Notes pour faire quelque chose dans le style héroïque-fantaisiste (suite)

.

SCANDALE ARISTOPHIL

.

ARISTOPHIL, qui est le grand héraut actuel de la mode Sadienne, se trouverait être un escroc de très haute volée. Pas de hasard ! Rien de tout cela ne m’étonne, venant de glorificateurs de DE SADE !

Bien sûr que De Sade est choquant ! Il faut avoir la sensibilité, les nerfs et le sens moral singulièrement émoussés pour ne pas être choqué par ce maniaque ! – Je trouve honteux qu’il n’y ait plus personne pour dire que la m* est de la m*.

J’ai quelques citations des Goncourt à propos de De Sade. Ils remettent bien la baudruche à sa place, ma foi !

Sade, de l’imagination ? – Lu « Justine » : c’est répétitif en diable ! – Quoi de plus stéréotypé que la perversion ?

Je crois que les élites actuelles n’ont pas compris que De Sade était un auteur mineur qu’on avait gonflé comme une baudruche parce qu’il avait posé les bases d’une théo-logique catholicoïde (a.k.a la glorification du sacrifié via le sacrificateur) adaptable au monde moderne désenchanté et consumériste.

« Je te consomme, tu me consommes, et tout est bien », – le voilà le pseudo génie de Sade. On comprend qu’il plaise…

En réalité c’est une hérésie vieille comme le monde. Ce type d’hérésie a existé (notamment chez les gnostiques) dès l’aube de la chrétienté. Rien de nouveau sous le soleil.
 .
 .
PARADOXE VERITABLEMENT CHRETIEN DE LA « LAÏCITE SACREE »
.
Oui, la laïcité c’est sacré. Hélas, les politiques qui nous la servent à toutes les sauces, comme un consommable, pour donner l’impression qu’ils ont une idée de ce qu’elle recouvre, sont du genre de ceux qui se lavent les mains dans le sacré.
Quand les dépositaires du sacré, dans une société donnée, sont les plus blasphémateurs d’entre tous, alors Dieu, s’il existe, se range forcément du côté des athées. #axiome
Qui sont les idolâtres ? Qui sont les respectueux ?
Quand on ne respecte plus rien, pas même le sens des mots, et qu’on s’en dit fier… alors le problème qui se pose, c’est qu’on perd-là par ailleurs toute matière à … – matière à irrespecter/à parler/à se dire/à éprouver de la fierté … etc.
.
.
IMPUISSANCE ET HUMILIATION DU VIVANT DANS LA SOCIETE DU REGNE DES CHOSES
.

« Seuls conspirent efficacement contre le monde actuel ceux qui propagent en secret l’admiration de la beauté. »

Nicolas G. Davila

Nous vivons dans un monde où – mis à part quelque cas rares et lumineux qui confirment la règle de par la persécution médiatique dont ils sont la cible – celui qui n’a ni argent ni entregent, ne peut accéder à la reconnaissance, donc ne peut s’exprimer. Quant à la caste de ceux qui ont tout cela, parce qu’elle est une caste de repus et de contents, – parce que le fait-même d’être « intégré » socialement suppose qu’on joue le jeu social, donc qu’on souscrive à ses mille et une tyrannies sans récriminer… – cette caste-là n’a dans l’écrasante majorité des cas rien à dire (et pour cause!)… or les membres d’une telle caste sont pourtant les seuls (ou presque) à accéder encore aujourd’hui aux moyens techniques d’être écoutés, et du coup ils demeurent (sauf exception remarquable) les seuls que – par défaut – le « populo » écoute !
Dès lors, c’est encore et toujours la même éternelle question qui se pose pour le populo impuissant : A quoi bon aimer la beauté quand on n’a ni les moyens de satisfaire ses goûts, ni même ceux de les faire valoir ?
Jusqu’à quel point « Monsieur Popu » (ou Madame Popu) qui n’a devant lui aucune « issue de secours » – ni diplôme, ni métier d’art entre les mains, ni « smala », ni mafia pour le soutenir dans la dèche – et doit vivre comme un esclave – pire qu’un esclave antique – lorsqu’il se risque à haïr la laideur, ne va-t-il pas tout droit au bûcher, – ne courre-t-il pas au martyr le plus silencieux et incompris qui soit ?
– Juste une question parmi cent mille : que penseront de lui ses collègues de chagrin ? un patron un tant soit peu vaniteux tolèrera-t-il d’avoir un vrai philosophe – un veilleur – une lumière dans la nuit – recroquevillé sous lui, dans une position aussi douloureuse ?
L’Eglise elle-même – c’est-à-dire l’intelligence, souvent limitée hélas, des gens pieux – le trouvera-t-il là où il ira ? Y aura-t-il une conscience seulement pour avoir su qu’il était un martyr, et de quoi il était martyr ?
.
. LE PEUPLE SAIT TROP BIEN TOUT ET NE PEUT RIEN FAIRE
 .
Contrairement à ce que croient les naïfs qui en sont encore à souhaiter éduquer le peuple, afin qu’ait lieu une vaste « prise de conscience », le peuple a aujourd’hui parfaitement conscience de son impuissance devant l’Argent, cependant cette conscience-là n’est nullement une source de pouvoir pour lui, car il ne peut strictement rien en faire.
En sorte qu’en l’occurrence, posséder la conscience intellectuelle de son aliénation ne signifie nullement qu’il soit en mesure de la détruire. Pensée magique que la pensée contraire !
C’est l’impuissance objective des masses populeuses soumises du monde (et non pas seulement un /sentiment de/ qu’elles auraient de celle-ci), qui les fait se résigner à l’inintelligence !
Le règne de l’argent est arrivé à un tel paroxysme que les mots sont devenus parfaitement impuissants devant Ploutos lorsqu’ils ne le célèbrent pas ! – Les Bobos et autres alternatifs, qui croient véhiculer une tradition antilibérale, ne font jamais entendre leur voix que dans la mesure où ils pactisent avec lui – avec le consumérisme.
Etre Hipster est facile lorsqu’on a les moyens de « consommer Hipster ». Etre antilibéral est facile lorsqu’on a sa carte à un parti reconnu d’utilité publique par les puissances en place, et qu’on soumet son esprit critique à la ligne idéologique du parti. Tenir un discours cohérent contre le monde marchand et ne pas porter avec soi, comme un gage d’inocuité, la panoplie coûteuse du Hipster ou le bardas idéologique de l’enrégimenté lambda, est quasi suicidaire. Dès lors, à quoi bon conserver un esprit vaillant quand cela ne rapporte plus qu’une infinité de souffrance sans contrepartie ? .
.
L’EMPIRE DU COEUR AUX ABOIS .

Pourquoi glissons-nous chaque jour davantage sur la vaste pente de l’indifférence générale ? Pourquoi le commun des mortels a-t-il de moins en moins de solidarité à l’égard des gens qui souffrent ? Parce que les travailleurs-consommateurs souffrent tous déjà bien trop eux-mêmes en leur noyau sacré, en le tabernacle précieux qui leur insufle la vie, pour pouvoir se permettre pareil luxe de charité à l’égard d’un hypothétique autrui inconnu !

Le cœur est aujourd’hui bien trop humilié pour que les gens continuent de faire valoir ouvertement son empire… Où est-il au demeurant, cet empire ? Qui achète encore les bonnes actions ? Le cœur, en lui-même et pour lui-même, a bien trop été dévalué dans le monde marchand pour qu’on se vante encore d’en posséder un !

La valeur, c’est la puissance. Or le cœur n’est plus qu’un luxe auxquels seuls ont désormais accès ceux qui ont accédé à la puissance par de tout autres moyens ! Le cœur n’est plus un moyen de parvenir en soi, ce qui veut dire que le cœur est totalement dévalué.

On me dira que la joie du coeur, le bonheur, est un but en soi ! Mais quand le bonheur n’est plus qu’une carotte mensongère, vendue par les publicitaires et l’entertainment, à la clef d’un océan de compromission… cela veut dire qu’on ne l’utilise plus que comme un piège à crétins. Excusez-moi du peu.

Que peut-on faire de beau aujourd’hui dans notre monde lorsqu’on n’a que l’amour ? Strictement rien. Les hommes riches se privent et se corsètent, ils sont avares de bienfaits. Il n’y a que les faibles et les pigeons, réduits à faire la base humiliée et moquée de la chaîne alimentaire, qui donnent encore et encore d’eux-même sans compter : c’est leur matière qui passe dont se nourrissent ceux qui capitalisent et demeurent.

Soyons honnêtes, il n’est plus raisonnable (ni même autorisé socialement) d’aimer aujourd’hui que lorsqu’on a subvenu auparavant à tous les autres besoins. Impériosité absolue de la (mensongère) pyramide de Maslow.

Mort morale et civilisationnelle en la demeure. .

Publicités