Pourquoi le peuple français est… un peuple

vache traiteUne fermière bourbonnaise en train de traire sa vache

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Oh là là, de quoi se plaignent-ils encore, ces gens qui aiment tant à s’agenouiller ? S’ils sont si respectueux du Divin, ils ne peuvent fondamentalement pas détester être « stigmatisés » ! Lol !

Chez nous, il faudrait le leur dire, être « stigmatisé », religieusement parlant, c’est la classe. ^^

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Soyons un peu sérieux, à présent, soyons honnêtes deux petites minutes… dans cette foutre de vie ou tout le monde se la raconte et où tout le monde ment… Le « Padamalgame » est tout de même une invention d’une cruauté idéologique monumentale… Je veux dire, c’est une stratégie de combat civilisationnel de très haut vol… totalement vicieuse, comparée au bon vieux racisme à la papa.

Réfléchissons ensemble, par-delà le « civilisation gap », durant une petite minute de paix fraternelle entre les peuples, voulez-vous…

Ce qui est terrible avec le peuple français, vis-à-vis des autres peuples, en particulier vis-à-vis des peuples du sud, ce n’est pas qu’il serait composé de « grands vilains racistes », allez… on sait que ça n’est pas le cas. On le sait. C’est sa profession d’antiracisme qui est la plus cruelle, évidemment.

Vous en connaissez beaucoup, vous, des peuples au sud de l’Europe qui ne sont pas racistes ou au moins racialistes, vous ? Le monde arabe, le monde africain, il est antiraciste, peut-être ? Ha ha ! La bonne blague !

Un certain fond-diffus xénophobique, c’est pour n’importe quelle personne simple et honnête – vous pouvez interroger n’importe qui à ce sujet tout autour du monde – le signe scientifique de l’existence d’un peuple en tant qu’entité distincte. On ne peut pas « être soi » sans l’être « contre l’altérité », tout le monde sait cela au fond de son cœur, car c’est une vérité mathématique. Y’a que chez nous que cette vérité est tabou.

Alors, qu’est-ce qu’ils font, les estrangers, quand ils arrivent chez nous ? Eh bien ils cherchent en premier lieu où se loge notre « fond-diffus » raciste… qui existe forcément, puisque nous sommes un peuple (qui existe forcément, puisque nous ne sommes pas des Dieux)… mais on leur met la misère en le leur cachant effrontément.

Je précise à toutes fins utiles que ce sont les gauchistes qui le cachent le mieux. Les immigrés, quand ils rencontrent les gauchistes (et c’est toujours sur eux en général qu’ils tombent en premier, les pauvres), ils se heurtent systématiquement à l’altérité absolue. Qui plus est, cette altérité absolue, le premier mot qu’elle a toujours à la bouche c’est : « Mais nous sommes tous pareils ! ». – Moi je comprends que ça les choque. Ils ne se sentent pas pareils aux gauchistes, eux. Oh là là, non ! Pas du tout pareils ! Moi non plus d’ailleurs.

– Nous ne sommes pas tous pareils, non. Mais on n’a pas le droit de dire ça à un gauchiste, quand on est dans le besoin… sinon, il ne voudra plus donner la bonne sou-soupe et le croûton de pain qui va avec. Un peu dégueulasse sur les bords, non ?

Attention, moi j’aime bien les étrangers, je m’entends bien en général avec n’importe lesquels, peu importe leur culture d’origine. Je suis fascinée par l’altérité de toute façon, et la barbarie des autres me fait rarement peur (je connais la mienne). J’en suis assez friande, pour tout dire… ça me détend. Mais ça n’est pas le cas de bien des bobos, qui s’épouvantent pour un rien. Les chochottes.

En réalité, je m’entends plus facilement avec les étrangers qu’avec les français. Mais, vous savez, aussi, ce n’est pas bien sorcier… Ce qu’il y a, c’est que je ne m’y prends pas comme les chochottes – d’une façon aussi hautaine et irrespectueuse… ‘Faut voir un peu comment ils se la pètent ! De vraies dames patronnesses, vous les verriez… ils me font honte.

Pour détendre un peu l’atmosphère et parler avec des Ouzbeks sur un pied d’égalité, vous leur causeriez du musée de l’immigration, et de la prochaine manif’ anti-FN, vous ?
– Le FN : les gauchistes, ils croient que ça veut dire quelque chose pour les étrangers… Quels nombrils !

Paradoxalement, il ne faudrait jamais commencer comme les snobs « xénophiles » le font, avec des niaiseries pareilles :  « Après tout, nous avons tous deux bras, deux jambes, une bouche et un nez » … parce que commencer par ça, ça équivaut à dire : – « Oh ! Formidaaâble ! Vous aussi vous êtes un être humain en fait », sous-entendu : même si ça ne saute pas aux yeux à première vue… Mouarf’ !

La première chose dont il faut parler avec quelqu’un qui vient d’ailleurs et qui est pauvre, si l’on ne veut pas lui faire de mal à son petit cœur tout bleu, c’est : de là d’où l’on vient soi-même, et lui faire sentir qu’on n’ignore pas soi-même la dureté de la vie et le prix de l’argent. Parce que ça, tout le monde l’a en commun. Ca, on est sûr que tout le monde comprend.

… – souvenirs de famille, vie d’autrefois, comment étaient les ancêtres, quelles étaient leurs valeurs, l’évolution des villes, la beauté des campagnes, la fierté du pays d’origine, à quoi ressemblait le clocher sous lequel on a grandi, l’attachement aux ciels, la nature, les plantes, la fierté des blasons, des châteaux, les Rois et les Reines du temps jadis, les légendes, et puis comment c’était l’école autrefois, comment c’est maintenant, ce que faisait grand-mère pour se faire obéir à la maison, comment les mamans françaises s’y prennent aujourd’hui, ce que mangeaient les gens pauvres en France dans le temps (on les appelait chez moi des « ventre-à-choux »), ce que mangeaient les riches, ce qui a évolué, et bien sûr enfin ce qui reste, qui est immuable, dans la misère comme dans la richesse, indifférent au passage des siècles et aux régions du monde… Tout cela (et bien d’autres choses encore du même acabit), tout cela, c’est apte à rassurer les pauvres quand ils nous viennent des autres pays, tout cela, c’est des points d’appui pour l’amitié et l’égalité.

Mais pas le plug anal, ça non. Le plug anal, ça, avant de comprendre, il faut déjà un solide bagage culturel, hein. J’ai des compatriotes, même, qui sont dépassés. Parce que ‘faut déjà pouvoir comprendre la civilisation, pour comprendre la décadence ! Hé oui. – Commençons-donc toujours par l’exposé de ce qu’est la civilisation, on verra après. Le plug anal c’est la motion de consolidation des connaissances, l’option facultative pour les forts en thème, pas plus.

Aux étrangers, il faut leur parler de la dentelle au crochet et au fuseau, de la langue d’oc et de la langue d’oïl, de la tapisserie de Bayeux, de nos fiertés nationales, leur chanter des chansons historiques, des chansons de soldats… Mais certainement pas commencer en leur parlant de droits-de-l’homme et d’art contemporain !

Vous pouvez être certains que tout le monde sur la terre a eu une ancêtre qui a filé la laine, tissé des tapis, brodé des napperons ou recousu des chaussettes. Vous pouvez être certains que tout le monde sur la terre a eu des ancêtres qui ont gratté la terre, possédé de la terre, se sont battus.

Par contre les « droits-de-l’homme », puis tout ce qui est cuisine politique, ça c’est quand même des pures spécificités françaises excluantes… Avant de rentrer dans le secret des arcanes du sens profond de ces « droits-de-l’homme », de comment ils sont implantés dans nos cœurs, sous quelle forme, et par quel angle ils nous prennent aux tripes, et de comment ils nous ont amené à dépasser le sentiment racialiste, et de comment on ne lutte jamais contre certaines pulsions que parce qu’on les a, eh ben c’est pas facile… ça prend des centaines d’années de transmission, c’est comme les hiéroglyphes chinois…

Croyez-moi, pour expliquer la révolution française, la liberté, l’égalité et la fraternité, il vaut mieux de toutes les façons commencer par les ventre-à-choux, la tapisserie et les récits de batailles. Sinon on ne s’en sort pas.

Les réacs, les xénophobes, ils sont davantage miteux-friendly. Parce qu’ils ne commencent pas toute discussion avec les miteux en se faisant passer eux-mêmes pour autre chose que des miteux. Ca c’est la vérité secrète de l’amitié entre les peuples.

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La situation au Proche-orient éclairée par ma gauche

Je dédicace cet article tout-spécialement à :

No Country for White Men et Bouteille à L’Amer

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A. Klarsfeld : « pas de différence » « entre le nazisme et le Hamas »

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L’équation Hamas=nazisme est assez juste. Posons qu’elle soit juste, et que l’antisémitisme musulman vaille bien l’antisémitisme nazi. Ce point est très défendable. Moi-même, je pourrais le défendre, en tout cas.

Cela étant donc posé, dans quelle mesure s’attaquer à une communauté de gens (une communauté enfermée, c’est-à-dire à proprement parler un ghetto), une communauté composée de familles, avec des enfants, quand bien même cette communauté aurait des convictions ouvertement antisémites… dans quelle mesure disais-je, avoir recours à des méthodes expéditives et ultra-violentes pour éradiquer ou réduire à néant ou au moins terroriser cette petite communauté d’antisémites ghettoïsés… dans quelle mesure ces méthodes-là, qui sont comparables en tout point à la vieille méthode du pogrom, sont-elles valables, lorsqu’il s’agit de défendre quelque chose qui serait le Bien ontologique, et la lutte éternelle contre ce qui fait l’essence-même du nazisme ?

Ma question sera donc la suivante : peut-on résumer le nazisme à l’antisémitisme, ou bien le nazisme et le fascisme sont-ils /aussi/ susceptibles d’être caractérisés par l’emploi de certaines méthodes ?

– Intolérance, racisme, systématisme idéologique, joie d’écraser le plus faible, ghettoïsation de certaines communautés, mysticisme guerrier, éloge de la violence et de la force, valorisation d’une certaine « race » d’hommes aux dépends d’une autre, organisation méticuleuse et pourrait-on dire industrielle des divers processus visant à éliminer l’ennemi : voici en l’occurrence un certain nombre de critères qui pourraient définir ces « méthodes ».

Mon point de vue à ce sujet est celui d’une personne qui a eu maintes fois à condamner les gauchistes pour la raison suivante : je les trouvais intolérants à l’égard de ceux qu’ils jugeaient intolérants. J’ai entendu à de nombreuses reprises des gauchistes dire : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ». Et cela m’a fait réfléchir… Car lorsqu’ils disaient cela, il se trouvait que par ailleurs, en général, ils étaient en train d’entraver ma propre liberté de penser. Je ne leur demandais rien d’autre que de m’accorder ma propre liberté de penser un peu différemment, d’employer, dirons-nous, des chemins intellectuels de traverse, comprenez-vous, et ma liberté de librement discuter avec eux de toutes sortes de choses qu’ils jugeaient tabou… Or à cause de cet axiome (« pas de liberté pour les ennemis.. etc »), ils ne me l’accordaient pas. A cause de cet axiome, ils se comportaient face au petit tabou que je représentais à leurs yeux, en évoquant des problématiques dont ils ne voulaient pas entendre parler, comme de bon gros bourgeois idiots bornés et effarouchés. Eux, les anti-bourgeois par excellence, ils faisaient cela ! Quelle surprise ! Et quelle déception !

C’est ainsi que j’en suis venu à leur répondre la chose suivante : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté, cela vaut aussi pour vous. »

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Ce qui me rend le plus profondément triste, dans toute cette histoire de réacosphère, c’est que je ne suis fondamentalement pas raciste, ni xénophobe, ni rien de ce genre… C’est triste, vous comprenez, de se rendre compte qu’il y a des gens de votre bord, ou plutôt de votre bord supposé, qui fond des blagues sur ce qu’ils appellent les « nègres » qui ne sont pas à prendre uniquement au second degré… Triste, parce que le fait d’avoir quitté la gauche à cause de l’hypocrisie de ses discours, de l’intolérance outrancière et des façons-de-faire totalitaires de ses militants – ce qui est un comble au regard de la tolérance qu’ils professent ! -, du clientélisme grassement patricien qui règne dans les sphères du pouvoir dont elle s’est emparé, à cause enfin de tout ce que la « bourgeoisie-bohème » peut avoir de hideusement et platement, ontologiquement bourgeois, ne fait pas de moi pour autant une nazi et une barbare… bien au contraire ! … Le fait d’avoir tourné le dos à ces supposées gentilles personnes parce que je ne les trouvais ni plus aimables, ni plus admirables, ni plus morales que la moyenne des gens dits « ordinaires », n’aurait pas dû me conduire à ce qu’on m’associe à des gens capables de se vanter d’être des enculés et d’en donner la preuve tous les jours !

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L’idée de l’homme libéral, les bases du libéralisme, les bases de l’antiracisme, les débuts de la civilisation industrielle, l’invention de la « modernité » enfin, à quels temps remontent-ils à votre avis ?

Ils remontent à l’époque des Lumières (XVIIe) et au XVIIIe siècle, qui coïncident, de mémoire de nombre de grands et illustres hommes, avec un pic civilisationnel (Cf : Michelet et les Goncourt, entre autre)… Le XVIIIe siècle, moins riche littérairement parlant que le XIXe, fut, en particulier chez les gens bien nés, un siècle où l’on s’est attaché à « bien vivre ». Ce fut un siècle de grande liberté de mœurs, mais où l’on rechercha d’abord l’intelligence du plaisir et les plaisirs de l’intelligence… c’est-à-dire que la préoccupation centrale des gens du XVIIIe ne fut non pas comme aujourd’hui de s’abîmer dans la quête du plaisir-pour-le-plaisir, mais seulement de s’élever suffisamment pour connaître la griserie des plaisirs élevés.

L’on y pratiquait une galanterie à la fois libre et fine, ce fut un siècle de liberté d’esprit réelle enfin, où l’on visait, à titre de distinction sociale, non le prestige du bling-bling et de l’air canaille (pour ne pas dire de lair racaille), mais la hauteur de vue et la grandeur d’âme. Dans la bonne société de cette époque, on pratiquait l’art d’être une « Belle âme » et un « Honnête homme », on cherchait dans les salons à atteindre par l’esprit un idéal d’égalité théorique entre tous les hommes, c’est-à-dire qu’on s’exerçait à adopter sur l’humanité en général un regard visionnaire, qui dépassât les préjugés ordinaires relatifs à l’extraction sociale et raciale.

C’est cela que les Russes appelèrent à l’époque les « Idées nouvelles ».

C’est pourquoi, dans les salons les plus illustres, il arrivait couramment qu’on se mélangeât entre gens d’extraction fort différente… On s’attachait notamment, lorsqu’on était une personne de qualité, de si haute extraction que ce fût, à donner la preuve de cette réputée « qualité » en ne faisant pas honte de lui-même à son voisin, lorsqu’il était de condition inférieure. La noblesse se reconnaissait en ce temps-là à ce genre de délicatesses-là – qui de toute façon n’ont jamais été l’apanage du peuple.

Il fallait s’exercer à juger les propos de son interlocuteurs non d’après la condition de cet interlocuteur, mais d’après la qualité et la virtuosité des propos eux-mêmes. En sorte que la France était devenue la patrie d’élection de la vivacité d’esprit et du courage rhétorique… Voyez à ce propos l’esprit général de liberté et d’égalité tel qu’il règne dans une œuvre telle que le Cyrano de Rostand et dites-vous qu’au XVIIIe siècle un tel esprit s’était pour ainsi dire répandu à grande échelle sur la France…

Lisez La Bruyère (XVIIe siècle – dit le Grand Siècle, ou l’âge classique), et vous comprendrez que la modernité occidentale (pléonasme) est née de l’esprit de modernité, c’est-à-dire de la libération de l’expression de ce qu’il y avait de meilleur et de plus humain dans l’homme.

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Actes antisémites et antimusulmans en France: Washington inquiet de la montée du nationalisme…

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Bande de cons. Ingérence funeste. Cochons d’idiots.

Parce que les muzz et les feuges tradi, ils en ont quelque chose à foutre de la France ? Et les amerlocs, y z’en on quéquechose à foute ?

Personne n’en a rien à foutre de la France, dans cette histoire.

La nation française, dont le peuple est sans doute l’un des plus ontologiquement tolérant du monde, va passer aux yeux de ces ségrégationnistes en substance que sont les anglo-saxons, pour une nation d’intolérants, parce que sa tolérance-même, devenue excessive, en est venue à lui jouer des tours ces derniers temps, et qu’elle se défend un peu.

Aux US, par exemple, les couples mixtes sont extrêmement rares. Chacun développe sa petite intolérance dans son coin et joue les hypocrites lorsqu’il rencontre « l’autre ». Chez nous tout le monde se mélange, tout le monde discute, alors forcément que ça crée des heurts !

Bien sûr que lorsqu’on s’intéresse réellement à ce qu’est la feugitude, on se rend compte que la feugitude est un racisme. Lorsqu’on ne s’intéresse pas à son voisin, c’est plus facile d’être « tolérant ».

Les américains sont des incultes. Ils disent aimer les feuges, mais la plupart ne connaissent strictement rien à la religion juive. En France, ou du moins à Paris, tout le monde a des amis (voire des ancêtres) juifs, et tout le monde s’efforce d’avoir un esprit critique. Nous avons chez nous un rapport à tout cela qui est intelligent, qui est impliqué, et même, pour certains, qui est un peu torturé. Nous ne sommes pas des américains !

Chez nous, le juif ce n’est pas « l’Autre ». Ce n’est pas l’Autre à qui on doit hospitalité et respect. Chez nous, le juif, c’est un membre de la famille. On a le droit de l’engueuler et de lui remonter les bretelles. Chez nous, le juif, c’est l’un des nôtres. On lui parle sur un pied d’égalité, et il a le droit lui aussi de nous dire qu’on est des cons. Chez nous, la voilà la règle du jeu !

Je vois pas pourquoi il faudrait se gêner entre gens d’une même famille. Là où y’a de la gêne, c’est qu’il y a de l’incommunicabilité et de l’ignorance. Les lois religieuse relative à l’hospitalité, elles n’entrent pas en vigueur vis-à-vis de feuges qui sont d’ors et déjà chez eux en France !

Nos feuges français ne sont ni nos « pauvres » ni des étrangers métaphysiques qui auraient tout à nous apprendre ! Deal with it.

Chez nous on ne considère pas que leur place est ailleurs. On ne rêve pas de les mettre à la porte et de les ghettoïser dans un pays qui serait à eux, comme ces hypocrites de protestants.

Chez nous, on considère que le communautarisme est une idéologie qui crée des ghettos et que c’est dans les ghettos que fermente la haine raciale que le communautarisme prétend solutionner.

Loi de l’offre et de la demande

Une histoire secrète des héritiers de la Résistance

Larzac

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C’est contre l’éducation bourgeoise qu’ils avaient reçu dans les années 50, que s’est exprimé le « désir de libération » des soixante-huitards, et c’est le refus de ces derniers, de transmettre à leur tour une éducation bourgeoise à leurs propres enfants, qui a motivé chez ceux d’entre ceux-ci à qui il restait un peu de fierté et de force vitale, un désir profond de « retour à l’ordre ».
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Mais il faut voir encore plus loin. Si les soixante-huitards se sont révoltés contre la société dite « bourgeoise » qui les a vus naître, ce n’a pas été uniquement par amour de la liberté… Ils étaient aussi et surtout motivés par l’envie. Leurs parents avaient en effet eu leur guerre, leurs héros, et c’était durant la génération de leurs parents que le nazisme avait été vaincu. Quel champ de bataille leur restait-il à eux, à présent que l’heure de l’armistice définitif avait sonné, qu’on allait construire l’Europe, et qu’on laissait s’installer une société de paix (et de consommation) pour un Reich de mille ans ? L’aventure humaine sur le plancher des vaches était terminée, il leur restait à se venger sur le champ supposément infini de la libération intérieure ! Sex, drug & rock’n roll. Les soixante-huitards – ces prétendus pacifistes – crevaient secrètement de ne pouvoir égaler leurs pères en devenant à leur tour des héros : ils décidèrent donc de nier l’armistice dans les tréfonds de leur inconscient, en continuant à faire la guerre de 39/45 avec des instruments sociétaux et psychiatriques. Ils devinrent les chasseurs du nazisme caché à l’intérieur des êtres… Ils poursuivirent leurs vieux ennemis jusque dans leurs rêves, à l’intérieur de l’architecture secrète de l’esprit humain et de la structure sociale traditionnelle basée sur des tabous immémoriaux. Libérateurs insatiables, quand ils rencontraient ces tabous, au lieu d’en respecter la fonction civilisatrice sacrée, ils en souillaient les autels et en renommaient les temples : « camps de concentration ». C’est ainsi que naquit la mode du crime-de-pensée. C’est aussi par ce biais-là que les parents des soixante-huitards qui avaient été les vrais vainqueurs du vrai nazisme devinrent les nouveaux nazis. Ainsi se venge l’enfant jaloux de la gloire de son père.

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Selon un schéma à peu près inversé, les quelques enfants de soixante-huitards dont l’instinct de survie n’avait pas été totalement étouffé dans l’œuf par le système de transgression finale qu’avait bâti la génération de leurs géniteurs, se sont mis par la suite (logiquement) à exprimer un certain désir de retour à l’ordre… c’est-à-dire à devenir réactionnaires. Il y a eu, dès la première grande génération d’enfants de divorcés (qu’on appelle la génération sacrifiée), chez ces gens d’apparence humble et même pusillanime, une nostalgie terrible, monstrueusement indicible, une nostalgie déchirante parce qu’interdite, de la famille unie, traditionnelle, aimante, qu’ils n’avaient pas connu. Ce fut un besoin vital, chez les enfants de soixante-huitards qui pour beaucoup avaient été atteints psychologiquement jusque dans leur capacité à éprouver du désir (donc par extension à exprimer une volonté – à posséder une volonté de puissance propre), que de devenir parents à leur tour… – et de bons parents ! Ce dont ils avaient été privés étant enfants – ce pourquoi ils avaient été pour ainsi dire privés de jeunesse, de jouissance et de liberté intérieure – ils leur restait à tenter de le rendre à leurs propres enfants. Ceux qui avaient été privés de vie pouvaient encore donner la vie.

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Mais ce n’est pas tout.

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Un très faible nombre d’entre ces enfants de soixante-huitards ne se contenta pas seulement de cela. Un nombre infime tenta à son tour de relever le flambeau de l’héroïsme. Ce nombre infime s’y prit d’une manière étonnante et nouvelle. Ce furent des réactionnaires d’un genre très paradoxal qui au lieu de se contenter d’essayer de rebrousser le chemin de perdition où s’étaient engagés leurs parents, décidèrent au contraire de les imiter un peu – pour les contrer. Par exemple, au lieu de faire systématiquement preuve de piété filiale comme la génération sacrifiée – là où les vieux « libérés » de 68 crachent sur la terre des morts – ils s’enhardirent à chercher à leur tour des tabous dans la tête de leurs parents qui s’en prétendaient dénués. Au lieu d’embrasser la foi des modernes avec une ferveur monacale toute moyenâgeuse, comme les premiers enfants de 68, ils préfèrèrent se mettre à hurler : « Les bigots ne sont pas ceux que l’on croit ! » – Et lorsque certains d’entre eux vinrent enfin demander asile à la foi catholique, ce ne fut pas pour y disparaître dans le martyre et l’humilité-qui-doute œcuménique comme le vulgus pecum des catéchisés-de-base, mais afin de pouvoir enfin pointer du doigt – tel Jean-Baptiste – l’immoralité des mœurs prônés par les soixante-huitards, qualifier leurs mères indignes de putains sans cœur, faire dresser les cheveux sur la tête de leur cher papa – ce bourgeois « bienpensant », nourri à Télérama et à Charlie Hebdo, confit dans ses petites certitudes – en lui parlant les yeux dans les yeux du Diable et de la Rédemption… C’est-à-dire qu’ils vinrent prendre les « ouverts d’esprits » à leur petit jeu de l’ouverture d’esprit.

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S’il leur importait de ne plus apparaître seulement comme les « jeunes-vieux » petits-bourgeois castrés de la génération sacrifiée, mais de devenir en quelque sorte des « narcisses solaires » à leur tour, c’était afin de pouvoir tuer-le-père eux aussi. Mais cela non pas, en dépit des apparences, pour les mêmes raisons que leurs propres parents, non pas par jalousie envers une hypothétique « statue du Commandeur » et par appétit de plaisirs… mais afin – tacitement – de venger le vrai héroïsme contre le faux, celui du grand-père 39-45 contre celui du père 68.

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De la nouvelle impulsion libératrice donnée par ces derniers, naquit spontanément – et ce dans une très importante quantité d’esprits anonymes concernés – une sorte de théorie politique virale, de nature réactionnaire – prenant parfois pour référence des auteurs comme Philippe Muray (ou même Alain Soral) mais ne se limitant nullement aux propositions de ces derniers – selon laquelle l’esprit soixante-huitard (qui n’a jamais renoncé à l’utopie de « l’homme nouveau », qui mise à la fois sur le progrès scientifique et sur une sorte de mystique bouddhiste New-Age) serait le seul véritable héritier intellectuel du nazisme dans les temps actuels.