Sad Sade

Ma façon de penser, dites-vous, ne peut être approuvée. Eh, que m’importe! Bien fou est celui qui adopte une façon de penser pour les autres! Ma façon de penser est le fruit de mes réflexions; elle tient à mon existence, à mon organisation. Je ne suis pas le maître de la changer; je le serais, que je ne le ferais pas. Cette façon de penser que vous blâmez fait l’unique consolation de ma vie; elle allège toutes mes peines en prison et j’y tiens plus qu’à la vie. Ce n’est point ma façon de penser qui a fait mon malheur, c’est celle des autres.

A. F. de Sade (Novembre 1783)

Marrant. Ces propos de Sade me rappellent ceux de ce bouffon et faire-valoir que j’ai créé tantôt dans l’un de mes articles… Vous savez, celui qui disait :

« Pourquoi donc s’acharner ainsi à vouloir convaincre les autres en discutant ? Comme vous le savez, je vais rester sur mes positions, et vous sur les vôtres… »
« Pourquoi les gens cherchent-ils toujours à avoir raison ? Que m’importe à moi si j’ai tort ? Je m’en porte fort bien !« 

A ce faire-valoir, on répondait la chose suivante :

« Personne ne parle jamais pour avoir tort et si les hommes n’avaient aucune prétention à la vérité, ils ne parleraient tout simplement pas, ils n’auraient même jamais développé l’usage de la parole. »
« Si l’on doit parler, ce n’est pas pour plaire à autrui bien sûr, c’est d’abord pour se plaire à soi-même, parce qu’on a des valeurs ! Avoir des valeurs, c’est défendre une cause noble. Quelle cause est plus noble que celle de la Vérité ? Quelle cause plus ignoble que celle du mensonge ? Si je parle, c’est parce que je me sens obligé, au nom de mes valeurs, de défendre la Vérité. Si je parle, c’est parce que je suis bien persuadé d’avoir raison. D’ailleurs, persuadé n’est pas un bon mot. Je ne suis pas persuadé au sens où il s’agirait d’une croyance. J’ai raison : c’est un fait. Quand on a raison, c’est toujours un fait. Et c’est parce que c’est un fait que c’est démontrable, et c’est parce que c’est démontrable que je m’attache à le démontrer. Voilà, j’ose le dire : je parle parce que j’ai raison. Et si je croyais que j’avais tort, ou si vous parveniez à me prouver que j’ai tort, je ne parlerais plus.« 

Sade reproche-t-il à autrui de lui faire des reproches, parce qu’il est heureux en ayant tort ? C’est absurde ! Rien que faire reproche à autrui de faire des reproches à autrui, est déjà stupide et contre-productif… [« Il est interdit d’interdire », belle morale, ô combien enrichissante !] Quant à se plaindre de ce qu’on lui dise qu’il ait tort… – comment peut-il s’en plaindre s’il l’admet déjà tacitement lui-même ? On ne peut se plaindre des accusations d’autrui, lorsqu’ils nous disent que nous avons tort, que lorsqu’on est persuadé soi-même d’avoir raison. Si l’on a renoncé à avoir raison, on n’a normalement plus à se soucier ni à se plaindre de ceux qui y prétendent encore… les sages ne nous font plus aucune ombre, quand on a renoncé à toute sagesse, me semble-t-il…. Enfin, ce que je dis est tellement évident,… crève tant et tant les yeux… c’est bien à cause de cela qu’on n’y vient jamais. Les plus grandes évidences sont – d’après mon expérience – les plus difficiles à faire admettre. Les gens aiment les paradoxes boiteux, ça les amuse… Mais 1+1=2, ça les angoisse, ça leur donne la nausée.

Un homme qui n’est heureux que dans la transgression, doit bénir chaque jour que Dieu fait les flics de la pensée qui lui permettent de penser. N’était-ce pas d’ailleurs-là tout ce qu’essayait de nous transmettre Sade ? Alors mon vieux, quoi, l’on flanche ? l’on en a assez des réprimandes, des reproches et des coups ? l’on n’est plus à la hauteur de sa propre posture existentielle ?

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Quelle est-elle, pour schématiser, l’alter-morale du marquis de Sade ?

En quoi consiste-t-elle, sinon à donner une explication simple du monde, et plus encore manichéenne (en tout point comparable à celle des hérésies gnostiques) fondée sur le principe suivant :

« TOUT DESIR PROCEDE D’UNE TRANSGRESSION, AINSI TOUTE LOI N’EXISTE QUE POUR APPELER LE DESIR, EN APPELANT LA TRANSGRESSION. »

Je comprends qu’une telle morale binaire rassure. Elle est rassurante comme un texte de loi coranique. Une fois qu’on possède cette loi en tout point comparable à la loi d’Archimède, on peut vivre à l’intérieur sans être troublé. Qui désire vivre sans être intellectuellement troublé ? Celui qui est fainéant du point de vue intellectuel. Celui aussi qui n’est pas vraiment chrétien, car l’esprit chrétien peut se résumer à l’écartèlement moral permanent.

A présent, sous vos yeux ébahis, je vais invalider la loi ci-dessus énoncée.

Comment prouverai-je que tout désir, tout amour, ne procède pas systématiquement d’un désir de transgression et d’un amour de la loi à travers la transgression de la loi ?

Eh bien prenons comme support à notre analyse l’acte sexuel transgressif par excellence, celui qui ne peut exister que dans le cadre de la pré-existence d’un « non », d’un refus catégorique, d’une absence d’assentiment. Quel est cet acte sexuel qui n’a jamais lieu qu’après un « NON! » ? C’est le viol bien sûr.

Celui qui prend plaisir à violer les femmes, est celui qui n’a du plaisir que lorsque les femmes elles-même n’en ont pas. Son plaisir à lui procède du déplaisir de l’autre.

Nous sommes-là au-delà du champ des rapports Sado-maso, qui supposent chez celui ou celle qui adopte le rôle de la victime un assentiment préalable, et même une forme de jouissance à jouer ce rôle-là. Ce qui sous-tend que dans les rapports sado-maso, les victimes n’en sont pas vraiment : il s’agit d’un mensonge, d’une dramaturgie, visant à reproduire les conditions d’un rapport sexuel transgressif, mais qui n’est pas réellement transgressif puisqu’à la base le rapport sado-maso repose sur un contrat.

Qui dit contrat dit non-viol.

Le viol, la torture au premier degré, avec une victime non-consentante, est donc le seul type de rapport ontologiquement transgressif. Le reste n’est que comédie.

Dès lors, une fois ceci posé, peut-on encore faire valoir la loi sadienne primordiale selon laquelle il ne pourrait y avoir de désir et de plaisir véritable que dans la cadre d’une transgression ?

Si c’était le cas, le rapport sexuel où l’une des deux parties n’a pas donné son consentement devrait être le rapport sexuel le plus jouissif possible.

Or ce n’est pas le cas. Techniquement, un rapport sexuel où l’un des deux partenaires n’a pas de plaisir sera toujours moins fort, plus décevant, qu’un rapport sexuel où les deux parties y trouvent leur compte.

Il faut donc déduire de cela que le fait que l’action sexuelle se déroule dans un cadre transgressif rend souvent la chose excitante non pas parce qu’elle sépare les deux amoureux, mais au contraire parce qu’elle les sépare du monde, parce qu’elle les isole ensemble, contre le reste du monde et contre la loi, dans une intimité totale et compréhensible d’eux seuls.

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Il faut donc en déduire que les amours transgressives qui plaisent aux gens qui ne sont pas des pervers – des pervers, c’est-à-dire des jouisseurs solitaires -, ne leur sont non pas plaisantes uniquement parce qu’elles vont à la rencontre d’un interdit préalable – comme par exemple un rapport adultérin va à l’encontre de la loi bourgeoise -, et ne nourrissent pas leur désir exclusivement de la posture transgressive en elle-même et pour elle-même, mais ont besoin que se développe en parallèle à ce premier mécanisme, un second mécanisme qui l’invalide partiellement pour que le plaisir soit complet. Ce second mécanisme consiste pour les amoureux isolés dans une attitude transgressive commune, à systématiquement créer une nouvelle loi valable pour eux-seuls, ou plutôt valable universellement (car toutes les lois du monde se désirent universelles) mais obéie et correctement appliquée d’eux-seuls, contre le reste du monde. Cette seconde loi est bien-évidemment la loi de l’amour. Les couples d’amoureux emblématiques que sont Tristan et Iseult ou encore mieux, Héloïse et Abélard, sont des illustrations archétypiques de ce phénomène.

Ce second mécanisme, parallèle au premier évoqué par De Sade, et qui le complète tout en invalidant son omnipotence, c’est un mécanisme paradoxal, car il suppose que tout couple tenté d’enfreindre les lois pour satisfaire son amour, ne pourra se contenter seulement de le vivre « hors-la-loi », ou du moins s’il acceptera volontiers de vivre « hors-la-loi » aux yeux du monde, ce ne sera jamais que dans la certitude secrète que lui-seul, le couple de l’amour, a raison contre la terre entière. Et c’est cette certitude-là, d’avoir secrètement « raison » d’aimer, (au nom du Dieu d’amour, au nom de l’Esthétique, au nom de la haine de l’hypocrisie, au nom du bonheur, que sais-je) contre les raisons raisonnantes de la bourgeoisie ou des prêtres ou des bien-pensants, qui cimentera l’amour des hors-la-loi. De sorte que ce n’est pas la transgression pure que désire jamais le plus profondément l’amoureux, mais au contraire la re-création et la re-lecture de la Loi Eternelle, c’est-à-dire la re-fondation d’une sorte de Temple Véritable du Dieu de l’Amour, plus légitime et plus philosophique, que celui des bourgeois.

Conclusion : l’Amoureux ne veut pas supprimer la fonction de prêtre, il ne lutte pas vraiment contre les « Gentils » non plus, il se prétend juste meilleur prêtre que les prêtres et posséder mieux l’ « esprit » de la gentillesse que les supposés « gens gentils ». Dès lors, c’est une lutte d’influence, une rivalité autour du même enjeu – à savoir le droit de dicter la loi -, dont il est question entre lui et les « bourgeois ». Car ne peut y avoir pour celui qui est seulement coupable d’aimer, de plaisir à être puni pour cela. Il ne peut que trouver cela injuste.

Celui qui en revanche prônera la supériorité en toute chose du plaisir purement transgressif, c’est-à-dire du plaisir volé, du plaisir du viol, qui est un plaisir pris au mal d’autrui, non-amoureux, solitaire, celui-là ne peut que se féliciter d’être haï et maltraité : celui-là est un pervers, c’est donc à la fois tout ce qu’il mérite et tout ce qu’il recherche. Les pervers gagnent à être persécutés. Ce pourrait être la seconde loi cachée dans l’œuvre de De Sade.

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13 réflexions sur “Sad Sade

  1. REFLEXION ICI DANS LE CADRE D’UN PARALLÈLE TACITE ENTRE SADE et FREUD

    Mémento Mouloud – pour faire court – me considère depuis presque-toujours comme une sorte de « poupée » réac’, coupable de revêtir trompeusement l’esprit réactionnaire (voire le fascisme ?) d’un lustre sucré aromatisé à l’eau-de-rose, ce qu’il exprime à demi-mot en me traitant /d’enfant gâtée/.

    Voici une citation d’un certain Marcel Gauchet de sa part :

    « Freud, [selon Marcel Gauchet, écrit Mémento Mouloud] « était convaincu que la répression des pulsions est nécessaire à la civilisation. La suite a montré qu’il avait en grande partie tort sur ce point : l’ordre répressif-autoritaire-patriarcal s’est écroulé et pour autant la civilisation ne s’est pas effondrée. L’hostilité des psychanalystes à l’évolution des mœurs sexuelles est donc parfaitement infondée. » »

    Mémento fait remarquer à ce titre qu’on ne peut considérer qu’un type qui parle comme ce Monsieur Gauchet soit un réactionnaire.

    Monsieur Gauchet en effet considère que la civilisation peut survivre à la chute de l’ordre autoritaire-patriarcal. Un réactionnaire normalement ne le pense pas. Or on devine entre les lignes de Mémento, que ce que lui-même cherche à nous dire à nous autres avec cette citation est ceci : « Comment pouvez-vous, vous-même, si vous vous considérez comme des réactionnaires, et si vous croyez comme Freud que la civilisation s’est effondrée faute d’ordre moral, comment pouvez-vous dès lors remettre Freud en question, critiquer Freud ? » – C’est-à-dire qu’à travers le chiffon rouge de ce monsieur Gauchet, ce que monsieur Mémento nous signifie, c’est que monsieur Freud avait raison, ou plus précisément que de notre propre point de vue à nous, qui pourtant disons le détester, il avait raison. Quant au point de vue de Mémento, il est soigneusement déguisé, mais on devine pourtant que lui, contrairement à nous, est freudien sans pour autant être vraiment réactionnaire (contradiction de sa part ? on ne le saura pas), ce qui vous en conviendrez est une posture de nos jours extrêmement répandue.

    Mouarf’. C’est ce qu’on appelle pratiquer le cache-sexe avec brio, non ? ^^

    Voici à présent ce que j’ai jugé bon de répondre à Mémento en échange de sa citation :

    Je ne commenterai que sur cette citation de votre Marcel Gauchet, le reste me dépassant complètement et plus encore me tombant des yeux. Je ne suis pas une mangeuse de presse, ce qui fait de moi une personne insuffisamment informée pour vous suivre sur la plupart de vos sujets. Pardon. J’organise ma vie selon mes propres priorités vitales, voyez-vous. Mon cerveau trop petit s’évite les excès d’information qui parasitent le cours tranquille, et même pourrait-on dire archaïque ou antique, de son mode de fonctionnement optimum.

    Freud tenait à ce qu’on réprimât les pulsions ? Tiens-donc. Alors ça cher Mémento, ça selon vous, ça c’est bien ou ça c’est mal ? Je sens que vous pensez que : « ça c’est bien ». Oui pourquoi pas. Moi je me dis, quand je pense aux pulsions sadiques que : oui ‘faut bien les réprimer. Mais Freud, il se contente de dire : pulsions. Il n’a pas dit : pulsions sadiques. En l’occurrence, il ne les qualifie pas ses pulsions. On suppose qu’il pense qu’il faut réprimer les pulsions mauvaises… Mais comme il dit : « Faut réprimer les pulsions! », on peut penser aussi qu’il veut réprimer TOUTES les pulsions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, parce que les pulsions même bonnes sont mauvaises, et voilà tout.

    Qu’est-ce que c’est Mémento qu’une pulsion ? Vous pouvez me dire ? Y’a la pulsion de mort. Oh ça c’est pas bon, non ! Pis y’a la pulsion de vie. Faut-il la réprimer aussi ? Sans toute puisque toutes les pulsions, même bonnes, sont à réprimer sans merci. Et la pulsion de « bien-faire » – oh là, pas de soucis, Freud ne s’est jamais encombré de la pulsion de « bien-faire » : il faut croire qu’il n’y croit pas puisqu’il n’en parle jamais.

    Vous non plus, je crois comprendre, vous n’y croyez-pas, à cette pulsion-là, ou du moins vous n’y croyez pas comme à une pulsion, vous pensez que vouloir « bien-faire », ça cache forcément de vilaines choses, parce que péché originel et l’homme est un bouffon. etcoetera…

    Il n’y a que les enfants gâtés qui puissent croire à des choses aussi abstraites et « fleur-bleue » que la « pulsion de bien-faire » (quelle blague !) ou encore la pulsion d’aimer ou de vouloir rendre autrui heureux.

    Socrate croyait, comme la plupart des grands philosophes, en la bonne-volonté, en le libre arbitre, en le pur souci de penser-droit et de bien-faire. Ce devait être un sacré sale enfant gâté ! Ben oui, c’était un citoyen grec, après tout, il se pavanait toute la journée en toge blanche, pareil à un ange au paradis, détendu du slip, et même plus encore la bite en liberté totale, sous le beau soleil de méditerranée, une grappe de raisin dans une main, l’autre pointée négligemment vers le ciel, servi par ses esclaves, tranquille avec les hommes à l’écart des bonnes-femmes, bras-dessus-bras-dessous entre les colonnades… Après tout ça n’était qu’un riche et un oisif, Socrate, qui ne passait sa vie qu’à philosopher (quelle blague!). Qu’en aurait pensé Lénine ? Un gars comme ça moi je vous le dis, ça n’aurait pas été fiable pour (cocher la mention inutile) : bâtir un monde meilleur, édifier des lois raisonnables, les faire appliquer, faire un bon chef de guerre, organiser la révolution, redresser la courbe de la croissance, tenir une grande entreprise.. etc. Ce sont là d’ailleurs les reproches que de son temps déjà on lui a adressé. Des militaires, des politiciens (qui étaient aussi au passage des « enfants gâtés » de la démocratie athénienne) de son époque, n’ont pas manqué de lui dire qu’il n’avait pas suffisamment les mains dans le cambouis et les pieds sur la terre des bouses pour bien-penser.

    L’imagination au pouvoir, la bonne-volonté au pouvoir, l’idéalisme au pouvoir, la Loi de l’Amour au pouvoir, non tout ça n’est pas sérieux. Non, ça n’est pas avec ça qu’on bâtit des grands empires et qu’on avance… soyons sérieux. L’histoire en est témoin. ^^

    http://www.paroles-musique.com/paroles-Charles_Trenet-Fleur_Bleue-lyrics,p73142

  2. Millie, je ne suis point un pervers, simplement de vostre beauté me suis épris.
    Béotien et moribond quand mes yeux croisent le verbe qui se veut joli
    mon âme retrouve ses couleurs devant le minois de la divine Millie

    Je vous le demande comme un mendiant, gratifiez-moi d’une photo de votre buste nu
    Pour qu’enfin s’apaise mon âme, s’apaise mes sens et que je retourne à la vertu

  3. Bonsoir je suis photographe professionnelle spécialiste nus et intérieur, studio et extérieurs à Nantes et La Garenne-Colombes, mais je me déplace à domicile pour des séances pour vous capturer avec ma sensibilité des moments magiques et privilégiés de douceur, de tendresse, de complicité, d’amour et de joie.

    Je serai intéressée par vous photographier, merci de me contacter si vous aussi et je reviendrai très vite vers vous.

  4. [Fais gaffe connasse ! Encore une ou deux questions de ce type, et plus jamais je n’accepte aucun commentaire de toi, ou de quelqu’un des tiens. Je ne plaisante pas. NDL’I.A. )

  5. Everybody’ s looking for something

    Some of them want to use you
    Some of them want to get used by you
    Some of them want to abuse you
    Some of them want to be abused

    Sweet dreams are made of this
    Who am I to disagree ?

    Millie, je disparais pour toujours si tu me donnes ce que je veux.

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