Madame de Sévigné vous domine

Ce que je suis je le suis. Et je le suis pleinement. Ceux qui prétendent que je ments, que je me fais passer pour quelqu’un d’autre, sont ceux que mes propos et mes actions jugent. Ils se sont sentis jugés supérieurement par leurs aventures avec moi, et ils m’en veulent pour cela. Mais je ne suis pas le coupable. A travers moi, s’il y a des forces qui roulent mes ennemis dans la farine, ce sont ces forces qui agissent. Moi je ne suis ni assez forte ni assez intelligente pour être maîtresse de ces forces-là. Je ne prétends être que la digne élève de mes maîtres. Leur servante et tout à la fois leur émule.

Mes vrais maîtres toutefois ne sont plus de ce monde. Ils siègent dans les bibliothèque. Aucun n’est plus notre contemporain, entendons-nous bien. J’aimerais beaucoup avoir un maître qui soit mon contemporain, que je puisse fréquenter irl ou auquel je puisse au moins parler sur le net. Hélas, l’occasion d’une rencontre avec ce genre de type ne s’est jamais présentée à moi de ma vie. Hélas.

Cependant, ceux qui prétendent que je ne suis pas moi, ou que mon « univers » intellectuel sur internet ne m’appartient pas en propre, qu’il est une sorte de rôle de composition, se fourrent le doigt dans l’œil jusqu’à l’épaule. Tout ce que j’écris m’est inspiré par mes rêveries du jour et de la nuit, mes lectures volées entre deux tâches ménagères, mes promenades dans la campagnes et mes expériences d’épouse et de mère. Mon esprit à moi est incarné. S’il s’élève au-dessus de mon être, c’est simplement parce que, comme l’arbre il y puise ses racines. Rien de bien sorcier là-dedans. Rien de plus sorcier que cela. Contrairement à certains.

_Sale petite merde infecte. Toi et tes sbires encore plus infectes que toi. Sales trolls.

Troll n’est qu’un synonyme nouveau pour la vieille profession d’hypocrite. Tu n’es que celui qui n’ose pas être lui-même. Entouré d’amis qui ne le comprennent pas et ne le comprendront jamais, mais auxquels il a simplement peur, peur, peur de déplaire. Rien d’autre n’est à l’origine de tes mille exactions à l’encontre de ce qui est grand et beau, qu’un manque de courage, au nom duquel tu pourrais crucifier des saints. Rien d’autre que ça. Cela paraît peu, vu de loin. Mais vu de près, quand on se souvient que les hommes de grand mérite ont aussi de plus grandes responsabilités que les autres à l’égard de toute la connaissance qu’ils embrassent, et quand on voit de quelle façon à moulte reprise tu as trahis et crucifié ta propre connaissance, et plus encore la Source sacrée qui te l’avait dispensée… Quand on voit cela, on comprend à quel point en vérité, et sous des dehors brillants, ton âme est semblable à celle d’un nouveau Lucifer. Charbonneuse, noire, noire, noire.

Pauvre petite chose que tu es, sous toute cette suie qui te dépasse et que rien en toi n’a la force maîtriser… pauvre petite chose qui essaie – moi ! – de me ridiculiser. Mais c’est Jünger lui-même qui te juge, mon bon ami !

Ce sont les propos de Jünger – ceux que grâce à Dieu tu as laissé encore lisibles – qui te jugent et te condamnent. Peut-être d’ailleurs avais-tu le pressentiment qu’un jour une grandeur de Résistance du calibre de celle de Jünger en viendrait fatalement à te juger, et peut-être était-ce comme pour anticiper le mal qu’une compréhension réelle et sincère de Jünger pourrait faire à toutes tes constructions arachnéennes, que tu t’es avisé par avance de le moquer et de le salir… Je n’irai pas plus loin dans ce registre. Mais mon opinion à ce sujet est fixée depuis longtemps.

Je suis le Rebelle qui te défie et qui te juge. Je suis le Rebelle que le ridicule n’atteint pas. Je suis le Rebelle que toutes tes manigances ne peuvent atteindre.

Et je t’emmerde.

Le Rebelle est l’individu concret, agissant dans le cas concret. Il n’a pas besoin de théories, de lois forgées par les juristes du parti, pour savoir où se trouve le droit. Il descend jusqu’aux sources de la moralité, que n’ont pas encore divisées les canaux des institutions.

Tout y devient simple, s’il survit en lui quelque pureté. Nous avons vu que la grande surprise des forêts est la rencontre avec soi-même, le noyau inaltérable du moi, l’essence dont se nourrit le phénomène temporel et individuel. Cette rencontre, qui peut tout faire pour la guérison et le triomphe sur la crainte, tient aussi, en morale, le rang le plus haut. Car elle mène jusqu’à cette strate qui fonde toute vie sociale et contient depuis les origines toute communauté. Elle conduit vers cet homme en qui réside, en deçà de l’individuel, notre richesse première, et dont rayonnent les individuations. Cette zone a plus à nous offrir que la communion : là se trouve l’identité : ce dont le symbole de l’éternité donne le pressentiment. Le moi se reconnaît en l’autre: il se conforme à la vieille formule: «Tu es celui- là!» L’autre peut être la bien-aimée, ou encore le frère, le dolent, le dépourvu. Lui prêtant secours, le moi se fortifie par là même dans l’impérissable. Acte en lequel se confirme la structure morale du monde.

Ce sont faits d’expérience. On ne saurait compter, de nos jours, ceux qui ont dépassé les centres de l’enchaînement nihiliste, les lieux mortels du maelström. Ils savent qu’ailleurs le mécanisme dévoile de plus en plus clairement ses menaces ; l’homme se trouve au centre d’une grande machine, agencée de manière à le détruire. Ils ont aussi dû constater que tout rationalisme mène au mécanisme et tout mécanisme à la torture, comme à sa conséquence logique : ce qu’on ne voyait pas encore au XIXe siècle.

Il ne faut rien de moins qu’un miracle pour sauver l’homme de tels tourbillons. Et ce miracle s’est produit d’innombrables fois, du simple fait que l’homme apparaissait parmi les chiffres morts et offrait son aide. Cela s’est vu jusque dans les prisons et là même plus qu’ailleurs. En toute occurrence, envers chacun, l’homme seul peut ainsi devenir le prochain — ce qui révèle son être inné, sa naissance princière. La noblesse tire son origine de la protection qu’elle accordait — d’avoir tenu en respect les monstres et les mauvais génies : cette marque de distinction resplendit toujours en la personne du gardien qui glisse secrètement au prisonnier un morceau de pain. De telles actions ne peuvent se perdre : et c’est d’elles que vit le monde. Elles sont les sacrifices sur lesquels il est fondé.

PO PO POooooooooooooOoOoo !

Cette citation-là, je suis à peu près sûre qu’elle est chimiquement pure. 100% Jünger.

Si toutefois tu avais apporté des retouches de ton cru à ce texte sans que je le voie, merci de te dénoncer.

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