Féminisme vrai (2)

House-Stark

Céans, plutôt que de me répandre en longs discours, je me contenterai de livrer à votre expertise de lecteurs d’élite* une petite curiosité glanée sur le net.

Il faut que vous sachiez qu’il y a, depuis quelques temps, un drôle de young angry white man pseudo-nommé Steppenwolf qui pond sur le CGB des commentaires-fleuves d’un goût très particulier. On apprend sous l’article intitulé Révisionnisme Orgasmique qu’il vient d’ouvrir un blog. Celui-ci ne comporte pour l’instant qu’un seul article, qui concerne précisément le sujet qui nous intéresse, aussi je vous enjoins chaleureusement à aller le consulter : Ici .

Ce sera tout pour l’instant, à vous les studios.

(* je reprends cette terrible expression en la mémoire de quelqu’un que les réacosphériques de moins de 4 ans de blogging ne peuvent pas connaître… ^^)

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Féminisme vrai (1)

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Fut un temps où je m’amusais simplement à écrire ici tout ce que je pouvais croire vrai, à un instant t, rien qu’en interrogeant ma conscience, et sans me soucier de la façon dont cela serait perçu, ou de si les propos que ma conscience allait me pousser à tenir étaient ou non choquants ou même répréhensibles… J’aimais cela : non pas forcément pour l’art d’avoir raison, mais simplement pour celui d’évaluer ma conscience… Je voulais éprouver la qualité morale de ce en quoi mon expérience de la vie m’avait amené à croire… Je voulais voir également si entre les multiples certitudes en apparences opposées que j’avais pu avoir à des époques différentes, en des périodes de temps assez éloignées, je voulais voir s’il n’y avait pas la possibilité d’établir des ponts entre tout ça… Je voulais voir si j’étais vraiment aussi multiple et incohérente que je pouvais le paraître aux yeux de certains – qu’aujourd’hui j’appelle les profanes ^^ – car j’avais l’intuition folle qu’en dépit de mes plusieurs virtualité (et de mon sexe féminin), comme tour un chacun, je n’étais qu’un.

On a donc pu lire autrefois sous ma plume des choses assez provocatrices… J’étais un peu désespérée aussi, j’étais fondamentalement seule – une jeune adulte désœuvrée trainant depuis trop longtemps dans sa chambre d’adolescente – ce qui faisait que je n’avais peur de rien. Je ne demandais alors que des sensations fortes et de l’aventure. Le respect de moi-même était une chose qui ne me touchait pas. Quand on n’a que soi-même sur qui veiller, de qui prendre soin, on est finalement bien peu de choses. Il a fallu que la bonne santé et l’honneur d’autres personnes en viennent à dépendre des miens, pour que je retrouve enfin le sens de ma propre dignité que le désœuvrement et le mépris de moi-même m’avaient fait perdre.

En ce temps-là j’écrivais donc des choses dangereuses. Mais que je m’en foutais ! Vous savez, quand on passe son temps à parler dans le vide à des gens qui n’écoutent pas et qui prennent tout ce que vous dites pour du pipi de chat sans conséquence ni profondeur, la perspective de choquer quelqu’un, ou simplement de provoquer quelque remous, rien que par l’usage du langage, semble une perspective utopique, et même un Graal inespéré.

Récemment j’ai vu dans mes stats qu’il y avait un afflux de lecteurs sur l’un de mes vieux articles. La propriété c’est le viol. Tout d’abord je n’en ai rien eu à foutre, je me suis dit qu’il devait y avoir un troll qui linkait cette page comme un forcené, sur tous ses nombreux comptes Facebook… Dans un premier temps mon orgueil a parlé : « Et puis alors ? Quand bien même ? qu’ai-je à me reprocher ? »… Et puis je suis retournée me lire et j’ai eu honte. Pour ce qu’il y avait d’écrit à l’origine dans ce billet, j’aurais bien pu écoper d’un procès. J’ai imaginé que la personne dont je citais le nom se plaigne et je me suis vue retirer d’office mes propos avec de plates excuses. Je me suis trouvée tellement indéfendable rétrospectivement que finalement j’ai fini par supprimer moi-même l’article sans attendre qu’on ne me le demande. Je l’ai remis en ligne aujourd’hui (quatre années et un jour plus tard très exactement – hasard rigolo) après y avoir ménagé quelque corrections.

Ce n’est pas du tout du fonds de l’article dont je rougis aujourd’hui, mais simplement de l’attaque perfide ad-hominem qu’elle contenait à l’époque. Franchement bas.

En ce qui concerne le sens profonds des propos que je tiens dans ce vieil article, puisqu’à la première lecture ils peuvent paraître un peu sibyllins, je m’en rends compte également aujourd’hui, j’ajouterai qu’il est contenu dans le passage suivant d’un autre de mes billet, intitulé : « C’est l’histoire d’un mec… ou pourquoi les femmes sont aussi bavardes » :

« Elle aurait voulu conclure en disant que tout cela démontrait qu’à l’origine de la recherche du mal en amour, contrairement à ce que croyaient les puritains, il n’y avait non pas l’amour du mal, mais l’amour du bien. Elle aurait voulu faire comprendre cela au monde : que l’amour n’était rien d’autre qu’une quête du sublime, et que le sublime ne pouvait passer que par la conversion du mal en bien, ce pourquoi cette quête nécessitait un passage dangereux, le passage à travers le mal, qui était un peu comme l’épreuve du feu de l’amour, d’à travers laquelle on ne ressortait jamais que cramé ou grandi. Elle aurait voulu tenir un puritain, là, devant elle, en avoir un à sa portée, pour lui expliquer que le mal en tant que tel n’avait jamais eu et n’aurait jamais aucun attrait intrinsèque, et qu’il était donc inutile et malsain de se focaliser sur lui comme sur une entité distincte, possédant sa puissance propre, alors qu’en vérité il tirait toute sa puissance du bien. Mais elle ne put pas faire cela.  »

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Pour approfondir le sujet de ces puritains qui décolorent le monde en noir&blanc, permettez-moi de vous renvoyer à : « Faire le point sur les égorgeurs du Levant« . Je vous copie-colle l’essentiel à retenir de cet article pour bien saisir mon point de vue sur les ferments (diaboliques! ~’*,,*’~) de notre société qui en quelque sorte « légitiment » le viol par derrière, tout en l’interdisant formellement par devant :

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En Occident, il y a des gens bien, […] et puis il y a toute une gangue de merde humaine autour de ceux-là, qui cherche comme une foule de cancres ligués contre une poignée de bons élèves, qui cherche de toutes ses force à les faire taire et à les étouffer. Une gangue composée d’espèces de « sceptiques » jaloux, qui ne vivent que pour prouver que la perfection n’est pas de ce monde, qui n’existent que pour décourager toute personne s’efforçant de faire au mieux, et de devenir meilleure que les autres… Ils agissent ainsi parce que les gens de bien leur font honte, sans doute… honte de leurs propres incapacités, de leurs propres erreurs.

La gangue de ceux qui se confortent les uns les autres dans l’idée qu’on ne peut rien attendre de bon de l’homme, voilà ce qui étouffe les âmes libres qui tentent de conserver leur intégrité.

Voulez-vous savoir quel dogmes par excellence correspondent à cette définition ? Que vous le vouliez ou non, moi je vais vous le dire. Ceux qui par excellence ne veulent pas croire qu’on puisse attendre quelque chose de bon de l’Homme*, ceux qui par excellence sont sceptiques et défaitistes vis-à-vis de l’Homme*, ce sont ceux qui ont en commun de lire la Bible au pied-de-la-lettre : les protestants, les juifs et les musulmans. CQFD.

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*Dans « l’Homme », j’inclus bien sûr la femme, puisque la femme appartient au genre humain.

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Vous remarquerez que la dernière phrase du texte sur les égorgeurs du Levant est un astérisque. Il y a beaucoup plus dans cet astérisque à mes yeux, qu’il n’y paraît aux vôtres. Je pense donc que l’astérisque en question mérite d’être en bonne et due forme développé.

Laissez-moi prendre un exemple médiéval de ce que les_gens(MarqueDéposée) des deux sexes – lectrices auto-proclamées féministes de Elle et Marie-Claire et bons vieux misogynes « à la Zemmour » confondus – tendent habituellement à penser de ce qu’est la femme :

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La bourgeoise de Bath est un des contes de Canterbury (XIVème siècle). Il narre l’histoire d’un chevalier condamné à mort pour avoir violé une jeune fille. Il obtient un sursis pendant lequel il devra découvrir ce que veulent les femmes. Après bien des aventures, il trouve enfin la réponse, les femmes veulent universellement dominer leurs maris et leurs amants :

« (…)Que Jésus nous donne
Des maris dociles, jeunes, actifs au lit,
Et la grâce de pouvoir surenchérir.
Veuille Jésus, aussi, raccourcir la vie
Des maris rebelles au règne de leur femme
Quant aux vieux grincheux, lents à la dépense,
Que Dieu leur fasse vite attraper la peste. »

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Pour ma part, si jamais j’ai le malheur de tomber dans mon entourage sur une femme qui pense de cette façon, je ne la prendrai absolument pas pour une femme libre… mais pour une immonde grognasse.

Les femmes ne sont pas exemptées de se comporter comme des êtres humains, c’est-à-dire de faire preuve de charité et d’empathie. Tout vrai féminisme devrait commencer par là : il ne s’agit pas de dire que les femmes sont des hommes comme les autres au sens où elles doivent porter elle aussi le pantalon, la pipe et la bite, mais au sens où : /On ne naît pas homme, on le devient/.

La phrase de Simone de Beauvoir : « On ne nait pas femme, on le devient. » est un immondice intellectuel sans nom. Elle exclut encore une fois, mine de rien, et sans y paraître, les femmes de l’humanité en supposant que ce que l’on est en droit d’attendre d’elles dans le ciel des idées est ontologiquement différent de ce que l’on est en droit d’attendre dans l’absolu des hommes.

Alors, bien sûr, le fait est que notre société attend des hommes qu’ils se soumettent à qui porte l’argent, à qui porte puissance, à qui consomme le plus et le mieux, et sait offrir les meilleurs accessoires (bling-bling en métal précieux ou bling-bling intellectuel) au statut social qu’il veut pour son égo. Notre société veut ainsi des hommes « libres » qui portent toutes sortes de bijoux (des colliers de chiens) sur lesquels on peut lire leur degré de compréhension amoureuse et soumise au système. Nous vivons dans une société où le winner est celui qui fait sienne – avec émerveillement et joie, s’il vous plaît ! – la devise suivante : « tout se transforme – même les vices et les tares -, tout a un prix – pourvu qu’on trouve acheteur -, tout se consomme – pourvu qu’on en crée le besoin -, tout se vend – le prix se négocie. »

Une femme qui entre dans ce moule a évidemment toutes ses chances de « winner » (verbe transitif). Et il n’est pas faux de dire que les femmes ont des capacités plus grandes que les hommes à entrer dans ce moule par les temps qui courent. La raison n’en est pas bien compliquée : on a ici affaire à un système qui demande des esclaves, c’est-à-dire des gens doués de mentalités serviles. La femme a été habituée à servir l’homme et à être considérée comme une mineure pendant des millénaires (voire des millions d’années) : elle a une facilité plus grande à adopter un esprit servile, c’est-à-dire à soumettre sa dignité et son esprit critique à un maître. Tandis qu’on éduque encore traditionnellement chez nous l’individu de sexe masculin pour qu’il devienne maître de lui-même, doué d’esprit critique et libre.

Dans notre monde, devenir l’égale des hommes, pour une femme, équivaut en gros à accéder à un statut de salarié-consommateur indépendant qui nécessite systématiquement (ou presque) un esprit servile. Or il est bien évident que le philosophe et l’humaniste ne peuvent vouloir pour l’être humain, c’est-à-dire pour l’homme comme pour la femme, d’une telle destinée servile. Ces exigences que ma société a à mon propre endroit, je ne les souhaite pas même à mon pire ennemi, (car elles ne pourraient le rendre que plus méchant).

Lorsqu’un esprit philosophique véritable, un humaniste au sens plein du terme, pose la question suivante : « Que devons-nous attendre des femmes ? », il me semble qu’il ne peut rien vouloir de mieux pour ses sœurs en humanité que de les voir développer elles aussi une certaine élévation intellectuelle et morale, une forme de grandeur dans le courage des idées et la puissance des sentiment, une certaine sensibilité esthétique, un certain sens de la tendresse et de vraies capacités de fraternité vis-à-vis de leurs semblables des deux sexes. Ce qui signifie, dans tous les cas, – et même s’il n’était encore question, pour l’humaniste, de rien de plus que de trouver femme à aimer, à courtiser, à épouser ou à peindre -, qu’on ne peut pas non plus vouloir pour les femmes qu’elle aient un esprit servile. Comme le montre le poème moyennâgeux préalablement cité, l’esprit servile est bas, utilitariste et méchant. Quel homme a-t-il intérêt à offrir son cœur à quelqu’un de vil, de bas, de méchant ? Les gens sans cœur ne savent que faire de celui des autres, et quand il leur est donné loisir de le déchirer ils ne s’en privent jamais.

Ainsi, on ne peut idéalement attendre des femmes autre chose que de leur voir développer à leur tour les qualités de cœur et d’esprit que l’on attend d’ors et déjà des hommes.

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[La suite au prochain article _ celui-là commence déjà à se faire long]

Raiponce à « Talents différents » (lol!)… #la_dépression_chélé_surdoués

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ICI : http://www.talentdifferent.com/la-depression-existentielle-par-james-t-webb-1184.html#comment-21765

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Mais arrêtez de vous la raconter ! Ce sont les gens normaux qui se sentent triste d’apprendre qu’ils vont mourir et que la vie est une chose absurde. Les autres sont les vraies aberration. On a un coeur et une conscience ou l’on n’en a pas. Que cela arrive tôt ou tard dans la vie, j’ai envie de dire, n’est-ce pas un peu la même chose ?

Je plains ces pauvres gosses qui ont une bouche pour dire la vérité et des yeux pour la voir, auxquels on refile toute cette « littérature » pseudo-scientifique de gonzesse farcie de dogmes freudiens, – c’est-à-dire d’a-prioris bourgeois sur lesquels on a fixé les cache-misères d’une novlangue -, des concepts symboliques dignes des heures les plus mystique de l’antiquité babylonienne… Bref je plains ces pauvres gosses qui se retrouvent en situation de devoir accepter la « compréhensivité » forcée de toutes ces femmes savantes, ces bourgeoises à lunettes, qui occupent la plupart du temps les postes confortables de psychologues pour enfants et d’éducatrices.

Mais que ces enfants leur disent une bonne fois pour toutes leurs quatre vérités, à ces réducteurs de tête, et qu’on les laisse à leur mélancolie pleine de sens, si l’on n’a rien à leur proposer en échange que de la « positivité » de mascarade à l’américaine et des solutions made in société du commerce, où tout s’exploite, tout se transforme, tout se vend.

Quand l’âme émet un cri, cela devrait au moins inspirer un peu de recueillement aux moutons qui paissent en paix sur la terre sans jamais se rendre compte de rien. La colère des êtres humains qui ont des yeux pour voir dans ce monde d’aveugles et de borgnes, où tout le monde se trahit sans cesse, se ment, et s’instrumentalise dans la joie et la bonne humeur, devrait au moins être suffisamment respectée pour qu’on ne vienne pas expliquer dans des livres qu’elle est une anomalie, une maladie ou je ne sais quoi de tel.

La supériorité morale est une chose qui existe. Mais nous vivons dans un monde qui entend tout niveler par le bas, c’est-à-dire par les instincts, le bas-ventre, les tripes. Et puis l’on n’a plus le droit de nos jours de prétendre que les gens soient inégaux à la naissance, n’est-ce pas ? Il faut faire comme si tous les êtres humains avaient la même valeur ! A partir de là comment voulez-vous que les êtres supérieurs ne soient pas suicidaires.

On dit : « Mais leur problème est qu’ils ont trop de potentiels, qu’ils ne peuvent pas réaliser tous ces potentiels. Un tel pourrait être peintre, astrophysicien, biologiste, violoniste et acteur, il ne peut pas faire tout ça. » On oublie qu’avec quelques connaissances historiques, on est parfaitement en mesure d’expliquer pourquoi aujourd’hui un Pic de la Mirandole, réunissant tous les savoirs et les savoir-faire de son époque en sa seule personne, est devenu impossible. Cela vient de la nature-même du savoir total dont est de nos jours dépositaire l’humanité : c’est devenu une masse d’informations sans commune mesure avec ce que c’était du temps de la Renaissance. Ce n’est pas la nature des hommes à la Pic de la Mirandole qui a changé, c’est la nature de la matière qu’ils ont à ingurgiter, qui s’est multiplié en quantité dans des proportions dantesques. Nous vivons une ère de l’hyper-spécialisation, ce qui en vient à quasiment interdire l’idéal qu’avait la Renaissance de l’Honnête Homme, ce dépositaire de tous les arts, de toutes les vertus, aussi bien matheux que poète, maîtrisant toutes les règles des proportions du beau classique, aussi bien en sculpture, qu’en peinture, qu’en musique. On pensait en effet du temps de Léonard de Vinci, en accord avec la tradition platonicienne, que le sens esthétique et le sens éthique étaient peu ou prou une seule et même belle chose, ce qui induisait que les meilleurs d’entre les hommes, ceux qui devaient diriger la cité, s’ils étaient doués de courage et de fermeté morale, ne pouvaient pas ne pas également posséder un sens accru du bon et du beau : ainsi, dans une telle vision, l’homme politique, le philosophe, l’auteur dramatique, l’amateur d’art, le théologien, le médecin des corps comme celui des esprits et de l’âme, le connaisseurs des cieux, des sciences naturelles et le poète, ne pouvaient qu’être ontologiquement une seule et même chose… simplement prise en ses multiples virtualités.

Mais nous sommes arrivés aux temps de la science-reine, et les liens sacrés qui tenaient jadis a-priori, dans toutes les sagesses populaires, toutes les sortes de connaissances intriquées entre elles sur le plan du sens (aka : la signification) comme sur celui des sens (aka : l’émotionnel, le domaine sensible), ont été distendus, puis rompus.

On considère aujourd’hui qu’on ne peut pas « sentir » la qualité d’une équation comme on sent l’arôme d’une fleur ou la qualité d’une pièce de chant ou de théâtre, et que le mathématicien est fondamentalement un être froid et absent au monde qui ne peut s’intéresser à la politique. Cela aurait paru absurde aux athéniens antiques, pourtant cette croyance, nous la considérons comme étant notre réalité. [Comme quoi la réalité, les évidences, changent selon les époques.]

Or il advient en effet que nos contemporains matheux, pour l’écrasante majorité d’entre eux, ne s’intéressent selon toute apparence ni à tout ce qui relève de l’éthique ni à tout ce qui de nos jours, dans notre société, est considéré comme relevant de l’esthétique. Mais cela n’est pas du tout parce que les mathématiciens ne seraient pas des personnes sensibles, ou auraient une émotivité gâtée. _ Les autiste, bien souvent, lorsqu’ils sont intelligents par ailleurs, et même surtout lorsqu’ils sont suprêmement intelligents, ne sont pas inémotifs, bien au contraire, ils sont simplement forcés de couper court arbitrairement à leur émotivité dans les cas où elle est ardemment sollicitée par le monde extérieur, parce qu’elle est précisément trop sensible, et qu’elle leur envoie des signaux trop puissants, déchirants car d’une intensité trop forte pour leurs nerfs. _ Cela n’est ainsi que parce que nous vivons dans une société toute névrosée, aux yeux de laquelle le sens des choses a été irrémédiablement morcelé, qui est en deuil du sens de la vie et de la légitimité à être de toute chose, et où l’on refuse à ceux qui ont des sens plus poussés que les autres, qui leur permettent de sentir des vérités inaccessibles aux autres (notamment cette vérité de l’insignifiance de toute chose dans la société matérialiste dans laquelle nous vivons), d’enseigner à la société autrement qu’en se ruinant le moral et la santé psychique dans des activités hyper-spécialisées qui les diminuent, les aliènent et les réduisent à des minuscules petites boites humiliantes, sans commune mesure avec la grandeur de leur être, qui ne demande qu’à s’informer et à nous informer au-delà.

Ce sont des ponts entre les matières, _des ponts !_, dont on a besoin, et non pas encore et toujours de creusements plus profonds, plus spécialisés, plus myopes, donc plus éloignés les uns des autres, à l’intérieur de matières anciennement sœurs qui ne communiquent désormais jamais plus entre elles.

Contre la musique

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JULES RENARD _ JOURNAL (19 mars 1895) :

Chez Claudel, dîner et soirée fantômatique. Sa sœur me dit :
— Vous me faites peur, monsieur Renard. Vous me ridiculiserez dans un de vos livres.
Son visage poudré ne s’anime que par les yeux et la bouche. Quelquefois, il semble mort. Elle hait la musique, le dit tout haut comme elle le pense, et son frère rage, le nez dans son assiette, et on sent ses mains se contracter de colère et ses jambes trembler sous la table.
Atelier traversé de poutres, avec des lanternes suspendues par des ficelles. Nous les allumons. Des portes d’armoires que Mlle Claudel a plaquées contre le mur. Des chandeliers où la bougie se plante sur une pointe de fer et qui peuvent servir de poignards, et des ébauches qui dorment sous leur linge. Et ce groupe de la valse où le couple semble vouloir se coucher et finir la danse par l’amour.
Je n’ai pas entendu un mot de ce que disait la mère. Et, pourtant, à chacune de nos paroles elle répondait, faisait sa petite réflexion pour elle seule, ou poussait un soupir.

Et le musicien(1) qui a vécu deux ans avec Claudel, et qui vient seulement d’apprendre que Claudel est un littérateur ! Presque un vieillard, aux cheveux rares, sans crâne, et doux, et bien élevé, qui vous serre les mains comme s’il voulait d’un seul coup prendre possession de toute votre sympathie. Il ne se fait pas prier pour jouer. Il attendait. Son violon dort au chaud dans des coussins brodés de palmes. Et il joue sans pose, les yeux fermés. Après un morceau, il dit : « Qu’est-ce que je vais vous jouer maintenant ? » Quand visiblement nous sommes un peu las, il dit : « Faut-il le remettre? », avec un air de dire : « Il faut donc le remettre ! »

Comparaison entre la musique et la littérature. Ces gens voudraient nous faire croire que leurs émotions sont plus complètes que les nôtres. Nous éprouvons tout ce que vous éprouvez, plus… Plus quoi ? Un petit plaisir sensuel, la griserie que donnerait un verre d’alcool. J’ai peine à croire que ce petit bonhomme à peine vivant aille plus loin, dans la jouissance de l’art, que Victor Hugo ou Lamartine, qui n’aimaient pas la musique.

(1)On ne sait pas de qui il s’agit, nulle part auparavant il n’a été question d’un musicien. Encore un passage caviardé par la jalouse Marinette, sans doute.

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GONCOURT _ JOURNAL, tome 2. (1891 ) :

De , Gautier saute à la critique de la REINE DE SABA. Et comme nous lui avouons notre complète infirmité, notre surdité musicale, nous qui n’aimons tout au plus que la musique militaire : « Eh bien ! ça me fait grand plaisir, ce que vous me dites là… Je suis comme vous. Je préfère le silence à la musique. Je suis seulement parvenu, ayant vécu une partie de ma vie avec une cantatrice, à discerner la bonne et la mauvaise musique, mais ça m’est absolument égal…»

« C’est tout de même curieux que tous les écrivains de ce tempsci soient comme cela. Balzac l’exécrait. Hugo ne peut pas la souffrir. Lamartine luimême, qui est un piano à vendre ou à louer, l’a en horreur… Il n’y a que quelques peintres qui ont ce goût. »

 « En musique, ils en sont maintenant à un gluckisme assommant, ce sont des choses larges, lentes, lentes, ça retourne au plainchant… Ce Gounod est un pur âne. Il y a au second acte deux chœurs de Juives et de Sabéennes qui caquettent auprès d’une piscine, avant de se laver le derrière. Eh bien ! c’est gentil ce chœur, mais voilà tout. Et la salle a respiré et l’on a fait un ah ! de soulagement, tant le reste est embêtant… Verdi, vous me demandez ce que c’est. Eh bien ! Verdi, c’est un Dennery, un Guilbert de Pixerécourt. Vous savez, il a eu l’idée en musique, quand les paroles étaient tristes, de faire trou trou trou au lieu de tra tra tra. Dans un enterrement, il ne mettra pas un air de mirliton. Rossini n’y manquerait pas. C’est lui qui, dans SÉMIRAMIDE, fait entrer l’ombre de Ninus sur un air de valse ravissant… Voilà tout son génie en musique, à Verdi. »

Faire le point sur les égorgeurs du Levant, _ puisqu’il le faut.

Lu chez Woland :

Si H. L. Mencken avait su…

J’étais sur le point de remplacer la devise de ce blog par cette citation de Mencken que j’aime beaucoup et qui dit « tout homme normal doit, parfois, être tenté de se cracher dans les mains, de hisser le drapeau noir et de commencer à trancher des gorges »… Je me suis ravisé en réalisant que c’est exactement ce que les petits rigolos de l’Etat Islamique font.

Ils nous auront vraiment tout salopé ces enfoirés.

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Oui mais ils tranchent quelles gorges, ces débiles-profonds ? Les gorges de leurs pauvres, de leurs faibles d’esprits, de leurs coreligionnaires, des petits commerçants qui ouvrent leur devanture le mauvais jour, des dubitatifs de passage qui ont posé la mauvaise question, des bonnes femmes qui vont le nez au vent, qui sont tenues coupables d’avoir été désirées, de gens qui n’ont rien fait à part leur disconvenir ou désobéir à je ne sais quels préceptes religieux aberrants de leur cru… des préceptes au demeurant que je vois bien évoluer toutes les semaines en pire, au gré des décisions toujours plus arbitraires du Calife…

Qui sont ces égorgeurs du Levant ? Des gens qui veulent être Saigneurs à la place des Saigneurs, Tyrans à la place des Tyrans, Calife à la place du Calife, mais qui ne remettront jamais en cause l’injustice des mauvais gouvernements, ni la tyrannie en elle-même et pour elle-même.

Qu’ont-ils donc en commun avec nos révolutionnaires français ? – Nos révolutionnaires ont certes commis des crimes monstrueux, ils se sont certes vautrés dans le sang, mais souvenons-nous tout de même qu’ils l’ont fait mus par des intentions qui en grande partie étaient bonnes – et même naïves. Certes, l’enfer est pavé des bonnes intentions. Ça ne veut pas dire pour autant qu’il ne faille plus n’en avoir que de mauvaises…

Ces gens-là, au Moyen-Orient, lèvent le drapeau noir au nom de Dieu et contre l’humanité elle-même, au mépris de l’humanité qui est à l’intérieur d’eux-mêmes. Ils ne le font pas au nom de celle-là !

Que vaut-il mieux, des gens qui nient la possibilité-même de l’humanisme ? Ou des petites gens qui, à l’image de la grenouille, ayant à un moment donné voulues se faire plus grosses le bœuf, s’étant laissés aveugler par la lumière brillante mais trompeuse de concepts philosophiques très pointus – trop pointus pour eux -, en sont venus à commettre l’irréparable pour la seule dérisoire raison qu’ils avaient à un moment donné développé un espoir fou : rendre immédiatement le monde plus fraternel, plus juste, plus généreux, meilleur ?

Les islamistes sont des gens de l’obscurité, des obscurantistes, pas des partisans de la Lumière… ils ne se battent pas pour découvrir la vérité sur quoi que ce soit : pour eux il n’y a rien à découvrir, leur vérité étant une vérité révélée. Ils se moquent bien de ceux qui argumentent posément de ce qui est vrai et de ce qui est faux.

Il n’y aura jamais d’argumentaire qui tienne fasse à ces gens qui sont des brutes d’avant-la-parole.

Ces gens sont des gens qui croient qu’on peut avoir raison sans jamais réfléchir, ni réactualiser sa pensée, ni se poser des questions nouvelles : mais uniquement en suivant des règles (parfois totalement floues, et cependant indiscutables), écrites (mais mal écrites) dans un vieux livre à auteurs multiples qui ressemble à un patchwork, et dont la plupart des soit-disant vérités-révélés demeurent (pour les esprits encore vivants) sujettes à interprétations.

Ces gens ne vivent pas dans le réel mais dans un livre. Ils appartiennent aux origines obscures du monde, où la peuple n’écrivait pas, mais pensait que « tout était écrit ».

Ils ne veulent pas de la civilisation : ils combattent la civilisation. Ils ne veulent pas du progrès : ils croient toute possibilité de progrès humain impossible. Pourtant l’Histoire leur démontre qu’ils ont tort.

L’homme s’est parfois montré capable, au moins à échelle individuelle, d’échapper à sa « nature » profonde, qui était basse, et d’accéder à un vrai et moral libre-arbitre, de faire preuve de grands actes de bravoure sacrificiels et de grande générosité. L’homme est capable de travailler sur lui-même et d’accéder à un sentiment aigu de ce que serait une vraie noblesse d’âme !

Or ces gens et leur dogme religieux n’exploitent rien de ce qui est potentiellement grand, beau et généreux en l’homme, ils n’exploitent aucunement sa volonté de bien-faire : ils n’exploitent que ses pulsions les plus meurtrières et les plus mortifères. Ils n’exploitent en l’intellect-même de leurs partisans aucune véritable qualité : ils demandent uniquement à leurs plus grands supposés « savants » et à leurs étudiants les plus assidus, de faire preuve d’une infinie soumission à la « Vérité Révélée », c’est-à-dire qu’ils ne leur demandent rien d’autre que la servilité intellectuelle la plus crasse.

Quel rapport y-a-t’il entre eux et le Waldgänger qui, persécuté par un monde de faux-semblants où des illusions dangereusement spirituelles se font passer pour la Vérité (où même des illusionnistes retirent son droit de Cité à la Vérité, par pure vanité, par pure envie), se réfugie dans l’ombre pour y préserver de la vulgarité générale, de la méchanceté, une Connaissance supérieure, inaccessible au vulgus pecum bestial ?

Quel rapport y-a-t’il entre le djihadiste et le Loup des Steppes de Hermann Hesse ? L’un veut tout saloper à n’importe quel prix… Quand l’autre ne sait juste comment sauvegarder ce qu’il a de plus précieux – sachant que tout ce qui est vraiment précieux est vulnérable et fragile ! – et s’arme comme il peut contre une meute de moutons anthropophages qui l’assiège. Des millénaires d’évolution les séparent !

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Lu chez Culturalgangbang :

Le porno de masse

Le porno, aujourd’hui, ne sert plus à bander mais à ricaner, à discuter, à socialiser… ou à faire de l’art. Sorti du placard où l’on planquait les cassettes VHS, il est partout et n’est plus choquant, ni transgressif, ni même excitant… il a tristement envahi le quotidien pour devenir « amusant ». On en rit à une tablée de collègues, hommes et femmes confondus, sans que gêne ou confusion n’affleure.

Le porno est devenu inoffensif, c’est-à-dire normal. Il faut en rire, et notamment avec les femmes. Personne ne doit s’en offusquer. Surtout pas elles. Et alors qu’elles se disent « blessées » par une publicité de femme-objet ou « outrées » par les conceptions d’un Zemmour, elles ne doivent pas voir comme oppressant qu’un collègue mâle leur mette sous le nez une vidéo où elles avalent un pénis jusqu’à la garde.

A l’heure de l’égalité des sexes, l’homme et la femme font partie de la même bande d’amis, boivent des bières ensemble et sont en quelque sorte de simples « potes » qui baisent… Alors pourquoi pas partager le hard ?

[…]

La diffusion générale du porno doit permettre à ces femmes d’intéruioriser ce qu’il convient d’offrir aux hommes. L’environnement imprégné de porno exerce une certaine pression sociale pour se normaliser. A la fin, l’homme de Cro-Magnon n’aura plus à traîner la femme par les cheveux pour l’emmener satisfaire ses envies : c’est elle qui lui tendra sa crinière. Elle se comportera comme une traînée pour mieux ressembler à Rihanna.

Mais bien sûr, ne le dites pas : vous seriez affreusement pudibond, puritain, moralisateur… Voire même on vous reprocherait de vous mêler des affaires des autres. Chacun est libre. Si vous n’aimez pas, vous n’avez qu’à ne pas regarder.

Porno grand public. Porno de masse. C’est cela qui menace la dignité et le respect de la femme, bien plus que le port du voile ou le sexisme soi-disant omniprésent.

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« Porno grand public. Porno de masse. C’est cela qui menace la dignité et le respect de la femme, bien plus que le port du voile ou le sexisme soi-disant omniprésent. »

D’accord pour dire que le sexisme est loin d’être omniprésent dans notre société. Même si par bien des aspects, bien des féministes sont misogynes, car elles (et ils) détestent profondément la féminité (et même en ont peur). Le féminisme pèche en ce qu’il équivaut souvent à une haine de la féminité à l’intérieur de la femme, et à une politique systématique d’éradication d’icelle, dans une perspective de « virilisation » et d’endurcissement de l’individu féminin. Les féministes sont rarement des gens très sentimentaux, vous observerez par vous-même… Bien des hommes ayant une certaine façon-de-voir puritaine, bien des hommes ayant peur de la féminité, ayant été élevés comme pour faire de bons petits curés, trouvent leur compte dans le féminisme, qui peut être employé par eux comme une façon d’ « hygiéniser » la femme en la rendant plus semblable à l’homme, donc perçue par eux comme moins « dangereuse ».

En réalité les hommes (des manipulateurs et des faibles, en général) qui ont peur de la Femme et qui ne demandent qu’à l’assujettir et à la museler pour qu’elle prenne moins de place, trouveront toujours une façon d’arriver à leurs fins. Le féminisme est pour eux une arme supplémentaire. Hier en Occident; les femmes étaient assujetties surtout physiquement à la « loi du phallus » (mais on peut dire sans risque de se tromper qu’en leur for intérieur beaucoup étaient plutôt libres – car elles se savaient dans les fers). Aujourd’hui, un nombre considérable d’entre elles le sont psychiquement, car elles identifient mal où se trouvent les sources réelles de leurs diverses aliénations – le plus souvent elles participent elles-même activement à ces divers dogmes qui les aliènent – et d’autant qu’elles ne se méfient pas, car elles se croient libres (la bonne blague!).

C’est à l’aune de telles constatation que certains musulmans prétendent que le voile « libère » la femme. Une telle affirmation peut paraître idiote à première vue, c’est-à-dire vu de l’extérieur, mais il faut rendre à César ce qui lui appartient, il y a tout de même une logique interne à l’œuvre là-dedans. Les musulmans font partie de ces hommes à la fois « manipulateurs et faibles » qui ont peur de la femme, car ce sont (tout comme les protestants et les juifs) des puritains, des gens avides de pureté, qui cherchent à « hygiéniser » la vie. Leur solution pour remédier à leur peur de la féminité est toute simple : considérant que la féminité est dangereuse pour l’homme et par extension pour la société, c’est-à-dire qu’elle est à proprement parler un « monstre », ils ont décidé qu’il valait mieux éviter de la « monstrer » en place publique, où de toute façon elle était en danger de mort, car exposée à la juste vindicte des hommes et de la société, et qu’il valait mieux à tout prendre, pour lui conserver une existence, la « mettre à l’ombre », la cacher, comme on cache un produit toxique dans un bocal ou comme on cache dans des vêtements ses parties intimes. En quelque sorte, le musulman dit aux femmes : « Pour vivre heureuses, vivez cachées ».

Si le musulman avait raison, il devrait s’ensuivre une chose toute simple : ses femmes non seulement devraient être effectivement heureuses, mais aussi et surtout (ce dont serait assez facile de s’assurer à mon avis si c’était effectivement le cas), devraient être des parangons de féminité. Selon le principe du musulman, sa femme, en étant conservée « intacte » dans sa féminité sous le voile, est censée être plus ontologiquement « Femme » que la femme-qui-fait-l’homme de l’Occident. Or, que voit-on, lorsque les « voilées » s’expriment ? On voit des femmes qui n’ont pas l’habitude peut-être de soigner leur apparence et de se surveiller en public, en tout cas des femmes en général très arrogantes, avec des voix de crécelles, parlant fort et ne sachant pas se tenir, disant tout haut sans pudeur certaines choses fort intimes ou susceptibles de choquer ou blesse… C’est là mon œil d’observateur qui transcrit ses sensations, rien de plus. Mais je fais confiance curieusement à mon œil d’observateur.

La vraie féminité épanouie, supposément « dangereuse », si elle existe et n’est pas qu’un mythe, il faudrait sans doute se la représenter sous la forme d’une odalisque au bain : cette rêverie d’Orient typiquement romantique de chez nous. … Indolence, douceur, « eau qui dort », esprit à-demi ensommeillé, présence presque surréaliste d’un rêve en marche lente, aimable félin aux griffes rentrées, fille de Poséidon en liaison directe et involontaire avec des forces primordiales qu’il faut flatter pour ne pas qu’elles se déchaînent…

Depuis quand n’a-t-on pas vu venir d’Orient ce genre de fille-là ?

Le voile islamique ne semble donc non seulement pas une solution, mais plus encore il semble bien être un mensonge lui-aussi. Une hypocrisie de plus au service de la haine et de la vantardise des idéologues.

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Voulez-vous savoir ce qu’est le mal de l’Occident ?

En Occident, il y a des gens bien, il y a des gens qui ne demandent qu’à apporter leur humble petite contribution, à apporter leur petite pierre à l’édifice civilisationnel, pour la beauté du geste, et par foi en la civilisation, il y a des gens qui pensent bien et droit, qui aiment le bon-sens, sans arrière-pensée, qui ne sont mus que par des bonnes intentions et qui réfléchissent toujours aux conséquences de leurs pensées et de leurs actes.

Et puis il y a toute une gangue de merde humaine autour de ceux-là, qui cherche comme une foule de cancres ligués contre une poignée de bons élèves, qui cherche de toutes ses force à les faire taire et à les étouffer. Une gangue composée d’espèces de « sceptiques » jaloux, qui ne vivent que pour prouver que la perfection n’est pas de ce monde, qui n’existent que pour décourager toute personne s’efforçant de faire au mieux, et de devenir meilleure que les autres… Ils agissent ainsi parce que les gens de bien leur font honte, sans doute… honte de leurs propres incapacités, de leurs propres erreurs.

La gangue de ceux qui se confortent les uns les autres dans l’idée qu’on ne peut rien attendre de bon de l’homme, voilà ce qui étouffe les âmes libres qui tentent de conserver leur intégrité.

Voulez-vous savoir quel dogmes par excellence correspondent à cette définition ? Que vous le vouliez ou non, moi je vais vous le dire. Ceux qui par excellence ne veulent pas croire qu’on puisse attendre quelque chose de bon de l’Homme*, ceux qui par excellence sont sceptiques et défaitistes vis-à-vis de l’Homme*, ce sont ceux qui ont en commun de lire la Bible au pied-de-la-lettre : les protestants, les juifs et les musulmans. CQFD.

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*Dans « l’Homme », j’inclus bien sûr la femme, puisque la femme appartient au genre humain.

Raiponce à Marylin

—> Lettre de Marylin Monroe a son psychiatre Ralph Greenson : « Il faudrait que je sois cinglée pour me plaire ici ! » [A lire]

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Elle était intelligente, mais pas encore assez pour s’en sortir…

Je ne parle pas de la dépression, mais de l’emprisonnement.

La dépression dans son cas était un état de tristesse qui avait largement assez de causes objectives extérieures pour qu’on la considérât simplement comme une preuve de sensibilité et de délicatesse morale :

– divorces à répétition, relations « faussées » (faussées à la base par son statut de star et de sex-symbol) avec beaucoup trop de gens, trahisons répétées dans un milieu du cinéma évidemment rempli de maquereaux et de mentalités de putes, recherche de l’amour se soldant systématiquement par de la baise sordide, pervers visqueux à tous les étages usant et abusant d’elle, qui plus est avec mépris, absence d’empathie totale de la société toute entière, toutes classes sociales confondues, vis-à-vis de sa personne une fois qu’on l’eût mise sans recours possible sur un piédestal (partout l’Envie et la pudibonderie hypocrite se mêlant irrésistiblement à l’admiration), cela engendrant chez elle une solitude métaphysique qu’auraient sans difficulté pu expliquer n’importe quel citoyen grec antique se rendant régulièrement au théâtre, mais que refusaient d’admettre les psy (pour des raisons de nature purement idéologique), un statut de « monstre sacré », enfin, qui aurait été proprement déroutant pour n’importe quelle personne normalement constituée, sachant que lorsqu’on la traitait comme une malade, on la traitait à proprement parler comme si elle avait été un monstre, et que lorsqu’on s’adressait à elle comme à l’actice et au sex-symbol, on lui laissait accroire qu’elle était une déesse.

Enfin bref. Il était finalement assez facile de voir, à l’aune de tout cela, que les psy qui la soit-disant soignaient n’étaient que de sales types (je dirais même plus : de sales bourgeois visqueux) entièrement façonnés par une culture et des croyances (aka principalement le puritanisme américain) qui les rendaient délibérément aveugles à quelque chose qui aurait crevé les yeux de n’importe quelle personne honnête. Ce pourquoi, en attendant de rencontrer cette hypothétique personne honnête, au lieu de se poser des questions métaphysiques sur l’expression d’inquiétude – lisible ou non, qu’importe ! – sur la vilaine face de bourgeois et de névrosé de Freud, Marylin aurait dû admettre une bonne fois pour toute que là où elle était personne ne lui voulait de bien, et que l’heure était venue non pas de réagir en humaniste outragée mais d’échafauder un plan d’évasion. En effet, là où elle était, il était facile de voir qu’il ne servait à rien de crier à l’aide, de chercher de la compréhension du côté de ses maquereaux, ou encore de crier haut-et-fort « J’ai des droits ! » à des gens qui allaient simplement réagir à ses cris en l’enfermant, en la ligotant, en la droguant, voire – allons-z-y ! -, si elle insistait de trop, en lui cramant le cerveau aux électrochocs… Quant à vouloir de toute force, dans sa situation, continuer de trouver des circonstances atténuantes à ses geôliers et ses bourreaux… cela, de la part d’une personne intelligente, est une chose que je ne comprendrai jamais ! Que ses psy aient eu des bonnes intentions à la base (mais l’enfer est pavé des bonnes intentions ! – les médecins de l’époque de Molière ne croyaient-ils pas aux vertus de leur médecine?) ou encore qu’ils aient soigné d’autres personnes qu’elle (mais qu’importe le bonheur des autres dans une telle situation ?), franchement que cela pouvait-il bien faire dans la mesure où elle jouait sa vie ? On juge un arbre à ses fruits. Dans certains cas, la compréhension à l’égard du mec qui vous surveille depuis un mirador ne peut avoir qu’une seule utilité : endormir sa surveillance, lui être sympathique et le convaincre que vous êtes digne de réintégrer l’humanité. Y’a un moment où il ne s’agit plus de jouer les divas, mais de fermer sa gueule, de sourire d’un sourire triste et charmant, de remettre les questions métaphysiques à plus tard et de préparer en secret un kit de secours (c’est-à-dire comme dans la jungle, une bite et un couteau). Rien que pour se dégager le plus rapidement possible des griffes de ces espèces de nazis auxquels elle avait affaire et de la chausse-trappe labyrinthique qu’on lui tendait, elle aurait dû jouer le rôle de sa vie : c’est-à-dire le rôle de celle qui pleurniche pour des choses pas si importantes que ça en fait, qui va se remettre doucement, qui est en train de se « reconstruire », bref, de celle qui : « se sent déjà beaucoup mieux, merci! ».

A présent, une petite réflexion de fond, si vous le voulez bien :

Est-il « normal » ou non d’être triste à cause d’une peine de coeur ? Réponse : non ce n’est pas « normal », dans le sens où l’amour est un genre de folie – mais nos existences procédant elles-même d’actes d’amours entre des hommes et des femmes, l’existence n’est-elle pas une folie ? – Ceci, on l’apprend non pas en lisant Freud mais en lisant l’Eloge de la Folie d’Erasme.

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« Ouin ouin ouin, sauvez-moi, je suis trop triste d’être une esclave sexuelle, c’est pas normal d’être triste comme ça d’être une esclave sexuelle…ouin-oui-ouin faut qu’on me soigne, c’est pas normal, je devrais pas pleurer tout le temps ! »

Ben… si, en fait.

Pleurer comme une Madeleine

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Ce sont les autres, là, celles qui se prostituent, qu’on traite comme de la merde, et à qui ça ne fait rien, et qu’en redemandent… ce sont celles-là qui ne sont pas normales.

Ces autres, là, à qui ça ne fait ni chaud ni froid de baiser sans amour et qui ne se sentent jamais trahies parce qu’elles ne savent même pas ce que c’est que de s’attacher à quelqu’un, ces autres-là ce sont des psychopathes. Mais des vraies, hein. Au sens psychanalytique du terme, elles en ont tous les traits. Elles ont le même profil psy qu’un tueur en série : absence d’empathie et cet espèce de narcissisme reptilien très-caractéristique des personnes qui adorent se regarder dans la glace mais qui n’ont absolument aucun sentiment de leur dignité par ailleurs. Elles font partie de cette catégorie d’individus louches qui ordinairement font tout pour soigner et bichonner leur petite personne et lui réserver la meilleure place dans le monde, et cependant qui, s’ils se retrouvent hors du cadre mondain, en piteuse position, humiliés ou coupables de quelque chose, tant que personne ne les a vus faire, tant que personne ne les pointe du doigt ou ne le leur fait remarquer, ne ressentent ni honte ni remords, – comme si dans ce cadre-là, leur moi, c’est-à-dire, leur conscience d’être des personnes à part entière, avec des droits, une dignité et une sensibilité, avait totalement disparu.

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Regarder un arbre tout déplumé et penser à soi, et penser qu’on se dirige comme lui doucement vers la mort, et sentir couler une larme à cause de ça, c’est exactement l’inverse. C’est exactement l’inverse de la psychopathie.

Alors, je pose la question, que demandent-ils, les psy, à leurs patients « dépressifs » qui ont toutes les raisons dans leur vie de merde d’être tristes à pleurer ? Que leur demandent-ils sinon, en tuant le Spleen, de tuer leur sensibilité et le sentiment de leur dignité ? Que leur demandent-ils, sinon de ne plus se souvenir qu’être quelqu’un de bien, c’est être quelqu’un qui souffre de la condition humaine ?

La seule vision d’un Christ peut vous aider à vous rappeler de ça quand les psy tentent de vous le faire oublier…. hum.

Trouvez-vous étonnant que notre société crée des psychopathes ? Moi non.

Je sais comment on s’y prend pour persuader les gens qu’ils ne doivent plus être empathiques ni non plus s’attacher aux êtres qui les entourent.

Le pire c’est que c’est contagieux : allez vivre, lorsque vous avez un petit cœur tout bleu, au milieu de ces gens endurcis par la méfiance et même l’agressivité larvée que notre société commande à l’égard du prochain… Allez-donc vous attacher à ces êtres qui sont des crocodiles !

« C’est l’histoire d’un mec… » ou pourquoi les femmes sont aussi bavardes

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C’est l’histoire d’un petit jeune homme blanc très-énervé qui dit à une jeune fille qu’il ne croit plus à l’amour depuis qu’il a vu tant de jeunes filles pures craquer pour des salauds. Il dit que c’est toujours la même chose, que dans une soirée où il n’y a supposément que des jeunes filles modèles qui se présentent elles-mêmes comme des parangon de vertu, c’est toujours le plus salaud qui rafle la mise. Il dit que pour se taper les meufs les plus désirables et qui ont reçu la meilleure éducation, il suffirait finalement de se faire passer soi-même pour un salaud ou de se conduire comme un proxénète.

La jeune fille lui répond que c’est vrai, que c’est très-finement observé, mais que même si l’observation recouvre des faits impossibles à nier, elle sous-tend des réalités qui ne sont pas forcément visibles à première vue. Elle compare notamment cela avec la pyramide de Maslow, elle dit que la pyramide de Maslow recouvre une réalité sociale observable mais qu’elle ne permet nullement d’expliquer les ressors secrets qui la sous-tendent. Elle dit que la pyramide de Maslow ne fonctionne que si l’on admet paradoxalement que ce que l’homme va chercher tout-en-haut (à savoir un peu d’amour, la confiance en lui-même et le fait d’être épanoui), il en a d’ors et déjà besoin pour décrocher ce qui est tout-en-bas, à savoir un pauvre job. Le petit jeune homme dit à la fille de revenir au sujet, et que si elle se perd dans les digressions, on ne va jamais en finir. Elle demande : « Pourquoi en finir? » ; il réplique : « Revenons-en au fait, s’il te plait ! ». Elle s’exécute. Elle dit au petit jeune homme que même si ce sont effectivement les jeunes filles qui ont reçu la meilleure éducation ou qui ont la sensibilité la plus délicate qui vont vers les mecs qui ont une mentalité de proxénète, ce n’est pas pour autant pour les raisons que l’on croit. « Les raisons que l’on croit », dit la jeune fille, ce sont les raisons habituelles qu’invoquent les puritains, les Ayatollah ou les Rabbins pour rabaisser et moquer les femmes désirables, à savoir : « les jeunes filles belles et intelligentes sont vaniteuse et leur vanité les pousse à la luxure – elles doivent se prémunir de la luxure et de la vanité ».

A ce stade de sa démonstration, la jeune fille prévient le jeune homme que la suite de son discours va lui paraître extrêmement féministe, mais qu’elle ne se sent pas particulièrement féministe pour autant, bien au contraire même. Elle explique au jeune homme qu’elle est persuadée que ce vieux discours des puritains est un discours qui a été conçu en des temps archaïques par des hommes qui voyaient dans la femme une altérité absolue, et à cause de cela ne parvenaient pas à s’identifier aux femmes comme ils l’auraient fait vis-à-vis d’autres hommes, lorsqu’ils essayaient de dresser leur portrait psychologique. Ce pourquoi leurs analyses relatives aux motivations secrètes des femmes relèvent selon elle du pur et simple préjugé et sont à proprement parler des erreurs de psychologie. La jeune fille alors développe ainsi son argumentaire, elle dit que les femmes belles et désirables ne sont pas plus prompte à la vanité que la moyenne, car dans vanité il y a « vain », or celui qui est vain est celui qui se prend pour ce qu’il n’est pas. Celle qui se prend pour belle et qui est belle, ne ment pas, ni ne se trompe. Tout juste peut-on dire qu’elle est fière de sa beauté. Mais sa beauté n’est pas une vanité : c’est un fait. Les puritains sont bien placés pour le savoir, eux qui sont obsédés par ce fait-là.

Elle explique enfin que si les femmes hautement désirables, et donc qui sont désirées par un grand nombre d’hommes, vont plus souvent vers les hommes qui donnent l’impression de les respecter moins, c’est tout simplement parce que ces hommes qui ne respectent pas les femmes respectent encore moins celles qui sont laides. Ainsi, les laides n’ont aucune chance de les conquérir et de les faire changer d’avis relativement à leur valeur intrinsèque. Les laides ont toujours plus de chance auprès des hommes doux et civilisés. Tandis que les femmes belles se voient pour ainsi dire toutes désignées par la nature pour (en quelque sorte) « convertir » ces hommes qui méprisent les femmes et les rabaissent, à la cause qui leur est la plus chère, la Cause Féminine. C’est dans cette optique, dit-elle, que l’on pourrait expliquer le fait qu’Aphrodite se soit acharnée à faire tomber Phèdre amoureuse de son beau-fils, le fier, indompté Hippolyte, qui n’aimait pas les femmes. Aphrodite se sentait probablement offensée, à titre personnel, de l’air altier que ce jeune homme adoptait en présence de la beauté des femmes et du mépris qu’il en avait. Elle avait une revanche à prendre sur son mépris, en quelque sorte.

Le jeune homme écoutait la jeune fille et ne pipait mot. En effet, non seulement la jeune fille était belle, mais elle parlait d’amour et elle en parlait bien. Il lui proposa un autre verre de vin, qu’elle but. Elle était déjà à moitié grise, avec ce verre de plus elle le fut tout à fait.

La jeune fille voulait conclure sur quelque chose de très fort, sur quelque chose de très intelligent…

Elle aurait voulu conclure en disant que tout cela démontrait qu’à l’origine de la recherche du mal en amour, contrairement à ce que croyaient les puritains, il n’y avait non pas l’amour du mal, mais l’amour du bien. Elle aurait voulu faire comprendre cela au monde : que l’amour n’était rien d’autre qu’une quête du sublime, et que le sublime ne pouvait passer que par la conversion du mal en bien, ce pourquoi cette quête nécessitait un passage dangereux, le passage à travers le mal, qui était un peu comme l’épreuve du feu de l’amour, d’à travers laquelle on ne ressortait jamais que cramé ou grandi. Elle aurait voulu tenir un puritain, là, devant elle, en avoir un à sa portée, pour lui expliquer que le mal en tant que tel n’avait jamais eu et n’aurait jamais aucun attrait intrinsèque, et qu’il était donc inutile et malsain de se focaliser sur lui comme sur une entité distincte, possédant sa puissance propre, alors qu’en vérité il tirait toute sa puissance du bien. Mais elle ne put pas faire cela. Elle ne put pas expliquer tout cela au jeune homme. Et il ne le comprit jamais. Car elle était déjà embrassée.

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C’est l’histoire d’un écrivain réac qui pense qu’il lui suffit de jouer les salauds pour se faire plein d’admirateurs. Une fois qu’il y est parvenu, il tombe en dépression. Il pense que c’est la preuve de quelque chose de très grave : que le monde est injuste et que les salauds raflent toujours la mise, comme si la vie entière n’était qu’une vaste partie de poker pleine de brigands. Il n’a pas compris que cela pouvait potentiellement prouver l’inverse : que tous ses admirateurs étaient des gens qui étaient prêts, si nécessaire, à se rendre au plus profond du noir de l’enfer, pour embrasser le Malin sur la bouche, afin de le ramener dans l’humanité et de le rédimer. Hélas, comme il n’a pas compris cela, il s’est suicidé.

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C’est l’histoire d’un chef d’entreprise qui a toujours fait confiance au système dit de la « pyramide de Maslow ». Pour lui, il s’agit d’un système imparable. Dans ce système, il est admis qu’on doive d’abord se soucier de ses propres besoins élémentaires et que les besoins liés à l’estime de soi et à l’amour viennent ensuite. L’individu qui n’a pas de toit au-dessus de sa tête ou n’est pas indépendant du point de vue de ses besoins élémentaires, ne doit donc, selon cette hiérarchisation-là des besoins, pas espérer qu’en l’état, on l’aime et on le respecte. Il doit d’abord subvenir seul à ses besoins physiologiques avant de mériter davantage. Arbeit Macht Frei, ensuite on verra.

Exemple :

Monsieur C. Baudelaire, actuellement sans emploi, trouvé hier dégueulant le vin d’autrui dans le caniveau, a été mis sous tutelle : selon la pyramide de Maslow, il ne mérite pas d’être admiré et ne doit pas chercher à être admiré tant qu’il est à la charge d’autrui.

pyramideNotre chef d’entreprise rencontre une mère de famille. Cette dame, mère au foyer, lui fait remarquer la chose suivante :

Il faut bien commencer par aimer les enfants, car c’est cela qui leur donne de l’estime pour eux-mêmes. Or c’est à la condition seule qu’ils aient un peu d’estime pour eux-mêmes, qu’ils trouvent la force (et le plaisir!) de se rendre utile lorsqu’on le leur demande, de se défendre lorsqu’on les agresse et même de manger. Il arrive fréquemment que les enfants qui se sentent mal-aimés refusent de se nourrir, cela arrive notamment aux petits veaux lorsque leur mère ne s’occupe pas d’eux à la naissance. De même, les enfants qui n’ont pas suffisamment confiance en eux-mêmes ne se défendent pas bien, lorsqu’ils sont victimes de mauvais traitements de la part de leurs petits camarades. Cela, ce sont des faits. On ne peut paradoxalement pas élever des enfants en leur disant : « fais bien ton travail, ainsi je t’aimerai » ou encore « mange bien ta soupe, sinon je ne te donnerai plus à manger », cela reviendrait à les traumatiser définitivement, et serait totalement contre-productif.

A cela, le chef d’entreprise ne répond pas, ne répond rien, ou répond mal. Il demande bêtement : « Quel rapport avec la pyramide de Maslow ». La mère de famille reprend :

Cet exemple illustre bien qu’il faut parfois, en quelque sorte, « faire une avance » à l’homme sur l’amour et le respect qu’il mérite, avant qu’il ne le mérite, afin qu’effectivement il se donne la peine de le mériter. L’homme est ainsi fait qu’on doit le respecter « en tant qu’homme », même s’il n’est pas lui-même parfaitement humaniste, ou même parfaitement humain au sens élevé du terme, et cela non pas afin de saper les bases-mêmes de l’humanisme, mais par humanisme justement. Car l’humanisme, quoiqu’il consiste à penser qu’on ne nait pas homme mais qu’on le devient, ne peut se passer de considérer les hommes en tant qu’hommes, et cela même avant qu’ils aient donné des preuves de leur humanité. L’humanisme consiste ainsi à penser qu’on ne peut dire même du dernier des hommes qu’il n’est pas un être humain tant qu’on n’a jamais tenté de lui parler comme à un être humain. Or refuser tout amour et toute reconnaissance sociale à un individu tant qu’il n’a pas accédé à un certain niveau de richesse, c’est à proprement parler une attitude abjecte et inhumaine.

En réponse à cela, le chef d’entreprise, tenta d’émettre d’hypothèse que la mère de famille était communiste, mais elle ne lui laissa pas le temps de développer.

L’homme est un animal social ! Cela n’a en rien à voir avec le communisme. Le communisme revient à croire que le simple fait d’être un déshérité fait d’un homme un Saint. Moi je ne dis pas cela, je ne dis pas que tous les déshérités sont des gens bien qui méritent qu’on se batte en leur nom et qu’on les défende. Ce que je dis c’est tout simplement qu’on ne peut pas retirer à un déshérité son appartenance à la communauté humaine sous prétexte qui n’a pas de bien. Ce que je dis seulement c’est : ne pas avoir de bien (matériel) n’a rien à voir avec le fait d’être ou non quelqu’un de bien (moralement parlant). Celui qui n’a pas de bien (matériel) a besoin d’être intégré à une société et d’être respecté par les membres qui la composent avant-même que de participer activement à la croissance économique de cette société ! Où avez-vous vu que les animaux sociaux devaient justifier d’une quelconque manière leur appartenance à un groupe social ? Car ce que Maslow appelle amour et reconnaissance, ça n’est rien d’autre que la traduction en langage humain de ce que les animaux identifient à la chaleur du troupeau. Les animaux sociaux SONT sociaux, c’est-là chez eux, comme chez nous, un trait constitutif de leur caractère et nécessaire au bon fonctionnement de leur métabolisme (aussi bien physique que mental). Cela, dès leur naissance et jusqu’à leur mort. Et c’est dans le cadre de cette chaleur de la meute, qu’ils ne quitteront jamais, que s’élaborera leur vie d’adulte au cours de laquelle ils développeront éventuellement une certaine productivité au service de cette meute… cela, sans que leur sociabilité ne soit outre-mesure indexée sur leur productivité. Car l’homme, tout comme l’animal, a tout autant besoin d’être productif que d’avoir une vie sociale ! Pourquoi faudrait-il dès lors le mettre en demeure d’accomplir la satisfaction l’un de ses besoins en lui faisant miroiter la satisfaction de l’autre ? N’est-ce pas une mesure de rétorsion qui, en l’état, peut avoir sur les personnes délicates et sensibles un effet contre-productif ? Sommes-nous plus bêtes que les animaux, pour avoir besoin qu’on nous force méchamment, qu’on nous prive et qu’on nous appâte, pour nous rappeler ce dont nous avons besoin ?

Le chef d’entreprise répondit : « Pourquoi donc s’acharner ainsi à vouloir convaincre les autres en discutant ? Comme vous le savez, je vais rester sur mes positions, et vous sur les vôtres… »

La mère de famille s’écria :

Mais si je parle, si je crois que je dois parler, ce n’est pas parce que je veux vous convaincre, vous en particulier, et ce n’est pas non plus parce que je veux de la reconnaissance. Qui sont donc les gens qui ne parlent que pour plaire à autrui et en fonction d’autrui ? Ce sont des gens qui n’ont pas d’opinion-propre ! Des girouettes ! Des opportunistes ! Si l’on doit parler, ce n’est pas pour plaire à autrui bien sûr, c’est d’abord pour se plaire à soi-même, parce qu’on a des valeurs ! Avoir des valeurs, c’est défendre une cause noble. Quelle cause est plus noble que celle de la Vérité ? Si je parle, c’est parce que je me sens obligée, au nom de mes valeurs, de défendre la Vérité. Si je parle, c’est parce que je suis bien persuadée d’avoir raison. D’ailleurs, persuadée n’est pas un bon mot. Je ne suis pas persuadée au sens où il s’agirait d’une croyance. J’ai raison : c’est un fait. Et c’est parce que c’est un fait que c’est démontrable, et c’est parce que c’est démontrable que je m’attache à le démontrer. Voilà, j’ose le dire : je parle parce que j’ai raison. Et si je croyais que j’avais tort, ou si vous parveniez à me prouver que j’ai tort, je ne parlerais plus.

Le chef d’entreprise se mit à rire et lança à la femme plusieurs propos blessants. Elle était selon lui hystérique, trop bavarde, et parlait comme une folle. Il acheva par ce qu’il crut être un mot d’esprit : « Pourquoi les gens cherchent-ils toujours à avoir raison ? Que m’importe à moi si j’ai tort ? Je m’en porte fort bien ! » La mère-au-foyer essaya d’expliquer à son interlocuteur que c’était faux, que personne ne parlait jamais pour avoir tort et que si les hommes n’avaient aucune prétention à la vérité, ils ne parleraient tout simplement pas, ils n’auraient même jamais développé l’usage de la parole… mais le chef d’entreprise n’était pas en mesure de comprendre intellectuellement cela. Il renvoya la dame à ses fourneaux et à sa vaisselle sans autre forme de procès.

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C’est l’histoire d’un scientifique qui fait une expérience en vue de prouver au monde quelque chose dont il a toujours été certain. L’expérience ne lui donne pas le résultat attendu. Il en déduit que « la vérité est ailleurs » (et il détruit tout en s’en allant). C’est l’histoire d’une mauvaise foi. Fin de l’histoire.

La femme réac

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Quelque part dans la Nouvelle-Angleterre, non loin de Dartmouth College, on trouve encore les villages des shakers. Selon la loi religieuse de cette secte, les sexes y vivent soigneusement séparés et ne s’y reproduisent pas (le monde étant voué au mal, rien ne sert de le perpétrer, il n’est que d’attendre le Jugement dernier). Or, dans le campus d’à côté, qui fut comme les autres en Amérique un des hauts lieux de la libération sexuelle, c’est à peu près la même situation : les sexes ne se touchent plus, ne se frôlent plus, ne cherchent plus à se séduire. Sans discrimination ni interdit explicite, on se retrouve, sous le signe du harcèlement sexuel et de sa hantise, dans le même apartheid que chez les shakers. L’obsession du sida joue sans doute un rôle dans cet exil volontaire du sexe – encore qu’il n’y ait jamais dans ce genre de choses de cause à effet : le sida n’est peut-être qu’une des voies obscures que prend une désaffection sexuelle qui avait commencé bien avant son apparition et sa diffusion. Il semble que ce soit la sexualité elle-même qui soit en jeu – chaque sexe étant comme affecté d’une maladie sexuellement transmissible qui serait le sexe lui-même.

On a peur d’attraper le sida, mais on a peur aussi d’attraper le sexe tout simplement, on a peur d’attraper quoi que ce soit qui ressemblerait à une passion, à une séduction, à une responsabilité. Et, dans ce sens, c’est encore le masculin qui est le plus profondément victime de l’obsession négative du sexe. Au point de se retirer du jeu sexuel, harassé d’avoir à assumer un tel risque, fatigué sans doute aussi d’avoir assumé historiquement pendant si longtemps le rôle du pouvoir sexuel. Ce dont le féminisme et la libération des femmes l’a dépouillé, du moins en droit (et très largement en fait). Mais les choses sont plus compliquées, car le masculin ainsi émasculé et dépossédé de son pouvoir en a profité pour s’effacer et disparaître – quittant le masque phallique d’un pouvoir devenu de toute façon de plus en plus dangereux.

C’est là la victoire paradoxale du mouvement d’émancipation féminine : celle-ci a trop bien réussi et elle laisse le féminin devant la défaillance (plus ou moins tactique et défensive) du masculin. Il en résulte une situation paradoxale qui n’est plus celle du féminisme. Non plus une revendication des femmes contre le pouvoir de l’homme, mais un ressentiment des femmes contre l’ »impouvoir » du masculin. La défaillance de celui-ci alimente désormais une haine, une insatisfaction profonde venue de la déception de la libération réalisée et tournant à l’échec pour tout le monde – et qui s’exprime contradictoirement dans le phantasme du harcèlement sexuel. Donc une péripétie très différente du féminisme traditionnel qui visait le masculin triomphant. Conséquence paradoxale du triomphe virtuel du féminisme, la femme n’est plus aliénée par l’homme mais dépossédée du masculin, donc dépossédée de l’illusion vitale de l’autre, donc aussi de son illusion propre, de son désir et de son privilège de femme. C’est le même effet qui suscite la haine secrète des enfants contre des parents qui ne veulent plus assumer leur rôle de parents, qui profitent de l’émancipation des enfants pour se libérer en tant que parents et se dessaisir de leur rôle. Ce n’est plus alors la violence des enfants en rupture avec l’ordre parental, mais la haine d’enfants dépossédés de leur statut et de leur illusion d’enfants. Celui qui se libère n’est jamais celui qu’on croit. Cette défaillance du masculin a des échos jusque dans l’ordre biologique. Des études récentes signalent une baisse du taux de spermatozoïdes dans le flux séminal, mais surtout une baisse caractéristique de leur volonté de puissance : ils ne rivalisent plus pour aller féconder l’ovule. Plus de compétition. Ont-ils peur eux aussi des responsabilités ? Doit-on y voir un phénomène analogue à celui du monde sexuel visible, où règnent la pusillanimité des rôles et la terreur dissuasive du sexe féminin ? Est-ce un effet inattendu de la lutte contre le harcèlement – l’assaut des spermatozoïdes étant la forme la plus élémentaire du harcèlement sexuel ?

Malgré les apparences, cette désaffection, cette dissuasion sexuelle n’a rien à voir avec un nouvel interdit d’essence religieuse ou morale. Toutes ces dépenses et ces inhibitions ont été levées depuis longtemps. Et les femmes qui ornent les campus de rubans mauves en signe de viol – chaque femme violée ou menacée de l’être ou rêvant de l’être signale ainsi publiquement la mémoire du crime (comme les rubans jaunes signalent aux Etats-Unis la mémoire des soldats partis pour la guerre du Golfe), ces femmes, porteuses d’un nouvel ordre victimal et agressif à la fois, ne souffrent certainement pas d’outrage à la pudeur. Tout cela relèverait bien plutôt d’une nostalgie de l’interdit – ou de quoi que ce soit qui y ressemble -, réflexe consécutif à une libération virtuelle des moeurs et à une banalisation de la sexualité perçue comme plus dangereuse que la censure traditionnelle (qui permettait au moins la transgression). Demande d’interdit (d’une règle, d’une limite, d’une obligation) qu’on peut interpréter comme on veut, et sans doute négativement, du point de vue psychologique et politique, du point de vue de la libération et du progrès – mais qui peut apparaître comme une défense instinctive de l’espèce quant à sa fonction sexuelle menacée par son émancipation et son accomplissement même.

Le harcèlement sexuel (son obsession et celle du sida) comme ruse de l’espèce pour ressusciter l’angoisse de la sexualité, et plus particulièrement une ruse de la femme pour ressusciter le désir (celui de l’homme mais le sien aussi) ? Stratégie très banale (mais fatale dans le cas du sida) pour faire du sexe autre chose qu’une séquence sans conséquence, ce qu’il devient aujourd’hui, y compris dans la contraception (1) – toutes les formes de la libération sexuelle allant finalement dans le sens d’une « entropie érotique » (Sloterdijk).

Ainsi la haine venue de la désillusion succédant à la violence libératrice, et la demande d’interdit succédant à la levée problématique de tous les interdits, il s’ensuit une sorte de révisionnisme sentimental, familial, politique, moral, aujourd’hui partout triomphant – déferlante inverse de toutes les libérations du XXe siècle, qui se traduit aussi bien dans le repentir et la récession sexuelle. Alors qu’auparavant c’était la liberté, le désir, le plaisir, l’amour qui semblaient sexuellement transmissibles, aujourd’hui il semble que ce soient la haine, la désillusion, la méfiance et le ressentiment entre les sexes qui soient sexuellement transmissibles. Derrière cette polémique du harcèlement, il y a une forme ultérieure et contemporaine de la « désublimation répressive » dont parlait Marcuse – la levée des interdits et du refoulement introduit à un nouveau système de répression et de contrôle. Pour nous, avec ce révisionnisme universel, il s’agirait plutôt d’une « resublimation dépressive », qui mène tout droit à l’intégrisme moral, sinon religieux, et en tout cas, derrière les phantasmes de viol et du harcèlement, à un intégrisme asexuel protectionniste où, pour le masculin, le sexe devient l’obsession presque irréelle d’une fonction disparue, qui ne trouve plus à s’exercer que dans le phantasme du viol – et pour le féminin un moyen de chantage.

Tout cela, c’est ce que nous vivons subjectivement et collectivement : une transition de phase douloureuse dans ce qui n’était peut-être qu’une illusion de progrès et de libération (y compris sexuels). Mais nous ne savons pas du tout quels sont les desseins de l’espèce (ni même si elle en a). Les espèces animales réagissent par des comportements de rétention sexuelle et de stérilité automatique à des situations de crise, de pénurie ou de surpopulation. Nous réagissons peut-être – et ce, en dehors de toute conviction subjective et de toute idéologie – par des comportements analogues à une situation inverse de profession, de libération, de bien-être, de « défoulement » tout à fait originale, angoissante, et étrangère à l’espèce elle-même tout au long de son histoire – une situation inhumaine pour tout dire. La haine sur laquelle ouvre la question du harcèlement sexuel n’est peut-être que le ressentiment d’une liberté, d’une individualité, d’une expression de désir chèrement conquises et qui se paieraient aujourd’hui d’une nouvelle servitude involontaire ? La servitude elle-même, la bêtise, la résignation pourraient-elles devenir une maladie sexuellement transmissible ?

(1) On retrouve ici, quoique par une autre voie, nos shakers et leur refus de la reproduction sexuée. Car ce qui valait comme libération, comme transgression dans un ordre traditionnel (la contraception) change de sens dans un monde qui va de plus en plus dans le sens d’une reproduction asexuée. La sexualité sans reproduction ouvre sur la reproduction sans sexualité, et ce qui était une liberté de choix devient tout simplement l’emprise grandissante du système par toutes les formes de génération in vitro.

Jean Baudrillard « La sexualité comme maladie sexuellement transmissible » Libération du 4 décembre 1995.

Texte lu sur ILYS, auquel voici ma réponse :

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Ce que les mythomanes, les manipulatrices, les chars d’assaut en tailleur et les gouines, ont gagné au petit jeu du féminisme guerrier, la Femme, au sens noble et incompris du terme, y a perdu.

La femme féminine, c’est sur elle que les petits mecs blancs en costume trois pièce se vengent quand les autres salopes leur ont retourné le cerveau ou leur ont fait cracher leur thune en diamants et en procès… Lorsqu’ils ne se mettent pas avec des beurettes, par peur de la femme blanche, à cause des saloperies que leur ont fait les petites bourges sans cœur avec lesquelles ils ont grandi !

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La femme féminine, la femme à l’ancienne, celle qui reste au foyer pour s’occuper de ses enfants, qui aime faire la cuisine et faire l’amour, celle à qui il arrive encore de tomber amoureuse et ne veut pas conquérir le monde comme Cortex&Minus, le féminisme-des-salopes lui marche sur la tronche en chaussures à crampons et crache dans sa soupe poireaux/pommes-de-terre. Car les féministes à la mode brouteminou n’en ont pas seulement après la figure du Pater Familias… Sachez que la figure de la MATER FAMILIAS prend cher elle aussi, dans leur imaginaire narcissique, irresponsable et déviant.

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Vous êtes une femme réac ?

Les hommes et les femmes modernes se foutent de votre gueule, parlent de vous comme de quelqu’un de faible et d’inintelligent, et établissent des lois qui vous dépossèdent de tout sous prétexte que vous faites encore confiance à votre mari pour faire bouillir la marmite… Mais ce n’est pas tout !

Les hommes réac aussi s’essuient les pompes sur votre gueule, parce que d’une part les chiennes de garde qu’ils ont la plupart du temps rencontré partout avant vous, ont un peu échaudé leur galanterie ; de l’autre ils sont souvent bien contents, lorsque vous êtes plus gentille et manipulable que la moyenne, de pouvoir enfin se venger sur un membre du beau sexe, de tous les affronts que les autres leur ont fait subir… C’est ainsi que, toute douce et toute pure, vous vous retrouvez, avant d’avoir dit ouf, à la colle avec des gars tout-cassés, rendus à moitié pervers et dépressifs par le jeu de douche écossaise auquel les autres les ont habitués, à absorber en quelque sorte dans votre ventre accueillant, toute la rancœur du monde accumulée de part et d’autre dans notre société débile.

Ensuite, – car nous n’avons pas encore touché le fond du martyre de la femme réac – ce qu’il faut bien voir aussi c’est que la plupart des hommes réacs – en bons bourgeois près de leurs sous qui se respectent – se réjouissent au fond que le féminisme les dispense à présent d’avoir à entretenir leurs épouses.

Vous payer le resto, vous offrir des fleurs, vous tenir la porte… voilà déjà bien assez ! Rare sont ceux qui pousseront le sacerdoce à comprendre que s’ils veulent une famille à l’ancienne, il leur faudra accepter (au moins quelques temps) de travailler pour deux, c’est-à-dire de faire vivre une famille entière (au moins le temps que les enfants seront petits) sur un seul salaire, et donc renoncer à l’épouse indépendante et bancable, typée « femme libérée » en tailleur à épaulettes, que leur ont vendu dans leur enfance les films américains des années 80.

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Je ne parle même pas des salauds qui ne payent le resto, n’offrent des fleurs et des diamants et ne tiennent la porte qu’aux garces manipulatrices qui les mènent par le bout du nez (ceux qui ne se laissent jamais séduire que par des filles qui n’ont que de la méchanceté et du vide au fond d’elles), et qui laisseraient croupir Cendrillon dans le caniveau parce qu’ils ne la trouvent pas suffisamment « chic&choc ».

« En passant par la Lorraine, avec mes sabots… rencontrai trois capitaines, avec mes sabots dondaine, oh oh oh, avec mes sabots… Ils m’ont appelée vilaine avec mes sabots.. etc. ♪ »

Ceux-là en ce qui me concerne, je le dis tout net et c’est un grand aveu que je vais vous faire, je leur préfère encore un arabe avec une mentalité un peu tradi ou un gauchiste (même un gauchiste qui aime les femmes libérées).

Voyez un petit peu le niveau de rancœur.