Sad Sade

Ma façon de penser, dites-vous, ne peut être approuvée. Eh, que m’importe! Bien fou est celui qui adopte une façon de penser pour les autres! Ma façon de penser est le fruit de mes réflexions; elle tient à mon existence, à mon organisation. Je ne suis pas le maître de la changer; je le serais, que je ne le ferais pas. Cette façon de penser que vous blâmez fait l’unique consolation de ma vie; elle allège toutes mes peines en prison et j’y tiens plus qu’à la vie. Ce n’est point ma façon de penser qui a fait mon malheur, c’est celle des autres.

A. F. de Sade (Novembre 1783)

Marrant. Ces propos de Sade me rappellent ceux de ce bouffon et faire-valoir que j’ai créé tantôt dans l’un de mes articles… Vous savez, celui qui disait :

« Pourquoi donc s’acharner ainsi à vouloir convaincre les autres en discutant ? Comme vous le savez, je vais rester sur mes positions, et vous sur les vôtres… »
« Pourquoi les gens cherchent-ils toujours à avoir raison ? Que m’importe à moi si j’ai tort ? Je m’en porte fort bien !« 

A ce faire-valoir, on répondait la chose suivante :

« Personne ne parle jamais pour avoir tort et si les hommes n’avaient aucune prétention à la vérité, ils ne parleraient tout simplement pas, ils n’auraient même jamais développé l’usage de la parole. »
« Si l’on doit parler, ce n’est pas pour plaire à autrui bien sûr, c’est d’abord pour se plaire à soi-même, parce qu’on a des valeurs ! Avoir des valeurs, c’est défendre une cause noble. Quelle cause est plus noble que celle de la Vérité ? Quelle cause plus ignoble que celle du mensonge ? Si je parle, c’est parce que je me sens obligé, au nom de mes valeurs, de défendre la Vérité. Si je parle, c’est parce que je suis bien persuadé d’avoir raison. D’ailleurs, persuadé n’est pas un bon mot. Je ne suis pas persuadé au sens où il s’agirait d’une croyance. J’ai raison : c’est un fait. Quand on a raison, c’est toujours un fait. Et c’est parce que c’est un fait que c’est démontrable, et c’est parce que c’est démontrable que je m’attache à le démontrer. Voilà, j’ose le dire : je parle parce que j’ai raison. Et si je croyais que j’avais tort, ou si vous parveniez à me prouver que j’ai tort, je ne parlerais plus.« 

Sade reproche-t-il à autrui de lui faire des reproches, parce qu’il est heureux en ayant tort ? C’est absurde ! Rien que faire reproche à autrui de faire des reproches à autrui, est déjà stupide et contre-productif… [« Il est interdit d’interdire », belle morale, ô combien enrichissante !] Quant à se plaindre de ce qu’on lui dise qu’il ait tort… – comment peut-il s’en plaindre s’il l’admet déjà tacitement lui-même ? On ne peut se plaindre des accusations d’autrui, lorsqu’ils nous disent que nous avons tort, que lorsqu’on est persuadé soi-même d’avoir raison. Si l’on a renoncé à avoir raison, on n’a normalement plus à se soucier ni à se plaindre de ceux qui y prétendent encore… les sages ne nous font plus aucune ombre, quand on a renoncé à toute sagesse, me semble-t-il…. Enfin, ce que je dis est tellement évident,… crève tant et tant les yeux… c’est bien à cause de cela qu’on n’y vient jamais. Les plus grandes évidences sont – d’après mon expérience – les plus difficiles à faire admettre. Les gens aiment les paradoxes boiteux, ça les amuse… Mais 1+1=2, ça les angoisse, ça leur donne la nausée.

Un homme qui n’est heureux que dans la transgression, doit bénir chaque jour que Dieu fait les flics de la pensée qui lui permettent de penser. N’était-ce pas d’ailleurs-là tout ce qu’essayait de nous transmettre Sade ? Alors mon vieux, quoi, l’on flanche ? l’on en a assez des réprimandes, des reproches et des coups ? l’on n’est plus à la hauteur de sa propre posture existentielle ?

2312863495_1

Quelle est-elle, pour schématiser, l’alter-morale du marquis de Sade ?

En quoi consiste-t-elle, sinon à donner une explication simple du monde, et plus encore manichéenne (en tout point comparable à celle des hérésies gnostiques) fondée sur le principe suivant :

« TOUT DESIR PROCEDE D’UNE TRANSGRESSION, AINSI TOUTE LOI N’EXISTE QUE POUR APPELER LE DESIR, EN APPELANT LA TRANSGRESSION. »

Je comprends qu’une telle morale binaire rassure. Elle est rassurante comme un texte de loi coranique. Une fois qu’on possède cette loi en tout point comparable à la loi d’Archimède, on peut vivre à l’intérieur sans être troublé. Qui désire vivre sans être intellectuellement troublé ? Celui qui est fainéant du point de vue intellectuel. Celui aussi qui n’est pas vraiment chrétien, car l’esprit chrétien peut se résumer à l’écartèlement moral permanent.

A présent, sous vos yeux ébahis, je vais invalider la loi ci-dessus énoncée.

Comment prouverai-je que tout désir, tout amour, ne procède pas systématiquement d’un désir de transgression et d’un amour de la loi à travers la transgression de la loi ?

Eh bien prenons comme support à notre analyse l’acte sexuel transgressif par excellence, celui qui ne peut exister que dans le cadre de la pré-existence d’un « non », d’un refus catégorique, d’une absence d’assentiment. Quel est cet acte sexuel qui n’a jamais lieu qu’après un « NON! » ? C’est le viol bien sûr.

Celui qui prend plaisir à violer les femmes, est celui qui n’a du plaisir que lorsque les femmes elles-même n’en ont pas. Son plaisir à lui procède du déplaisir de l’autre.

Nous sommes-là au-delà du champ des rapports Sado-maso, qui supposent chez celui ou celle qui adopte le rôle de la victime un assentiment préalable, et même une forme de jouissance à jouer ce rôle-là. Ce qui sous-tend que dans les rapports sado-maso, les victimes n’en sont pas vraiment : il s’agit d’un mensonge, d’une dramaturgie, visant à reproduire les conditions d’un rapport sexuel transgressif, mais qui n’est pas réellement transgressif puisqu’à la base le rapport sado-maso repose sur un contrat.

Qui dit contrat dit non-viol.

Le viol, la torture au premier degré, avec une victime non-consentante, est donc le seul type de rapport ontologiquement transgressif. Le reste n’est que comédie.

Dès lors, une fois ceci posé, peut-on encore faire valoir la loi sadienne primordiale selon laquelle il ne pourrait y avoir de désir et de plaisir véritable que dans la cadre d’une transgression ?

Si c’était le cas, le rapport sexuel où l’une des deux parties n’a pas donné son consentement devrait être le rapport sexuel le plus jouissif possible.

Or ce n’est pas le cas. Techniquement, un rapport sexuel où l’un des deux partenaires n’a pas de plaisir sera toujours moins fort, plus décevant, qu’un rapport sexuel où les deux parties y trouvent leur compte.

Il faut donc déduire de cela que le fait que l’action sexuelle se déroule dans un cadre transgressif rend souvent la chose excitante non pas parce qu’elle sépare les deux amoureux, mais au contraire parce qu’elle les sépare du monde, parce qu’elle les isole ensemble, contre le reste du monde et contre la loi, dans une intimité totale et compréhensible d’eux seuls.

MAHF-9077_big

Il faut donc en déduire que les amours transgressives qui plaisent aux gens qui ne sont pas des pervers – des pervers, c’est-à-dire des jouisseurs solitaires -, ne leur sont non pas plaisantes uniquement parce qu’elles vont à la rencontre d’un interdit préalable – comme par exemple un rapport adultérin va à l’encontre de la loi bourgeoise -, et ne nourrissent pas leur désir exclusivement de la posture transgressive en elle-même et pour elle-même, mais ont besoin que se développe en parallèle à ce premier mécanisme, un second mécanisme qui l’invalide partiellement pour que le plaisir soit complet. Ce second mécanisme consiste pour les amoureux isolés dans une attitude transgressive commune, à systématiquement créer une nouvelle loi valable pour eux-seuls, ou plutôt valable universellement (car toutes les lois du monde se désirent universelles) mais obéie et correctement appliquée d’eux-seuls, contre le reste du monde. Cette seconde loi est bien-évidemment la loi de l’amour. Les couples d’amoureux emblématiques que sont Tristan et Iseult ou encore mieux, Héloïse et Abélard, sont des illustrations archétypiques de ce phénomène.

Ce second mécanisme, parallèle au premier évoqué par De Sade, et qui le complète tout en invalidant son omnipotence, c’est un mécanisme paradoxal, car il suppose que tout couple tenté d’enfreindre les lois pour satisfaire son amour, ne pourra se contenter seulement de le vivre « hors-la-loi », ou du moins s’il acceptera volontiers de vivre « hors-la-loi » aux yeux du monde, ce ne sera jamais que dans la certitude secrète que lui-seul, le couple de l’amour, a raison contre la terre entière. Et c’est cette certitude-là, d’avoir secrètement « raison » d’aimer, (au nom du Dieu d’amour, au nom de l’Esthétique, au nom de la haine de l’hypocrisie, au nom du bonheur, que sais-je) contre les raisons raisonnantes de la bourgeoisie ou des prêtres ou des bien-pensants, qui cimentera l’amour des hors-la-loi. De sorte que ce n’est pas la transgression pure que désire jamais le plus profondément l’amoureux, mais au contraire la re-création et la re-lecture de la Loi Eternelle, c’est-à-dire la re-fondation d’une sorte de Temple Véritable du Dieu de l’Amour, plus légitime et plus philosophique, que celui des bourgeois.

Conclusion : l’Amoureux ne veut pas supprimer la fonction de prêtre, il ne lutte pas vraiment contre les « Gentils » non plus, il se prétend juste meilleur prêtre que les prêtres et posséder mieux l’ « esprit » de la gentillesse que les supposés « gens gentils ». Dès lors, c’est une lutte d’influence, une rivalité autour du même enjeu – à savoir le droit de dicter la loi -, dont il est question entre lui et les « bourgeois ». Car ne peut y avoir pour celui qui est seulement coupable d’aimer, de plaisir à être puni pour cela. Il ne peut que trouver cela injuste.

Celui qui en revanche prônera la supériorité en toute chose du plaisir purement transgressif, c’est-à-dire du plaisir volé, du plaisir du viol, qui est un plaisir pris au mal d’autrui, non-amoureux, solitaire, celui-là ne peut que se féliciter d’être haï et maltraité : celui-là est un pervers, c’est donc à la fois tout ce qu’il mérite et tout ce qu’il recherche. Les pervers gagnent à être persécutés. Ce pourrait être la seconde loi cachée dans l’œuvre de De Sade.

Publicités

Snobisme de la mort qui tue

J’en ai assez de toute cette hypocrisie générale… Ils veulent du pain et des jeux avec du sang, voilà ce qu’ils veulent nos compatriotes qui se félicitent du comportement d’Israël. Ce ne sont que des décadents qui s’ennuient. L’idée de perpétrer un petit massacre à l’ancienne, en invoquant de vieilles croyances, comme des adolescents se livreraient à une messe noire, pour se donner l’illusion d’être des durs et des puissants, les fait bander.

Ils veulent sacrifier des vierges et des enfants à leurs vieilles lunes, parce qu’écrire et lire des livres ne leur suffit plus.

Vieux dégueulasses en quête d’excitation frauduleuse, salopes hystérisées par l’idée d’appartenir à une race des Seigneurs fantasmée, apprentis poètes maîtres ès-jeux vidéos invocateurs de malédictions antiques… bande de tarés.

Nos élites, incapables d’être présentes au monde pour les challenges qui s’ouvrent à elles dans la vie de tous les jours (aka : faire des enfants, s’en occuper correctement, créer des entreprises à but non uniquement lucratif, créer et défendre des valeurs nouvelles, écrire des choses intéressantes, aider à régler les problèmes sociaux auxquels sont confrontés leurs pays et leurs peuples, relever un peu le niveau général), nos élites ont jeté leur dévolu sur des miroirs aux alouettes qui leur donnent l’illusion (à peu de frais !) d’avoir renoué avec la Vertu et le « Progrès ».

Ils sont comme les petits bourgeois de la génération 68 qui se branlaient sur ce massacreur fou de Mao au lieu d’interroger leurs propres préjugés de classe.

.

*************************************************************************

.

Voyez un peu les commentaire haineux (signés : « Bernard » et « Aaron ») sous cet article de pur bon-sens-là : http://le-scribe.hautetfort.com/archive/2014/07/12/massacre-en-palestine-5409046.html

Voyez également ce qu’on peut lire ici : http://fdpdelamode.com/post/94196805170/votre-putain-darticle-sur-la-palestine

Mais qu’est-ce que c’est exactement, dites-moi, que ce joli petit numéro de relativisme ? Cela me rappelle quand je ne mangeais pas ma soupe et qu’on me parlait des petits crève-la-faim de Somalie.

Non en fait, voilà à quoi il faudrait plus précisément comparer la « démarche » du Fils-de-pute (je ne fais-là que reprendre sa propre expression)… Laissez-moi vous résumer mon sentiment avec une petite historiette :

Il y avait une fois un petit garçon qui avait un jeune frère un peu débile et pas mal vicieux. Comme ce petit garçon détestait son cadet qui lui faisait honte dans la cour de récréation, il s’amusait lorsqu’on les laissait seuls tous les deux ensemble dans leur chambre, à lui cramer les pieds avec un briquet, à lui donner des coups de poings dans le ventre et à lui faire manger son caca. Il lui disait aussi qu’il avait été engendré par Satan, qu’il méritait qu’on lui fasse du mal et même pire, parce qu’il était un méchant garçon, et comme le petit frère était un peu débile, ça lui faisait faire des cauchemars et il le croyait. D’ailleurs, ce petit cadet était effectivement lui-même un garçon violent et méchant, cela il ne pouvait pas le nier. Un jour, les parents de ces deux charmantes jeunes personnes entrèrent sans crier gare sur le théâtre des opérations et entreprirent de gronder sévèrement l’aîné. Celui-ci argua d’abord que le petit frère était méchant et débile. La maman s’écria : « Débile signifie faible, n’as-tu pas honte de maltraiter quelqu’un de faible ? ». Et le papa surenchérit : « S’il est si méchant, c’est peut-être à cause de toi. » Alors l’aîné trouva un nouvel argument pour défendre sa cause, il se mit à parler avec des larmes dans les yeux de toute la souffrance de tous les pauvres enfants du monde, et en particulier de ceux du voisin, que celui-ci battait comme plâtre à chaque week-end ou presque et qu’on entendait crier à la nuit tombée. Là-dessus il pointa dramatiquement du doigt sa mère et son père en leur disant : « Qu’avez-vous fait pour ceux-là quand ils souffraient?! ». Il s’en étranglait d’émotion.

Voilà à quoi je comparerais personnellement la plaidoirie du « Fils-de-pute-de-la-mode ». A présent, si cela vous amuse, lisez-donc de quelle manière je ferais finir cette histoire-là.

Le père se retrouva sonné par un si grave reproche, il ne sut d’abord que répondre, et ressentit des remords énormes de n’être jamais intervenu pour les enfants du voisin. C’est alors que la mère reprit heureusement ses esprits et répondit calmement : « Mais mon petit chéri, je n’ai que vous comme enfants, et de vous deux, comme ton frère est débile, c’est bien-évidemment toi que je préfère… Que m’importe le sort des enfants du voisin auprès du vôtre ? Et que m’importe le sort de ton frère auprès du tien ? Tu me fais terriblement honte et j’ai beaucoup de peine, quand je te vois te comporter comme un tortionnaire et un voyou ! Comment irais-je à présent tenter de rétablir la paix dans la maison des voisins, quand c’est la honte et le désespoir dans la mienne ? »

Là-dessus, le père reprit enfin ses esprit et trancha. « Assez bavassé, dit-il ! Tu es décidément aussi débile que ton frère. Et ta mère parle comme une folle… C’est une vraie maison de fous ici ! Allez, je vais te foutre une trempe et on passera à autre chose. » Et ce qui fut dit fut fait.

Les voisins, en entendant les cris se regardèrent entre eux et s’exclamèrent : « Mon Dieu quels sauvages! » Et bien qu’ils ne se comportassent pas beaucoup mieux, ils avaient raison.

« Gnostiques qui s’ignorent » – suite & fin

« Ne pas rendre justice aux vivants ! Écrivait Hello. On se dit : Oui, sans doute, c’est un homme supérieur. Eh bien, la postérité lui rendra justice.
« Et on oublie que cet homme supérieur a faim et soif pendant sa vie. Il n’aura ni faim ni soif, au moins de votre pain et de votre vin, quand il sera mort.
« Vous oubliez que c’est aujourd’hui que cet homme supérieur a besoin de vous, et que, quand il se sera envolé vers sa patrie, les choses que vous lui refusez aujourd’hui et que vous lui accorderez alors lui seront inutiles désormais, à jamais inutiles.
« Vous oubliez les tortures par lesquelles vous le faites passer, dans le seul moment où vous soyez chargés de lui !
« Et vous remettez sa récompense, vous remettez sa joie, vous remettez sa gloire, à l’époque où il ne sera plus au milieu de vous.
« Vous remettez son bonheur à l’époque où il sera à l’abri de vos coups.
« Vous remettez la justice à l’époque où lui-même ne pourra la recevoir de vos mains.
« Car il s’agit ici de la justice des hommes, et la justice des hommes ne l’atteindra ni pour la récompense ni pour le châtiment, à l’époque où vous la lui promettez.
« A l’époque où vous lui promettez la rémunération et la vengeance, les hommes ne pourront plus être pour le Grand Homme ni rémunérateurs ni vengeurs.
« Et vous oubliez que celui-là, avant d’être un homme de génie, est d’abord principalement un homme.
« Plus il est homme de génie, plus il est homme.
« En tant qu’homme, il est sujet à la souffrance. En tant qu’homme de génie il est, mille fois plus que les autres hommes, sujet à la souffrance…
« Et le fer dont sont armés vos petits bras fait des blessures atroces dans une chair plus vivante, plus sensible que la vôtre, et vos coups redoublés sur ces blessures béantes ont des cruautés exceptionnelles, et son sang, quand il coule, ne coule pas comme le sang d’un autre.
« Il coule avec des douleurs, des amertumes, des déchirements, singuliers. Il se regarde couler, il se sent couler, et ce regard et ce sentiment ont des cruautés que vous ne soupçonnez pas…
« Quand nous étudions ce crime, vis-à-vis du ciel et de la terre, nous sommes en face de l’incommensurable… »
 
– Léon Bloy, La femme pauvre
 

Théorie du genre & gnosticisme qui s’ignore

Si ordinairement 2 + 2 font toujours 4, de même dans cette science expérimentale expliquant le plus beau théorème de la vie, la naissance, il n’est aucunement besoin de prouver qu’un être humain porteur d’un petit truc appelé zizi est un futur homme et non un une femme qui s’ignore ou qui se cherche.

Il est à remarquer que toutes ces théories du genre sont des scories d’un escroc international ayant à sa suite d’autres escrocs tout à fait semblables… les Freud, Jung et autres Lacan… dont le mode opératoire se résumait ainsi :
– Docteur, je suis anxieuse
– Baisser votre culotte, on va voir çà

Il y a dans cette volonté récurrente de changer l’Humain en une sorte d’assemblage de chair et d’os, sans pensée, donc sans âme, une vision dont le burlesque n’a d’égal que l’imaginaire du progrès en perpétuel devenir… C’est Trosky qui renaît de ses cendres pour dézinguer Lénine… C’est le garçon qui DOIT jouer à la poupée, c’est la fille qui DOIT fendre le bois.. etc.

Quant aux erreurs de la nature, choses que l’on remarque chez les animaux, les fleurs et même les poissons, volants ou non, « qui ne constituent pas la majorité du genre » (une savoureuse gabinerie) : statu quo.

Ne vous laisser pas abattre, vous êtes née femme, vous le resterez, quoi que vous fassiez de votre corps. .

.

« Ne vous laisser pas abattre, vous êtes née femme, vous le resterez, quoi que vous fassiez de votre corps. . »

Tiens. Impression de déjà vu. Je la connais, cette dialectique… Je la connais bien, parce qu’on me l’a déjà servie pour abuser de moi et en suite me moquer.

Oui bien sûr, ce n’est pas de baisser ma culotte qui va retirer quoi que ce soit à ma dignité de femme et d’être humain, n’est-ce pas ? – Les femmes ne sont-elles pas d’ailleurs faites pour baisser leur culotte ? – Hum.

  • Si l’on va par là, on peut dire que même une fois que je serai morte, (lorsque donc mes organes sexuels primaires et secondaires seront devenus des masses de chair inertes – qu’ils auront donc été dépouillés de leur fonction – et que mon âme s’étant absentée, d’aucuns pourront même prétendre que mon véhicule terrestre ne m’appartiendra plus), même si tout le monde voulait que j’aie été un homme, et même si l’on marquait sur ma tombe que je n’ai jamais été une femme, je n’en demeurerais pas moins une femme. Aux yeux de Dieu, ou la Justice immanente, on va dire.

La justice immanente est bien pratique pour les bourreaux, dans ces cas-là… Les bourreaux un peu mystiques, cela existe !

Car à défaut de justice dans le monde des hommes, les victimes peuvent toujours s’en remettre au Grand-oeil-qui-voit-tout, ou à l’intelligence disparue des auteurs morts qui sont dans les livres, ou à une éventuelle postérité susceptible de les venger…

« Tu as Dieu de ton côté, ma chérie… Que t’importe le jugement des hommes ? Allez, tourne-toi. *Rire satanique*« 

  • Quand, dans le monde qui vient – un monde où le Pape sera un homme qui doute, et où les Églises ne seront plus des refuges -,  je n’aurai plus le droit de dire : « Je suis une femme », je pourrai encore me fabriquer une petite idole en pâte à modeler toute seule dans mon coin, décider que cette idole est Dieu, et dire à mon Dieu : « Seigneur, toi-même-tu-sais que j’en suis une ! ».

Si cela m’arrive, je le ferai sans doute. Je demanderai alors à Dieu de châtier mes ennemis. Forcément ! … Que faire d’autre s’il ne me restait plus âme qui vive sur la terre pour me défendre ?

  • On peut dire aussi à un prisonnier politique à qui des hommes en uniforme dénient son appartenance à l’Humanité, que même une fois qu’on lui aura arraché les ongles et la langue, il n’en restera pas moins toujours un homme. Jusqu’à quel point est-ce consolateur ?
  • De même pour le meurtrier de sang froid dont on voudrait pouvoir dire qu’il est une bête (et l’achever comme une bête) : quelle que soit la quantité de sang qu’un homme ait sur les mains, il n’en reste pas moins, au sens strict, un homme.

Non seulement on peut toujours réintégrer l’humanité, mais on n’en sort jamais, n’est-ce pas ? C’est bien pratique ! – Eh bien alors, pourquoi ne pas en abuser ?

L’ouverture d’esprit n’étant pas une fracture du crâne, un homme peut très bien se faire enculer et rester un homme. Voilà en quoi consiste le fond de la rhétorique adverse.

La nature ayant toujours le dernier mot au final, peu importe que nous transgressions ses lois pour nous divertir. Si Dieu est Tout-Puissant, on ne peut pas Lui faire de mal, n’est-ce pas ? – Faire du mal à Dieu… oh oh oh ! Quelle prétention !

La transgression des lois que les religieux disent divines (et que les gens de bon-sens disent naturelles) ne peut atteindre un Dieu-Tout-Puissant dans son être – car on ne peut atteindre l’Être dans son être, puisqu’un monde où il n’y aurait que du non-être est impossible. Il n’y a donc pas de crime contre Dieu, seuls les arriérés croient en cela… et donc en fait il n’y a pas non plus de transgression possible. La transgression n’existe pas. C’est là le fin-fond du discours qui nous sera toujours opposé. Voilà à quels syllogismes il mène : tout est dans tout et inversement, il n’y a pas de bien ni de mal, tout n’est que subjectivité, il n’y a rien au-delà de la subjectivité.

Voilà, chers lecteurs, je  viens de vous présenter ce qu’on appelle La Gnose. Le gnosticisme, c’est cela.

Voulez-vous bien aller regarder dans Wikipedia ou ailleurs ce que les gnostiques faisaient aux petits enfants et aux fœtus dans les premiers temps de la chrétienté ? Tiens, pourquoi encore des histoires de petits enfants et de fœtus ? – Parce que les petits enfants et les fœtus sont faibles et sans défense. Parce que lorsqu’à force de se branler autour de la notion d’humanité, on en vient à vouloir faire des expériences amusantes sur du matériau humain – manipuler des esprits et de la chair – il est toujours plus facile de s’en prendre à un nouveau-né à qu’à un adulte. Un adulte peut encore se défendre, pas un petit être qui a besoin de la protection et de la chaleur d’une mère pour survivre.

***

J’aime bien la réponse que la Bible donne à ces questions fondamentales au début de l’Ancien Testament. C’est une réponse comme une autre, me direz-vous, mais elle fait du bien.

Il y avait deux villes nommées Sodome et Gomorrhe, les gens y faisaient des trucs pas beaux avec leurs zizis (on ne sait plus exactement quoi). Le Bon Dieu a vu ça. Il leur a laissé une petite chance de prouver qu’ils n’étaient pas pourris jusqu’à la moelle, puis devant le caractère indépassable de leur saloperie, il les a vitrifiés.

 Le-Serpent-Art5