REVOIR ANTAN (l’info continue) _ #Loi #Runes #Secrets_druidiques

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Baudelaire a écrit :

Le paganisme et le christianisme se prouvent réciproquement. La Révolution et le culte de la Raison prouvent l’idée du sacrifice. La superstition est le réservoir de toute vérité.

Je vais plus loin et je dis :

L’ATHEISME PROUVE LA RELIGION, l’athéisme et la religion se supposent réciproquement comme le pré-requis l’un de l’autre. Pas de religion possible, et encore moins de solidité théologique, sans un certain préjugé d’athéisme, qui est le signe qu’on possède encore sa raison.

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J’avais entendu dire ceci à un homme d’esprit, il y a quelques temps :

Nous vivons les temps les plus chrétiens du monde, jamais on n’a vu tant de gens pieux.

Je m’étais récriée. Le christianisme ne se limite pas à une prostration solitaire d’homme moderne en proie au doute absolu, qui prie dans l’attente d’un miracle. Aussi les temps ne sont pas particulièrement chrétiens. Les gens sont prêts à croire à tout et n’importe quoi pourvu que ça les sauve. Hérésies comprises.
Par contre il est vrai de dire que l’air du temps est à la piété. Seulement si la piété est un autre nom pour la passivité des faibles et des vaincus, alors dites-vous bien que la religion qui mènera tous ces pauvres gens désaxés par le bout du nez ne sera pas une religion créée par des gens pieux. Elle sera au contraire la création des derniers individus – les plus roués, les moins dubitatifs, les moins rêveurs – qui auront à la fin des fins conservé la tête sur les épaules.

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Quand on postule que l’athéisme est une invention moderne, je trouve qu’on oublie un peu vite l’évidence suivante : que l’homme a vraisemblablement inventé Dieu à seule fin de s’expliquer quelque chose qui à la base lui était totalement incompréhensible, à savoir : sa mort. La religion naît de l’incompréhension primordiale du sens de la vie, et non l’inverse.

Si jadis on a présenté la piété comme une vertu, n’était-ce pas tout simplement parce que la piété était déjà considérée par les anciens comme n’allant pas de soi ?…

En effet, si la piété avait vraiment été une telle évidence pour tout le monde dans les époque primitives, alors pourquoi aurait-on même jugé bon d’inventer un mot pour la nommer ?

Supposons une société qui ne conçoit pas le doute ; cette société est-elle en mesure de conceptualiser l’absence de doute, et de la prôner ? Ici nous entrons dans le domaine de l’Absurde.

Il est évident que la non-croyance en Dieu, ou si l’on préfère le non-souci de Dieu, a toujours été une tentation humaine. Sinon il n’y aurait jamais eu dans les temps anciens ni menteurs, ni voleurs, ni avocats, ni fins politiques. Car ces gens-là sont des gens qui jouent avec les lois. Or, quoi qu’on en dise, le fait de jouer avec les lois signale toujours peu ou prou chez l’homme une certaine capacité de décontraction, de recul ironique, vis-à-vis des autorités. Cependant, quelle autorité ancienne ne fondait pas sa légitimité dans le droit divin ? Il n’empêche ; contre vents et marées, jouer avec les lois – même divines – reste dans la nature de l’intelligence humaine.

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A tous ceux qui se figurent que la religion est un luxe, une beauté inutile, dont il aurait pourtant été facile de se passer, il est aisé de prouver en quoi elle est au contraire très utile à la société.

En effet, l’homme parfaitement matérialiste, celui qui sait qu’il va mourir et mourir définitivement, comme l’a fort justement fait remarquer l’infâme Robespierre (poil au derrière), n’a aucune raison raisonnable de « jouer le jeu »… – à savoir, le jeu des convenances sociales, le jeu du respect de l’ordre établi.

Ceux qui nient l’immortalité de l’âme se rendent justice.

Maximillien de Robespierre

Car alors, toute folie de sa part, toute trahison envers l’ordre établi (un ordre établi qui peut bien se passer de lui au demeurant, et qui lui survivra de toute façon), n’a aucune raison de ne pas apparaître  à l’homme comme la façon la plus spirituelle de se rendre justice à lui-même de son humaine condition… Ainsi, toute infamie ayant un quelconque intérêt pratique, toute bassesse un peu délectable, se présente à lui comme une occasion sublime de prendre par avance sa vengeance sur l’injustice indépassable de sa condition. C’est ce qu’on appelle la pensée nihiliste.

La pensée nihiliste est profondément rationnelle. Elle consiste simplement à douter de tout, et à tirer de ce doute universel certaines conséquences existentielles qui s’imposent. Le nihiliste trouve ainsi le moyen de rire de la mort. Il n’en pleure plus.

Au nihilisme, il n’y a qu’une réponse à apporter – une réponse rationnelle s’entend, puisque le nihiliste ne veut rien accepter qui ne soit pas rationnel -, et c’est la réponse de Blaise Pascal.

 Il n’est pas certain que tout soit incertain.

Blaise Pascal

Pour bien comprendre cette phrase, il faut la traduire en langage mathématique. Je vous laisse faire.

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De là, de toute éternité, provient évidemment toute haine, toute rage, tout ressentiment : de la lucidité. La vie est injuste de nature, et il faut être idiot, aveugle ou lâche pour ne pas s’en rendre compte. Ainsi, les gens qui pratiquent les opiums sont évidemment des doux. Mais leur douceur à eux est une facilité. Tandis que la douceur chez les lucides est un exercice mental des plus difficiles.

Opter pour la douceur quand on est un lucide, c’est la définition éternelle de la sagesse, dans toutes les sociétés humaines.

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Dans la série américaine House of Cards, j’ai entendu le personnage principal (un anti-héros du nom de Frank Underwood, devenu Président des Etats Unis), dans un accès d’iconoclasme profanateur, demander au Christ :

Pourquoi y a-t-il des gens qui meurent, si Dieu est bon ?

Rares sont les croyants en mesure actuellement de répondre à cette question. Ils aiment trop leur vie et leur Dieu pour cela.

Autrefois, quand on souffrait davantage de souffrances matérielles, liées aux corps, je pense que la question se posait moins. On priait pour que la souffrance cesse, et l’on accueillait plus souvent la mort comme une délivrance.

En revanche, là où les croyants sont devenus trop douillets aujourd’hui pour songer aux implications réelles, relatives à la bonté supposée de Dieu, du fait que la mort existe, un athée suffisamment cultivé et honnête pourra continuer de répondre à la question de Frank Underwood sans sourciller.

Il suffira à l’athée de se souvenir – comme évoqué plus haut – que Dieu n’a pas inventé la mort, mais que Dieu a été inventé en premier lieu pour pallier au problème philosophique de la mort.

Il remettra le problème à l’endroit et les moutons seront bien gardés.

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Jamais il ne viendrait à l’esprit d’un athée que la mort puisse avoir été inventée par Dieu . Cela lui paraîtrait absurde.

Or, en effet, même du point de vue des religions, l’athée a raison. Si l’on y regarde d’un peu plus près, même dans la Bible on trouve, en préambule à tout, le schéma suivant : une nuit éternelle, c’est-à-dire la mort, précédant l’apparition du Verbe créateur. Exactement selon le même scénario, il y avait chez les grecs antique un Chaos primordial avant l’apparition d’Eros.

Ainsi, dans l’esprit des premiers hommes, il est évident que ce point-là n’a jamais été remis en question : il faisait nuit avant que le jour ne se lève. Il faut être un vrai illuminé, comme seul l’homme moderne peut-être illuminé, pour s’imaginer l’existence possible d’une lumière sans ombre, d’une vie sans la mort, ou d’un long jour sans nuit.

La mort entre dans ce fameux « cahier des charges » [expression que j’adore] des bons Pères Goncourt, auquel Dieu, s’il existe, a sans recours possible été soumis pour construire le monde.

Je les paraphrase : « Il a dû faire la nuit pour faire le jour, il a dû faire l’hiver pour faire l’été.. etc. » Ici nous entrons dans le domaine de la poésie.

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Quoi qu’il en soit, et bien plus sûrement encore que la cigarette, qu’il y soit contraint ou non par un « cahier des charges », Dieu tue. C’est la plus élémentaire des certitudes.

Dans quelle mesure, alors, a-t-on pu à un moment donné imaginer un Dieu qui soit à la fois tueur et bon ? Dieu serait-il un psychopathe ? Il a fallu que des prêtres aient une mentalité singulièrement proche de celle des athées pour qu’ils en viennent à célébrer une religion pareille !

En effet, le premier réflexe de la piété est un réflexe de peur, face à l’iniquité des lois naturelles (ce « circumvulus de dévorement » dont parlent les Goncourt). Supposer que le Créateur soit bon, c’est supposer que le Créateur de la Création ait des « projets » pour nous autres les hommes, qui dépassent et annulent les lois ordinaires qui régissent sa Création (à savoir : le lion dévore la gazelle et les moutons sont bien gardés).

Cela revient également, de la part de ces prêtres, à avoir épuisé tout les possibles de la religion, tous les entre-deux indulgents des paganismes, et à s’être dit enfin : à tout prendre, s’il y a la moindre possibilité qu’un Dieu existe, essayons en dépit du bon sens de nous adresser à lui et de lui parler de nos misères. Car s’il n’y a jamais eu personne pour écouter nos misères, alors l’ordre naturel, la loi de la jungle, leur iniquité intrinsèque, se suffisent largement pour expliquer comment va le monde, – on n’a pas besoin d’avoir recours à d’autres explications -, et alors cela signifie qu’en définitive les cieux, de toute éternité, ont toujours été vides, et qu’il n’y a jamais eu là-haut personne qui dictait sa volonté. Auquel cas, on n’a plus rien à perdre, moralement parlant, à désobéir à n’importe quelle loi humaine – car il n’y a plus que la peur et la lâcheté qui nous y contraignent encore.

« Comment alors pourrait-on imaginer – en dépit du bon sens – un Dieu qui voudrait notre bien ? » , se sont dits ces gens-là.

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Je vais vous donner la réponse :

Le propre de ce qui est vivant étant de mourir, le Dieu bon serait celui qui se chargerait de la mort à notre place, et qui par conséquent ne nous demanderait pas d’en endosser la responsabilité. De cette façon il protégerait l’humanité qui est dans l’homme, en prenant avec lui ce qui relève de « la bête ».

Ce que j’écris-là peut paraître tiré par les cheveux, mais c’est selon le même exact procédé intellectuel, qu’on accorde au Juge de condamner les hommes à des peines d’emprisonnement, alors qu’on n’accorderait jamais ce droit à un simple citoyen. C’est la fonction en elle-même, c’est le vêtement du magistrat, c’est sa mission telle qu’elle a été décrétée en haut lieu, selon un sens de l’histoire qui nous dépasse, qui portent seules la responsabilité des peines infligées dans le tribunal, et non l’homme caché sous la fonction et le vêtement. C’est l’investiture du magistrat, le fait que le magistrat soit donc investi d’un pouvoir qui le dépasse, qui autorise le magistrat à condamner des hommes à souffrir, sans pour autant que cette souffrance infligée ne soit considérée par la société comme un crime. On peut donc légitimement dire que la République prend avec elle, dans l’assurance de de l’intérêt supérieur de sa propre mission, « la part qui relève de la bête » dans le difficile office qui consiste à trancher ici-bas ce qui est juste et ce qui est injuste, et qu’elle le fait en dessinant arbitrairement dans la ville les limites physiques et symboliques de l’« espace sacré » qu’est le Palais de Justice.

Le travail du Juge qui parle au nom de la République est en cela parfaitement comparable à celui du chamane sous au travers de la bouche duquel une divinité s’adresse à la communauté.

Voilà expliqué le dogme qui préfère Abel à Caïn. Caïn était de la race primitive des ogres : animal intelligent, solidaire en cela des animaux, il ne voyait pas pourquoi, si l’homme mangeait des animaux, l’homme étant un loup pour l’homme, il ne voyait pas pourquoi le cannibalisme devait être interdit. Mais Abel qui avait la charge d’un troupeau établit une distinction arbitraire entre l’homme et l’animal. Il était berger de son troupeau, et Dieu était son berger. Il chargeait donc Dieu d’endosser à sa place « la part de la bête » dans le geste sacrificiel qui précédait chaque repas composé de la chair de ses protégés.

Ainsi se justifie la théologie ; elle a recours (entre autre), pour ordonnancer le monde, à la règle mathématique suivante permettant de déterminer le nombre d’or :

Si le rapport de la petite partie à la grande est le même que celui de la grande au Tout, alors ce rapport est égal au nombre d’or.

De même, on voit ici également justifié supérieurement le mythe d’Abraham sacrifiant son fils Isaac au « vrai » Dieu, et voyant son fils sauvé. Le « vrai » Dieu étant celui qui prend sur lui « la part de la bête », on pourrait sans s’inquiéter accepter de commettre des pires crimes en son nom. Mais le « vrai » Dieu ne prenant sur lui « la part de la bête » que parce qu’il veut le bien de l’homme, il est par ailleurs impossible qu’il laisse accomplir les pires crimes en son nom.

Morale de cette histoire : en l’absence d’une hypothétique intervention du Dieu-le-Père lui-même, qui nous ferait savoir à coup sûr sa volonté, il vaudra toujours mieux s’en remettre à notre sens moral qui nous dicte de ne pas accomplir ce que nous savons être avilissant pour l’homme.

A ce propos, il faut introduite un important Nota Bene :

Les musulmans ne se réclament-ils pas d’Ismaël ?

Selon l’Islam, Isaac ayant été le fils préféré, il a été symboliquement sacrifié et réellement sauvé. Cependant, son demi-frère aîné, Ismaël, né d’une esclave à l’époque où l’épouse légitime d’Abraham était encore infertile, a été écarté de la famille d’Abraham et jeté avec sa mère en exil dès la naissance du petit favori. Il n’a certes pas été exposé à la lame du couteau de son père, mais il n’a pas été sauvé par Dieu non plus.
Mahomet voyait dans Ismaël le seul véritable sacrifié. Il voyait dans celui qu’il avait décrété être l’ancêtre de sa race celui qui, pourtant également fils d’Abraham, avait été sacrifié dans les faits (et non dans les paroles), et par Abraham et par Dieu.

Et si Mahomet avait jeté-là les bases d’une sorte d’avatar précoce du nihilisme ?

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Je ne suis pas en mesure de juger les enfants du déserts. Pour ma part, je ne les connais pas. Car je ne sais même pas si je suis fille d’Abraham.

Ce que je sais, c’est que je suis la fille des arbres, la filles des sources, la fille de la France de Giono :

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Chez les Romains, Dis Pater est un dieu assez obscur assimilé à Pluton. Or, d’après Jules César2, « (…) Les Gaulois se vantent d’être issus de Dis Pater, tradition qu’ils disent tenir des druides. C’est pour cette raison qu’ils mesurent le temps, non par le nombre des jours ; mais par celui des nuits. Ils calculent les jours de naissance, le commencement des mois et celui des années, de manière que le jour suive la nuit dans leur calcul (…) »

SOURCE : Wikipedia

Et après ? Qu’importe d’être enfant de l’ombre et des choses obscures… Qu’importe à partir du moment où l’ombre suppose et justifie supérieurement la lumière ?… Qu’importe si l’on admet que seule la pensée non religieuse est susceptible de prouver la religion ?

On raconte dans le mythe que Merlin l’Enchanteur qu’il fut le fruit des amours d’une puissance démoniaque et d’une vierge. Il fut pourtant célébré au moyen-âge comme une sorte de prophète druidique, un précurseur visionnaire du catholicisme maison.

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SUPPLEMENTS D’ENQUÊTE
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Encore aujourd’hui on considère juridiquement que le juge, le soldat, le médecin, et le fou, ne sont pas responsables des souffrances qu’ils infligent. Qu’ont-ils en commun ? Ils sont possédés. Les uns par leur fonction (la fonction est le nouveau nom du sacerdoce – le sacerdoce c-à-d la dignité du « sacrificateur » antique), les autres par leurs visions. Certains par les deux. La condition de « possédé » n’est-elle pas quelque peu avilissante pour tous ? – Les Goncourt qualifiaient toutes les professions qui commandent d’être parfaits à des hommes qui ne peuvent pas l’être, des professions infâmes. – A tout le moins est-elle dangereuse pour l’âme de ceux qui se retrouvent dans cette position-là. Ils se retrouvent comptables du divin. Car il y a un devoir d’exemplarité tel lié au « sacerdoce », qu’on est en droit de considérer peu ou prou comme un meurtrier tout juge, tout soldat, tout médecin, (et tout fou), qui n’agit pas directement sous la férule de l’inspiration divine.

Ici c’est la Millie moyennâgeuse qui parle. ^^

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Pourquoi Disney, par excellence, règne-t-il chez les bouffeurs de barbaque ?

La chose est paradoxale, mais si on relit ma définition de Caïn, on s’aperçoit qu’il y a dans ce paradoxe quelque chose de cohérent. Auto-citation :

« Caïn était de la race primitive des ogres : animal intelligent, solidaire en cela des animaux, il ne voyait pas pourquoi, si l’homme mangeait des animaux, l’homme étant un loup pour l’homme, il ne voyait pas pourquoi le cannibalisme devait être interdit. »

Les américains ne sont pas des cannibales… mais presque. Voyez à cet égard le poème de Philippe Muray (qui avait un certain pouvoir de vision) :

« Un américain, deux américains.. etc.
Ca se mange sans faim.. etc. »

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Les Goncourt affirment que, quand ils sont détendus, et un peu ivres, les américains de la caste éclairée de leur époque se laissent aller à se vanter de composer la population blanche la plus importante et la plus blanche du monde.

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Le frère aîné de Victor Hugo s’appelait Abel.

A ce sujet des ogres, consultez-donc mon article intitulé La mala educaciòn, deuxième-moitié _ Revoir Antan, où j’écrivais ceci :

« Je revois Victor Hugo, ce fantastique mangeur… quel est son génie ? Son génie est la définition-même du génie : il est celui qui par excellence jette des ponts, il est le réfléchissant multiple et infini, le kaléidoscope géant qui avec trois billes de couleur vous refait le plan de la construction d’une étoile. Vous lui donnez deux rien, et il vous rend une correspondance gigantesque, une amitié de quinze an entre deux atomes, ceci durant l’espace de temps d’un battement de cil. Victor Hugo, c’est un gouffre dont l’écho ne finit pas. C’est la démultiplication du réel jusqu’à re-création. Un simple craquement d’allumettes entré dans la machine et vous entendez brailler des forêts.
Je crois que Victor Hugo s’empare du monde car il a l’habitude de prendre chaque information qui lui parvient comme si elle lui était personnellement adressée. Il a été habitué, sans doute, à ce que le monde, le savoir, l’existence, s’adresse à lui comme un précepteur à l’ancienne mode, les yeux dans les yeux, d’homme à homme. »

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Il y a, dit-on, ceux qui vivent dans le Livre, et ceux qui en écrivent…
Il y a aussi manifestement ceux qui ont un pied de chaque côté.
Pour moi c’est cette troisième caste seulement qui possède le génie.

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« Ce sont des ponts entre les matières,  – des ponts ! -, dont on a besoin ! », concluais-je dans mon article intitulé : Raiponce à Talents Différents, la dépression chez les surdoués.

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Allons petit feuge, n’aie pas peur… Ils ne sont pas xénophobes… Ils sont xénovores !

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« AVOIR LA WIN »

Petit cours de déduction runique.

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Wunjō est la huitième rune du Futhark et de la famille de Fehu / Fraujaz / Freyr. Elle est précédée de Gebō et suivie de Hagalaz. Son nom anglo-saxon est Wynn, qui signifie « joie ».

Cette rune notait à l’origine le son [w]. Comme ce son, typique des langues germaniques anciennes, ne possédait pas de signe dans l’alphabet latin, la rune y fut empruntée comme lettre supplémentaire pour écrire le vieil anglais, en gardant sa forme (Ƿ) et son nom de wynn ou wen. Elle persista quelque temps en moyen anglais avant d’y être progressivement remplacée par l’usage d’un double U uu qui devint par la suite le W moderne.

Seul le poème runique anglo-saxon décrit cette rune :

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Anglo-saxon :
ᚹ Wenne bruceþ, ðe can weana lyt
sares and sorge and him sylfa hæfþ
blæd and blysse and eac byrga geniht.

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Traduction en français :
Il apprécie la joie, celui qui ne connaît pas la misère,
la peine et le chagrin, et qui lui-même possède
vie et bonheur et une demeure bien protégée.

SOURCE : Wikipedia

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« To win », « To be well », « To have wealth », autant de mots anglais qui sont corrélés à cette rune.

— > si on ajoute à cela une parenté certaine avec l’auxiliaire « will », qui nous parle de la volonté : « To want », « To will », « To have some willingness »,

Qu’est-ce que cela donne ?

Cela donne comme conclusion que la notion du BIEN selon les anglo-saxons primitifs était peu ou prou la suivante :

Le Bien (qui englobe le bien-être) est ce que l’on ne peut pas ne pas vouloir.

Tel est le sens à mes yeux du poème runique :

C’est une vision extrêmement fataliste du bien : ceux qui l’ont l’apprécient, ce qui veut dire qu’en aimant leur bien-être, ils aiment ce qu’ils ont et ce qu’ils sont, or aimer ce qu’on a et aimer ce que l’on est, c’est être bien dans sa peau, bien dans sa vie, et c’est être aussi quelqu’un de bien, donc non seulement ils se sentent bien mais ils sont des gens bien, qui aiment ce qu’il est bon d’aimer.

De l’autre côté du destin, ceux qui n’ont pas le bien-être continuent malgré tout de le désirer, ce qui fait qu’ils ne sont pas bien parce qu’ils veulent ce qu’ils n’ont pas, et que cela les conduit à ne pas s’aimer eux-même et à détester les autres, ce qui fait d’eux des insatisfaits, c’est-à-dire des gens pas-bien.

On remarquera que les germains et les anglo-saxons pratiquaient, avant l’avènement du christianisme, la plus fataliste des religions. Les Eddas ne racontent rien d’autre qu’une Apocalypse. Ils racontent que tout finira, comment tout finira, et selon eux tout est déjà écrit.

Est-il besoin de préciser que je n’aime pas cette philosophie ?

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En exclusivité pour vous ce soir d’apocalypse :

ET VOICI POURQUOI LES BOBOS NE SONT PAS DE GAUCHE

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Les Goncourt ont eu encore ce mot éclairant :

Aujourd’hui la société se divise en deux partis, deux passions, la cléricale et la républicaine, l’hypocrisie et l’envie.

Ceci est ma définition à moi de la gauche et de la droite.

Deux passions agitent le cœur de mon royaume chrétien : le ressentiment de celui qui se prend pour un justicier (celui qui n’a pas la Win, donc) et l’hypocrisie pharisaïque protéiforme, l’Eglise, qui se reconstruit toujours, telle la plante grimpante, peu importe le Graal (pourvu qu’on ait l’ivresse), sur les cendres du dernier martyr.

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Savez-vous alors pourquoi les Bobos ne sont pas de gauche ?

Les Bobos disent : « Je suis heureux comme je suis ». Ce sont des happy few. Leurs vertus sont la simplicité et le bien-être.

Or la gauche, par définition, c’est l’Envie.

Je suis de gauche parce qu’on m’a transmis quelque chose qui est à la fois une morsure et un virus, dont jamais on ne se défait, et qui s’appelle l’Envie. L’Envie de ceux qui ont des sous, l’Envie de ceux qui ont de l’esprit, l’Envie de ceux qui sont Elus, l’Envie des parisiens, l’Envie des Pharisiens, l’Envie des forts et des beaux, qui s’accompagne immanquablement de la certitude profonde, impossible à détromper, de n’être pas tout ce que l’on envie, mais aussi de la volonté la plus puissance du monde de le devenir, coûte que coûte.

L’Envie est comme une maladie. Mais pour autant, faut-il la soigner ? Car c’est une maladie qui ressemble à s’y méprendre à l’amour. [Pour la petite histoire, c’est un garçon juif, pauvre et en grande souffrance psychique et physique, qui, il y a bien des années, m’a révélé cela.]

Tout dans un Bobo dégage et veut dégager cette impression : « Tout est bien. »

Tout est bien, vraiment ? Etes-vous sûr monsieur le soixante-huitards et messieurs-dames ses émules ?

« Tout est bien », en politique, c’est le règne du fait-accompli. Or le fait-accompli est a-politique. Or ce qui est a-politique est de droite, n’importe quel vieux briscard de gauche qui connaît ses mots-d’ordre vous le dira.

Les bobos, les écolos et les soixante-huitards disent qu’il faut faire corps avec la nature. En cela ils me rappellent les poésies runniques.

Il faut faire corps avec la nature, vraiment ? Il faut faire corps avec le cosmos ?

Il y en a donc qui ne font pas corps avec la nature et le cosmos ?

Tiens donc !

Ceux qui sont en-dehors du cosmos, qui sont-ils ?

Dites-moi, je veux voir des OVNI, ça m’intéresse !

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