Pourquoi le peuple français est… un peuple

vache traiteUne fermière bourbonnaise en train de traire sa vache

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Oh là là, de quoi se plaignent-ils encore, ces gens qui aiment tant à s’agenouiller ? S’ils sont si respectueux du Divin, ils ne peuvent fondamentalement pas détester être « stigmatisés » ! Lol !

Chez nous, il faudrait le leur dire, être « stigmatisé », religieusement parlant, c’est la classe. ^^

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Soyons un peu sérieux, à présent, soyons honnêtes deux petites minutes… dans cette foutre de vie ou tout le monde se la raconte et où tout le monde ment… Le « Padamalgame » est tout de même une invention d’une cruauté idéologique monumentale… Je veux dire, c’est une stratégie de combat civilisationnel de très haut vol… totalement vicieuse, comparée au bon vieux racisme à la papa.

Réfléchissons ensemble, par-delà le « civilisation gap », durant une petite minute de paix fraternelle entre les peuples, voulez-vous…

Ce qui est terrible avec le peuple français, vis-à-vis des autres peuples, en particulier vis-à-vis des peuples du sud, ce n’est pas qu’il serait composé de « grands vilains racistes », allez… on sait que ça n’est pas le cas. On le sait. C’est sa profession d’antiracisme qui est la plus cruelle, évidemment.

Vous en connaissez beaucoup, vous, des peuples au sud de l’Europe qui ne sont pas racistes ou au moins racialistes, vous ? Le monde arabe, le monde africain, il est antiraciste, peut-être ? Ha ha ! La bonne blague !

Un certain fond-diffus xénophobique, c’est pour n’importe quelle personne simple et honnête – vous pouvez interroger n’importe qui à ce sujet tout autour du monde – le signe scientifique de l’existence d’un peuple en tant qu’entité distincte. On ne peut pas « être soi » sans l’être « contre l’altérité », tout le monde sait cela au fond de son cœur, car c’est une vérité mathématique. Y’a que chez nous que cette vérité est tabou.

Alors, qu’est-ce qu’ils font, les estrangers, quand ils arrivent chez nous ? Eh bien ils cherchent en premier lieu où se loge notre « fond-diffus » raciste… qui existe forcément, puisque nous sommes un peuple (qui existe forcément, puisque nous ne sommes pas des Dieux)… mais on leur met la misère en le leur cachant effrontément.

Je précise à toutes fins utiles que ce sont les gauchistes qui le cachent le mieux. Les immigrés, quand ils rencontrent les gauchistes (et c’est toujours sur eux en général qu’ils tombent en premier, les pauvres), ils se heurtent systématiquement à l’altérité absolue. Qui plus est, cette altérité absolue, le premier mot qu’elle a toujours à la bouche c’est : « Mais nous sommes tous pareils ! ». – Moi je comprends que ça les choque. Ils ne se sentent pas pareils aux gauchistes, eux. Oh là là, non ! Pas du tout pareils ! Moi non plus d’ailleurs.

– Nous ne sommes pas tous pareils, non. Mais on n’a pas le droit de dire ça à un gauchiste, quand on est dans le besoin… sinon, il ne voudra plus donner la bonne sou-soupe et le croûton de pain qui va avec. Un peu dégueulasse sur les bords, non ?

Attention, moi j’aime bien les étrangers, je m’entends bien en général avec n’importe lesquels, peu importe leur culture d’origine. Je suis fascinée par l’altérité de toute façon, et la barbarie des autres me fait rarement peur (je connais la mienne). J’en suis assez friande, pour tout dire… ça me détend. Mais ça n’est pas le cas de bien des bobos, qui s’épouvantent pour un rien. Les chochottes.

En réalité, je m’entends plus facilement avec les étrangers qu’avec les français. Mais, vous savez, aussi, ce n’est pas bien sorcier… Ce qu’il y a, c’est que je ne m’y prends pas comme les chochottes – d’une façon aussi hautaine et irrespectueuse… ‘Faut voir un peu comment ils se la pètent ! De vraies dames patronnesses, vous les verriez… ils me font honte.

Pour détendre un peu l’atmosphère et parler avec des Ouzbeks sur un pied d’égalité, vous leur causeriez du musée de l’immigration, et de la prochaine manif’ anti-FN, vous ?
– Le FN : les gauchistes, ils croient que ça veut dire quelque chose pour les étrangers… Quels nombrils !

Paradoxalement, il ne faudrait jamais commencer comme les snobs « xénophiles » le font, avec des niaiseries pareilles :  « Après tout, nous avons tous deux bras, deux jambes, une bouche et un nez » … parce que commencer par ça, ça équivaut à dire : – « Oh ! Formidaaâble ! Vous aussi vous êtes un être humain en fait », sous-entendu : même si ça ne saute pas aux yeux à première vue… Mouarf’ !

La première chose dont il faut parler avec quelqu’un qui vient d’ailleurs et qui est pauvre, si l’on ne veut pas lui faire de mal à son petit cœur tout bleu, c’est : de là d’où l’on vient soi-même, et lui faire sentir qu’on n’ignore pas soi-même la dureté de la vie et le prix de l’argent. Parce que ça, tout le monde l’a en commun. Ca, on est sûr que tout le monde comprend.

… – souvenirs de famille, vie d’autrefois, comment étaient les ancêtres, quelles étaient leurs valeurs, l’évolution des villes, la beauté des campagnes, la fierté du pays d’origine, à quoi ressemblait le clocher sous lequel on a grandi, l’attachement aux ciels, la nature, les plantes, la fierté des blasons, des châteaux, les Rois et les Reines du temps jadis, les légendes, et puis comment c’était l’école autrefois, comment c’est maintenant, ce que faisait grand-mère pour se faire obéir à la maison, comment les mamans françaises s’y prennent aujourd’hui, ce que mangeaient les gens pauvres en France dans le temps (on les appelait chez moi des « ventre-à-choux »), ce que mangeaient les riches, ce qui a évolué, et bien sûr enfin ce qui reste, qui est immuable, dans la misère comme dans la richesse, indifférent au passage des siècles et aux régions du monde… Tout cela (et bien d’autres choses encore du même acabit), tout cela, c’est apte à rassurer les pauvres quand ils nous viennent des autres pays, tout cela, c’est des points d’appui pour l’amitié et l’égalité.

Mais pas le plug anal, ça non. Le plug anal, ça, avant de comprendre, il faut déjà un solide bagage culturel, hein. J’ai des compatriotes, même, qui sont dépassés. Parce que ‘faut déjà pouvoir comprendre la civilisation, pour comprendre la décadence ! Hé oui. – Commençons-donc toujours par l’exposé de ce qu’est la civilisation, on verra après. Le plug anal c’est la motion de consolidation des connaissances, l’option facultative pour les forts en thème, pas plus.

Aux étrangers, il faut leur parler de la dentelle au crochet et au fuseau, de la langue d’oc et de la langue d’oïl, de la tapisserie de Bayeux, de nos fiertés nationales, leur chanter des chansons historiques, des chansons de soldats… Mais certainement pas commencer en leur parlant de droits-de-l’homme et d’art contemporain !

Vous pouvez être certains que tout le monde sur la terre a eu une ancêtre qui a filé la laine, tissé des tapis, brodé des napperons ou recousu des chaussettes. Vous pouvez être certains que tout le monde sur la terre a eu des ancêtres qui ont gratté la terre, possédé de la terre, se sont battus.

Par contre les « droits-de-l’homme », puis tout ce qui est cuisine politique, ça c’est quand même des pures spécificités françaises excluantes… Avant de rentrer dans le secret des arcanes du sens profond de ces « droits-de-l’homme », de comment ils sont implantés dans nos cœurs, sous quelle forme, et par quel angle ils nous prennent aux tripes, et de comment ils nous ont amené à dépasser le sentiment racialiste, et de comment on ne lutte jamais contre certaines pulsions que parce qu’on les a, eh ben c’est pas facile… ça prend des centaines d’années de transmission, c’est comme les hiéroglyphes chinois…

Croyez-moi, pour expliquer la révolution française, la liberté, l’égalité et la fraternité, il vaut mieux de toutes les façons commencer par les ventre-à-choux, la tapisserie et les récits de batailles. Sinon on ne s’en sort pas.

Les réacs, les xénophobes, ils sont davantage miteux-friendly. Parce qu’ils ne commencent pas toute discussion avec les miteux en se faisant passer eux-mêmes pour autre chose que des miteux. Ca c’est la vérité secrète de l’amitié entre les peuples.

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La liberté d’expression se révolutionne elle-même comme un nombril inutile et c’est bien

Woland a écrit une chose très juste. Il a énoncé une évidence qui crève les yeux, et même qui aveugle tellement elle est évidente… qu’il faut donc, sans calcul, dire et redire :

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Je l’ai dit 12509 fois déjà, mais la liberté d’expression si elle ne choque potentiellement personne n’est pas la liberté d’expression. Il n’y pas de liberté à se conformer à ce qui peut être dit sans provoquer la moindre ride à la face du lac sombre que le monde est en train de devenir. Les crevures […] qui nous expliquent que la liberté d’expression est ce qui est autorisé par la loi ont déjà perdu puisque n’importe quel législateur peut décider à tout moment d’interdire de prononcer le mot « pot de chambre », puis par extension « jules » et ainsi de suite par exemple.

Que cela soit clair, ce qui ne peut être formulé ne peut être pensé. Attaquer la liberté d’expression c’est réduire le champ de la liberté de penser et donc de l’intelligence. C’est supprimer tout débat et donc toute possibilité d’avancée mentale en étant convaincant. C’est la fin de la maïeutique. La supériorité de notre civilisation tient entièrement là-dedans, la possibilité de se libérer des tabous et des fétiches, la liberté de critiquer les dogmes et ainsi d’envisager les problèmes sous un nouvel angle et de pouvoir les résoudre. Si on vous coupe votre queue qui sent le fromage à chaque fois que vous vous demander si 2 et 2 font réellement 5, vous n’arriverez jamais à comprendre qu’en fait non, ça fait 4.

[…]

Il est particulièrement insupportable de vois ce gland de Pape du camp des saints expliquer les limites de la liberté d’expression en des termes parfaitement fallacieux. Si je critique sa mère et qu’il me met la main dans la gueule cela veut dire qu’il y a des conséquences à mon discours, pas qu’il est limité par autre chose que la peur et ou éventuellement la bonne éducation. La liberté elle demeure, j’assume le choix d’en user ou pas mais ce choix m’appartient.

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A présent, il est temps de démontrer par la grande porte
pourquoi le discours de Woland, bien que dépourvu d’erreurs, et totalement nécessaire par les temps qui courent, au regard des drames qui secouent la France, sera toujours accompagné du sifflement des foules et de l’aboiement des chiens.Voici ma réponse :

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Vous avez raison de dire cela. Il faut le dire et le redire !

Néanmoins, au nom de la liberté d’expression elle-même, il faut aussi regarder la face pile de votre pièce…

Songez seulement à cela : une nation qui censure les choses qui peuvent se dire et se penser (alors qu’elle punit à peine certains actes criminels), est une nation qui finalement accorde davantage d’importance à ce qui est dit et pensé que les autres, qui ne le font pas.

La censure, c’est encore un coup de projecteur accordé aux idées… une crispation collective contre certaines vérités, est paradoxalement le signe de ce que cette collectivité possède des vérités communes, qui lui sont chères… cette crispation autour des fruits de l’intelligence, c’est encore le signe de l’existence d’une civilisation autour des fruits en question (c’est la preuve qu’il existe un arbre autour du fruit ^^). Car ce qu’une civilisation a de plus sacré, on le sait, ce sont ses tabous… Dis-moi qui tu hais, je te dirai qui tu es.

[De même, un fond-diffus de racisme ou de xénophobie est le signe-même de l’existence d’un peuple en tant qu’entité distincte, possédant son corps-propre – et donc son propre système de défense immunitaire. Les étrangers qui nous reprochent notre racisme, en réalité nous reprochent notre prétention inouïe, sacrilège, à ne pas en avoir – pour des peuples plus primitifs, une telle prétention équivaut à l’übris le plus forcené… c’est un peu pour eux comme si nous leur disions que nous sommes des Dieux, mais que nous leur interdisions de dénoncer la chose… Ils nous haïssent, du coup, comme c’est pas permis, et c’est bien compréhensible ma foi. ^^]

Ces vérités bien-évidemment, on ne peut jamais les dire – et moins encore à l’étranger qu’en France, car avant que d’énoncer certaines vérités, si l’on veut qu’elles soient comprises dans leur densité initiale, il faut avoir des bases communes, c’est-à-dire des tabous communs.
Ou plutôt, ces vérités, vous pourrez sans danger les énoncer hors de votre nation, et vous serez fort bien accueil, on vous dira même que vous êtes spirituel : mais le fait-même que l’étranger puisse accueillir avec un sourire détendu les vérités que vous avez abreuvées de votre sang quand vous étiez dans votre pays, montre qu’elles ne sont pas des vérités pour lui au même titre (avec la même densité sentimentale) que pour vous.

C’est encore une fois la rencontre des interdits qui justifie la liberté d’expression – ce sont les interdits qui engendrent les libertés. Et c’est vous-mêmes qui l’expliquez dans votre texte ! Mais les implications dernières de tout cela, quasi personne n’est vraiment prêt à les entendre, même pas vous. Et c’est bien normal. Nous ne sommes que des êtres humains après tout.

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Au jour du grand défilé, y avait deux sortes d’absents. Les barbus, et les Cassandres.

Il y avait ceux qui étaient venus pour faire rendre gorge à tous les hommes qui avaient péché. Si on les laissait faire, la terre toute en-puretée, deviendrait bientôt semblable à la lune.

Il y avait ceux enfin qui, parmi le peuple des gentils français, s’étaient donné la peine plusieurs années durant, d’avertir les hommes en règne, des suites logiques de leurs dérives.

Mais… de quelle nature étaient-elles au juste, ces dérives du pouvoir, selon les opposants qu’il avait dans sa propre maison ?

Blasphème systématique ? Irrespect ? Absence de tabous ?

Les avertissements des « Cassandre », (alarmées qu’elles avaient été bien avant le drame, de ce qu’un tel drame pouvait advenir), portaient-ils sur un abus généralisé de toutes les libertés de la part du pouvoir ? Non curieusement, absolument pas.

Car réduire ainsi les Cassandre au silence, sans pitié ni ménagement, de la part du pouvoir en place, ce n’avait été faire la preuve ni d’un grand esprit de liberté, ni d’un véritable esprit d’ouverture, ni d’un véritable amour pour le dialogue…

Or quand on se targue d’être un pouvoir « tolérant » et ouvert au dialogue, il faut avoir les moyens de ses ambitions, n’est-ce pas ? Cela nous parle sans doute de la vanité inhérente aux trop grandes ambitions…

Ironie tragique du sort, des sauvages venus des déserts venait à présent reprocher à ces hypocrites un excès de libéralité.

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Les sauvages croyaient que les occidentaux n’avaient plus de tabous, simplement parce que des femmes belles, en occident pouvaient se montrer nues partout sans jamais donner l’impression de rencontrer le moindre tabou en face.

Pour le sauvage, tabou implique désir. Le sauvage ne sait pas qu’un tabou ça ne disparaît pas, ça se déplace… et que l’essentiel est invisible pour les yeux.

Le pouvoir occidental en place avait bel et bien encore des tabous – invisibles aux yeux des sauvages -, et ces tabous il entendait bel et bien les nier – les nier eux, et leur douleur, avec toute la violence qui s’ensuit. Ces tabous vivants étaient les Cassandres.

Les Cassandres étaient venues avertir le pouvoir du monde dit « Libre », que sa religion de la tolérance et de l’ouverture d’esprit était devenue une religion sectaire exactement comme les autres, avec son vocabulaire-propre et ses codes excluants, faisant d’elle un outil de plus pour opacifier le monde…. un outil d’aliénation, un outil de caste, ennemi des gens simples, hostile à l’intelligence des enfants, hostile aux cœurs aventureux.

Ils n’ont pas écouté les Cassandres venues avertir le monde dit « libre » qu’il en était venu à simuler la liberté, à faire des grimaces et qu’en réalité il n’était pas si libre que ça.

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Dans les rues, le lendemain du drame, parmi les gens qui peuplaient et animaient la France, deux sortes d’hommes manquaient, car ils étaient restés à la maison : les pires et les meilleurs, ensemble unis dans une même détestation du temps. Mais ils n’étaient absolument pas mus par les mêmes forces, ni par les mêmes raisons.

La carte d’identité

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Le chef de l’attentat islamique contre Charlie Hebdo a laissé sa carte d’identité sur les lieux de son crime… Des tas de conspis psychotent. Au fond je crois que je les aime bien, moi, les conspis… Ils sont à mes yeux une sorte barrière infranchissable de l’irrationnel contre ceux qui veulent faire la police dans ce domaine. Des sortes d’anarchistes levés contre les flics de la pensée (et des rêves)… Le totalitarisme Orwellien a trouvé sa répartie – également effrayante. Mais, aux grands maux les grands remèdes, non ? Hum.

Le type oublie sa carte d’identité… En d’autres circonstances un psy aurait crié à l’acte manqué. En l’occurrence l’acte n’était pas vraiment manqué, je vous ferai dire : le type qui a laissé sa carte d’identité avait vraiment l’intention de laisser sur terre son enveloppe charnelle… et d’ailleurs il l’a fait. Hum. L’enveloppe charnelle estampillée aux armes de la République… cela nous mène assez loin, finalement. Poésie très noire.

« Personne ne connaît mon nom, et personne ne connaît ce refuge… » Ernst Jünger

Il faut tout de même avoir vraiment une mentalité de bourgeois peureux et matérialiste pour ne pas comprendre ce geste-là. Les terroriste n’étaient pas là comme des bandits venus faire un casse, ils ne prévoyaient pas de partir cacher un magot dans le maquis, puis de rester tout le restant de leur vie en cavale, ou de partir siroter des cocktails dans les Bermudes. Ces gens n’aiment pas suffisamment la vie pour songer à leurs arrières. Eux, ce qu’ils visent, ça n’existe pas ici-bas. Ce qu’ils veulent, ce qu’ils ont été formés pour atteindre, c’est le paradis là-haut. Point. Il n’y a qu’aux bourgeois que ce genre de « projet » de vie paraît impossible, car précisément ce n’est pas un projet de vie.

Ce que visent les kamikazes islamiques lorsqu’ils font un attentat c’est :

1) répandre la terreur de leur Dieu. Ils veulent que nous admettions leur Dieu comme le plus grand, en avouant qu’il nous fait peur. A moi perso il ne me fait pas peur, parce que j’ai des idéaux d’une puissance spirituelle qui écrase les leurs sans mal, et passe à mille pieds au-dessus de leurs pauvres têtes de bois brut. Mais ceux qui ne vivent que pour manger et bosser, je comprends qu’ils soient actuellement en train d’écarquiller les yeux comme des soucoupes. Fallait pas accepter de se diminuer à ce point, voilà ce que j’ai à dire aux bourgeois.

2) devenir célèbres pour ce qu’ils ont fait. Aider les inspecteurs à mettre un nom sur leur forfait, c’est en quelque sorte le signer, et donc empêcher que d’autres gens le récupèrent à leur propre compte.

3) mourir l’arme à la main, en combattants, si possible sous les balles de l’ennemi – pour bien que l’ennemi comprenne qu’ils lui déclarent la guerre. Le plus vite dans ce cas-là était le mieux : ils VOULAIENT être rattrapés et en finir rapidement. Ils n’entendaient pas survivre à leurs « œuvres », cela ne faisait pas partie du « contrat avec Allah » pour obtenir le paradis.

Pour comprendre ça il suffit de connaître un peu la psychologie de base du fanatique. Imaginez-les comme des fervents de la secte du Temple Solaire, si vous avez encore du mal à prendre pour argent comptant ce que je vous explique.

Ces gens-là – ceux qui ont ce profil-là d’agresseurs -, il faut avant tout les voir comme des fainéants. Il n’aiment pas le travail, ni surtout l’effort intellectuel. Ils n’aiment pas suivre des règles compliquées, ils n’aiment pas apprendre à soumettre leurs pulsions. Ils n’ont pas envie de faire l’effort de devenir civilisés. Ils ne sont pas suffisamment masochistes ou retors pour cela. A leur yeux, la civilisation, cela représente une montagne impossible à gravir… trop de boulot, trop d’effort, pour obtenir au final quelque chose qui ne les fait pas suffisamment fantasmer.

[Digression] La République, pour les faire fantasmer, il faudrait qu’elle leur tienne la dragée haute. Car ils méprisent les gens qui leur font la charité sans contre-partie. Ils sont vis-à-vis de la République comme des hommes vis-à-vis d’une belle qui se donne trop facilement : elle a beau être belle et pleine de qualités morales, elle n’est pas suffisamment méprisante et altière – elle n’a pas suffisamment un comportement « aristocratique »– pour leur intimer le respect. Elle se donne simplement, quand eux voudraient un peu la voler, un peu la forcer. S’ils n’arrachent pas un peu leur pitance à un ennemi fantasmé, celle-ci en perd tout piment à leurs palais barbares, elle en perd et son goût et son prix. C’est cela l’esprit racaille ; c’est cela l’esprit du désert. Les hommes du désert utilisent le même mot pour « mansuétude » et pour « nuage de pluie » (Anna / Hannah / Adnane). Pour eux, un nuage de pluie c’est rare ou bien ça n’en est pas vraiment un. [Digression]

Cependant, ils ont tout de même certaines qualités morales : ils sont en quelque sorte assez francs du collier, ils vont droit au but sans passer par les finasseries concoctées par les prêtres et les puissants pour faire marcher les veaux. En effet, la religion a probablement été inventée en premier lieu par les prêtres et les puissants pour alléger le poids de la vie aux pauvres gens : on leur enlevait la peur de la mort, et ainsi ils devenaient plus détendus, moins pressés de jouir de tout tout-de-suite, donc mieux disposés à passer leur vie à la perdre au boulot, comme les petites fourmis inconscientes que la nature attache à l’accomplissement de travaux collectifs qui les dépassent.

Eux, les fondamentalistes, ils ont poussé la logique de la religion dans ses retranchements ultimes, jusqu’à en annuler tous les bienfaits. Ils disent en quelque sorte (en filigrane) aux prêtres et aux puissants la chose suivante : « Puisque nos vies de pauvres gens ici-bas ne valent rien et qu’il faut que nous perdions nos jours sur terre à mériter une vie éternelle après la mort, autant abréger le plus rapidement cette phase de pure souffrance nécessaire en accédant directement à la vraie vie par un acte d’éclat ». Je dis que les fondamentalistes sont des gens qui sont dotés de certaines qualités morales, car il faut leur rendre justice sur ce point (on doit toujours rendre justice à ses ennemis, Confucius) : ils ne veulent pas vivre la vie terne du mec lambda qui passe sa vie à chier, à baiser, à bouffer, ils n’aiment pas non plus la promiscuité dans les grandes villes, et veulent couper court à toutes les compromissions de la vie sociale.

Cependant, comme je disais, tout cela, ces raccourcis oiseux, procèdent avant tout d’une grande fainéantise intellectuelle : au final ils restent définitivement de mauvais élèves revanchards qui veulent damer le pion à leurs maîtres de religion (comme aux maîtres du monde) en répondant juste aux questions que tout le monde se pose, sans passer par la case travail. En cela ils restent hélas encore et toujours de bons enfants soumis.

Mais leur principal problème (la fainéantise intellectuelle est vraiment la mère de tous les vices), c’est qu’il ne leur est visiblement jamais venu à l’esprit qu’ils pouvaient aussi vivre non pour autrui (pour la gloire de Dieu ou pour rendre la monnaie de sa pièce à l’Occident, ou pour damer le pion à divers maîtres) mais simplement pour eux-mêmes. Pour faire cela, évidemment, il leur faudrait admettre qu’on ne se cultive pas pour faire plaisir à un maître d’école, mais avant tout parce que le savoir est une richesse et une source inépuisable de plaisirs secrets… qu’on ne respecte pas les lois de la cité pour faire des mamours aux flics, mais simplement parce qu’on vit plus confortablement à l’intérieur d’une cité en bon état de marche que dans la jungle parmi les bêtes… et qu’il n’y a peut-être pas de paradis à la clef des bonnes actions, mais que l’honneur et la dignité d’un homme consistent précisément à essayer de continuer d’être bon même s’il sait que la vie est injuste et qu’on va tous mourir… Une difficile lucidité que celle-là, et certainement pas accessible à tous ses prétendants, je sais.

Pour faire face à l’injustice constitutive de la vie, que jamais aucune religion ne résoudra (sinon y’aurait pas de jeu, pardi !^^), et dont la grosse môman République n’est nullement responsable (elle ne peut pas être responsable de tout, allons !), il leur faudrait évidemment un courage énorme… un courage de longue haleine, un courage de fond, l’héroïsme profond et grave des PATER FAMILIAS… ils ne l’ont pas parce que leur tempérament est fondamentalement puéril et féminin : ils veulent aller à l’essentiel sans passer par le chemin ronceux.

Les inconsolés

Une liste de citations d’auteurs est en cours de construction du côté de chez moi… pour poser des jalons où l’homme inconsolé pourra reposer un peu son âme douloureuse. Seulement, pas un seul des textes que j’ai choisi n’existe sur le web dans la version que je désire, aussi je suis obligée de les copier moi-même, à la main. Cela prendra du temps.

[… Exception faite de mes sélections de textes issues du Nouveau Testament. Celles-là je peux d’ors et déjà vous les donner : elles existent sur le net dans toutes les versions possibles… Je pourrais aussi bien vous enjoindre à lire l’Épitre aux Corinthiens, et celui aux Galates… Ce serait plus rapide… Mais pourquoi donc faire « rapide » ? Le chemin le plus court vers la Vérité, c’est l’Apocalypse. Et contrairement à certains, j’aime la vie. Aussi je ne peux pas vouloir l’Apocalypse.]

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Just a little help for my friends :

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33169149.fyTdqsoO.VaticanStatueofSaintPaulNon, ceci n’est pas Zeus !  Lol !

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Saint Paul et la laïcité dans l’Epitre aux Corinthiens 1 :

10.23 Tout est permis, mais tout n’est pas utile; tout est permis, mais tout n’édifie pas.10.24 Que personne ne cherche son propre intérêt, mais que chacun cherche celui d’autrui.10.25 Mangez de tout ce qui se vend au marché, sans vous enquérir de rien par motif de conscience;10.26car la terre est au Seigneur, et tout ce qu’elle renferme.10.27 Si un non-croyant vous invite et que vous vouliez aller, mangez de tout ce qu’on vous présentera, sans vous enquérir de rien par motif de conscience.10.28 Mais si quelqu’un vous dit: Ceci a été offert en sacrifice! n’en mangez pas, à cause de celui qui a donné l’avertissement, et à cause de la conscience.

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Saint Paul et la liberté dans l’Epitre aux Corinthiens 2 :

3.6 Il nous a aussi rendus capables d’être ministres d’une nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l’esprit; car la lettre tue, mais l’esprit vivifie.

3.17 Or, le Seigneur c’est l’Esprit; et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté.
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Saint Paul et l’Esprit des lois qui prime sur la Loi :

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Galates 5 _ Louis Segond

C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude.

Voici, moi Paul, je vous dis que, si vous vous faites circoncire, Christ ne vous servira de rien.

Et je proteste encore une fois à tout homme qui se fait circoncire, qu’il est tenu de pratiquer la loi tout entière.

[NDLA : Observer la loi toute entière : chose impossible et qui donne des troubles obsessionnels compulsifs, comme chacun sait.]

Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi ; vous êtes déchus de la grâce.

Pour nous, c’est de la foi que nous attendons, par l’Esprit, l’espérance de la justice.

Car, en Jésus Christ, ni la circoncision ni l’incirconcision n’a de valeur, mais la foi qui est agissante par la charité.

Vous couriez bien: qui vous a arrêtés, pour vous empêcher d’obéir à la vérité?

Cette influence ne vient pas de celui qui vous appelle.

[…]

12 Puissent-ils être retranchés, ceux qui mettent le trouble parmi vous!

13 Frères, vous avez été appelés à la liberté, seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte de vivre selon la chair; mais rendez-vous, par la charité, serviteurs les uns des autres.

14 Car toute la loi est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci: Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

15 Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde que vous ne soyez détruits les uns par les autres.

16 Je dis donc: Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair.

17 Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez.

18 Si vous êtes conduits par l’Esprit, vous n’êtes point sous la loi.

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[NDLA : C’est ainsi que l’Eglise ne peut en vouloir à ceux qui lui tournent leur dos, même pour lui montrer leur derrière : ainsi, de tels larrons usent encore et toujours de leur Liberté, qui est le bien le plus précieux que Jésus ait donné à ses gens en partage. Ainsi, même en s’opposant à la loi de l’Eglise, ils agissent encore et toujours conformément à l’Esprit de la Loi de Christ, qui est l’esprit de Liberté.

En revanche, celui qui veut s’introduire dans le Saint des Saints pour y tripoter les reliques et trafiquer indûment avec le vin renfermé dans l’autel, celui-là est davantage, bien davantage, perçu par l’Eglise comme un ennemi.

En effet, ce n’est pas tant le paganisme dans son aspect libertaire qui pose problème ici, mais le paganisme dans son aspect « magique », chamanique, ésotérique. Illustration par la suite de ma citation de Saint Paul s’adressant aux Galates : ]

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19 Or, les oeuvres de la chair sont manifestes, ce sont l’impudicité, l’impureté, la dissolution,

20 l’idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes,

21 l’envie, l’ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables.

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[NDLA : Le « enivrez-vous, enivrez-vous » de Baudelaire à ce sujet était net. Par l’Ivresse, il ne désignait pas lui non plus uniquement celle de la boisson, il parlait bien sûr aussi des joies éphémères de la chair, mais, ce qui est encore plus important, il identifiait également à ces deux débauches (universellement désignées comme telles – donc quelque peu amoindries dans leur capacité de nuisance à cause de cela) une ivresse d’un troisième type, le type magique (qu’on retrouve aujourd’hui par exemple chez les New-Age, les Surréaliste, les Freudiens), ce rapport au monde halluciné qui ne rend compte de la réalité qu’à travers le miroir des symboles, que trop de gens sérieux prennent pour une chose sérieuse – ce qu’elle n’est pas.

Le chrétien n’est – encore une fois – pas celui qui ne s’enivre pas (il n’est pas celui qui ne pèche pas), mais celui qui est encore capable de distinguer ce qui est un péché (ou une « ivresse » – question de vocabulaire) de ce qui n’en est pas.]

Féminisme vrai (2)

House-Stark

Céans, plutôt que de me répandre en longs discours, je me contenterai de livrer à votre expertise de lecteurs d’élite* une petite curiosité glanée sur le net.

Il faut que vous sachiez qu’il y a, depuis quelques temps, un drôle de young angry white man pseudo-nommé Steppenwolf qui pond sur le CGB des commentaires-fleuves d’un goût très particulier. On apprend sous l’article intitulé Révisionnisme Orgasmique qu’il vient d’ouvrir un blog. Celui-ci ne comporte pour l’instant qu’un seul article, qui concerne précisément le sujet qui nous intéresse, aussi je vous enjoins chaleureusement à aller le consulter : Ici .

Ce sera tout pour l’instant, à vous les studios.

(* je reprends cette terrible expression en la mémoire de quelqu’un que les réacosphériques de moins de 4 ans de blogging ne peuvent pas connaître… ^^)

Féminisme vrai (1)

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Fut un temps où je m’amusais simplement à écrire ici tout ce que je pouvais croire vrai, à un instant t, rien qu’en interrogeant ma conscience, et sans me soucier de la façon dont cela serait perçu, ou de si les propos que ma conscience allait me pousser à tenir étaient ou non choquants ou même répréhensibles… J’aimais cela : non pas forcément pour l’art d’avoir raison, mais simplement pour celui d’évaluer ma conscience… Je voulais éprouver la qualité morale de ce en quoi mon expérience de la vie m’avait amené à croire… Je voulais voir également si entre les multiples certitudes en apparences opposées que j’avais pu avoir à des époques différentes, en des périodes de temps assez éloignées, je voulais voir s’il n’y avait pas la possibilité d’établir des ponts entre tout ça… Je voulais voir si j’étais vraiment aussi multiple et incohérente que je pouvais le paraître aux yeux de certains – qu’aujourd’hui j’appelle les profanes ^^ – car j’avais l’intuition folle qu’en dépit de mes plusieurs virtualité (et de mon sexe féminin), comme tour un chacun, je n’étais qu’un.

On a donc pu lire autrefois sous ma plume des choses assez provocatrices… J’étais un peu désespérée aussi, j’étais fondamentalement seule – une jeune adulte désœuvrée trainant depuis trop longtemps dans sa chambre d’adolescente – ce qui faisait que je n’avais peur de rien. Je ne demandais alors que des sensations fortes et de l’aventure. Le respect de moi-même était une chose qui ne me touchait pas. Quand on n’a que soi-même sur qui veiller, de qui prendre soin, on est finalement bien peu de choses. Il a fallu que la bonne santé et l’honneur d’autres personnes en viennent à dépendre des miens, pour que je retrouve enfin le sens de ma propre dignité que le désœuvrement et le mépris de moi-même m’avaient fait perdre.

En ce temps-là j’écrivais donc des choses dangereuses. Mais que je m’en foutais ! Vous savez, quand on passe son temps à parler dans le vide à des gens qui n’écoutent pas et qui prennent tout ce que vous dites pour du pipi de chat sans conséquence ni profondeur, la perspective de choquer quelqu’un, ou simplement de provoquer quelque remous, rien que par l’usage du langage, semble une perspective utopique, et même un Graal inespéré.

Récemment j’ai vu dans mes stats qu’il y avait un afflux de lecteurs sur l’un de mes vieux articles. La propriété c’est le viol. Tout d’abord je n’en ai rien eu à foutre, je me suis dit qu’il devait y avoir un troll qui linkait cette page comme un forcené, sur tous ses nombreux comptes Facebook… Dans un premier temps mon orgueil a parlé : « Et puis alors ? Quand bien même ? qu’ai-je à me reprocher ? »… Et puis je suis retournée me lire et j’ai eu honte. Pour ce qu’il y avait d’écrit à l’origine dans ce billet, j’aurais bien pu écoper d’un procès. J’ai imaginé que la personne dont je citais le nom se plaigne et je me suis vue retirer d’office mes propos avec de plates excuses. Je me suis trouvée tellement indéfendable rétrospectivement que finalement j’ai fini par supprimer moi-même l’article sans attendre qu’on ne me le demande. Je l’ai remis en ligne aujourd’hui (quatre années et un jour plus tard très exactement – hasard rigolo) après y avoir ménagé quelque corrections.

Ce n’est pas du tout du fonds de l’article dont je rougis aujourd’hui, mais simplement de l’attaque perfide ad-hominem qu’elle contenait à l’époque. Franchement bas.

En ce qui concerne le sens profonds des propos que je tiens dans ce vieil article, puisqu’à la première lecture ils peuvent paraître un peu sibyllins, je m’en rends compte également aujourd’hui, j’ajouterai qu’il est contenu dans le passage suivant d’un autre de mes billet, intitulé : « C’est l’histoire d’un mec… ou pourquoi les femmes sont aussi bavardes » :

« Elle aurait voulu conclure en disant que tout cela démontrait qu’à l’origine de la recherche du mal en amour, contrairement à ce que croyaient les puritains, il n’y avait non pas l’amour du mal, mais l’amour du bien. Elle aurait voulu faire comprendre cela au monde : que l’amour n’était rien d’autre qu’une quête du sublime, et que le sublime ne pouvait passer que par la conversion du mal en bien, ce pourquoi cette quête nécessitait un passage dangereux, le passage à travers le mal, qui était un peu comme l’épreuve du feu de l’amour, d’à travers laquelle on ne ressortait jamais que cramé ou grandi. Elle aurait voulu tenir un puritain, là, devant elle, en avoir un à sa portée, pour lui expliquer que le mal en tant que tel n’avait jamais eu et n’aurait jamais aucun attrait intrinsèque, et qu’il était donc inutile et malsain de se focaliser sur lui comme sur une entité distincte, possédant sa puissance propre, alors qu’en vérité il tirait toute sa puissance du bien. Mais elle ne put pas faire cela.  »

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Pour approfondir le sujet de ces puritains qui décolorent le monde en noir&blanc, permettez-moi de vous renvoyer à : « Faire le point sur les égorgeurs du Levant« . Je vous copie-colle l’essentiel à retenir de cet article pour bien saisir mon point de vue sur les ferments (diaboliques! ~’*,,*’~) de notre société qui en quelque sorte « légitiment » le viol par derrière, tout en l’interdisant formellement par devant :

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En Occident, il y a des gens bien, […] et puis il y a toute une gangue de merde humaine autour de ceux-là, qui cherche comme une foule de cancres ligués contre une poignée de bons élèves, qui cherche de toutes ses force à les faire taire et à les étouffer. Une gangue composée d’espèces de « sceptiques » jaloux, qui ne vivent que pour prouver que la perfection n’est pas de ce monde, qui n’existent que pour décourager toute personne s’efforçant de faire au mieux, et de devenir meilleure que les autres… Ils agissent ainsi parce que les gens de bien leur font honte, sans doute… honte de leurs propres incapacités, de leurs propres erreurs.

La gangue de ceux qui se confortent les uns les autres dans l’idée qu’on ne peut rien attendre de bon de l’homme, voilà ce qui étouffe les âmes libres qui tentent de conserver leur intégrité.

Voulez-vous savoir quel dogmes par excellence correspondent à cette définition ? Que vous le vouliez ou non, moi je vais vous le dire. Ceux qui par excellence ne veulent pas croire qu’on puisse attendre quelque chose de bon de l’Homme*, ceux qui par excellence sont sceptiques et défaitistes vis-à-vis de l’Homme*, ce sont ceux qui ont en commun de lire la Bible au pied-de-la-lettre : les protestants, les juifs et les musulmans. CQFD.

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*Dans « l’Homme », j’inclus bien sûr la femme, puisque la femme appartient au genre humain.

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Vous remarquerez que la dernière phrase du texte sur les égorgeurs du Levant est un astérisque. Il y a beaucoup plus dans cet astérisque à mes yeux, qu’il n’y paraît aux vôtres. Je pense donc que l’astérisque en question mérite d’être en bonne et due forme développé.

Laissez-moi prendre un exemple médiéval de ce que les_gens(MarqueDéposée) des deux sexes – lectrices auto-proclamées féministes de Elle et Marie-Claire et bons vieux misogynes « à la Zemmour » confondus – tendent habituellement à penser de ce qu’est la femme :

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La bourgeoise de Bath est un des contes de Canterbury (XIVème siècle). Il narre l’histoire d’un chevalier condamné à mort pour avoir violé une jeune fille. Il obtient un sursis pendant lequel il devra découvrir ce que veulent les femmes. Après bien des aventures, il trouve enfin la réponse, les femmes veulent universellement dominer leurs maris et leurs amants :

« (…)Que Jésus nous donne
Des maris dociles, jeunes, actifs au lit,
Et la grâce de pouvoir surenchérir.
Veuille Jésus, aussi, raccourcir la vie
Des maris rebelles au règne de leur femme
Quant aux vieux grincheux, lents à la dépense,
Que Dieu leur fasse vite attraper la peste. »

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Pour ma part, si jamais j’ai le malheur de tomber dans mon entourage sur une femme qui pense de cette façon, je ne la prendrai absolument pas pour une femme libre… mais pour une immonde grognasse.

Les femmes ne sont pas exemptées de se comporter comme des êtres humains, c’est-à-dire de faire preuve de charité et d’empathie. Tout vrai féminisme devrait commencer par là : il ne s’agit pas de dire que les femmes sont des hommes comme les autres au sens où elles doivent porter elle aussi le pantalon, la pipe et la bite, mais au sens où : /On ne naît pas homme, on le devient/.

La phrase de Simone de Beauvoir : « On ne nait pas femme, on le devient. » est un immondice intellectuel sans nom. Elle exclut encore une fois, mine de rien, et sans y paraître, les femmes de l’humanité en supposant que ce que l’on est en droit d’attendre d’elles dans le ciel des idées est ontologiquement différent de ce que l’on est en droit d’attendre dans l’absolu des hommes.

Alors, bien sûr, le fait est que notre société attend des hommes qu’ils se soumettent à qui porte l’argent, à qui porte puissance, à qui consomme le plus et le mieux, et sait offrir les meilleurs accessoires (bling-bling en métal précieux ou bling-bling intellectuel) au statut social qu’il veut pour son égo. Notre société veut ainsi des hommes « libres » qui portent toutes sortes de bijoux (des colliers de chiens) sur lesquels on peut lire leur degré de compréhension amoureuse et soumise au système. Nous vivons dans une société où le winner est celui qui fait sienne – avec émerveillement et joie, s’il vous plaît ! – la devise suivante : « tout se transforme – même les vices et les tares -, tout a un prix – pourvu qu’on trouve acheteur -, tout se consomme – pourvu qu’on en crée le besoin -, tout se vend – le prix se négocie. »

Une femme qui entre dans ce moule a évidemment toutes ses chances de « winner » (verbe transitif). Et il n’est pas faux de dire que les femmes ont des capacités plus grandes que les hommes à entrer dans ce moule par les temps qui courent. La raison n’en est pas bien compliquée : on a ici affaire à un système qui demande des esclaves, c’est-à-dire des gens doués de mentalités serviles. La femme a été habituée à servir l’homme et à être considérée comme une mineure pendant des millénaires (voire des millions d’années) : elle a une facilité plus grande à adopter un esprit servile, c’est-à-dire à soumettre sa dignité et son esprit critique à un maître. Tandis qu’on éduque encore traditionnellement chez nous l’individu de sexe masculin pour qu’il devienne maître de lui-même, doué d’esprit critique et libre.

Dans notre monde, devenir l’égale des hommes, pour une femme, équivaut en gros à accéder à un statut de salarié-consommateur indépendant qui nécessite systématiquement (ou presque) un esprit servile. Or il est bien évident que le philosophe et l’humaniste ne peuvent vouloir pour l’être humain, c’est-à-dire pour l’homme comme pour la femme, d’une telle destinée servile. Ces exigences que ma société a à mon propre endroit, je ne les souhaite pas même à mon pire ennemi, (car elles ne pourraient le rendre que plus méchant).

Lorsqu’un esprit philosophique véritable, un humaniste au sens plein du terme, pose la question suivante : « Que devons-nous attendre des femmes ? », il me semble qu’il ne peut rien vouloir de mieux pour ses sœurs en humanité que de les voir développer elles aussi une certaine élévation intellectuelle et morale, une forme de grandeur dans le courage des idées et la puissance des sentiment, une certaine sensibilité esthétique, un certain sens de la tendresse et de vraies capacités de fraternité vis-à-vis de leurs semblables des deux sexes. Ce qui signifie, dans tous les cas, – et même s’il n’était encore question, pour l’humaniste, de rien de plus que de trouver femme à aimer, à courtiser, à épouser ou à peindre -, qu’on ne peut pas non plus vouloir pour les femmes qu’elle aient un esprit servile. Comme le montre le poème moyennâgeux préalablement cité, l’esprit servile est bas, utilitariste et méchant. Quel homme a-t-il intérêt à offrir son cœur à quelqu’un de vil, de bas, de méchant ? Les gens sans cœur ne savent que faire de celui des autres, et quand il leur est donné loisir de le déchirer ils ne s’en privent jamais.

Ainsi, on ne peut idéalement attendre des femmes autre chose que de leur voir développer à leur tour les qualités de cœur et d’esprit que l’on attend d’ors et déjà des hommes.

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[La suite au prochain article _ celui-là commence déjà à se faire long]

Liquider les fantômes

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A l’heure présente, le journal remue, il ne fait pas d’argent, mais il fait du bruit. Il est jeune, indépendant, ayant comme l’héritage des convictions littéraires de 1830. C’est dans ses colonnes l’ardeur et le beau feu d’une nuée de tirailleurs marchant sans ordre ni discipline, mais tous pleins de mépris pour l’abonnement et l’abonné. Oui, oui, il y a là de la fougue, de l’audace, de l’imprudence, enfin du dévouement à un certain idéal mêlé d’un peu de folie, d’un peu de ridicule… un journal, en un mot, dont la singularité, l’honneur, est de n’être point une affaire.

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A la tombée du jour, je regarde par la fenêtre et je vois. Le même arbre aux feuilles de sang, le même ciel aux couleurs vives, le même soleil qui descend, les nuages à la dérive, et ce qui me choque c’est que je ne les reconnais pas. Je me souviens un automne, je tirais le rêve par la queue. Je faisais semblant d’écrire un roman à la table d’un café vert, derrière les hautes vitres serties de fer, et je me prenais pour une perle enchâssée. Que de luxe de mépris n’ai-je pas rêvé ! Je voyais de là-haut un paysage sublime, et chaque côté du promontoire où je me tenais, il y avait un vrai fleuve qui abouchait une vraie ville. Ce paysage, je ne l’ai pas rêvé, ce paysage est celui de la ville de Lyon, qui est une grande cité double, rouge de tuiles romaines, baignée par deux fleuves, aux nombreux clochers.

***

La polémique a été pour moi un piège. J’ai pensé me purger, en quelque sorte, de tous les mots que je n’avais pas dits, et qui m’avaient brûlé les lèvres, quand on m’avait fait taire, quand on m’avait offensée, j’ai pensé me débarrasser de tout ce surplus d’idées comme on gratte la terre pour trouver le minerai, en faisant des exposés politiques… Mais j’ai toujours été si pressée d’en finir avec toutes ces idées pures, ces engagements, ces luttes, j’ai tant pensé en finir rapidement _ mon but originel était d’épuiser le fonds de ma colère ! _ que j’ai plutôt trouvé une source sans fin. De la terre, de la terre, et le minerai jamais. Mon but initial était de libérer de son carcan de révolte, de revendications, le créateur qui était en moi, le créateur d’imaginations pacifié… mais ce but, à mesure que je pensais expulser de moi tout ce qui relevait du parti-pris, dont je pensais que « le créateur » se trouvait étouffé, ce but je l’ai repoussé en avant… Je l’ai repoussé toujours davantage à mesure que je comprenais l’ampleur de la justesse de mes récriminations contre tout et tous. Figurez-vous que le jour on l’on ne fait plus seulement que se plaindre, mais où l’on découvre que l’on a toujours eu totalement raison de se plaindre, ce jour-là la colère ne décroît pas. Est-ce dans un pareil état que l’on peut enfin se mettre à contempler, à poétiser, à romancer, à enjoliver, à « écrire » ? Dans un pareil état, de chaleur dans le cœur, je vous le dis, la poésie et le roman paraissent des trahisons, des passivités viles. Pourtant, à l’origine, je ne voulais pas faire de politique ! Chez moi quand j’étais enfant, et c’est encore le cas aujourd’hui dans la maison de mes parents, tout était toujours ramené à la politique. J’ai été élevée pour penser en termes politiques. C’est mon logiciel, mais je n’ai jamais pour autant _ de toute ma vie _ pensé m’en servir pour faire de la politique. Non moi je n’aime pas ce qui est trop facile. La polémique est une chose facile. Vous prenez une lance, et vous foncez en avant, voilà tout. Moi ce que je voulais, c’était avoir du talent, c’était être libre. Une fibre en moi continue de ressentir, de jongler avec la totalité, de jongler avec les choses, sans se laisser happer par aucune intention, curieuse et libre. Mais l’esprit se refuse à lâcher prise, et abandonner la lance qui doit le venger de ses douleurs passées. Une conversation brillante, voilà ce que j’ai, et c’est bien. C’est mieux que ce qu’ont d’ors et déjà la plupart des femmes. Mais les grands auteurs sont rarement des artistes de la conversation. Excepté pour Proust peut-être, dont toute l’œuvre a débuté suite à une réponse qu’il voulait faire à Sainte-Beuve, il me semble que le créateur ne crée pas « en réponse à », dans le fil d’une discussion, mais ex-nihilo. C’est-à-dire qu’il embrasse tout. De l’immoralité d’embrasser tout : c’est cela qui me tracasse. On me dira que ma moralité m’assèche, qu’elle est trop susceptible, et c’est vrai. Cependant à quoi dois-je de ressentir les enjeux du monde avec une telle acuité, sinon à cette sensibilité morale aigüe, qui crie à l’injustice constamment, et qui saigne ? Comment serait-il un humain sensible, celui que tout le caractère blessant de ce monde-ci ne blesse pas à sa juste mesure, et comment un homme insensible pourrait-il être poète, faiseur de métaphores ? J’avais pensé, je m’en souviens, que mon « logiciel politique » pouvait servir à faire des romans, le jour où j’avais compris que Dostoïevski créait ses personnages comme des incarnations de ses plusieurs voix intérieures, et les faisaient se battre dans un tribunal qui n’était rien moins que celui de sa conscience morale. Ce paradigme m’avait intéressé, il m’avait apparu adapté à mon cas.

En dépit de tout cela me restera toujours un problème : je ne veux pas « réenchanter le monde » à seule fin de justifier un ordre où règnent seulement les bourreaux et les crétins – or l’ordre qui fait tenir debout notre monde, en dépit du bon sens, est de ce type. Je sais trop que ce n’est pas l’auteur qui possède son œuvre, mais son œuvre qui le possède, or je n’aimerais pas que, si je parvenais enfin à créer, comme je le désire, un roman épique, puissant et romantique, à partir de l’ignoble matière du réel (qui, tel qu’il est, à raison, me répugne), cela soit comme un vernis sucré lustré brillant répandu sur une puissante abjection (qui devrait plutôt être dénoncée comme telle), pour chanter la louange de cette abjection aux générations futures et la cautionner aux yeux de ceux qui la répandent. Je ne veux pas être le chantre d’un Occident matérialiste, dont la fibre de fraternité est nécrosée, dont l’âme profonde est muselée, contrainte au maximum, souffre… Je vois trop de femmes qui, parce qu’elle détestent les cyniques, s’attachent à trouver des bons côtés aux plus répulsives ordures, trouvent le moyen de « positiver » à tout propos, et en particulier dans des situations proprement honteuses où elles devraient plutôt chercher à fuir pour protéger leur âme, se récrier, tempêter, dire non, s’insurger. Je ne veux pas être de ceux qui enrayent la destruction de l’entreprise générale d’aliénation qui guette leur intelligence en n’utilisant jamais leur intelligence qu’à justifier l’injustifiable et à comprendre l’inadmissible… Je vois trop de « réenchanteurs du monde » qui sont des négateurs de la vérité et des écraseurs de dépressifs… Je hais trop ceux qui pensent qu’on peut agir positivement sur le réel rien qu’en le romançant, en le ré-écrivant.

Le roman doit définitivement s’exercer dans le domaine du : « dire la Vérité », et même lorsqu’il s’agit de roman fantastique ou surréaliste. Les cache-misère me font peur, surtout lorsqu’ils sont brodés avec talent. Je ne crois pas – et ne veux pas croire – qu’il suffise de creuser dans la surface de l’horreur pour lui trouver une profondeur de bien. Je ne suis pas une sadienne, je ne suis pas une gnostique. Je suis platonicienne, je suis de parti-pris chrétien.

Je brandirai toujours quoi qu’il arrive un fer de lance contre l’absurdité des relativistes, des scientistes, des ésotériciens, qui inscrivent toute logique dans un cercle. Dum Spiro Spero. En face de moi sont deux dragons brillants de mille strass, celui de l’Est et celui de l’Ouest, qui embarquent les populations en faisceaux dans l’urgence d’un grand sentiment de fatalité irrésistible, qui les empêche d’agir raisonnablement et de s’arrêter pour réfléchir : les populations en leur sein sont spectatrices de leur destin, se sentent impuissantes, et n’osent regarder la direction où le mouvement de foule les mène, qu’à travers le jeu pipé des prophéties eschatologiques. En le nom tautologique de la-Fatalité-qui-est-la-Fatalité, ces dragons veulent m’empêcher de croire que mon devenir est entre mes mains. Ceux-là même qui conduisent ces serpents, ou croient les conduire, être à leur tête, sont pris par le mouvement et ne dirigent rien, car les serpents sont sans queue ni tête, les serpents ne sont qu’un, le règne du serpent est celui de l’absurde, et ses rois sont les rois des lâches. Qui prétend toujours n’agir qu’en réaction et poussé par l’urgence de la nécessité n’est pas un Roi, mais seulement – et dans le meilleur des cas – une sorte de petit Proust sceptique. Qui est incapable de penser par soi-même, et se donne toujours l’excuse de penser « en-réaction à » ? La femme, par excellence, et tout ce qui est de caractère féminin : le causeur brillant, le mondain de compétition, le critique, l’observateur. Pas le Roi. Pas celui qui est doté du véritable pouvoir de création.

« Rêve général ! » _ « L’imagination au pouvoir » _ Je ne demande que ça.
Oui, peut-être bien que l’on peut changer le monde avec des rêves, mais ces rêves je veux les choisir, ainsi que leur direction : il est hors de question que je rêve une utilité aux choses qu’elles n’ont pas. Lorsque je rêverai, ce sera pour engendrer un réel nouveau, selon mon goût et mon selon inclinaison naturelle, pour faire ressurgir des profondeurs un réel oublié, qu’on avait depuis longtemps rejeté dans les abysses de la virtualité par manque d’ambition, par petitesse et par désespoir, mais qui était bel et bien susceptible d’exister, car il était le réel dans lequel mon âme demandait à s’incarner et à vivre. Le réel à la mesure de mon âme : voilà ce que je voudrais engendrer.

[… à suivre]

Faire le point sur les égorgeurs du Levant, _ puisqu’il le faut.

Lu chez Woland :

Si H. L. Mencken avait su…

J’étais sur le point de remplacer la devise de ce blog par cette citation de Mencken que j’aime beaucoup et qui dit « tout homme normal doit, parfois, être tenté de se cracher dans les mains, de hisser le drapeau noir et de commencer à trancher des gorges »… Je me suis ravisé en réalisant que c’est exactement ce que les petits rigolos de l’Etat Islamique font.

Ils nous auront vraiment tout salopé ces enfoirés.

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Oui mais ils tranchent quelles gorges, ces débiles-profonds ? Les gorges de leurs pauvres, de leurs faibles d’esprits, de leurs coreligionnaires, des petits commerçants qui ouvrent leur devanture le mauvais jour, des dubitatifs de passage qui ont posé la mauvaise question, des bonnes femmes qui vont le nez au vent, qui sont tenues coupables d’avoir été désirées, de gens qui n’ont rien fait à part leur disconvenir ou désobéir à je ne sais quels préceptes religieux aberrants de leur cru… des préceptes au demeurant que je vois bien évoluer toutes les semaines en pire, au gré des décisions toujours plus arbitraires du Calife…

Qui sont ces égorgeurs du Levant ? Des gens qui veulent être Saigneurs à la place des Saigneurs, Tyrans à la place des Tyrans, Calife à la place du Calife, mais qui ne remettront jamais en cause l’injustice des mauvais gouvernements, ni la tyrannie en elle-même et pour elle-même.

Qu’ont-ils donc en commun avec nos révolutionnaires français ? – Nos révolutionnaires ont certes commis des crimes monstrueux, ils se sont certes vautrés dans le sang, mais souvenons-nous tout de même qu’ils l’ont fait mus par des intentions qui en grande partie étaient bonnes – et même naïves. Certes, l’enfer est pavé des bonnes intentions. Ça ne veut pas dire pour autant qu’il ne faille plus n’en avoir que de mauvaises…

Ces gens-là, au Moyen-Orient, lèvent le drapeau noir au nom de Dieu et contre l’humanité elle-même, au mépris de l’humanité qui est à l’intérieur d’eux-mêmes. Ils ne le font pas au nom de celle-là !

Que vaut-il mieux, des gens qui nient la possibilité-même de l’humanisme ? Ou des petites gens qui, à l’image de la grenouille, ayant à un moment donné voulues se faire plus grosses le bœuf, s’étant laissés aveugler par la lumière brillante mais trompeuse de concepts philosophiques très pointus – trop pointus pour eux -, en sont venus à commettre l’irréparable pour la seule dérisoire raison qu’ils avaient à un moment donné développé un espoir fou : rendre immédiatement le monde plus fraternel, plus juste, plus généreux, meilleur ?

Les islamistes sont des gens de l’obscurité, des obscurantistes, pas des partisans de la Lumière… ils ne se battent pas pour découvrir la vérité sur quoi que ce soit : pour eux il n’y a rien à découvrir, leur vérité étant une vérité révélée. Ils se moquent bien de ceux qui argumentent posément de ce qui est vrai et de ce qui est faux.

Il n’y aura jamais d’argumentaire qui tienne fasse à ces gens qui sont des brutes d’avant-la-parole.

Ces gens sont des gens qui croient qu’on peut avoir raison sans jamais réfléchir, ni réactualiser sa pensée, ni se poser des questions nouvelles : mais uniquement en suivant des règles (parfois totalement floues, et cependant indiscutables), écrites (mais mal écrites) dans un vieux livre à auteurs multiples qui ressemble à un patchwork, et dont la plupart des soit-disant vérités-révélés demeurent (pour les esprits encore vivants) sujettes à interprétations.

Ces gens ne vivent pas dans le réel mais dans un livre. Ils appartiennent aux origines obscures du monde, où la peuple n’écrivait pas, mais pensait que « tout était écrit ».

Ils ne veulent pas de la civilisation : ils combattent la civilisation. Ils ne veulent pas du progrès : ils croient toute possibilité de progrès humain impossible. Pourtant l’Histoire leur démontre qu’ils ont tort.

L’homme s’est parfois montré capable, au moins à échelle individuelle, d’échapper à sa « nature » profonde, qui était basse, et d’accéder à un vrai et moral libre-arbitre, de faire preuve de grands actes de bravoure sacrificiels et de grande générosité. L’homme est capable de travailler sur lui-même et d’accéder à un sentiment aigu de ce que serait une vraie noblesse d’âme !

Or ces gens et leur dogme religieux n’exploitent rien de ce qui est potentiellement grand, beau et généreux en l’homme, ils n’exploitent aucunement sa volonté de bien-faire : ils n’exploitent que ses pulsions les plus meurtrières et les plus mortifères. Ils n’exploitent en l’intellect-même de leurs partisans aucune véritable qualité : ils demandent uniquement à leurs plus grands supposés « savants » et à leurs étudiants les plus assidus, de faire preuve d’une infinie soumission à la « Vérité Révélée », c’est-à-dire qu’ils ne leur demandent rien d’autre que la servilité intellectuelle la plus crasse.

Quel rapport y-a-t’il entre eux et le Waldgänger qui, persécuté par un monde de faux-semblants où des illusions dangereusement spirituelles se font passer pour la Vérité (où même des illusionnistes retirent son droit de Cité à la Vérité, par pure vanité, par pure envie), se réfugie dans l’ombre pour y préserver de la vulgarité générale, de la méchanceté, une Connaissance supérieure, inaccessible au vulgus pecum bestial ?

Quel rapport y-a-t’il entre le djihadiste et le Loup des Steppes de Hermann Hesse ? L’un veut tout saloper à n’importe quel prix… Quand l’autre ne sait juste comment sauvegarder ce qu’il a de plus précieux – sachant que tout ce qui est vraiment précieux est vulnérable et fragile ! – et s’arme comme il peut contre une meute de moutons anthropophages qui l’assiège. Des millénaires d’évolution les séparent !

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Lu chez Culturalgangbang :

Le porno de masse

Le porno, aujourd’hui, ne sert plus à bander mais à ricaner, à discuter, à socialiser… ou à faire de l’art. Sorti du placard où l’on planquait les cassettes VHS, il est partout et n’est plus choquant, ni transgressif, ni même excitant… il a tristement envahi le quotidien pour devenir « amusant ». On en rit à une tablée de collègues, hommes et femmes confondus, sans que gêne ou confusion n’affleure.

Le porno est devenu inoffensif, c’est-à-dire normal. Il faut en rire, et notamment avec les femmes. Personne ne doit s’en offusquer. Surtout pas elles. Et alors qu’elles se disent « blessées » par une publicité de femme-objet ou « outrées » par les conceptions d’un Zemmour, elles ne doivent pas voir comme oppressant qu’un collègue mâle leur mette sous le nez une vidéo où elles avalent un pénis jusqu’à la garde.

A l’heure de l’égalité des sexes, l’homme et la femme font partie de la même bande d’amis, boivent des bières ensemble et sont en quelque sorte de simples « potes » qui baisent… Alors pourquoi pas partager le hard ?

[…]

La diffusion générale du porno doit permettre à ces femmes d’intéruioriser ce qu’il convient d’offrir aux hommes. L’environnement imprégné de porno exerce une certaine pression sociale pour se normaliser. A la fin, l’homme de Cro-Magnon n’aura plus à traîner la femme par les cheveux pour l’emmener satisfaire ses envies : c’est elle qui lui tendra sa crinière. Elle se comportera comme une traînée pour mieux ressembler à Rihanna.

Mais bien sûr, ne le dites pas : vous seriez affreusement pudibond, puritain, moralisateur… Voire même on vous reprocherait de vous mêler des affaires des autres. Chacun est libre. Si vous n’aimez pas, vous n’avez qu’à ne pas regarder.

Porno grand public. Porno de masse. C’est cela qui menace la dignité et le respect de la femme, bien plus que le port du voile ou le sexisme soi-disant omniprésent.

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« Porno grand public. Porno de masse. C’est cela qui menace la dignité et le respect de la femme, bien plus que le port du voile ou le sexisme soi-disant omniprésent. »

D’accord pour dire que le sexisme est loin d’être omniprésent dans notre société. Même si par bien des aspects, bien des féministes sont misogynes, car elles (et ils) détestent profondément la féminité (et même en ont peur). Le féminisme pèche en ce qu’il équivaut souvent à une haine de la féminité à l’intérieur de la femme, et à une politique systématique d’éradication d’icelle, dans une perspective de « virilisation » et d’endurcissement de l’individu féminin. Les féministes sont rarement des gens très sentimentaux, vous observerez par vous-même… Bien des hommes ayant une certaine façon-de-voir puritaine, bien des hommes ayant peur de la féminité, ayant été élevés comme pour faire de bons petits curés, trouvent leur compte dans le féminisme, qui peut être employé par eux comme une façon d’ « hygiéniser » la femme en la rendant plus semblable à l’homme, donc perçue par eux comme moins « dangereuse ».

En réalité les hommes (des manipulateurs et des faibles, en général) qui ont peur de la Femme et qui ne demandent qu’à l’assujettir et à la museler pour qu’elle prenne moins de place, trouveront toujours une façon d’arriver à leurs fins. Le féminisme est pour eux une arme supplémentaire. Hier en Occident; les femmes étaient assujetties surtout physiquement à la « loi du phallus » (mais on peut dire sans risque de se tromper qu’en leur for intérieur beaucoup étaient plutôt libres – car elles se savaient dans les fers). Aujourd’hui, un nombre considérable d’entre elles le sont psychiquement, car elles identifient mal où se trouvent les sources réelles de leurs diverses aliénations – le plus souvent elles participent elles-même activement à ces divers dogmes qui les aliènent – et d’autant qu’elles ne se méfient pas, car elles se croient libres (la bonne blague!).

C’est à l’aune de telles constatation que certains musulmans prétendent que le voile « libère » la femme. Une telle affirmation peut paraître idiote à première vue, c’est-à-dire vu de l’extérieur, mais il faut rendre à César ce qui lui appartient, il y a tout de même une logique interne à l’œuvre là-dedans. Les musulmans font partie de ces hommes à la fois « manipulateurs et faibles » qui ont peur de la femme, car ce sont (tout comme les protestants et les juifs) des puritains, des gens avides de pureté, qui cherchent à « hygiéniser » la vie. Leur solution pour remédier à leur peur de la féminité est toute simple : considérant que la féminité est dangereuse pour l’homme et par extension pour la société, c’est-à-dire qu’elle est à proprement parler un « monstre », ils ont décidé qu’il valait mieux éviter de la « monstrer » en place publique, où de toute façon elle était en danger de mort, car exposée à la juste vindicte des hommes et de la société, et qu’il valait mieux à tout prendre, pour lui conserver une existence, la « mettre à l’ombre », la cacher, comme on cache un produit toxique dans un bocal ou comme on cache dans des vêtements ses parties intimes. En quelque sorte, le musulman dit aux femmes : « Pour vivre heureuses, vivez cachées ».

Si le musulman avait raison, il devrait s’ensuivre une chose toute simple : ses femmes non seulement devraient être effectivement heureuses, mais aussi et surtout (ce dont serait assez facile de s’assurer à mon avis si c’était effectivement le cas), devraient être des parangons de féminité. Selon le principe du musulman, sa femme, en étant conservée « intacte » dans sa féminité sous le voile, est censée être plus ontologiquement « Femme » que la femme-qui-fait-l’homme de l’Occident. Or, que voit-on, lorsque les « voilées » s’expriment ? On voit des femmes qui n’ont pas l’habitude peut-être de soigner leur apparence et de se surveiller en public, en tout cas des femmes en général très arrogantes, avec des voix de crécelles, parlant fort et ne sachant pas se tenir, disant tout haut sans pudeur certaines choses fort intimes ou susceptibles de choquer ou blesse… C’est là mon œil d’observateur qui transcrit ses sensations, rien de plus. Mais je fais confiance curieusement à mon œil d’observateur.

La vraie féminité épanouie, supposément « dangereuse », si elle existe et n’est pas qu’un mythe, il faudrait sans doute se la représenter sous la forme d’une odalisque au bain : cette rêverie d’Orient typiquement romantique de chez nous. … Indolence, douceur, « eau qui dort », esprit à-demi ensommeillé, présence presque surréaliste d’un rêve en marche lente, aimable félin aux griffes rentrées, fille de Poséidon en liaison directe et involontaire avec des forces primordiales qu’il faut flatter pour ne pas qu’elles se déchaînent…

Depuis quand n’a-t-on pas vu venir d’Orient ce genre de fille-là ?

Le voile islamique ne semble donc non seulement pas une solution, mais plus encore il semble bien être un mensonge lui-aussi. Une hypocrisie de plus au service de la haine et de la vantardise des idéologues.

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Voulez-vous savoir ce qu’est le mal de l’Occident ?

En Occident, il y a des gens bien, il y a des gens qui ne demandent qu’à apporter leur humble petite contribution, à apporter leur petite pierre à l’édifice civilisationnel, pour la beauté du geste, et par foi en la civilisation, il y a des gens qui pensent bien et droit, qui aiment le bon-sens, sans arrière-pensée, qui ne sont mus que par des bonnes intentions et qui réfléchissent toujours aux conséquences de leurs pensées et de leurs actes.

Et puis il y a toute une gangue de merde humaine autour de ceux-là, qui cherche comme une foule de cancres ligués contre une poignée de bons élèves, qui cherche de toutes ses force à les faire taire et à les étouffer. Une gangue composée d’espèces de « sceptiques » jaloux, qui ne vivent que pour prouver que la perfection n’est pas de ce monde, qui n’existent que pour décourager toute personne s’efforçant de faire au mieux, et de devenir meilleure que les autres… Ils agissent ainsi parce que les gens de bien leur font honte, sans doute… honte de leurs propres incapacités, de leurs propres erreurs.

La gangue de ceux qui se confortent les uns les autres dans l’idée qu’on ne peut rien attendre de bon de l’homme, voilà ce qui étouffe les âmes libres qui tentent de conserver leur intégrité.

Voulez-vous savoir quel dogmes par excellence correspondent à cette définition ? Que vous le vouliez ou non, moi je vais vous le dire. Ceux qui par excellence ne veulent pas croire qu’on puisse attendre quelque chose de bon de l’Homme*, ceux qui par excellence sont sceptiques et défaitistes vis-à-vis de l’Homme*, ce sont ceux qui ont en commun de lire la Bible au pied-de-la-lettre : les protestants, les juifs et les musulmans. CQFD.

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*Dans « l’Homme », j’inclus bien sûr la femme, puisque la femme appartient au genre humain.

Causer à Futura_Science

Walter White, à la pointe du traitement contre le cancer...

Walter White, à la pointe du traitement contre le cancer…

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En surfant ce matin on est tombé sur un article de Futura Science. On a eu envie d’y répondre… On se sait pas, on a peut-être une chance d’y être lu, peut-être même d’aider quelqu’un, enfin, de servir à quelque chose… Non pas qu’on ne serve à rien IRL… Mais enfin on a toujours rêvé de faire quelque chose de sa plume… On n’est pas qu’un mammifère, hein… On est aussi une bête à plume… Un ornithorynque, vous dites ?

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Voici l’Article :

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Les dépressions à répétition sont neurotoxiques

Les personnes qui ont connu au moins deux épisodes dépressifs exécutent plus lentement des tâches cognitives courantes nécessitant attention, concentration et rapidité. D’où l’intérêt de prévenir les rechutes dans cette maladie « neurotoxique ».

[…]

Ce sont les conséquences de ces rechutes à répétition qui inquiètent les médecins et chercheurs. S’il est maintenant prouvé qu’il existe un ralentissement psychomoteur chez les personnes déprimées (c’est d’ailleurs l’un des critères de diagnostic de la maladie), rien n’indiquait jusqu’alors que cette altération pouvait persister après l’épisode dépressif.

Des performances altérées à partir de deux dépressions

Pour en savoir plus, des chercheurs de l’Inserm ont mené une étude chez plus de 2.000 patients ayant connu entre un et plus de cinq épisodes dépressifs au cours de leur vie. Afin d’évaluer leurs capacités cognitives, ils ont mesuré la rapidité à exécuter un test simple (le TMT : Trail Making Test) qui consiste à relier des cercles numérotés et placés dans le désordre sur une feuille. Le test a été effectué deux fois chez chacun des patients : pendant l’épisode dépressif, puis six semaines après, alors qu’une bonne partie de ces patients était en rémission complète (sans aucun symptôme dépressif résiduel). Les résultats paraissent dans la revue European Neuropsychopharmacology.

Juste après une première dépression, le temps nécessaire pour réaliser ce test est de 35 secondes. Ces performances sont à peu près identiques chez les personnes qui ont subi un second épisode dépressif. Pour les personnes qui ont dans leurs antécédents trois épisodes dépressifs ou plus, ce temps se rallonge considérablement, et ce même chez les sujets rétablis (1min20 au lieu des 35 s).

« Plusieurs autres variables sont potentiellement explicatives (âge, niveau d’étude, activité professionnelle…) mais si on ajuste les paramètres, nos résultats restent extrêmement robustes » précise Philip Gorwood, qui a mené cette étude (Unité Inserm 894  « Centre de psychiatrie et neurosciences », Clinique des maladies mentales et de l’encéphale – CMME, Centre hospitalier Sainte-Anne).

… ETC.

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Et voici ma RAIPONCE :

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Bonjour, je viens d’ouvrir un compte à Science&Vie car je souhaite participer à ce topic.

Si l’on postule que la dépression consiste en une sorte d’abaissement/de ralentissement de toutes les défenses naturelles de l’organisme (ce qu’il est facile d’observer chez les rats qui ont subi un traumatisme, par exemple), il n’est pas étonnant qu’on constate chez l’homme qu’une baisse de la réactivité immunitaire s’accompagne d’une baisse de la réactivité intellectuelle.

Mais l’homme n’est pas (qu’)un rat, n’est-ce pas ? Pascal a dit, avec une certaine poésie, que l’homme était « un roseau pensant ». Ainsi, pour que chez l’homme le corps exprime quelque chose de l’ordre du « je ne veux plus vivre », il faut nécessairement qu’en amont l’esprit ait en quelque sorte renoncé lui aussi à se battre. L’esprit, chez l’homme, est une force beaucoup plus active que chez le rat – n’importe quel psychanalyste sera d’accord avec moi à ce sujet.

Je voudrais faire remarquer une chose toute simple : lorsque nous répondons à une énigme (les test de QI sont, vous remarquerez, essentiellement composés d’énigmes) et par extension lorsque nous acceptons de relever des défis (ce que les anglo-saxons désignent sous le terme générique de « challenge »), nous nous mettons alors dans des dispositions d’esprit particulières qui sont des des dispositions à proprement parler de « combat ».

En quoi consiste-donc le problème – immunitaire comme intellectuel – des dépressifs, sinon en ce qu’ils se refusent en quelque sorte à « entrer en combat » contre diverses forces extérieures qui les agressent/contre divers systèmes de pensée étriqués qui les aliènent ?

Lorsque les forces extérieures qui nous agressent sont simplement des polluants physiques ou des « radicaux libres », il est loisible de penser que l’homme n’a aucune raison raisonnable de renoncer à se battre. Mais lorsque les forces qui aliènent l’esprit humain et le contraignent à ravaler constamment sa colère sont simplement les forces de l’ordre ou plus encore la pression sociale (a.k.a la pression du groupe, le fait de « vouloir s’intégrer »), alors il faut prendre en compte une donnée nouvelle : c’est alors la Civilisation elle-même (c-à-d les devoirs inhérents au statut de citoyen, de père ou de mère de famille, d’employé.. etc) qui contraint l’homme à s’asseoir sur son orgueil, ses justes revendications, son honneur, son esprit critique, c’est-à-dire à s’asseoir sur son auto-préservation-même !

Si la dépression peut être observée chez les rats, va-t-on pour autant demander aux rats de « verbaliser » leur traumatisme ? Plus encore va-t-on leur demander de s’allonger sur un divan pour réfléchir à la dernière fois où il leur semble qu’ils ont désiré leur mère ?

Il me semble plutôt qu’on a montré en laboratoire que les rats évacuaient leur stress de préférence en s’attaquant les uns les autres (et non en se faisant des bisous). Une expérience à eu lieu à ce sujet, dont les résultats sont lisibles sur votre site, où l’on a vu que les individus-rats confrontés à un stress important, lorsqu’ils étaient laissés seuls dans une boite vide pour l’affronter, développaient toutes sortes de maladies, car leur défenses immunitaires baissaient. Tandis que ceux qui étaient mis en groupe face au même stress, réussissaient à évacuer ce stress (et donc à conserver leurs défenses immunitaires en bon état de marche) en s’attaquant les uns les autres.

Sur le plan épistémologique, le complexe d’Oedipe et les autres mythes freudiens, sont +/- du même ordre que les concepts symboliques « pré-pensés » que nous fournissent l’astrologie ou le Tarot, pour nous représenter ce qu’est un homme. S’il y a en effet des nourritures terrestres pré-mâchées (qu’on appellera notamment de la junk-food), pourquoi n’y aurait-il pas des nourritures intellectuelles pré-pensées ?

Ce sont des mythes consolateurs, ils peuvent avoir une certaine fonction rassurante, ils peuvent permettre à des gens qui doutent du bien-fondé de ce qu’ils font et de la valeur de leur personne, de se raconter des petites histoires à propos d’eux-mêmes qui redonnent un semblant de linéarité discursive (voire une certaine densité héroïque) à leur existence. Mais redonner à des gens qui doutent trop un certain nombre de certitudes imaginaires à propos d’eux-mêmes revient au final à faire le même exact job que n’importe quelle religion.

Certes, le placebo est une technique scientifique, néanmoins je ne suis pas sûre que prendre systématiquement des sornettes pour des médicaments le soit.

L’homme en effet a besoin pour « défendre son bout de beefsteak » (comme on dit), d’avoir confiance en lui-même et en sa propre valeur. Or depuis quand au juste préfère-t-on demander aux hommes de « croire » a-priori en leur propre valeur, plutôt que d’en faire la preuve ?

En effet, qu’est-ce qui convaincra mieux un homme de sa propre valeur ? Une petite histoire bien tournée concernant : les circonstances particulières de sa naissance / ce qu’on a voulu pour lui dans son enfance / la façon dont on l’a aimé ? Ou bien des preuves objectives de sa « valeur » intrinsèques qu’il aura données en agissant bien ? Ou bien la possibilité sur un « champ de bataille » objectif de se battre avec courage pour prouver sa valeur ?

J’entends par « champ de bataille » non forcément quelque chose qui ressemble au champ de bataille des rats (qui se mordent et se déchirent aveuglément les uns les autres) mais potentiellement un champ de bataille typiquement humain : c’est-à-dire un champ de bataille intellectuel, social, politique.. etc.

Peut-être même l’homme stressé (et même malade de son stress) a-t-il besoin de quelque chose qui ressemble à une enquête policière résolue… Car l’homme qui souffre par-dessus tout d’être enfermé par la société dans une petite boite, dans sa solitude métaphysique, dans sa petitesse, est celui qu’on prive d’exploiter la part de lui-même qui a le plus besoin de grandeur, d’espoir, de confiance, de beauté… Ainsi, cet homme-là a besoin par-dessus tout de Justice et de Vérité. Or qui par excellence fait la lumière sur les vilaines obscurités et sur les crimes, qui venge le faible, la victime, et découvre les méchants, sinon l’enquêteur de police, sinon le « Sherlock Holmes » ? [Cf : le commentaire d’un autre intervenant ici – très éclairant à cet égard.]

On dit que la quête d’Oedipe est une quête qui ressemble à une enquête policière – mais n’oublions pas qu’Oedipe est avant tout un roi – la pièce originale de Sophocle s’appelle en effet Oidipous Tyrannous -, et un roi qui enquête à propos de lui-même, c’est-à-dire sur son nombril. L’homme qui perd espoir a certes par-dessus tout besoin, en règle générale, de vérité et de justice… Mais n’a-t-il besoin de vérité et de justice qu’à propos de lui-même – et de son nombril ? – Parce que l’homme n’est pas seulement un rat, cela n’est pas certain.

Il y a deux grandes méthodes pour accéder à la vérité : la religieuse, et la scientifique. La première nous propose simplement de croire, la seconde nous demande d’avoir le courage de faire 1+1=2, c’est-à-dire de déterminer si telle proposition est vraie et si telle autre est fausse, selon des critères objectifs, qui sont les critères de la Logique.

Laquelle est la plus satisfaisante – laquelle repose mieux le cœur et l’esprit – selon vous ?

Merci à ceux qui auront eu le courage de me lire jusque là. A bientôt peut-être.

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Ca y est ! J’ai déjà deux mecs (un modo et un habitué) qui sont en #mode_offensif contre mon intervention.

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CES GENS SONT LAMENTABLES

– Si vous voulez assister à une joute mémorable entre moi et des cons, vous savez où cliquer :

Les dépressions à répétition sont neurotoxiques

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Serait-il donc à ce point révolutionnaire, de penser que les gens d’aujourd’hui, qui sucrent leur café aux anxiolytiques, ont besoin de défis et d’exaltations à la hauteur de leur idéalisme ? Au XXe siècle ce furent les idéologies (Rouges contre Capitalistes) qui permirent aux gens de s’ « engager » et de combattre au nom de leurs idéaux, au XIXe ce furent les diverses guerres civiles, la religion et la littérature qui remplirent cet office… Aujourd’hui comment peut-on penser que les pseudo-« challenges » débiles que fournissent aux gens la société du spectacle, la société du tout-marchandise et le jeu politique pipé, suffisent  à remplir un tel vide ?

Il faut bien comprendre que c’était-là tout le fond de mon propos.

Évidemment, qu’ils deviennent lents et mous du bulbe, les gens, soumis à un tel régime ! Crise après crise, l’envie de vivre diminue et tout le reste – intellect premier – suit. Cela coule de source.

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Ca n’est quand même pas bien difficile de voir que je me livre à ce genre de petits jeux de shoot’em up rhétorique afin de soigner ma dépression, merde !

… Le truc c’est que je suis la preuve vivante que ça fonctionne. CQFD

La théocratie des quidams (#Tour_de_Bruxelles)

Une nouvelle idée rigolote est en vogue dans certains milieux proches de la parisianité, de la boboïtude, de certains lobbys, en un mot proches du pouvoir, et de ceux qui ne lui trouvent rien à redire… Fort curieusement, bien qu’on en comprenne trop bien l’intérêt pour ceux qui sont en place, elle consiste en quelque chose d’assez inédit en France, je crois, qui aurait sans doute paru totalement absurde à nos aînés… Elle consiste, auprès du peuple en colère, à plaider pour une denrée fort prisée par ailleurs de toutes les communautés opprimées par les temps qui courent : la tolérance. On demande, chose inconnue des antiques comme des modernes, au peuple des travailleurs, des opprimés, des administrés, des gens qui composent la nation, qui ont le droit d’y voter, d’y protester, et s’il leur chante de tout réformer et de tout défaire, d’éprouver pour leurs gouvernements en faillite quelque chose comme de l’indulgence et même la pitié… Oh ! La pauvre petite communauté opprimée des hommes de pouvoir ! – C’est vrai ça, pourquoi tant de haine à leur égard ? – Et feriez-vous mieux à leur place, bonnes gens, dites-nous ? – Ne sont-ils pas des êtres humains comme vous ? N’ont-ils pas droit à un peu de compréhension eux aussi ? Ô citoyens, suspendez votre jugement ! Voyez la difficulté de leur tâche ! Admirez la beauté du monde où vous vivez. Remerciez pour ce que vous avez. Rendez grâce !

– Voilà incontestablement quelque chose de nouveau : les administrés doivent se sentir les frères de condition des « administrants » et s’identifier sentimentalement à eux (à défaut de pouvoir les remplacer)… « administrants » sur lesquels ils se voient cependant par là-même retiré tout pouvoir d’action comme de contestation… Voilà un grand pas en avant pour l’Egalité, sans doute !

– Nous sommes tous sur le même bateau ! Faites silence à présent ! Gestion de crise : beaucoup vont mourir, beaucoup vont gémir, mais c’était écrit, il fallait que ça arrive : obéissez-donc aux capitaines !

Pour ma part je ne vois pas là que de l’égalitarisme… Moi je vois aussi là-dedans une sorte de mysticisme lattent, de fatalisme quasi religieux, chez nos élites – ou du moins ceux qui font aujourd’hui triste-figure d’élite.

Moi ce que je vois-là c’est une déviation incontrôlée, de nature sectaire, de l’ancien : « nous sommes tous frères ». Lequel est devenu : nous sommes tous remplaçables.

Moi ce que je vois-là c’est une assemblée de gros gras vieux bourgeois épouvantés implorant on ne sait quelle Pythie invisible de leur révéler le sens de l’Histoire qu’ils doivent suivre… Ce que je vois ce sont des gens qui n’ont pas le courage de prendre les choses en main, qui n’ont pas le courage d’avoir des idées, et qui roulent en boule, comme des autruches qui se seraient fourrées la tête dans le cul, sur la pente d’une certaine décadence programmée.

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MOI : J’aime beaucoup entendre parler Nigel Farage au Parlement Européen, par exemple. J’adore comment il boxe toutes ces tronches de cake sur-nutries, toutes ces flasques visqueuses, ces têtes molles.

LETEL : « Toutes ces tronches de cake sur-nutries, toutes ces flasques visqueuses, ces têtes molles. »

Un peu boucs émissaires, têtes de Turc faciles, un peu populiste, non ?

MOI : Ces gens-là sont en place, ils se gavent positivement, personne ne les a élus, leur salaire est mirobolant, ils décident désormais de la plupart des lois qui régissent les peuples européens à la place des représentants élus de ces peuples européens. Nos ancêtres se sont fait trouer la paillasse pour moins que ça.

LETEL : Vous parliez [tout à l’heure] de « retenir votre jugement ». Il semble que vous [veniez d’]oublier de le faire…

MOI : Je disais effectivement tout à l’heure qu’il fallait parfois, lorsque nous étudiions l’histoire, et analysions la conduite passée des gens qui sont aujourd’hui morts, retenir notre jugement.

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# IDEOLOGIES&PHENOMENES DE MASSE :

C’est en ce sens que j’ai pu écrire : « Je n’ai rien dans l’absolu contre les communistes. » J’entendais par-là que je ne me hasardais pas à les juger en tant que personnes.

Car j’ai d’une part un grand-père qui est allé en camp de travail durant l’occupation parce qu’il était communiste. D’autre part, je condamne en le communisme l’essence-même de ce qu’est une idéologie meurtrière : à savoir un phénomène de masse : c’est-à-dire, une foule qui crie vengeance, qui demande impérieusement du sang, guidée par le ressentiment, l’avidité, la bêtise, la misère aussi, mais par-dessus tout l’esprit moutonnier… une foule aveuglée par ce qui en les idéaux, par ce qui en la foi, est le plus dangereux : à savoir leur capacité à aveugler l’homme, à endormir sa conscience morale, à le pousser à se reposer sur le groupe pour penser à sa place. Les proportions dantesques que cela a pris dans le cas du communisme Russe m’effraient grandement… Sans parler du cas Mao, qui fait l’objet chez moi d’une véritable abhorration à l’état pur.

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# POPULISME&PHENOMENES DE MASSE :

Quand on critique le populisme, c’est avant tout à cause de cela et dans l’optique qui est ici la mienne : parce que l’on se méfie des phénomènes de masse. Or les phénomènes de masse, ce qu’ils ont de dangereux, est toujours causé par une certaine dose d’obscurantisme, c’est-à-dire une certaine atmosphère d’irrationalité générale. Si les masses étaient rationnelles, nous n’en aurions rien à craindre. Lorsque par extension on a affaire à un grand nombre de gens qui conservent une attitude rationnelle, on n’a pas à craindre d’adopter une attitude « populiste » lorsqu’on les écoute. Il s’agit juste alors d’une attitude démocrate, au sens plein et noble du terme.

Mais pourquoi, me demanderez-vous, faut-croire que cela soit possible, une assemblée de gens conservant une attitude rationnelle ? Eh bien, il faut y croire lorsqu’on croit à la possibilité d’une assemblée de citoyens. Il faut y croire lorsqu’on croit qu’un peuple instruit est meilleur qu’un peuple primitif, clanique, prompt à la pensée magique. Il faut y croire lorsqu’on défend l’instruction publique et par extension la possibilité d’une civilisation. Si l’on ne croit pas une seule seconde que les citoyens d’un pays puissent à grande échelle faire preuve de prudence idéologique, de circonspection, de bonne volonté et de bon sens, alors on ne croit tout simplement pas en la possibilité d’une civilisation.

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# BIBLE&PHENOMENES DE MASSE :

J’ai peur des phénomènes de masse, c’est la vérité. J’ai pensé toute ma vie contre les phénomènes de masse. Sans doute tiens-je cela d’une enfance passée à jouer le rôle /du petit paria sympa/de la petite étrangère camusienne tristounette/de la petite curiosité qu’on taquine/, dans la cour de récré.

[René Girard vous l’expliquera mieux que moi, la Bible ne parle quasiment que de ça : de la critique des phénomènes de masse meurtriers… N’avez-vous jamais lu les Jérémiades (du prophète Jérémie), où il n’est question de la « Grande Prostituée Jérusalem » (sic.) et des juifs qui se sont montrés indignes de l’honneur divin qu’ils avaient reçu, et qui ont été (selon lui) châtiés pour cela ? – C’est encore l’Ancien Testament que cela, pourtant. Et ce n’est pas comme si Jérémie était le seul prophète juif à avoir légué un témoignage allant dans ce sens.

Pour les chrétiens, le Nouveau Testament raconte justement comment, lorsque Jésus vint aux juifs, parmi les juifs, de ses propres dires pour appliquer la loi des prophètes et être le fils du Père de tous, ils se liguèrent tous contre lui non à cause de ses péchés, mais parce qu’il était trop « parfait ».

Ce n’est pas pour rien que la théologie chrétienne est platonicienne. Platon, en nous léguant l’exemple édifiant d’Athènes qui signait sa propre perte aux yeux des Dieux, c’est-à-dire le début de sa décadence, en tuant celui de ses citoyens qui était le plus parfaitement citoyen car le plus parfaitement philosophe (Socrate), Platon, en nous livrant ce témoignage, a été pour cela considéré (à tort ou à raison, là n’est pas la question) par les théologiens chrétien du Moyen-Age comme un pré-chrétien.]

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LETEL : Vous dites : « Je n’ai rien dans l’absolu contre les communistes [en tant que personnes]. »

Oui, mais ce sont les personnes qui tuent, ou qui ici soutiennent ces régimes de massacre et de terreur pendant des décennies. Les personnes sont en cause, l’idéologie, si elle restait dans son placard entre la première et la quatrième page de couverture d’un bouquin, on s’en foutrait un peu.
C’est comme si vous disiez, je n’ai rien contre les nazis en tant que personnes, c’est l’idéologie qui me dérange. Eh bien non, pas seulement, c’est les nazis, c’est les communistes. Ceux qui l’appliquent ou la soutiennent.

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# INVITATION A LA TOLERANCE & REGARD HISTORIEN :

MOI : Letel, il y eut beaucoup d’intellectuels juifs américains engagés dans le communisme, souvenez-vous la liste rouge de Nixon… Souvenez-vous l’Affiche Rouge, chantée par Ferré, la Butte Rouge, le Temps des Cerises, toutes les chansons populaires… Le marigot tragique des chansons « réalistes »… Aragon fut communiste, Aragon fut un grand poète… de nombreux intellectuels français à son image embrassèrent cette folie vengeresse collective… aujourd’hui il y a d’autres folies vengeresses collectives qui courent les rues et avalent des hommes de qualité qui auraient également pu se contenter d’être poètes. Mais vous ne les voyez pas, trop occupé que vous êtes à juger des morts…
Cosima Wagner ne cacha jamais son attirance pour le régime nazi. Des hommes très bien se sont retrouvés séduits par Cosima Wagner. Nombre de biographes d’Hitler, bien que pas nazis pour deux sous, continuent aujourd’hui d’être séduits par la personnalité du vilain petit bonhomme. Un enfant de la classe moyenne, famille recomposée tuyau-de-poële, enfant de la Bohème (au sens propre comme au figuré), artiste raté, grand bavard, psychotique sur les bords… Que voulez-vous, ça évoque, ça chatouille, ça résonne, ça vous fout encore le frisson ! l’Histoire n’est pas une chose à lire avec des œillères… La Révolution Française et la Commune font aujourd’hui partie des images d’Epinal pour bien des gens de cœur… Il faut lire Michelet au sujet des atrocités qu’on y commît. Il faut lire Michelet aussi pour comprendre le reste… Les espoirs, les rêves et les déceptions, la misère et les inégalités, les injustices brûlantes, les passions contraires, les honneurs et les déshonneurs, les idées pures et les idéalistes, les tripes et les grands sacrifices, les saints inconnus, les actes isolés, les concours de circonstance, les élans du coeur, les amours, les destins, la fatalité, les rivalités, l’Egalité, la Fraternité, la ferveur du Peuple… Vous n’avez jamais lu Dostoïevski, bon sang ?

C’est ça pourtant le vrai sens originel de l’invitation à la tolérance. Savoir retenir son jugement dans des circonstances graves comme celles-là.

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LETEL : Sur les gens qui se sont engagés dans le communisme il y a 80, 70 ou 50 ans, je ne critique pas, je suis bien placé pour être plus prudent comme vous m’y engagez, et cela pour des tas de raisons, notamment familiales, les circonstances, les croyances, les mentalités étaient autres. Par contre ceux qui le sont encore, les communistes aujourd’hui, là oui, j’avoue que j’ai du mal, avec tous les crimes et tout ce qu’on sait, non, il y a des limites, ça ne passe plus.

J’ai lu le Dr Toïevski, oui, mais il m’a toujours saoulé, en plus c’est un nationaliste grand slave délirant (il serait derrière Poutine à pousser à la roue s’il était là), je préfère Tolstoï :)

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LETEL : Vous parlez de « retenir votre jugement ». Mais à quel moment le faites-vous ? [BIS]

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MOI :

# JUGER OU NE PAS JUGER :

Je ne m’acharne point sur les morts, voilà ce que signifie en l’occurrence : je retiens mon jugement. Contextualisez un peu mon propos : si je retiens parfois mon jugement lorsque je regarde dans le passé les hommes s’entre-déchirer, c’est que je n’ignore pas de quel bois est fait l’homme, voyez-vous. Ce pourquoi je puis m’identifier à bien des gens, et mêmes des gens qui m’auraient peut-être – qui sait – détestée, persécutée, haïe… Quoique, supposer une telle chose de la part de personnes disparues en d’autres temps soit ontologiquement absurde : il n’y a pas de « je » qui vaille dans cet hypothétique passé : si j’étais née dans le passé, je n’aurais pas été moi. J’aurais été une autre personne. Donc toute la discussion morale aurait à été à reprendre à l’aune de cet autre destin que j’aurais eu, et qui n’est pas le mien. Bref’. Chacun balaie devant sa porte. Voilà le sens profond du message.

Autres temps autres enjeux. Qui suis-je pour déterrer des hommes tombés pour leur cœur, pour des actes de foi de Jadis : ils ne sont plus à nous, ces hommes, aujourd’hui, ils ne nous appartiennent plus ! Bien sur qu’il faut pardonner !

Il y a des guerres qui sont anciennes, voyez-vous. Je ne suis ni Tutsi ni Serbe. Je n’ai pas l’intention de n’engendrer des enfants que pour qu’ils aillent s’embourber à mort dans des tranchée absurdes creusée par des ancêtres qu’ils n’ont jamais connu. Aujourd’hui je sympathise tout-autant avec les raison des misérables auxquels appartinrent selon toute probabilité la majorité de mes ancêtres, qu’avec les raisons de certains monarchistes. J’adore par exemple le point de vue des Goncourt sur leur histoire, je fais corps avec leur vision ; les Gongourt furent des dandys, et des monarchistes. Mon coeur est vaste, je ne le réserve pas qu’à ceux dont je suppose qu’ils n’auraient pas persécuté mes ancêtres dans un passé hypothétique.

Je ne pense pas au demeurant que l’on puisse identifier les vrais héros autrement qu’au pied du mur : on les reconnaît s’ils ont dû à un moment donné de leur vie accomplir un acte héroïque. Il y a ceux qui ont répondu présent à l’appel du Seigneur, et puis il y a les autres. Il ne faut jamais préjuger de qui répondra. L’histoire montre qu’en dehors du cas particulier de certaines personnes risque-tout, jusqu’au-boutistes, exceptionnelles, romantique, qui ne demandent qu’à vivre pour se distinguer, on est souvent surpris. Et encore, voyez-vous, il est fort courant que les plus romantiques, les plus prompt à chercher aventure, se retrouvent curieusement dépourvus quand le jour de la grande action vient qui doit les révéler : car les romantiques fantasment souvent une certaine sorte d’héroïsme, mièvre et caricaturale, qui n’est pas celle que leur demande leur destin.

Je suis capable aujourd’hui de comprendre aussi bien les raisons de Catherine de Médicis que celle de certains Huguenots. Entre ces deux camps, je suspends effectivement mon glaive intellectuel. C’est cela, aimer l’Histoire. Cependant, pour bien comprendre, pour bien comprendre qui que ce soit, il faut évidemment être « doué de jugement ». Pour faire preuve d’empathie envers quelqu’un il faut auparavant le juger. C’est-là une évidence. Certes, c’est une évidence tacite.

Il apparaît évidemment répugnant de demander à quelqu’un de s’abstenir de juger son prochain lorsqu’il en va de sa propre intégrité ou du sentiment profond qui bat dans sa poitrine. C’est ne pas aimer l’homme que de lui demander de n’avoir pas le sentiment de lui-même, et de sa propre dignité.

Vous pouvez tenter de me piéger rhétoriquement en jouant sur les mille virtualités du mot : « jugement ». Ca n’enlèvera rien au fait qu’il faille respecter les morts et se taire dans les cimetières.

Ca n’enlèvera jamais rien non plus à la validité de mon ressenti lorsque je visionne une vidéo de Nigel Farage s’adressant au Parlement de Bruxelles. Ces gens, les parlementaires, sont des valets, ils ne pensent pas par eux-mêmes, ils prennent leurs ordres des financiers, et pourtant ils donnent encore des ordres aux marionnettes qui font semblant de gouverner nos pays ! Où se trouve donc la tête du dragon dans lequel nous sommes enfournés ? Sommes-nous dans un Empire entièrement dédié à Ploutos, qui n’a qu’un ventre et pas de tête ?

Ca n’enlèvera rien non plus au fait que mes ancêtres réels et spirituels se sont battus à mort pour combattre des tyrannies qui n’étaient pour ainsi dire rien en comparaison de celle que nous vivons – une tyrannie sans tête, sans interlocuteur, un moloch terrible et silencieux qui ni ne voit ni n’écoute, une porte fermée absurde et contre laquelle aucun recours ne semble nous être laissé. Pas même celui de la parole. Cela aussi, ce sont des faits. Et non pas seulement des « jugements subjectifs ».

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LETEL :

« Ces gens, les parlementaires, sont des valets, ils ne pensent pas par eux-mêmes, ils prennent leurs ordres des financiers, et pourtant ils donnent encore des ordres aux marionnettes qui font semblant de gouverner nos pays ! Où se trouve donc la tête du dragon dans lequel nous sommes enfournés ? »

Un peu schématique, non, limite conspirationniste ? Sur le reste, la prudence à juger des hommes du passé, d’accord avec vous.

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MOI :

#CONSPIRATIONNISME & « TOUR DE BRUXELLES » :

Non, c’est la vérité, Letel. Ils n’en on rien à foutre de ce qu’ils font, et des implications de leurs actes. Ils se croient trop infimes, sûrement, trop peu importants en tant qu’individus, ces parlementaires de Babel à oreillettes, pour penser avoir des comptes à rendre concernant leurs convictions intimes. Or leur fonction – n’oublions pas qu’ils occupent actuellement une assemblée qui est le lieu de pouvoir N°1 de l’Europe – implique qu’ils aient des comptes à rendre. Ils n’avaient qu’à pas endosser des fonctions aussi importantes s’ils se concevaient eux-mêmes comme des ectoplasmes et non comme hommes doués de conscience et de libre-arbitre. Quoi qu’il en soit es ectoplasmes et les robots ne peuvent aucunement commander aux hommes.

Ces espèces de dignitaires romains las, qu’on verrait volontiers porter des toges blanches (avec un discret liseré rouge et or), sont des gens d’apparence humble (mais d’apparence seulement : en réalité on pourrait mettre leur photo à côté de la définition universelle du mot : hypocrite)… Ces gens pensent de toute évidence pouvoir faire l’économie du « je » sans qu’on le leur reproche ! Leur expression faciale la plus commune est l’indifférence soumise, le rabougrissement piteux. Ils ont l’air de dire : « nous ne sommes que des représentants obéissants, nous ne sommes personne ». Cela est très clair.

Aussi bien que moi, un enfant pourrait dire : « Le Roi est nu ». Plus encore, ce qu’aurait lieu de dire un tel enfant aujourd’hui, ce n’est même plus que les vêtements du Roi sont invisibles, mais c’est : « Le Roi lui-même est invisible ! »

Ces silhouettes grises, interchangeables, qui digèrent en permanence, sont des fonctionnaires de la dirigeance ; ils pointent pour accéder au toit du monde civilisé exactement comme d’autres pointent à l’usine. Ce sont des « Suisses » de cette existence : des gens qui soit-disant ne « participent » pas. Nous sommes donc de toute évidence dans un train lancé à grande vitesse sans conducteur.

Les conspirationnistes postulent un ou plusieurs conducteurs. Moi je dis qu’en réalité les hommes ont perdu leurs couilles, que plus personne n’ose prendre la place du conducteur, et que donc l’essentiel de nos grands malheurs d’aujourd’hui procède non d’une mauvaise conduction mais d’une lâcheté générale : d’une absence de conduction à proprement parler. Ou d’une conduction par défaut, par la confrontation des intérêts divers, +/- contradictoires et toujours particuliers, qu’on mettra volontiers sur le dos du hasard, de la fatalité ou de Dieu (il a bon dos!), mais dont personne au final (et c’est là tout le pot-aux-roses) ne veut assumer la responsabilité.

Visionnez-donc l’une de ces vidéos où le rhéteur Nigel Farage apparaît dans l’assemblée et donne à observer un contraste flagrant (un homme en vie face à des morts !), et interrogez ce que vous dit votre cœur à propos de ces figures empâtées qui ne réagissent pas, qui se moquent mollement, qui ne se sentent même pas concernées par ce qu’on leur dit. On dirait des étudiantes étrangères prises par erreur dans la tourmente d’une dispute au sein de leur famille d’accueil : on écarquille les yeux et on attend passivement que ça se passe.

Personne n’a besoin d’inventer des sornettes à propos de ce que l’on ne voit pas ici, qui serait supposément interdit au public, honteux et caché. Il suffit voir ce qu’il y a à voir. C’est déjà bien suffisant pour se faire une opinion ! J’ai composé sur mon blog un dossier entier pour battre en brèche le conspirationnisme et toutes ses déviances intellectuelles, si cela vraiment vous intéresse.

Juger les hommes qui nous gouvernent, c’est le moins que nous puissions faire, personne ne peut nous l’interdire : on ne monte pas sur un trône ou au centre d’une place publique pour « ne pas être jugé » et être ignoré. Ignorait-on les actions et les paroles du Roi Oedipe et de la Princesse Antigone ? Ignorait-on les mœurs, les testaments moraux, des Consuls, des Sénateurs romains et des César ? S’est-on jamais voilé la face devant les déclarations et les professions de foi des grands hommes qui étaient à la barre du Monde, pour faire comme si elles n’existaient pas ? Non bien sûr. Pourquoi devrait-on alors aujourd’hui se voiler la face devant les déclarations de nos dirigeants, pourquoi ne devrait-on « pas les juger » ? … sinon parce qu’on considère tacitement que nos dirigeants ne sont pas des grands hommes, qu’il ne peut plus y avoir de grands hommes dans notre post-modernité désenchantée, et que nous sommes désormais gouvernés par la fatalité, par le pis-aller, le faute-de-mieux ?

Les personnages influents, parce que nos sorts de simples gouvernés dépendent d’eux, n’ont pas le droit comme les gens du commun de demander à ce que nous ne les jugions pas. C’est antithétique avec leur fonction. Nous DEVONS, en tant que citoyens, discuter leurs actions. D’autant plus si nous sommes démocratie : en démocratie, le « fait du Prince » n’existe pas, ce qui veut dire que les dirigeants n’ont pas la liberté de demander à n’être pas soumis à l’appréciation commune. Quel Roi, si puissant fut-il, au demeurant, put-il jamais se permettre ce luxe-là de ne pas être jugé de son peuple ? Tout juste les tyran s’autorisèrent-t-ils de tout temps à museler les personnes qui subissaient leurs décrets, ou à faire comme s’il elles n’existaient pas.

Mais après tout peut-être n’êtes-vous pas un démocrate, qu’en sais-je ?

asterix_1.

Le principe de la non-représentativité des élites,

Petite mise-au-point.

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Letel:

:) Merci de me citer sur votre blog. En tout cas, vous ne manquez pas de lyrisme, ni de souffle, deux points pour vous. Mais on a l’impression d’une belle mécanique qui tourne un peu à vide : que voulez-vous, la démocratie est comme ça, exaspérante, nos représentants souvent nuls, quant à les critiquer, évidemment, ça va de soi, vous enfoncez un peu des portes ouvertes. Mais il vaut mieux des représentants qui sont ce que nous sommes, avec toutes leurs (nos) faiblesses, qu’un chef mythifié, idéalisé, adulé, infaillible, comme Staline, Napoléon, Kadhafi, Saddam, Kim I, II ou III, ou l’empereur du Japon.

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« Mais il vaut mieux des représentants qui sont ce que nous sommes, avec toutes leurs (nos) faiblesses, qu’un chef mythifié, idéalisé, adulé, infaillible.. etc »

Croyez-vous que toute personne qu’on adule, soit forcément adulée à tort ? Croyez-vous qu’il soit techniquement impossible à un être de très grande valeur d’être profondément aimé du plus grand nombre ? Et quand bien même ce serait impossible, ne croyez-vous pas à tout le moins qu’une telle chose serait ardemment désirable ? [#Roi Salomon, #Roi David, #Saint Louis sous son chêne]

Un pouvoir qui repose sur un chef (c’est-à-dire étymologiquement une tête), a encore cet avantage notable sur celui qui ne repose sur aucune personne responsable ni sur rien d’intelligent, qu’on peut discuter :

_avec lui [#Michel de l’Hospital conseillant Catherine de Médicis, #Platon tentant de conseiller le tyran Denys],

ou encore (à défaut)

_contre lui [#Diogène répondant à Alexandre : « Ôte-toi de mon soleil »],

_et le cas échéant qu’on peut encore le guillotiner [#« Nouvelle donne! Redistribuez les cartes! »].

M’voyez ?

Le pouvoir qui n’est pas intelligent, qui n’est pas une intelligence, n’est même pas discutable (discutable doit être entendu ici au premier degré, dans son sens le plus philosophique : c’est-à-dire susceptible d’enrichir la discussion universitaire, historique, intellectuelle, populaire.. etc.). Il est donc à proprement parler indiscutable – c’est-à-dire qu’il nous renvoie à un monde de brutes, le monde d’avant la parole. C’est le pouvoir le plus bête et le plus arbitraire qui se puisse imaginer.

Les mythes ont encore cela pour eux qu’ils engendrent des contre-mythes. Les enfants des Dieux-le-Père les émasculent en général, ou au moins les tuent… Et en étudiant l’histoire des sociétés humaines, on voit que le Dieu des uns devient souvent au fil du temps le Diable des autres, quand les uns entrent en guerre contre les autres, ce qui induit pour les siècles qui succèdent à la guerre, des possibilités de communication civilisationnelle nombreuses et fructueuses. Je vous renvoie à Lévi-Strauss pour vous assurer de cela.

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Dernier argument (but not least) :

Il est un grand principe logique, lorsqu’on parle des élites, c’est qu’elles ne peuvent techniquement être représentatives du grand nombre. Je vais vous démontrer pourquoi : le peuple, lorsqu’il élit l’un de ses membres pour le représenter, l’élit de préférence sur des critères de sélection objectifs, et fait donc de ce membre un élu, et pas n’importe quel élu tombé du ciel, un élu selon des critères objectifs, reconnus par la majorité. Ce qui fait qu’un tel chef, même élu au suffrage universel, et surtout si élu au suffrage universel, ne peut donc être un « homme du commun », et ne doit d’ailleurs idéalement pas être un « homme du commun », mais au contraire doit être « le meilleur d’entre tous ».

C’est pour cela qu’on a inventé la démocratie, figurez-vous : pour que ce soient les meilleurs, les meilleurs selon l’avis du plus grand nombre, les meilleurs à un moment donné, car susceptibles d’être destitués de leurs fonctions s’ils faillissent, qui règnent sur les autres. Et non plus des quidams nés dans des langes royaux, auxquels une certaine hérédité a posé une couronne sur la tête sans qu’aucune raison raisonnable ne puisse le justifier.

See ?