Goncourt toujours ! ♥

Les extraits qui suivent sont issus (comme tous ceux qui les précèdent sur ce blog) des Mémoires de la vie littéraire (Journal), tome 1.

–La Normandie est le pays de tous les poncifs: l’architecture gothique,
le port de mer, la ferme rustique avec de la mousse sur le toit.

* * * * *

–Balzac a supérieurement compris la mère dans BÉATRIX, dans LES PARENTS
PAUVRES, etc. Les petites pudeurs n’existent pas pour les mères: elles
sont, comme les saintes et les religieuses, au-dessus de la femme. Une
mère est tombée chez moi, un matin, me demander où était son fils, en me
disant qu’elle irait le chercher n’importe où! – On devine le n’importe où.

* * * * *

–C’est un malheur pour voyager en France d’être Français. L’aile du
poulet d’une table d’hôte va toujours à l’Anglais. Et pourquoi? C’est
qu’un Anglais ne regarde pas le garçon comme un homme, et que tout
domestique qui se sent considéré comme un être humain, méprise celui qui
le regarde ainsi.

* * * * *

–En France, la femme se perd bien plus par le romanesque que par
l’obscénité de ce qu’elle lit.

* * * * *

_6 janvier_.–Dîné avec Flaubert à Croisset. Il travaille décidément
quatorze heures par jour. Ce n’est plus du travail: c’est la Trappe. La
princesse lui a écrit de nous, au sujet de notre préface: «Ils ont dit la
vérité, c’est un crime!»

* * * * *

Au Japon, le monstre est partout. C’est le décor et presque le mobilier de
la maison. Il est la jardinière et le brûle-parfum. Le potier, le bronzier,
le dessinateur, le brodeur, le sèment autour de la vie de chacun. Il
grimace, les ongles en colère, sur la robe de chaque saison. Pour ce monde
de femmes pâles aux paupières fardées, le monstre est l’image habituelle,
familière, aimée, presque caressante, comme est pour nous la statuette
d’art sur notre cheminée: et qui sait, si ce peuple artiste n’a pas là son
idéal?

* * * * *

–Pourquoi pas un ordre du jour à la Mairie pour les belles actions
civiles, comme à la caserne pour les actions d’éclat?

* * * * *

–L’avarice des gens très riches de ce temps-ci a découvert une jolie
hypocrisie: la simplicité des goûts. Les millionnaires parlent de la
jouissance de dîner au bouillon Duval et de porter des sabots à la
campagne.

* * * * *

_15 janvier_.–Dîner Magny.

Taine proclame que tous les hommes de talent sont des produits de leurs
milieux. Nous soutenons le contraire. Où trouvez-vous, lui disons-nous, la
racine de l’exotisme de Chateaubriand: c’est un ananas poussé dans une
caserne! Gautier vient à notre appui, et soutient pour son compte que la
cervelle d’un artiste est la même du temps des Pharaons que maintenant.
Quant aux bourgeois, qu’il appelle des _néants fluides_, il se peut que
leur cervelle se soit modifiée, mais ça n’a pas d’importance.

* * * * *

–Se trouver en hiver, dans un endroit ami, entre des murs familiers, au
milieu de choses habituées au toucher distrait de vos doigts, sur un
fauteuil fait à votre corps, dans la lumière voilée de la lampe, près de
la chaleur apaisée d’une cheminée qui a brûlé tout le jour, et causer là,
à l’heure où l’esprit échappe au travail et se sauve de la journée; causer
avec des personnes sympathiques, avec des hommes, des femmes souriant à ce
que vous dites; se livrer et se détendre; écouter et répondre; donner son
attention aux autres ou la leur prendre; les confesser ou se raconter;
toucher à tout ce qu’atteint la parole; s’amuser du jour présent, juger le
journal, remuer le passé, comme si l’on tisonnait l’histoire, faire
jaillir au frottement de la contradiction adoucie d’un: _Mon cher_,
l’étincelle, la flamme ou le rire des mots; laisser gaminer un paradoxe,
jouer sa raison, courir sa cervelle; regarder se mêler ou se séparer, sous
la discussion, le courant des natures et des tempéraments; voir ses
paroles passer sur l’expression des visages, et surprendre le nez en l’air
d’une faiseuse de tapisserie, sentir son pouls s’élever comme sous une
petite fièvre et l’animation légère d’un bien-être capiteux; s’échapper de
soi, s’abandonner, se répandre dans ce qu’on a de spirituel, de convaincu,
de tendre, de caressant ou d’indigné; avoir la sensation de cette
communication électrique qui fait passer votre idée dans les idées, qui
vous écoutent; jouir des sympathies qui paraissent s’enlacer à vos paroles
et pressent vos pensées, comme avec la chaleur d’une poignée de main;
s’épanouir dans cette expansion de tous, et devant cette ouverture du fond
de chacun; goûter ce plaisir enivrant de la fusion et de la mêlée des âmes
dans la communion des esprits: la conversation,–c’est un des meilleurs
bonheurs de la vie, le seul peut-être qui la fasse tout à fait oublier,
qui suspende le temps et les heures de la nuit avec son charme pur et
passionnant!

Et quelle joie de nature égale cette joie de société que l’homme se fait ?

* * * * *

–Tous les observateurs sont tristes et doivent l’être. Ils regardent
vivre. Ils ne sont pas des acteurs, mais des témoins de la vie. De tout
ils ne prennent rien de ce qui trompe ou de ce qui grise. Leur état normal
est la sérénité mélancolique.

* * * * *

–Il y a de la pacotille dans l’humanité, des gens fabriqués à la grosse,
avec la moitié d’un sens, le quart d’une conscience. On les dirait nés
après ces grandes rafles de vivants, au moyen âge, où des hommes
naissaient inachevés, avec un œil ou quatre doigts, comme si la Nature,
dans le grand coup de feu d’une fourniture, pressée de recréer et de
livrer à heure fixe, bâclait de l’humanité.

* * * * *

–Ce qui entend le plus de bêtises dans le monde, est peut-être un tableau
de musée.

* * * * *

–Les époques et les pays où la vie est bon marché, sont gais. Une des
grandes causes de tristesse de notre société, c’est l’excès du prix des
choses, et la bataille secrète de chacun avec l’équilibre de son budget.

* * * * *

–La méchanceté dans l’amour, que cette méchanceté soit physique ou morale,
est le signe de la fin des sociétés.

* * * * *

–Le journal a tué le salon, le public a succédé à la société.

* * * * *

–Le XIXe siècle est à la fois le siècle de la Vérité et de la Blague.
Jamais on n’a plus menti ni plus cherché le vrai.

* * * * *

–L’assassinat politique est la mise en jeu du plus grand sentiment
héroïque des temps modernes. Et quand il réussit, n’est-ce pas très
souvent l’économie d’une révolution par le dévouement d’un seul? Et enfin,
l’assassin politique, n’est-ce pas un monsieur qui se met à la place du
bon Dieu, volant pour signer l’histoire d’un temps, la griffe de la
Providence?

* * * * *

–Mauvais temps pour nous que ces temps. La prétendue immoralité de nos
œuvres nous dessert auprès de l’hypocrisie du public, et la moralité de
nos personnes nous rend suspects au pouvoir.

* * * * *

–Il y a du raisonneur de l’ancienne comédie dans le médecin moderne.

* * * * *

–J’ai rarement vu à un amateur l’air amusé par l’art d’une chose. Tous me
rappellent toujours un peu celui-là, qui passait sa vie à étudier des
dessins anciens. Il n’en avait jamais vu un seul,–il ne regardait que les
marques.

* * * * *

_8 février_.–A une soirée chez la princesse Mathilde.

Ce que j’aime surtout dans la musique: ce sont les femmes qui l’écoutent.

Elles sont là, comme devant une pénétrante et divine fascination, dans des
immobilités de rêve, que chatouille, par instants, l’effleurement d’un
frisson.

Toutes, en écoutant, prennent la tête d’expression de leur figure. Leur
physionomie se lève et peu à peu rayonne d’une tendre extase. Leurs yeux
se mouillent de langueur, se ferment à demi, se perdent de côté où montent
au plafond chercher le ciel. Des éventails ont, contre les poitrines, un
battement pâmé, une palpitation mourante, comme l’aile d’un oiseau blessé;
d’autres glissent d’une main amollie dans le creux d’une jupe; et d’autres
rebroussent, avec leurs branches d’ivoire, un vague sourire heureux sur de
toutes petites dents blanches. Les bouches détendues, les lèvres doucement
entr’ouvertes, semblent aspirer une volupté qui vole.

Pas une femme n’ose presque regarder la musique en face. Beaucoup, la tête
inclinée sur l’épaule, restent un peu penchées comme sur quelque chose qui
leur parlerait à l’oreille; et celles-ci, laissant tomber l’ombre de leur
menton sur les fils de perles de leur cou, paraissent écouter au fond
d’elles.

Par moments, la note douloureusement raclée sur un violoncelle, fait
tressaillir leur engourdissement ravi; et des pâleurs d’une seconde, des
diaphanéités d’un instant, à peine visibles, passent sur leur peau qui
frémit; suspendues sur le bruit, toutes vibrantes et caressées, elles
semblent boire, de tout leur corps, le chant et l’émotion des instruments.

La messe de l’amour!–on dirait que la musique est cela pour la femme.

* * * * *

–Demander à une œuvre d’art qu’elle serve à quelque chose: c’est avoir à
peu près les idées de cet homme qui avait fait du «Naufrage de la Méduse»
un tableau à horloge, et mis l’heure dans la voile.

* * * * *

–L’amour moderne, ce n’est plus l’amour sain, presque hygiénique du bon
temps. Nous avons bâti sur la femme comme un idéal de toutes nos
aspirations. Elle est pour nous le nid et l’autel de toutes sortes de
sensations douloureuses, aiguës, poignantes, délirantes; en elle et par
elle, nous voulons satisfaire l’insatiable et l’effréné qui est en nous.
Nous ne savons plus tout bêtement et simplement être heureux avec une
femme.

* * * * *

–Il y a un Beau, un beau ennuyeux, qui ressemble à un _pensum_ du Beau.

* * * * *

–De grands événements sont souvent confiés à de petits hommes, comme ces
diamants que les joailliers de Paris donnent à porter à des gamins.

* * * * *

–Les petits esprits, qui jugent hier avec aujourd’hui, s’étonnent de la grandeur et de la magie de ce mot avant 1787: le Roi. Ils croient que cet amour du Roi n’était que la bassesse des peuples. Le Roi était simplement la religion populaire de ce temps-là, comme la Patrie est la religion nationale de ce temps-ci. Et peut-être, quand les chemins de fer auront rapproché les races, mêlé les idées, les frontières et les drapeaux, il viendra un jour où cette religion du XIXe siècle paraîtra presque aussi étroite et petite que l’autre.

* * * * *

_25 février_.–C’est le _nil admirari_ en marbre, que le garçon de café.
Le nimbe d’un Jésus à Emmaüs cerclerait la tête d’un dîneur ou bien le
truc d’une féerie enlèverait tout à coup la robe d’une femme, qu’il
continuerait à servir la femme, comme si elle était habillée, où le dîneur
comme s’il était un simple mortel.

* * * * *

–Quelle ironie! Les gens d’esprit, de génie, se tuant toute leur vie pour
cette grosse bête de public, tout en méprisant, au fond de leur cœur,
chaque imbécile qui le compose.

* * * * *

–Ce soir, une jeune fille me disait qu’elle avait commencé à écrire un
journal, et qu’elle s’était arrêtée, par peur de l’entraînement de cette
causerie confidentielle avec elle-même. La femme a comme une pudeur de se
voir toute et de regarder au fond d’elle.

* * * * *

–Les assemblées, les compagnies, les sociétés peuvent toujours moins
qu’un homme. Toutes les grandes choses de la pensée, du travail, sont
faites par l’effort individuel, aussi bien que toutes les grandes choses
de la volonté. Le voyageur réussit là, où les expéditions échouent, et ce
sont toujours des explorateurs solitaires, un Caillé, un Barth, un
Livingstone, qui conquièrent l’inconnu de la terre.

* * * * *

–C’est une remarque juste, que l’homme commence à rechercher dans la
maîtresse, l’aspect coquin, l’air _mauvaise p…_ tandis que, plus tard,
il est attiré par l’expression de la bonté chez la même femme, comme s’il
cherchait à mettre la figure du mariage, dans le concubinage.

* * * * *

_14 mars_.–Aujourd’hui, j’entends pour la première fois, Girardin sortir
de ses petites phrases axiomatiques, de ses monosyllabes ironiques, de son
mutisme ordinaire.

Il expose son système de la liberté illimitée de la presse, avec une verve
froide, une ténacité humoristique, un sang-froid vraiment curieux dans la
riposte. Avec son système, il affirme tuer, et l’affirmation me semble
juste, deux partis sur trois dans l’opposition: les journaux légitimistes
sombrant dans le nombre des feuilles paraissant, et l’orléanisme mourant
de ce qu’il n’a plus rien à demander;–l’orléanisme auquel il porte par
là-dessus un coup tout à fait mortel, en faisant racheter par le
gouvernement les charges de notaires, d’avoués, d’agents de change, et de
toutes ces fonctions privilégiées, faisant des charges libres et
accessibles à toute la jeunesse, qui est le grand appoint du parti. Quant
au républicanisme opposant, il lui semble que la demi-liberté dont il
jouit, fait parfaitement son jeu, et il se demande si l’immense diffusion
de l’hostilité ne lui nuirait pas. En somme, c’est l’idée de l’innocuité
du poison pris à haute dose.

* * * * *

–Saint-Victor me contait ce mot d’un très illustre juif, auquel un ami
demandait, à la fin d’un dîner où l’on avait largement bu; demandait,
pourquoi étant si riche, il travaillait comme un nègre à le devenir encore
plus:

«Ah! vous ne connaissez pas la jouissance de sentir, sous ses bottes, des
tas de chrétiens!» répondait le très illustre juif.

* * * * *

–Quand la nature veut faire la volonté chez un homme, elle lui donne le
tempérament de la volonté: elle le fait bilieux, elle l’arme de la dent,
de l’estomac, de l’appareil dévorant de la nutrition, qui ne laisse pas
chômer un instant l’activité de la machine; et sur cette prédominance du
système nutritif, elle bâtit au dedans de cet homme un positivisme
inébranlable aux secousses d’imagination du nerveux, aux chocs de la
passion du sanguin.

* * * * *

–Il me semble voir dans une pharmacie homéopathique le protestantisme de
la médecine.

* * * * *

_9 avril_.–Chez Magny.

Aujourd’hui Taine parle, d’une manière très intéressante, de longues
heures de sa jeunesse, passées dans une chambre où il y avait un cent de
fagots, un squelette recouvert d’une lustrine, une armoire pour serrer les
vêtements, un lit, deux chaises. C’était la chambre d’un ami, d’un élève
en médecine, d’un interne d’hôpital d’enfants, lequel s’était voué à des
recherches remontant des enfants aux familles, un homme du plus grand
avenir, mort à Montpellier à vingt-cinq ans.

Là, dans cette chambre et d’autres pareilles, Taine dit que les plus
hautes questions, des questions encore plus révolutionnaires que celles
agitées ici, étaient discutées avec une énergie, une audace, une violence,
enfin avec ce qui monte dans la tête et les idées d’une jeunesse qui ne
vit pas, qui ne s’amuse pas, qui ne jouit pas. Car cette jeunesse de Taine
et de sa génération n’a point eu de jeunesse, elle a grandi dans une
espèce de macération, en compagnie du travail, de la science, de l’analyse,
au milieu de débauches de lectures, et ne pensant qu’à s’armer pour la
conquête de la société! Ainsi, n’ayant pas vécu de la vie humaine, ne
s’étant point mêlée à l’homme et à la femme, et ayant cherché à tout
deviner par les livres, cette génération a fait et devait faire surtout
des critiques.

Au milieu de l’exposition de sa vie de travail et de privation d’amour,
dans le sens élevé du mot, Taine est interrompu par Gautier qui jette:
«Tout cela est une théorie du renoncement stupide… La femme, prise comme
purgation physique ne vous débarrasse pas de l’aspiration idéale… Plus
on se dépense, plus on acquiert… Moi, par exemple, j’ai fait faire une
bifurcation à l’école du romantisme, à l’école de la pâleur et des
crevés… Je n’étais pas fort du tout. J’ai écrit à Lecour de venir chez
moi et je lui ai dit: «Je voudrais avoir des pectoraux comme dans les
bas-reliefs et des biceps hors ligne.» Lecour m’a un peu _tubé_ comme
ça… «Ce n’est pas impossible», m’a-t-il dit… Tous les jours, je me
suis mis à manger cinq livres de mouton saignant, à boire trois bouteilles
de vin de Bordeaux, à travailler avec Lecour deux heures de suite…
J’avais une petite maîtresse en train de mourir de la poitrine. Je l’ai
renvoyée. J’ai pris une grande fille, grande comme moi. Je l’ai soumise à
mon régime, bordeaux, gigot, haltères… Voilà, et j’ai amené avec un coup
de poing sur une tête de Turc–et encore sur une tête de Turc neuve–j’ai
amené 520… Aussandon qui a étouffé un ours à la barrière du Combat, pour
défendre son chien, et qui, de là, est allé laver à la pompe ses
entrailles–un gaillard, n’est-ce pas?–n’a jamais pu arriver qu’à 480.»

* * * *

–Livres magiques après tout, que ces livres de Hugo, qui, comme tous les
livres de vrais maîtres, donnent, à leur lecture, une espèce de petite
fièvre cérébrale.

* * * * *

_17 avril._–On a beaucoup parlé de la domesticité, de la platitude basse
des nobles. On n’avait pas eu encore le loisir dans ce temps, de faire la
comparaison avec la domesticité des gens de petite bourgeoisie ou de
peuple auprès d’une influence, auprès d’un monsieur qui peut servir à leur
carrière, par exemple d’un artiste comme *** auprès d’un surintendant des
Beaux-Arts. Il faut le voir se faufiler à côté de lui à table; applaudir
d’un gros rire tout ce qu’il dit, le caresser pour ainsi dire de la
servilité de son attention, et de toute son épaisse personne.

Le seul changement est que peut-être les nouveaux domestiques, dans leur
service, manquent de grâce.

* * * * *

–La pire débauche est celle des femmes froides, les apathiques sont des
louves.

* * * * *

–Une femme, suprêmement maigre, les yeux profonds, le bleu de l’œil très
clair dans l’effacement tendre des sourcils, un grand front, des tempes
ramifiées de veinules bleuâtres, la bouche non sensuelle, la bouche
_sentimentale_… Il y a des femmes qui ressemblent à une âme.

* * * * *

–Je dîne chez Philippe. Il y a là, à côté de nous, à une table, un
famille bourgeoise avec trois enfants et une petite bonne. Cela me reporte
à du vieux temps. Un peu de mon enfance m’est revenu, un souvenir de ces
voyages, où la nourrice (qui avait élevé mon frère) mangeait avec nous.
Oui, une habitude du passé, qui, certains jours, faisait entrer le
domestique dans la famille. Cela s’en va comme tant d’autres choses.

Le domestique, dans notre société d’égalité, n’est plus qu’un paria à
gages, une mécanique à faire le ménage, que les maîtres n’associent plus à
leur humanité.

* * [A SUIVRE…] * *

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