Goncourt le retour

« Ce qui me dégoûte dans ce que je vois et qui sera de l’histoire un jour, c’est que les évènements ne sont pas imprévus, les hommes sont raisonnables. Il n’y a point quelque grand toqué, quelque visionnaire, un Barberousse, un Saint Louis, qui brouille tout et dérange les destins avec quelque grand coup d’épée. Il n’y a pas, dans les rois, un homme à qui ce qui se passe fasse mal aux nerfs et qui, coûte que coûte, se lance dans une résolution enragée. Non, tous est soumis à un bon sens bourgeois. Les rois, avec la Révolution, m’ont l’air de Prudhommes volés par un filou et qui ne font pas de bruit, parce qu’il faudrait donner ou recevoir une claque. Les trônes fouillent leur poche pour savoir s’il peuvent faire la guerre. L’empereur d’Autriche a peur de la banqueroute ; et ils sont tous à se tâter. Pas un caractère ! Pas un fou! – ce qui est la même chose !… Pas même un bilieux ! »

Voilà ce que m’évoque la volonté de nos élites pédagogues actuelles d’ « horizontaliser » les rapports des parents avec leurs enfants. J’ai l’impression qu’on ne veut plus prendre le risque d’engendrer des êtres imprévisibles. Et puis aussi, c’est une façon ingénieuse de détruire la dernière interaction forte inter-humaine de notre société : l’attachement familial. Décourager les parents de faire preuve de la moindre passion dans leur gestion de l’autorité, c’est détruire le lien affectif… c’est détruire le sentiment. Or comme j’aime souvent à l’expliquer et à le démontrer, le sentiment n’est pas un luxe, c’est la boussole de l’intelligence. D’aucuns prétendront qu’indiquer le Nord c’est discriminer le Sud, et il vaut mieux pour vous que vous ne les écoutiez pas.

[… Quelques extraits supplémentaires dès que je trouve le temps … ]

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