La fin des Bardes

Pourquoi à votre avis y a-t-il une crise des vocations dans le showbizness ?

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Parce que cela commence à se voir un petit peu trop que c’est toujours la pureté qu’on prostitue…

Si encore on prostituait le vice… mais non, mais non !

Pas assez « juicy », le vice. Pas assez goûteux. Qui aime le vice ? Certainement pas les vicieux !

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La vertu croit toujours s’en tirer par l’exposition d’elle-même, n’est-ce pas ?

Elle croit, par son beau visage clair exposé au soleil, réfléchissant la lumière du soleil, rédimer tout…

Vanité, pour le coup. Oui, en la demeure, je l’accorde à l’Ecclésiaste, il y a bel et bien vanité !

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« Je ne suis pas Dieu mais je suis fait à son image… Je donne l’image de lui… Je perpétue le souvenir de ce qui fait son essence… » – pense le Barde.
Mais l’activité du Barde aujourd’hui se limite à distraire le monde de l’essentiel,
en lui faisant croire que beauté et vertu sont encore d’actualité
alors que ça n’est plus le cas.

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L’exposition de la « Possibilité d’une Vertu, d’une Beauté, d’un Bonheur »,
ne sont plus que des leurres destinés à tromper les esclaves sur la profondeur réelle de leur asservissement.
Il s’agit de faire durer le plaisir de ceux qui exploitent le filon (le filon de la Vertu et de la Beauté des autres) jusqu’à son épuisement.

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Ca y est, il est quasiment épuisé.
Ils ne savent plus où trouver des divertissements qui soulèvent encore le cœur des foules.
Ils sont prêts à utiliser l’image d’Hitler, et même à ressusciter Hitler à la manière du Docteur Frankenstein,
aujourd’hui, si nécessaire,
pour ranimer un peu le zinzin qui les fait vivre.
Mais déjà les foules n’ont presque plus en-vie. Or sans l’en-vie, le capitalisme s’écroule.
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Car voilà, au petit jeu de la prostitution, au petit-jeu de la vente d’elle-même, elle ne s’en tire plus, la beauté.
Elle s’en tire de moins en moins.

Il y a eu Edith Piaf et il n’y aura plus Edith Piaf.

Car dans un monde où rien n’est gratuit, l’amour n’a plus qu’à faire ses bagages.

L’amour se donne, il ne se vend pas. Et si des salauds font leur beurre sur le dos de l’amour (qui jusque-là, fort de la pureté de sa nature, s’en foutait bien), cela ne peut pas durer éternellement. Arrive un moment où si l’amour n’a plus du tout sa place, où si l’amour voit qu’il est instrumentalisé partout, arrive un moment où l’amour cesse d’être l’amour… arrive un moment où il préfère le suicide.
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La vertu et la beauté ont décidément été trop dévaluées dans notre monde pour jouer encore le jeu. Elles sont affamées ! Il n’y a plus rien à becqueter ici-bas pour elles !
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Croient-ils que l’Amour puisse se contenter de la virtualité ?

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Quand aujourd’hui la vertu et la beauté se prennent encore « au jeu »,
quand aujourd’hui elles se donnent encore pour la beauté du geste (ce qui est dans leur nature)
alors elles ne le font plus désormais que pour sauver un ordre qui est décidément bien trop celui qui concourt précisément à leur humiliation systématique et à leur perte.
Trop mauvais marché ! On n’achète plus !
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L’Amour devient économiste… et s’arme intellectuellement contre ses oppresseurs !

Vous avez réussi cela. Mon Dieu !
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Les meilleures oies blanches aujourd’hui démissionnent avant même que d’être jamais entrées dans la carrière
Les oies sauvages sont parties à tire-d’aile, on ne les verra plus.

Parce qu’on se fout décidément bien trop de leur gueule !

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