Oui à la hiérarchie !

Andre-Malraux

Regardez-moi ça, c’est pas beau ?
Ca, c’est pas n’importe quoi madame Michu,
c’est un intellectuel en-ga-gé, un esprit libre con-cerné !
Un héraut de la Démocrassie comme qu’on n’en fait pu !
Un grand tome. Distingué par la nation, et tout, et tout.

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Je lis, moi-même très con-sternée – « Indignez-vous, rindignez-vous », comme disait l’autre ! -, les passages suivants sous la signature d’XP. L’article s’appelle « L’hallucinante prophétie d’André Malraux » (rien que ça) :

XP : Il n’empêche, pourtant… S’il ne s’était pas gâché la main à la politique, il aurait laissé quelque chose, il en avait les moyens. En 1974, il soutient le candidat Chaban-Delmas à l’élection présidentielle française, il explique pourquoi à la télévision,  et il tient ce discours qui donne l’impression d’avoir été  entendu en rêve:

Malraux : (…) A quoi assistons-nous depuis le début de cette campagne électorale? (…). Un candidat est un peu plus à droite, un autre un peu plus à gauche, mais nos problèmes sont ailleurs.

XP : Malraux avait compris que ces considérations de citoyens, ces débats électoraux, toute cette passion politique, c’est bon pour les peuples arriérés, qu’on n’entre pas dans l’histoire en entrant à l’Elysée.

Malraux : (…) Il est possible de résoudre les problèmes de la jeunesse en remplaçant presque intégralement le livre par la télévision, le livre gardant seulement son utilité lorsque l’enfant est chez lui(…) Il faut faire le lien entre l’utilisation permanente de la télévision et l’utilisation de l’ordinateur (…).

XP : Ici, on se pince pour y croire, on n’y croirait même pas du tout, sans les archives de l’INA, mais l’ancien ministre de la Culture du Général de Gaulle prophétise non seulement l’invention d’internet, mais aussi des MOOS

Malraux : Quoi qu’il arrive, cette transformation aura lieu. Les choses qui doivent arriver dans l’Humanité lorsqu’elles sont liées à la Technique, si on ne les trouve pas quelque part, on les trouve ailleurs. Nous pourrions changer l’enseignement dans le monde si nous décidons de le faire chez nous. Ou alors nous le ferons à la remorque des autres. »

XP : En fait, il ne prophétise rien, il dit que c’est pour demain matin, qu’il faut se mettre en piste tout de suite…pour mémoire, personne ou presque ne sait ce que c’est qu’un ordinateur, en 1974, tout au plus les mieux informés peuvent vous dire qu’il s’agit d’une grosse machine de 20 M2 utilisée par le Pentagone.

Malraux : (…) Ca veut dire, pour les enfants, s’amuser au lieu de s’ennuyer, et pour les adultes trouver le droit de quitter une pièce où l’on parle d’Histoire pour rejoindre celle où l’on parle de Physique, et si nous parlons beaucoup de liberté, cette fois, nous en parlerons en terme concret.

XP : Malraux maîtrise tellement  son sujet qu’avec trente ans d’avance, il répond aux réacs moisis de gauche et de droite qui ne manqueraient pas  de convoquer la discipline et le respect dus aux Maîtres pour continuer à faire chier la terre entière avec leurs craies, leurs blouses, leurs tableaux noirs et leur arrogance d’intellectuels plafonnés à 103 points de QI…

Malraux : Einstein m’avait dit en me montrant un petit livre parlant de lui « si l’on veut que les gens comprennent mes idées, ils ne doivent pas me lire moi, ils doivent lire ce livre ».

XP : Il savait aussi que ces andouilles feraient l’éloge de la lenteur, pour garder leur droit d’emmerder le monde, qu’ils dénonceraient la culture du zapping, la disparition de l’autorité, et chougneraient pour qu’on préserve les humanités, que les élèves coupent leurs téléphones  en classe,  comprenez qu’ils gardent  le droit  d’assommer le public avec des livres de trois kilos qui déforment le dos des enfants,  leur font comprendre dans leur chair  que le Maître, c’est le Maitre.  … Peine perdue, Malraux avait déjà tordu le cou à ses crétineries en convoquant Einstein dans ses souvenirs.

Malraux : Il ne s’agit pas de supprimer le corps enseignant, mais… Il s’agit qu’il se contente de venir en aide à ceux qui ont besoin d’être aidés.

XP : Décidemment, Malraux ne l’imagine pas, son utopie, il l’a sous les yeux,  il voit bien que c’est une chance de se débarrasser aux trois quarts de cet énorme poids mort qu’est le corps enseignant, il sait  qu’à l’issue du processus, on  remplacera 40 profs par 4 surveillants qui auront leur DEUG et seront  chargés de faire la garderie dans un énorme open space rempli d’ordinateurs auxquels seront connectés les élèves,.. Il est tellement dans son histoire, André, qu’il commence déjà à les ménager, comme on le fait avec les gens qu’on doit pousser vers la porte.

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Bon, Malraux visionnaire… Je me dis qu’il y en a qui ont de la chance d’être nés chez les beaufs : il leur reste encore toutes les belles illusions du XXe siècle à découvrir, parce qu’il faut croire que dans le monde où on les a mis au monde, le XXe siècle est passé sans que personne ne s’en soit jamais aperçu.

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Dans les faits, il se trouve que Malraux, ministre de la culture très « moderne » engagé par De Gaulle en 58, fait précisément partie de cette intelligentzia progressiste d’après-guerre à laquelle nous devons d’avoir entièrement réformé l’Educ’ Nat… réforme radicale devenue depuis-lors une sorte de tradition annuelle, et dont elle paye aujourd’hui les pots cassés. Les gens qui pensaient comme Malraux après-guerre, comme ils désiraient abolir définitivement toutes les tyrannies, prirent le parti de laisser derrière eux, comme un archaïsme digne des HLPSDNH, l’élitisme discriminant des « hussards noirs » d’antan – ceux-là-même qui décrottèrent nos grands-parents à coups de règles sur les doigts et de cours de morale. Ces maîtres d’écoles sévères, en blouse noire, distribuaient des bons points et des blâmes, et écartaient ceux qui n’avaient pas la tête faite pour étudier des études supérieures : dans un pays moderne, cela ne pouvait plus exister.

Ces esprits libéraux (au sens originel – synonyme de généreux – du terme libéral), gonflés de confiance en l’avenir et d’amour envers leur prochain, orientèrent la machine éducative française vers le « pédagogisme ». [Le pédagogisme n’est pas, comme chacun sait, l’art d’enseigner, mais celui « d’apprendre à apprendre ne pas avoir de maître » – je vous laisse méditer sur la grandeur d’âme des intellectuels qui ont inventé ça.] De là à la culturophobie étonnante de /celui qui faisait de la pataphysique sans le savoir/, alias Philippe Mérieu, il n’y avait plus qu’un saut de puce à allègrement franchir… avec les conséquences que l’on sait.

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Cet esprit éthéré, qui voulait de la liberté pour tout le monde et même pour les enfants – l’enfer est pavé des bonnes intentions – n’était pas un visionnaire, il était au contraire bien de son temps. C’était un sale jeune écervelé idéaliste qui croyait dur comme fer aux lendemains-de-l’Humanité-Démocratique-qui-chantent, désireux de révolutionner la pensée, le monde et l’enfance [monsieur Cohn-Bendit aussi a essayé], un jeune vaniteux « sans Dieu ni maître », de la trempe de tous les « penseurs » de 68. En cela, lorsqu’il parle si bien de l’école telle qu’elle est effectivement devenue – à savoir une vaste garderie remplie de sauvages et de garde-chiourmes sous prosac (sous prosac justement parce qu’ils n’avaient pas prévu de faire ce métier pour devenir garde-chiourmes), blindée de matériel informatique – il ne prédisait pas l’avenir, il faisait simplement partie de ceux qui étaient en train de le fabriquer.
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La liberté pour la liberté, c’est bien beau. Mais on n’élève pas des gosses en leur laissant la liberté de foutre leurs mains sur les plaques électriques et de bouffer n’importe quoi. Ca c’est du Rousseau, de penser ça. Et Rousseau mène à Robespierre qui mène à la Révolution – NB : « faire une révolution » équivaut à accomplir un tour complet sur soi-même à 360°.

enfance

Il y a une vérité à propos des gosses – certains la trouveront laide, d’autres belle, peu importe car c’est une vérité : les gosses manifestent très fort, et ce dès le premier age, un impérieux désir d’autorité. Ils jouent avec des armes, elles grondent leurs poupées, ce qu’ils veulent savoir à propos des adultes, c’est ce en quoi ils croient et quelles sont leurs règles pour les juger. Ce qu’ils trouvent beau : un retable baroque doré, un château fort, une robe de brocard. Le beau pour l’enfant, c’est ce qui est grand, fort et riche. Pour s’en faire aimer, il ne faut pas leur demander ce qu’ils veulent mais les subjuguer. Pour les commander il faut leur montrer par l’exemple que l’on sait s’obéir à soi-même. Les enfants ont cela de bestial et de noble à la fois qu’ils accepteront toujours de suivre celui qui trace sa route – et qui la trace indépendamment d’eux – et difficilement celui qui leur demande leur avis à eux – pauvres novices – sur la marche à suivre. Il y a une vision de la justice qui n’est pas faite de commisération mais seulement de justesse – d’équité un peu salomonéenne – chez l’enfant. Lorsque les adultes autour d’eux n’assument pas leur rôle d’adultes, sous prétexte de jeunisme ou plus encore par lâcheté, ils sont capables de violence. Si les maîtres qu’on leur donne se refusent de toute force à leur transmettre leur savoir – souvent poussés par la peur secrète d’être surpassés et donc méprisés par leurs élèves – , ils tombent irrémédiablement dans la bétise ou dans la désespérance – selon leur potentiel de départ, c’est-à-dire selon les cas. Le besoin d’autorité des gosses, disais-je, est vital. Et il est la meilleure illustration qui soit du fait que l’esprit humain doit rencontrer des maîtres – ne serait-ce que pour les dépasser – et doit absolument être confronté aux règles d’une hiérarchie sociale pour se construire.

Savoir cela suffit pour battre en brèche les plans sur la comète des pédagogistes, des anti-éducation, des partisans de la liberté pour les enfants et autres disciples de Meirieu qui s’ignorent.

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ADDENDUM

La seule question qui reste pour moi en suspens est la suivante : pourquoi s’est-on ainsi acharné à vouloir réformer l’école de fond en comble depuis la dernière guerre, était-ce réellement pour l’améliorer, ou bien pour la liquider ? Car il y a bel et bien des gens qui ont travaillé à améliorer l’enseignement, à le rendre plus intelligent, plus fin, plus humaniste – mes parents ont fait partie de ce contingent-là… Mais d’autres ont manifestement utilisé la soif de progrès des enseignants les plus idéalistes pour saper toutes les bases de l’institution scolaire – à commencer par le minimum de discipline qui était vital – jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien. En tous les cas, il est évident que la destruction du « mammouth » profite aujourd’hui à certaines personnes, des vautours, qui sont bien contentes que l’ascenseur social français – qui était à l’origine, soit dit en passant et tout-à-fait entre nous, une petite merveille de technologie sociale – ne fonctionne plus.

Sérieusement, que pouvait-on espérer qu’il arrive, à part une désorganisation complète du système scolaire, en envoyant tous les ans aux profs, depuis le ministère, de nouvelles directives toutes plus absurdes, poétiques et contradictoires les unes que les autres ?

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Vive Frigide Barjot !

Ce que je reprocherai à Frigide Barjot, c’est d’avoir fait preuve de légalisme excessif et de n’avoir pas compris qu’une manifestation a d’autant moins à respecter la légalité qu’elle entend lui opposer une légitimité. N’ayons pas peur des mots : une manifestation est un acte de guerre politique. On y est appelé à prendre et à donner des coups. En bref, c’est une épreuve de force. Vouloir éviter cette épreuve de force est une faute grave. Avec des défilés familiaux bon enfant, rose bonbon Bisounours, on montre qu’on existe, mais rien de plus. On n’est pas en position d’exiger quoi que ce soit. La plus grande erreur a été d’obtempérer à l’interdiction de défiler sur les Champs-Élysées. Il fallait, au contraire, maintenir le mot d’ordre, surtout quand on se flatte de mobiliser plus d’un million de personnes. Aucune force de police ne peut barrer l’accès d’une artère quelconque à un million de manifestants ! En désavouant ceux de ses partisans qui tentaient de déborder les forces de l’ordre, Frigide Barjot a fait avorter le mouvement qu’elle avait elle-même déclenché, alors que celui-ci était en train de se transformer en vague de fond contre le régime.

Alain de Benoist

SOURCE : http://www.bvoltaire.fr/alaindebenoist/frigide-barjot-a-fait-avorter-le-mouvement,18944

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Mais non mon bon monsieur. C’est tout le contraire ! Ce qu’a tenté de démontrer ici Frigide Barjot au régime en place, c’était qu’en tant que conductrice d’un mouvement d’opinion chrétien, elle se voulait non pas la représentante des forces du chaos, mais bien plutôt celle des forces de l’ordre – et cela au sens non pas conventionnel mais profond du terme. Car tel est le paradoxe du christianisme : être une révolution, mais qui ne veut rien détruire – une révolution vertueuse !

Un exemple de révolution vertueuse.

Il va de soi qu’une marée humaine de plus d’un million d’individus peut tout détruire sur son passage… Il va moins de soi que confrontée à des insultes publiques venant de son adversaire au pouvoir, elle puisse continuer passivement, humblement, saintement, à lui présenter l’autre joue comme un seul homme, et à obtempérer à ses desiderata divers, par fidélité politique à elle-même – et par extension à son pays. Car telle est effectivement la force de volonté dont la marée humaine, unique en son genre, appelée par Frigide Barjot est capable – telle est la façon dont elle se distingue obstinément des autres !

A présent cela n’est plus à démontrer.

Mon avis sur la présence de Frigide Barjot ? C’est une présence symbolique.
La signification de son symbole : « Nous pourrions être cinquante fois plus nombreux, et quand bien même projetteriez-vous de nous crucifier tous un par un jusqu’au dernier, aussi longtemps que nous le jugerions juste, nous continuerions de vous obéir. Car vous êtes malgré tout les détenteurs du glaive en notre pays. Et nous autres, en le secret de qui la Rome impériale dicte ses codes, veille et sommeille, nous ne nous ferons jamais les ennemis du glaive, encore moins ceux notre pays. »

Le suicide de Dominique Venner ne rejoint-il pas à sa façon le même objectif signifiant ?

Frigide se retire

Frigide Barjot hésite à manifester dimanche, en raison dit-elle au Figaro de menaces répétées. Celles-ci ne viendraient plus seulement des pro-mariage gay, mais aussi de l’extrême droite.

A présent, penchons-nous un instant s’il vous plaît sur la signification symbolique du : « Frigide Barjot se retire ».

 

10651939-feux-de-circulation-sur-le-vert« Eli Eli lama sabachthani? »

N’est-ce pas une forme tacite d’autorisation ?

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J’ai toujours aimé griffonner mes livres de Science-Eco…. 

Ah ça ira

La plus belle fille du monde ne peut offrir que ce qu’elle a

princesse-fleur-de-lotus

In-nocence

Ma maman, elle a toujours été un peu idiote. Avec le temps on ne peut pas dire que cela s’arrange… Peut-être tout simplement, à cause de la disgrâce de l’âge, cela devient-il plus flagrant ? Quand elle était jeune, parce qu’elle ressemblait à une Claudia Cardinale en modèle réduit, avec son bon caractère, ses yeux rieurs, ses manières papillonnantes de lutin hyperactif, personne ne s’en apercevait. On prête aux visages enfantins, aux tempérament joueurs, bien des qualités d’esprit qu’ils ne possèdent pas. La jeunesse, la grâce, agissent comme un écran de rêve où les gens projettent toutes sortes d’effets de leur bonté. Les belles personnes, que leur charisme protège, quand elles sont douées de quelque gaieté, avancent vaille que vaille à travers les embûches, et même les humiliations occasionnelles, comme un mage passerait et repasserait à travers un miroir…  Semblables à des vaisseaux fantômes, elles demeurent ni vues ni connues parce qu’elles transforment tout à leur contact : des étrangers subitement les saluent, des avenues cachées se déplient, les carreaux des fenêtres closes leur envoient mille clins d’œils complice, de gentils chiens galeux leur demandent des nouvelles de leur santé… Même la lumière du soleil semble les éclairer plus profondément ! – Ma mère qui a toujours souffert de graves problèmes de vue, m’a souvent parlé de la lumière… Elle m’a souvent dit qu’elle avait éprouvé des émotions esthétiques intenses certains jours bénis, certains jours où ses yeux capricieux voulaient bien ne pas ternir le monde d’un voile d’opacité.

Quand le jour s’étiole enfin entre deux présages noirs, tandis qu’un ciel de sang évoque au Simple un feu de cheminée, les grands arbres noueux, veilleurs des bords de route, se penchent sur le passage des petits princes de ce monde, et leurs longs squelettes chenus apparaissent subitement amicaux et farceurs. Après cela, quand montent les Esprits, et dansent dans les ombres le souvenir des morts, au pied des anges vengeurs, à l’envers des calvaires qui font le croisement des routes, en ces lieux intermédiaires où l’homme de tête est livré au cours-bouillon de sa mémoire, quand les maigres raisons du monde ne peuvent résister au sabbat des angoisses, seule une âme particulièrement transparente peut continuer à circuler librement… ma mère qui évoluait dans les infra-sphères animales, au plus près des essences, je veux croire qu’elle était de ceux-là à qui les illusions grotesques de la nuit n’inspiraient nulle crainte…

Ma mère, c’était le genre à revenir du supermarché en disant qu’un type en caddie lui avait foncé dessus et qu’elle avait dû s’excuser à sa place : « Il est arrivé par le côté comme ça, sans crier gare, il m’a foncé dedans et devinez quoi ? Au lieu de s’excuser il m’a insultée ! – Il t’a insultée comment ça ? Mais qu’est-ce qu’il t’a dit ? – Oh je ne sais plus… j’étais tellement sonnée. Il m’a fait une réflexion sur ma coupe de cheveux. Il m’a comparée à un balais-éponge. – Il t’a traitée de balais-éponge ? Mais c’est insensé ! Mais qu’est-ce que cela veut dire ? – Je n’en sais rien. J’étais tellement sonnée, je suis restée bouche bée. Et puis alors une dame du supermarché est arrivée, c’était peut-être sa copine, elle m’a dit de lui demander pardon et qu’on en finisse. Je lui ai dit que je n’allais pas lui demander pardon, que c’était lui qui m’avait foncé dedans. Mais elle n’a rien voulu entendre, puis lui s’est mis à se plaindre auprès d’elle… moi je n’en revenais pas… »

C’est d’elle que je tiens cette faculté étrange. Nous attirons les sourires, mais nous cristallisons aussi les colères, les méchancetés, les craintes… Les gens aiment bien s’énerver après nous. Cela les soulage. Ils se soulagent, comme les chiens. Ce que je dis toujours : les pauvres, ils prennent une revanche sur la vie.

la boheme

Déniaisement

« Elle est tellement belle ta fille… Et puis elle parle bien. Je suis sûre qu’elle finira à la télé ! »
« Oh c’est toi qui a sculpté ça ? Vraiment, c’est très réussi. Pourquoi n’essaierais-tu pas d’en faire ton métier ? »
« J’adore ta façon de t’habiller. Tu as toujours tellement d’idées ! Tu devrais essayer de dessiner des vêtements. »
« Sérieux, on ne voyait que toi sur scène. Tu devrais tenter de passer le concours d’entrée du Cours Florent. »
« Je ne savais pas que tu chantais ! Pourquoi n’essaierais-tu pas de faire la Star-Ac’ ? »
« Oh toi alors, tu as tous les dons. On ne se fait aucun souci pour toi. Tu feras ce que tu voudras. Tout ce qui nous importe, à nous tes parents, c’est que tu sois heureuse. »
« J’ai vu la petite-fille de ma voisine. Sais-tu ce que c’est, son métier ? Elle agence des vitrines pour des commerces du centre-ville. Avec une petite formation, tu pourrais faire ça, toi. »
« Non c’est vrai, tu présentes bien. Et puis tu as un certain maintien. Je pense qu’ils te prendraient tout de suite comme hôtesse d’accueil. »
« Ecoute, je connais un photographe, il s’appelle Sergio. Dis-lui que tu viens de ma part, je suis sûre qu’il te fera un prix. Il fait du très bon boulot et puis je suis sûre qu’il va t’adorer. C’est quelqu’un de très ouvert, il sait reconnaître un tempérament artistique. »
« Salut ! Comment tu vas ? J’ai un plan pour faire de la figuration dans un film d’époque. C’est génial, on pourra peut-être voir Romain Duris ! Hiii ! C’est payé 50 euros de l’heure pour un simple passage devant la caméra. 100 s’ils te donnent une réplique. »
« Bonjour mademoiselle, je suis peintre à mes heures perdues. Un peintre du dimanche, quoi. Ce que j’aime faire surtout, c’est peindre des nus. J’ai déjà peint pas mal de petites étudiantes étrangères du pôle universitaire à côté. Si cela colle entre nous, nous pourrions planifier quelques séances. Attention, hein. Je ne suis pas un grand artiste, je fais ça surtout pour le plaisir… Si vous acceptez, ça doit être pour le plaisir également. »

« La Bohêmeuh ! La Bohêmeuh.. etc. » ♪

pas d'art sans liberté

Libéralisme

Je crois que ce que je trouve plus plus pathétique dans cette idéologie de la liberté qu’on nous vante, c’est qu’elle ne nous laisse plus comme liberté que celle de rentabiliser tout ce que nous savons faire, tout ce que nous faisons, tout ce que nous aimons, tout ce que nous sommes… à peine conçu, sitôt vendu ! Le concept comme le bonhomme. Le système est tellement vorace, il a tellement besoin de notre vitalité, de notre créativité, pour enrayer sa décadence, qu’il ne nous laisse même plus le moyen ni surtout le temps de développer le moindre savoir-faire, ni le moindre plaisir dans la création lorsque celle-ci est rémunérée. Or pas de créativité sans plaisir. Comment voulez-vous produire quelque chose qui vaille lorsque vous avez été sélectionné pour votre libre esprit et qu’on vous demande de faire dans des barquettes ? Tant qu’il va encore à l’école, il y a un vampire qui sommeille derrière chaque jeune à potentiel, prêt à lui fondre sur le paletot au moindre éveil du poète qui sommeille en lui, et qui lui demande de transfuser sa passion naturelle dans du marketting, de la pub ou du divertissement rapide&pas cher. Cela ne donne pas envie. La créativité a besoin de prendre ses aises, de flâner, de rigoler… de se vivre ! Le créatif n’est pas spécialement un mec qui aime créer, c’est avant tout un mec qui aime la vie ! Les gens qui ont le feu sacré non seulement sont ceux qui ne se laissent plus happer par la machine, mais plutôt que de donner de leur substantifique moelle au grand proxénétisme généralisé qui nous gouverne, ils préfèrent encore disparaître dans la nature, s’évader dans la marge, devenir Walgänger. Afin de pouvoir continuer à exercer leur liberté, paradoxalement, ils doivent dire fuck à l’idéologie de la liberté. Hier encore j’étais dans Paris. Ici encore plus qu’ailleurs, le maquereau t’attend au détour dès que tu produis le moindre début d’un morceau de quelque chose qui fait sens. Forcément, au final, comme personne n’y a plus le loisir – au sens profond du terme loisir  – d’y développer un art de vivre différent & élaboré, qui soit basé sur des idées complexes, comme plus personne n’a plus la liberté mentale d’y parler sans s’écouter parler, d’y vivre sans se regarder vivre, ne reste plus à ceux qui tentent malgré tout de suivre le mouvement pour imposer leur marque, qu’à vendre leurs corps ! La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a.

Du coup, forcément, Zahia&Nabila sont à la mode !

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Prostitution

Hier dans Paris, je regardais ce que vendaient les magasins de prêt-à-porter… Mais que j’étais navrée ! Mais que j’étais dégoûtée par l’ambiance générale… Partout des boutons dorés, des festons bling-bling, de la perlouzes, du moulant, du ras-le-bonbon, des chaussures pour fétichistes, plumes d’autruche et barbie-doll, tape-à-l’oeil vulgaire à base d’imprimés serpent, léopard, slogans provocateurs sur t-shirts féminins : « sins&lust » et autres « look-at-me »… La standardisation du business a pris des proportions extrême : toutes les grandes enseignes proposent la même merde, à tous les prix, pour toutes les bourses, donc à tous les étages de la société. Jamais vu ça. C’est la mode de la pute, c’est la mode pour Zahia&Nabila, tout est à comprendre au premier-degré, on se désinhibe jusqu’au trognon, mais cela ne concerne pas seulement la banlieusarde en quête de quéquette friquée ou la fille-à-papa qui doit soigner ses relations. Non, la bourgeoise-mère aussi est concernée. Ainsi que bobonne, madame tout-le-monde, l’institutrice, la magistrate, la boulangère, la féministe, la lesbienne, la beurette et l’africaine qui parle à peine français. Tout le monde sur le pavé, tout le monde à vendre ses avantages, à tortiller du fion en mesure ! Rythmes africains, ambiance guerrière, enfants-soldats de la putasserie.

Les grands esprits se rencontrent : AMQC vient de peindre ses impressions sur l’atmosphère qui plane sur la capitale, et elles rejoignent les miennes : http://amoyquechault.over-blog.com/les-rats-sont-dans-paris

Voilà à quoi mène une telle conception utilitariste de la liberté. Aucun geste, aucun espoir, aucun art de vivre, aucun être-au-monde, rien n’est plus gratuit dans cette société-là. Mise à mort de toute spontanéité. Il faut tout mettre à l’encan, tout faire valoir. Si tu développes une aptitude, il faut qu’elle te serve ! Si tu ressembles à quelque chose, il faut que tu le deviennes ! Ainsi nos mamans, quand nous étions petits, en nous nourrissant, en nous couvrant de baisers, nous ont allumé des étoiles dans nos yeux, nous ont mis du baume dans nos cœur… elles ont fait cela innocemment, par atavisme, par instinct, par animalité, parce qu’elles nous rêvaient une vie joyeuse, un destin glorieux, parce que nous étions leur avenir, parce qu’elles nous souhaitaient une tête bien pleine, un cœur plein d’amour, de faire de beaux rêves, et de tous les réaliser… Mais au moment d’entrer dans la vie adulte, voilà tout ce qu’il en reste ? Au moment d’entrer dans la vie active, il faudrait faire tenir tout cela dans un CV ?

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Du Curiculum Vitae perçu comme une biographie

Un artiste à la mords-moi-le nœud ponds des (mauvais) portraits de pauvres gens et résume leur condition en quelques mots lapidaires : http://kitschophobe.tumblr.com/post/47784043241/depuis-quelque-temps-je-me-suis-mis-a-peindre

« Il nous a dit que s’il était parfois un peu brutal, c’est parce qu’il avait la rage de gagner » – « Avant de lui parler des résultats de son scanner, on lui a remis la charte des droits du malade » –  « Elle n’aime pas les inégalités, surtout quand elle pense que son beau-frère est plein aux as. » – « 70 heures de travail par semaine selon ses propres estimations » – « Elle anime des ateliers de speed painting ». L’ « artiste » en question explique ainsi son travail : « Certains CV peuvent faire sourire, voire rire, mais le fond de ma démarche n’est pas de faire de l’humour, ni de dénigrer ces semblables auxquels je ressemble tant. C’est plus grave : j’ai envie de faire sentir en quoi consistent réellement des vies tout entières. »

Une vie entière contenue dans un CV… Il serait judicieux d’interroger la façon dont ce pompeux imbécile emploie le terme en question. Il donne le « genre » du Curiculum Vitae pour un équivalent du genre biographique… Ce fainéant de barbouilleur n’a pas dû se trouver bien souvent en situation de chercher un emploi, croyez-moi ! – Personne en vérité ne raconte jamais sa vie entière à un employeur pour obtenir du boulot ! A moins de vouloir se mettre en ménage avec lui…  A moins vouloir à tout prix se ridiculiser… Ou bien de n’avoir jamais vécu effectivement que dans l’ambition unique de décrocher LE poste auquel on postule ! … – ce qui reviendrait à dire qu’on se soit toujours envisagé soi-même comme une sorte d’outil à usage unique (un genre de clef-à-molette ?)… – et qui sous-entendrait donc qu’on serait totalement inapte à remplir n’importe quel autre emploi (- adieu la vie si on est recalé ?). Non, le type lambda lorsqu’il écrit un Curiculum Vitae, sélectionne et biaise les informations qu’il y laisse car il cherche à atteindre un cœur de cible… car il est bien obligé de se faire passer pour un type idéal (un type idéal d’employé) qu’il n’est pas – qu’il ne peut pas décemment être, existentiellement parlant ! Le candidat doit écrire son cv comme l’acteur travaille un rôle de composition. Car l’employeur ne peut et ne doit désirer savoir qu’une seule chose : si le postulant possède ou non les qualités requises pour le poste qu’il propose. Que son futur employé aie ou non rêvé une nuit d’être un oiseau, préfère l’odeur du cambouis ou de la terre mouillée, ait réglé ou non son Œdipe, croie ou non à l’Œdipe, ou encore connaisse par cœur la moitié des Poèmes Saturniens, non seulement le regarde pas, mais le savoir ne lui serait d’aucun secours.

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Avant elle se battait pour mériter sa place. Avant elle se donnait beaucoup de mal pour décrocher un remerciement de son employeur ou quelques œillades masculines, pour ne pas se comporter comme une mère indigne, se faire respecter de ses amies, donner le change à la voisine, répondre aux exigences supposées de ses parents… Évidemment, elle n’obtenait la plupart du temps rien de plus qu’une autre, rien de plus sans doute que si elle n’avait jamais fait aucun effort. Et même son aptitude à courber l’échine la faisait le plus souvent passer pour quelqu’un de faible – alors que paradoxalement cette aptitude était le résultat de beaucoup de travail et d’abnégation. Mais lorsqu’on lui disait que la raison pour laquelle elle se faisait marcher dessus était précisément sa quête éperdue de reconnaissance sociale, alors elle ruait dans les brancards ! Elle s’exclamait qu’il n’y avait rien de pire que de passer son temps à faire des choses en lesquelles on ne croit pas, rien de pire de que fréquenter des gens dont on n’attend plus rien, rien de pire que d’obtenir des joies et des honneurs qu’on n’a pas mérité. Elle préférait continuer à croire à la comédie sociale et professionnelle, continuer comme une rock-star à jouer cette comédie sur les rotules à sang pour sang, parce qu’ainsi elle se persuadait qu’elle irriguait de sens l’étroite destinée servile encore laissée ouverte aux gens de bien, qu’ainsi elle tenait la maison du Seigneur en bon-ordre, à bout de bras : qu’ainsi grâce à elle chaque chose était encore en place dans son foyer, et les moutons au pré broutant ! Elle préférait vivre dans la certitude que toutes ses action étaient nécessaires en atteignant constamment ses limites que d’admettre que c’était cette certitude idiote, et le fait de vivre constamment au bord de ses limites, qui l’empêchaient de les dépasser… Elle préférait son martyr ordinaire, son martyr solidaire, sa participation invisible à la chaleur du troupeau, à cette compréhension honnie de la vanité de toute chose qui, si elle avait accepté de la rejoindre par lassitude, lui aurait sans doute fait opérer un bond hiérarchique dans son travail et remonter dans l’estime de ses proches… Quand tout à coup, patatras ! Tout s’écroula ! L’équilibre fut rompu.

Tout d’un coup, un beau matin de juillet alors qu’elle se prenait encore et encore vaillamment à espérer des jours meilleurs, elle apprit qu’elle était malade, et ce depuis longtemps, et qu’il lui fallait cesser de travailler pour se soigner, qu’il lui fallait lâcher-prise… Ses rapports avec les autres en changèrent du tout-au-tout. Elle qui n’obtenait jamais rien en se tuant à la tâche, à présent qu’elle ne pouvait plus se tenir debout et donner-donner, qu’elle n’était plus là que pour recevoir les autres dans un lit, recevoir des soins, recevoir de la commisération, recevoir des chocolats, elle qui n’avait jamais jusque-là suscité la compassion de personne, devint pour la première fois de sa vie d’adulte l’objet de mille attentions dévotes. D’un coup d’un seul, on se souciait de ses humeurs, d’un coup ses sensations importaient, ses projets dans les airs faisaient soupirer quelques autres… Cela ne lui était plus arrivé depuis l’âge de dix ans. Bien des cœurs sensibles ne deviennent hypocondriaques que pour obtenir cela. Rejoindre la sensation d’être sauvé du petit garçon malade, à qui sa mère vient porter le petit-déjeuner au lit, tandis que ses camarades sont enfermé à l’école, occupés à bûcher sur un devoir particulièrement ardu.

Ah ! La sainte et sotte habitude de vouloir que tout ce que nous faisons soit rentable ! Ah la satisfaction que nous aurions à être totalement en mesure de nous auto-instrumentaliser ! Ah la petitesse, la médiocrité existentielle, l’absence d’espoirs réalisables, dans lesquels nous végétons à cause de cela.

Par delà la gauche et la droite – Une fascinante rencontre avec l’homme postmoderne

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L’autre jour, en me promenant du côté de chez l’Amiral Woland, je suis tombée sur une vieille connaissance… Un contradicteur de toujours, que nous connaissons tous, un habitué de nos milieux : j’ai nommé L’Indien, distingué troll gauchiste.

Provocateur comme à son habitude, il était venu expressément à l’occasion de l’ordonnancement du nouveau Pape… histoire de cracher un peu de bile. L’Indien est un athée avec un couteau entre les dents (oui, cela existe !) – ses réflexes hargneux, dès qu’il est question de religion, rappellent fortement ceux des communistes à l’ancienne mode.

C’est alors qu’il m’est venu à l’esprit une chose toute bête : l’Indien, en tant que lecteur assidu de la réacosphère, a pu se faire une idée extrêmement précise de nos modes de pensées, il en est venu à anticiper coup sur coup nos façons de réagir, de contrer ses piques… cependant que nous, tandis que nous étions continuellement en butte à ses agressions, coincés dans une posture défensive, nous n’avons jamais pris la peine d’étudier son cas.

Qui est vraiment l’Indien ? En quoi croit-il ? C’est ici ce qu’il vous sera donné l’occasion de découvrir…

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..SOURCE : Chez l’Amiral Woland, le 14/03/2013 – L’article s’intitule : François, notre Pape

[NDLA : j’ai pris la liberté de corriger rapidement quelques fautes d’orthographe et de ponctuation chez l’Indien, pour faciliter la lecture.]

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L’INDIEN| 15 mars 2013 à 18 h 01 min | Réponse

Rien a changé ici évidemment ! Toujours aussi peu objectifs. Etonnant de vous voir vous appuyer sur le nombre de moutons qui suivent votre nouveau berger, depuis quand des réacs se cachent derrière un gros nombre pour en juger un autre plus petit. Tous vos milliards de crétins et votre chef ne vaudront jamais un seul des vrais papes modernes, les savants, scientifiques qui font désormais avancer le monde, loin des égarements mentaux des milliards de bigots figés dans leurs us ridicules faute d’avoir eu une vraie éducation variée.

  1. L’Indien !!!!!!!!!!!!!
    Bonjour !

  2. Le troll a pour objectif de créer une polémique dans le but de perturber l’équilibre d’une communauté. Ca me va, mais dans le cas ou mes propos correspondent a ma pensée, ça ne fait plus de moi un troll. Et encore moins si je n’agis pas de façon perverse, ce qui est le cas. Il y’a toujours chez vous cette manière de ne jamais apporter d’arguments convenables, esquivant la confrontation. Ce qui ressemble beaucoup a une communauté recroquevillée dans son coin, butée qui ne trouve son équilibre qu’en s’entendant dans la critique des autres. Je fais mon relou là, mais vous êtes graves, franchement. Sinon a propos de ce pape, c’est pas pour critiquer mais je voudrais dire que ses lunettes sont très mal ajustées, je suis désolé mais je sais de quoi je parle, on voit bien que les pli des branches sont trop courts, enfin bref mon dieu laisse pas passer ça, il se flingue la vue le gars.

    • Mais on vous aime bien et puis on est toujours le troll d’un autre de plus quand je lis Troll de Troy, je suis aux anges.

      Quant au recroquevillement que vous évoquez, il est identique chez les gentils de gauche, voire plus méprisant , plus agressif.

      Bonne journée

  3. L’Indien a changé !
    Avant, dans le bon vieux temps, il répondait quand on le saluait. Il était d’une politesse exquise, enfin normale quoi. On a le droit de changer de qualificatif.
    C’est ptet un autre Indien, c’est plus le nôtre.
    Et puis, stylistiquement parlant, la mode étant aux comparaisons, on ne le reconnaît pas.
    Il faisait des paragraphes il me semble, non ?
    Cet Indien-ci est un imposteur.

  4. Comme je n’ai pas l’habitude de mettre la parole de mon amiral en doute, je dirais que monsieur l’indien a mûri, les épreuves l’ont mûri avant l’âge. On sent un doute dans son intervention, on sent un vécu difficile à reconnaître, on sent un appel au secours vers cette communauté recroquevillée dans son coin mais au combien sécurisante. Courage monsieur l’indien comme dit l’autre « les bons mûrissent. Les mauvais pourrissent »

L’INDIEN | 18 mars 2013 à 16 h 35 min |

Vous êtes d’une condescendance insupportable et avez ce comportement typique des bandes, avec des membres qui s’embrigadent les uns les autres au point de ne plus être capables d’apporter de crédit aux idées qui ne vont pas dans votre sens. On ne peut pas parler avec vous, le débat n’a jamais été possible ici. Tout ce que vous trouvez a répondre c’est que je n’ai pas fait de paragraphe, que je ne réponds pas aux bonjours et a faire vos petites blagues privées.

Il y’a quand même Coach Berny qui soulève le fait que vous vous sentez en sécurité dans votre communauté. Ça n’est surement pas une bonne raison pour mépriser a ce point les autres. Alors je sais bien que l’évolution des choses ne vous facilite pas l’existence, que rien ne va dans votre sens avec les mariages pour tous, la mort a petit feu de la religion, les libertés laissées a la liberté de circulation, les arrivées de la gauche aux pouvoirs, de toutes façons tout est toujours trop a gauche pour vous. Vous devriez tout de même faire un effort de comprendre qu’on n’essaye pas d’organiser une révolution quand on est isolé dans son coin. Parce que j’en ai entendu des désirs de reconquista etc, vous nagez en plein délire, les gens sains d’esprits ne veulent pas de ce que vous souhaitez. Continuez d’ignorer tout ça, faites vos petites prières dans votre secte, vos petites blagues sur les blogs en vous rassurant tant bien que mal en vous donnant la position du chêne isolé et solide qui ne plie pas devant vents et marées d’ordure. Ca n’empêche qu’il a de grosses œillères ici. Vous fonctionnez par biais cognitif, et c’est pas étonnant pour un groupe qui s’est auto marginalisé et qui a tendance a se perdre dans la religion. Si vous ne respectez pas le point de vue des autres et aimez l’exprimer, alors allez leur dire, plutôt que rester entre vous a ressassez les même choses ou vous vous retrouvez et à refuser la discussion quand y’en a un qui vient essayer de percer votre coquille.

MOI | 18 mars 2013 à 16 h 57 min | Réponse

Vous approuvez la marche du monde, l’Indien ?

Libre circulation des hommes comme des marchandises, Bruxelles dépossédant les vieilles démocraties d’Europe de leur souveraineté, le mariage pour tous accompagné du « droit à l’enfant » qui empiète sur la Déclaration des Droits de l’Enfant, les belles églises du patrimoine de la France qu’on n’entretient pas voire qu’on détruit, les moches mosquées modernes qu’on construit avec l’argent public en dépit des principes les plus élémentaires de séparation de l’Eglise et de l’Etat.. etc. Et j’en passe… Vous approuvez tout ça ?

L’INDIEN | 18 mars 2013 à 17 h 47 min | Réponse

Ca serait vraiment idiot de se satisfaire de ce qu’est le monde, mais j’approuve comme la plupart des gens, l’orientation qu’il prend. L’être humain a toujours été une marchandise, comme tout le reste, il se déplace là ou ça l’arrange, il se fait envoyer là ou ça va dans l’intérêt de sa communauté, de son entreprise, ça n’est pas la source du problème. Pour les vieilles démocraties d’Europe qui n’ont plus leur souveraineté, c’est comme ça. Les pays comme les personnes doivent apprendre qu’on fait partie d’un tout et qu’on ne peut s’occuper de sa personne en ignorant les autres. Faire partie d’un groupe c’est apprendre à se remettre en question. L’intelligence, notre place dans le monde animal, nous vient de cette particularité, de savoir se percuter aux idées opposées pour évoluer ou les faire évoluer. Sinon pour le mariage pour tous, encore heureux que tout le monde puisse s’unir comme il le souhaite tant que ça reste dans la morale, et à notre époque la morale c’est la science et elle nous dit qu’il n’y a pas de raisons de refuser ces droits aux gays. Qu’ils élèvent des gamins, aussi s’ils le souhaitent. C’est quoi cette histoire de droit de l’enfant? Depuis quand un enfant a des droits? Il prend le monde tel qu’il lui vient, avec des parents et un entourage plus ou moins bien selon sa chance.

Les belles églises sont bien assez respectées surtout sachant les horreurs passée et présentes qui sont faites au nom de la religion. Inversons les choses si les églises étaient des lieux athées ou agnostiques et la population religieuse, ça fait longtemps que les clochers n’existeraient plus. Mais heureusement tout le monde n’a pas pour désir de vouloir évangéliser les autres selon les préceptes d’un livre qu’on croit écrit par Dieu mais qui n’est que le fruit d’humains qui ont manuscrit des rumeurs de chamans et autres soit-disant prophètes qui n’étaient que des épileptiques. Ca va pour tous les théismes. Détrompez vous l’Islam ne bafoue pas plus la laicité que les autres, c’est juste qu’on était pas habitué a leur présence.

Merci d’expliquer vos soucis, mais je trouve que quand vous vous révoltez pour critiquer les affronts qui sont fait au monde, vous pensez a votre monde, plutôt que de prendre en compte un ensemble de beaucoup de chose.

MOI | 19 mars 2013 à 9 h 28 min | Réponse

Bonjour l’Indien.

Tout ce que vous nous dites est proprement fascinant. Je trouve totalement regrettable que nous ne nous soyions pas penchés plus tôt sur vos opinions à vous, tandis que continuellement nous nous bornions à prendre le plus grand risque en vous exposant les nôtres. En effet, notre ignorance de votre personne, jusqu’ici, nous laissait en butte à vos provocations incessantes, et bloqués dans une inconfortable position défensive. J’espère que dorénavant lorsqu’on verra paraître l’Indien, on ne se contentera plus de s’exclamer comme des enfants : « Oh voilà le gauchiste ! Oh voilà le troll ! », mais qu’on saura à qui l’on a affaire. Vous êtes aussi un libéral, l’Indien, un partisan du « laisser-faire », un vrai.

Cela tombe bien pour moi, voyez-vous l’Indien, parce que contrairement à certains ici (que vous avez peut-être effectivement, quelque part, coincés dans leurs propres contradictions idéologiques – notamment quelques unes de vos allégations ne sont pas sans me rappeler celles d’un certain denis l. – remember ?), cela tombe bien pour moi, disais-je, car de mon côté je suis plutôt du genre anti-libéral acharné (sisi ! ^^), ainsi je réalise que vous synthétisez tout ce que je déteste le plus au monde en terme de posture idéologique. Rien que pour cela vous mériteriez que je vous consacre un article – pourquoi pas une interview ? – sur mon blog. Si l’Amiral voyait un inconvénient à ce que nous occupions le présent fil de commentaire pour nous affronter, c’est ce que je ferais.

Quand vous dites qu’il faut avoir le courage de se confronter aux opinions adverses, je vous suis à 100%. Quand vous dites qu’il faut avoir le courage de ses propres opinions jusqu’au bout, je vous baise les pieds. Avec moi, vous pouvez être certain que votre vœu de cohérence interne sera respecté. Plus encore, je ne vous laisserai pas manquer à une telle exigence envers vous-même. Un tel jusqu’au-boutisme me plait trop.

Vous avez dit également : « la morale d’aujourd’hui, c’est la science ». Je suppose que vous allez voir en moi une personne excessivement morale, car je m’apprête à user pour vous contrer de la méthode scientifique. Je vais numéroter les réflexions que me suscitent vos allégations par le menu. Si vous n’êtes pas trop indigne de cet entretien, vous me ferez le plaisir d’y répondre en usant des mêmes repaires. Ainsi la lecture en sera facilitée pour notre hôtes et ses hôtes.

Merci.

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1 – « Ca serait vraiment idiot de se satisfaire de ce qu’est le monde. »

Pourquoi idiot ? Mais allez-y, développez…

2 – « J’approuve comme la plupart des gens, l’orientation qu’il prend. »

Pour vous, « les gens » éprouvent globalement le sentiment de vivre dans un monde de progrès. Intéressant.

Ces gens auxquels vous pensez, à quelle catégorie sociale appartiennent-ils ? Vous devez connaître un certain nombre de jeunes, si nous exceptons les jeunes issus de l’immigration, dont les parents ont parfois vécu la grande misère, trouvez-vous que les jeunes européens ont un niveau de vie égal à celui de leurs parents ? Vous devez notamment connaître un certain nombre de personnes issues de la génération Baby-boom, qui ont connu le plein-emploi des trente glorieuses, si vous deviez comparer ce que c’était qu’avoir vingt ans à leur époque, avec ce que ç’a été d’avoir vingt ans pour leurs enfants (leurs enfants qu’on nomme aussi « la génération sacrifiée »), et ce que c’est que d’avoir vingt ans aujourd’hui, quelle réflexion vous viendrait-elle à l’esprit ?

A vos yeux, progrès technique égale progrès tout-court. Pensez-vous que la découverte de l’arme nucléaire soit un progrès humain ?

Dans le même ordre d’idée, les guerres du XXe siècle ont été les plus meurtrières de toute l’histoire de l’humanité, et cela grâce au progrès technique. Notamment le régime nazi a eu ceci de particulier qu’il a planifié des massacres de manière /scientifique/ (tout comme le régime communiste de l’ex. URSS) , et qu’il a fait avancer la médecine par un certain nombre d’expériences directement sur matériau humain. Cette façon moderne de faire la guerre a-t-elle constitué un progrès à vos yeux comparativement aux anciennes façons de faire, moins « rationnelles » ? [SVP ne me parlez pas de religion ici, car cela serait hors sujet. La religion nous y viendront plus tard].

3 – « L’être humain a toujours été une marchandise, comme tout le reste, il se déplace là ou ça l’arrange, il se fait envoyer là ou ça va dans l’intérêt de sa communauté, de son entreprise, ça n’est pas la source du problème. »

Lorsque vous dites qu’il est normal que l’homme soit réduit à l’état de marchandise, vous admettez que l’homme est un loup pour l’homme et que cela est dans l’ordre des choses.

« à notre époque la morale c’est la science »

Cela donne-t-il raison à votre avis aux scientifiques nazis qui ont travaillé sur matériau humain vivant ? S’il apparaissait éventuellement à la science actuelle qu’un homme vivant (par exemple un fou, grandement handicapé, chômeur de longue durée, sans famille) était plus utile à la société sous forme de pièces détachées, c’est-à-dire en donnant ses organes à des accidentés de la route ou à la science, que sous la forme d’un homme vivant, trouveriez-vous normal que la science le condamne à mort ? A quoi servent à votre avis les comités de bioéthique, si la morale et la science ne font qu’un ?

Lorsqu’une femme qui vit dans la grande misère, quelque part sur la planète, se fait payer par un occidental pour porter un enfant qui n’est pas à elle et ne le sera jamais (car on le lui retirera à sa naissance), cela ne s’apparente-t-il pas à de l’esclavage ? Puisque vous trouvez normal de vendre du matériau humain, quels arguments pouvez-vous avancer en défaveur de l’esclavage ? Si en vertu de la science, l’esclavage lui-même – pratique archaïque abolie en Occident dès la fin de l’antiquité pour des raisons morale, contre laquelle les Etats-Unis-d’Amérique se sont constitués en démocratie, condamnée fermement par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen – si l’esclavage lui-même, en vertu de la science, n’apparaît plus comme étant une pratique immorale, alors la science livrée à elle-même n’apparaît-elle pas dès lors, quant à elle, comme conduisant à une régression sur le plan des mœurs, à un retour à la barbarie ?

4 – « L’être humain a toujours été une marchandise. »

Quand vous lisez une tragédie grecque, avez-vous le sentiment que les hommes qui y sont dépeints sont des marchandises ?

5 – « Pour les vieilles démocraties d’Europe qui n’ont plus leur souveraineté, c’est comme ça. Les pays comme les personnes doivent apprendre qu’on fait partie d’un tout et qu’on ne peut s’occuper de sa personne en ignorant les autres. Faire partie d’un groupe c’est apprendre a se remettre en question. »

Vous comparez les nations, les démocraties, à des hommes, et vous dites qu’elles doivent vivre en bonne intelligence les unes avec les autres. Pourquoi pas. A présent, en quoi l’art de vivre en bonne intelligence avec son voisin consiste-t-il ? Suffit-il pour bien s’entendre avec son prochain d’être gentil avec lui ? Ne faut-il pas aussi veiller à s’en faire respecter ? Celui qui respecte l’intégrité (la vie privée, la liberté d’opinion, le droit de réserve) de son prochain n’est-il pas en premier lieu celui qui sait respecter les siens-propres ? Et face à un voisin agressif ou intrusif, comment fait-on ? Les méchants voisins n’existent-ils pas ? Et suis-je absolument forcée d’aimer mon voisin pour vivre paisiblement à ses côtés ? N’ai-je pas le droit de l’ignorer complètement ? De vouloir qu’il m’ignore ? C’est mon cas en ce qui concerne certains voisins que j’ai dans mon immeuble : ce sont des gens qui ne pourraient pas me comprendre, avec lesquels je ne partage aucune valeur, qui passent eux-mêmes à côté de moi sans me voir, et cela m’arrange bien, et qui attendent de moi que j’en fasse autant. A l’inverse, quand une personne donnée témoigne un intérêt particulier, voire excessif, pour son voisin, et que celui-ci se voit forcé ou bien de rendre une telle sympathie sans coup férir, ou bien de passer pour un ingrat, voire même (pour les plus faibles) de se claquemurer chez lui dans l’angoisse de voir l’autre faire irruption dans sa vie à tout moment, cela n’engendre-t-il pas bien souvent toutes sortes de malentendus et d’embrouilles ? Dans bien des cas – si ce n’est dans tous les cas – c’est à la condition-même qu’une saine distance de sécurité soit respectée entre individus différents, par les uns et les autres, entre les uns et les autres, que paradoxalement des relations – prudentes donc respectueuses, donc subtiles, riches et variées – peuvent éventuellement se nouer entre eux. Nous faisons mine de ne pas le voir, mais bien souvent les êtres que nous aimons le plus sont ceux qui nous laissent libres de ne pas les aimer. Et la pire illusion du monde en termes relationnels est de croire qu’il faille coûte que coûte entrer en fusion sentimentale ou intellectuelle complète avec tout le monde.

6 – « Pour les vieilles démocraties d’Europe qui n’ont plus leur souveraineté, c’est comme ça. Les pays comme les personnes doivent apprendre qu’on fait partie d’un tout et qu’on ne peut s’occuper de sa personne en ignorant les autres. Faire partie d’un groupe c’est apprendre a se remettre en question. . »

Vous comparez les démocraties, les nations, à des hommes, et vous sous-entendez qu’elles ont comme eux une durée de vie limitée, et qu’il faut s’y résoudre. Très bien, pourquoi pas. A présent j’ai tout de même envie de vous poser une question. Etant donné que les nations (et les démocraties également – de /demos/, peuple) ne valent que par les hommes qui les composent, que faut-il faire à votre avis des hommes qui se définissent eux-même par-rapport à leur appartenance à une nation ? – chose qui n’est pas beaucoup plus folle, vous en conviendrez, que celle de se définir par-rapport au nom qu’on porte, à l’éducation qu’on a reçue, à la classe sociale d’où l’on vient – il faut bien se définir soi-même d’une manière ou une autre. Que faites-vous donc des hommes qui composent les nations désuètes ? Sont-ce des hommes désuets ? Et s’il est normal de voir mourir les nations désuètes, doit-on également pousser à la mort les hommes désuets ? Vous prônerez sans doute encore une fois une sorte d’arrangement à l’amiable, vous direz qu’il faut convaincre les gens d’évoluer, pour leur propre bien. Et là je vous dirai – patatras ! – dans quelle mesure peut-on prétendre faire le bien des gens contre leurs propres volontés et choix d’appartenance ? Figurez-vous le dernier des Mohicans : doit-on le convaincre qu’il n’est pas un Mohican pour le faire accéder au bonheur qu’ont les autres de ne pas appartenir à une race éteinte et à une nation en ruines ? Figurez-vous Don Quichotte, qui se serait plutôt laissé découper sur place par un démon à six-têtes plutôt que d’admettre que le temps rêvé des Chevaliers sans peurs et sans reproches était révolu. Don Quichotte ne se laisserait pas raisonner par vous, il ne se laisserait pas convaincre qu’il doit être autre chose que Don Quichotte. Faut-il donc le découper en tranches ? Se moquer de lui avec la cantonade ? Se féliciter de sa prochaine élimination naturelle ?

Si vous pensez que les Don Quichotte doivent disparaître, vous ressemblez un peu en cela aux requins, ces nazis de la mer, donc le rôle dans l’écosystème qu’ils habitent est de faire disparaître les animaux blessés ou frappés de faiblesse, afin de laisser la place libre à ceux qui, en bonne santé, doivent se reproduire pour améliorer le pool génétique de leur espèce. Cela veut dire que lorsque vous trouvez un être fragile et mal adapté, un Albatros (aux-ailes-trop-grandes-qui-l’empêchent-de-marcher) qui dans la nature n’est rien mais que dans une civilisation on fait apprendre aux enfants des écoles, une pauvre âme en souffrance, un blessé de la vie, alors au nom de cette Vie-même – dont vous ne voulez pas admettre qu’elle puisse être cruelle à l’homme de cœur, au rêveur, au sensible – alors au nom de votre déifiée nature – dont vous ne voulez pas admettre qu’elle soit l’éternelle ennemie de la civilisation, de la culture, donc de l’homme -, vous décrétez qu’il doit disparaître sans laisser de trace.

Or c’est le propre des animaux, encore une fois, de disparaître sans laisser de traces. Pas celui des hommes qui bâtissent et écrivent, pas celui des Nations et des Civilisations non plus.

7 – « l’intelligence, notre place dans le monde animal nous vient de cette particularité, de savoir se percuter aux idées opposées pour évoluer ou les faire évoluer. »

« L’intelligence, c’est la capacité d’adaptation. » Je connais cette phrase, c’est ce que me disait toujours ma mère.

Elle pourrait être de Machiavel. Ou de Confucius. Celui qui pense et agit, toujours en toute chose, conformément à ce que la nécessité/l’avidité/son boss commande, conformément au sens où le vent tourne, celui-là n’est-il pas toujours le plus intelligent ? En tout cas le plus victorieux ? On se demande bien à ce compte-là pourquoi il y a encore (et toujours) des ahuris pour ne pas toujours faire tout ce que l’appel de leur estomac leur commande… C’est vrai, quoi, là où y’a d’la gène y’a pas de plaisir ! … y’a pas d’bon sens non plus ! Après tout, hein, puisque nécessité fait loi !

On se demande bien aussi pourquoi une telle façon de voir a toujours été identifiée, dans la mentalité populaire, à celle du voleur ou du traître… On se demande bien pourquoi d’ailleurs aux yeux du vulgus pecum le voleur et le traître ont toujours été perçus comme des individus dépourvus de sens moral… C’est vrai quoi, pourquoi ne pas retourner sa veste quand le revers est de vison ? Par ici la bonne soupe, les plus gênés cèdent la place !

Quand vous dites, l’intelligence c’est savoir s’adapter, j’en déduis aussi que les cloportes mutants qui ont su résister à un accident nucléaire (là où tous les hommes ont clamsé) nous sont supérieurs en intelligence. J’en déduis aussi que les amibes capables de continuer à vivre dans les conditions climatiques, chimiques, de pression, de chaleur ou de froid les plus extrêmes, surpassent l’homme du point de vue de l’intelligence dans des proportions incommensurables…

8 – « Sinon pour le mariage pour tous, encore heureux que tout le monde puisse s’unir comme il le souhaite tant que ça reste dans la morale, et a notre époque la morale c’est la science et elle nous dit qu’il n’y a pas de raisons de refuser ces droits aux gays. »

La science la plus élémentaire dit aussi qu’un homme ça porte une bite, et qu’une femme ça n’en a pas, et qu’il faut un ovule et un spermatozoïde (chacun étant – forcément – sexuellement différencié) pour faire un bébé. Mais manifestement ces pseudo-progressistes (vrais esclavagiste, héraults du retour à la barbarie) ne s’intéressent à la science que lorsque celle-ci les arrange.

9 – « Qu’ils élèvent des gamins aussi s’ils le souhaitent. C’est quoi cette histoire de droit de l’enfant? Depuis quand un enfant a des droits? Il prend le monde tel qu’il lui vient, avec des des parents et un entourage plus ou moins bien selon sa chance. »

Un enfant, je vais vous expliquer ce que c’est. C’est un individu tellement faible qu’il ne peut pas encore s’occuper de lui-même tout seul, ce pourquoi il est obligé de compter sur la tendresse des adultes, leur générosité, leur amour. Il n’a pas le choix. Les Droits, je vais vous expliquer ce que c’est, il s’agit de privilèges justifiés qu’on accorde prioritairement aux individus faibles. Exemple : tu es handicapé, tu es vieux, tu es malade, tu es prioritaire sur les autres dans le bus en ce qui concerne le droit à la place assise. Autre exemple : tu es un petit enfant, tu portes une couche, tu es vulnérable, tu ne comprends pas tout ce qu’il se passe autour de toi, tu n’as encore jamais eu l’occasion de faire du mal à ton prochain, tu as donc le droit à ce qu’on te change ta couche, qu’on te protège, qu’on t’explique ce que tu ne comprends pas, et qu’on respecte ton innocence en ne te confrontant pas à des problèmes d’adulte (sexe, dialectique du péché, etc..) qui ne sont pas encore de ton âge.

Voilà, alors ça l’Indien, c’est la base, c’est le fondement de toute morale. En dehors de ça en fait il n’y a pas de morale. Je suis d’accord avec vous pour dire que si l’on oublie ça, il n’y a plus que des coutumes bidon. C’est là-dessus aussi qu’on fonde la notion de justice telle qu’elle est employée par nos tribunaux laïcs, car il s’agit encore une fois de pur bon-sens, 100% rationnel. Pas non plus besoin de religion pour comprendre ça.

10 – « depuis quand un enfant a des droits? Il prend le monde tel qu’il lui vient, avec des parents et un entourage plus ou moins bien selon sa chance. »

Ok. Donc vous votre truc, c’est le laisser-faire. Non mais c’est cool, parce que vous le dites clairement : à chacun sa merde, à chacun « selon sa chance ». Plus loin vous confirmez : « mais je trouve que quand vous vous révoltez pour critiquer les affronts qui sont fait au monde, vous pensez a votre monde ». En gros, ce que vous dites c’est que le bien-être des uns faisant le malheur des autres, personne ne devrait être habilité à lutter pour son bien-propre, sauf à prendre le risque de priver son prochain des privilèges qu’il s’arroge à lui-même. Bon, ce à quoi vous n’avez pas pensé, c’est que les Occidentaux ne sont pas seuls à lutter pour leur bien-propre. En réalité, tout le monde le fait. Par contre, si jamais les Occidentaux se convainquaient eux-même, comme vous aimeriez qu’ils le fassent, d’arrêter de rechercher leurs propres bonheur et succès, il seraient peut-être les premier êtres vivants jamais créés à agir ainsi. Ils deviendraient par là-même, à proprement parler, de véritables /erreurs de la nature/. De véritables erreurs que la nature (et sa cruelle loi) aurait tôt fait d’éliminer. – En réalité, je vais vous dire ce qu’il se passe, personne au monde n’est en mesure de se perpétuer sans l’être (de continuer à vivre, quoi) en agissant à l’encontre de son propre bien. Ceux qui prétendent le faire sont juste des hypocrites. En demandant aux gens d’agir ainsi vous leur demandez simplement d’agir en hypocrites – comme le ferait un authentique bigot.

Laissez-moi vous conter à présent une petite fable sur le /laisser-faire/. Il était une fois un petit garçon qui voulait un aquarium rempli de poissons de toutes les couleurs. Sa maman l’emmène au magasin, le petit garçon en fait le tour et il s’écrie : « Ils me plaisent tous ! J’en veux un de chaque ! ». Aussitôt quémandé, aussitôt acheté. Le soir venu, quand le petit garçon se retrouve chez lui muni de son nouveau jouet, il se dit que son aquarium est résolument le plus beau qu’on ait jamais vu, qu’il est encore bien plus beau que tous ceux que présentent les animaleries à leurs clients, et il s’en va se coucher des rêves pleins la tête. Hélas, tandis qu’il dort en rêvant à toutes sortes d’alter-mondes radieux, dans le salon obscur est en train d’avoir lieu une terrible guerre. Le petit garçon ignorant les règles les plus élémentaires de aquariophilie, a mélangé de terribles prédateurs d’eau de mer avec de petits poissons d’eau douce, il a fait se côtoyer de fragiles espèces pacifiques venues des climats tempérés avec d’autres, extrêmement belliqueuses, issues des grands lacs d’Afrique (où la survie en eaux trouble demande des capacités d’adaptations hors-norme). Au matin, quand le petit garçon se réveille, il ne reste plus rien de son paradis de la veille. Un gros poisson prédateur au visage balafré, le ventre gonflé d’avoir mangé toute la nuit, tourne et tourne encore sur lui-même, avec un air de défi, seul dans les débris des autres au milieu du bocal.

11 – « Les belles églises sont bien assez respectées surtout sachant les horreurs passée et présentes qui sont faites au nom de la religion. Inversons les choses si les églises étaient des lieux athées ou agnostiques et la population religieuse, ça fait longtemps que les clochers n’existeraient plus. Mais heureusement tout le monde n’a pas pour désir de vouloir évangéliser les autres selon les préceptes d’un livre qu’on croit écrit par Dieu mais qui n’est que le fruit d’humains qui ont manuscrit des rumeurs de chamans et autres soit-disant prophètes qui n’étaient que des épileptiques. »

Je veux bien que les grands inquisiteurs de naguère se soient rendus coupable de bien des crimes, l’Indien. Mais qu’avez-vous au juste à leur apprendre sur leur métier, vous qui venez de nous montrer que l’« humanisme » d’un genre nouveau que vous prônez est susceptible de sanctifier, dans le désordre :

– l’esclavagisme
– la marchandisation du vivant
– la planification technocratique de massacres à grande échelle
– la loi du plus fort/la loi de la jungle
– la morale du traître ou du voleur, à savoir l’opportunisme
– la persécution des plus faibles
– le non-respect de la Déclaration des droits de l’Homme et de l’Enfant
– la non-assistance à personne en danger

…et j’en passe…

12 – « détrompez-vous l’islam ne bafoue pas plus la laïcité que les autres, c’est juste qu’on n’était pas habitué a leur présence. »

Je veux bien. Cependant, en France, on ne construit plus d’églises. En revanche, on construit beaucoup de mosquées. Pourquoi alors les gens de votre obédience s’en prennent-ils si souvent aux chrétiens et laissent les musulmans tranquilles ? Parce qu’il faut savoir s’adapter au sens du vent, s’adapter comme les cloportes, c’est ça ?

Sur l’éducation – suite.

Fascisme Fun » @ Irena Adler :

Les gosses d’aujourd’hui, et à commencer par les petit blancs des classes supérieures, sont devenus des petits singes bruyants, ultra revendicatifs et narcissiques, totalement déconnectées des valeurs sacrificielles et familiales (ils mordent la main qui les a trop nourri, vivent dans un confort neurasthénisant).

Je dirai même plus que leur « pourrissement » est synonyme d’intégration dans la société. Si vous gosses ne sont pas aussi « pourris » que les autres, il ne s’intégreront pas plus dans le monde du travail que dans les soirées étudiantes.

Je doute encore plus que les « réactionnaires » soient capable d’élever traditionnellement leur marmaille. Allez dans n’importe quelle famille catholique pour voir l’étendue de molesse hippie qui s’est emparé des géniteurs comme de la progéniture (le film « La Vie est un long fleuve tranquille » est très représentatif du phénomène).

Irena Adler @ « Fascisme Fun » :

Si vous saviez comme je me fous des gosses des autres, lol !
Je l’ai pourtant expliqué dans mon article : aimer ses propres enfants, ce n’est pas raisonner sur l’éducation de tous les enfants du monde, ou vouloir le bien de tous les enfants du monde, au contraire.

Mais vous avez conservé du gauchisme une tendance forte à l’universalisme-niais.

« Je dirai même plus que leur « pourrissement » est synonyme d’intégration dans la société. Si vous gosses ne sont pas aussi « pourris » que les autres, il ne s’intégreront pas plus dans le monde du travail que dans les soirées étudiantes. »

I can afford that. ^^

Je ferai en sorte que mes enfants, s’ils sont exceptionnels, n’aient pas à frayer en permanence avec la lie de l’humanité non plus. Je ne vais pas les envoyer non plus dans des établissements scolaires classés ZEP, vous imaginez bien ! Pour le reste, chacun est sur la terre pour porter sa croix. Quand on transmet à un enfant une distinction en ce monde, il faut lui donner aussi la force de la porter, de la défendre, et de la transformer. Cela se matérialise par une certaine quantité de savoir : quand on offre une épée ou une canne-à-pêche à quelqu’un qui ne sait pas encore s’en servir, il vaut mieux lui dispenser également les cours d’escrime ou de pêche qui vont avec. La base de l’éducation d’un petit est en quelque sorte d’assurer le service-après-vente de l’héritage (vices ou vertus) qu’on lui transmet ! C’est là ce en quoi l’injonction du « connais-toi toi-même » est utile aussi au bon parent : en ce qu’il doit être parfaitement au clair avec la nature réelle du patrimoine (génétique, historique, idéologique) qu’il transmet. En d’autre terme, un bon parent est un parent qui est honnête avec lui-même (et cela même avant que d’être honnête avec l’enfant).

A présent, si la vie était un long fleuve tranquille, en tant que mère, que me resterait-il à enseigner à ma progéniture ? Ne pourraient-ils pas dès lors se passer de moi ? Et si mes enfants étaient des individus « sans-problèmes », ne seraient-ils pas aussi, par là-même, dénués d’intelligence et de possibilités d’évolution ? Et de quoi au juste aurais-je vocation maternelle à les protéger, si autour de nous ne veillait pas à notre perte, comme un défi, l’adversité permanente du monde ? – celle à propos de laquelle, justement, j’écris, et contre laquelle moi-même je me construis – celle à propos de laquelle j’ai tant à dire, à transmettre ?

Une seule chose fonde l’éducation, le lien familial : et c’est en définitive un certain nombre d’épreuves communes aux membres d’une même famille, que ceux-ci doivent s’entraider réciproquement à affronter. C’est-là d’ailleurs ce pourquoi il vaut mieux avoir des parents humbles, qui ne donnent pas l’impression d’avoir su eux-mêmes vaincre l’intégralité de leurs propres démons, et qui vous en laissent donc une partie à affronter à votre tour, que des parents soit-disant « parfaits » – qui donnent l’impression de s’être résolus eux-mêmes…

En effet, ceux-là qui, en fait de roman familial à continuer et reprendre, ne laissent à leurs enfants que des « miettes » (miettes d’héritage et de sens), sous-prétexte de leur épargner le tragique constitutionnel de la vie [autrement dit : ceux qui font de la culture d’enfant hors-sol, dans un cocon de coton, au lieu de prendre le risque ambitieux de les enraciner au plus tôt en pleine terre – comprendre : dans le réel], en fait les exposent au contraire, lorsque ceux-ci grandissent, aux pires, aux plus déchirantes et suicidaires des expériences existentielles ! Ils livrent leurs enfants à des épreuves nouvelles pour affronter lesquelles ils n’auront reçu ni appui, ni armes, ni formation. Exactement comme s’ils exposaient brutalement à la lumière du soleil, du vent, aux intempéries, des espèces végétales grandies « en laboratoire » – donc grandies à l’écart de la plupart des bactéries (à la fois agressives et nécessaires) qui évoluent dans la nature.

Au lieu de permettre à leurs enfants de s’appuyer sur leur tête pour les dépasser, et donc de faire de leur famille le lieu d’une possible évolution, d’un progrès, ils créent une progéniture « issue de rien », qui doit tout réinventer : une progéniture aussi brutale et paradoxalement fragile que l’étaient les hommes préhistoriques. Et voilà le danger principal qu’il y a à vouloir ignorer/refouler cette évidence que la nature a horreur du vide, et qu’un problème solutionné y appelle toujours l’apparition d’un problème nouveau – voilà ce pourquoi le plus grand des danger consiste toujours paradoxalement à vouloir nier, réduire artificiellement, le tragique nécessaire de l’humaine condition.

***

ADDENDUM :

Pour ce qui est du fait que je n’ai pas l’intention d’envoyer mes enfants étudier en ZEP… cela n’est pas absolument pas comparable avec le fait de vouloir les élever dans du coton ! Un enfant reste un enfant, c’est-à-dire qu’il mérite de recevoir des soins, des attentions particulières, et que rien de justifie jamais qu’on lui inflige des maltraitances – surtout pas la prétention fallacieuse de vouloir l’endurcir. Comme illustration de cela, je ferai remarquer qu’un végétal qu’on a planté dans un sol non-adéquat n’en devient pas plus vigoureux pour autant – bien au contraire. Envoyer ses gosses étudier en ZEP lorsqu’on a les moyens de l’éviter, s’apparente à de la maltraitance. Ne recevoir aucune formation intellectuelle digne de ce nom et être agressé toute la journée par des singes, ce n’est pas grandir plus vite, ni se donner les moyens de vaincre la chienlit. [Un singe brutal bien-adapté à sa banlieue, n’est fort que momentanément, durant l’enfance, dans sa cour d’école, dans sa banlieue, c’est-à-dire nulle part. Un mec qui fait l’ENA en revanche c’est un mec qui aura accès au pouvoir. Le singe ne fera jamais l’ENA, CQFD.] Il ne s’agit pas pour autant de cacher aux enfants les réalités du monde : simplement de leur permettre de grandir dans un milieu suffisamment propice à leur bon développement physique et mental pour qu’une fois adultes ils aient ce qu’il faut de force au ventre pour affronter le réel tel qu’il est – et, une fois formés adéquatement, se mesurer éventuellement, s’ils le désirent, aux défis les plus éprouvants (comme par exemple enseigner en ZEP – mais cela n’est qu’un exemple pris entre mille, pour illustrer le sujet).

De la mesure avant toute chose.
L’hübris (la démesure), surtout appliqué à l’éducation, et prôné comme une vertu, c’est un truc d’idéologues, donc encore un truc de gauchistes.

Au sujet de tout l’aspect pécuniaire qui entre en jeu dans l’aménagement d’un foyer propice à l’éducation des enfants – aspect qui aujourd’hui obsède les Occidentaux au point qu’ils tuent la plupart du temps le fruit de leurs entrailles lorsqu’ils se sentent trop peu conformes au modèle socio-économique du parent-type tel que promu par la pub et la presse magazine – aspect qui en revanche tourmente beaucoup moins les populations immigrées qui vivent essentiellement de la manne des Allocs – un autre article est à venir.

Le récit de Grödion

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La brise je l’ai cherchée, elle est là, au bord de l’eau. Quelle sensation enivrante. Le vent léger effleure mon corps nu (j’ai gardé le maillot, je suis pas seul) d’une caresse voluptueuse. Il est temps d’ouvrir mon coeur. Il y a un côté puéril et sentimental à s’épancher ainsi, à se confesser, à verser dans la sensiblerie et la bleuette, mais je sais pourquoi je fais cela.

Le premier mot qui me vient à l’esprit est HAINE. Haine contre le monde, haine contre la vie, haine contre les hommes, haine contre l’histoire, haine contre mon sort. Mais quand comme moi on a lié sa vie à la haine, la haine, on finit par s’en lasser, par vouloir s’en défaire, par rechercher désespérément l’Amour et la Paix. Par rechercher son contraire. Je pense à elle.

Je suis né un 29 novembre 1984 au « Mellah » de Meknès. Le Mellah est l’ancien quartier juif, le ghetto. Cela faisait déjà une vingtaine d’années que les Juifs du Maroc avaient fait leur aliyah. Je suis un Zerhouni, ma famille est installée à Moulay Idriss-Zehourn depuis au moins le XVIIe siècle. Elle a suivi le Sultan, qui a quitté Fès pour faire de Meknès sa capitale impériale. Mais le fief de ma tribu est situé dans la Chaouia, à environ 50 km de Casablanca. Les Zerhouni sont réputés être des bons-vivants et avoir la tête bien dure : des obstinés et des joyeux drilles. On aime rigoler et s’amuser mais faut pas trop nous faire de crasse par derrière, on aime la franchise et on a le sens de l’honneur. Je crois à la généalogie « physiologique ». Je descends par ma mère d’une grande famille marocaine au service du Sultan depuis toujours : collecte des impôts, armée, administration, commerce. Je n’ai jamais connu mes grands-parents, tous morts avant que je voie le jour, cela a été un manque dans ma jeunesse. Mon arrière grand-père maternelle, caïd de la tribu des Ouled Saïd, grand personnage, a vu sa famille ruinée après la guerre civile, la « Siba » de 1907-1911 : les tribus Berbères rejetant l’autorité du Sultan s’en prennent à ses serviteurs Arabes. Ma famille perd toutes ses terres de la Chaouia (qui assuraient de confortables revenus), ses richesses, ses relations avec le nouveau chef d’Etat et son prestige. Combien de fois lorsque la famille élargie, notre clan de la tribu, était réunie (pour un mariage, une circoncision ou la mort d’un notable) ai-je entendu par la voix des Anciens la complainte pleurant la perte de nos chères terres, cette terre de la Chaouia, fief de notre tribu, que nos ancêtres Banu Hillal avaient héritée du Sultan Almohade en personne pour services rendus en Espagne contre les Croisés et au Maroc contre les tribus Berbères Zénètes, à charge de récolter les impôts pour le Makhzen. Les cousins de ma mère, parmi eux se trouvent aujourd’hui des grosses légumes : un général 4 étoiles, deux sénateurs, un secrétaire du ministre des Affaires étrangères Fassi-Fihri, des maires, des hommes d’affaire. Nous, à la maison nous sommes nés pauvres. Je dirai tant mieux. J’ai mes raisons de penser ainsi : je pense que l’argent est une aliénation, comme le travail. Faire ce qu’on aime, ce pour quoi on est prêt à se lever tous les jours de bon heure et vivre modestement, c’est ma conception du bonheur : je ne voudrai pas faire un travail que je détesterai faire, même si la paye était considérable. Chacun ses principes.

Mon arrière grand-mère était Berbère, de la tribu des Bernoussi, mais dans notre famille nous n’aimons pas les Berbères, qu’ils appellent « les fourmis » ou les « chiens ». Je pense cela remonte à la « Siba ». Pourtant le mélange avec les Berbères a du avoir lieu durant ces siècles. Je suis Zerhouni mais aussi Saïdi, par ma mère. Et je suis surtout Tamimi par mon père. Nos ancêtres paternels sont arrivés au Maroc en provenance du Hedjaz, fuyant les Turcs (sombre histoire), au XIXe siècle : trafiquants d’or et d’esclaves (à ce qu’on dit d’eux). Mon père se sent obligé de parler au nom de ses aïeux : il hait les Turcs, il hait les Wahabbites, il hait les Perses, il hait les Roumis. Il a mille histoires à nous raconter sur la vie de nos ancêtres Bédouins, héritées de son père, qui les a lui-même reçues de son père, etc etc…tradition orale. Nous avons voyagé en famille 2 fois en Arabie Saoudite quand j’étais petit et nous y avons rencontré de lointains « cousins » : magie du tribalisme. Tout se garde. J’aurais aimé vivre comme un Bédouin, vivre la vie dure et frugale des Bédouins de jadis, entre conflits tribaux, razzias, commerces et danses guerrières. J’aurais aimé vivre au VIe siècle, âge d’or des Bédouins : l’esprit chevaleresque des Arabes y atteint sa perfection et sa vénusté. La poésie d’Antara Ibn Chadded donne une idée des moeurs raffinées et civilisées, recouvrant une sauvagerie point encore domptée, de cette période. C’est l’islam qui a foulé au pied la formidable civilisation arabe païenne, ressemblant en de nombreux points à une Grèce Antique restée archaïque. Les Arabes sont morts quand ils ont commencé à dominer. Trop peu nombreux, ils étaient destinés à ne pas garder le pouvoir. Les Omeyyades j’aime lire leur histoire encore et encore : les Arabes les vrais, les illustres, les plus distingués. Féroces, égoïstes, diligents, somptueux, chevaliers, poètes, aimant le vin et les ripailles, le luxe et gardant en même temps la frugalité et la simplicité de leurs origines bédouines. Ce sont les fanatiques religieux chiites, les autres fanatiques, la lie de la société, le bas peuple, les esclaves, les ratés, les non-Arabes (surtout ces chiens de Perses) qui ont renversé les Omeyyades sous le commandement d’Abu al Abbas (Abbassides). Les Arabes avaient perdu le pouvoir à jamais (ils le garderont encore un peu à Cordoue puis Grenade). Je suis né trop tard, j’aurai aimé être un chevalier combattant les Byzantins ou les Perses au VIIIe. De grands combats et du respect entre les adversaires. Avant que les fanatiques prennent le pouvoir au Xe et poussent toujours plus loin le ressentiment et le désir de destruction : les sauvages Berbères et Turcs, dominateurs dans l’islam de ce temps, en ont façonné une religion rétrograde et barbare qui est celle que nous connaissons. Je hais l’islam. Je voudrais que l’on jette une bombe nucléaire sur La Mecque. En finir avec cette idéologie qui nous fais chier et nous fera encore plus chier pour les 2 siècles à venir.

Je me suis souvent demandé si ma personnalité torturée et crépusculaire, celle à laquelle j’essaie d’échapper en vain, ne venait pas de ma date de naissance. Né fin novembre, au seuil de l’hiver, du froid et de la nuit, je devais en épouser la symbolique. Toute ma vie mon coeur a connu l’automne, avec le seul hiver pour horizon. Ou est le printemps ? Quand je crois l’avoir trouvé, il m’échappe encore. Je veux connaître le printemps. Lorsque le destin me faisait une faveur, je ne connaissais que des étés indiens. Toujours l’automne dans mon coeur. Je pense à elle.

A l’âge d’un an, voilà que nous quittons le Maroc pour rejoindre en France mon père ouvrier. Nous nous installons dans cette ville du sud de la France, dans une banlieue (pas encore réputée « difficile », en ce temps-là c’était encore vivable. Mais aujourd’hui c’est un dépotoir). Nous sommes en 1986 et en 1993 je la quitterai pour toujours cette banlieue. 7 ans ça marque une enfance. La banlieue était un paradis. Un royaume pour les enfants. 20 000 habitants enfermés dans un territoire minuscule, on est une grande famille malgré nous. L’école est en face de nôtre bâtiment (énorme blockhaus). Une bande de copains. 2/3 de Marocains, 1/3 d’Algériens et quelques Français dans la banlieue. Nous retournons au Maroc en été : les mois de juillet et août étaient jouissifs. Mais je n’y retourne plus, à cause de la religion. Je n’accepte pas qu’on me dise quoi faire, quoi manger, quoi boire… Et puis leur mentalité arriérée et débile, je n’en peux plus. Là-bas au Bled nous sommes les « Vacanciers » (« Vaconsses » avec l’accent du Bled), ceux qui apportent cadeaux, argents et moeurs relâchées. Et en France nous sommes les « Arabes », ceux qui apportent violences, ruines et moeurs rétrogrades. Chez nous nulle part. En 1993, fin août, nous quittons à jamais la banlieue pour le centre-ville : aucune famille arabe à l’horizon dans notre nouveau quartier. Nous nous « francisons » au contact des FDS.

J’aime depuis toujours la France, ce pays merveilleux. Je veux être Français, je suis Français (?) mais pour mon peuple je suis et je serai toujours Marocain, Arabe, Maghrébin. Je suis surtout musulman pour eux. S’ils savaient ils m’égorgeraient. Mais je les emmerde. Je me fiche d’eux et de leur avis. Les musulmans haïssent les non-musulmans : s’ils pouvaient les réduire en esclavage, les humilier, les massacrer demain, ils le feraient. Mais en position de faiblesse, il faut jouer du sourire et de l’amabilité. Mais moi je n’ai jamais cru en Dieu. Pourquoi ? Parce que depuis tout petit je suis obsédé par la mort. Je trouve ridicule l’existence d’un Dieu alors que la mort est le seul vrai Maître. On ne s’incline que devant la mort. Dieu a du inventer un après-la-mort pour se croire le Maître, mais après la mort il n’y a rien. Comme avant la vie. Je ne crois pas en Dieu et me considère athée. Mais athée jusqu’au bout, je ne m’embarrasse pas de morale sécularisée. Mais… je sais que sous mon armure d’athée, se cache un coeur chrétien. Je sais au fond de moi que si je hais tant l’islam ce n’est pas toutes les raisons que j’énonce mais parce que je suis chrétien. Il me faut relire Nietzsche juste pour empoisonner mon coeur et mon âme. Quand j’étais jeune, en 5e ou 4e, je passais des heures à regarder les livres d’histoire de l’école : ces scènes du moyen-âge, paysans ou château. Et surtout les églises et cathédrales que je trouvais magnifique. Mais mon vrai secret est que je rêvais de devenir moine : je trouvais ces gens admirables. Sacrifier une vie pour quelque chose de plus élevé, vivre dans le sacerdoce et le travail serein, la prière pour sauver les autres avant soi, loin des choses terrestres et des passions humaines. En cours, je restais une heure bloqué sur ce tableau représentant des moines ou des paysans au moyen-âge. J’avais demandé à la responsable du CDI (bibliothèque) de commander le Roman de Renart et je l’avais lu et relu au moins 35 fois en 3 ans. Sans jamais me lasser. Je sais que si j’aime la France, c’est pour son passé. Ses paysans, ses moines, ses rois, ses princesses, de jadis. Je me disais : Charlemagne était l’ami d’Haroun al Rachid. Je me dis que j’aurai aimé être un Arabe converti au christianisme, il y a longtemps, au moyen-âge au milieu des images que je regardais en cours.

J’ai toujours aimé la France, respecté ce pays, sa culture, son histoire. J’aime ce pays à un point qu’on ne pourrait savoir. Mon sang brûle et explose quand j’entends des gens lui manquer de respect. Autour de moi je voyais la famille ou les cousins (surtout) traiter ce pays de manière lâche et obscène : je ne comprenais pas. Si on n’aime pas un pays on le quitte. Personne ne vous regrettera. Sauf si on veut vivre sur le dos du pays d’accueil en parasites. La vraie décadence : ramollissement des instincts, des sens et de la volonté. Moi je voulais être Français depuis que j’ai ouvert ces livres d’histoire à l’école maternelle. Mon âme a trouvé sa maison. Je lisais aussi les livres sur les Arabes Omeyades ou Nasrides de mon frère, mais peu à peu je n’ai plus lu que des livres sur la France. Mon pays. J’ai toujours voulu défendre cette terre contre ses contempteurs, d’ou qu’ils soient. Je sais que beaucoup doivent me prendre pour un traître, un fou, un déséquilibré ou je ne sais quoi : parce que je défends plus ce pays que les Vrais Français. Mais je me fiche de leur avis, depuis toujours. Quand j’étais au collège je suis devenu un fasciste : j’admirai Mussolini et Hitler. Leurs personnalités, leurs oeuvres, le message énergique et libérateur qu’envoyaient leurs discours et leurs politiques. Le culte de la force, du courage, de la beauté, tout cela parlait à mes sens. Ceux qui me disaient « mais Hitler détestait les Arabes », je leur riais au nez. Une fois en seconde, je suis arrivé en cours…crâne rasé ! J’étais fou ? Non, juste joueur. On sait depuis Alexeï Ivanovitch que le joueur n’est pas un fou, juste un oisif. Devant ma famille ou les amis je prenais la défense de Le Pen, ils devenaient hystériques. Ils ne comprenaient pas, mais moi je savais.

En avril 2002, en terminale, j’étais le plus heureux à l’école. Même si j’avais quelques amis venant de villages, ou le FN cartonnait, qui l’étaient aussi. Sacrée journée en plus que ce dimanche 21 avril : on était allé jouer au foot le matin, il faisait très beau, puis l’aprèm avec les footeux on s’est fait un barbecue : il y avait des hippies en short qui disaient « on est pas allé voter, de toute façon ça sera Chirac-Jospin ». Moi j’ai rêvé à voix haute à un triomphe de Le Pen, on s’est moqué de moi, on m’a pris pour un fou. Le soir j’ai jubilé. En 2003 je suis devenu Français, par naturalisation. Le jour de la remise de ma carte d’identité à la mairie, je suis resté assis comme un con prenant 2 mn : puis la secrétaire m’a dit « c’est bon monsieur, vous pouvez partir ». Je ne comprenais pas. Je m’attendais à chanter la Marseillaise, dire combien j’aime cette terre, parler des moines et des paysans dans les tableaux médiévaux, dire combien j’étais fier, honoré et heureux de devenir Français… Mais rien. Juste une signature et ça y est tu es Français. Je suis rentré déprimé alors que ce devait le plus beau jour de ma vie.

Entre-temps, le 11/09/01 m’a définitivement éloigné de l’islam. Le 11/09 est un coup de génie du diable : il a réveillé l’islam endormi et décadent et a préparé les musulmans à livrer, quand ils seront mûrs, la dernière bataille -celle qu’ils perdront. Jusque-là les Musulmans n’étaient pas très pratiquants, y compris dans les pays islamiques. Depuis le 11/09, il y a un regain monstrueux de bigoterie, de fanatisme et volonté de détruire. Le 11/09 est un coup de génie du diable, il ne peut en être autrement. L’Occident est l’ennemi à abattre. Une haine terrifiante existe à l’égard des Occidentaux chez les Musulmans : le ressentiment est tel, qu’ils accepteraient de sombrer avec eux s’ils avaient l’assurance de les détruire. Moi j’aime l’Occident, j’aime l’Europe, la plus belle civilisation que la terre ait comptée, j’aime la France. Plaisir de vivre, art de vivre, fureur de vivre. Je n’accepterai pas de voir l’Europe ou la France mourir sous les coups de ses ennemis musulmans, de les voir salies et avilies. Je suis un traître, mais je suis libre. Mon coeur est plus sage que l’opinion des autres. Quand j’ai lu Taras Boulba j’ai senti mes yeux nager, le coeur soulevé et la lèvre tremblante : je me suis identifié à Andreï bien sûr. J’ai trahi ma race, ma religion, mon peuple et ma famille. Pour les beaux yeux d’une divine créature …? Je pense à elle. Pas encore. Pour l’amour de l’Europe et de la France.

Quand j’ai eu internet, naturellement je suis allé vers les sites dits « réactionnaires ». J’y suis allé sous mon prénom : Hafid, qui signifie « le protecteur ». Mais la seule chose que j’ai jamais protégé dans ces eaux troubles a été mon cul : partout on ne voulait que me le botter. Alors que je venais en paix et en ami. « Takia », « Bougnoule », « Dégages », etc, voilà comment j’ai été très vite accueilli. Je suis Zerhouni vous le savez, la tête bien dure et une haute idée de l’honneur. Alors, au lieu de les insulter à mon tour comme un vulgaire plébéien, je me suis retiré poliment et j’ai donné naissance à Al Mansur Ibn Amir, un Syrien venu en France étudier, un islamiste fou, fanatique, sournois. Tout ce que je déteste. En plus de la catharsis, l’objectif était de laver mon honneur en le faisant se confronter à ceux qui avaient sali mon nom, sans savoir que j’étais leur frère. Leur frère de lait. Par jeu je prenais plaisir à pousser loin le trollage. Mais après quelques mois d’amusement Al Mansur m’a lassé et je n’avais plus la tête à jouer les fanatiques : ceux réels suffisaient déjà à exciter mon dégout et ma haine. Un jour au hasard, je tombais sur cet Albanais-Espagnol chez Ilys, Rodion. Un peu con, un peu naïf, un peu impulsilf : il fallait le parodier, jouer un peu. Grodion prenait vie :
http://ilikeyourstyle.net/2011/01/25/lanonymat-sur-internet/ (comme ici, ou on me prenait encore pour Terby Jr)

Mais voilà en signant Grodion, je ne me doutais pas qu’il y avait une personne qui allait découvrir sous mon trollage ma vraie identité. Et très tôt. Je pense à elle. Comme ici (dernier commentaire, elle a viré les miens :-) ) :
https://raiponces.wordpress.com/2011/01/22/la-foire-aux-questions-folie-collective-ep-03/

Voilà, coincé, découvert, je me devais de révéler ma vraie identité, bien que cela soit parfaitement anecdotique comme dit notre ami, chiant comme une pluie de février, Nicolasbruno.

Dans la vie de tous les jours… Je suis un jeune homme simple, solitaire, aimant cultiver l’esprit et la drôlerie. J’aime la France, c’est mon pays. Je me bats contre moi-même pour qu’il le soit à jamais. Même si quand je vois comment les choses tournent je me dis que je devrai peut-être partir un jour. Je ne veux pas être assimilé à ceux qui la détruisent et la salissent, je ne veux pas voir la racaille et les vipères jubiler de salir ce qui est beau, ce qu’ils ne comprendront jamais. Ils ne sont jamais restés 1 heure à l’école à regarder un tableau médiéval sur des paysans ou des moines, l’âme transie d’amour. Je les hais, je les méprise. Mais je sais que je serai incapable de vivre ailleurs qu’en France : s’il faudra se battre pour ce pays, contre ses odieux ennemis qu’un Dieu maléfique m’a fait leur semblable, je me battrai. Je m’en suis fait le serment à moi-même. Alors comme Andreï fils de Taras, je mourrais pour celle que j’ai choisie, tué par mon père. Le complexe d’Oedipe revisité. Je suis libre, c’est ma seule fierté. Et la liberté coûte cher. On verra si j’en suis digne.

SOURCE

Bonne nouvelle des étoiles

MONSTRES GÉNÉREUX :
les trous noirs engendreraient les galaxies !

Un quasar ‘nu’ pris en flagrant délit

Quasar induced galaxy formation:
a new paradigm?
(PDF)

Il est question ici des Quasar (ou des trous noirs, en l’occurrence c’est du pareil au même) comme n’étant rien moins que les créateurs primordiaux des galaxies (et non des monstres prêts à les engloutir) – c’est-à-dire les créateurs de l’univers visible : de l’univers lumineux.

Selon la théorie de David Elbaz (un français !!), avant eux étaient les ages dits « obscurs » : la soupe primordiale composée de plasma, et avant ça le « Big Bang ». Cela explique le fait que chaque galaxie (la Voie Lactée ne fait pas exception) abrite en son cœur un trou noir super-massif – trou noir dont par ailleurs la masse comparée à celle de l’ensemble des étoiles qui gravitent autour, est inversement proportionnelle à l’age de la galaxie qu’ils composent ensemble. – En clair, la taille du trou noir central d’une vieille galaxie comme la voie lactée est modeste en comparaison de celle des trous noirs des galaxies plus jeunes que l’on observe aux confins de l’Univers [NB : chacun sait que les observations faites aux confins de l’Univers nous ramènent à l’observation des premiers instants qui ont suivi le Big Bang].

« Un trou noir, cet archétype de l’obscurité, qui émettrait de la lumière ? Le paradoxe n’est qu’apparent. En effet, lorsqu’il dévore la matières aux alentours, le trou noir devient l’astre le plus énergétique du cosmos ! Lui-même ne brille pas : il reste une sphère opaque , dont la taille dépend de sa masse, et dont le pouvoir d’attraction déforme tellement la trame de l’espace-temps qu’il en perd toute forme. (…) »

« HE0450-2958 (le Quasar éloigné – donc jeune – observé par David Elbaz) est “nu”, c’est-à-dire isolé dans l’espace, (il est seulement) relié à une galaxie par par un fin pinceau lumineux long de 22.000 années lumière. »

(Science & vie, Les trous noirs seraient les créateurs du monde, p.57, avril 2010, #1111)

Le Quasar apparaît comme un trou noir en pleine absorption de matière (à l’origine, essentiellement des gaz et de l’énergie : ce dont était composé le plasma) qui émet par ses deux pôles un mince – et néanmoins formidablement puissant – jet d’énergie pure qui vient heurter ce qui l’entoure – en l’occurrence les confins du maelström de gaz qui tourne autour de lui – et ainsi conduit à la formation d’étoiles.
Ce jet, comme un pinceau, dessinerait des trainées d’étoiles, qui s’enrouleraient, à cause de sa force gravitationnelle, autour du trou noir en question. Et quand ce dernier aurait fini d’absorber tout le gaz en suspension alentour, sa capacité à bombarder s’épuiserait, et une nouvelle galaxie serait née.

Pourquoi la maman de Houellebecq?

Il y a une génération, la génération 68 pour ne pas la citer, qui, depuis qu’elle est entrée dans la vieillesse, phagocyte les suivantes pour continuer à coller à l’un de ses mythes majeurs, qui est le mythe de la toute-supériorité de la jeunesse. Hier encore, dans Paris, combien n’ai-je pas croisées de mères d’âge indéfinissable accolées, joue contre joue, à leur fille d’age adulte, les deux pareillement filiformes, coiffées et fagotées de la même manière…

Je les vois d’ici, le soir, rentrant dans le loft vide, en l’absence totale du père, se déshabiller côte à côte devant la glace pour essayer leur shoping du jour. La mère est fatiguée, rembrunie, sa fille est gaie comme un enfant, ses yeux pétillent comme ceux d’un jouet neuf, juste sorti de l’emballage, et qui y retournera peut-être sous peu. Elle que l’on a toujours protégée de la vie est tourmentée de compassion à la vue du corps blet de sa mère qui a par trop vécu :

– Ah ! Que ce pantalon me grossit ! Elles sont grosses mes fesses ! Qu’il me serre ! il faut absolument que je perde du poids pour pouvoir le porter.

– Oh mais que dis-tu maman ? Elles sont parfaites, tes fesses ! J’aimerais être aussi mince que toi. Tu es magnifique !

On l’a protégée de la vie, la petite princesse : ainsi dans les grands yeux brillants de la nouvelle-née resplendit comme en rêve CE monde immobile de paix et d’aisance exaspérées, de désir vierge ; CE monde de désir inextinguible, d’enthousiasme surexcité par la frustration, d’attente et d’espoirs fous que jamais la rencontre du réel n’apaise. Dans les yeux de la petite oie blanche sacrifiée, vit encore le seul monde capable de légitimer l’idéologie du débridons-tout qui justifie le grand gâchis hippie, cet holocauste au feu duquel la mère a calciné son âme et bronzé sa peau à la façon d’un hareng saur. Dans les yeux de sa vestale passive de fille, la mère en perpétuelle révolution, qui fatalement manque chaque jour davantage d’énergie vitale, entretient l’étincelle de ce feu destructeur qui désormais lui manque, celui qui a autrefois tout brûlé, tout mangé, tout mâché : et l’histoire de notre peuple, et son bon-sens millénaire.

Parce que fifille a grandie dans l’aisance à l’écart du monde, on l’a préservée du sens du devoir aussi bien que de celui de l’effort. Parce qu’on lui a instillé l’amour inconditionnel de la nature, le mépris de la culture a suivi. Fifille vénère papa pour son érudition ostentatoire mais n’aime pas lire. Fifille admire maman pour son surnaturel stakhanovisme mais elle est une grosse feignasse. Pourquoi fifille souffre-t-elle donc ainsi silencieusement, dans sa chair, d’une sorte mollesse, de défaut d’acharnement en tout, quasi métaphysique, qui la maintient dans un état de honte permanente vis-à-vis de ses Übermenschen de parents ? ..Sans doute parce que c’est le moyen par lequel elle peut aussi demeurer, au nez et à la barbe des années qui passe, une éternelle « jeune », c’est-à-dire une éternelle mineure, c’est-à-dire dans un état de subordination définitive vis-à-vis d’eux.

Comment, dans ces conditions, fifille – qui n’a évidemment pas fait d’études – pourrait-elle se payer à son tour le confort qui l’a vu naître ; comment, si elle venait à quitter le toit de ses parents, se procurerait-elle donc (éventuellement pour élever sa propre descendance) l’un de ces grands loft parisiens si agréables à habiter, et la garde-robe, et le miroir qui vont avec ? Papa et maman sont nés dans la misère : ils se sont faits tout seuls. Alors par amour pour leur gosses, ils n’ont rien prévu non plus pour elle : à elle aussi, sa vie sera un bildungsroman ou ne sera pas.

Par un beau jour d’été, ils l’ont chiée sur terre comme on chierait une fleur. Ils se sont dès alors enferrés, chaque jour plus profond, dans la confiance en l’avenir la plus béate et aveugle qui soit, puisqu’Elle était venue au monde, la petite étoile capable de relever le flambeau. Ils ont chanté quelques poèmes à sa gloire, ont célébré le superbe « espoir » qu’elle incarnait, espoir jeté à la face hideuse du foutu matérialisme, du foutu capitalisme conquérant. Ils ont écouté les mages lui promettre un avenir glorieux (parce qu’on a beau ne pas être matérialiste, on n’en persiste pas moins à fantasmer à corps perdu amour gloire et beauté pour celle qui porte le nom de la famille), et à partir de là l’ont laissée s’élever toute seule, avec pour unique fratrie une poignée de bonnes intentions et de mots d’ordre flous. Ces romanichels dispendieux n’ont même pas mis un seul sou de côté pour lui faciliter pareille tâche herculéenne. Mieux encore, il ne l’ont jamais préparée à affronter rien d’autre que la gifle sacrée à laquelle il faudrait toujours tendre l’autre joue. Alors, s’interroge-t-elle, par quels deux bouts s’y prendre pour brûler la chandelle qu’elle représente sur l’autel de leur vanité ?

Fifille n’a qu’un atout : elle est un bien de consommation. Ce ne sont pas mille voies qui s’ouvrent à elle, mais seulement deux : soit elle prolonge indéfiniment la jeunesse de ses parents en devenant leur chose, et dans le meilleur des cas meurt avant eux, soit elle offre à quelqu’un d’autre l’exceptionnelle capacité de ses yeux à suggérer qu’un « autre monde est possible »…

***

Fifille est partie se coucher. Ses parents sont encore devant la télé :  ils sont infatigables. Elle prend un bain pour éliminer les tensions de la journée, faire s’éloigner les cris de sa mère derrière le rideau de vapeur… Fifille est épuisée moralement, son corps de vierge demande à l’aide. Il lui faut trouver une échappatoire, ou bien… « Survivre ! Partir ! A tout prix ! » … « Il faut donc que j’offre à quelqu’un d’autre l’exceptionnelle capacité de mes yeux à suggérer quun autre monde est possible », se dit-elle.

Et si ce « quelqu’un d’autre » était un créatif de gauche riche et célèbre? Elle deviendrait peut-être sa muse… Ses parents y verraient sûrement la tant attendue victoire des beaux poèmes qu’ils avaient récités sur son berceau. Fifille cesserait enfin de décevoir infiniment leurs espoirs infinis! Elle leur offrirait même une excellente accréditation par l’exemple de leurs vieilles thèses – à savoir (pour résumer) que les bonnes intentions, le laxisme et la prostitution mènent à tout. Papa et maman auraient de nouveau les yeux qui brillent – ô miracle ! ô fontaine de jouvence ! Et leur mort, encore une fois, serait repoussée d’autant…

D’une pierre deux coups !