Iconoclastase

Une chouette petite nouveauté chez BAM :

http://bouteillealamer.wordpress.com/2013/07/08/un-homme-et-une-femme-version-2013

Je ressens un dégoût immense pour ce dont il est question dans ce texte – dégoût pour les protagonistes, leur façon d’envisager l’existence et d’en jouir – mêlé à un grand appétit pour l’objet littéraire en lui-même.

Je crois que nous sommes nombreux à partager ce grand paradoxe… Nous nous plaisons au récit de la vie des puissants : guerres, épopées, hapax philosophiques, ruptures définitives, sagas dynastiques, amours-bulldozers qui écrasent toute vie antérieure sous leurs chenilles d’airain – que des choses effroyables. Et pourtant lorsque la vie nous confronte à la possibilité de rejoindre le mythe, la plupart du temps nous nous défilons : si nos désirs deviennent réalité, ils nous font brusquement horreur, – et même nous ne les reconnaissons plus. Cependant la plupart d’entre nous nie cela, pour la simple et bonne raison que nous ne voulons pas qu’il soit dit que nous ne sommes pas des « puissants ».

Voilà comment, en dépit du fait que nos idoles (et la modernité en est une – elle est même, en tant que mode de pensée, la grande fabrique des idoles), si elles descendaient du ciel des idées, feraient l’objet de notre plus profond dégoût (obscène, c’est l’adjectif qui caractérise le mieux l’aspect /réel/ de l’ultime objet de nos désirs), nous continuons (et sans doute plus que jamais), dans notre immense folie humaine-trop-humaine, à nous pousser du coude pour les atteindre.

Atteindre nos idoles, ou atteindre l’immonde. Nous y parviendrons.

Le Christ iconoclaste (Triomphe de la religion chrétienne), Musée du Vatican.

Le Christ iconoclaste (Triomphe de la religion chrétienne), Musée du Vatican.

En furetant chez les amis de mon ami Mémento Mouloud, j’ai encore trouvé quelque chose d’intéressant à lire sur le web (et qui rejoint certaines de mes récentes réflexions intimes) :

« Quand la foi diminue, il y a le risque que même les fondements de l’existence s’amoindrissent, comme le prévoyait le poète Thomas Stearns Elliot : « Avez-vous peut-être besoin qu’on vous dise que même ces modestes succès /qui vous permettent d’être fiers d’une société éduquée / survivront difficilement à la foi à laquelle ils doivent leur signification ? ». Si nous ôtons la foi en Dieu de nos villes, s’affaiblira la confiance entre nous. Nous nous tiendrions unis seulement par peur, et la stabilité serait menacée. La Lettre aux Hébreux affirme : « Dieu n’a pas honte de s’appeler leur Dieu ; il leur a préparé, en effet, une ville » (11, 16). L’expression « ne pas avoir honte » est associée à une reconnaissance publique. On veut dire que Dieu confesse publiquement, par son agir concret, sa présence parmi nous, son désir de rendre solides les relations entre les hommes. Peut-être aurions-nous honte d’appeler Dieu notre Dieu ? Peut-être est-ce nous qui ne le confessons pas comme tel dans notre vie publique, qui ne proposerions pas la grandeur de la vie en commun qu’il rend possible ? »(n. 55) »

Extrait de l’encyclique Lumen Fidei, écrite par Benoît XVI et signée par le pape François.

Ici : http://entrapercu.tumblr.com/

« Y’en a qu’ont essayé. Y-z-on eu des problèmes…«  (Régis Laspalès)

Qui se sent prêt à vivre comme un Dieu ?… A jouir de sa foi comme un volcan sur la place publique ?

Pas moi, désolée. J’ai peur de souffrir… c’est humain.

[Des prophètes, des saintes et des messies, y’en a plein les asiles.]

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18 réflexions sur “Iconoclastase

  1. La foi accueille cette Parole comme un roc sûr, des fondations solides sur lesquelles on peut édifier. C’est pourquoi dans la Bible la foi est désignée par la parole hébraïque ‘emûnah, dérivée du verbe ‘amàn, qui dans sa racine signifie « soutenir ». (Lumen fidei, § 10)

    Dès que la foi diminue, les fondements de l’existence vacillent, comme le montre l’étymologie de ce mot en hébreu. De même, Dieu est désigné dans la Bible comme étant le roc, l’inébranlable. Sans lui, tout dépérit et retourne au chaos primitif.

    Il ne s’agit pas de vivre comme un Dieu ou de je ne sais quel enthousiasme communicatif mais d’accepter librement de vivre sous son regard.

  2. Le pire c’est que vous n’avez probablement rien compris du tout… Et là je réalise que le fait de disposer d’un compagnon et d’au moins un lecteur d’élite capables de partager mon ironie à demi-mot, ne devrait pas me dispenser d’écrire ma pensée en termes explicites. Mais voyez à quelle aboulie intellectuelle le scepticisme nous mène : je n’éprouve même plus le besoin de convaincre qui que ce soit (en ce moment j’ai le désespoir de Dieu, quelle utilité de refiler ce virus ?), ni même d’être comprise…

    • Cela va ensemble, cher ami. Moi j’aurais des tas de choses à écrire – au moins 3 projets sérieux laissés en plan – mais me manque un peu de motivation. Me manque du temps aussi. Pas assez de temps, bordel. Exaspérée d’être frustrée par le manque de temps. Au point de ne plus vouloir rien entreprendre, de peur d’être à nouveau arrêtée dans mon élan par des problèmes d’ordre matériel.

      Un peu de frustration, c’est bon. Trop de frustration ça énerve.

  3. J’ai fais l’objet d’une censure inique. On ne supprime pas impunément mes messages.
    Pour la peine, [CENSURE – NDLA].

    Vilaine !

  4. Oui, je le crois.

    TU ES PORNOGRAPHIQUE !!! TU ES MAGIIIIIIIIIIQUE !!!

    Let me see you stripped.

    Tu viens de perdre un lecteur. Tu viens donc de perdre 50% de ton lectorat.
    Bisous Milkie.

      • C’est ça qui me dérange, chez vous… la vulgarité. Et même sur un site en apparence « parfait » comme Affinités Eclectiques, je ressens encore (et d’autant plus fort, curieusement) le vieil arrière-goût de … beurk. C’est l’instinct avant toute chose qui me retient de m’enflammer. Au final, plus difficile à expliquer qu’il n’y paraît. L’esprit fait des phrases, la raison des explications, l’orgueil des plaidoiries, l’imagination arrive au secours de tout ce petit monde pour bâtir des portraits de vous propres à être critiqués. Mais en définitive, quelle est donc cette voix qui m’avertit toujours contre votre personne ?

        J’ai vu des choses. Que je ne dirai pas. I saw things. Que je ne peux pas oublier. :)

        Sinon, c’est vrai que tu as des yeux pour voir. Tu sais me voir, et tu l’as sans doute toujours su. Au premier coup d’œil. Voilà qui est fort. Mais ne crois tout de même pas pour autant être l’homme qui sache le mieux m’aimer. Il faudrait être fou pour imaginer une chose pareille… Toi, aimer ?

        Non, ton grand avantage sur les autres, ce qui fait que je ne peux pas – que je le veuille ou non – te laisser perdre totalement ton existence dans ma vie mentale, c’est que tu as du talent. La littérature – et non pas la pornographie -, voilà ce qui nous unit, mon cher.

      • Tiens, cadeau.

        Je viens de la découvrir avec ma petite… :)

        —————————————————

        – Quoi, la souffrance des pervers, elle compte pour des prunes ?
        – Oui, parce qu’ils pratiquent l’empathie à l’envers. Et ça c’est le mal. ^^

        http://lucilaguerrero.com/wordpress/empathie/ (les nouveaux amis de Caroline sont intéressants)

        *Pas d’empathie pour les ennemis de l’empathie !*
        (Oh là là… ça ne me ressemble pas…)

  5. « Vous êtes tous les mêmes. »

    Tu as l’avantage d’être unique. Il est vrai.
    Mais je suis l’élu. Celui que tu récompenseras de sa fidélité à ta beauté hors-norme.

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