Richard Coeur de Lion vs/ Oncle Picsou

On ne combat pas le Mal rien qu’en ne le commettant pas soi-même. Pureté et transparence seules ne suffisent pas. Les péchés des clampins ne sont pas responsables de ce que la machine du système broie les clampins. Les clampins, bons ou méchants, pour la machine à broyer l’humanité qui est dans l’homme, sont juste du bétail.

IL NE S’AGIT PAS DE DIMINUER L’HOMME POUR QUE CHACUN TROUVE SA PLACE ! Car les seuls hommes généreux, sont les hommes avec une poitrine large comme ça, dans laquelle bat un cœur de lion.

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Mr Burns est peut-être végétarien.
Tout comme Hitler.

Et puis après ?

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Vous qui pensez comme ces avares de milliardaires,
Vous qui pensez qu’il suffit de n’avoir aucune envie dans la vie pour être vertueux,
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Arrêtez de forcer la main au destin pour faire venir le Messie.

Plus le système est pervers, plus il contraint les hommes à l’impossible, c’est-à-dire à la perfection.

Or personne n’est jamais à l’abri de faillir ! On ne peut pas demander aux gens d’être parfaits !

Et on ne peut encore moins faire reposer la bonne marche du monde sur la nécessité qu’ils le soient !

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Le témoignage d’une vie exemplaire vaut beaucoup, surtout chez quelqu’un qui pense, et qui a mis ses actes en accord avec sa parole. Mais le témoignage de quelqu’un qui a fauté et qui a tout appris de ses propres fautes, vaut tout autant !

Par exemple, dire de quelqu’un qui ne tond pas bien son gazon, dont le slip est sale, qui a des dettes auprès de tous les commerçants de son quartier, que pour toutes ces raisons il n’a pas le droit de penser juste et d’être écouté pour ce qu’il a à dire, c’est faire preuve d’un manque d’humanité inouï  !

Dire à une femme qu’elle ne sera jamais crédible intellectuellement parlant tant qu’elle recherchera le désir des hommes et qu’elle aimera être aimée, c’est faire preuve d’un sans-cœur extrême !

Mettre en demeure toute personne désireuse de se distinguer positivement des autres, de rendre des comptes au tribunal de l’opinion concernant ses moindres faits et gestes, – comme si vouloir être quelqu’un de bien était un crime – comme si lorsqu’on n’est pas méchant et qu’on a quelque chose à dire, on demandait d’office à remplacer le Sauveur sur l’autel des Dieux … Mais c’est le meilleur moyen de ne favoriser que les comportements les plus vils, la vacuité, la bêtise  et la bassesse !

Jésus ne criait pas à la cantonade : « Repentez-vous », comme Jean-Baptiste !
Jean-Baptiste a dû être décapité par Salomé pour que Jésus s’élève, et ce n’est pas pour rien.

Contraindre les gens à l’exemplarité – quand le simple repentir, et la conscience des fautes, suffisent -, cela revient à décourager les vocations de faire le bien.

Cela revient aussi à déranger la santé mentale de ceux qui pour avoir dit : « J’ai une idée nouvelle ! », se sont retrouvés inspectés jusqu’au trognon par les médecins de l’âme.

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Plus le système est pervers plus il contraint les hommes à l’impossible, c’est-à-dire à la perfection.

Doit-on pour cela rendre hommage à un tel système ?

Si l’on va par là, la peur de mourir étant l’une des grandes causes du développement de l’ingéniosité chez l’homme, alors il faut rendre hommage à la mort, lui bâtir des autels et même lui faire des sacrifices !

Nos petites « vérités » ou « justices » de l’ici-bas seront confrontées à la Vérité et la Justice de l’au-delà !

– disent les religieux.

Mais l’au-delà c’est la mort ! Je ne veux ni mourir, ni vénérer la mort !

Le Jugement de l’au-delà, cela s’appelle ça le Jugement Dernier ou l’Apocalypse, et dans les fait ça se manifeste par de grandes destructions.

Voilà pourtant le message central du christianisme : folie pour les hommes, sagesse pour Dieu.

– dit le religieux.

Moi je dis non. Quand Jérémie dit : « Les hommes sont fous », c’est un constat. Un constat éploré et non un vœu. Attention à la confusion !
Prétendre que Dieu se complairait dans la folie des hommes reviendrait à dire que tout est bien ainsi, qu’il n’y a rien à changer, donc que la religion est inutile.

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Plus le système est pervers plus il contraint les hommes à l’impossible, c’est-à-dire à la perfection.

Mais que se passe-t-il lorsque le système devient beaucoup trop pervers pour que de simples êtres humains puissent le combattre ?

Forcer la main au destin pour faire venir le Messie, c’est ce que font les protestants – notamment en finançant le retour des feuges en Israël.

Mais je vous le répète, c’est une très mauvaise idée.

Dans les prophéties que vénèrent les protestants, le jour où les feuges retrouveront leur pays, le Messie sera de retour, mais ce sera aussi l’Apocalypse.

Les gars, ils sont tellement cons qu’ils se sont auto-programmés pour faire advenir leur Apocalypse chérie !

Je vous le répète : cessez de rechercher votre propre aboutissement & votre maître suprême : car c’est la MORT !

J’ai passé des années à la colle avec un fils de Mormons. Je sais de quoi je parle.

Quand les théologiens catholiques se sont mis à dire : « Jésus nous a sauvés », en fait figurez-vous qu’à l’origine ça voulait dire ça ! Ca voulait dire que Jésus avait en quelque sorte désamorcé la bombe, le compte à rebours, du Judaïsme.

Si je tiens tant à cette idée que l’on puisse échapper au Fatum (aux diktats de l’astrologie, et du reste), c’est pour cela.

Parce que le Judaïsme, le Protestantisme et l’Islam sont trois fabrications sur le même modèle, qui est un un compte à rebours, une bombe : une prophétie annonçant la fin des temps et le devoir de se purifier.

On croit que ceux qui dirigent le monde sont des gens rationnels. Ils ne le sont pas plus que moi (ou que Blaise Pascal, ou qu’Einstein – qui étaient pourtant des hommes très intelligents).

Je ne sais pas quoi faire pour convaincre les gens qu’ils ne doivent pas se précipiter tête baissée dans le mur. Cela va tellement de soi que c’en est d’autant plus difficile à prouver. Comment voulez-vous prouver à quelqu’un qui aime le néant (un nihiliste, donc) que la vie, c’est bon ?

Même s’il est vrai qu’on peut devenir très riche en vendant très cher ses propres bontés (ce que font les dames de la bonne société, qui arrangent leur propre mariage), ou en étant avare, en n’aimant rien ni personne au monde, en étant une teigne qui ne mange que du pain sec et se réserve le gras de la viande (comme sont la plupart des grandes fortunes d’aujourd’hui), que cela prouve-t-il ?

_ Contrairement à ce que croient les feuges et les protestants, richesse n’est pas vertu.

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L’Héroïc Fantasy c’est mon dada

Carte du territoire

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Les Géants sont grands, musculeux et blonds. Ils aiment les grands espaces. Ils sont forts, ils ont la mâchoire carrée, ils sont beaux, ils sont agressifs, ils sont sauvages, ils sont les plus terribles. Leurs femmes sont également des guerrières intrépides, grandes et blanches, musculeuses, avec de fantastiques crinières, comme des juments.

Les Elfes sont grands, beaux, longilignes, il y en a de toutes les couleurs (ils aiment et cultivent la variété des couleurs chez eux, comme le font les botanistes avec les roses : par boutures et croisements), mais l’Elfe de base a la peau claire bien qu’un peu jaune… Ils ont de beaux grands yeux brillants, beaucoup de charme, ils sont un peu vicieux, ils ont un tempérament de feu et ont des pouvoirs magiques. Ils sont redoutables. Leurs femmes sont particulièrement charmantes – dans le même genre que les hommes : le genre séducteur et vicieux.

Les Nains, contrairement à ce que pourrait laisser penser leur nom, ressemblent beaucoup à des Géants. Ils sont également grands et beaux, blonds ou roux, très musculeux, très forts, leurs dents sont blanches, mais leur peau est un tantinet grise, surtout chez les mâles. Comme les Géants, ils parlent fort et sont habitués aux grands espaces. Mais contrairement aux Géants, qui ont un mental de fer, un tempérament égal, et des idées « carrées », les nains sont fantasques, imprévisibles, ont des tas d’idées délirantes et sont soupe-au-lait. Il y a une grande disparité entre les mâles et les femelles dans cette race : les hommes y sont plus massifs encore que des géants (plus lourds, plus râblés – ) alors que les femmes y ont tendance à être fines et fluettes comme des elfes. Les « Naines » (quoi qu’on en dise) sont particulièrement attirantes. Ce sont sans doute – statistiquement parlant – les plus belles femelles du monde. A la fois grandes et pâles – la peau parfois presque translucide, comme un voile de fumée-, athlétiques comme des juments, et aussi vicieuses que des elfes, avec de grands yeux verts de chats.

Les Chaotiques sont également grands, forts, musculeux et sauvages, ils sont recouverts d’un cuir noir, dur et brillant, et aiment l’or et les bijoux, dont ils s’ornent les membres sous la forme de chaînes et de breloques magiques. Ils ressemblent à des statues, à des poupées terribles, à des idoles insolentes. Il y en a de mille et une sorte. Dans chaque tribu (contrairement aux autres races, qui ont bâti des villes, les chaotiques continuent à vivre selon le mode tribal), les hommes chaotiques ont tendance à ressembler fortement aux femmes chaotiques, bien qu’il y ait des exceptions (en effet, dans certaines contrées du continent chaotiques, on trouve le même type de disparité morphologique entre mâles et femelles que chez les Nains).

Ces quatre grande races ont en commun d’habiter des contrées relativement inhospitalières, où dominent les déserts, les steppes, les savanes et les grandes étendues sauvages peuplées d’animaux dangereux.

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Si l’on écoute les légendes héroïques de ces quatre races, on a vraiment l’impression que les Hommes sont les seuls êtres sur la terre à être petits moches et cons et à ne venir de nulle part.

_Les Géants ont la conquête du Grand Néant Ponant et la Révélation de l’Apocalypse de la Fin des Temps des Derniers Jours. Accessoirement, leurs Seigneurs dorment tels des dragons sur le plus gros tas d’or du monde.

_Les Elfes ont la Mémoire de : « Comment ils se sont vengés de tous ceux qui les ont sous-estimés jusqu’à présent et que c’est pas fini parce qu’ils vont dominer la terre qui de toute façon leur appartient. » Il prétendent que les Géants qui possèdent l’Or sont leurs esclaves dévoués et sont au service des Desseins Supérieurs de leurs prêtres. Pour les Elfes, toutes les autres races sont des races d’animaux. Eux-seuls ont une âme.

_Les Nains ont l’Histoire Véridique de comment Littata-le-Cruel et ses armées ont rasé la terre par trois fois – tel le rasoir maudit de l’enfer -, et de comment les forêts-de-la-Vie ont par trois fois repoussé plus épaisses et plus drues qu’auparavant. La même histoire existe avec If-le-Dieu-Mort-et-_Vivant, Tavernier-le-Blanc-de-l’Ire-Redoutable et Roussebarbe-le-Guide-Suprême. Il prétendent être les maîtres des cycles (c’est-à-dire les maîtres du temps) : ils prétendent décider de la fin des mondes et de quand les autres races doivent se régénérer.

_ Quant aux Chaotiques, étant donné qu’ils prétendent être dépositaires des Forces Premières et Dernières : la magie, le sexe et la mort, ils sont assurés qu’ayant été les premiers à peupler la terre ils seront aussi les derniers à y rester en vie. Les folles prétentions des autres les font rire de toutes leurs belles dents blanches. Leur magie, selon eux, est la plus profonde et la puissante, elle résonne en ondes basse comme le chant des baleines, ils sont aussi les plus nombreux, leur continent est immense, on en connaît mal les confins : ils n’ont besoin de rien d’autre selon eux pour se maintenir en situation de domination.

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Pardon ! J’allais oublier ! Il paraît qu’il y a une cinquième race… On les appelle les Gobelins. Ils sont comparables aux Chaotiques Rouges. Ce sont des Chaotiques à la peau moins noire que les autres, à la peau plus jaune (ou plus grise). Ce sont en quelque sorte des Chaotiques Elfiques. Vous faites une synthèse des deux races, Chaos et Elfes : ça donne les Gobelins c’est-à-dire des amateurs de magie noire et de revanche, très fatalistes et très méchant.

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Seuls les Hommes (avec une majuscule : on parle ici de la race, pas du sexe des individus) sont en majorité petits, faibles et doux. Ce sont des gentils cons. Du moins, ils sont perçus comme tels par les autres races – sans doute du fait qu’ils habitent la seule zone à climat tempéré du globe – , quoiqu’il y ait des exceptions notables. Dans les faits, il y a des Hommes qui sont plus grands et plus forts que bien des Géants – c’est leur personnalité (supposément « effacée ») qui ne les fait pas percevoir comme tels. En effet, les Hommes ont cette particularité paradoxale de n’avoir pas de particularité raciale : c’est-à-dire qu’il y a des hommes de toutes les sortes, de toutes les couleurs, et bâtis selon tous les modèles, et qu’au niveau statistique ont ne peut pas établir un stéréotype physique qui les définirait. On prétend – la légende le veut – que les Hommes sont un mélange des autres races. Ils vivent à l’abri dans le seul territoire véritablement tranquille et accueillant du globe. Ils ont de l’eau douce en abondance. On prétend que c’est la nature qui a voulu ça ; Mais il n’est pas prouvé que ce ne soient pas les Hommes eux-mêmes qui aient cultivé la nature – en plantant des arbres notamment – de telle sorte que la nature se soit mise à leur service.

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Géopolitique :
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Les Elfes sont fascinés par les Géants. Ils les trouvent beaux et forts. Ils aiment leurs blonds cheveux et l’épiderme laiteux de leurs femmes. Entre Géants et Elfes c’est une douce guerre. Leur combat pour la suprématie sur le globe repose pour beaucoup sur des alliances commerciales et matrimoniales entre leurs grandes familles : les Elfes se plaisent à marier leurs plus belles femelles avec des Géants. Car il paraît – la légende le veut – qu’un métissage homogène d’Elfe et de Géant donne un Homme.
On se demande tout de même pourquoi les Elfes cherchent à devenir des Hommes, étant donné que les Hommes sont (comme chacun le sait) des neu-neus, des glandus et des cons.

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Exemple de différence civilisationnelle entre Elfes et Hommes :

Durant la dernière guerre totale dite des Cinq Ans, les femmes Humaines qui avaient collaboré avec les Géants furent tondues, afin qu’elles fussent humiliées pour leur trahison. Tandis que les femelles Elfes qui avaient réussi à épouser des Géants puissants furent célébrées parmi les leurs et on leur chanta des louanges.

Néanmoins, il est admis chez les Hommes que les Elfes sont de toute éternité les ennemis N°1 des Géants. Il est vrai que les Hommes ne sont pas très malins.

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Un Elfe politique célèbre que nous ne nommerons pas, officiant en territoire humain en sa qualité d’Intermédiaire sacré entre les Dieux et les Hommes, a eu ce mot puissant qui est resté dans les annales :

« Nous sommes tous des Elfes-Géants »

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Je me fais à ce sujet la réflexion suivante :
_Etant donné que de toute éternité les Elfes (à l’instar de tous les hommes venus du Sud), ont été fascinés par les grands blonds aux yeux bleus…
_Etant donné que de toute éternité ils les ont jalousés comme on jalouse un modèle – sans quoi ils ne se seraient pas installés systématiquement parmi eux pour leur faire épouser leurs filles et prendre leurs noms.

[Quelqu’un de la communauté Elfique en territoire Géant ne disait-il pas récemment au célèbre Z**** (homme politique Humain d’origine biologique Elfique) qu’au lieu de faire valoir constamment sa carte d’identité Humaine (qui ne vallait pas grand’chose), il aurait été mieux inspiré de tirer fierté de son prénom d’origine Géante ?]

Alors :
_Dire que nous sommes tous des Elfes-Géants ne revient-il pas à supposer que nous aimons tous, sans exception, les Géants, et que nous reconnaissons tous tacitement leur suprématie sur les autres races ?

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En effet, pour avoir vécu un peu à la frontière Géante du territoire Humain, j’ai peine à croire que les Géants (en dépit de l’apparence simple et humble qu’ils aiment à donner d’eux-mêmes) ne soient pas très orgueilleux, au fond, d’être ce qu’ils sont, et par extension de n’être pas ce qu’ils ne sont pas. C’est-là en effet l’un de leurs traits de caractère prédominant : ils considèrent (contrairement aux Elfes) qu’un homme bien est un homme qui n’envie personne. « Sois toi-même » est l’un de leurs grands leitmotiv.

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De là je déduis que si nous étions tous comme le prétend l’autre : « Des Elfes-Géants », le modèle Géant serait le modèle universel de l’homme idéal – c’est-à-dire de l’homme à envier.

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Analyse des différences majeures de perception morale

qui séparent les peuples Humains des peuples-du-désert :

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Tous les peuples qui ne sont pas humains peuvent être appelés peuples-du-désert. Car leur économie repose non sur la jouissance des grâces infinies de la nature, mais sur l’entretien, l’organisation et l’exploitation de la pénurie.

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___Chez les Chaotiques et les Nains cela se manifestera le plus souvent d’une façon grossière et caricaturale. Il s’agira le plus souvent de préserver, au sein d »un pays clos à double-tour, la rareté des biens de consommation élémentaires, en les distribuant au compte-goutte à une population anémiée, afin de pouvoir continuer à vendre cher des produits de très mauvaise qualité, et jouir (quand on fait partie du gotha), sur le consommateur lambda, de petits privilèges mesquins.

A*****S****, littérateur Humain d’origine chaotique, fait un descriptif passionnant de l’économie de la pénurie typique de la province chaotique de son enfance. On constate à la lecture de son livre que le manque général de tout ce qui est nécessaire au bien-être élémentaire de la population, engendre chez les gens qui la composent une méchanceté et une rage qui les pousse à désirer ce que possède le voisin. Ils pensent se venger de leur sort en volant, en pillant, en arnaquant, en mangeant leur prochain – et ils ne font hélas que reproduire sans fin l’injustice subie.
On rejoint-là ce que l’Elfe M*** (politologue, philosophe et gourou) appelait la « Mentalité Servile ». C’est-à-dire la propension des faibles à flatter et à admirer les forts, et à ne se montrer forts (ou plutôt redoutables) qu’avec les plus faibles qu’eux.
Pour les mentalités serviles, être fort, c’est être redoutable et cruel. C’est-là aussi la définition de la force à laquelle souscrivent tous les peuples-du-désert.
Seuls les Hommes pensent différemment et on les méprise pour cela.
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___Chez les les Elfes et les Géants, l’organisation de la pénurie se fait d’une façon beaucoup plus intelligente et perfide. Ils utilisent la magie. Ce ne sont pas les biens de consommation courante que les puissants de ces deux races aiment à rationner, mais plutôt :

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_ la qualité du relationnel (en entretenant un rapport au salariat qui relève du servage),
_ l’accès à la vie sociale (par le moyen de distractions bruyantes et fades installées dans des boites dans tous les foyers),
_ la gratuité des échanges (par le discrédit général et désinhibé aux yeux du monde – et surtout aux yeux des femmes – de ceux qui ne travaillent pas et ne possèdent rien),
_ la liberté d’opinion (en instituant des partis politiques séparés par des frontières mentales étanches, qui formatent les penseurs et les interdisent d’apprécier à leur juste valeur ceux qui pensent différemment),
_ l’abondance en matière d’éducation (en détruisant les programmes scolaires et en favorisant la précocité roturière, le désillusionnement et le dessalage forcé chez les enfants)
_ l’émulation intellectuelle (en favorisant l’image mentale du penseur-individu surhumain libre isolé sur la montagne et en défavorisant l’image du salon/de l’Agora à l’ancienne où des personnes de tous horizons se réunissent pour causer).
Ils s’y prennent par toutes sortes de procédés détournés qui empêchent la plupart des Hommes – limités en intelligence qu’ils sont – de comprendre à quelle sauce on les mange. Néanmoins, ces derniers temps, une telle multiplicité d’activismes terroristes – de toute nature – entretiennent si hystériquement une ambiance apocalyptique de crise au sein du royaume humain, qu’il devient clair, même pour des idiots, qu’un nouveau règne basé sur la terreur s’installe.

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Quand les Gobelins cachent et claquemurent leurs femmes, qu’obtiennent-ils à part faire monter la pression dans leurs calbutes ? Mais peut-être au fond est-ce ce qu’ils recherchent ? Peut-être faut-il voir-là un autre avatar de l’organisation méthodique de la pénurie ? Les hormones à haute dose, ça fait planer (j’en sais quelque chose). C’est une drogue gratuite. D’ailleurs c’est comme l’alcool et le coke, ça permet de se sentir fort même quand on ne l’est pas. Les gars, ils se sentent fort… en réalité, ils sentent fort, c’est tout. Adolescence prolongée.

« Il faut laisser les jolies femmes aux hommes sans imagination. »

Elfie

Les types qui vivent dans des pays où règne la loi des peuples-du-désert doivent avoir l’imagination qui leur bouillonne dans le cerveau et même qui leur sort par les oreilles. A moins que ce ne soit juste du f**tre.

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L’entretien de la pénurie comme modèle économique
(ou l’histoire des hommes qui arrachaient les arbres)

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Moi j’ai déjà couché avec un type-du-désert. Et même avec plusieurs si l’on compte les « trois races ».
Beaucoup d’autres m’ont draguée, on s’en doute. Il se trouve que j’ai toujours adoré parler avec les hommes. L’exercice de la drague les rend – une fois n’est pas coutume – extrêmement ouverts d’esprit : on peut leur faire avouer et même admettre tout ce que l’on veut quand ils sont dans cet état-là. Le truc qui m’a systématiquement marquée chez les gars du désert, c’est leur vision très particulière de ce qu’ils appellent l’esprit ou l’attitude aristocratique.
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Chez moi, la grandeur d’âme, cela correspond à une extrême générosité affective. C’est par exemple l’Idiot de Dostoïevski, noble d’une noblesse si ancienne que sa famille n’existe plus, qui aime si sincèrement les personnes que le destin lui a fait rencontrer – en l’occurrence le pauvre pécheur Rogogine, la pauvre pécheresse Nastassia -, et qui est si heureux de les aimer, qu’il lui paraît tout naturel de n’être pas aimé d’eux, et même de souffrir par leur faute.
*

Mais pour l’homme du désert, être un Seigneur, c’est quelque chose de très littéral. Tu es un mouton et je sors le couteau, en gros. Pour faire clair, ils aiment se la raconter et ils aiment ceux qui se la racontent.
Quand quelqu’un brille on le respecte. Quand une femme est belle et qu’elle est bien cruelle à souhait, c’est-à-dire quand elle fait valoir ses qualités sans jamais permettre qu’on y touche, elle a la classe.Ils chantent, ils applaudissent, ils se prosternent.
Attention tout de même à ne pas exagérer : trop de richesse étalée appelle au viol. Car c’est cela pour eux, la richesse : c’est l’étalage de la beauté et la défense absolue d’y toucher.
On fait monter les enchères pour le sport, mais ça ne se finit jamais bien. Soit les frustrés sont encore plus frustrés, soit le marché est dévalisé. Il n’y a pas d’intermédiaire.
Quels chanteurs cependant, que ces serpents, quand on les fait monter aux cocotiers ! Ils adorent être séduits. Il n’y a bien que cela qu’ils aiment. La force, et la démonstration de force.
Mais ils n’apprécient jamais que les générosités qu’on ne leur accorde pas. Aussitôt accordée, la largesse devient une preuve de soumission, et le Prince que la seconde d’avant encore on mendiait, devient un esclave dévoué.
Ils sont par excellence ce chat dont on dit qu’il se considère comme votre Roi dès lors que vous le nourrissez. C’est ainsi que la femme n’est belle pour eux que lorsqu’ils n’ont aucune chance de l’avoir et qu’elle appelle au viol.
Dès qu’elle se donne – et surtout si elle se donne pour rien – elle devient une esclave, un objet, une chose qu’on abîme encore un peu pour se faire les dents puis qu’on jette.
Si vous voulez jouer avec les hommes du désert – comme l’enfant d’Inde joue avec sa flûte à faire monter les serpents – munissez-vous auparavant d’un garde-du-corps en armes, susceptible de trancher en pièce les malheureux dévots quand ils montent à l’assaut. C’est le seul moyen de sauvegarder votre intégrité physique et de sauvegarder leur dévotion. Pour eux, la dévotion, aussi bien religieuse qu’amoureuse, est quelque chose de si puissant et de si rapide qu’elle ne peut avoir d’autre issue qu’une issue tragique.
Si tu vas voir les hommes du désert, emporte ̶l̶e̶ ̶f̶o̶u̶e̶t̶  une armée.

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Celles qui savent-y-faire _ [Je ne suis pas celle-là.]

[Version 2 : final amélioré]

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Vous rencontrerez parfois, vous rencontrerez souvent,

La fluette fille d’Eve aux yeux cernés et las,

Riche de son regard doux et d’une voix qui murmure,

Pour ne rien dire ou rien que vous ne sachiez déjà,

Pareille au ruisseau sourd, cliché de votre amour,

Qui serpente dans la mousse là-bas au fond des bois.

Je ne suis pas cette fille. Je ne suis pas celle-là.

Vous rencontrerez parfois, vous rencontrerez souvent,

La fraîche jouvencelle, pareille à l’hirondelle,

Petite tête de linotte, et gaie comme un pinson

Dont le fil du discours frisotte et fait des bonds,

Se perd dans les airs en quête d’on ne sait quoi,

Et dont la joue très blanche, au teint parfaitement clair,

Réfléchit une lumière qui ne lui appartient pas

Je ne suis pas cette fille, je ne suis pas celle-là.

Vous rencontrerez parfois, vous rencontrerez souvent,

L’aimable eau stagnante, avec ses airs de vamp,

Ses grands gestes suspendus, et ses cheveux cossus,

Son air de : « pas toucher! » et son pas cadencé,

Elle chantera sûrement une antique ritournelle,

Qui vous donnera des ailes

Mais dont le sens profond lui échappe déjà

Je ne suis pas cette fille, je ne suis pas celle-là

Vous rencontrerez parfois, vous rencontrerez souvent,

La chaste fleur de lys, avec sa belle langue,

Sa joie de pacotille, ses façons policées,

L’aiguille rhétorique, qui vous mord à la glande,

mais tout en négligé, qui sait vous faire valoir

sans vous mettre en danger, et dont la croix au cou

dessine un cœur qui bande

Il semble qu’elle naquit déjà toute habillée,

Je ne suis pas cette fille, je ne suis pas celle-là…

.. ETC.

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Hymne

S’il devait y avoir un jour une vraie Résistance,

non pas une fausse comme aujourd’hui,

plat préparé déjà en vente dans des moules en plastique,

mais une vraie Résistance constituée contre la tyrannie qui vient,

une Résistance sachant identifier la nature de son ennemi,

ne pas confondre des monstres bien vivants avec des trophées de chasse,

et ne pas se jeter à genoux devant les extraterrestres et la peur de l’aluminium,

et si cette Résistance véritable devait avoir un jour un hymne,

un hymne à mettre en marche la rue,

alors voici le genre de parole qu’il faudrait mettre en musique :

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Qu’il soit minuit, qu’il soit midi
Vous me faites chier, docteur Schweitzer.
Si vous entrez dans la légende
Mettez des semelles de caoutchouc
Vos godasses de vieux trappeur
Ça fait du bruit sur les cailloux.
A l’avant garde des salauds
On se couvre de votre image
Pour qui voulez-vous les remettre
En bon état, docteur Schweitzer
Ces nègres que vous recollez
Et qu’on recassera demain ?
Restez dans vos temples à la noix
Jouez de l’orgue avec vos pieds
Étudiez Bach si ça vous plait
Mais sachez que depuis cent ans
En long en large et en travers
Qu’il soit minuit, qu’il soit midi
Vous me faites chier, docteur Schweitzer
Il importait que ce fût dit …

Boris Vian, Cantilènes en gelée