Egalité et réconciliation face à la mort

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NIETZSCHE

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Mais, être abandonné est quelque chose d’autre.

Car te le rappelles-tu, Zarathoustra ? Lorsqu’en ce temps-là ton oiseau criait au-dessus de toi, lorsque tu étais dans la forêt ne sachant où te diriger, inexpérimenté, à proximité d’un cadavre : – lorsque tu disais : « Puissent mes animaux me conduire ! J’ai trouvé plus de danger parmi les hommes que parmi les animaux » – cela, c’était être abandonné !

Et te le rappelles-tu, Zarathoustra ? Quand tu étais sur ton île, une fontaine de vin parmi des seaux vides, donnant et distribuant, prodiguant et versant aux assoiffés :
Jusqu’à ce qu’enfin tu fusses seul assoiffé parmi les gens ivres et que, de nuit, tu te plaignais : « Prendre, ne donne-t-il pas plus de bonheur que donner ? Et voler encore plus que prendre ? »
Cela, c’était être abandonné.

Et te le rappelles-tu, Zarathoustra ? Lorsque vint ton heure la plus silencieuse et qu’elle t’entraîna loin de toi-même, lorsqu’elle disait avec un méchant murmure : « Parles et brise-toi ! »
lorsqu’elle te faisait regretter toute ton attente et tout ton silence et qu’elle décourageait ton humble courage, cela, c’était être abandonné. »

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NIETZSCHE

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Celui qui voudrait tout comprendre auprès des hommes, celui-là devrait tout agresser. Mais pour cela j’ai les mains trop propres.
Déjà que je n’aime pas à respirer même leur haleine ; hélas que m’a-t-il fallu vivre si longtemps dans leur bruit et leur souffle fétide !
Ô bienheureux silence autour de moi ! Ô senteurs pures autour de moi ! Ô comme ce silence m’inspire d’aspirer à pleins poumons ! Ô comme il écoute, ce silence bienheureux !

Mais là, en bas, – tout discourt, on n’y entend plus rien. On a beau annoncer sa sagesse au son des cloches : les épiciers du marché en couvriront le son du tintement de leurs sons !
Tout discourt chez eux, personne ne sait plus comprendre. Tout tombe dans l’eau, rien ne tombe plus dans des puits profonds.
Tout chez eux discourt, rien ne réussit plus, ni s’achève. Tout caquète, qui donc veut encore rester tranquille sur le nid et couver des œufs ?
Tout chez eux discourt, tout est délayé en mots. Et ce qui hier était trop dur encore pour le temps et la dent du temps : cela pend, aujourd’hui, appartient aux trompettes de rues et à d’autres papillons.

Ô être humain, être étrange que tu es ! Toi qui es vacarme dans des ruelles obscures ! Te voilà maintenant derrière moi, à nouveau, – mon plus grand danger est derrière moi.
C’est dans les ménagements et la pitié qu’a toujours résidé mon plus grand danger ; et tout être humain veut qu’on le ménage et qu’on le souffre.
Avec des vérités contenues, la main un peu folle et le cœur fou de quelque chose et riche des petits mensonges de la pitié, – voilà comme j’ai toujours vécu au milieu des hommes.
J’étais assis au milieu d’eux, déguisé, prêt à me méconnaître pour que je les supporte et aimant à me le répéter : « Sot que tu es, tu ne connais pas les hommes ! »

On désapprend ce qu’on sait des hommes quand on vit parmi les hommes – qu’ont à y chercher les yeux qui voient loin et qui désirent voir loin ?
Et quand ils me méconnaissaient : moi, bouffon que j’étais, je les en épargnais pour cela plus que moi-même : habitué que j’étais à la dureté à l’égard de moi-même et me vengeant souvent encore sur moi-même de ces ménagements.

Tout piqué, évidé, par des mouches venimeuses, pareil à la pierre creusée par beaucoup de gouttes de méchanceté, j’étais assis parmi eux et me persuadais par-dessus le marché : « Tout ce qui est petit est innocent de sa petitesse ! »

C’est surtout ceux qui se nomment « les bons » que je trouvai être les mouches les plus venimeuses : ils piquent en toute innocence, ils mentent en toute innocence ; comment pourraient-ils être justes à mon encontre ?

Celui qui vit parmi les bons, à celui-là la pitié apprend à mentir. La pitié rend l’air lourd à toutes les âmes libres. La bêtise des bons, en effet, est insondable.

Me cacher moi et ma richesse, – c’est cela que j’ai appris là en bas : car j’y ai trouvé chacun, en outre, pauvre en esprit. Ce fut le mensonge de ma pitié de savoir ce qu’il en est de chacun d’eux,
de voir et de sentir en chacun ce qui était pour eux assez d’esprit et de qui était pour eux trop d’esprit !
Leurs sages, pleins de raideur : je les appelai sages et non raides, – c’est ainsi que j’ai appris à avaler les mots. Leurs fossoyeurs : je les appelai chercheurs et savants, – c’est ainsi que j’ai appris à échanger les mots.
Les fossoyeurs attrapent des maladies en creuseant. Sous de vieux gravats dorment des miasmes malsains. On ne doit pas remuer le bourbier. On doit vivre sur les montagnes.

C’est les narines bienheureuses que je respire à nouveau la liberté de la montagne! Enfin mon nez est délivré de l’odeur de tout l’être humain !
Chatouillée de souffles, d’airs coupants comme si elle l’était de vins pétillants, mon âme éternue, elle éternue et se dit, pleine d’allégresse à elle-même : « A ta santé ! »

Ainsi parlait Zarathoustra.

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CELINE

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La maladie du monde c’est l’insensibilité – Pour sortir de cette hantise je m’y prends comme je peux – Prière de brutes, Sermons de brutes… La Tripe mène le monde – Là au moins Rabelais est net…

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Si les gens sont si méchants, c’est peut-être parce qu’ils souffrent, mais le temps est long qui sépare le moment où ils ont cessé de souffrir de celui où ils deviennent un peu meilleurs.

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ALLEZ DIRE A GAUCHE :

La guerre en somme c’était tout ce qu’on ne comprenait pas.

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ALLEZ DIRE A DROITE :

Les vraies guerres sont celles dont on ne sort pas.

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Je vous le dis, petits bonshommes, couillons de la vie, battus, rançonnés, transpirants de toujours, je vous préviens, quand les grands de ce monde se mettent à vous aimer, c’est qu’ils vont vous tourner en saucissons de bataille…

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La poésie héroïque possède sans résistance ceux qui ne vont pas à la guerre et mieux encore ceux que la guerre est en train d’enrichir énormément. C’est régulier.

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SPECIALE DEDICACE A MANO SOLO

Tout le bateau-mouche était que gifles… c’était l’éducation d’alors !.. beignes, coups de pied au cul… maintenant c’est énorme évolué… l’enfant est « complexe et mimi » …

D’un château l’autre

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L’enseignement européen – l’Université est encore masochiste, héritière des traditions conventionnelles. Ce qui n’est pas profondément emmerdant ne vaut pas tripette à ses yeux, n’est pas sérieux.

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La guerre, sans conteste, porte aux ovaires.

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On est puceau de l’horreur comme on l’est de la volupté. Comment aurais-je pu me douter moi de cette horreur en quittant la place Clichy ? Qui aurait pu prévoir avant d’entrer vraiment dans la guerre, tout ce que contenait la sale âme héroïque et fainéante des hommes ? A présent, j’étais pris dans cette fuite en masse, vers le meurtre en commun, vers le feu…. Ca venait des profondeurs et c’était arrivé.

Voyage

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VIVE LA F(R)ANGE!

La race, ce que t’appelles comme ça, c’est seulement ce grand ramassis de miteux dans mon genre, chassieux, puceux, transis, qui ont échoué ici poursuivis par la faim, la peste, les tumeurs et le froid, venus vaincus des quatre coins de monde. Ils ne pouvaient pas aller plus loin à cause de la mer. C’est ça la France et puis c’est ça les Français.

Voyage

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PREMIER DEGRE, SECOND DEGRE, TROISIEME DEGRE.. etc.

La France hélas existe plus, comme équipe. C’est une mascarade de Jean-Foutre haineux, froussards, archi-menteurs, doubleurs, tripleurs, voleurs.

à Albert Paraz

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DIS-SOLUTION

Ce qu’ils ont fabriqué comme chienlit sur le cadavre de cette nation, la dissolution d’une patrie c’est aussi grouillant qu’un cadavre.

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HMM ! LA BONNE CUISINE !

Le «canard au sang » est illustre et le « Français au sang » donc ! Même procédé ! La presse! Le feu ! Mlle Jeanne d’Arc y a passé ! On en parle encore ! On se pourlèche ! Canarde de Rouen !

Féérie

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LE PEUPLE vs/ « LES_GENS »

Crever pour le peuple oui – quand on voudra – où on voudra, non pas pour cette tourbe haineuse, mesquine, pluridivisée, inconsciente, vaine, patriotards alcooliques et fainéants mentalement jusqu’au délire.

À Elie Faure

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MANGER DU SUCRE

Les Français se foutent pas mal de leurs écrivains, ils ont à faire dérailler les trains, condamner à mort les « collaborateurs » et attendre les bateaux de « chocolats » d’Amérique.

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ET INVERSEMENT

Certes ce journaliste américain a bien vu et bien noté la ridicule impuissance française – La paralysie par l’argutie la forme – Et puis tout d’un coup ces furies d’assassinats – St Barthélémy 89, 48, 71, 45… La sauvagerie celtique après les discours – Race légère et dure disait Voltaire. Trop d’esprit pas assez de cœur ni de raison – surtout de raison politique !

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AH LES MAQUEREAUX !

Sous la botte allemande jamais le théâtre français n’a été si luxuriant – Ils avaient le fétichisme de la culture française – Claudel, Cocteau, Mauriac, Colette et tous les autres ont été littéralement choyés par les nazis – Ils ne s’en vantent pas ! On dirait que toute la France a été à Buchenwald. Quel cabotinage ! Quelle farce !

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AMOUR VACHE

Nous devenons fascistes. Tant pis – Ce peuple l’aura voulu – IL LE VEUT. Il aime la trique.

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LA PITIE C’EST BON POUR LES CHIENS ?

Oh pour les Polacks que de larmes ! Volapucs, crypto valaques, mexico carabes… Ils peuvent plus dormir, d’un rien qui manque à ces archi-étrangers. Mais que Dubois Duraton Vergogne pourissent dix ans, vingt ans, à fond de fosse, aux Traves du diable, voilà qui est joliment tapé !… Qui satisfait bien les consciences, sommeils et Droits de l’Hommes !

Rivarol

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LE JOUR DU GRAND PARDON LES POULES AURONT DES DENTS

L’amnistie n’est qu’une escroquerie électorale très prévue… ! Ces gens ne vont pas se déjuger ! Il faut dix ans pour une amnistie. On jugeait encore et sec en 80 les communards ! La France a le cul facile mais pas le cœur. La mauvaise foi est sa Foi. Rien à chiquer.

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« UN AMOUR EXIGEANT », COMME DIRAIT L’AUTRE

Mais depuis 44, treize années, jamais vu passer une seule liste pour l’amnistie générale… Comme quoi c’était Dieu impossible que les Français pensent à autre chose que d’être encore un peu plus vaches indéfectiblement féroces pour leurs nationaux dans le malheur !…

Rivarol

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LA MERE, PLUS FORTE QUE LA GUILLOTINE

Sous le couperet, ma mère m’aurait grondé pour avoir oublié mon foulard. Elle n’en ratait jamais une ma mère pour essayer de me faire croire que le monde était bénin et qu’elle avait bien fait de me concevoir. C’est le grand subterfuge de l’incurie maternelle, cette Providence supposée.

Voyage

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DES SALADES POUR LES VEAUX

On est parti dans la vie avec les conseils des parents. Ils n’ont pas tenu devant l’existence. On est tombé dans des salades qu’étaient plus affreuses l’une que l’autre.

Guignol’s band

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LES INCONVENIENTS SANS LES AVANTAGES

On parle souvent des illusions, qu’elles perdent la jeunesse. On l’a perdue sans illusions, la jeunesse !… Encore des histoires !…

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C’EST UN CONCEPT !

Il n’y a personne à gauche, voilà la vérité. La pensée socialiste, LE PLAISIR socialiste n’est pas né – on parle de lui c’est tout – S’il y avait un plaisir de gauche il y aurait un corps.

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AH LES SALES BOURGEOIS !

Le monde nouveau, communo-bourgeois, sermonneux, tartufe infini, automobiliste, alcoolique, bâfreur, cancéreux, connaît que deux angoisses : « son cul ? son compte ? » le reste, s’il s’en fout ! Prolos Plutos réunis ! Parfaitement d’accord !…

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CHUTZPAH

… Pour qu’on vous croye raisonnable, rien de tel que de posséder un sacré culot, ça suffit, presque tout alors vous est permis, absolument tout, on a la majorité pour soi et c’est la majorité qui décrète de ce qui est fou et de ce qui ne l’est pas.

Voyage

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MESSAGE PERSONNEL : Méfiez-vous de ceux qui font main-basse sur les fous (psychanalystes aussi bien que fanatismes religieux). Les folies sont les grands réservoirs de toute spiritualité.

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SOUVIENS-TOI DE LA LUTTE DES CLASSES, CAMARADE

Le vrai rideau de fer c’est entre les riches et les miteux… les questions d’idées sont vétilles entre égales fortunes…

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LA REINE MORTE

Tout s’achète en réalité on ne fusille on n’emprisonne guère que les pauvres.

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L’INFAMIE DEPORTEE SUR LA SAGESSE – REVOLUTION !
Jamais pauvreté n’a été aussi infamante qu’aujourd’hui ! La justice ? La diplomatie ? Bazars ! Tout est à vendre !

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LE TRIBUNAL DES HOMMES ou LA GEHENNE

La loi, c’est le grand « Luna Park » de la douleur. Quand le miteux se laisse saisir par elle, on l’entend encore crier des siècles et des siècles après.

Voyage

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MENTEZ, MENTEZ ! CROYEZ-MOI !

On ne sortirait pas de prison si on racontait la vie telle qu’on la sait, à commencer par la sienne.

Hommage à Zola

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« HENRI, POURQUOI N’AIMES-TU PAS LES FEMMES ? ♪
HENRI, HENRI, HENRI C’EST PAS GENTIL !
– PARCE QU’ELLES FONT TROP DE DRAMES !
ET DE CHICHIS…
– HENRI C’EST PAS GENTIL !»
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Ce sont les gâtés de ce monde qui ont besoin du piment de la polémique et de la tragédie ! Dans notre état : les raisins sont trop verts ! L’honneur l’horreur nous on en crève !

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BIENTÖT IL Y AURA UNE POLICE DES RÊVES… OUPS ! ELLE EST DEJÀ LÀ !

A nous donc les symboles et les rêves ! Tous les transferts que la loi n’atteint pas, n’atteint pas encore ! Car enfin c’est dans les symboles et les rêves que nous passons les neuf dixièmes de notre vie, puisque les neuf dixièmes de l’existence, c’est-à-dire du plaisir vivant, nous sont inconnus ou interdits. Ils seront bien traqués aussi les rêves, un jour ou l’autre. C’est une dictature qui nous est due.

Hommage à Zola

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UN ARGUMENT CONTRE LA PARABOLE DU SEMEUR

Et alors ! C’est pas une religion, mon petit Janine, la vie. Vous devriez le savoir ! C’est un bagne ! Faut pas essayer d’habiller les murs en églises… il y a des chaînes partout…

L’Eglise

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LA PHYSIQUE QUANTIQUE : LOLILOL !

L’humanité perd beaucoup de temps à regarder au dehors d’elle. Les choses importantes, Mosaïc, vois-tu, celles qui durent, se dirigent de dedans…

L’Eglise

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ENIVREZ-VOUS, ENIVREZ-VOUS ! QU’IL DISAIT.

La vérité dans ce monde, hein, c’est la mort ! La vie, c’est une ivresse, un mensonge. C’est délicat et bien indispensable. On ment comme on respire.

L’Eglise

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L’EXPERIENCE, C’EST CE QU’ON PARVIENT A COMPRENDRE A TRAVERS L’EXPERIENCE

C’est des filigranes la vie, ce qu’est écrit net c’est pas grand’chose, c’est la transparence qui compte… la dentelle du Temps comme on dit…

Féérie

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LA FUREUR DE VIVRE

Je me prenais pour un idéaliste, c’est ainsi qu’on appelle ses propres petits instincts habillés en grands mots.

Voyage

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L’HOMME N’AURA DE RECOMPENSE QU’A TRAVERS SES OEUVRES
(DIEU EGALEMENT)

Je ne veux pas être le premier parmi les hommes. Je veux être le premier au boulot – Les hommes je les emmerde tous, ce qu’ils disent n’a aucun sens – Il faut se donner entièrement à la chose en soi. Ni au peuple – ni au Crédit Lyonnais. A personne.

À Elie Faure

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CHARGER LA BÊTE

On sabote toujours les vivants… on a mal le sens de la vie… comme j’en ai moi des remords intimes !… Courtial… Follet… Elisabeth… Edith…. Janine… C’est autre chose que cent ans de prison… Saloperie que je suis…

Féérie

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SAUVER LES OEUVRES !

Bravo si je plais à Staline ! Un tyran mon vieux et vite ! Qui protège les Arts et les Artistes : un Borgia ! Un Tamerlan ! Mais un Louis XIV par quelque côté !

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CF : L’HOMME MEDIOCRE PAR ERNEST HELLO

« Ah oui, Céline !… il est dans notre cave !… il en sortira dans mille ans !… » personne parlera plus français dans mille ans ! Eh con d’Achille ! Tenez c’est comme la dentelle !… j’ai vu mourir la dentelle…

D’un château l’autre

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MON AMIE LA ROSE…

La beauté, au moins, on sait que ça meurt, et comme ça, on sait que ça existe…

L’Eglise

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C’est plus difficile de renoncer à l’amour qu’à la vie. On passe son temps à tuer ou à adorer en ce monde et cela tout ensemble. « Je te hais ! Je t’adore ! » On se défend, on s’entretient, on repasse sa vie au bipède du siècle suivant, avec frénésie, à tout prix, comme si c’était formidablement agréable de se continuer, comme si ça allait nous rendre, au bout du compte, éternels. Envie de s’embrasser malgré tout, comme on se gratte.

Voyage

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L’amour c’est comme l’alcool, plus on est impuissant et saoul et plus on se croit fort et malin, et sûr de ses droits.

Voyage

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