Celles qui savent-y-faire _ [Je ne suis pas celle-là.]

[Version 2 : final amélioré]

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Vous rencontrerez parfois, vous rencontrerez souvent,

La fluette fille d’Eve aux yeux cernés et las,

Riche de son regard doux et d’une voix qui murmure,

Pour ne rien dire ou rien que vous ne sachiez déjà,

Pareille au ruisseau sourd, cliché de votre amour,

Qui serpente dans la mousse là-bas au fond des bois.

Je ne suis pas cette fille. Je ne suis pas celle-là.

Vous rencontrerez parfois, vous rencontrerez souvent,

La fraîche jouvencelle, pareille à l’hirondelle,

Petite tête de linotte, et gaie comme un pinson

Dont le fil du discours frisotte et fait des bonds,

Se perd dans les airs en quête d’on ne sait quoi,

Et dont la joue très blanche, au teint parfaitement clair,

Réfléchit une lumière qui ne lui appartient pas

Je ne suis pas cette fille, je ne suis pas celle-là.

Vous rencontrerez parfois, vous rencontrerez souvent,

L’aimable eau stagnante, avec ses airs de vamp,

Ses grands gestes suspendus, et ses cheveux cossus,

Son air de : « pas toucher! » et son pas cadencé,

Elle chantera sûrement une antique ritournelle,

Qui vous donnera des ailes

Mais dont le sens profond lui échappe déjà

Je ne suis pas cette fille, je ne suis pas celle-là

Vous rencontrerez parfois, vous rencontrerez souvent,

La chaste fleur de lys, avec sa belle langue,

Sa joie de pacotille, ses façons policées,

L’aiguille rhétorique, qui vous mord à la glande,

mais tout en négligé, qui sait vous faire valoir

sans vous mettre en danger, et dont la croix au cou

dessine un cœur qui bande

Il semble qu’elle naquit déjà toute habillée,

Je ne suis pas cette fille, je ne suis pas celle-là…

.. ETC.

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