse : au service de leur corporatisme, et non au service du bien commun. Il dit en somme qu’à cause d’eux la doctrine du libre-échange qui selon Ayn Rand (et tant d’autres théoriciens du libéralisme) devrait normalement s’exercer au profit de tous, ne l’est plus seulement qu’à celui de quelques uns.

Les industriels/les grandes fortunes d’obédience catholique que sont en France Lagardère, Bolloré ou encore Bonduelle font-elles du profit par amour de leur prochain ? Les mormons et autres membres de lobbies WASP qui ont leurs entrées dans les plus hautes sphères du pouvoir américain, sont-ils plus désintéressés que leurs confrères de la communauté juive ? La réponse à cette question est d’ordre métaphysique – pas moyen d’y répondre sans évoquer des croyances qui échappent totalement au pragmatisme élémentaire de rigueur lorsqu’on parle politique ou économie.

Le raisonnement de Lounès paraît quelque peu étrange… En fait, lorsqu’on se penche dessus, on s’aperçoit qu’il ne tient debout qu’à condition d’accepter un certain nombres de prémisses implicites comme ontologiquement vraies. En l’occurrence, des prémisses made in Ilys ; non pas posées par lui, mais avant lui par son lectorat, et surtout par le grand inquisiteur du dogme local XP, à savoir :

1 – Les juifs sont différents, ils sont à part, et leur différence s’exerce par-delà la raison et ses clivages ordinaires, car elle est de nature sacrée.

2 – Ayn Rand a toujours raison.

3 – Pour faire mentir Ayn Rand (0u instrumentaliser l’esprit de liberté au détriment de la liberté) il faut au moins être le Diable (ou l’un de ses suppôts).

[NDLA : Utiliser les convictions de son interlocuteur pour prouver le contraire de ce qu’il veut dire, c’est la base-même du trolling. ^^]

Dancing-Jew

“Oy oy oy !”

Sur le site E&R, on cite parfois des juifs qui parlent de la judaïté… Quoi de plus normal puisque E&R et les juifs ont en partage une même passion ardente pour cette thématique ? ^^

E&R, ce sont des partisans d’une théorie du complot visant à établir que les juifs dominent le monde… Les juifs, de leur côté, sont évidemment très clients de cette théorie-là selon laquelle ils domineraient le monde ! Moi-même, je me mets à leur place : je prendrais la grosse tête si j’entendais tout le temps tant de monde me prêter de la sorte tous les attributs ordinaires de la surhumanité. Franchement, si j’étais eux, pourquoi même tenterais-je de détromper ces con-vaincus ? – Sauf à prendre le risque d’être incompris, ou bien de devoir descendre de mon piédestal ?

[NDLA : Oserai-je donner un petit conseil à E&R ? – « Don’t feed the troll ! » :D ]

Exemple de ce qu’on peut lire sur leur site antisémite :

Dans les conférences qu’il a donné en 1972 et 1978, Friedman a examiné un paradoxe juif unique : « Voici deux propositions » a-t-il dit, « chacune d’entre elle est validé par les preuves et pourtant elles sont incompatible l’une avec l’autre » :

  • La première proposition est que « il y a peu de peuples, voir aucun autre dans le monde qui doivent autant que les juifs à la libre entreprise et au capitalisme concurrentiel ».
  • La seconde proposition est que «  il y a peu de peuples dans le monde voir aucun autre qui ont fait autant que les juifs pour saper le fondement intellectuel du capitalisme ».

Comment concilie-t-on ces deux propositions contradictoires ?

[NDLA : La manière dont ces antisémites pratiquent leur antisémitisme ressemble tellement à la discipline intellectuelle à laquelle s’exercent les rabbins ! C’est effarant.]

S’ensuit comme de bien entendu(♪) et comme d’habitude(♪) une démonstration à la mords-moi-le-noeud visant à concilier et expliquer lesdits contraires tout en les réduisant à néant. J’ai envie de dire… ne peut-on laisser les contraires vivre leur vie de contraires en paix, sans chercher à les fondre à tout prix dans une vérité supérieure totalisante, englobante, susceptible de les annuler ? Le fait-même que des juifs aient pu exposer et défendre des convictions différentes et contradictoires à travers les âges, le fait qu’il y ait pu y en avoir des riches et des pauvres, des justes et des injustes, des capitalistes et des communistes, pourrait éventuellement s’expliquer par le fait qu’il s’agit de simples êtres humains – d’individus libres de leurs opinions et de leurs actes. Mais cette dernière explication n’est jamais prisée des conspirationnistes – elle n’est même jamais introduite dans le tableau d’ensemble. Pourquoi ?

Pourquoi ? Mais parce que c’est la base-même de la mentalité conspirationniste que de construire des systèmes absolutistes basés sur des prémisses arbitraires dont il convient d’accepter a-priori qu’elles soient vraies bien qu’elles ne reposent ni plus ni moins que sur un acte de foi.

afficherouge-3

L’affiche rouge, qui inspira à Aragon son célèbre poème, présente, dans sa partie supérieure, les visages des dix partisans. Les traces de trois mois de tortures n’arrivaient pas à effacer l’expression de fierté dans leurs yeux.
Voici les noms des partisans figurant sur l’affiche et les « légendes »
accompagnant la photo de chacun d’eux :
Fingercwajg, juif polonais, 3 attentats, 5 déraillements ; Boczow, juif hongrois, chef dérailleur, 20 attentats; Witchitz, juif polonais, 15 attentats; Wajsbrot, juif polonais, 1 attentat, 3 déraillements, Elek, juif hongrois, 8 déraillements, Grzywacz, juif polonais, 2 attentats, Fontanot, communiste italien, 12 attentats; Rayman, juif polonais, 13 attentats; Alfonso, Espagnol rouge, 7 attentats; Manouchian. Arménien, chef de la bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés.(A Manouchian on attribua toutes les actions de son détachement.)

SOURCE

Souvenez-vous la liste des « Rouges » établie par Nixon. Un nombre impressionnant de noms juifs y figuraient.
Cela rappelle le poème d’Aragon, l’Affiche Rouge :

«Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants »

De même, Marx était juif, n’est-ce pas ?

On serait tenté, en ne se fiant qu’à ces indices, d’établir le parallèle juifs=communistes. En tout cas celui qui voudra voir dans le judaïsme une force obscure à la solde du pouvoir communiste, pourra aisément trouver les moyens de le voir, et de bâtir une théorie du complot là-dessus.

Le problème c’est que parallèlement à ces communistes juifs, combien d’autres furent usuriers, diamantaires ? Combien, forts de leurs gains faramineux dans divers commerces, se retrouvent aujourd’hui à la tête de multinationales très puissantes ? Ceux-là n’entrent pas dans le système juif=coco précédemment établi : il faut bâtir une autre théorie – contradictoire avec la première – pour les englober.

Il existe (et semble avoir toujours existé), en réalité, de multiples théories du complot qui mettent les juifs en cause. Le problème c’est que ces théories s’excluent, se contredisent, les unes les autres. Évidemment l’esprit systématiste ne s’embarrasse pas de ça puisque son but unique est de justifier par tous les moyens possibles une intuition première qu’il a eu. Le systématiste ne jette jamais un regard hors de son propre système, car ce qu’il veut avant tout c’est détenir la vérité.

2954301875_168e4fac60_o

2954304319_85080490c5_o

Le plus amusant dans tout ça, c’est que les juifs, loin d’échapper à la méthode dite systématiste, semblent pour ainsi dire l’avoir inventée. Car en quoi cette méthode consiste-t-elle ? – si ce n’est à ne jamais penser qu’à partir d’un postulat de base infrangible (ex : Nous sommes le peuple élu), et plus encore de faire en sorte que ledit postulat de base infrangible intègre la loi suivante : « celui qui pratique la méthode systématiste a toujours raison » (ex : Nous sommes le peuple élu parce que le caractère sacré de notre élection nous permet de la remettre en cause sans pour autant qu’elle nous abandonne, or est élu celui qui peut tout remettre en cause, même ce qui est le plus sacré, car être élu c’est tutoyer le sacré – nous mettons au défi toute personne non-élue de le faire).


– Allez ! Et c’est reparti pour un tour !

Quant XP-le-systématiste dit des juifs qu’ils sont les seuls à préférer les questions aux réponses, ils y voit la preuve de ce que seuls les juifs sont capables d’affronter tous les questionnements du monde sans peur de s’y abîmer. Or celui qui peut agir ainsi n’est-il pas celui qui paradoxalement possède déjà toutes les réponses ? [Telle est du moins assurément la conviction de XP, lui qui prend toujours garde à savamment ignorer les problèmes qu’on lui pose s’il n’a pas la garantie de les avoir déjà dûment solutionnés en les intégrant à son système – et donc rendus inopérants. NDLA]

A titre d’illustration, reprenons la citation de Woody Allen « le juif »(sic.) que XP avait lui-même choisie pour donner force de vérité à son propos :

« J’ai une réponse, qui peut m’apporter une question? » – W.A.

Celui qui ne craint plus les réponses, n’est-il pas, à l’image de l’homme des cavernes qui a su dompter le feu, ou de Prométhée qui le déroba aux Dieu, celui qui les a déjà toutes domestiquées ? Mais quel est-il donc, ce « filet » qui permet de prendre toutes les questions (et leurs réponses) au piège, comme autant de petits poissons – quel est-il donc, sinon ce qu’on appelle un « système » ?

« La pensée pure doit commencer par un refus de la vie.  La première pensée claire, c’est la pensée du néant » – Gaston Bachelard.

[NDLA : Gaston Bachelard était sans doute un homme du désert, lui aussi, pour avoir saisi cette ineffable vérité. ^^]

XP, en avançant l’idée que les juifs ont, en d’autres temps, déjà posé toutes les questions, [et se sont, suppose-t-on, vus décerner par Dieu le titre de dépositaires du savoir universel à cause de cela]. Nous signifie-t-il par là que lesdites question ne méritent plus, dès lors, d’être posées ? Ou bien nous accorde-t-il tout de même le droit de suivre les pas des juifs et reprendre leur ancienne quête ? Mystère.

Lounès-le-systématisme, quant à lui, entend bien continuer à poser des questions – ce ne sont bien évidemment pas les juifs qui vont l’en empêcher ! Car (contrairement à XP) il est comme les juifs : il n’a peur ni des juifs ni des questions ! D’ailleurs, peu importe qu’elles aient déjà été posées ou non : on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve, n’est-ce-pas, il n’y a de pensée qu’en marche… On ne synthétise pas l’intelligence, on ne l’empaille pas, on ne la possède pas : on la pratique ! – N’est-ce pas cela le message qu’est venu nous délivrer Jésus ? Hors de cela point de salut. Et la pierre philosophale n’est qu’une vue de l’esprit… – Tel est du moins la réponse Lounèsienne au questionnement XPéen.

-_-‘

“Oy vey !”  Malheur de nous autres pauvres égarés… En voilà une maladie mentale ! Les feuges, encore les feuges, toujours les feuges… mais quelle obsession morbide est-ce là ?

La seule vraie question qui se pose encore au sortir de cette inepte guerre des systématismes qui les détruira tous, est : A-t-on vraiment besoin d’invoquer le judaïsme pour étudier tous ces passionnants paradoxes ?

[NDLA : Penser que « les juifs » – c’est-à-dire chaque juif pris en tant que personne, et non pas le Juif qui est un archétype – puissent incarner tout ce fatras philosophique grandiloquent que le débordant imaginaire occidental projette sur eux, c’est un peu comme si l’on disait qu’il ne fallait pas exclure la possibilité que le planton en costume rouge sis devant la Samaritaine tous les ans à Noël puisse être le vrai Père Noël. Une façon de voir pas dénuée de poésie mais un peu ridicule, somme toute.]

Ne peut-on vraiment pas se risquer à laisser choir ces hochets, ces vieilles lunes ? Imiter les enfants qui retirent les petites roues de leurs vélos lorsqu’ils apprennent l’équilibre ? Le filet de secours est-il absolument de rigueur ? Penser librement est-il à ce point un exercice périlleux quand on ne dispose plus derrière soi de la trame réconfortante d’un système universel d’explication du monde ? Est-il à ce point risqué de se poser des questions dont on ne connaît pas la réponse, enfin ?

Stop-and-Think

Irena Adler a écrit :

Mais arrêtez de vous [raconter] la judaïté, [enfin] ! La judaïté, c’est ce qu’on met dedans – quoi qu’on mette dedans d’ailleurs, peu importe, la petite machine tourne ! La judaïdé, c’est ce qu’on veut que ça soit. D’ailleurs il n’y a pas si longtemps, on se convertissait encore au judaïsme, comme à n’importe quelle autre religion – cette obsession du lien du sang, qui semble aujourd’hui la règle, est un phénomène tardif. Tenez, avant l’arrivée de Mahomet, en Arabie Saoudite, une part majeure de la population était juive. Il n’y a de plus aucune unité ethnique ou génétique du peuple juif qui engloberait les ashkénazes et les séfarades. Et aucun généalogiste au monde n’est en mesure de faire remonter les lignées de ces gens jusqu’à la Judée.

–> http://fr.wikipedia.org/wiki/Comment_le_peuple_juif_fut_invent%C3%A9

Nathan a répondu :

Sans intérêt.

Pourquoi sans intérêt ? Mais parce que les informations (« facts ! » – comme disent les américains) ci-dessus avancées ne permettent pas (ou alors difficilement) de nourrir l’affreuse obsession j* à la mode. Avec ce genre de denrées intellectuelles, on ne cuisine ni l’antisémitisme bien farci, ni le philo-sémitisme bon teint.
La petite machine à penser-en-suivant-les-pointillés affiche : « Eléments non-intégrables au(x) système(s) –> élimination. »

Laissons à Baudelaire le soin de conclure à ma place :

« Être un homme utile m’a paru toujours quelque chose de bien hideux. » – Charles Baudelaire

Publicités

12 réflexions sur “La cogitation – (addendum au dossier sur le complotisme)

  1. Allez, en piste ! La danse continue :

    Question :

    « CofC* describes how Jewish intellectuals initiated and advanced a number of important intellectual and political movements during the 20th century. I argue that these movements are attempts to alter Western societies in a manner that would neutralize or end anti-Semitism and enhance the prospects for Jewish group continuity either in an overt or in a semi-cryptic manner. Several of these Jewish movements (e.g., the shift in immigration policy favoring non-European peoples) have attempted to weaken the power of their perceived competitors—the European peoples who early in the 20th century had assumed a dominant
    position not only in their traditional homelands in Europe, but also in the United States, Canada, and Australia. At a theoretical level, these movements are viewed as the outcome of conflicts of interest between Jews and non-Jews in the construction of culture and in various public policy issues. Ultimately, these movements are viewed as the expression of a group evolutionary strategy by Jews in their competition for social, political and cultural dominance with nonJews. »

    *Culture of Critique, de Kevin Mac Donald.
    SOURCE : http://www.prometheism.net/library/CultureOfCritique.pdf

    ———————————————————————————————-

    Rayponce :

    And so what ?

    Que des juifs exercent leur liberté de penser (et d’agir) /contre/ un certain ordre établi occidental… Why not ? Quel est donc cet « ordre établi occidental » qui serait typiquement non-juif ? Nous pourrions peut-être interroger les juifs à ce sujet car s’ils croient le savoir, il me semble en revanche que nous les « goys » nous l’ignorons. En réalité il n’y a pas plus de définition de la pensée juive qui ne soit pas d’ors et déjà pleinement partie-prenante de l’imaginaire occidental, qu’il n’existe d’archétype de société « goy » ontologiquement non-juif. Ces choses-là ne sont que des vues de l’esprit (de l’esprit juif ou antisémite – les deux ne faisant qu’un). Le phénomène que l’auteur que vous citez désigne sous de terme /d’influence juive sur la société occidentale/ vous ne trouverez jamais le moyen de le dissocier de ce que l’on appelle également chez nous « la marche du progrès ». Or même si certains américains un peu bas-du-front le croient, les juifs n’ont certainement pas le monopole de la « marche du progrès ».

    « La marche du progrès » est et a toujours été l’apanage constitutif de la civilisation occidentale. Elle lui doit sa suprématie sur les autres comme elle lui devra peut-être aussi sa perte. Mais l’esprit de progrès, avec tout ce qu’il comporte d’auto-destructeur, est inscrit dans le génome de l’occident. Que les juifs aient été perçus ou se soient auto-perçus comme des moteurs de cet « esprit de progrès » parce qu’ils contribuaient largement à la remise en cause permanente du /système/ ne change rien à l’état de fait suivant : notre /système/ (autre nom de « l’ordre établi occidental ») tire sa suprématie du fait-même qu’il soit apte (et même désireux) de toujours se remettre en cause. C’est-là la justification originelle du pouvoir démocratique : permette l’alternance des partis au pouvoir, permettre au sceptre du roi de changer de main, en fonction des besoins du peuple, en fonction des exigences des conjectures, au lieu de ne servir qu’une caste de privilégiés.

    Hélas, le naturel « gourmand » des hommes reprend toujours le dessus, et bien-évidemment il advient qu’en démocratie aussi des castes de privilégiés se forment qui monopolisent le pouvoir. Il faudrait que le peuple ait davantage de moyens de lutter contre cela. Hélas encore une fois, les puissants sont les puissants – bien hardi celui qui prétend retirer son sceptre au roi du jour, lorsqu’il celui-ci s’y accroche. Cependant ne croyez pas que les seuls juifs ont l’apanage de cette perversion – que seuls les juifs bénéficient du système actuel en s’installant à demeure dans les hautes sphères du pouvoir, car toutes sortes d’autres lobbys (chrétiens, franc-mac.. etc.) agissent de même – ainsi que des individus isolés. C’est l’intérêt avant tout, qui pousse tous ces individus à parasiter la République, non leur obédience religieuse ou autre.

  2. La réponse à cette antinomie dialectique que vous dénoncez si lumineusement chère amie Blanche nous est donné par un juif une fois de plus, le rhétoricien Noam Chomsky qui récapitule la stratégie planétaire de manipulation des masses en dix points épineusement majeurs :

    1/ La stratégie de la distraction

    Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

    2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

    Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

    3/ La stratégie de la dégradation

    Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

    4/ La stratégie du différé

    Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

    5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge

    La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

    6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

    Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

    7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

    Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

    8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

    Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

    9/ Remplacer la révolte par la culpabilité

    Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

    10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

    Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

    • Très bien. Je lisais Noam Chomsky quand j’étais ado, dans le Monde Diplomatique. Son argumentaire me parle. Si comme Paulo de Lalitte le dit, l’intervention du surnaturel dans la pose des prémisses légitime sans recours possible le système construit dessus, alors je devrais me rendre, n’est-ce-pas ? (^^)
      Ah ! Si je n’avais pas la tête si dure…

      J’ai déjà des tonnes de réponses en tête à l’intervention du dénommé Arthur sur Ilys, ainsi qu’à Lounès pour son dernier article. Je dois seulement trouver le temps de les rédiger.

      Raffraîchissez-moi la mémoire, s’il vous plaît, quelles sont les solutions que suggère Chomski aux problèmes qu’il soulève ?

      • Une campagne de réinformation populaire, peut-être ? Ou bien le financement de campagnes massives d’abonnement à Science&Vie ?

        Noam Chomsky dit que les élites sont mieux éduquées que la masse… Où sont-elles ces élites intelligentes ? Je ne vois hélas partout que des élites crétines !

        En suis-je moi de l’élite ? Je n’ai même pas bac+2 ! Et Paulo, qui est artisan ? Il en est ?
        Pourquoi à chaque fois que j’ai taillé la bavette avec un docteur récemment (un docteur en médecine) j’ai trouvé un esprit sans éclat médiocrement cultivé, quand ce n’était pas un crétin fini ? Quid des « Humanités » de naguère ?

      • Mouahahah ! La news vient de tomber. Les Grands Rabbins ont des superpouvoirs ! C’est pour ça d’ailleurs qu’ils dominent le mOonde ! xD

        –> http://fr.news.yahoo.com/soup%C3%A7ons-lagr%C3%A9gation-grand-rabbin-gilles-bernheim-153947861.html

        Nan mais tu peux pas test… Etre Grand Rabbin ça vaut au moins 100x l’agreg de philo ! Ma parôle, qu’est-ce que les médias l’emmerdent avec ça ? Antisémites !

        [Plus sérieusement, il n’y a aucune honte à n’avoir pas d’agrégation de philo. Des gens très bien y ont échoué. Tout le monde sait que c’est un concours extrêmement difficile. Mais prétendre qu’on l’a obtenue quand ce n’est pas le cas… comme s’il s’agissait d’une simple formalité… LARCHUMA !]

  3. Can I just say what a relief to find someone who actually knows what theyre talking about on the internet. You definitely know how to bring an issue to light and make it important. More people need to read this and understand this side of the story. I cant believe youre not more popular because you definitely have the gift.
    transports http://www.mandarseamudar.com/index.php?title=The_Only_Methods_To_Learn_removals_And_How_One_Might_Become_A_Part_Of_The_removals_Cut_the_Cost_of_Long_Distance_Small_Removals

Les commentaires sont fermés.