Athènes ou le grand rien il faut choisir

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Là, comme je vous parle, je viens de visionner une vidéo, monvieux, qui m’a fait une forte impression… Cela se passe dans ma ville de naissance… Je connais tous les lieux qu’on y montre : les maisons, les rues, les arbres des parcs… le nom savant de certains de ces arbres des parcs… qui est indiqué sur des pancartes en bois attachées à leurs troncs… On appelle ce quartier le Quartier de France. C’est un quartier résidentiel, très calme, proche du centre commerçant… Combien de fois m’y suis-je promenée moi-même, au juste, dans cette rue ? Je l’ai même photographiée, un jour qu’il y avait la même lumière… J’y ai de nombreux souvenirs… Là derrière, c’est la maison du père de ma meilleure amie d’autrefois… quand j’allais à l’école primaire… Un collègue de ma maman. Avant son divorce d’avec la mère de mon ex-amie, ils vivaient là tous ensemble, en famille… J’ai connu ce temps. J’y suis allée de nombreuses fois quand j’étais petite, pour jouer… Dans le coin, là, il y a encore C. … elle a une petite maison mitoyenne, jaune et rose, nommée « mon refuge », elle y vit avec son nerd de mari et ses deux charmants garçons… Oh, C. vit juste à côté de chez … !! Si elle savait ! … hum. Je ne peux pas dire. J’ai peur moi aussi. Pas de lui, non. J’ai peur d’écrire son nom. Comme j’ai peur de linker la vidéo. Eh oui.

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Les inconsolés

Une liste de citations d’auteurs est en cours de construction du côté de chez moi… pour poser des jalons où l’homme inconsolé pourra reposer un peu son âme douloureuse. Seulement, pas un seul des textes que j’ai choisi n’existe sur le web dans la version que je désire, aussi je suis obligée de les copier moi-même, à la main. Cela prendra du temps.

[… Exception faite de mes sélections de textes issues du Nouveau Testament. Celles-là je peux d’ors et déjà vous les donner : elles existent sur le net dans toutes les versions possibles… Je pourrais aussi bien vous enjoindre à lire l’Épitre aux Corinthiens, et celui aux Galates… Ce serait plus rapide… Mais pourquoi donc faire « rapide » ? Le chemin le plus court vers la Vérité, c’est l’Apocalypse. Et contrairement à certains, j’aime la vie. Aussi je ne peux pas vouloir l’Apocalypse.]

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Just a little help for my friends :

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33169149.fyTdqsoO.VaticanStatueofSaintPaulNon, ceci n’est pas Zeus !  Lol !

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Saint Paul et la laïcité dans l’Epitre aux Corinthiens 1 :

10.23 Tout est permis, mais tout n’est pas utile; tout est permis, mais tout n’édifie pas.10.24 Que personne ne cherche son propre intérêt, mais que chacun cherche celui d’autrui.10.25 Mangez de tout ce qui se vend au marché, sans vous enquérir de rien par motif de conscience;10.26car la terre est au Seigneur, et tout ce qu’elle renferme.10.27 Si un non-croyant vous invite et que vous vouliez aller, mangez de tout ce qu’on vous présentera, sans vous enquérir de rien par motif de conscience.10.28 Mais si quelqu’un vous dit: Ceci a été offert en sacrifice! n’en mangez pas, à cause de celui qui a donné l’avertissement, et à cause de la conscience.

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Saint Paul et la liberté dans l’Epitre aux Corinthiens 2 :

3.6 Il nous a aussi rendus capables d’être ministres d’une nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l’esprit; car la lettre tue, mais l’esprit vivifie.

3.17 Or, le Seigneur c’est l’Esprit; et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté.
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Saint Paul et l’Esprit des lois qui prime sur la Loi :

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Galates 5 _ Louis Segond

C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude.

Voici, moi Paul, je vous dis que, si vous vous faites circoncire, Christ ne vous servira de rien.

Et je proteste encore une fois à tout homme qui se fait circoncire, qu’il est tenu de pratiquer la loi tout entière.

[NDLA : Observer la loi toute entière : chose impossible et qui donne des troubles obsessionnels compulsifs, comme chacun sait.]

Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi ; vous êtes déchus de la grâce.

Pour nous, c’est de la foi que nous attendons, par l’Esprit, l’espérance de la justice.

Car, en Jésus Christ, ni la circoncision ni l’incirconcision n’a de valeur, mais la foi qui est agissante par la charité.

Vous couriez bien: qui vous a arrêtés, pour vous empêcher d’obéir à la vérité?

Cette influence ne vient pas de celui qui vous appelle.

[…]

12 Puissent-ils être retranchés, ceux qui mettent le trouble parmi vous!

13 Frères, vous avez été appelés à la liberté, seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte de vivre selon la chair; mais rendez-vous, par la charité, serviteurs les uns des autres.

14 Car toute la loi est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci: Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

15 Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde que vous ne soyez détruits les uns par les autres.

16 Je dis donc: Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair.

17 Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez.

18 Si vous êtes conduits par l’Esprit, vous n’êtes point sous la loi.

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[NDLA : C’est ainsi que l’Eglise ne peut en vouloir à ceux qui lui tournent leur dos, même pour lui montrer leur derrière : ainsi, de tels larrons usent encore et toujours de leur Liberté, qui est le bien le plus précieux que Jésus ait donné à ses gens en partage. Ainsi, même en s’opposant à la loi de l’Eglise, ils agissent encore et toujours conformément à l’Esprit de la Loi de Christ, qui est l’esprit de Liberté.

En revanche, celui qui veut s’introduire dans le Saint des Saints pour y tripoter les reliques et trafiquer indûment avec le vin renfermé dans l’autel, celui-là est davantage, bien davantage, perçu par l’Eglise comme un ennemi.

En effet, ce n’est pas tant le paganisme dans son aspect libertaire qui pose problème ici, mais le paganisme dans son aspect « magique », chamanique, ésotérique. Illustration par la suite de ma citation de Saint Paul s’adressant aux Galates : ]

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19 Or, les oeuvres de la chair sont manifestes, ce sont l’impudicité, l’impureté, la dissolution,

20 l’idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes,

21 l’envie, l’ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables.

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[NDLA : Le « enivrez-vous, enivrez-vous » de Baudelaire à ce sujet était net. Par l’Ivresse, il ne désignait pas lui non plus uniquement celle de la boisson, il parlait bien sûr aussi des joies éphémères de la chair, mais, ce qui est encore plus important, il identifiait également à ces deux débauches (universellement désignées comme telles – donc quelque peu amoindries dans leur capacité de nuisance à cause de cela) une ivresse d’un troisième type, le type magique (qu’on retrouve aujourd’hui par exemple chez les New-Age, les Surréaliste, les Freudiens), ce rapport au monde halluciné qui ne rend compte de la réalité qu’à travers le miroir des symboles, que trop de gens sérieux prennent pour une chose sérieuse – ce qu’elle n’est pas.

Le chrétien n’est – encore une fois – pas celui qui ne s’enivre pas (il n’est pas celui qui ne pèche pas), mais celui qui est encore capable de distinguer ce qui est un péché (ou une « ivresse » – question de vocabulaire) de ce qui n’en est pas.]

La théocratie des quidams (#Tour_de_Bruxelles)

Une nouvelle idée rigolote est en vogue dans certains milieux proches de la parisianité, de la boboïtude, de certains lobbys, en un mot proches du pouvoir, et de ceux qui ne lui trouvent rien à redire… Fort curieusement, bien qu’on en comprenne trop bien l’intérêt pour ceux qui sont en place, elle consiste en quelque chose d’assez inédit en France, je crois, qui aurait sans doute paru totalement absurde à nos aînés… Elle consiste, auprès du peuple en colère, à plaider pour une denrée fort prisée par ailleurs de toutes les communautés opprimées par les temps qui courent : la tolérance. On demande, chose inconnue des antiques comme des modernes, au peuple des travailleurs, des opprimés, des administrés, des gens qui composent la nation, qui ont le droit d’y voter, d’y protester, et s’il leur chante de tout réformer et de tout défaire, d’éprouver pour leurs gouvernements en faillite quelque chose comme de l’indulgence et même la pitié… Oh ! La pauvre petite communauté opprimée des hommes de pouvoir ! – C’est vrai ça, pourquoi tant de haine à leur égard ? – Et feriez-vous mieux à leur place, bonnes gens, dites-nous ? – Ne sont-ils pas des êtres humains comme vous ? N’ont-ils pas droit à un peu de compréhension eux aussi ? Ô citoyens, suspendez votre jugement ! Voyez la difficulté de leur tâche ! Admirez la beauté du monde où vous vivez. Remerciez pour ce que vous avez. Rendez grâce !

– Voilà incontestablement quelque chose de nouveau : les administrés doivent se sentir les frères de condition des « administrants » et s’identifier sentimentalement à eux (à défaut de pouvoir les remplacer)… « administrants » sur lesquels ils se voient cependant par là-même retiré tout pouvoir d’action comme de contestation… Voilà un grand pas en avant pour l’Egalité, sans doute !

– Nous sommes tous sur le même bateau ! Faites silence à présent ! Gestion de crise : beaucoup vont mourir, beaucoup vont gémir, mais c’était écrit, il fallait que ça arrive : obéissez-donc aux capitaines !

Pour ma part je ne vois pas là que de l’égalitarisme… Moi je vois aussi là-dedans une sorte de mysticisme lattent, de fatalisme quasi religieux, chez nos élites – ou du moins ceux qui font aujourd’hui triste-figure d’élite.

Moi ce que je vois-là c’est une déviation incontrôlée, de nature sectaire, de l’ancien : « nous sommes tous frères ». Lequel est devenu : nous sommes tous remplaçables.

Moi ce que je vois-là c’est une assemblée de gros gras vieux bourgeois épouvantés implorant on ne sait quelle Pythie invisible de leur révéler le sens de l’Histoire qu’ils doivent suivre… Ce que je vois ce sont des gens qui n’ont pas le courage de prendre les choses en main, qui n’ont pas le courage d’avoir des idées, et qui roulent en boule, comme des autruches qui se seraient fourrées la tête dans le cul, sur la pente d’une certaine décadence programmée.

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MOI : J’aime beaucoup entendre parler Nigel Farage au Parlement Européen, par exemple. J’adore comment il boxe toutes ces tronches de cake sur-nutries, toutes ces flasques visqueuses, ces têtes molles.

LETEL : « Toutes ces tronches de cake sur-nutries, toutes ces flasques visqueuses, ces têtes molles. »

Un peu boucs émissaires, têtes de Turc faciles, un peu populiste, non ?

MOI : Ces gens-là sont en place, ils se gavent positivement, personne ne les a élus, leur salaire est mirobolant, ils décident désormais de la plupart des lois qui régissent les peuples européens à la place des représentants élus de ces peuples européens. Nos ancêtres se sont fait trouer la paillasse pour moins que ça.

LETEL : Vous parliez [tout à l’heure] de « retenir votre jugement ». Il semble que vous [veniez d’]oublier de le faire…

MOI : Je disais effectivement tout à l’heure qu’il fallait parfois, lorsque nous étudiions l’histoire, et analysions la conduite passée des gens qui sont aujourd’hui morts, retenir notre jugement.

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# IDEOLOGIES&PHENOMENES DE MASSE :

C’est en ce sens que j’ai pu écrire : « Je n’ai rien dans l’absolu contre les communistes. » J’entendais par-là que je ne me hasardais pas à les juger en tant que personnes.

Car j’ai d’une part un grand-père qui est allé en camp de travail durant l’occupation parce qu’il était communiste. D’autre part, je condamne en le communisme l’essence-même de ce qu’est une idéologie meurtrière : à savoir un phénomène de masse : c’est-à-dire, une foule qui crie vengeance, qui demande impérieusement du sang, guidée par le ressentiment, l’avidité, la bêtise, la misère aussi, mais par-dessus tout l’esprit moutonnier… une foule aveuglée par ce qui en les idéaux, par ce qui en la foi, est le plus dangereux : à savoir leur capacité à aveugler l’homme, à endormir sa conscience morale, à le pousser à se reposer sur le groupe pour penser à sa place. Les proportions dantesques que cela a pris dans le cas du communisme Russe m’effraient grandement… Sans parler du cas Mao, qui fait l’objet chez moi d’une véritable abhorration à l’état pur.

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# POPULISME&PHENOMENES DE MASSE :

Quand on critique le populisme, c’est avant tout à cause de cela et dans l’optique qui est ici la mienne : parce que l’on se méfie des phénomènes de masse. Or les phénomènes de masse, ce qu’ils ont de dangereux, est toujours causé par une certaine dose d’obscurantisme, c’est-à-dire une certaine atmosphère d’irrationalité générale. Si les masses étaient rationnelles, nous n’en aurions rien à craindre. Lorsque par extension on a affaire à un grand nombre de gens qui conservent une attitude rationnelle, on n’a pas à craindre d’adopter une attitude « populiste » lorsqu’on les écoute. Il s’agit juste alors d’une attitude démocrate, au sens plein et noble du terme.

Mais pourquoi, me demanderez-vous, faut-croire que cela soit possible, une assemblée de gens conservant une attitude rationnelle ? Eh bien, il faut y croire lorsqu’on croit à la possibilité d’une assemblée de citoyens. Il faut y croire lorsqu’on croit qu’un peuple instruit est meilleur qu’un peuple primitif, clanique, prompt à la pensée magique. Il faut y croire lorsqu’on défend l’instruction publique et par extension la possibilité d’une civilisation. Si l’on ne croit pas une seule seconde que les citoyens d’un pays puissent à grande échelle faire preuve de prudence idéologique, de circonspection, de bonne volonté et de bon sens, alors on ne croit tout simplement pas en la possibilité d’une civilisation.

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# BIBLE&PHENOMENES DE MASSE :

J’ai peur des phénomènes de masse, c’est la vérité. J’ai pensé toute ma vie contre les phénomènes de masse. Sans doute tiens-je cela d’une enfance passée à jouer le rôle /du petit paria sympa/de la petite étrangère camusienne tristounette/de la petite curiosité qu’on taquine/, dans la cour de récré.

[René Girard vous l’expliquera mieux que moi, la Bible ne parle quasiment que de ça : de la critique des phénomènes de masse meurtriers… N’avez-vous jamais lu les Jérémiades (du prophète Jérémie), où il n’est question de la « Grande Prostituée Jérusalem » (sic.) et des juifs qui se sont montrés indignes de l’honneur divin qu’ils avaient reçu, et qui ont été (selon lui) châtiés pour cela ? – C’est encore l’Ancien Testament que cela, pourtant. Et ce n’est pas comme si Jérémie était le seul prophète juif à avoir légué un témoignage allant dans ce sens.

Pour les chrétiens, le Nouveau Testament raconte justement comment, lorsque Jésus vint aux juifs, parmi les juifs, de ses propres dires pour appliquer la loi des prophètes et être le fils du Père de tous, ils se liguèrent tous contre lui non à cause de ses péchés, mais parce qu’il était trop « parfait ».

Ce n’est pas pour rien que la théologie chrétienne est platonicienne. Platon, en nous léguant l’exemple édifiant d’Athènes qui signait sa propre perte aux yeux des Dieux, c’est-à-dire le début de sa décadence, en tuant celui de ses citoyens qui était le plus parfaitement citoyen car le plus parfaitement philosophe (Socrate), Platon, en nous livrant ce témoignage, a été pour cela considéré (à tort ou à raison, là n’est pas la question) par les théologiens chrétien du Moyen-Age comme un pré-chrétien.]

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LETEL : Vous dites : « Je n’ai rien dans l’absolu contre les communistes [en tant que personnes]. »

Oui, mais ce sont les personnes qui tuent, ou qui ici soutiennent ces régimes de massacre et de terreur pendant des décennies. Les personnes sont en cause, l’idéologie, si elle restait dans son placard entre la première et la quatrième page de couverture d’un bouquin, on s’en foutrait un peu.
C’est comme si vous disiez, je n’ai rien contre les nazis en tant que personnes, c’est l’idéologie qui me dérange. Eh bien non, pas seulement, c’est les nazis, c’est les communistes. Ceux qui l’appliquent ou la soutiennent.

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# INVITATION A LA TOLERANCE & REGARD HISTORIEN :

MOI : Letel, il y eut beaucoup d’intellectuels juifs américains engagés dans le communisme, souvenez-vous la liste rouge de Nixon… Souvenez-vous l’Affiche Rouge, chantée par Ferré, la Butte Rouge, le Temps des Cerises, toutes les chansons populaires… Le marigot tragique des chansons « réalistes »… Aragon fut communiste, Aragon fut un grand poète… de nombreux intellectuels français à son image embrassèrent cette folie vengeresse collective… aujourd’hui il y a d’autres folies vengeresses collectives qui courent les rues et avalent des hommes de qualité qui auraient également pu se contenter d’être poètes. Mais vous ne les voyez pas, trop occupé que vous êtes à juger des morts…
Cosima Wagner ne cacha jamais son attirance pour le régime nazi. Des hommes très bien se sont retrouvés séduits par Cosima Wagner. Nombre de biographes d’Hitler, bien que pas nazis pour deux sous, continuent aujourd’hui d’être séduits par la personnalité du vilain petit bonhomme. Un enfant de la classe moyenne, famille recomposée tuyau-de-poële, enfant de la Bohème (au sens propre comme au figuré), artiste raté, grand bavard, psychotique sur les bords… Que voulez-vous, ça évoque, ça chatouille, ça résonne, ça vous fout encore le frisson ! l’Histoire n’est pas une chose à lire avec des œillères… La Révolution Française et la Commune font aujourd’hui partie des images d’Epinal pour bien des gens de cœur… Il faut lire Michelet au sujet des atrocités qu’on y commît. Il faut lire Michelet aussi pour comprendre le reste… Les espoirs, les rêves et les déceptions, la misère et les inégalités, les injustices brûlantes, les passions contraires, les honneurs et les déshonneurs, les idées pures et les idéalistes, les tripes et les grands sacrifices, les saints inconnus, les actes isolés, les concours de circonstance, les élans du coeur, les amours, les destins, la fatalité, les rivalités, l’Egalité, la Fraternité, la ferveur du Peuple… Vous n’avez jamais lu Dostoïevski, bon sang ?

C’est ça pourtant le vrai sens originel de l’invitation à la tolérance. Savoir retenir son jugement dans des circonstances graves comme celles-là.

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LETEL : Sur les gens qui se sont engagés dans le communisme il y a 80, 70 ou 50 ans, je ne critique pas, je suis bien placé pour être plus prudent comme vous m’y engagez, et cela pour des tas de raisons, notamment familiales, les circonstances, les croyances, les mentalités étaient autres. Par contre ceux qui le sont encore, les communistes aujourd’hui, là oui, j’avoue que j’ai du mal, avec tous les crimes et tout ce qu’on sait, non, il y a des limites, ça ne passe plus.

J’ai lu le Dr Toïevski, oui, mais il m’a toujours saoulé, en plus c’est un nationaliste grand slave délirant (il serait derrière Poutine à pousser à la roue s’il était là), je préfère Tolstoï :)

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LETEL : Vous parlez de « retenir votre jugement ». Mais à quel moment le faites-vous ? [BIS]

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MOI :

# JUGER OU NE PAS JUGER :

Je ne m’acharne point sur les morts, voilà ce que signifie en l’occurrence : je retiens mon jugement. Contextualisez un peu mon propos : si je retiens parfois mon jugement lorsque je regarde dans le passé les hommes s’entre-déchirer, c’est que je n’ignore pas de quel bois est fait l’homme, voyez-vous. Ce pourquoi je puis m’identifier à bien des gens, et mêmes des gens qui m’auraient peut-être – qui sait – détestée, persécutée, haïe… Quoique, supposer une telle chose de la part de personnes disparues en d’autres temps soit ontologiquement absurde : il n’y a pas de « je » qui vaille dans cet hypothétique passé : si j’étais née dans le passé, je n’aurais pas été moi. J’aurais été une autre personne. Donc toute la discussion morale aurait à été à reprendre à l’aune de cet autre destin que j’aurais eu, et qui n’est pas le mien. Bref’. Chacun balaie devant sa porte. Voilà le sens profond du message.

Autres temps autres enjeux. Qui suis-je pour déterrer des hommes tombés pour leur cœur, pour des actes de foi de Jadis : ils ne sont plus à nous, ces hommes, aujourd’hui, ils ne nous appartiennent plus ! Bien sur qu’il faut pardonner !

Il y a des guerres qui sont anciennes, voyez-vous. Je ne suis ni Tutsi ni Serbe. Je n’ai pas l’intention de n’engendrer des enfants que pour qu’ils aillent s’embourber à mort dans des tranchée absurdes creusée par des ancêtres qu’ils n’ont jamais connu. Aujourd’hui je sympathise tout-autant avec les raison des misérables auxquels appartinrent selon toute probabilité la majorité de mes ancêtres, qu’avec les raisons de certains monarchistes. J’adore par exemple le point de vue des Goncourt sur leur histoire, je fais corps avec leur vision ; les Gongourt furent des dandys, et des monarchistes. Mon coeur est vaste, je ne le réserve pas qu’à ceux dont je suppose qu’ils n’auraient pas persécuté mes ancêtres dans un passé hypothétique.

Je ne pense pas au demeurant que l’on puisse identifier les vrais héros autrement qu’au pied du mur : on les reconnaît s’ils ont dû à un moment donné de leur vie accomplir un acte héroïque. Il y a ceux qui ont répondu présent à l’appel du Seigneur, et puis il y a les autres. Il ne faut jamais préjuger de qui répondra. L’histoire montre qu’en dehors du cas particulier de certaines personnes risque-tout, jusqu’au-boutistes, exceptionnelles, romantique, qui ne demandent qu’à vivre pour se distinguer, on est souvent surpris. Et encore, voyez-vous, il est fort courant que les plus romantiques, les plus prompt à chercher aventure, se retrouvent curieusement dépourvus quand le jour de la grande action vient qui doit les révéler : car les romantiques fantasment souvent une certaine sorte d’héroïsme, mièvre et caricaturale, qui n’est pas celle que leur demande leur destin.

Je suis capable aujourd’hui de comprendre aussi bien les raisons de Catherine de Médicis que celle de certains Huguenots. Entre ces deux camps, je suspends effectivement mon glaive intellectuel. C’est cela, aimer l’Histoire. Cependant, pour bien comprendre, pour bien comprendre qui que ce soit, il faut évidemment être « doué de jugement ». Pour faire preuve d’empathie envers quelqu’un il faut auparavant le juger. C’est-là une évidence. Certes, c’est une évidence tacite.

Il apparaît évidemment répugnant de demander à quelqu’un de s’abstenir de juger son prochain lorsqu’il en va de sa propre intégrité ou du sentiment profond qui bat dans sa poitrine. C’est ne pas aimer l’homme que de lui demander de n’avoir pas le sentiment de lui-même, et de sa propre dignité.

Vous pouvez tenter de me piéger rhétoriquement en jouant sur les mille virtualités du mot : « jugement ». Ca n’enlèvera rien au fait qu’il faille respecter les morts et se taire dans les cimetières.

Ca n’enlèvera jamais rien non plus à la validité de mon ressenti lorsque je visionne une vidéo de Nigel Farage s’adressant au Parlement de Bruxelles. Ces gens, les parlementaires, sont des valets, ils ne pensent pas par eux-mêmes, ils prennent leurs ordres des financiers, et pourtant ils donnent encore des ordres aux marionnettes qui font semblant de gouverner nos pays ! Où se trouve donc la tête du dragon dans lequel nous sommes enfournés ? Sommes-nous dans un Empire entièrement dédié à Ploutos, qui n’a qu’un ventre et pas de tête ?

Ca n’enlèvera rien non plus au fait que mes ancêtres réels et spirituels se sont battus à mort pour combattre des tyrannies qui n’étaient pour ainsi dire rien en comparaison de celle que nous vivons – une tyrannie sans tête, sans interlocuteur, un moloch terrible et silencieux qui ni ne voit ni n’écoute, une porte fermée absurde et contre laquelle aucun recours ne semble nous être laissé. Pas même celui de la parole. Cela aussi, ce sont des faits. Et non pas seulement des « jugements subjectifs ».

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LETEL :

« Ces gens, les parlementaires, sont des valets, ils ne pensent pas par eux-mêmes, ils prennent leurs ordres des financiers, et pourtant ils donnent encore des ordres aux marionnettes qui font semblant de gouverner nos pays ! Où se trouve donc la tête du dragon dans lequel nous sommes enfournés ? »

Un peu schématique, non, limite conspirationniste ? Sur le reste, la prudence à juger des hommes du passé, d’accord avec vous.

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MOI :

#CONSPIRATIONNISME & « TOUR DE BRUXELLES » :

Non, c’est la vérité, Letel. Ils n’en on rien à foutre de ce qu’ils font, et des implications de leurs actes. Ils se croient trop infimes, sûrement, trop peu importants en tant qu’individus, ces parlementaires de Babel à oreillettes, pour penser avoir des comptes à rendre concernant leurs convictions intimes. Or leur fonction – n’oublions pas qu’ils occupent actuellement une assemblée qui est le lieu de pouvoir N°1 de l’Europe – implique qu’ils aient des comptes à rendre. Ils n’avaient qu’à pas endosser des fonctions aussi importantes s’ils se concevaient eux-mêmes comme des ectoplasmes et non comme hommes doués de conscience et de libre-arbitre. Quoi qu’il en soit es ectoplasmes et les robots ne peuvent aucunement commander aux hommes.

Ces espèces de dignitaires romains las, qu’on verrait volontiers porter des toges blanches (avec un discret liseré rouge et or), sont des gens d’apparence humble (mais d’apparence seulement : en réalité on pourrait mettre leur photo à côté de la définition universelle du mot : hypocrite)… Ces gens pensent de toute évidence pouvoir faire l’économie du « je » sans qu’on le leur reproche ! Leur expression faciale la plus commune est l’indifférence soumise, le rabougrissement piteux. Ils ont l’air de dire : « nous ne sommes que des représentants obéissants, nous ne sommes personne ». Cela est très clair.

Aussi bien que moi, un enfant pourrait dire : « Le Roi est nu ». Plus encore, ce qu’aurait lieu de dire un tel enfant aujourd’hui, ce n’est même plus que les vêtements du Roi sont invisibles, mais c’est : « Le Roi lui-même est invisible ! »

Ces silhouettes grises, interchangeables, qui digèrent en permanence, sont des fonctionnaires de la dirigeance ; ils pointent pour accéder au toit du monde civilisé exactement comme d’autres pointent à l’usine. Ce sont des « Suisses » de cette existence : des gens qui soit-disant ne « participent » pas. Nous sommes donc de toute évidence dans un train lancé à grande vitesse sans conducteur.

Les conspirationnistes postulent un ou plusieurs conducteurs. Moi je dis qu’en réalité les hommes ont perdu leurs couilles, que plus personne n’ose prendre la place du conducteur, et que donc l’essentiel de nos grands malheurs d’aujourd’hui procède non d’une mauvaise conduction mais d’une lâcheté générale : d’une absence de conduction à proprement parler. Ou d’une conduction par défaut, par la confrontation des intérêts divers, +/- contradictoires et toujours particuliers, qu’on mettra volontiers sur le dos du hasard, de la fatalité ou de Dieu (il a bon dos!), mais dont personne au final (et c’est là tout le pot-aux-roses) ne veut assumer la responsabilité.

Visionnez-donc l’une de ces vidéos où le rhéteur Nigel Farage apparaît dans l’assemblée et donne à observer un contraste flagrant (un homme en vie face à des morts !), et interrogez ce que vous dit votre cœur à propos de ces figures empâtées qui ne réagissent pas, qui se moquent mollement, qui ne se sentent même pas concernées par ce qu’on leur dit. On dirait des étudiantes étrangères prises par erreur dans la tourmente d’une dispute au sein de leur famille d’accueil : on écarquille les yeux et on attend passivement que ça se passe.

Personne n’a besoin d’inventer des sornettes à propos de ce que l’on ne voit pas ici, qui serait supposément interdit au public, honteux et caché. Il suffit voir ce qu’il y a à voir. C’est déjà bien suffisant pour se faire une opinion ! J’ai composé sur mon blog un dossier entier pour battre en brèche le conspirationnisme et toutes ses déviances intellectuelles, si cela vraiment vous intéresse.

Juger les hommes qui nous gouvernent, c’est le moins que nous puissions faire, personne ne peut nous l’interdire : on ne monte pas sur un trône ou au centre d’une place publique pour « ne pas être jugé » et être ignoré. Ignorait-on les actions et les paroles du Roi Oedipe et de la Princesse Antigone ? Ignorait-on les mœurs, les testaments moraux, des Consuls, des Sénateurs romains et des César ? S’est-on jamais voilé la face devant les déclarations et les professions de foi des grands hommes qui étaient à la barre du Monde, pour faire comme si elles n’existaient pas ? Non bien sûr. Pourquoi devrait-on alors aujourd’hui se voiler la face devant les déclarations de nos dirigeants, pourquoi ne devrait-on « pas les juger » ? … sinon parce qu’on considère tacitement que nos dirigeants ne sont pas des grands hommes, qu’il ne peut plus y avoir de grands hommes dans notre post-modernité désenchantée, et que nous sommes désormais gouvernés par la fatalité, par le pis-aller, le faute-de-mieux ?

Les personnages influents, parce que nos sorts de simples gouvernés dépendent d’eux, n’ont pas le droit comme les gens du commun de demander à ce que nous ne les jugions pas. C’est antithétique avec leur fonction. Nous DEVONS, en tant que citoyens, discuter leurs actions. D’autant plus si nous sommes démocratie : en démocratie, le « fait du Prince » n’existe pas, ce qui veut dire que les dirigeants n’ont pas la liberté de demander à n’être pas soumis à l’appréciation commune. Quel Roi, si puissant fut-il, au demeurant, put-il jamais se permettre ce luxe-là de ne pas être jugé de son peuple ? Tout juste les tyran s’autorisèrent-t-ils de tout temps à museler les personnes qui subissaient leurs décrets, ou à faire comme s’il elles n’existaient pas.

Mais après tout peut-être n’êtes-vous pas un démocrate, qu’en sais-je ?

asterix_1.

Le principe de la non-représentativité des élites,

Petite mise-au-point.

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Letel:

:) Merci de me citer sur votre blog. En tout cas, vous ne manquez pas de lyrisme, ni de souffle, deux points pour vous. Mais on a l’impression d’une belle mécanique qui tourne un peu à vide : que voulez-vous, la démocratie est comme ça, exaspérante, nos représentants souvent nuls, quant à les critiquer, évidemment, ça va de soi, vous enfoncez un peu des portes ouvertes. Mais il vaut mieux des représentants qui sont ce que nous sommes, avec toutes leurs (nos) faiblesses, qu’un chef mythifié, idéalisé, adulé, infaillible, comme Staline, Napoléon, Kadhafi, Saddam, Kim I, II ou III, ou l’empereur du Japon.

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« Mais il vaut mieux des représentants qui sont ce que nous sommes, avec toutes leurs (nos) faiblesses, qu’un chef mythifié, idéalisé, adulé, infaillible.. etc »

Croyez-vous que toute personne qu’on adule, soit forcément adulée à tort ? Croyez-vous qu’il soit techniquement impossible à un être de très grande valeur d’être profondément aimé du plus grand nombre ? Et quand bien même ce serait impossible, ne croyez-vous pas à tout le moins qu’une telle chose serait ardemment désirable ? [#Roi Salomon, #Roi David, #Saint Louis sous son chêne]

Un pouvoir qui repose sur un chef (c’est-à-dire étymologiquement une tête), a encore cet avantage notable sur celui qui ne repose sur aucune personne responsable ni sur rien d’intelligent, qu’on peut discuter :

_avec lui [#Michel de l’Hospital conseillant Catherine de Médicis, #Platon tentant de conseiller le tyran Denys],

ou encore (à défaut)

_contre lui [#Diogène répondant à Alexandre : « Ôte-toi de mon soleil »],

_et le cas échéant qu’on peut encore le guillotiner [#« Nouvelle donne! Redistribuez les cartes! »].

M’voyez ?

Le pouvoir qui n’est pas intelligent, qui n’est pas une intelligence, n’est même pas discutable (discutable doit être entendu ici au premier degré, dans son sens le plus philosophique : c’est-à-dire susceptible d’enrichir la discussion universitaire, historique, intellectuelle, populaire.. etc.). Il est donc à proprement parler indiscutable – c’est-à-dire qu’il nous renvoie à un monde de brutes, le monde d’avant la parole. C’est le pouvoir le plus bête et le plus arbitraire qui se puisse imaginer.

Les mythes ont encore cela pour eux qu’ils engendrent des contre-mythes. Les enfants des Dieux-le-Père les émasculent en général, ou au moins les tuent… Et en étudiant l’histoire des sociétés humaines, on voit que le Dieu des uns devient souvent au fil du temps le Diable des autres, quand les uns entrent en guerre contre les autres, ce qui induit pour les siècles qui succèdent à la guerre, des possibilités de communication civilisationnelle nombreuses et fructueuses. Je vous renvoie à Lévi-Strauss pour vous assurer de cela.

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Dernier argument (but not least) :

Il est un grand principe logique, lorsqu’on parle des élites, c’est qu’elles ne peuvent techniquement être représentatives du grand nombre. Je vais vous démontrer pourquoi : le peuple, lorsqu’il élit l’un de ses membres pour le représenter, l’élit de préférence sur des critères de sélection objectifs, et fait donc de ce membre un élu, et pas n’importe quel élu tombé du ciel, un élu selon des critères objectifs, reconnus par la majorité. Ce qui fait qu’un tel chef, même élu au suffrage universel, et surtout si élu au suffrage universel, ne peut donc être un « homme du commun », et ne doit d’ailleurs idéalement pas être un « homme du commun », mais au contraire doit être « le meilleur d’entre tous ».

C’est pour cela qu’on a inventé la démocratie, figurez-vous : pour que ce soient les meilleurs, les meilleurs selon l’avis du plus grand nombre, les meilleurs à un moment donné, car susceptibles d’être destitués de leurs fonctions s’ils faillissent, qui règnent sur les autres. Et non plus des quidams nés dans des langes royaux, auxquels une certaine hérédité a posé une couronne sur la tête sans qu’aucune raison raisonnable ne puisse le justifier.

See ?

Mise-au-point concernant mon vieux fond philosémite

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Je vais vous dire ce qui me choque le plus, au sujet de la création d’Israël.

Vous savez, à l’origine, le peuple juif était un peuple qui s’assumait lui-même en tant que peuple fantasmé, en tant que peuple-rêve et peuple « à l’intérieur d’un livre »… il n’était pas aussi prosaïque qu’aujourd’hui concernant sa propre définition de la judéïté… Du moins il y était bien forcé, à n’être pas prosaïque, il lui fallait bien savoir raison-garder, du fait qu’il n’avait pas de terre à lui, et qu’il devait toujours habiter chez autrui. Mine de rien, ça force à l’humilité, l’exil !

Il était notamment évident autrefois que la religion juive avait eu ses phases prosélytes. Par exemple, il faut savoir qu’à l’époque où est né Mahomet, une majorité de la population citadine dans la péninsule arabique, était juive. C’était bien-évidemment, à l’époque, globalement une population convertie. En ce temps-là on peut donc en déduire qu’il était encore possible de devenir juif à part entière via la simple conversion.

Pendant des centaines d’années, donc, la religion juive s’est transmise essentiellement par la lecture et l’exégèse du Livre. Ce Livre, le peuple juif originel en avait commencé la rédaction à partir du moment où il avait été poussé à l’Exil, en Egypte, et où il avait perdu son Temple à Jérusalem… Le Livre, sa rédaction et son étude, avaient vocation à permettre à ces pauvres gens privés de terre, de garder la mémoire intacte de leur patrie d’origine, de leurs traditions, de ce qu’ils avaient perdu, et aussi par-là même ils servaient à remplacer le Temple.

Ils avaient perdu un temple de pierres, et ils avaient gagné au change un temple fait de mots. Ils avaient perdu le sacrifice rituel des bêtes, ils avaient gagné la pratique assidue de la lecture des écritures saintes. Ils avaient perdu le sentiment d’appartenance à une patrie terrestre, mais ils avaient conservé en quelque sorte leur « nationalité céleste ». C’était plutôt une conception du monde avancée pour l’époque. C’était même une tradition plutôt jolie. Il y avait là de quoi « nous » séduire, du moins.

Moi-même, j’ai été séduite par tout cela, autrefois.

Toute cette gangue de culture que la Diaspora avait tissé autour du mythe originel fondateur, les trémolos nostalgiques des haut-bois yiddish, arabesques vaguement indiennes, imprégnées par les territoires slaves, ce mélange des genre systématique, toujours un peu irrespectueux, qui caractérisait leur façon de s’exprimer dans les arts, le pathos à tous les étages, la place de choix donné aux femmes dans toute cette dramaturgie où il fallait toujours séduire l’hôte du jour, qu’il soit mécène ou tyran… leur humour enfin, si caractéristique, cette ironie dont les flèches étaient toujours dirigées en priorité à leur propre endroit… tout cela, j’ai toujours aimé.

La Diaspora. L’Exil.

Cioran a magnifiquement célébré l’Exil – mais l’Exil pour l’Exil, et non pas l’Exil pour la reconquête ! C’est aussi un peu du personnage de Don Quichotte que j’aime à travers cette représentation du monde-là. Tout paradis n’est-il pas un paradis perdu ? Ne serait-il pas plus rigolo d’appartenir à un pays rêvé plutôt qu’à un pays réel ? Et tout bonheur n’est-il pas la quête du bonheur ? – Ces paradoxes-là semblent parfois avoir la force d’embrasser le réel dans tout ce qu’il a de meilleur et sont des jeux intellectuels bien amusants !

Alors, que vient-donc signifier dans toute cette histoire, la création d’Israël ? Israël, c’est un peu la fin de toute cette belle histoire romantique, ne trouvez-vous pas ?

Ils avaient échangé un temple de pierres contre un temple de mots… n’était-ce donc pas suffisamment beau ? Leur fallait-il encore prouver au monde que ces mots-là pouvaient se retransformer en or, en sang, en terre, en pierres ?

Dans quelle mesure le fait de préférer revenir au point de départ, se venger des vieux ennemis, des anciens voisins, des cousins jaloux – au pied de la lettre ! – faire couler le sang plutôt que l’encre, et reprendre leur supposé dû – à savoir : quelques arpents de terre cultivable et un morceau de désert rempli de cailloux – ne les conduit-il pas à renoncer au doux rêve fertile dans lequel les avait jusque-là plongé l’Exil ?

Dans quelle mesure en revenant à leurs lois au pied-de-la-lettre, ne renoncent-ils pas à l’Esprit de ces lois ?

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EN LIEN DIRECT AVEC CET ARTICLE,
un autre de mes articles :

https://raiponces.wordpress.com/2014/01/08/catholique-a-babylone/

Moloch

Le paradoxe du Shabbat goy (ou du « bon esclave »)

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Quand j’étais petite j’étais comme une juive, je rêvais de Salomon. Le Roi juste. Je pensais que les bonnes personnes devaient régir les autres, et avaient le droit de posséder des esclaves. Je désirais secrètement, profondément, être une meilleure personne que les autres et posséder des esclaves. Je ne concevais pas qu’une personne issue de la base et accédée à la puissance rechigne à se créer une légende héroïque racontant que son accession à la puissance avait été écrite dans les étoiles et relevait du droit divin. Je concevais qu’on puisse créer des Dieux, pas que l’on ne veuille pas y croire. J’étais encore un enfant. Je possédais alors la mentalité antique. En sorte que j’ai aujourd’hui un souvenir de l’antiquité comme si j’y avais vécu.

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En grandissant dans cette volonté de devenir une personne meilleure que les autres, l’intelligence m’est venue d’une notion qui allait tout révolutionner mon monde antique, qui allait me faire accéder au monde moderne. Et si le Roi Juste avait des esclaves qui le servaient non uniquement par bêtise et par faiblesse, mais aussi et surtout pour la beauté de sa Juste cause ? [Comme c’est le cas notamment des Shabbat goy, qui servent les juifs par piété envers une religion qui, objectivement, ne peut les reconnaître que comme des inférieurs.] Dès lors, les esclaves de ce Roi ne vaudraient-ils pas mieux que ne vaut le Roi lui-même, qui, lorsqu’il défend son privilège d’exercer la Justice, continue de ne faire que défendre son intérêt-propre ? La servitude du « bon » esclave ne s’apparentait-elle pas, dès lors, à un sacrifice de son intérêt-propre sur l’autel de la Justice ? A partir de là, était-il encore dans le pouvoir du Roi de donner autant à la Justice – c’est-à-dire à Dieu – que son esclave ? Je ne crois pas.

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Dans une société où tous les esclaves n’aspireraient qu’à être des serviteurs de la Vérité, et se moqueraient bien, dès lors, d’en être les maîtres, aux yeux de Dieu chaque esclave vaudrait plus que le maître, et le maître serait le dernier des hommes et le moins aimé de Dieu. De quel droit, dès lors, un tel maître pourrait-il être appelé un Roi Juste ? De quel droit, dès lors, pourrait-il encore se réclamer de Salomon ?

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Un chaos bien ordonné

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Nous français, sommes – secrètement, profondément, amoureusement – grands amateurs de censure. Voyez ce qu’on étudie à l’école… Dès qu’il y a un grand homme de lettres, le professeur s’empresse de clamer : « A son époque, il a été censuré ! » – Et là, les cancres de relever la tête au fond de la classe, les bons élèves de pousser des aahh ! et des ooh !
Chez nous la légion d’honneur ne vaut rien, mais avoir été censuré par le pouvoir en place, ça c’est la gloire !

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« Dieudonné est-il une menace majeure à l’ordre public ? »

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Qu’est-ce que l’ordre public dans un pays de révolutions comme la France ?

En postulant (comme j’ai déjà fait par le passé) que du point de vue de la France, 1) la France soit le nombril du monde, 2) le monde soit comparable à un cyclone permanent,

–  La France vue par elle-même en termes symboliques, n’est-elle pas en quelque sorte le nombril ou l’œil d’un cyclone ? A quelle condition maintient-on la paix dans l’œil d’un cyclone ?

–  Si le bon-ordre de notre monde symbolique est un ordre mouvant (plus exactement, un ordre en révolution permanente), et que cet « ordre mouvant » est seul susceptible de garantir la paix sociale au sein du nombril du cyclone que notre communauté nationale constitue, comment fait-on chez nous pour garantir la paix sociale ? Des simples partisans de l’ordre le peuvent-ils seulement ?

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Notre peuple a pour tradition d’aimer tellement débattre, et refaire le monde, et ne rien prendre au sérieux, et se mettre sur la gueule, que lorsque surgit un vrai ennemi de ce peuple, il n’arrive pas toujours à s’unir contre lui. C’est déjà ce qu’il s’est passé avec les tribus gauloises lorsqu’elles n’ont pas réussi à s’unir contre Jules César. Si les plus romanisées d’entre elles étaient parvenues à identifier à l’époque qui était leur véritable ennemi, César aurait selon toute probabilité perdu la Gaule.

Aujourd’hui des gens qui n’ont objectivement aucune raison valable pour ne pas être dans le même camp, continuent de se lancer des injures – « fachos! », « idiots utiles! » – à la gueule, et ce pour des querelles idéologiques et philosophiques intestines, et des questions de fiertés, qui dépassent l’entendement.

Qui a réussi à fédérer une bonne partie de ces égarés – et notamment une bonne partie des plus égarés d’entre les égarés : les conspirationnistes -, et à les remettre dans la partie de jeu républicain ? Dieudonné avec son humour, figurez-vous !

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L’offre et la demande (air connu)

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« La parole publique est à l’antiracisme, le devoir de mémoire et tout et tout? On crée un effet ressort et on envoie des milliers d’antisémites dans des zénith. »

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C’est le principe-même de la création de l’offre et de la demande… C’est parce qu’on est sérieux avec l’antisémitisme dans notre pays (et qu’il semble même n’y avoir plus qu’avec ça qu’on le soit), que tout le monde a envie de rigoler avec. D’en faire un jouet pour l’esprit… un hochet.

Pour qu’il y ait demande, il faut encore qu’il y ait pénurie, n’est-ce pas ? C’est le manque de liberté en l’occurrence qui a engendré la demande de liberté. Non ?

Dans un monde où quand les gens parleraient, personne n’écouterait, parce qu’on mépriserait l’art du débat, effectivement la parole, parce qu’elle serait rare, retrouverait tout son prix. Mais ne serait-ce pas précisément parce qu’on ne serait pas libre de parler dans un monde comme celui-là, que la parole en aurait davantage de valeur ?

Ou bien préférez-vous un monde où l’on serait tellement libre de parler que la parole n’en aurait plus aucune valeur ? – N’est-ce pas de cela que nous souffrons en France, quand la philosophie nous est servie avec le cornflakes, comme un consommable parmi les autres, au petit-déjeuner ?

Dans un monde où il n’y aurait plus d’interdits, y’aurait-t-il encore une demande de liberté ?

Pour qui la liberté compte-elle le plus, si ce n’est pour ceux qu’on en prive ?

« Etre libre », est-ce un état ou un droit, croyez-vous ? L’état de liberté, pensez-vous qu’il existe de façon inconditionnelle, à l’état stable, dans un Etat de Droit ? Qu’est-ce qu’un homme libre qui ne serait pas un homme libéré, d’après vous ? – c-à-d qui n’aurait pas été libéré de l’emprise de qqu’1 ou de qq-chose ? Cette question n’est pas une blague.

De mon pt de vue, la liberté n’est pas quelque chose qui se possède. Par définition. C’est quelque chose qui se vole, qui se prend, qui s’arrache, qui se dispute, qui s’acquière avec l’effort… – qui s’acquière en réaction à une tyrannie, en réaction à une aliénation – quelle qu’elle soit.

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Le Moloch d’Aldous Huxley

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Orwell

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A l’origine, l’éducation, c’est ce qui permet à un cerveau de continuer à traiter l’information, lorsqu’il en est surchargé. C’est une grille de lecture, un décodeur, (bon ou mauvais, finalement peu importe) fourni par des maîtres, destiné servir de pierre de fondation à un esprit critique. Quand les pieds sont sur la pierre (c’est une métaphore pour dire : sur du solide), alors seulement la tête peut fonctionner.

La fonction originelle du professeur, c’est d’offrir à l’élève un point de vue sur le savoir, et par-là même de lui apprendre à en avoir un à lui. Il est celui qui apprend à l’élève ce qu’est le sens de l’histoire, ce qu’est l’histoire des idées, qu’elle ne s’est construite que par réactions successives, et que la politique est un débat, c’est-à-dire la contradiction des réactions entre elles, et que pour entrer dans ce débat (c’est-à-dire pour entrer dans la polis – dans la cité), il faut avoir un point de vue à soi.

Le professeur, c’est l’arbitraire social à visage humain. C’est l’information à visage humain.

Le cauchemar d’Huxley c’est l’information sans visage, c’est le monde de l’information qui se mue en moloch inhumain.

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Les professeurs devraient être là pour donner à leurs élèves les jalons (les repères) qui leur permettraient d’escalader la montagne de l’information (c’est-à-dire aussi celle de la connaissance).

Je constate hélas – comme tous les observateurs de bonne foi – le lent pourrissement de notre système éducatif. Nous ne pouvons que constater le fait qu’il ne fonctionne plus. J’ai pas mal écrit à ce sujet : pour certaines raisons personnelles, cela me déprime tout-particulièrement.

Je persiste à vouloir attribuer la responsabilité de cette déchéance à une certaine idéologie de l’égalité qui a tué tout élitisme dans l’enseignement. Tuer tout élitisme, c’est tuer toute exigence haute tant des profs vis-à-vis des élèves, que des profs vis-à-vis d’eux-mêmes.

Or éduquer, c’est élever, n’est-ce pas ? Elever est un synonyme de : tirer vers le haut. Celui qui n’est pas « élevé » lui-même, et n’a même pas la prétention de l’être, ne peut élever autrui. Cela coule de source.

Ce « point de détail » de l’histoire de la déchéance de la République : le fait que l’idéologie de l’égalité a renvoyé au poubelles de l’histoire tout élitisme républicain, est à l’origine la raison principale de mon goût personnel (particulièrement prononcé) pour l’élitisme.

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L’école de la République est en ruines, hélas. Il nous faut donc trouver des professeurs nouveaux, qui puissent nous préparer, comme de grands enfants que nous sommes, à affronter le monde sans repères vers lequel on va.

Nous les blogueurs de la réacosphère, nous proposons humblement et gratuitement à cette tâche ingrate, à votre service – comme au nôtre, d’ailleurs. :)

Catholique à Babylone

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UN PEU D’HISTOIRE

Les Iraniens, en tant que peuple, sont les rejetons de millénaires de civilisation. L’Iran et l’Irak sont situés exactement dans ce qu’on appelait dans la haute antiquité, « le Croissant Fertile » : c’est-à-dire le foyer primitif des premières Cités du monde. C’est sans doute même le lieu de l’invention de la Civilisation (une civilisation étant un lieu de rencontre de plusieurs cultures, selon la définition de Lévi-Strauss). Et peut-être aussi l’endroit (à peu de choses près) où pour la première fois l’Homo Erectus sorti d’Afrique est devenu un homme.

Aussi, les anciens habitants de Babylone sont-il peut-être le peuple qui a été décadent le nombre le plus considérable de fois. Ils en ont eu le temps, de déca-danser, depuis plus de cinq voire six millénaires ! Néanmoins ne peut pas comparer leur classe moyenne éclairée (qui a toujours lutté pour conserver sa tradition humaniste – notamment la mémoire de ses poètes et le goût des plaisirs charnels face aux divers tyrans qui se sont succédés au pouvoir), avec « l’aristocratie » arabe au pouvoir dans la péninsule arabique.

Car cette « aristocratie »-là (et je trouve que c’est un bien grand mot en ce qui la concerne), composée de chameliers et d’administrateurs d’Oasis, avant que l’Occident ne lui révèle et l’existence, et l’utilité du pétrole qui se trouvait sous son sable, n’avait jamais régné que sur des hectares de désert et sa plus grande richesse se composait de quelques piscines d’eau claire ombragées de palmiers dattiers. Il faut bien savoir qu’alors – c’est-à-dire jusqu’au XIXe siècle – cette « aristocratie » arabe en était encore – ne vous déplaise –  à l’âge de la pierre polie.

UN PEU DE POLEMIQUE

A présent, il faut bien se résoudre à aborder frontalement le sujet qui fâche. Les feuges, soyons bien clairs une fois pour toute, ont un problème avec le fait suivant : l’Iran est situé sur le lieu historique du début de leur grand Exil. L’Iran c’est le cœur du territoire de l’ancienne Mésopotamie, c’est-à-dire qu’il est construit exactement dessus les ruines de Babylone, et Babylone c’est le souvenir cuisant de Nabuchodonosor qui les a fichus à la porte de sa magnificente cité, les forçant à se précipiter en Egypte, avec les conséquences terribles que l’on sait. Le début historique de la rédaction de la Bible correspond à cet évènement-là, à la fois traumatique et fondateur : la perte du premier sol natal, sur lequel était bâti un Temple. A cause de Nabucco’.

Voilà le vrai problème avec l’Iran. C’est gros comme le nez au milieu de la figure. C’est d’ailleurs pour ça que personne n’ose le faire remarquer.
Les vieilles histoires de familles pourries, c’est partout pareil sur la terre, ça peut durer mille fois mille ans, c’est des haines increvables.

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Quand un dogme s’écroule, on n’a plus aucune raison de croire. Reste la passion.

Chercher la réponse, n’est-ce pas tout simplement prendre un problème à la racine ?

« Qui vit sans folie n’est pas si sage qu’il croit. » – La Rochefoucault

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UN PEU DE RELATIVISME DRÔLATIQUE

Prenez les contempteurs de Babylone.

Y’en a de plusieurs sortes. Bon, vous avez d’un côté le paradigme du fumeur de marijuana loqueteux avec son bonnet vert-jeune-rouge : pour lui quand on parle de Babylone, ça ne fait pas un pli, il s’agit de l’Occident capitaliste. En effet, la philosophie Rasta combat principalement, confondues sous cette dernière dénomination, les trois choses suivantes : le règne de l’argent, l’übris de l’impérialisme blanc et le métissage (symbolisé par la tour de Babel).

Vous avez ensuite les contempteurs de Babel qui ne disent pas leur nom mais sont finalement à peu de choses près sur la même ligne idéologique que Bob Marley : les anti-festivistes à la Muray (le festivisme, excès de tous les plaisirs qui conduit à la mort du désir : un nouveau nom pour désigner un phénomène ancien : la décadence), les émules d’Orwell et de Philipp K. Dick (« Si ça continue on va tous finir robotisés ».. etc.).

Cette seconde catégorie de contempteurs de la Babylone-impérialiste-blanche est toutefois plus intelligente que la première car elle a retenu la leçon cartésienne du LARVATUS PRODEO.

Dans un autre camp, vous avez les gars du pied-de-la-lettre, pour qui Babylone n’est pas une métaphore, pour qui il s’agit bel et bien d’une vraie cité, sise entre Tigre et Euphrate, avec ses murs maçonnés, ses prêtres et ses commerçants. La Bible relate que Babylone est une cité profondément pécheresse, une Grande Prostituée qui sera encore debout aux jours du Jugement dernier, et dont les Prophètes ont annoncé qu’elle devait être détruite, parce qu’elle a été méchante avec les Prophètes, et que le jour où elle sera détruite le monde ira mieux. Quand les-gars-du-pied-de-la-lettre s’emparent des textes bibliques, cela donne le raisonnement suivant : « L’Iran et l’Irak sont nos ennemis et leurs cités se tiennent encore debout. Ils sont même en passe de gagner en puissance, c’est un signe des temps, c’est le signe que la fin des temps est proche : nous devons nous unir contre la montée en puissance de ces pays. La Grande Prostituée Babylonienne ne doit pas se mettre debout. » Dans cette dernière catégorie, vous pouvez ranger d’office les juifs et les protestants.

Voilà, à présent réunissez dans votre main les quatre grandes catégories de personnes précédemment citées : les juifs, les protestants, l’intellectuel réac (mais quel intellectuel n’est pas réac?), et l’altermondialiste. Eh bien voilà, c’est fini : vous avez d’ors et déjà fait le tour de l’Occident. Le voilà l’Empire, le voilà l’Impérialisme blanc, (la voilà Babylone ! Hu hu…) voilà de quoi il est composé : de contempteurs de Babylone.

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Leur jeu s’appelle le Cé-çuiquidiqui-yé. C’est toujours celui qui accuse autrui d’être Babylone, qui devient Babylone.

La raison pour laquelle les juifs et les protestants gagnent ? Parce qu’au fond, s’ils réfléchissaient deux seconde à ce que représente Babylone – à ce qu’est une ville comme Babylone -, ils réaliseraient que Babylone n’est pas leur ennemi, mais leur rêve le plus cher. Pensez ! Une ville riche, belle, prospère, confluent de toutes les cultures, l’une des sept merveilles du monde, où l’on parle toutes les langues, où l’on bâtit des tours immenses qui vont grattouiller le ciel, où l’on commerce librement et où n’importe qui peut faire fortune du jour au lendemain !

Au jeu du Cé-çuiquidiqui-yé, les juifs et les protestants sont en réalité très contents d’/être Babylone/. ^^

Pourquoi les juifs ont-il été chassés par Nabuchodonosor ? Franchement, qui s’en souvient ? Peut-être simplement ont-il un jour lancé au roi un impudent : « Cé-çuiquidiqui-yé » ?

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A présent, qu’est-ce qu’être un bon chrétien ? C’est savoir garder en chacun ce qu’il y a de meilleur, et laisser le reste. Naturellement. Ne dit-on pas que tous les chemins mènent à Rome ? :P

Jésus qui combattait le pharisaïsme et l’hypocrisie de l’establishment hébreu de son époque, ne fut-il pas lui aussi, dans une certaine mesure, à l’image des Prophètes juifs qui l’ont précédé dans cette lourde tâche, un contempteur de Babylone ?

Néanmoins, il me semble qu’on est encore en droit de se demander quel rôle les catholiques sont censés jouer dans ce vaste capharnaüm…

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