Un tweet et ça repart

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Quelque chose qui est amusant, c’est de suivre l’enseignement d’un type qui fait l’unanimité, et pourtant de ne trouver personne pour être d’accord avec soi.

Comment je suis devenu un troll ? Sans le vouloir : en venant demander aux gens ce en quoi ils croyaient.

C’est depuis que je suis enfant que je cherche des gens qui croient en quelque chose, afin de pouvoir les interroger à ce sujet.

Avec les gens qui ne croient en rien, il n’y a pas de discussion possible. Ou alors des discussions sophistiques, de pure frime… Vides de sens.

Le moment où vous commencez à faire hurler les gens, c’est quand vous les prenez au sérieux. Tellement terrifiant, le premier degré !

Pourquoi les gens d’aujourd’hui qui prétendent faire de l’humour mais ne sont pas drôles, passent-ils leur temps à vouloir éradiquer « l’esprit de sérieux » ? Parce que sans cela, ils seraient drôles.

Vous souvenez-vous cet « esprit de sérieux » dont j’aimais tant à me réclamer autrefois ? – J’ai dû y renoncer tant je soulevais d’objections épouvantées avec ce mot. Pourtant, c’est dommage, quand on y pense… Il n’y avait rien de plus drôle !

L’humour pince-sans-rire, l’humour qui ne dit pas son nom, est pourtant le plus drôle ! De même que le sérieux qui ne dit pas son nom – qui est de la peur mais voudrait se faire appeler légèreté – est la plus sinistre chose au monde.

Je pense souvent à cette œuvre à la con, supposé chef-d’œuvre hypra-respecté du « Nouveau-Roman » et de l’Oulipo : la Disparition de G. Perec. C’est l’histoire des romanciers français du XXe qui essaient de faire de l’art contemporain comme tout le monde et qui s’aperçoivent que l’usage de la langue française en soi est une monstrueuse contrainte. Une contrainte telle qu’ils leur sera à jamais impossible de faire de l’art contemporain en écrivant français. G. Perec décide de contourner le problème en écrivant un roman où ne figurerait pas une seule fois la lettre e. Balèse. Vachement plus balèse, du point de vue technique, que de coller un carré de papier jaune sur un fond de papier jaune, ou de photographier un bidet, par exemple. Quelle ironie ! Il cherche à se libérer des règles de la langue française qui ont un sens, et ne trouve finalement qu’un seul moyen : en créer une supplémentaire, mais qui en est totalement dépourvue ! Le non-sens, sens unique de l’histoire de la course à la modernité dans les arts et les idées ? Cul-de-sac, plutôt ! Le non-sens obligatoire est une prison mentale, d’un genre plus inhumain et monstrueux, en matière de prison, que tout ce qui jusque-là avait pu être créé. Modernité mon cul.

Ce n’est pas pour rien que Soral vient de l’art contemporain et Dieudonné du comique : c’est dans ces genres-là qu’on apprend le plus vite que le premier degré est le degré le plus élevé de l’humour et que pour choquer son monde, il suffit de le prendre au sérieux.

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